Emouvante lecture.
la maladie d'Alzheimer est un fléau, qui, s'il ne tue pas directement ses victimes, n'en provoque pas moins une longue agonie du cerveau, de la personnalité, de l'individu. Je n'ai pas de proches victimes de ces symptômes, mais j'ai trouvé la description qu'en fait Valérie Villieu très émouvante, car respectueuse de la personne. Lorsque le comportement de Joséphine la fait ressembler à un enfant, ce n'est jamais pour la rabaisser, se moquer d'elle, mais au contraire nous raconter ses troubles, de façon très tendre. Lorsque Joséphine a des absences, Valérie et l'auxiliaire de vie qui se montre la plus attentionnée composent une présence, peuplant un peu la solitude, l'oubli, la déshérence...
Le dessin de Raphaêl Serfati est, malgré son côté naïf, très expressif, j'aime bien la composition de ses pages, entre rêve, délires et réalité.
Bref, une lecture émouvante.
Après lecture de l'intégrale, cette série fait tout bonnement partie des mangas qu'il faut avoir lu et même des BD qu'il faut avoir parcouru.
Certes, il existe des scories, principalement celles à mes yeux propres aux mangas, mais en regard de l'importance de cette oeuvre autobiographique, c'est de bien peu d'importance.
A la lecture du premier tome, ce qui saute aux yeux de prime abord, c'est ce dessin imparfait mais surtout "enfantin" et rigolard. Et au fil des pages, il se détache du fond, de ce Japon en (fin de) guerre, de la famine et des privations que cela implique. Il est aussi très révélateur de la mentalité nippone de cette époque, avec des divergences culturelles qui peuvent être profondes (maltraitance, humiliations, rapports à la punition...). Une fois cet aspect (malgré tout important pour bien comprendre l'environnement) passé, on suit avec plaisir cette famille "pacifiste" dans un exercice de survie incroyable tout en essayant de conserver son humanité. La fin du premier volume dévoile la bombe, les premières horreurs. Puis, au fil des tomes, nous allons suivre cette "aventure" de Gen, alias l'auteur, qui nous retranscrit une dizaine d'années post-apocalyptiques passant de l'impérialisme "impérial" (oui je sais faut oser) à l'américain, de l'évolution lente des mentalités etc...
Le dessin est imparfait, je l'ai dit, mais sur la durée il n'est pas un obstacle et permet rapidement une lecture claire et dynamique. Surtout, il n'épargne jamais le lecteur quandil faut monter l'immontrable. Tout bon pour moi d ce côté là, sachant que déjà je ne suis pas forcément fan du dessin manga.
Une oeuvre de mémoire, à l'instar de Maus, qui grandit véritablement le 9e art.
J'ai finalement pu lire ce Batman grâce à Urban Comics. Je n'ai pas lu Un long Halloween, mais heureusement il y a un résumé de l'éditeur et de toute façon l'histoire est très lisible pour quelqu'un qui n'a pas lu le précédent ouvrage car le scénariste a assez de talent pour ne pas perdre ses lecteurs. Les personnages font références à des événements qui se sont passé dans 'Un long halloween' de manière claire et précise.
L'histoire est très bien faite. Il y a certes quelques scènes un peu moins bien que d'autres, mais globalement j'ai été captivé par le récit. Au début, je trouvais ça sympathique sans plus, mais au fil des pages j'ai commencé à trouver ça passionnant et je ne pouvais pas lâcher mon livre ! J'aime comment Loed utilise les vilains de Batman et comment il bâtit son scénario avec intelligente. L'identité du tueur m'a agréablement surpris et j'aime quand un scénario me surprend comme ça.
Le dessin est bon. Il donne une atmosphère mi- réaliste et mi- fantastique (certains personnages comme le Joker ou le Pingouin ne ressemblent pas trop à des humains normaux) qui va à merveille avec le scénario.
Houlà !… Ca c’est tout bon !…
Une histoire « simple » pourtant : un père, sa fille, un pick-up… un road-movie… Une rencontre mais, paF, c’est Bill : un cul-de-jatte. Et que cherche Bill ?… celui qui pourra lui rendre ses jambes perdues dans un accident d ‘hélico.
