Belle découverte que cette BD !
On suit le voyage en croisade d’un petit noble français. Ce dernier, infidèle, lâche et égoïste (liste non exhaustive) semble poursuivi par une étrange malédiction.
Un jour sans est un habile mélange de fable, de récit historique et fantastique.
La lecture est passionnante de bout en bout avec une chute tout à fait réussie.
A découvrir.
Il faut croire qu’il existe plusieurs Mark Millar, un scénariste s’offrant des vies parallèles avec d’une part des œuvres ironiques et iconiques comme Kick-Ass, Nemesis et surtout Wanted qui se jouent des codes des Superhéros avec cruauté et ironie et il y a aussi celui qui apporte un peu plus de lumière tout en conservant ce coté moqueur qui lui sied bien avec Superman - Red Son mais également ce Superior dont il est question aujourd’hui.
Le pitch, plutôt simple au demeurant, a déjà été exploité dans d’autres récits… Et si l’on vous offrait un vœu, que choisiriez-vous ? Une autre vie ?
Quand on est un jeune ado et qu’on a perdu l’usage de ses membres à cause d’une saloperie tristement connue sous le nom de sclérose en plaques et qu’on est fan d’un superhéros kitsch de papier et de péloche, forcément il est facile de deviner la suite des évènements sauf qu’avec Millar aux commandes ça risque forcément de déraper à un moment ou un autre pour notre plus grand plaisir.
C’est cet étrange destin que Simon va connaitre lorsqu’un singe cosmonaute sorti de nulle part lui propose cet étrange deal malgré lui.
L’apprentissage de ses pouvoirs dans ce nouveau corps proche de Superman et de Captain Marvel va se faire avec humour en compagnie de son meilleur ami. Simon n’a pas le choix mais va se plaire dans ce nouveau corps qui va lui permettre de réaliser ses désirs les plus fous au service de la population en détresse.
C’est à la fois très drôle et vraiment divertissant. Le tout est soutenu par des dessins comics de qualité en la matière de Leinil Francis Yu qui offre un travail aussi propre que léché. Tout est extrêmement lisible et semble, une fois de plus, se prêter parfaitement pour une adaptation cinématographique.
Ce dyptique s’achève à la fin du premier tome sur un cliffhanger réussi et promettant un second tome beaucoup plus noir car le fameux « don » semble être une malédiction et Simon/Superior serait manipulé ? Sacrebleu ! Vivement la suite de ce comics très réussi qui plaira au plus grand nombre et que je recommande vivement malgré une couverture vraiment peu attrayante.
APRES LECTURE DU SECOND ET DERNIER TOME :
Rarement titre d’un chapitre à savoir « L’âme d’un héros » n’aura porté aussi bien son nom, lourd de conséquences dans cette seconde et dernière partie qui est tout aussi réussie que la première.
On en profite pour développer certains personnages et surtout mettre la gomme sur tous les évènements, sans les précipiter ni les bâcler. Ainsi la grosse torgnole prévue dès le départ est aussi fun que démesurée sans pour autant négliger les choix cornéliens imposés à « Supérior ». Et l’ensemble va devenir bien sombre…. Avec l’espoir d’avoir prises les bonnes décisions ou non ?
La fin est aussi jolie que convenue mais ne suscite aucune frustration de la part du lecteur. Mark Millar a su arrêter à temps ce joli conte en rendant hommage à l’interpête le plus connu de Superman, Christopher Reeve ainsi qu’à Richard Donner qui nous a offert le tout premier film.
Cette relecture du mythe de Faust dans le monde des supers est cohérente du début à la fin !
D’ailleurs je réitère ma demande : voici un pitch à la fois grand public et vicelard à adapter de toute urgence au cinéma. Très vivement recommandé et recommandable une nouvelle fois, Superior est une mini-série de très grande qualité.
Je découvre Danijel Zezelj avec « Sexe & Violence », alors que bon nombre de ses séries sont déjà listées sur BDT… séries moyennement appréciées par les posteurs d’ailleurs. Les avis semblent parler de dessins superbes, mais d’histoires trop classiques ou trop noires. Je ne m’attendais donc pas à un album génialissime, et finalement j’ai été agréablement surpris.
