En errant entre les rayons de ma médiathèque je suis tombé par hasard sur ce one shot dont j'avais lu un grand nombre de critiques positives et je peux même dire élogieuses et je ne regrette pas le fait de l'avoir emprunté, bien au contraire .
L'histoire est celle d'un "vieux monsieur " particulièrement désagréable qui demande à son fils, chômeur de longue durée, de l'accompagner durant un voyage commémoratif dans tous les pays qu'il avait visité avec sa regrettée épouse .
L'histoire même si elle peut paraître classique m'a quand même énormément touché car effectivement comment ne pas être ému par le rapprochement d'un père avec son fils dont il s'est très peu occupé ? Ce genre d'histoire peut déplaire à certains car cela peut paraître très banal comme situation mais à mon avis ce genre d'histoire n'est pas assez traité en bande dessinée.
Les auteurs ont parfaitement réussi à nous faire apprécier ces personnages finalement très communs.
J'ai trouvé le fils tout simplement réaliste, je pense que beaucoup de personnes peuvent se retrouver dans ce personnage qui s'emporte contre son père mais qui finit rapidement par le regretter.
En ce qui concerne le dessin je le trouve agréable et je pense qu'il colle assez bien au récit même si un autre style, plus réaliste, aurait été à mon avis plus adapté.
Alors oui je conseille la lecture et même l'achat de ce one shot, même si moi je l'ai emprunté . Mais rassurez vous je vais rapidement y remédier car je compte bien acquérir rapidement ce très sympathique roman graphique.
Voilà un jeune auteur qui ne m'a pas déçu avec des titres comme Neuf Mois ou encore 80 jours. J'aime bien son style d'écriture et ses dessins. Il innove également avec le concept d'édition participative. Les bdphiles internautes ont eu du flair car ce diptyque est véritablement de qualité.
Et puis, il y a surtout la manière de raconter une histoire avec une morale toujours sauve: le handicap et la superstition ne doivent pas nous arrêter pour réaliser nos projets de vie.
L'imagination de l'auteur semble sans limite avec des petits trucs qui font mouche comme l'enracinement de l'homme dans tous les sens du terme. L'onirisme se mélange avec humour et intelligence. Qui a dit qu'il fallait vivre chaque jour comme son dernier ?
3.5
Au fil du temps, j'ai fini par m'attacher à l'univers de To Love.
Les personnages et les situations manquent d'originalité (on retrouve ce qu'on voit dans pleins de mangas humoristiques pour ados masculins depuis Urusei Yatsura), mais dans son genre c'est bien fait. Les personnages sont attachants et l'humour me fait bien rire. Comme c'est aussi un manga harem on retrouve du fanservice dont avis à ceux qui sont allergiques à l'humour petite culotte. L'ajout de personnages permets de varier les situations tout le long de la série même s'il y a des répétions.
Le dessin est dynamique et je l'aime bien. Le dessinateur sait dessiner de jolies filles. Un manga divertissant si on aime le genre.
Avec le premier tome de cette trilogie, nous nous trouvons dans le cadre d'une intrigante fable fantastique au 19e siècle, mettant en scène Honoré de Balzac au sommet de sa gloire. La mise en abyme s'entame ici puisque le célèbre auteur découvrira avec surprise sa propre biographie, documentée jusqu'à ses plus profonds secrets et publiée à qui veut la lire dans le journal.
Cela ressemble à un conte fantastique à la Maupassant si ce n'est qu'il met en scène un écrivain réel et aussi célèbre que Balzac.
Le graphisme de Griffo est plutôt excellent, proche de son autre série Monsieur Noir que j'aime beaucoup.
L'histoire se lit très bien et on est assez intrigué, même si la fin se révèle un peu trop prévisible. J'aurais aimé plus d'originalité dans cette conclusion.
Le second tome, ensuite, reste de bonne facture mais m'a un peu moins charmé. D'une part, je ne connais absolument pas Clouzot comme cinéaste donc un récit le prenant comme personnage principal ne m'enthousiasme pas plus que ça. Ensuite le graphisme de Loïc Malnati ne m'a pas séduit. Je n'aime pas l'encrage spécial qu'il utilise ici. Je ne sais pas quelle technique il a utilisé mais cela donne une impression de trait épais et pixelisé alors que ce n'est pas du tout le cas en réalité. Les couleurs sont également ternes et l'ensemble en ressort assez triste et morne à mon goût.
