Un album magnifique que je vous recommande vivement.
Voilà une BD qui peut plaire aux enfants comme aux plus grands. Le pauvre Aristide a peur du noir mais tellement peur qu'il n'ose plus dormir. De ce point de départ l'auteur nous conte une histoire magique, que comme l'a souligné l'avis précédent, Tim Burton apprécierait certainement.
En plus le dessin est magnifique et les couleurs nous transportent dans un univers fantastique et magique. Et quelle bonne idée de transposer les idées d'Aristide sous forme de dessins enfantins.
Vraiment une lecture magique, agréable dont on ressort heureux. A lire absolument.
Ecrit par l'un des plus grands spécialistes des zombies, à savoir Max Brooks, cet album propose une sorte de catalogue des attaques de ceux-ci à travers le monde et les siècles.
Ce qui surprend d'entrée, c'est la précision des faits : tel lieu, à telle date, et de telle façon. Ce pointillisme est troublant, et incite le lecteur attentif à vérifier si des histoires étranges se sont bien déroulées dans ces cadres. Car les récits, assez courts, prennent aux tripes, sans mauvais jeu de mots. Les personnages, tous anonymes à l'exception de Sir Francis Drake, sont tous très présents dans l'histoire, et même si la moitié des ces récits se caractérise par son mutisme, ce qu'on y voit est très facile à comprendre : les zombies ont toujours existé !
Graphiquement je ne trouve pas le boulot d'Ibraim Roberson exceptionnel, mais il a le mérite d'être très efficace dans les scènes gore dont ce recueil est farci...
Un très bon album sur le thème des zombies.
Plus je lis les albums de Maximilien Le Roy, plus je le trouve intéressant, à l'instar d'un Joe Sacco, dans le choix de ses reportages dessinés. Ici il nous propose l'histoire d'un soldat français qui, à la fin des années 1940 et au début des '50, se retrouve des deux côtés de la barrière lors de la guerre d'Indochine. Un revirement pour des raisons idéologiques, mais pas seulement, puisque les exactions des colons et de l'armée française le dégoûtent. Mais, et c'est là que le récit devient réellement intéressant, Albert se rend compte que ce n'est pas tout rose du côté du Viet-Minh, malgré les bonnes volontés affichées par son leader, Ho Chi Minh... Une histoire -vraie- tout en nuances, lesquelles sont encore approfondies par un entretien en fin d'ouvrage entre l'auteur et un historien spécialiste du Vietnam.
En monochromie kaki, Le Roy nous amène au coeur de ce conflit qui laisse des traces encore 60 ans après, d'autant plus qu'en 2005 une loi promulguée par Chirac reconnaissait le rôle "positif" de la colonisation...
Très intéressant.
Ok, cette série des 7 est mochement commerciale et toutes les histoires ne brillent pas par leur qualité. Mais ce fut un grand plaisir de lire ce one-shot !
Le scénario est génial car il reprend les poncifs du genre dans une histoire efficace et très bien ficelée, où tous les dialogues comptent et où la mise en scène est fluide et supporte le récit.
Donc on est tout de suite aspiré dans cette histoire qui comporte une bonne chute, des personnages bien trempés et pas si classiques (enfin je crois, vu l'usage des orcs), qui ont des gueules mémorables, un peu de bagarre, un peu de voyage, un peu de culture naine.
Bref, un plaisir que cette histoire bien ficelée !
J'ai bien aimé cette version des voyages d'Ulysse qui était l'un de mes héros préférés durant mon enfance. J'ai été passionné par la mythologie grecque et par l’œuvre d'Homère.
Cette version modernisée me semble bien fidèle au mythe entre le chant des sirènes et la malédiction du dieu Poséidon. Cela a été une lecture fort agréable. On ne voit pas le temps passer. C'est fort bien construit car cela laisse sortir toute la richesse de l’œuvre originale.
Ulysse plaira aux plus jeunes et aux moins jeunes malgré un trait de dessin assez naïf. C'est d'ailleurs à ce jour la seule adaptation en bd digne de ce nom.
