Les derniers avis (32085 avis)

Par montane
Note: 4/5
Couverture de la série Chère Patagonie
Chère Patagonie

Des critiques unanimes pour saluer la qualité de l'ouvrage. Une BD dont les 5000 exemplaires ont été rapidement vendus, au point que l'éditeur procède actuellement à la réimpression de 3000 autres volumes ; voilà un ''one shot'' qui méritait que l'on se pencha sur son cas. Il a suffi de feuilleter quelques planches chez mon libraire habituel pour susciter mon enthousiasme qui est demeuré intact tout au long de la lecture de ce titre, œuvre de la valeur montante de la BD argentine, Jorge Gonzalez. Je dois dire que son précédent album Bandonéon avait produit chez moi le même effet. On retrouve d'ailleurs certaines similitudes dans les thèmes et dans la narration. Le sujet ? L'histoire de l'Argentine, étalée sur plusieurs générations au travers de la vie d'une famille d'immigrés allemands arrivés dans le pays à la fin du 19e, et qui doit faire sa place au milieu des indiens dont le sort suivra peu ou prou le même sort que celui des indiens des Etats-Unis. La vie de Julian dont les parents tiennent un commerce en Patagonie pour qui il va acheter de la marchandise à Buenos Aires, où il finira sa vie en tenancier d'Hôtel. "Chère Patagonie" c'est tout ça et bien encore sur plus de 200 pages, où l'on ne cesse de s'arrêter sur un dessin et des couleurs superbes, d'une grande maestria ou les codes traditionnels de la BD franco-belge sont bouleversés à souhait. Ici le texte n'est jamais un luxe, et les silences sont tout aussi parlants que des planches surchargées de texte. Avec Gonzales au dessin, on a l'impression de croiser le Français Crécy, l'italien Fior, l'américain Sienkiewicz. Un vrai bonheur pour les yeux! L'album contient une seconde histoire au code narratif bien différent qui traite de la survivance de la culture des indiens Mapuche en Argentine. Le texte y est plus fourni, le dessin au frontière de la simple esquisse. Le dessinateur argentin nous montre qu'en un album il est capable de raconter deux histoires dont la thématique est similaire mais d'une manière radicalement différente. Une performance ! Alors si d'aventure vous croisez cet album en chemin, n'hésitez pas à en faire l’acquisition. Vous ne devriez pas le regretter.

14/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Elinor Jones
Elinor Jones

Soyons franc : au début de ma lecture, je me suis demandé quand allait surgir une licorne rose portée par un arc-en-ciel sur fond de soleil couchant. Le fier destrier, d’ailleurs, à peine arrivé, se serait ébroué, secouant de ce gracieux geste la poussière opaline couvrant son doux pelage, poussière se transformant au travers d’un rayon de lune (car la nuit eut chu entretemps) en une myriade de papillons colorés s’étiolant dans un horizon constellé d’étoiles. Et puis… Et puis, non. Le scénario est certes baigné d’eau de rose et oppose une Cendrillon anorexique à Nelly Olsen (vous savez, la sale peste de la petite maison dans la prairie) MAIS ҪA MARCHE ! La narration est fluide, les nombreux personnages couvrent toute la gamme attendue (la garce, la gentille timide, la mamy protectrice, la mère aimante, le réservé prince charmant, le délicat mais imposant jardinier, la petite fille espiègle, le fourbe… étrangement, il n’y a pas de yorkshire, … soit) et le dessin est d’une indiscutable qualité dans un genre fortement influencé par les mangas mais très soigné dans ses décors (et principalement les robes de ces dames, atelier de couture oblige). Seuls les cœurs qui apparaissent fréquemment m’ont quelque peu perturbé, me trompant initialement quant à l’orientation sexuelle de l’héroïne (ben oui, dessiner plein de petits cœurs à côté d’un texte du type « comme elle est jolie » et mettre le tout dans la bouche (en cul de poule pour la circonstance) d’une tendre jeune fille me laissait penser que celle-ci préférait brouter le gazon). Mais, bon, il s’agit là d’un code que j’ai appris à maitriser depuis. D’ailleurs, n’espérez pas une quelconque scène torride, toute la série est d’une chasteté rigoureuse et un simple baiser y représente le geste le plus sensuel qu’il se puisse faire. MAIS ҪA MARCHE ! J’ai enchainé les tomes avec plaisir, suivant des aventures cousues de fil blanc (pas pu m’en empêcher, désolé) qui plairont à quasi-toutes les jeunes filles (évitez peut-être juste de les offrir à une punk névrosée). Ah oui ! Un détail quand même : lorsqu’on imagine une structure reposant sur les saisons (Bal d’Hiver, Bal de Printemps, Bal d’Eté), c’est un peu con de ne prévoir que trois tomes… Hein, il est où, le Bal d’Automne ? Girly à s’empiffrer de cupcakes mais d’une redoutable et mielleuse efficacité.