Et puis j'ai été aussi surpris du fait que le scénario de ce tome là n'ait finalement aucune composante fantastique à l'inverse du premier tome. Tout s'explique à la fin d'une manière qui tient la route mais qui diffère du ton de fable fantastique qu'avait pris le premier tome. On est plus ici dans le cadre d'un récit historique et d'un hommage à un cinéaste célèbre, même si la biographie du personnage y est brusquement modifiée par rapport à la réalité.
Puis vient le dernier tome et là, la série prend soudainement une saveur bien plus intéressante à mes yeux. Il est réalisé par Valérie Mangin toujours au scénario mais cette fois Denis Bajram au dessin. Et il met en scène... Valérie Mangin et Denis Bajram. C'est une mise en abyme supplémentaire par rapport aux deux premiers tomes puisque ceux-ci apparaissent aussi "physiquement" dans le récit de ce troisième tome, page de garde et numéro ISBN inclus, et sont au coeur d'un récit qui retrace une grande partie de la vie d'étudiants puis de couple des deux auteurs.
Cette fois, le fantastique reprend pied dans l'intrigue, voire même la science-fiction sur la fin. Mais c'est surtout le vertige causé par la mise en abyme de l'intrigue qui est marquante. Un degré à ce vertige est encore ajouté par le fait que la vie des deux auteurs tourne largement autour du monde de la bande dessinée et des libraires parisiens et bruxellois, ce qui inclut donc d'une certaine part le lecteur amateur de BD lui-même dans l'histoire. Sans parler du fait que les deux héros se demandent à un moment s'ils ne sont pas eux-mêmes des personnages de bande dessinée.
J'ai aimé l'excellent graphisme et les couleurs de Bajram, même si les quelques décors en photos retouchées m'ont un peu refroidi. J'ai aimé la façon dont les deux auteurs mettaient leur jeunesse et leur amour en images, je me suis senti très proche d'eux, même si je n'ai rien des littéraires et artistes parisiens qu'ils étaient durant leurs études. Et j'ai aimé le trouble causé par la mise en abyme et leurs questionnements pour lesquels j'ai presque réussi à me sentir impliqué. Et puis j'ai aimé aussi cette fin étonnante, prenant presque la forme d'un clin d'oeil amusant. C'est en tout cas une conclusion d'une belle envergure imaginaire. On y sent nettement la patte des auteurs du Fléau des Dieux et de Universal War One.
En résumé, après deux premiers tomes sympathiques mais qui ne m'auront pas plus touché que cela, le dernier tome donne soudainement à l'ensemble une vraie profondeur, abyssale presque oserais-je dire non sans sourire, et j'y ai véritablement accroché. L'idée de la série se révèle vraiment bonne et la façon dont le couple Mangin/Bajram s'y livre est à la fois étonnante, troublante et attendrissante.
Fidèle à sa ligne directrice, la collection Ecritures de Casterman propose des récits mélangeant deux genres : le roman graphique et la BD historique, le tout traité de façon très moderne.
Un gros pavé, 400 pages, sur le début du conflit israélo-palestinien. Je ne l'ai pas lu, mais d'après ce que j'ai pu grapiller comme info, on n'est pas si loin que ça d'un Habibi par exemple ?
Ce conflit, dont je connais peu de choses (on ne l'étudie pas à l'école), m'a toujours intéressé de par son apparente complexité (ça m'a poussé à lire, par exemple Palestine de Joe Sacco). Ici, le point de vue est plus celui des civils juifs, au tout début du conflit (les années 50), lorsque l'occupation britannique était encore en place. Je ne pourrais pas dire que je ressors de ma lecture en ayant mieux compris les tenants et les aboutissants de cette guerre, c'est clair que tout est encore très confus dans mon esprit (le livre revient sur peu d’éléments historiques), et pour saisir pleinement le côté historique, je pense qu'il faut déjà avoir un solide background sur le sujet, mais est-ce un point si négatif ?
Je veux dire, maintenant je connais légèrement mieux la situation de l'époque, en Palestine, mais surtout ce roman graphique m'a souvent, et c'est finalement pour moi le plus important, touché. Il y a réellement plusieurs scènes que j'ai trouvées très émouvantes, d'autres plus légères, le reste pour la plupart très intéressantes. Non, vraiment, le scénario de cette BD est quand même très bien écrit.