« Le collectionneur » est une chouette série, bien dans le ton des autres albums de Toppi que j’ai lus. Les histoires sont remplies d’aventure et tentées de magie, et le « collectionneur » est un héros intéressant, un peu cliché certes, mais attachant. Les intrigues sont sans surprises, mais bien développées. La narration est parfois déstabilisante, avec des sauts soudains dans le temps, mais bien maitrisée dans l’ensemble.
Et puis franchement moi je lis surtout du Toppi pour me régaler de son dessin, et de ce côté pas de déception. Les compositions sont magistrales, et les planches un vrai délice pour les yeux.
Mon seul vrai reproche est que les 5 tomes finissent par se ressembler un peu, et j’ai été moins passionné sur la fin. Si vous désirez découvrir cet auteur je vous conseille donc plutôt de commencer par un de ses one-shot (Le dossier Kokombo par exemple) ou pas sa série phare : Sharaz-De. Si vous accrochez, alors procurez-vous les 5 tomes du collectionneur !
Un printemps à Tchernobyl est la première œuvre dessinée que je lis sur le sujet, j'avais tenté de feuilleter Tchernobyl - La Zone en librairie, mais je m'étais arrêtée assez vite, gagnée par l'ennui.
J'avais 13 ans lorsque la catastrophe s'est produite et j'habitais dans l'Est de la France, si bien que le discours politique et médiatique du nuage radioactif qui s'était arrêté à nos frontières m'avait sans doute bien convenu à l'époque (bien que je ne m'en souvienne pas précisément).
Depuis Fukushima, pas mal de révélations ou de reportages ont été faits pour clarifier ce qu'il s'était réellement passé en 1986 en Ukraine et cette bande dessinée, qui raconte le séjour d'un groupe d'artistes français (dessinateurs, photographe, acteur, musicien) à proximité et dans ''la zone'' est à la fois émouvante et inquiétante.
Le petit groupe d'artistes qui est venu sur place pour être au plus près des réalités venait trouver les signes de ce qui nous a toujours été caché sur l'ampleur de la catastrophe pour en faire un argumentaire anti-nucléaire.
Au final, à part à l'intérieur même de la zone qui a complètement été désertée, laissée à l'abandon et détruite (les visites de la centrale et de la ville de Pripiat sont édifiantes), c'est essentiellement la vie, la joie de vivre, la vie malgré tout des habitants, comme un défi permanent à ce qu'ils ont vécu que nos voyageurs ont trouvé sur place.
L'auteur en vient même à se demander s'il va vraiment pouvoir publier ce qu'il ramène, tant cela ne correspond pas à ce qu'il était venu chercher.
Ce qui est inquiétant c'est cette invisibilité de la radioactivité, la facilité et la rapidité avec laquelle on l'oublie tant "tout" semble normal, voire même plus beau dans cette nature que l'homme a fui.
Graphiquement, c'est une pure merveille : le dessin est magnifique. Il est d'abord essentiellement en noir et blanc puis progressivement de plus en plus en couleurs, sans que l'on sache vraiment pour quelle raison on passe de l'un à l'autre : tristesse / joie, rêve / réalité, inquiétude / insouciance, grisaille / soleil, distance / proximité, visibilité / invisibilité, ce qui fait qu'on est à chaque fois très (agréablement) surpris par le changement.
Si l'on sait de plus que l'auteur a connu avant ce voyage une période (psychosomatique ?) d'incapacité totale à dessiner, on apprécie d'autant plus ces planches de toute beauté.
Un printemps à Tchernobyl est un bien beau témoignage, à tous points de vue, que je recommande vivement !
J’ai beaucoup aimé ce premier opus (réédition des 4 premiers comics), et ce malgré un scénario assez léger pour l’instant et un récit qui est souvent fait de courses poursuites et de baston, style que je n’affectionne pas de prime abord, mais le sublime dessin, l’humour et l’univers magique dans sa globalité m’ont enchantée, d‘autant que l‘utilisation des masques est intéressante à défaut d‘être innovante, et le Maskemane est vraiment très attachant.