Commençons par le dessin : il est magnifique et vraiment original. Il n’est certes pas toujours très lisible, mais quel esthétisme ! Franchement dans le genre noir et blanc j’ai rarement vu plus joli. Certaines planches sont de véritables œuvres d’art, que je ne me lasse pas d’admirer.
L’histoire, elle, est déjantée au possible. La narration est décousue et sous acides, et promène le lecteur dans ce qui semble être un mauvais rêve éveillé, à la fois noir et poétique. J’ai réussi tant bien que mal à rassembler les pièces du puzzle afin d'obtenir un semblant d’idée de la trame générale, mais il reste de nombreuses zones d’ombres… et j’ai un peu l’impression que c’était le but de l’auteur.
Un album qui interpelle, et surtout quel délice pour les yeux !
Voilà un très beau conte allégorique.
J’ai été touché par cette histoire simple et poétique. Le dessin de Cyril Pedrosa sert merveilleusement le propos. Il s’agit d’un noir et blanc très expressif, faussement naïf et tout en rondeur.
L’histoire est bien menée et il est difficile de lâcher l’album en cours de route. Je regrette juste certaines longueurs dans la seconde partie de l’album. Je trouve en effet que quelques passages allongent inutilement la sauce.
Mais bon, pour l’émotion ressentie, je ne peux que dire « franchement bien ! »
Je découvre toujours un peu plus les facettes multiples du talent d’Osamu Tezuka à travers ses diverses œuvres. Après la lecture du naïf Métropolis qui marquait le début de sa carrière, j’ai plutôt été surpris par la qualité intrinsèque de ce titre qui traite de la condition humaine. Il est vrai que ces courtes nouvelles viennent d’être éditées en France alors qu’elles datent de la période 1969-1970 où l’auteur marquait un tournant pour se plonger dans des œuvres plus adultes.
Certaines de ces nouvelles ont été prenantes à lire. Elles laissent toujours une impression car les chutes sont fortes avec des effets de surprise comme je les aime. On se remémore facilement la lecture car on a passé un bon moment et cela appelle à une réflexion. Quelque fois, cela vire au fantastique et c’est plus ou moins énigmatique. Bref, il y a une véritable variété des thématiques à travers ces 16 récits.
Je dois avouer que c’est à ce jour mon recueil préféré de ce grand maître qui essayait alors un nouveau genre : le gekiga. J’aime ces ambiances un peu sombres. Même le trait généralement très rond me semble résolument plus mâture. Je n’ai pas été un grand fan de l’auteur mais je trouve que ce recueil de nouvelles est un titre de qualité. Fort heureusement, je n’ai pas éprouvé le sentiment qu’il y avait du bon et du moins bon car l’ensemble reste homogène.
Bref, chaque récit maintient son rang. L’auteur réussit à nous tenir en haleine jusqu’au bout. C’est honnêtement ce que j’ai lu de mieux et cela risque de plaire à un public plus large qu’habituellement.
Ce premier tome de New Beijing ouvre la saison 2 de la série uchronie[s], et prolonge les aventures de Zack Konsinki à travers les différentes réalités parallèles. Même si il y a quelques explications sur le pourquoi du comment disséminées dans l’album il vaut mieux avoir lu (et apprécié) la saison 1 pour se lancer.
Premier constat, et petite déception concernant le dessin : s’il n’y a pas de défaut à signaler c’est quand même nettement moins beau que ce que nous avait offert la saison 1. Les couleurs sont ici plus tristes, et surtout il y a trop peu de détails dans les décors. Ceux-ci sont même absents de la plupart des cases où les personnages sont en gros plan. C’était clairement un des points forts qui faisait le charme du New Byzance d’Eric Chabbert. C’est dommage de ne pas retrouver une telle ambiance ici.
Concernant l’histoire, je dirais que ce premier tome démarre en douceur et finit en beauté. On découvre donc cette nouvelle ville, et très vite les premières péripéties surviennent. A peine arrivé et c’est déjà le début des ennuis pour le héros. C’est un peu brutal, mais bon au moins on est tout de suite dans le vif du sujet. Sur le milieu du tome je n’étais pas plus enthousiaste que ça, car pas tellement surpris par l’histoire. Il y a peut-être quelques facilités par ci par là. J’aurais sans doute mis 3 étoiles si cela s’était conclu comme ça.
Mais tout s’accélère sur la fin. J’ai terriblement accroché aux dernières pages, aux derniers rebondissements qui lancent vraiment en beauté cette série. Un final qui donne vraiment envie de lire la suite.