En plus, à côté de ça, le dessin est loin d'être vilain. Il n'est pas magnifique, loin de là, et peut paraître même légèrement simpliste (quoique c'est le genre de trait un tout petit peu naïf que j'apprécie) qui me parait vraiment maîtrisé.
Bref, du tout bon pour cette nouveauté.
Alpha est pour moi une EXCELLENTE série d'espionnage elle nous fait renter dans les arcanes du pouvoir, les histoires sont bien menées, assez réalistes et fort complexes, cette série est a classer dans la lignée de XIII & co.. mais avec son côté actuel, politique intérieure, géopolitique.
Les dessins sont raisonnables. Rien d'extraordinaire mais ils restent plus qu’efficaces et ils s’améliorent de tome en tome et Alpha est un personnage attachant ce n'est pas le grand séducteur comme Largo qui lui se tape une femme par tome.
J'ADORE.
Le beau voyage est un roman graphique pur jus.
Zidrou nous démontre une fois de plus qu’il est un excellent conteur. Le lecteur découvre au fil des pages une jeune femme fragilisée par sa jeunesse, par ce père n’ayant que peu de temps à lui consacrer, par cette mère distante jusqu’à l’absence, par ce frère disparu avant même qu’elle ne naisse. Ancien instituteur, il nous montre aussi combien un enfant peut être façonné par les non-dits de ses parents. Tout cela nous est dit avec finesse, sans misérabilisme, avec pudeur et sans larmes.
J’ai été moins séduit par le travail de Springer mais son trait ne dessert pas le récit. Disons qu’il le soutient sans le magnifier.
Au final, voici un album qui a réussi à me toucher tout en me rappelant combien un non-dit peut être lourd à entendre.
Un récit dense, riche en dialogues, bien construit, avec clans multiples, jeux de dupes et conflits d’intérêts. Bienvenue dans l’univers du Triangle secret. Et c’est un fait que j’ai retrouvé là tout ce que j’avais aimé dans la série mère.
L’intrigue repose sur une idée de départ assez originale et les différents groupes qui s’opposent ou s’associent en fonction d’intérêts communs, fussent-ils momentanés, ont chacun leur raison d’être. Le lecteur est ballotté au fil du récit même si, rapidement, certaines pistes se dégagent. En fait, j’ai trouvé l’ensemble très prenant même si long à lire.
Le dessin de Falque convient bien à ce genre de récit, sans pour autant apporter de dimension particulière à celui-ci. J’ai particulièrement apprécié le fait que malgré le nombre élevé de personnages, je n’ai jamais confondu leurs visages. Chacun est bien typé et finalement facilement identifiable.
Dans le genre, c’est donc à un bon récit auquel j’ai eu droit. Pas déçu du tout !
Les 7 mercenaires. Lee Van Cleef. Le bon, la brute et le truand. Pour une poignée de dollars. Clint Eastwood. Il était une fois la révolution. La Horde sauvage. Django. Henry Fonda. Navajo Joe. Klaus Kinski. John Ireland.
Si certains de ces films ont directement inspiré une scène de cet album, si certains de ces acteurs ont prêté leurs traits à l’un ou l’autre personnage, toutes ces références me sont revenues à l’esprit au fil de ma lecture… Quel bonheur ! Quel bonheur de pouvoir à la fois suivre un récit prenant et respectueux du genre et sourire aux multiples clins d’œil réalisés en hommage aux glorieux devanciers.
Avis aux fans de western spaghetti : 7 pistoleros est un album à ne pas rater. Car outre ces multiples références, cachées ou ostensiblement exposées, 7 pistoleros offre avant tout un scénario solide et extrêmement respectueux du genre servi par un dessin vif et sec. C’est musclé, couillu, sans pitié mais non sans honneur. C’est du western, en somme… et du bon !
Enfin, il y a ce petit plus ! On s’amuse, on s’amuse mais ce serait oublier que ce récit, c’est aussi celui du temps qui passe, de la fin d’une époque, de l’arrivée de la civilisation et de sa violence, peut-être moins bestiale, mais certainement plus sournoise. Un final grandiose pour un album que l’on peut lire avec trois yeux (du moins, si la nature vous a fait ce don) : un œil pour le cinéphile, un œil pour l’amateur de western burné et un œil pour le philosophe désenchanté.