Je ne sais pas si je me pencherai sur les animations et le jeu, mais pour l’instant l’adaptation B.D. me plaît bien et je compte bien la suivre jusqu’au bout, en espérant qu’elles trouveront une chute et que ça ne s’achèvera pas en flop comme dans Le Corbeau noir, premier tome de la série Wakfu Heroes, où pour l’apprécier il faut avoir suivi impérativement l’animation ou le jeu.
A ce sujet c’est un vrai bordel le classement de la série, il y a la collection Wakfu Heroes et la série Wakfu Heroes ! Y’a un truc qui m’échappe là.
Le graphisme de Maskemane est de toute beauté, sans parler des couvertures des comics originaux qui sont restituées ici, plus sublimes les unes que les autres, l’envie d’arracher ces pages et de les mettre au mur est assez puissante. Le découpage n’a rien de particulier, sinon qu’il suit bien l’histoire sans faire d’extravagances.
L’humour, passe souvent par le dessin, mais il y a quelques répliques et quelques noms bien savoureux qui m’ont bien fait rire.
Le début de l'album ne m'a pas vraiment enthousiasmé... Je trouvais le rythme lent, l'histoire assez molle, et les personnages un peu caricaturaux. Je me disais "Lax, il faudrait qu'il arrête avec le vélo, il a épuisé son inspiration."... Et puis tout d'un coup, sans crier gare, comme un pistard qui arrête de faire du surplace pour lancer son offensive, son intrigue s'est envolée, les différents éléments se sont imbriqués pour former une mécanique bien huilée, comme les pignons d'une roue... Et malgré l'entraînement imparable, on suit le récit sans heurt, sans peur d'être distancé... Et comme Lax est finalement un vieux routier, on ne craint plus l'accident de course, on se sent en sécurité.
On retrouve dans cet album une bonne partie des thèmes qui sont chers : le vélo bien sûr, le handicap qui amène à s'élever, la vie quotidienne de gens ordinaires confrontés à un évènement extraordinaire... Ici se déroulent en filigrane les différentes rafles qui vont vider Paris de sa population juive pendant l'Occupation. Un évènement diversement vécu par les membres de la famille Ancelin. Certains décident de passer à l'action, d'autres de rester passifs. Mais tous seront durablement marqués. Les personnages de Lax sont loin d'être caricaturaux, ni même primaires. Le plus difficile à cerner est sans doute le père, dont l'amour pour ses fils (même s'il s'en défend pour le plus jeune) est mis en balance avec ses amitiés -toutes relatives- avec l'occupant. des personnages très différents, mais tout très bien traités, et surtout, crédibles.
Sa reconstitution du Vel d'Hiv est bluffante ; on a vraiment l'impression d'être dans les gradins, dans la moiteur des populaires, venus là pour passer du bon temps, encourager, se défouler aussi... Il utilise aussi à merveille le fait que la verrière du vélodrome ait été bleutée pour mieux passer au travers des bombardements...
Côté dessin, j'avoue que le début me faisait craindre une baisse de qualité, les visages étaient moins soignés que d'habitude, les décors un chouïa laissés de côté ; mais j'imagine qu'il n'avait qu'une hâte, nous faire découvrir le Vel d'Hiv, car dès la première case qui s'y déroule, tout doute sur la forme de Lax est envolé, balayé par le vent de la course et la puissance des coureurs et des couleurs. Tout y est magnifique. Curieusement la scène qui m'a le plus bluffé est celle -courte- mettant en scène deux boxeurs en plein combat, qui est juste extraordinaire.
Un Lax de compétition.
J'ai découvert le scénariste Wilfrid Lupano avec sa BD Azimut, qui m'a vraiment enchanté. Quand mon libraire m'a recommandé celle-ci, je l'ai donc achetée sans hésiter, et je ne le regrette pas.