Plonger dans le plus grand bidonville à Bombay, voyager dans la cabine d'un routier en Iran, rencontrer les enfants des rues en République Démocratique du Congo...
On peut faire tout cela dans cet imposant recueil ; imposant par son épaisseur, puisqu'il comporte 650 pages, constituées des BD d'une quinzaine d'auteurs, qui ont mis leur curiosité au service de leur art. Il y des noms connus, d'autres moins, mais tous apportent leur témoignage, leur petite contribution à cette tentative de rendre compte du monde qui nous entoure. Les destinations peuvent être très exotiques, comme lorsque Olivier Kugler (une vraie découverte) accompagne un soigneur d'éléphants au Laos... Mais aussi très proches, comme ce petit village dans le nord de la Belgique qui refuse d'être phagocyté par le port d'Anvers...
20 histoires vraies pour une anthologie d'exception, comme l'écrit l'éditeur. Une somme constituée des meilleurs récits relevant d'un genre en plein boom, la BD reportage. Il serait fastidieux de parler en détail de tous ces récits, mais je mets un peu l'accent sur certains, comme les deux réalisés par Olivier Kugler, dont les récitatifs et le dessin se mêlent d'une façon très harmonieuse ; les deux histoires illustrées par Balez, l'une purement documentaire, l'autre plus intime, avec sa ligne claire fort agréable ; les évocations contrastées de l'Afrique d'Hippolyte et Renaud de Heyn ; ou encore le court récit pittoresque de Tronchet sur son séjour à Quito, dans un exercice ou on ne l'attend pas...
À noter que certains de ces récits sont disponibles en albums chez divers éditeurs.
Indispensable.
Par son thème cet album se rapproche énormément du superbe Tchernobyl - La Zone paru l’année dernière aux éditions Des Ronds dans l'O.
Pourtant l’approche des deux auteurs est complètement différente. Francisco Sánchez proposait un documentaire assez traditionnel, racontant les faits, le drame humain. Dans « Un printemps à Tchernobyl » Emmanuel Lepage propose lui une histoire beaucoup plus personnelle. Il raconte SON voyage à Tchernobyl, SON expérience à lui. Il nous parle de ses doutes quant à la pertinence d’un projet artistique aussi risqué, de son ressenti lors de ses visites dans la zone interdite, de ses rencontres avec les locaux, et surtout de ce que tout cela signifie d’un point de vue créatif. Le résultat est une histoire très « roman graphiquesque », un poil nombriliste peut-être, mais posant des questions existentielles intéressantes.
La mise en image est exemplaire. Les planches sont d’une beauté à couper le souffle (voir la galerie), tantôt sombres et grisâtres, tantôt une explosion de couleurs aquarelles… tantôt esquisses, tantôt fourmillant de détails. Du chouette boulot.
Un album fascinant qui parvient à humaniser la pire catastrophe nucléaire de notre histoire.
Dans le même style que Terre mécanique, Andreae nous livre un splendide petit album aux couleurs chatoyantes, un vrai régal pour les amateurs d'aquarelle comme moi...
On est littéralement transporté dans un univers imaginaire très original, très bien pensé, avec ses oiseaux qui forment une symbiose avec le temps, ses personnages qui perdent le nord au sens propre comme au figuré, et la présence d'êtres animalesques anthropoïdes (comme dans Terre mécanique, d'ailleurs).
Mon seul regret est....... qu'on n'en voit pas assez ! J'ai hâte de voir ce que va donner le tome 2, et si les auteurs vont continuer à nous faire rêver sur la même vague !
Les fans du dessinateur s'y retrouveront.
(163)
A n’en pas douter, si l’éditeur Cornelius n’avait pas eu le bon goût de publier une rétrospective de Pépito en 3 tomes, je n’aurais surement jamais eu vent des aventures humoristiques de ce petit pirate qui a bercé la jeunesse des années 50 à nos jours.
Pépito est surement le pirate le plus méconnu du neuvième art. Il a pourtant inspiré Belin pour ses gâteaux chocolatés (100% véridique !), surement Remacle pour ses Vieux Nick et Barbe-Noire dont il reprend le trait anguleux et le comique absurde et dans une moindre mesure One Piece et tout un pan de la flibusterie à vocation humoristique.