Et de cette rencontre va naître une belle amitié et un changement de vie notoire pour le père et sa fille. Car tous vont partir pour une sorte de quête ; laquelle va les amener à faire des rencontres. Et ces rencontres, pour ainsi dire quotidiennes, vont l’être avec des gugusses en marge de la société.
Et là où l’histoire prend une autre direction, c’est que Bill et Tweety, la fille vont ainsi se rapprocher d’une certaine façon et vivre dans une espèce « d’autre monde » ; un monde dont le père –Luke- va se sentir –non pas comme rejeté- mais en marge de ce dernier.
Et tout ceci m’a donné quelque chose de captivant, une sorte de lecture tant textuelle que graphique assez… magique.
S’y greffe le dessin de Schultheiss ; un graphisme vraiment personnel, très original qui –vraiment- se combine très bien avec l’histoire.
L’auteur donne ainsi une véritable œuvre très riche, très attirante, généreuse… mais surtout quelque chose de quand même inclassable. Et c’est cela sans doute qui en fait sa force.
Nom di djou que c’est bien fait !…
Une vieille… mais bonne série.
Hé oui… Yann fait ses premiers pas dans l’hebdo « Cœurs Vaillants » n° 44 du 31 Octobre 1948. Il y termine une carrière exemplaire dans le n° 2 du 8 Janvier 1956.
Exemplaire ?… ses aventures paraissent dans un hebdo catholique et se doivent d’être édifiantes, de faire du héros une sorte de grand copain auxquels les lecteurs pourront s’identifier.
Droiture, patriotisme (nous sommes dans l’immédiat après-guerre), honnêteté, vaillance seront la colonne vertébrale d’histoires « exotiques » qui raviront le lectorat d’époque.
Au départ, Gloesner fait usage d’un dessin qui se « cherche » encore. Le trait paraît hésitant, malhabile. Très vite il fera pourtant montre d’une aisance graphique certaines, corroborant ses dessins dans une sorte de réalisme historique (travail d’après photos ? d’après cartes postales ?…). Il donnera aux lecteurs –qui en redemandent- une sorte de saga graphique de bien belle tenue.
Le scénariste ?… ben, il y en avait plusieurs… à savoir 4 : Jacques Romont (Jacques), Colette (Co), Noël Gloesner (no) et André (an)… à savoir des rédacteurs du dit hebdo !
L’air de rien, cette série, bien oubliée de nos jours, fut l’une des meilleurs de l’après guerre.
Un petit éditeur belge, Edipat, édita confidentiellement quelques albums dès 1952 (quasi introuvables). J’ai été étonné, car en en ayant trouvé quelques-uns, de voir que les Editions du Triomphe en avaient fait de même dès la fin du siècle dernier… presque 50 ans plus tard après les débuts de Yann. Ce n’est pas cela qui en fera un « Yann revival » mais j’en ai été content.
Une bien bonne série « exotique », distrayante pour un lectorat jeune de l’époque qui n’en demandait pas plus.
Et a y réfléchir, c’était quand même franchement bien !..
Il y a dans cette histoire de voleurs différents aspects et différentes phases. La construction du scénario est une sorte de puzzle où les chapitres ne se succèdent pas forcément chronologiquement. Du coup à la moitié de la lecture il y a de quoi être désorienté. Il y a des bons trucs et d’autres qui semblent un peu secondaires.
Mais lorsqu’on s’approche de la conclusion, on découvre les liens entre tout ce qu’on vient de nous raconter. On découvre pourquoi tout avait un sens. Pourquoi il était important de nous parler du passé du héros, de son fils qu’il ne voit pourtant presque pas. Pourquoi chaque personne invitée à participer à ce braquage avait son importance. Tout trouve un sens, rien n’était là par hasard. Et c’est vraiment efficace.
