Philippe Aymond, connu pour être le dessinateur de "Lady S" entre autre, se lance dans cette série en solo. Il signe donc ici son premier scénario et on sent qu’il a été à la bonne école car cette histoire assez originale est vraiment bien menée.
Direction l’Ecosse, où le trait précis du dessinateur nous offre de jolis paysages et aussi de bien beaux châteaux. Comme les personnages ne sont pas en reste, graphiquement on est comblé, comme d’habitude. La bonne surprise vient donc de l’histoire. Elle est plutôt originale, il y est question d’un jeune peintre au service d’un noble sur fond de rivalités entre Ecossais et Anglais.
On ne peut pas parler de suspense, car il n’y en a pas pendant les 2 premiers tiers de l’album. Mais pourtant la lecture est agréable, on se demande où l’auteur veut nous emmener. La construction du récit et le style de narration font qu’on enchaîne les pages avec plaisir, même si il n’y a pas de péripéties à couper le souffle. Et puis sur la fin de ce premier tome les événements s’accélèrent. Et une fois la dernière page lue on veut la suite !
La sortie du tome 2 est avant tout l'occasion de relire le tome 1 avec autant, voire même plus, de plaisir. Par contre ce second opus m'a légèrement moins emballé. La faute à un passage trop important dans le récit où nos héros sont mis de coté pour laisser place à une trame historique sur la guerre entre Anglais et Ecossais.
C'est pas que ça ne soit pas intéressant de se cultiver mais c'est pas vraiment ce que j'avais envie de lire sur le moment. J'étais plutôt attaché aux personnages et très curieux de connaitre le dénouement de cette aventure. Du coup à ce moment de ma lecture ça tombait un peu mal, et ça vient casser le rythme du récit au milieu.
A coté de ça, ce tome 2 est dans la continuité du premier et l'issue de cette histoire est très sympa. Sur la globalité des 2 tomes j'ai passé un très bon moment et je ne change pas ma note.
Tel un bon vin , j'aime bien choisir ce qui va tomber dans mon escarcelle (de cheval) ; et ce soir on va causer genre tout de suite même d'une saga qui porte le doux nom du "Sang des Porphyre"; une série qui, l'air de rien, ne paie pas de mine (de crayon ... oui j'ai le jeu de mot facile aujourd'hui) mais qui est franchement bien (ah que c'est moi qui le dis). Je ne reviendrai pas sur le fait que, pour l'instant, j'ai pas beaucoup de temps pour lire des bd vu la quantité de romans et vu que vous vous en cognez super grave du coup, hop on passe fissa à ce qui nous intéresse; ze story!
Exercice on ne peut plus périlleux que de résumer sans trop spoiler 6 bd en one-shot mais mon deuxième prénom c'est "même pas peur" alors brandissons notre brioche et partons à l'assaut.
Justement et afin de situer l'histoire , le Sang des Porphyre c'est quoi ?!
C'est avant tout une saga, un conte familial se passant « kékpar » dans le Nord de la vieille France du XVIIIe siècle. La jeune et jolie Soizik vit et survit grâce au pillage des dépouilles échouées le long des côtes bretonnes lors de naufrages . Ce jour-là, elle trouve un collier qui attise plus que de raison son attention et afin de ne pas partager son butin, elle s'empressera de le cacher. Mais bien mal lui en pris car elle se retrouvera coincée dans une grotte au prise avec les tentacules gluantes d'une Morgaz, genre de pieuvre énorme . Ce n'est que grâce à Gwémon, un jeune adolescent et dernier descendant des Porphyre, qu'elle pourra en réchapper. Chemin faisant, un lien d'amitié naîtra entre ces deux loustics , et Gwémon lui montrera sa propre cache, une cavité perdue au fond des rochers et qui servait de repère à une famille bannie et maudite : les Porphyre.
L'arrivée inopinée du frère de Gwénom, Konan (ex-bagnard) cherchant querelle, et d'Hermine de Rothéneuf venue de son coté enquêter sur un des naufrages ainsi que la disparition brutale d'une de ses aïeules ne fera qu'alimenter l'intrigue, la conspiration et le terrible héritage sur l'origine de chacun des personnages.
Voilà donc une série en 6 épisodes qui vous emmènera en terre bretonne avec son ambiance et sa romance si bien rendue. Même si j'avoue ne pas être un fervent défenseur du style graphique , j'avoue que celui-ci colle très bien à l'histoire et lui fait même honneur. Les couleurs, quant à ell,es jouent un rôle primordial faisant ressentir le climax et l'embrun qui circule dans l’air typique de la région. Il faut dire que le dessinateur, Joël Parnotte, nous balance des mises-en-scènes composées de paysages, décors et personnages consistants aux visages expressifs bien vivants et marqués par la vie ; le tout secondé par un scénario et une histoire superbement solide et documentée par Balac.