Je ne vais pas m’en cacher, sans le travail éditorial exceptionnel de l’éditeur pour ce gros bouquin panaché de noir & blanc, trichromie et couleur et à la couverture dorée, je serais surement passé à coté d’un divertissement sans prétention mais de haute qualité.
Les aventures de Pépito et de son équipage posent toujours le même axe narratif : se battre contre les injustices de « La Banane », sombre dictateur d’une île coloniale dans les Caraïbes fantasmées de Bottaro à grands coups de calembours, entourloupes et autres ressorts assez drôles.
Le dessin est simple mais précis, les histoires se rapprochent davantage des aventures de Donald et Picsou de la grande époque et conservent ce même charme rétro et attractif. Dommage que les décors ne soient pas tellement travaillés mais l’ensemble est tellement expressif que cela colle au strip de base tout en produisant des aventures variant de 10 à 20 pages !
Ce qui est en revanche vraiment exceptionnel, c’est qu’au lieu de paraitre désuètes et naïves, les histoires de Pepito sont plutôt encore d’actualité avec un coté Robin des Bois des mers bien présent.
Si toutes les histoires ne conservent pas le même centre d’intérêt, toutes se laissent lire avec un petit plaisir coupable indescriptible et bon enfant : Bosco Ventempoupe le second n’arrête pas de s’embrouiller dans des situations pas possibles et le grand méchant, le gros « La Banane » est aussi cupide que machiavélique à souhait !
Rien n’est vraiment manichéen et on peut même y voir une mince critique sociale avec ces impôts sur l’air respiré ou des inventions loufoques par l’inventeur fou à la solde du gouverneur ce qui permet de lire les histoires selon plusieurs aspects de 7 à 77 ans !
J’insiste sur le fait que l’édition présenté par Cornelius est vraiment exceptionnelle pour un prix dérisoire et que ce Pépito fera bonne figure aussi bien dans ma bibliothèque de quadragénaire nostalgique que dans certaines bottes du Père Noël pour mes filleuls en lieu et place des classiques Titeuf ou Astérix ! Vraiment ne passez pas à côté de ce petit trésor !
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Un Jour Sans
Belle découverte que cette BD ! On suit le voyage en croisade d’un petit noble français. Ce dernier, infidèle, lâche et égoïste (liste non exhaustive) semble poursuivi par une étrange malédiction. Un jour sans est un habile mélange de fable, de récit historique et fantastique. La lecture est passionnante de bout en bout avec une chute tout à fait réussie. A découvrir.
Superior
Il faut croire qu’il existe plusieurs Mark Millar, un scénariste s’offrant des vies parallèles avec d’une part des œuvres ironiques et iconiques comme Kick-Ass, Nemesis et surtout Wanted qui se jouent des codes des Superhéros avec cruauté et ironie et il y a aussi celui qui apporte un peu plus de lumière tout en conservant ce coté moqueur qui lui sied bien avec Superman - Red Son mais également ce Superior dont il est question aujourd’hui. Le pitch, plutôt simple au demeurant, a déjà été exploité dans d’autres récits… Et si l’on vous offrait un vœu, que choisiriez-vous ? Une autre vie ? Quand on est un jeune ado et qu’on a perdu l’usage de ses membres à cause d’une saloperie tristement connue sous le nom de sclérose en plaques et qu’on est fan d’un superhéros kitsch de papier et de péloche, forcément il est facile de deviner la suite des évènements sauf qu’avec Millar aux commandes ça risque forcément de déraper à un moment ou un autre pour notre plus grand plaisir. C’est cet étrange destin que Simon va connaitre lorsqu’un singe cosmonaute sorti de nulle part lui propose cet étrange deal malgré lui. L’apprentissage de ses pouvoirs dans ce nouveau corps proche de Superman et de Captain Marvel va se faire avec humour en compagnie de son meilleur ami. Simon n’a pas le choix mais va se plaire dans ce nouveau corps qui va lui permettre de réaliser ses désirs les plus fous au service de la population en détresse. C’est à la fois très drôle et vraiment divertissant. Le tout est soutenu par des dessins comics de qualité en la matière de Leinil Francis Yu qui offre un travail aussi propre que léché. Tout est extrêmement lisible et semble, une fois de plus, se prêter parfaitement pour une adaptation cinématographique. Ce dyptique s’achève à la fin du premier tome sur un cliffhanger réussi et promettant un second tome beaucoup plus noir car le fameux « don » semble être une malédiction et Simon/Superior serait manipulé ? Sacrebleu ! Vivement la suite de ce comics très réussi qui plaira au plus grand nombre et que je recommande