Le format de ce comics est parfaitement adapté à mettre tout ça en place. Il y a pas mal de chapitres, ce qui permet d’alterner entre des scènes d’actions - ou comment expliquer au lecteur que notre héros est un braqueur hors normes – et des parties plus intimistes qui s’attachent à la psychologie du personnage et de son entourage. Le ton employé est lui aussi très efficace, notamment par le cynisme de la voix off, ce qui donne une très légère touche d’humour.
Il faut donc absorber tout ça, et une fois que c’est fait, arrive le meilleur moment. Celui du dénouement. Car dans un polar, le meilleur c’est la fin non ? Quand on ne la voit pas venir et que celle-ci nous surprend… C’est un peu ce qui se passe ici. Alors que dans un premier temps on s’attend à une fin dans la lignée du reste, quelque chose du genre « ce qui devait arriver arriva », il ne faut que quelques rebondissements pour donner une saveur excellente et inattendue à l’ensemble ! Ce qui est particulièrement appréciable c’est que ça ne sort pas de nulle part, c’est cohérent et que ça colle au personnage. Un dénouement comme je les aime.
Pour conclure, en bas de la dernière case, il est marqué « à suivre dans le tome 2 », mais ce premier tome peut se lire comme un one shot. Une nouvelle réussite pour le scénariste de Walking Dead.
Plongé dans le revival en éclusant le rayon jeunesse de ma biblio municipale, c'est avec fébrilité et bonheur que je me suis replongé dans les Gaston. Et c'est encore terriblement moderne. Les gags sont certes, si on relit le tout sur une courte durée, un tant soit peu répétitifs mais pour autant ils sont drôles, intemporels. Et on a le droit à toute la panoplie, du visuel au gag de situation et/ou de répétition, bien amené. Les personnages secondaires sont venus au fil des tomes renforcer et relancer le potentiel drolatique de notre farfelu. Si j'avoue comme l'aviseur précédent une préférence pour la période Prunelle (Fantasio étant bien mieux servi avec Spirou), c'est avec grand plaisir que les anciens volumes se lisent également. La grande force de Franquin est d'arriver à conserver le rythme et la mécanique comique sur une page et ce quasi systématiquement.
Enfin, le trait est d'une efficacité redoutable. Gaston est physiquement impayable, les personnages secondaires (Boulier et De Mesmaker en tête) sont bien servis car ils ont tous une "existence" propre malgré l'approche volontairement survolée. Et que dire du chat, qui est pour moi le plus réussi des personnages, nous dévoilant régulièrement son arrière train après avoir semé le plus grand désordre.
Comme souvent pour les oeuvres jeunesse de "ma jeunesse", je les fais passer au prisme de mes gosses, pour vérifier si ça tient toujours le pavé et force est de constater que Gaston est un personnage dont ils sont friands. Du tout bon donc.
Comme bien souvent dans ces séries "enfantines" classiques, on use le filon, profitant d'une "franchise connue" et d'un goût prononcé des quarantenaires dont je suis) pour essayer de refourguer leurs Madeleine de Proust aux têtes blondes (Tu verra c'est mieux que Titeuf). Et on ne peut éviter les redondances d'une part ni la perte d'intérêt qui guette toute série à rallonge.
Comme l'a si bien souligné Chéreau, la force majeur de cette série et ce qui faisait qu'elle se démarquait alors de la concurrence, c'est l'arrière plan. Le chat et le crâne utilisent toutes les cases pour nous asséner un humour second degré et régressif merveilleux. C'est cartoonesque comme il l'a si bien dit et cela permet de décaler la série tout en la laissant malgré tout dans les codes de l'album jeunesse.
Vient ensuite le gimmick du disciple souffre douleur, et surtout la question que l'on se pose à son sujet....qu'est ce qu'il va prendre aujourd'hui, comment ça va arriver, quelle chute??? Et quel jeu de mot moisi le chat va-t-il en faire?
Dernier gros point fort de la série, l'invention. Toujours anachronique, toujours sans utilité avérée mais toujours hilarante.
La liberté des auteurs à tourner entre 1 et 5/6 planches leur a permis de trouver un rythme sur mesure qui permet d'éviter les temps morts.