14/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Le Grand Pouvoir du Chninkel
Le Grand Pouvoir du Chninkel

Cette série m'a toujours intrigué, je ne la connaissais pas avant de fréquenter le site. J'ai eu récemment l'occasion d'acheter l'intégrale noir et blanc d'occasion à bon prix. Je ne regrette pas cet achat et la BD figure en bonne place dans ma bibliothèque (autrement dit, je ne vais pas chercher à la revendre, ou à la refiler à la bibliothèque...). La principale raison pour laquelle je cherchais à lire cette oeuvre de Rosinski et Van Hamme, c'est que je pensais y retrouver l'esprit des récits et films fantastiques qui ont animé ma jeunesse. Et là, je dois dire que l'objectif est pleinement rempli ! L'allure des chninkels m'a beaucoup fait penser aux personnages de "Dark Crystal". Bref, je suis un peu retombé en enfance à la lecture de cet ouvrage. Graphiquement, le noir et blanc est somptueux, c'est très travaillé, et très inventif au niveau de l'univers et des différents personnages. On reprend des classiques comme les sortes de gnomes que sont les chninkels, et les kolds qui ne sont ni plus ni moins que des nains qui creusent la montagne comme dans tout bon récit d'heroic fantasy. Il y a aussi beaucoup de bonnes trouvailles vraiment originales qui rendent la lecture surprenante. J'ai bien aimé aussi l'histoire même si celle-ci reprend assez clairement des concepts de légendes celtes à la Tolkien comme expliqué plus haut, mais aussi de façon surprenante des connotations judéo-chrétiennes. J'ai trouvé la fin intéressante et également originale, moi qui m'attendais sottement à un happy end...(sans en dire plus...) En somme, une découverte tardive de cette oeuvre connue, mais très agréable. (180)

13/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Le Démon des glaces
Le Démon des glaces

L’édition originale de cet album est en papier cousu, seuls les plus atteints comprendront le plaisir pour le lecteur de voir ce petit bout de fil datant de 1974. Passé ce petit plaisir éditorial de collectionneur, il ne faut pas perdre de vue le fond, et justement il va en être question avec un nombre de bateaux envoyés dans les entrailles maritimes impressionnant. Le scénario se joue en trois actes, le premier consiste en une intrigue policière totalement haletante, le second en l’explication « scientifique » des projets et des personnages au-dessous du mystère et le dernier en une fuite devant l’ennemi. Hélas la lecture va en se dégradant, la longue course poursuite haletante s’enchaine avec une morne mais intéressante explication des procédés puis une dynamique mais beaucoup trop rapide chute en forme de fuite. Le lecteur pourra toujours se consoler en y voyant une forme de fin jouissive du « je reviendrai et alors… » chère à nombre de chutes temporaires de science-fiction, hélas il faudra se contenter de cette fin qui du coup en devient beaucoup trop abrupte. Le dessin sublime l’hommage à Verne, la technique narrative déjà parfaitement maitrisée se mêle à l’art du noir et blanc pour donner des paysages de glace, des profondeurs maritimes et des machines de science-fiction totalement immergeantes ( !) pour le lecteur. Au final quel choix cornélien entre le 3 et le 4 étoiles. S’il y avait suite, le 4 serait obligatoire tant l’album est prenant et maîtrisé, seule la fin nous fait heurter l’iceberg trop rapidement. Proposons donc un 4 sans achat car avouons que cet album reste un bijou de musée ou bibliothèque mais je doute l’ouvrir tous les mois au sein de ma BDthèque… Et cher auteur si vous nous lisez, une suite à cet opus dans votre production si énorme ferait tellement plaisir. Vous pourriez développer votre personnage conducteur totalement transparent dans la seconde partie du récit qui pourrait devenir un sacré psychopathe…