vivement malgré une couverture vraiment peu attrayante. APRES LECTURE DU SECOND ET DERNIER TOME : Rarement titre d’un chapitre à savoir « L’âme d’un héros » n’aura porté aussi bien son nom, lourd de conséquences dans cette seconde et dernière partie qui est tout aussi réussie que la première. On en profite pour développer certains personnages et surtout mettre la gomme sur tous les évènements, sans les précipiter ni les bâcler. Ainsi la grosse torgnole prévue dès le départ est aussi fun que démesurée sans pour autant négliger les choix cornéliens imposés à « Supérior ». Et l’ensemble va devenir bien sombre…. Avec l’espoir d’avoir prises les bonnes décisions ou non ? La fin est aussi jolie que convenue mais ne suscite aucune frustration de la part du lecteur. Mark Millar a su arrêter à temps ce joli conte en rendant hommage à l’interpête le plus connu de Superman, Christopher Reeve ainsi qu’à Richard Donner qui nous a offert le tout premier film. Cette relecture du mythe de Faust dans le monde des supers est cohérente du début à la fin ! D’ailleurs je réitère ma demande : voici un pitch à la fois grand public et vicelard à adapter de toute urgence au cinéma. Très vivement recommandé et recommandable une nouvelle fois, Superior est une mini-série de très grande qualité.
Sexe & Violence
Je découvre Danijel Zezelj avec « Sexe & Violence », alors que bon nombre de ses séries sont déjà listées sur BDT… séries moyennement appréciées par les posteurs d’ailleurs. Les avis semblent parler de dessins superbes, mais d’histoires trop classiques ou trop noires. Je ne m’attendais donc pas à un album génialissime, et finalement j’ai été agréablement surpris. Commençons par le dessin : il est magnifique et vraiment original. Il n’est certes pas toujours très lisible, mais quel esthétisme ! Franchement dans le genre noir et blanc j’ai rarement vu plus joli. Certaines planches sont de véritables œuvres d’art, que je ne me lasse pas d’admirer. L’histoire, elle, est déjantée au possible. La narration est décousue et sous acides, et promène le lecteur dans ce qui semble être un mauvais rêve éveillé, à la fois noir et poétique. J’ai réussi tant bien que mal à rassembler les pièces du puzzle afin d'obtenir un semblant d’idée de la trame générale, mais il reste de nombreuses zones d’ombres… et j’ai un peu l’impression que c’était le but de l’auteur. Un album qui interpelle, et surtout quel délice pour les yeux !
Trois ombres
Voilà un très beau conte allégorique. J’ai été touché par cette histoire simple et poétique. Le dessin de Cyril Pedrosa sert merveilleusement le propos. Il s’agit d’un noir et blanc très expressif, faussement naïf et tout en rondeur. L’histoire est bien menée et il est difficile de lâcher l’album en cours de route. Je regrette juste certaines longueurs dans la seconde partie de l’album. Je trouve en effet que quelques passages allongent inutilement la sauce. Mais bon, pour l’émotion ressentie, je ne peux que dire « franchement bien ! »
Sous notre atmosphère
Je découvre toujours un peu plus les facettes multiples du talent d’Osamu Tezuka à travers ses diverses œuvres. Après la lecture du naïf Métropolis qui marquait le début de sa carrière, j’ai plutôt été surpris par la qualité intrinsèque de ce titre qui traite de la condition humaine. Il est vrai que ces courtes nouvelles viennent d’être éditées en France alors qu’elles datent de la période 1969-1970 où l’auteur marquait un tournant pour se plonger dans des œuvres plus adultes. Certaines de ces nouvelles ont été prenantes à lire. Elles laissent toujours une impression car les chutes sont fortes avec des effets de surprise comme je les aime. On se remémore facilement la lecture car on a passé un bon moment et cela appelle à une réflexion. Quelque fois, cela vire au fantastique et c’est plus ou moins énigmatique. Bref, il y a une véritable variété des thématiques à travers ces 16 récits. Je dois avouer que c’est à ce jour mon recueil préféré de ce grand maître qui essayait alors un nouveau genre : le gekiga. J’aime ces ambiances un peu sombres. Même le trait généralement très rond me semble résolument plus mâture. Je n’ai pas été un grand fan de l’auteur mais je trouve que ce recueil de nouvelles est un titre de qualité. Fort heureusement, je n’ai pas éprouvé le sentiment qu’il y avait du bon et du moins bon car l’ensemble reste homogène. Bref, chaque récit maintient son rang. L’auteur réussit à nous tenir en haleine jusqu’au bout. C’est honnêtement ce que j’ai lu de mieux et cela risque de plaire à un public plus large qu’habituellement.
