Les derniers avis (32086 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Quatre soeurs
Quatre soeurs

Je ne connaissais pas la série de romans "Quatre soeurs" de Malika Ferdjoukh. Il s'agit de romans pour la jeunesse (12-16 ans) mettant en scène une fratrie de... cinq soeurs, vivant ensemble dans la grande maison familiale en bord de mer depuis le décès de leurs parents. Ce sont des histoires de famille, d'amour et d'amitié dans une ambiance un peu poétique, intemporelle et chaleureuse. J'ai découvert ce petit univers sans rien en savoir en lisant les premières pages de cet ouvrage mis en image de manière agréable et contemporaine par Cati Baur. D'emblée, j'ai été séduit par la Vill'hervé, cette grande bâtisse un peu grinçante tout au bord d'une falaise. On en découvre peu à peu les habitantes, orphelines vivant ensemble en famille, prises en charge par la plus âgée d'entre elles, Charlie, mais prenant toutes soin les unes des autres. Il y a Charlie donc mais aussi Geneviève qui prend des cours de boxe thai en cachette, Bettina la peste victime de la mode, Hortense et son journal intime et la plus jeune, Enid à l'imagination galopante. Il y a aussi leurs proches, l'amoureux de Charlie, les amis et amies du village voisin, et quelques amours aussi. La narration est un peu étonnante. Il n'y a pas de réelle introduction, on est plongés directement dans cette grande cellule familiale et à charge du lecteur de s'y retrouver, ce qui heureusement n'a rien de bien compliqué. Il y a un léger sentiment de décousu par la manière dont on ne suit pas précisément un personnage mais tous alternativement et dans la façon dont il n'y a pas une unique intrigue qui se met en place. Ce sont plutôt des bouts d'ambiance, plusieurs sous-intrigues qui se chevauchent, et il faut un petit temps d'adaptation avant de bien saisir les personnalités de chacun et s'y attacher. Mais une fois la chose faite, c'est difficile de ne pas être happée par cette ambiance cosy, parfois légèrement fantastique, parfois purement romantique, ou touchant d'autres fois un peu à l'aventure et à la poésie. C'est une lecture qui, à mon sens, peut séduire aussi bien les jeunes lectrices que les adultes. Un ton original, des personnages touchants et attachants et des histoires simples mais agréables.

12/11/2012 (modifier)
Couverture de la série La mort de l'indien
La mort de l'indien

Bon, disons le tout net, les quatre histoires qui composent cette bande dessinée ne valent pas forcément toutes ces quatre étoiles. Mais je les mets sans état d'âme pour cet album de la très sympathique collection Pilote. La première histoire, "Tecumtha", raconte en quelques pages la conquête de l'ouest et le vol des terres indiennes, au travers des visions d'un indien - qui finit mal ! La seconde traite de la trahison de soldats irlandais pendant la guerre contre le Mexique (sujet très peu traité, et pas seulement en bd !). La troisième tourne autour du personnage de Cheval Fou, histoire plus connue. Et la quatrième traite de Wounded Knee (dernier massacre de la conquête de l'ouest, en 1890 [Big Foot mort statufiée dans la neige apparaît deux fois dans l'album], après quoi la "Frontier" sera déclarée "finie" par les historiens américains) et de son surgeon de 1973, quand l'AIM occupa le site et le défendit les armes à la main face au FBI, et l'armée américaine. Album très "daté", mais pas forcément dans le mauvais sens du terme. C'est un album à charge, militant. Peu de place pour l'argumentation, peut-être (faute de place ?), sûrement manichéen, mais qui me touche - d'où en partie la note. Je trouve les dessins, en Noir et Blanc, très beaux. Ils rendent bien l'ambiance noire de l'ensemble et de ce qu'ils décrivent, le blanc étant pour la petite note d'espoir de la révolte de 1973. A noter que la quatrième de couverture présente l'auteur, espagnol, en faisant clairement un lien entre ce qu'il écrit et ce qu'il vit sous le franquisme. Un peu comme les films "Le soldat bleu" et "Little big man", qui pouvaient être aussi "vus" comme des dénonciations des massacres perpétrés au Vietnam. Album pas courant, mais à découvrir pour ceux qui s'intéressent à ce sujet, dans un traitement partisan qui nous change un peu de notre époque où l'engagement politique n'est plus aussi tranché.