A conseiller vraiment parce que ça n'a pas pris une ride et de préférence les vieux albums.
Des albums comme celui-ci, j’en redemande ! L’aspect documentaire de « Photo de la Favela » est intéressant au possible, mais sans devenir trop technique ou barbant. L’auteur met en effet le côté humain en avant, et la lecture est aisée et plaisante. On découvre cette cité fascinante au travers les yeux naïfs d’un enfant, mais l’enfant grandit, et son point de vue change. Son attachement à ce quartier et son entêtement à vouloir le photographier, le faire découvrir au monde, finit par porter ses fruits et faire de lui un photographe de renom. L’album se conclut d’ailleurs sur une sélection de superbes photos (je vous en ai mis deux dans la galerie)
Le dessin en noir et blanc « arrondi » possède un charme indéniable. Les personnages presque « cartoon » sont facilement reconnaissables. On peut toutefois noter des petits soucis de lisibilité sur certains plans rapprochés, mais rien de bien grave.
« Photo de la Favela » est un témoignage poignant, une bouffée d’air frais et d’optimisme, et une histoire très humaine. Avis aux fans de BD reportage !
Série intemporelle s'il en est. Je suis sur une période exploratoire des séries BD du rayon jeunesse de la (toute petite) médiathèque locale et c'est avec émotion que j'ai repris en main plusieurs tomes de cette merveille que j'ai découverte voici maintenant plusieurs décennies.
Certes certains dialogues sont datés, mais pour autant, les aventures du duo sont suffisamment rythmées pour maintenir le lecteur dans de bonnes dispositions et le décalage entre le héros et son side-kick rigolo est vraiment plaisant. A ce sujet, l'humour potache de celui-ci est toujours bien perçu par nos têtes blondes, preuve d'un bon passage temporel.
Le dessin est vif, un grand classique de la franco-belge 70's/80's mais là encore, il reste suffisamment moderne pour ne pas creuser le fossé générationnel.
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Little Joséphine
Emouvante lecture. la maladie d'Alzheimer est un fléau, qui, s'il ne tue pas directement ses victimes, n'en provoque pas moins une longue agonie du cerveau, de la personnalité, de l'individu. Je n'ai pas de proches victimes de ces symptômes, mais j'ai trouvé la description qu'en fait Valérie Villieu très émouvante, car respectueuse de la personne. Lorsque le comportement de Joséphine la fait ressembler à un enfant, ce n'est jamais pour la rabaisser, se moquer d'elle, mais au contraire nous raconter ses troubles, de façon très tendre. Lorsque Joséphine a des absences, Valérie et l'auxiliaire de vie qui se montre la plus attentionnée composent une présence, peuplant un peu la solitude, l'oubli, la déshérence... Le dessin de Raphaêl Serfati est, malgré son côté naïf, très expressif, j'aime bien la composition de ses pages, entre rêve, délires et réalité. Bref, une lecture émouvante.
Gen aux pieds nus (Gen d'Hiroshima)
Après lecture de l'intégrale, cette série fait tout bonnement partie des mangas qu'il faut avoir lu et même des BD qu'il faut avoir parcouru. Certes, il existe des scories, principalement celles à mes yeux propres aux mangas, mais en regard de l'importance de cette oeuvre autobiographique, c'est de bien peu d'importance. A la lecture du premier tome, ce qui saute aux yeux de prime abord, c'est ce dessin imparfait mais surtout "enfantin" et rigolard. Et au fil des pages, il se détache du fond, de ce Japon en (fin de) guerre, de la famine et des privations que cela implique. Il est aussi très révélateur de la mentalité nippone de cette époque, avec des divergences culturelles qui peuvent être profondes (maltraitance, humiliations, rapports à la punition...). Une fois cet aspect (malgré tout important pour bien comprendre l'environnement) passé, on suit avec plaisir cette famille "pacifiste" dans un exercice de survie incroyable tout en essayant de conserver son humanité. La fin du premier volume dévoile la bombe, les premières horreurs. Puis, au fil des tomes, nous allons suivre cette "aventure" de Gen, alias l'auteur, qui nous retranscrit une dizaine d'années post-apocalyptiques passant de l'impérialisme "impérial" (oui je sais faut oser) à l'américain, de l'évolution lente des mentalités etc... Le dessin est imparfait, je l'ai dit, mais sur la durée il n'est pas un obstacle et permet rapidement une lecture claire et dynamique. Surtout, il n'épargne jamais le lecteur quandil faut monter l'immontrable. Tout bon pour moi d ce côté là, sachant que déjà je ne suis pas forcément fan du dessin manga. Une oeuvre de mémoire, à l'instar de Maus, qui grandit véritablement le 9e art.