Si elle n'a pas la force et la fantaisie d'Azimut, elle est encore une fois très bien écrite, les dialogues sont excellents, la caractérisation des personnages très fine dans la caricature, et l'histoire aussi édifiante que drôle, avec quelques répliques hilarantes (l'avant-dernière planche est un bijou).
Le sujet était pourtant plus casse-gueule qu'il n'en a l'air : comment raconter une histoire où tous les personnages sont cons et cruels sans être condescendant ou moqueur? Réponse : en y mettant du panache et du spectaculaire. On est dans la bêtise, certes, mais la bêtise majuscule ! Le contrepoint sur les enfants aide aussi à faire passer la pilule...
On pense à une adaptation pour le théâtre ou le cinéma tant le sujet est riche, c'est d'ailleurs le seul reproche que je ferais à cette BD (mais ça tient aussi au format BD, qui n'est pas extensible à l'infini) : j'en aurais voulu plus ! C'est cette frustration (on reste dans l'anecdote alors qu'on aurait pu aller plus loin) qui m'empêche de mettre 5 étoiles.
Le dessin est assez magnifique, avec une collection de tronches géniale (le maire du village qui a lui-même une tête de singe, quelle belle idée!), de belles couleurs, des décors travaillés et un sens certain du mouvement. De nombreuses planches se passent entièrement de dialogues tout en racontant des choses complexes avec des dialogues muets qu'on imagine très bien, c'est dire l'aisance du dessinateur. Et les enfants sont absolument craquants.
Il m'est cependant arrivé par moments de rester sur une image que je ne comprenais pas, et une fois de revenir en arrière pour découvrir le sens d'une planche qui m'avait échappé (P50).
Mais dans l'ensemble, je recommande chaudement ce livre, et je vais sans doute m'intéresser de plus près au reste des œuvres de Lupano.
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Aristide broie du noir
Un album magnifique que je vous recommande vivement. Voilà une BD qui peut plaire aux enfants comme aux plus grands. Le pauvre Aristide a peur du noir mais tellement peur qu'il n'ose plus dormir. De ce point de départ l'auteur nous conte une histoire magique, que comme l'a souligné l'avis précédent, Tim Burton apprécierait certainement. En plus le dessin est magnifique et les couleurs nous transportent dans un univers fantastique et magique. Et quelle bonne idée de transposer les idées d'Aristide sous forme de dessins enfantins. Vraiment une lecture magique, agréable dont on ressort heureux. A lire absolument.
Attaques répertoriées
Ecrit par l'un des plus grands spécialistes des zombies, à savoir Max Brooks, cet album propose une sorte de catalogue des attaques de ceux-ci à travers le monde et les siècles. Ce qui surprend d'entrée, c'est la précision des faits : tel lieu, à telle date, et de telle façon. Ce pointillisme est troublant, et incite le lecteur attentif à vérifier si des histoires étranges se sont bien déroulées dans ces cadres. Car les récits, assez courts, prennent aux tripes, sans mauvais jeu de mots. Les personnages, tous anonymes à l'exception de Sir Francis Drake, sont tous très présents dans l'histoire, et même si la moitié des ces récits se caractérise par son mutisme, ce qu'on y voit est très facile à comprendre : les zombies ont toujours existé ! Graphiquement je ne trouve pas le boulot d'Ibraim Roberson exceptionnel, mais il a le mérite d'être très efficace dans les scènes gore dont ce recueil est farci... Un très bon album sur le thème des zombies.
Dans la nuit la liberté nous écoute...