11/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Canardo
Canardo

Une très bonne série, incontestablement. Tout d'abord, malgré une longevité importante, la qualité reste la marque de fabrique constante de cette BD de Sokal. Alors, évidemment, certains tomes m'ont plus plu que d'autres, si je devais en citer quelques uns, ce serait: "La marque de Raspoutine", "La mort douce", ou encore, "L'île noyée"... Chaque tome nous transporte dans un univers original, et c'est à chaque fois un grand plaisir et une immense surprise de savoir où notre détective aviaire va nous emmener. Graphiquement, c'est également une belle réussite. Les personnages sont très bien croqués et les mimiques des animaux anthropomorphes sont bien choisies. La colorisation n'est pas en reste, suivant souvent le ton morne du scénario et l'humeur désabusée du célèbre policier: gris, noir, marron... Un autre aspect positif qui m'a sauté aux yeux après la lecture de quelques albums, c'est la rigueur apportée aux dialogues. Le français y est impeccable, l'orthographe soignée, les réparties fluides, et le niveau soutenu. Dans ces dialogues on retrouve ça et là une touche d'humour, que ce soit de l'humour noir ou grivois. Bref, cette découverte, assez tardive, de ce monument du neuvième art, a été très enrichissante pour moi. A tester d'urgence pour celles et ceux qui ne se sont pas encore laissés tenter ! ( 178 )

11/11/2012 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série De Gaulle à la plage
De Gaulle à la plage

Prendre le plus grand homme de l’Histoire de France contemporaine, véritable statue du commandeur dont une bonne partie de la classe politique revendique toujours l’héritage historique, et en faire un personnage de bande dessinée humoristique, c’est tout bête mais il fallait y penser… Jean-Yves Ferri l’a fait, en lui allouant comme terrain de jeu une plage (normande ?) où, lassé de l’ingratitude des Français, De Gaulle prend quelques vacances bien méritées lors de l’été 56, en compagnie de son fils, sa « chère et tendre » Yvonne, son aide de camp dévoué, Lebornec, et l’ineffable berger allemand dénommé Wehrmacht qui a pour particularité d’aboyer en faisant « Reich Reich »…. On voit ainsi le Grand Charles ressasser ses souvenirs héroïques et sa frustration d’avoir été mis à l’écart de la vie politique, lui le « Sauveur » de la « Grande Nation »… Sous forme de strips où le comique se situe plus au niveau verbal et visuel que dans des gags façon « Boule et Bill », les divagations du légendaire général procurent une réelle jubilation. Victime d’un humour à froid à la fois décapant et décalé, il ne fait pas de doute que le double humain du « toon » De Gaulle, icône nationale française à l’égo hypertrophié et adepte de l’autoritarisme, aurait cherché à censurer cette BD, pourtant pas si méchante au fond. Le général est dépeint comme une personnalité toujours soucieuse de son image de héros combatif et inflexible, mais que la paix a transformé en retraité gâteux et puéril, terrorisé à l’idée que sa chère Yvonne le surprenne en train de commettre un écart de conduite. Il y également l’idiot de service, incarné par le fils De Gaulle (le même en plus petit mais totalement crétin), que le père, lucide sur ses capacités, incite à se contenter d’un C.A.P. de tourneur-fraiseur. D’un point de vue graphique, le trait rappelle beaucoup celui de Larcenet, et pour cause : Jean-Yves Ferri a été le scénariste du « Retour à la terre ». Un trait à la rondeur minimaliste, bien adapté à l’humour tout en flegme de l’ouvrage. Ainsi, certaines scènes sont à hurler de rire, telle celle où notre De Gaulle, un 18 juin, se rend au poste de secours de la plage pour lancer un vibrant appel, après avoir arraché le micro des mains du secouriste. Son but ? Se faire prêter un ballon pour tuer l’ennui généré par ces longues journées à contempler la mer… Bien vue également l’apparition de Churchill, entraînant quelques échanges savoureux entre les deux hommes qui n’ont de cesse de se mesurer, vantant leurs mérites respectifs comme deux vieux gamins pathétiques dans une cour d’école…

11/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Le Grand Pouvoir du Chninkel
Le Grand Pouvoir du Chninkel

C'est une très bonne bande dessinée, qui recycle quelques vieilles histoires. Bien construit, avec un Noir & Blanc intéressant. Différent de Thorgal, des mêmes auteurs. Je n'irai pas jusqu'à "culte", mais je garde un excellent souvenir de cette lecture, que j'encourage. Une version couleur est sortie, qui ne m'a pas semblé apporter grand chose quand je l'ai feuilletée. Même si le rebondissement final peut s'anticiper, voilà une aventure "édifiante", une sorte d'"exempla" dont on peut tirer les leçons qu'on veut, mais qui ne laisse pas indifférent.