Batman - Amère victoire (Dark Victory)
J'ai finalement pu lire ce Batman grâce à Urban Comics. Je n'ai pas lu Un long Halloween, mais heureusement il y a un résumé de l'éditeur et de toute façon l'histoire est très lisible pour quelqu'un qui n'a pas lu le précédent ouvrage car le scénariste a assez de talent pour ne pas perdre ses lecteurs. Les personnages font références à des événements qui se sont passé dans 'Un long halloween' de manière claire et précise. L'histoire est très bien faite. Il y a certes quelques scènes un peu moins bien que d'autres, mais globalement j'ai été captivé par le récit. Au début, je trouvais ça sympathique sans plus, mais au fil des pages j'ai commencé à trouver ça passionnant et je ne pouvais pas lâcher mon livre ! J'aime comment Loed utilise les vilains de Batman et comment il bâtit son scénario avec intelligente. L'identité du tueur m'a agréablement surpris et j'aime quand un scénario me surprend comme ça. Le dessin est bon. Il donne une atmosphère mi- réaliste et mi- fantastique (certains personnages comme le Joker ou le Pingouin ne ressemblent pas trop à des humains normaux) qui va à merveille avec le scénario.
Le Voyage avec Bill
Houlà !… Ca c’est tout bon !… Une histoire « simple » pourtant : un père, sa fille, un pick-up… un road-movie… Une rencontre mais, paF, c’est Bill : un cul-de-jatte. Et que cherche Bill ?… celui qui pourra lui rendre ses jambes perdues dans un accident d ‘hélico. Et de cette rencontre va naître une belle amitié et un changement de vie notoire pour le père et sa fille. Car tous vont partir pour une sorte de quête ; laquelle va les amener à faire des rencontres. Et ces rencontres, pour ainsi dire quotidiennes, vont l’être avec des gugusses en marge de la société. Et là où l’histoire prend une autre direction, c’est que Bill et Tweety, la fille vont ainsi se rapprocher d’une certaine façon et vivre dans une espèce « d’autre monde » ; un monde dont le père –Luke- va se sentir –non pas comme rejeté- mais en marge de ce dernier. Et tout ceci m’a donné quelque chose de captivant, une sorte de lecture tant textuelle que graphique assez… magique. S’y greffe le dessin de Schultheiss ; un graphisme vraiment personnel, très original qui –vraiment- se combine très bien avec l’histoire. L’auteur donne ainsi une véritable œuvre très riche, très attirante, généreuse… mais surtout quelque chose de quand même inclassable. Et c’est cela sans doute qui en fait sa force. Nom di djou que c’est bien fait !…
Yann le vaillant
Une vieille… mais bonne série. Hé oui… Yann fait ses premiers pas dans l’hebdo « Cœurs Vaillants » n° 44 du 31 Octobre 1948. Il y termine une carrière exemplaire dans le n° 2 du 8 Janvier 1956. Exemplaire ?… ses aventures paraissent dans un hebdo catholique et se doivent d’être édifiantes, de faire du héros une sorte de grand copain auxquels les lecteurs pourront s’identifier. Droiture, patriotisme (nous sommes dans l’immédiat après-guerre), honnêteté, vaillance seront la colonne vertébrale d’histoires « exotiques » qui raviront le lectorat d’époque. Au départ, Gloesner fait usage d’un dessin qui se « cherche » encore. Le trait paraît hésitant, malhabile. Très vite il fera pourtant montre d’une aisance graphique certaines, corroborant ses dessins dans une sorte de réalisme historique (travail d’après photos ? d’après cartes postales ?…). Il donnera aux lecteurs –qui en redemandent- une sorte de saga graphique de bien belle tenue. Le scénariste ?… ben, il y en avait plusieurs… à savoir 4 : Jacques Romont (Jacques), Colette (Co), Noël Gloesner (no) et André (an)… à savoir des rédacteurs du dit hebdo ! L’air de rien, cette série, bien oubliée de nos jours, fut l’une des meilleurs de l’après guerre. Un petit éditeur belge, Edipat, édita confidentiellement quelques albums dès 1952 (quasi introuvables). J’ai été étonné, car en en ayant trouvé quelques-uns, de voir que les Editions du Triomphe en avaient fait de même dès la fin du siècle dernier… presque 50 ans plus tard après les débuts de Yann. Ce n’est pas cela qui en fera un « Yann revival » mais j’en ai été content. Une bien bonne série « exotique », distrayante pour un lectorat jeune de l’époque qui n’en demandait pas plus. Et a y réfléchir, c’était quand même franchement bien !..