Plus je lis les albums de Maximilien Le Roy, plus je le trouve intéressant, à l'instar d'un Joe Sacco, dans le choix de ses reportages dessinés. Ici il nous propose l'histoire d'un soldat français qui, à la fin des années 1940 et au début des '50, se retrouve des deux côtés de la barrière lors de la guerre d'Indochine. Un revirement pour des raisons idéologiques, mais pas seulement, puisque les exactions des colons et de l'armée française le dégoûtent. Mais, et c'est là que le récit devient réellement intéressant, Albert se rend compte que ce n'est pas tout rose du côté du Viet-Minh, malgré les bonnes volontés affichées par son leader, Ho Chi Minh... Une histoire -vraie- tout en nuances, lesquelles sont encore approfondies par un entretien en fin d'ouvrage entre l'auteur et un historien spécialiste du Vietnam. En monochromie kaki, Le Roy nous amène au coeur de ce conflit qui laisse des traces encore 60 ans après, d'autant plus qu'en 2005 une loi promulguée par Chirac reconnaissait le rôle "positif" de la colonisation... Très intéressant.
Sept voleurs
Ok, cette série des 7 est mochement commerciale et toutes les histoires ne brillent pas par leur qualité. Mais ce fut un grand plaisir de lire ce one-shot ! Le scénario est génial car il reprend les poncifs du genre dans une histoire efficace et très bien ficelée, où tous les dialogues comptent et où la mise en scène est fluide et supporte le récit. Donc on est tout de suite aspiré dans cette histoire qui comporte une bonne chute, des personnages bien trempés et pas si classiques (enfin je crois, vu l'usage des orcs), qui ont des gueules mémorables, un peu de bagarre, un peu de voyage, un peu de culture naine. Bref, un plaisir que cette histoire bien ficelée !
Ulysse (EP Editions)
J'ai bien aimé cette version des voyages d'Ulysse qui était l'un de mes héros préférés durant mon enfance. J'ai été passionné par la mythologie grecque et par l’œuvre d'Homère. Cette version modernisée me semble bien fidèle au mythe entre le chant des sirènes et la malédiction du dieu Poséidon. Cela a été une lecture fort agréable. On ne voit pas le temps passer. C'est fort bien construit car cela laisse sortir toute la richesse de l’œuvre originale. Ulysse plaira aux plus jeunes et aux moins jeunes malgré un trait de dessin assez naïf. C'est d'ailleurs à ce jour la seule adaptation en bd digne de ce nom.
Le Collectionneur
« Le collectionneur » est une chouette série, bien dans le ton des autres albums de Toppi que j’ai lus. Les histoires sont remplies d’aventure et tentées de magie, et le « collectionneur » est un héros intéressant, un peu cliché certes, mais attachant. Les intrigues sont sans surprises, mais bien développées. La narration est parfois déstabilisante, avec des sauts soudains dans le temps, mais bien maitrisée dans l’ensemble. Et puis franchement moi je lis surtout du Toppi pour me régaler de son dessin, et de ce côté pas de déception. Les compositions sont magistrales, et les planches un vrai délice pour les yeux. Mon seul vrai reproche est que les 5 tomes finissent par se ressembler un peu, et j’ai été moins passionné sur la fin. Si vous désirez découvrir cet auteur je vous conseille donc plutôt de commencer par un de ses one-shot (Le dossier Kokombo par exemple) ou pas sa série phare : Sharaz-De. Si vous accrochez, alors procurez-vous les 5 tomes du collectionneur !