Miam !!
Diantre, comment se fait-il qu’un tel bijou soit aussi mal noté ? Evidemment ce véritable récit d’espionnage ne fourmille pas de courses poursuites, de gadgets ou de personnages aux capacités largement supérieures à la moyenne, cela en fait un objet bien particulier : arriver à narrer un pur récit d’action sans intégrer les recettes classiques de l’action dans le scénario, quelle prouesse !
Les deux tomes de cette série vont nous raconter des infiltrations, dans le cadre de jeux dangereux, je ne crois guère aux James Bond moderne, la réalité me semble plutôt dans la discrétion. Or dans ce récit chaque moment est critique, notre infiltrée est perpétuellement sur le fil du rasoir. Le fait de donner des informations partielles tout en ignorant tout de ce qu’elle fait ou va faire rend toute situation foncièrement instable. Et là le génie de Juillard entre en scène, car arriver à narrer toute cette tension dans le silence et le calme, arriver à faire ressentir au lecteur une boule de stress alors que rien ne bouge ou presque, c’est juste génial. La narration me semble simplement parfaite dans ce récit, l’auteur arrive exactement à retranscrire la lourdeur de chaque instant. Il n’y a guère qu’un reproche de profondeur de lecture pour éviter la note ultime.
Et contrairement au "Cahier bleu", les deux tomes de cette série me semblent tout à fait homogènes et intéressants, les univers sont bien sûr radicalement différents, et pourtant les pics de tension succèdent aux fausses périodes de calme. Les auteurs emportent le lecteur dans un environnement parfaitement construit dans lequel l’action et le risque sont omniprésents et pourtant invisibles à l’œil. Le second tome permet un meilleur approfondissement des personnages secondaires qui fait défaut au premier tome, on en redemande (quoique, je n’imagine pas la miss faire une troisième mission…)
Cet avis ne suffira pas à inverser une tendance, mais franchement cette série mérite un grand bravo pour une qualité narrative exceptionnelle où dessin et textes font voyager le lecteur dans des émotions incroyables.
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Nous ne serons jamais des héros
En errant entre les rayons de ma médiathèque je suis tombé par hasard sur ce one shot dont j'avais lu un grand nombre de critiques positives et je peux même dire élogieuses et je ne regrette pas le fait de l'avoir emprunté, bien au contraire . L'histoire est celle d'un "vieux monsieur " particulièrement désagréable qui demande à son fils, chômeur de longue durée, de l'accompagner durant un voyage commémoratif dans tous les pays qu'il avait visité avec sa regrettée épouse . L'histoire même si elle peut paraître classique m'a quand même énormément touché car effectivement comment ne pas être ému par le rapprochement d'un père avec son fils dont il s'est très peu occupé ? Ce genre d'histoire peut déplaire à certains car cela peut paraître très banal comme situation mais à mon avis ce genre d'histoire n'est pas assez traité en bande dessinée. Les auteurs ont parfaitement réussi à nous faire apprécier ces personnages finalement très communs. J'ai trouvé le fils tout simplement réaliste, je pense que beaucoup de personnes peuvent se retrouver dans ce personnage qui s'emporte contre son père mais qui finit rapidement par le regretter. En ce qui concerne le dessin je le trouve agréable et je pense qu'il colle assez bien au récit même si un autre style, plus réaliste, aurait été à mon avis plus adapté. Alors oui je conseille la lecture et même l'achat de ce one shot, même si moi je l'ai emprunté . Mais rassurez vous je vais rapidement y remédier car je compte bien acquérir rapidement ce très sympathique roman graphique.
Maudit mardi !
Voilà un jeune auteur qui ne m'a pas déçu avec des titres comme Neuf Mois ou encore 80 jours. J'aime bien son style d'écriture et ses dessins. Il innove également avec le concept d'édition participative. Les bdphiles internautes ont eu du flair car ce diptyque est véritablement de qualité. Et puis, il y a surtout la manière de raconter une histoire avec une morale toujours sauve: le handicap et la superstition ne doivent pas nous arrêter pour réaliser nos projets de vie. L'imagination de l'auteur semble sans limite avec des petits trucs qui font mouche comme l'enracinement de l'homme dans tous les sens du terme. L'onirisme se mélange avec humour et intelligence. Qui a dit qu'il fallait vivre chaque jour comme son dernier ?