13/11/2012 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Lune d'argent sur Providence
Lune d'argent sur Providence

Moi qui ne suis pas un inconditionnel du genre western, j'avoue avoir beaucoup aimé cette série menée sur tous les fronts par Eric Hérenguel. Une histoire rondement menée en 2 tomes. Des personnages bien campés, qui même s'ils ne sont pas des plus originaux, jouent parfaitement le rôle qu'on leur demande. Un fond de fantastique et d'ésotérisme qui vient mâtiner le tout de très bonne manière. Et en prime un dessin et une colorisation très bien maîtrisés par Hérenguel. Moi je dis chapeau (Stenson oblige !). Ajoutez à cela des dialogues bien ciselés, avec des réparties assez truculentes, des rebondissements qui s'enchaînent pour nous maintenir en haleine jusqu'à la conclusion de cette histoire et vous avez là un bel exemple que devraient suivre plus souvent certains auteurs qui finissent par se perdre dans des séries à rallonge et qui perdent toute leur saveur initiale. Une très bonne réputation collée à cette série qui est donc très loin d'être usurpée et dont je recommande chaudement la lecture !

13/11/2012 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Le Torte
Le Torte

Le posteur précédent avait arrondi son 3,5/5 vers le bas, je l'arrondis vers le haut! Parce que Le Torte, malgré son dessin à la Vasco démodé et son scénario archétypal, est une lecture très prenante. D'ailleurs, contrairement à ce que l'on pourrait croire cette bd n'est pas aussi vieillotte que cela. Sous des allures classiques, elle possède des atouts modernes. Son héros est un véritable damné qui se débat violemment dans un monde de violence sans jamais trouver le salut. Il rêve de paix et de justice sociale mais ne trouvera refuge, ni dans la religion, ni dans la chevalerie. Et contrairement à un Thorgal qui est toujours moralement droit dans ses bottes, Le Torte est un héros capable des pires atrocités. Le caractère complètement désespéré de ce héros tourmenté est le point fort de cette série qui entre assauts barbares et décapitations en série arrive à émouvoir, ce qui n'est pas sans mérite. A lire, assurément, et à 15€ l'intégrale petit format, le lecteur aurait tort de se priver.

12/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Snake
Snake

Voilà un vrai personnage, le cowboy qu'on aimerait être. Il tire dans le dos de ces amis, il tape les femmes (en abuse même parfois), boit une bouteille de Gin cul-sec en guise de petit déjeuner, insulte la mère d'un tueur... . Vous avez l'image de ce niais de Lucky Luke? Et bien imaginez l'opposé le plus complet et vous obtiendrez "Snake"! Le dessin tout en noir et blanc est impeccable et retransmet fort bien l'ambiance western spaghetti.

12/11/2012 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ivanhoé
Ivanhoé

Quel plaisir de lire cet album ! Armures, blasons, châteaux ... Les dessins sont précis et détaillés mais pour autant les cases ne sont pas trop chargées. Et les couleurs sont superbes et en parfaite harmonie avec le trait. On trouve sur chaque page une petite dominante de couleur du meilleur effet. Il ne faut que quelques pages pour plonger dans cet univers chevaleresque et moyenâgeux. Et l'histoire contient tout ce qu'il faut pour finir d'immerger le lecteur dans ce récit. L'esprit médiéval, la rivalité entre les peuples normands et saxons, l'estime pour les chevaliers, tout cela est parfaitement retranscrit. Que dire enfin de ces duels entre chevaliers, de ce tournoi où la renommée de chacun se joue ? Perchés sur leurs chevaux, les hommes en armures vont en découdre à grand coup de lance. C'est ainsi que débute la légende d'Ivanhoé... Évidement il n'y a que très peu de suspens quand à l'issue du combat, mais qu'importe, l'ambiance est là. On s'y croirait et ça fait tout. Lecture fortement recommandée pour tous les amateurs de ce genre d'aventures épiques. Tome 2 et 3 Une lecture toujours plaisante que la suite et fin de ce récit, mais je suis un peu moins emballé que par le premier tome. Le dessin est toujours aussi beau, rien à redire la dessus. C'est plus du coté de l'histoire qu'il faut chercher si je dois trouver des choses à redire. Je trouve un peu dommage que notre héros soit quasi absent du tome 2 et ne fasse son retour que tard dans le tome 3. Dans le second opus on assiste à un long siège d'un château et un combat qui s'étale sur un peu trop de pages à mon gout. On ne ressent pas trop l'esprit chevaleresque qui flottait sur le tome 1 et son superbe tournoi. Heureusement on retrouve un peu cette ambiance sur la fin. En conclusion, une série série bien sympa qui permet de (re)découvrir la légende d'Ivanhoé.