Le Maître voleur
Il y a dans cette histoire de voleurs différents aspects et différentes phases. La construction du scénario est une sorte de puzzle où les chapitres ne se succèdent pas forcément chronologiquement. Du coup à la moitié de la lecture il y a de quoi être désorienté. Il y a des bons trucs et d’autres qui semblent un peu secondaires. Mais lorsqu’on s’approche de la conclusion, on découvre les liens entre tout ce qu’on vient de nous raconter. On découvre pourquoi tout avait un sens. Pourquoi il était important de nous parler du passé du héros, de son fils qu’il ne voit pourtant presque pas. Pourquoi chaque personne invitée à participer à ce braquage avait son importance. Tout trouve un sens, rien n’était là par hasard. Et c’est vraiment efficace. Le format de ce comics est parfaitement adapté à mettre tout ça en place. Il y a pas mal de chapitres, ce qui permet d’alterner entre des scènes d’actions - ou comment expliquer au lecteur que notre héros est un braqueur hors normes – et des parties plus intimistes qui s’attachent à la psychologie du personnage et de son entourage. Le ton employé est lui aussi très efficace, notamment par le cynisme de la voix off, ce qui donne une très légère touche d’humour. Il faut donc absorber tout ça, et une fois que c’est fait, arrive le meilleur moment. Celui du dénouement. Car dans un polar, le meilleur c’est la fin non ? Quand on ne la voit pas venir et que celle-ci nous surprend… C’est un peu ce qui se passe ici. Alors que dans un premier temps on s’attend à une fin dans la lignée du reste, quelque chose du genre « ce qui devait arriver arriva », il ne faut que quelques rebondissements pour donner une saveur excellente et inattendue à l’ensemble ! Ce qui est particulièrement appréciable c’est que ça ne sort pas de nulle part, c’est cohérent et que ça colle au personnage. Un dénouement comme je les aime. Pour conclure, en bas de la dernière case, il est marqué « à suivre dans le tome 2 », mais ce premier tome peut se lire comme un one shot. Une nouvelle réussite pour le scénariste de Walking Dead.
Gaston Lagaffe
Plongé dans le revival en éclusant le rayon jeunesse de ma biblio municipale, c'est avec fébrilité et bonheur que je me suis replongé dans les Gaston. Et c'est encore terriblement moderne. Les gags sont certes, si on relit le tout sur une courte durée, un tant soit peu répétitifs mais pour autant ils sont drôles, intemporels. Et on a le droit à toute la panoplie, du visuel au gag de situation et/ou de répétition, bien amené. Les personnages secondaires sont venus au fil des tomes renforcer et relancer le potentiel drolatique de notre farfelu. Si j'avoue comme l'aviseur précédent une préférence pour la période Prunelle (Fantasio étant bien mieux servi avec Spirou), c'est avec grand plaisir que les anciens volumes se lisent également. La grande force de Franquin est d'arriver à conserver le rythme et la mécanique comique sur une page et ce quasi systématiquement. Enfin, le trait est d'une efficacité redoutable. Gaston est physiquement impayable, les personnages secondaires (Boulier et De Mesmaker en tête) sont bien servis car ils ont tous une "existence" propre malgré l'approche volontairement survolée. Et que dire du chat, qui est pour moi le plus réussi des personnages, nous dévoilant régulièrement son arrière train après avoir semé le plus grand désordre. Comme souvent pour les oeuvres jeunesse de "ma jeunesse", je les fais passer au prisme de mes gosses, pour vérifier si ça tient toujours le pavé et force est de constater que Gaston est un personnage dont ils sont friands. Du tout bon donc.