Uchronie[s] - New Beijing
Ce premier tome de New Beijing ouvre la saison 2 de la série uchronie[s], et prolonge les aventures de Zack Konsinki à travers les différentes réalités parallèles. Même si il y a quelques explications sur le pourquoi du comment disséminées dans l’album il vaut mieux avoir lu (et apprécié) la saison 1 pour se lancer. Premier constat, et petite déception concernant le dessin : s’il n’y a pas de défaut à signaler c’est quand même nettement moins beau que ce que nous avait offert la saison 1. Les couleurs sont ici plus tristes, et surtout il y a trop peu de détails dans les décors. Ceux-ci sont même absents de la plupart des cases où les personnages sont en gros plan. C’était clairement un des points forts qui faisait le charme du New Byzance d’Eric Chabbert. C’est dommage de ne pas retrouver une telle ambiance ici. Concernant l’histoire, je dirais que ce premier tome démarre en douceur et finit en beauté. On découvre donc cette nouvelle ville, et très vite les premières péripéties surviennent. A peine arrivé et c’est déjà le début des ennuis pour le héros. C’est un peu brutal, mais bon au moins on est tout de suite dans le vif du sujet. Sur le milieu du tome je n’étais pas plus enthousiaste que ça, car pas tellement surpris par l’histoire. Il y a peut-être quelques facilités par ci par là. J’aurais sans doute mis 3 étoiles si cela s’était conclu comme ça. Mais tout s’accélère sur la fin. J’ai terriblement accroché aux dernières pages, aux derniers rebondissements qui lancent vraiment en beauté cette série. Un final qui donne vraiment envie de lire la suite.
Grands reporters
Plonger dans le plus grand bidonville à Bombay, voyager dans la cabine d'un routier en Iran, rencontrer les enfants des rues en République Démocratique du Congo... On peut faire tout cela dans cet imposant recueil ; imposant par son épaisseur, puisqu'il comporte 650 pages, constituées des BD d'une quinzaine d'auteurs, qui ont mis leur curiosité au service de leur art. Il y des noms connus, d'autres moins, mais tous apportent leur témoignage, leur petite contribution à cette tentative de rendre compte du monde qui nous entoure. Les destinations peuvent être très exotiques, comme lorsque Olivier Kugler (une vraie découverte) accompagne un soigneur d'éléphants au Laos... Mais aussi très proches, comme ce petit village dans le nord de la Belgique qui refuse d'être phagocyté par le port d'Anvers... 20 histoires vraies pour une anthologie d'exception, comme l'écrit l'éditeur. Une somme constituée des meilleurs récits relevant d'un genre en plein boom, la BD reportage. Il serait fastidieux de parler en détail de tous ces récits, mais je mets un peu l'accent sur certains, comme les deux réalisés par Olivier Kugler, dont les récitatifs et le dessin se mêlent d'une façon très harmonieuse ; les deux histoires illustrées par Balez, l'une purement documentaire, l'autre plus intime, avec sa ligne claire fort agréable ; les évocations contrastées de l'Afrique d'Hippolyte et Renaud de Heyn ; ou encore le court récit pittoresque de Tronchet sur son séjour à Quito, dans un exercice ou on ne l'attend pas... À noter que certains de ces récits sont disponibles en albums chez divers éditeurs. Indispensable.