13/10/2009 (MAJ le 12/11/2012) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Lyz et ses cadavres exquis
Lyz et ses cadavres exquis

Amis du surréalisme, du funèbre et de l'humour noir, vous avez frappé au bon caveau et ce millésime est loin d'être moisi ! D'emblée la couverture interpelle, mais pose finalement parfaitement le décor de ce qui va suivre. Tout est là. Il reste juste à faire défiler les pages et découvrir les autres pans étranges et tarabiscotés de ce fameux cadavre... exquis. Car cette étrange donzelle de 12 ans qui commence par perdre son père a de la suite dans les idées et un don bien étrange : ses compositions mortuaires très diaprées, fleuries et singulières ne sont pas du goût de tout le monde... L'establishment local voit son potage poireau pomme de terre lui ressortir par les narines au vu du spectacle produit par notre charmante Lyz et de ses goûts particuliers dans sa façon de préparer les corps. Il ne lui manquait plus qu'un artiste en mal d'inspiration pour abonder dans son sens et servir ses intérêts pour préparer une exposition qui ne manquerait pas de passer inaperçue. Réflexion sur l'artiste et son œuvre ; questionnement singulier mais pertinent sur la mort : ce oneshot à l'humour noir grinçant a donc tout pour me plaire ! D'autant que le dessin d'Alexis Horellou est très séduisant, malgré semble-t-il quelques soucis à l'impression qui ont ternis les couleurs. Et malgré le sinistre sujet traité, tout cela est vivant, décalé certes, emporté et nous compose un petit bijou de conte macabre à souhait à se réserver soigneusement pour les longues soirées d'hiver.

12/11/2012 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Quatre soeurs
Quatre soeurs

Je ne connaissais pas la série de romans "Quatre soeurs" de Malika Ferdjoukh. Il s'agit de romans pour la jeunesse (12-16 ans) mettant en scène une fratrie de... cinq soeurs, vivant ensemble dans la grande maison familiale en bord de mer depuis le décès de leurs parents. Ce sont des histoires de famille, d'amour et d'amitié dans une ambiance un peu poétique, intemporelle et chaleureuse. J'ai découvert ce petit univers sans rien en savoir en lisant les premières pages de cet ouvrage mis en image de manière agréable et contemporaine par Cati Baur. D'emblée, j'ai été séduit par la Vill'hervé, cette grande bâtisse un peu grinçante tout au bord d'une falaise. On en découvre peu à peu les habitantes, orphelines vivant ensemble en famille, prises en charge par la plus âgée d'entre elles, Charlie, mais prenant toutes soin les unes des autres. Il y a Charlie donc mais aussi Geneviève qui prend des cours de boxe thai en cachette, Bettina la peste victime de la mode, Hortense et son journal intime et la plus jeune, Enid à l'imagination galopante. Il y a aussi leurs proches, l'amoureux de Charlie, les amis et amies du village voisin, et quelques amours aussi. La narration est un peu étonnante. Il n'y a pas de réelle introduction, on est plongés directement dans cette grande cellule familiale et à charge du lecteur de s'y retrouver, ce qui heureusement n'a rien de bien compliqué. Il y a un léger sentiment de décousu par la manière dont on ne suit pas précisément un personnage mais tous alternativement et dans la façon dont il n'y a pas une unique intrigue qui se met en place. Ce sont plutôt des bouts d'ambiance, plusieurs sous-intrigues qui se chevauchent, et il faut un petit temps d'adaptation avant de bien saisir les personnalités de chacun et s'y attacher. Mais une fois la chose faite, c'est difficile de ne pas être happée par cette ambiance cosy, parfois légèrement fantastique, parfois purement romantique, ou touchant d'autres fois un peu à l'aventure et à la poésie. C'est une lecture qui, à mon sens, peut séduire aussi bien les jeunes lectrices que les adultes. Un ton original, des personnages touchants et attachants et des histoires simples mais agréables.

12/11/2012 (modifier)