Léonard
Comme bien souvent dans ces séries "enfantines" classiques, on use le filon, profitant d'une "franchise connue" et d'un goût prononcé des quarantenaires dont je suis) pour essayer de refourguer leurs Madeleine de Proust aux têtes blondes (Tu verra c'est mieux que Titeuf). Et on ne peut éviter les redondances d'une part ni la perte d'intérêt qui guette toute série à rallonge. Comme l'a si bien souligné Chéreau, la force majeur de cette série et ce qui faisait qu'elle se démarquait alors de la concurrence, c'est l'arrière plan. Le chat et le crâne utilisent toutes les cases pour nous asséner un humour second degré et régressif merveilleux. C'est cartoonesque comme il l'a si bien dit et cela permet de décaler la série tout en la laissant malgré tout dans les codes de l'album jeunesse. Vient ensuite le gimmick du disciple souffre douleur, et surtout la question que l'on se pose à son sujet....qu'est ce qu'il va prendre aujourd'hui, comment ça va arriver, quelle chute??? Et quel jeu de mot moisi le chat va-t-il en faire? Dernier gros point fort de la série, l'invention. Toujours anachronique, toujours sans utilité avérée mais toujours hilarante. La liberté des auteurs à tourner entre 1 et 5/6 planches leur a permis de trouver un rythme sur mesure qui permet d'éviter les temps morts. A conseiller vraiment parce que ça n'a pas pris une ride et de préférence les vieux albums.
Photo de la Favela
Des albums comme celui-ci, j’en redemande ! L’aspect documentaire de « Photo de la Favela » est intéressant au possible, mais sans devenir trop technique ou barbant. L’auteur met en effet le côté humain en avant, et la lecture est aisée et plaisante. On découvre cette cité fascinante au travers les yeux naïfs d’un enfant, mais l’enfant grandit, et son point de vue change. Son attachement à ce quartier et son entêtement à vouloir le photographier, le faire découvrir au monde, finit par porter ses fruits et faire de lui un photographe de renom. L’album se conclut d’ailleurs sur une sélection de superbes photos (je vous en ai mis deux dans la galerie) Le dessin en noir et blanc « arrondi » possède un charme indéniable. Les personnages presque « cartoon » sont facilement reconnaissables. On peut toutefois noter des petits soucis de lisibilité sur certains plans rapprochés, mais rien de bien grave. « Photo de la Favela » est un témoignage poignant, une bouffée d’air frais et d’optimisme, et une histoire très humaine. Avis aux fans de BD reportage !
Johan et Pirlouit
Série intemporelle s'il en est. Je suis sur une période exploratoire des séries BD du rayon jeunesse de la (toute petite) médiathèque locale et c'est avec émotion que j'ai repris en main plusieurs tomes de cette merveille que j'ai découverte voici maintenant plusieurs décennies. Certes certains dialogues sont datés, mais pour autant, les aventures du duo sont suffisamment rythmées pour maintenir le lecteur dans de bonnes dispositions et le décalage entre le héros et son side-kick rigolo est vraiment plaisant. A ce sujet, l'humour potache de celui-ci est toujours bien perçu par nos têtes blondes, preuve d'un bon passage temporel. Le dessin est vif, un grand classique de la franco-belge 70's/80's mais là encore, il reste suffisamment moderne pour ne pas creuser le fossé générationnel. A conseiller à nos bambins.