To love - Trouble
3.5 Au fil du temps, j'ai fini par m'attacher à l'univers de To Love. Les personnages et les situations manquent d'originalité (on retrouve ce qu'on voit dans pleins de mangas humoristiques pour ados masculins depuis Urusei Yatsura), mais dans son genre c'est bien fait. Les personnages sont attachants et l'humour me fait bien rire. Comme c'est aussi un manga harem on retrouve du fanservice dont avis à ceux qui sont allergiques à l'humour petite culotte. L'ajout de personnages permets de varier les situations tout le long de la série même s'il y a des répétions. Le dessin est dynamique et je l'aime bien. Le dessinateur sait dessiner de jolies filles. Un manga divertissant si on aime le genre.
Abymes
Avec le premier tome de cette trilogie, nous nous trouvons dans le cadre d'une intrigante fable fantastique au 19e siècle, mettant en scène Honoré de Balzac au sommet de sa gloire. La mise en abyme s'entame ici puisque le célèbre auteur découvrira avec surprise sa propre biographie, documentée jusqu'à ses plus profonds secrets et publiée à qui veut la lire dans le journal. Cela ressemble à un conte fantastique à la Maupassant si ce n'est qu'il met en scène un écrivain réel et aussi célèbre que Balzac. Le graphisme de Griffo est plutôt excellent, proche de son autre série Monsieur Noir que j'aime beaucoup. L'histoire se lit très bien et on est assez intrigué, même si la fin se révèle un peu trop prévisible. J'aurais aimé plus d'originalité dans cette conclusion. Le second tome, ensuite, reste de bonne facture mais m'a un peu moins charmé. D'une part, je ne connais absolument pas Clouzot comme cinéaste donc un récit le prenant comme personnage principal ne m'enthousiasme pas plus que ça. Ensuite le graphisme de Loïc Malnati ne m'a pas séduit. Je n'aime pas l'encrage spécial qu'il utilise ici. Je ne sais pas quelle technique il a utilisé mais cela donne une impression de trait épais et pixelisé alors que ce n'est pas du tout le cas en réalité. Les couleurs sont également ternes et l'ensemble en ressort assez triste et morne à mon goût. Et puis j'ai été aussi surpris du fait que le scénario de ce tome là n'ait finalement aucune composante fantastique à l'inverse du premier tome. Tout s'explique à la fin d'une manière qui tient la route mais qui diffère du ton de fable fantastique qu'avait pris le premier tome. On est plus ici dans le cadre d'un récit historique et d'un hommage à un cinéaste célèbre, même si la biographie du personnage y est brusquement modifiée par rapport à la réalité. Puis vient le dernier tome et là, la série prend soudainement une saveur bien plus intéressante à mes yeux. Il est réalisé par Valérie Mangin toujours au scénario mais cette fois Denis Bajram au dessin. Et il met en scène... Valérie Mangin et Denis Bajram. C'est une mise en abyme supplémentaire par rapport aux deux premiers tomes puisque ceux-ci apparaissent aussi "physiquement" dans le récit de ce troisième tome, page de garde et numéro ISBN inclus, et sont au coeur d'un récit qui retrace une grande partie de la vie d'étudiants puis de couple des deux auteurs. Cette fois, le fantastique reprend pied dans l'intrigue, voire même la science-fiction sur la fin. Mais c'est surtout le vertige causé par la mise en abyme de l'intrigue qui est marquante. Un degré à ce vertige est encore ajouté par le fait que la vie des deux auteurs tourne largement autour du monde de la bande dessinée et des libraires parisiens et bruxellois, ce qui inclut donc d'une certaine part le lecteur amateur de BD lui-même dans l'histoire. Sans parler du fait que les deux héros se demandent à un moment s'ils ne sont pas eux-mêmes des personnages de bande dessinée. J'ai aimé l'excellent graphisme et les couleurs de Bajram, même si les quelques décors en photos retouchées m'ont un peu refroidi. J'ai aimé la façon dont les deux auteurs mettaient leur jeunesse et leur amour en images, je me suis senti très proche d'eux, même si je n'ai rien des littéraires et artistes parisiens qu'ils étaient durant leurs études. Et j'ai aimé le trouble causé par la mise en abyme et leurs questionnements pour lesquels j'ai presque réussi à me sentir impliqué. Et puis j'ai aimé aussi cette fin étonnante, prenant presque la forme d'un clin d'oeil amusant. C'est en tout cas une conclusion d'une belle envergure imaginaire. On y sent nettement la patte des auteurs du Fléau des Dieux et de Universal War One. En résumé, après deux premiers tomes sympathiques mais qui ne m'auront pas plus touché que cela, le dernier tome donne soudainement à l'ensemble une vraie profondeur, abyssale presque oserais-je dire non sans sourire, et j'y ai véritablement accroché. L'idée de la série se révèle vraiment bonne et la façon dont le couple Mangin/Bajram s'y livre est à la fois étonnante, troublante et attendrissante.