Un printemps à Tchernobyl
Un printemps à Tchernobyl est la première œuvre dessinée que je lis sur le sujet, j'avais tenté de feuilleter Tchernobyl - La Zone en librairie, mais je m'étais arrêtée assez vite, gagnée par l'ennui. J'avais 13 ans lorsque la catastrophe s'est produite et j'habitais dans l'Est de la France, si bien que le discours politique et médiatique du nuage radioactif qui s'était arrêté à nos frontières m'avait sans doute bien convenu à l'époque (bien que je ne m'en souvienne pas précisément). Depuis Fukushima, pas mal de révélations ou de reportages ont été faits pour clarifier ce qu'il s'était réellement passé en 1986 en Ukraine et cette bande dessinée, qui raconte le séjour d'un groupe d'artistes français (dessinateurs, photographe, acteur, musicien) à proximité et dans ''la zone'' est à la fois émouvante et inquiétante. Le petit groupe d'artistes qui est venu sur place pour être au plus près des réalités venait trouver les signes de ce qui nous a toujours été caché sur l'ampleur de la catastrophe pour en faire un argumentaire anti-nucléaire. Au final, à part à l'intérieur même de la zone qui a complètement été désertée, laissée à l'abandon et détruite (les visites de la centrale et de la ville de Pripiat sont édifiantes), c'est essentiellement la vie, la joie de vivre, la vie malgré tout des habitants, comme un défi permanent à ce qu'ils ont vécu que nos voyageurs ont trouvé sur place. L'auteur en vient même à se demander s'il va vraiment pouvoir publier ce qu'il ramène, tant cela ne correspond pas à ce qu'il était venu chercher. Ce qui est inquiétant c'est cette invisibilité de la radioactivité, la facilité et la rapidité avec laquelle on l'oublie tant "tout" semble normal, voire même plus beau dans cette nature que l'homme a fui. Graphiquement, c'est une pure merveille : le dessin est magnifique. Il est d'abord essentiellement en noir et blanc puis progressivement de plus en plus en couleurs, sans que l'on sache vraiment pour quelle raison on passe de l'un à l'autre : tristesse / joie, rêve / réalité, inquiétude / insouciance, grisaille / soleil, distance / proximité, visibilité / invisibilité, ce qui fait qu'on est à chaque fois très (agréablement) surpris par le changement. Si l'on sait de plus que l'auteur a connu avant ce voyage une période (psychosomatique ?) d'incapacité totale à dessiner, on apprécie d'autant plus ces planches de toute beauté. Un printemps à Tchernobyl est un bien beau témoignage, à tous points de vue, que je recommande vivement !
Maskemane
J’ai beaucoup aimé ce premier opus (réédition des 4 premiers comics), et ce malgré un scénario assez léger pour l’instant et un récit qui est souvent fait de courses poursuites et de baston, style que je n’affectionne pas de prime abord, mais le sublime dessin, l’humour et l’univers magique dans sa globalité m’ont enchantée, d‘autant que l‘utilisation des masques est intéressante à défaut d‘être innovante, et le Maskemane est vraiment très attachant. Je ne sais pas si je me pencherai sur les animations et le jeu, mais pour l’instant l’adaptation B.D. me plaît bien et je compte bien la suivre jusqu’au bout, en espérant qu’elles trouveront une chute et que ça ne s’achèvera pas en flop comme dans Le Corbeau noir, premier tome de la série Wakfu Heroes, où pour l’apprécier il faut avoir suivi impérativement l’animation ou le jeu. A ce sujet c’est un vrai bordel le classement de la série, il y a la collection Wakfu Heroes et la série Wakfu Heroes ! Y’a un truc qui m’échappe là. Le graphisme de Maskemane est de toute beauté, sans parler des couvertures des comics originaux qui sont restituées ici, plus sublimes les unes que les autres, l’envie d’arracher ces pages et de les mettre au mur est assez puissante. Le découpage n’a rien de particulier, sinon qu’il suit bien l’histoire sans faire d’extravagances. L’humour, passe souvent par le dessin, mais il y a quelques répliques et quelques noms bien savoureux qui m’ont bien fait rire.