10/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Léonard
Léonard

Difficile de noter une série aussi prolifique, et qui souffre de redite et autre essoufflement de créativité. Ma note et le conseil d'achat qui l'accompagne sont donc essentiellement valables pour les premiers albums, souvent très drôles. Car si je n'ai pas lu tous les albums, loin de là !, j'ai quand même pas mal rigolé avec Léonard et son disciple. Grâce à pas mal de gags, mais aussi aux inventions absurdes, totalement inutiles du génie en question (une sorte de de Vinci déconnecté du principe de réalité ou d'utilité), mais aussi à sa mégalomanie. Le meilleur gag, et il est récurrent, c'est le personnage du disciple, souffre douleur du génie, testeur d'inventions et son air du type qui a "la gueule du mec qui va s'en prendre plein la gueule"... et qui s'en prend d'ailleurs plein la gueule, explosé, écrasé, brûlé à longueur d'albums. Et les réparties entre ces deux personnages principaux, lorsqu'elles sont réussies, sont vraiment très drôles. Du très bon et du moins bon, donc, mais une série qui mérite largement d'être lue, même si ce n'est pas en totalité.

10/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Mordillo
Mordillo

Un dessin tout en rondeur et répétitif, des albums qui se lisent très vite, des couleurs très datées et sans nuance. Et pourtant, c'est souvent drôle. Non pas d'un humour de rentre dedans, au forceps, mais au contraire fait de poésie, de désuet et d'absurdité revendiqués. Si les albums de Mordillo, qui jouent toujours sur un gag visuel, peuvent paraître lassants, j'y vois moi une créativité toujours renouvelée. Je possède les Opus et d'autres "thématiques" ("Mordillogolf"; "Mordillo football"). Je ne les relie pas tous les jours ni en intégralité dans la foulée, mais j'en relis souvent des extraits, et toujours avec plaisir. Il y a là un ton, intéressant et original, que je n'ai pas retrouvé ailleurs. Note réelle: 3,5/5

10/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Raymond Calbuth
Raymond Calbuth

Alors que Robert Bidochon ose des commentaires assurés et définitifs devant son poste de télévision, Raymond Calbuth rêve d'être de l'autre côté de l'écran. C'est un aventurier du dérisoire, quelqu'un qui vit dans ses rêves, mais qui a des rêves sans horizon. Hélas sa femme est son seul public, et ses aventures héroïques, en peignoir et charentaises ne feront jamais la une des journaux. Par contre, elles suffisent pour faire de Raymond le héros d'un certain nombre d'albums assez poilants, dans un quotidien tout à fait anodin: Raymond Calbuth, aux confins du possible ! Note réelle 3,5/5.

10/11/2012 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Les Dingodossiers
Les Dingodossiers

Ah, la réunion de deux monstres sacrées de la bande-dessinée ... Le summum de deux maitres, deux génies du monde des bulles et des cases. Sous forme de gags en deux planches (ou plus), Gotlib et Goscinny inventent là un concept de BD tout simplement génial : la BD fourre-tout. Autant d'histoires différentes que de planches, mélangeant contes parodiées, fausses informations, commentaires saugrenus, facéties et gamineries. Des personnages immortels naissent : l'élève Chaprot, l'avatar de Gotlib, les rédacteurs de Pilotes. La bande-dessinée d'époque est caricaturée avec joie et bonne humeur, la dérision touche également tout les auteurs de cette époque. L'équipe de Pilote est montrée sous un angle humoristique, c'est bon enfant, c'est drôle. Une série qui proposait un humour simple mais ô combien efficace, un vrai plaisir de lecture, de relecture. Malgré l'âge, on sourit, on rit toujours autant face à ces gags tellement bons. Les jeux de mots sont des trouvailles admirables, le dessin est excellent. A la fois peinture d'une époque, cette BD reste un des chefs d’œuvres de l'humour et une œuvre culte qui se doit d'être lue. Immanquable, ça c'est sûr.

10/11/2012 (modifier)
Couverture de la série L'Art et le sang
L'Art et le sang

Voilà un criminel qui ne s'embarrasse pas de scrupules, mais se veut artiste du crime. Benoit Preteseille utilise le mythe de Fantomas, créé par Allain et Souvestre, et qui avait tant séduit les surréalistes (Desnos en avait fait un long feuilleton radiophonique et Breton adorait les versions ciné de Feuillade). On y trouve d'ailleurs d'autres points communs avec l'univers d'André Breton (l'évocation du musée Gustave Moreau entre autre) et du surréalisme, qui inerve cet album. A noter la fin, qui démarque le "tu seras un homme mon fils" de Kipling, dans une version moins consensuelle... A découvrir, c'est un univers original !

10/11/2012 (modifier)