Jérusalem, portrait de famille
Fidèle à sa ligne directrice, la collection Ecritures de Casterman propose des récits mélangeant deux genres : le roman graphique et la BD historique, le tout traité de façon très moderne. Un gros pavé, 400 pages, sur le début du conflit israélo-palestinien. Je ne l'ai pas lu, mais d'après ce que j'ai pu grapiller comme info, on n'est pas si loin que ça d'un Habibi par exemple ? Ce conflit, dont je connais peu de choses (on ne l'étudie pas à l'école), m'a toujours intéressé de par son apparente complexité (ça m'a poussé à lire, par exemple Palestine de Joe Sacco). Ici, le point de vue est plus celui des civils juifs, au tout début du conflit (les années 50), lorsque l'occupation britannique était encore en place. Je ne pourrais pas dire que je ressors de ma lecture en ayant mieux compris les tenants et les aboutissants de cette guerre, c'est clair que tout est encore très confus dans mon esprit (le livre revient sur peu d’éléments historiques), et pour saisir pleinement le côté historique, je pense qu'il faut déjà avoir un solide background sur le sujet, mais est-ce un point si négatif ? Je veux dire, maintenant je connais légèrement mieux la situation de l'époque, en Palestine, mais surtout ce roman graphique m'a souvent, et c'est finalement pour moi le plus important, touché. Il y a réellement plusieurs scènes que j'ai trouvées très émouvantes, d'autres plus légères, le reste pour la plupart très intéressantes. Non, vraiment, le scénario de cette BD est quand même très bien écrit. En plus, à côté de ça, le dessin est loin d'être vilain. Il n'est pas magnifique, loin de là, et peut paraître même légèrement simpliste (quoique c'est le genre de trait un tout petit peu naïf que j'apprécie) qui me parait vraiment maîtrisé. Bref, du tout bon pour cette nouveauté.
Alpha
Alpha est pour moi une EXCELLENTE série d'espionnage elle nous fait renter dans les arcanes du pouvoir, les histoires sont bien menées, assez réalistes et fort complexes, cette série est a classer dans la lignée de XIII & co.. mais avec son côté actuel, politique intérieure, géopolitique. Les dessins sont raisonnables. Rien d'extraordinaire mais ils restent plus qu’efficaces et ils s’améliorent de tome en tome et Alpha est un personnage attachant ce n'est pas le grand séducteur comme Largo qui lui se tape une femme par tome. J'ADORE.
Le Beau Voyage
Le beau voyage est un roman graphique pur jus. Zidrou nous démontre une fois de plus qu’il est un excellent conteur. Le lecteur découvre au fil des pages une jeune femme fragilisée par sa jeunesse, par ce père n’ayant que peu de temps à lui consacrer, par cette mère distante jusqu’à l’absence, par ce frère disparu avant même qu’elle ne naisse. Ancien instituteur, il nous montre aussi combien un enfant peut être façonné par les non-dits de ses parents. Tout cela nous est dit avec finesse, sans misérabilisme, avec pudeur et sans larmes. J’ai été moins séduit par le travail de Springer mais son trait ne dessert pas le récit. Disons qu’il le soutient sans le magnifier. Au final, voici un album qui a réussi à me toucher tout en me rappelant combien un non-dit peut être lourd à entendre.