L'Ecureuil du Vel d'Hiv
Le début de l'album ne m'a pas vraiment enthousiasmé... Je trouvais le rythme lent, l'histoire assez molle, et les personnages un peu caricaturaux. Je me disais "Lax, il faudrait qu'il arrête avec le vélo, il a épuisé son inspiration."... Et puis tout d'un coup, sans crier gare, comme un pistard qui arrête de faire du surplace pour lancer son offensive, son intrigue s'est envolée, les différents éléments se sont imbriqués pour former une mécanique bien huilée, comme les pignons d'une roue... Et malgré l'entraînement imparable, on suit le récit sans heurt, sans peur d'être distancé... Et comme Lax est finalement un vieux routier, on ne craint plus l'accident de course, on se sent en sécurité. On retrouve dans cet album une bonne partie des thèmes qui sont chers : le vélo bien sûr, le handicap qui amène à s'élever, la vie quotidienne de gens ordinaires confrontés à un évènement extraordinaire... Ici se déroulent en filigrane les différentes rafles qui vont vider Paris de sa population juive pendant l'Occupation. Un évènement diversement vécu par les membres de la famille Ancelin. Certains décident de passer à l'action, d'autres de rester passifs. Mais tous seront durablement marqués. Les personnages de Lax sont loin d'être caricaturaux, ni même primaires. Le plus difficile à cerner est sans doute le père, dont l'amour pour ses fils (même s'il s'en défend pour le plus jeune) est mis en balance avec ses amitiés -toutes relatives- avec l'occupant. des personnages très différents, mais tout très bien traités, et surtout, crédibles. Sa reconstitution du Vel d'Hiv est bluffante ; on a vraiment l'impression d'être dans les gradins, dans la moiteur des populaires, venus là pour passer du bon temps, encourager, se défouler aussi... Il utilise aussi à merveille le fait que la verrière du vélodrome ait été bleutée pour mieux passer au travers des bombardements... Côté dessin, j'avoue que le début me faisait craindre une baisse de qualité, les visages étaient moins soignés que d'habitude, les décors un chouïa laissés de côté ; mais j'imagine qu'il n'avait qu'une hâte, nous faire découvrir le Vel d'Hiv, car dès la première case qui s'y déroule, tout doute sur la forme de Lax est envolé, balayé par le vent de la course et la puissance des coureurs et des couleurs. Tout y est magnifique. Curieusement la scène qui m'a le plus bluffé est celle -courte- mettant en scène deux boxeurs en plein combat, qui est juste extraordinaire. Un Lax de compétition.
Le Singe de Hartlepool
J'ai découvert le scénariste Wilfrid Lupano avec sa BD Azimut, qui m'a vraiment enchanté. Quand mon libraire m'a recommandé celle-ci, je l'ai donc achetée sans hésiter, et je ne le regrette pas. Si elle n'a pas la force et la fantaisie d'Azimut, elle est encore une fois très bien écrite, les dialogues sont excellents, la caractérisation des personnages très fine dans la caricature, et l'histoire aussi édifiante que drôle, avec quelques répliques hilarantes (l'avant-dernière planche est un bijou). Le sujet était pourtant plus casse-gueule qu'il n'en a l'air : comment raconter une histoire où tous les personnages sont cons et cruels sans être condescendant ou moqueur? Réponse : en y mettant du panache et du spectaculaire. On est dans la bêtise, certes, mais la bêtise majuscule ! Le contrepoint sur les enfants aide aussi à faire passer la pilule... On pense à une adaptation pour le théâtre ou le cinéma tant le sujet est riche, c'est d'ailleurs le seul reproche que je ferais à cette BD (mais ça tient aussi au format BD, qui n'est pas extensible à l'infini) : j'en aurais voulu plus ! C'est cette frustration (on reste dans l'anecdote alors qu'on aurait pu aller plus loin) qui m'empêche de mettre 5 étoiles. Le dessin est assez magnifique, avec une collection de tronches géniale (le maire du village qui a lui-même une tête de singe, quelle belle idée!), de belles couleurs, des décors travaillés et un sens certain du mouvement. De nombreuses planches se passent entièrement de dialogues tout en racontant des choses complexes avec des dialogues muets qu'on imagine très bien, c'est dire l'aisance du dessinateur. Et les enfants sont absolument craquants. Il m'est cependant arrivé par moments de rester sur une image que je ne comprenais pas, et une fois de revenir en arrière pour découvrir le sens d'une planche qui m'avait échappé (P50). Mais dans l'ensemble, je recommande chaudement ce livre, et je vais sans doute m'intéresser de plus près au reste des œuvres de Lupano.