Un printemps à Tchernobyl
Par son thème cet album se rapproche énormément du superbe Tchernobyl - La Zone paru l’année dernière aux éditions Des Ronds dans l'O. Pourtant l’approche des deux auteurs est complètement différente. Francisco Sánchez proposait un documentaire assez traditionnel, racontant les faits, le drame humain. Dans « Un printemps à Tchernobyl » Emmanuel Lepage propose lui une histoire beaucoup plus personnelle. Il raconte SON voyage à Tchernobyl, SON expérience à lui. Il nous parle de ses doutes quant à la pertinence d’un projet artistique aussi risqué, de son ressenti lors de ses visites dans la zone interdite, de ses rencontres avec les locaux, et surtout de ce que tout cela signifie d’un point de vue créatif. Le résultat est une histoire très « roman graphiquesque », un poil nombriliste peut-être, mais posant des questions existentielles intéressantes. La mise en image est exemplaire. Les planches sont d’une beauté à couper le souffle (voir la galerie), tantôt sombres et grisâtres, tantôt une explosion de couleurs aquarelles… tantôt esquisses, tantôt fourmillant de détails. Du chouette boulot. Un album fascinant qui parvient à humaniser la pire catastrophe nucléaire de notre histoire.
Azimut
Dans le même style que Terre mécanique, Andreae nous livre un splendide petit album aux couleurs chatoyantes, un vrai régal pour les amateurs d'aquarelle comme moi... On est littéralement transporté dans un univers imaginaire très original, très bien pensé, avec ses oiseaux qui forment une symbiose avec le temps, ses personnages qui perdent le nord au sens propre comme au figuré, et la présence d'êtres animalesques anthropoïdes (comme dans Terre mécanique, d'ailleurs). Mon seul regret est....... qu'on n'en voit pas assez ! J'ai hâte de voir ce que va donner le tome 2, et si les auteurs vont continuer à nous faire rêver sur la même vague ! Les fans du dessinateur s'y retrouveront. (163)
Pepito
A n’en pas douter, si l’éditeur Cornelius n’avait pas eu le bon goût de publier une rétrospective de Pépito en 3 tomes, je n’aurais surement jamais eu vent des aventures humoristiques de ce petit pirate qui a bercé la jeunesse des années 50 à nos jours. Pépito est surement le pirate le plus méconnu du neuvième art. Il a pourtant inspiré Belin pour ses gâteaux chocolatés (100% véridique !), surement Remacle pour ses Vieux Nick et Barbe-Noire dont il reprend le trait anguleux et le comique absurde et dans une moindre mesure One Piece et tout un pan de la flibusterie à vocation humoristique. Je ne vais pas m’en cacher, sans le travail éditorial exceptionnel de l’éditeur pour ce gros bouquin panaché de noir & blanc, trichromie et couleur et à la couverture dorée, je serais surement passé à coté d’un divertissement sans prétention mais de haute qualité. Les aventures de Pépito et de son équipage posent toujours le même axe narratif : se battre contre les injustices de « La Banane », sombre dictateur d’une île coloniale dans les Caraïbes fantasmées de Bottaro à grands coups de calembours, entourloupes et autres ressorts assez drôles. Le dessin est simple mais précis, les histoires se rapprochent davantage des aventures de Donald et Picsou de la grande époque et conservent ce même charme rétro et attractif. Dommage que les décors ne soient pas tellement travaillés mais l’ensemble est tellement expressif que cela colle au strip de base tout en produisant des aventures variant de 10 à 20 pages ! Ce qui est en revanche vraiment exceptionnel, c’est qu’au lieu de paraitre désuètes et naïves, les histoires de Pepito sont plutôt encore d’actualité avec un coté Robin des Bois des mers bien présent. Si toutes les histoires ne conservent pas le même centre d’intérêt, toutes se laissent lire avec un petit plaisir coupable indescriptible et bon enfant : Bosco Ventempoupe le second n’arrête pas de s’embrouiller dans des situations pas possibles et le grand méchant, le gros « La Banane » est aussi cupide que machiavélique à souhait ! Rien n’est vraiment manichéen et on peut même y voir une mince critique sociale avec ces impôts sur l’air respiré ou des inventions loufoques par l’inventeur fou à la solde du gouverneur ce qui permet de lire les histoires selon plusieurs aspects de 7 à 77 ans ! J’insiste sur le fait que l’édition présenté par Cornelius est vraiment exceptionnelle pour un prix dérisoire et que ce Pépito fera bonne figure aussi bien dans ma bibliothèque de quadragénaire nostalgique que dans certaines bottes du Père Noël pour mes filleuls en lieu et place des classiques Titeuf ou Astérix ! Vraiment ne passez pas à côté de ce petit trésor !