Les Gardiens du sang
Un récit dense, riche en dialogues, bien construit, avec clans multiples, jeux de dupes et conflits d’intérêts. Bienvenue dans l’univers du Triangle secret. Et c’est un fait que j’ai retrouvé là tout ce que j’avais aimé dans la série mère. L’intrigue repose sur une idée de départ assez originale et les différents groupes qui s’opposent ou s’associent en fonction d’intérêts communs, fussent-ils momentanés, ont chacun leur raison d’être. Le lecteur est ballotté au fil du récit même si, rapidement, certaines pistes se dégagent. En fait, j’ai trouvé l’ensemble très prenant même si long à lire. Le dessin de Falque convient bien à ce genre de récit, sans pour autant apporter de dimension particulière à celui-ci. J’ai particulièrement apprécié le fait que malgré le nombre élevé de personnages, je n’ai jamais confondu leurs visages. Chacun est bien typé et finalement facilement identifiable. Dans le genre, c’est donc à un bon récit auquel j’ai eu droit. Pas déçu du tout !
Sept pistoleros
Les 7 mercenaires. Lee Van Cleef. Le bon, la brute et le truand. Pour une poignée de dollars. Clint Eastwood. Il était une fois la révolution. La Horde sauvage. Django. Henry Fonda. Navajo Joe. Klaus Kinski. John Ireland. Si certains de ces films ont directement inspiré une scène de cet album, si certains de ces acteurs ont prêté leurs traits à l’un ou l’autre personnage, toutes ces références me sont revenues à l’esprit au fil de ma lecture… Quel bonheur ! Quel bonheur de pouvoir à la fois suivre un récit prenant et respectueux du genre et sourire aux multiples clins d’œil réalisés en hommage aux glorieux devanciers. Avis aux fans de western spaghetti : 7 pistoleros est un album à ne pas rater. Car outre ces multiples références, cachées ou ostensiblement exposées, 7 pistoleros offre avant tout un scénario solide et extrêmement respectueux du genre servi par un dessin vif et sec. C’est musclé, couillu, sans pitié mais non sans honneur. C’est du western, en somme… et du bon ! Enfin, il y a ce petit plus ! On s’amuse, on s’amuse mais ce serait oublier que ce récit, c’est aussi celui du temps qui passe, de la fin d’une époque, de l’arrivée de la civilisation et de sa violence, peut-être moins bestiale, mais certainement plus sournoise. Un final grandiose pour un album que l’on peut lire avec trois yeux (du moins, si la nature vous a fait ce don) : un œil pour le cinéphile, un œil pour l’amateur de western burné et un œil pour le philosophe désenchanté. Miam !!
Léna (Le Long Voyage de Léna)
Diantre, comment se fait-il qu’un tel bijou soit aussi mal noté ? Evidemment ce véritable récit d’espionnage ne fourmille pas de courses poursuites, de gadgets ou de personnages aux capacités largement supérieures à la moyenne, cela en fait un objet bien particulier : arriver à narrer un pur récit d’action sans intégrer les recettes classiques de l’action dans le scénario, quelle prouesse ! Les deux tomes de cette série vont nous raconter des infiltrations, dans le cadre de jeux dangereux, je ne crois guère aux James Bond moderne, la réalité me semble plutôt dans la discrétion. Or dans ce récit chaque moment est critique, notre infiltrée est perpétuellement sur le fil du rasoir. Le fait de donner des informations partielles tout en ignorant tout de ce qu’elle fait ou va faire rend toute situation foncièrement instable. Et là le génie de Juillard entre en scène, car arriver à narrer toute cette tension dans le silence et le calme, arriver à faire ressentir au lecteur une boule de stress alors que rien ne bouge ou presque, c’est juste génial. La narration me semble simplement parfaite dans ce récit, l’auteur arrive exactement à retranscrire la lourdeur de chaque instant. Il n’y a guère qu’un reproche de profondeur de lecture pour éviter la note ultime. Et contrairement au "Cahier bleu", les deux tomes de cette série me semblent tout à fait homogènes et intéressants, les univers sont bien sûr radicalement différents, et pourtant les pics de tension succèdent aux fausses périodes de calme. Les auteurs emportent le lecteur dans un environnement parfaitement construit dans lequel l’action et le risque sont omniprésents et pourtant invisibles à l’œil. Le second tome permet un meilleur approfondissement des personnages secondaires qui fait défaut au premier tome, on en redemande (quoique, je n’imagine pas la miss faire une troisième mission…) Cet avis ne suffira pas à inverser une tendance, mais franchement cette série mérite un grand bravo pour une qualité narrative exceptionnelle où dessin et textes font voyager le lecteur dans des émotions incroyables.