Moultes intrigues vous attendent donc dans cette histoire remplie de rebondissements réalistes, révélations et conflits familiaux qui devraient égayer l'oeil des plus voyeurs d’entre vous.
A noter tout de même un choix de couleurs qui pourrait déconcerter certains d'entre vous lors de votre première lecture (trop orangé par exemple sur certaines scènes mais c'est voulu et vous comprendrez si vous êtes déjà allés dans ces régions).
Saga composée de deux cycles; un premier qui est en fait une quadrilogie sur la famille Porphyre et un second qui est un diptyque qui se concentrera sur Hermines et les liens qui lieront , via des jeux de dupes, la familles des Porphyre avec celle d'Hermine Rothéneuf à travers un huis-clos des plus pittoresque et romanesque dignes des contes de l'époque.
Si comme moi vous aimez les bonnes histoires qui ne se passe pas sur les plages désertiques de Tchernobyl , Le Sang des Porphyre sent bon la houle, la moule et les crêpes au beurre salé et accompagnera très bien votre tisane et vos bains de pieds. Je vous en ressers une tranche où je vous mets le tout ?
Je l'attendais de pied ferme, cette BD, même si je l'aurais plutôt vue chez Le Lombard ou Casterman, éditeurs belges historiques. même si celles-ci sont passées dans le giron de groupes éditoriaux français. Mais Futuropolis a souvent fait des BD de qualité, et celle-ci ne déroge pas à cet adage.
En effet ce one-shot nous propose un récit de politique-fiction sur l'après-Belgique, ce fantasme, cette tentation forte de scission de la Belgique. ici nous sommes en Wallonie, dont la capitale est Namur. Un récit très dense (70 planches) où complots, magouilles et faux-semblants tissent une trame complexe. Le scénariste Jean-Luc Cornette s'en tire très bien, nous livrant un récit qu'on ne peut lâcher, avec des personnages surprenants (des scouts, un gamin sans histoire, le président de la Wallonie...) dans un souci de modernisme affiché. Le récit n'est pas identifié temporellement, mais pourrait se passer en 2014, par exemple... En plus certains éléments, comme le mauvais état actuel des routes wallonnes, sont d'une actualité criante.
Le dessin de Michel Constant, que j'avais bien aimé sur Red River Hotel, Au centre du Nowhere ou encore Mauro Caldi, ne bouge pas d'un poil, un semi-réalisme touffu qui lui permet d'être à l'aise dans beaucoup de situations.
Surprenant, prenant tout court, un récit d'anticipation/politique fiction avec des morceaux de thriller qui vous fera passer un très bon moment de lecture.
Une série qui me semble partie sous les meilleurs auspices.
Aux commandes, un duo d’auteurs qui a déjà fait ses preuves et c’est un fait que l’on sent dans ce scénario une certaine complicité. Et quand deux auteurs de ce calibre s’amusent et se régalent, et bien, cela tombe sous le sens, ils nous amusent et nous régalent.
Le récit se veut léger. Le trait se fait caricatural. L’univers est résolument d’obédience médiéval fantastique à la sauce nipponne. Les planches se font spectaculaires quand le besoin s’en fait sentir. Griffe Blanche donne son nom à la série mais elle se fait discrète dans ce premier tome, laissant ainsi à d’autres personnages tout l’espace nécessaire pour démontrer leur importance. Tout au plus apporte-t-elle ici une touche occidentale au récit (quoique…) Les bases de l’intrigue sont posées, les clans nous sont présentés, les enjeux et intérêts nous sont dévoilés. Que demander de plus ? De l’action ? Rassurez-vous : il y en a !
Du pur divertissement, mais du divertissement de qualité ! A suivre, sans nuls doutes.
Premier tome d’une série prévue en deux volumes, cet album a su me séduire grâce au romantisme qui s’en dégage ainsi qu’au trait réaliste fin et précis de son auteur.
La dimension historique est fort présente puisque nous nous retrouvons dans les Highlands en 1744, soit deux ans avant la célébrissime bataille de Culloden. Et pour qui s’intéresse ne fusse qu’un peu à l’Ecosse, cette époque ne peut qu’être empreinte d’un romantisme autant lié à la beauté sauvage d’un pays qu’à la mort de son indépendance.
Philippe Aymond joue très bien de ces aspects pour nous proposer un récit certes classique et non dénué de certaines facilités (un peintre fin bretteur charmeur audacieux et indépendant en guise de héros, c’est quand même beaucoup) mais prenant. J’ai aimé lire ce premier tome et, même si je ne m’attends pas à trouver dans ce récit une trouvaille vraiment originale, je me réjouis d’en lire la suite.
Classique et efficace, avec pour moi ce petit plus venant du lieu géographique et du contexte historique. Et comme le dessin est vraiment de qualité… 4/5 !
Le second tome vient confirmer les bonnes impressions laissées par le premier opus. Nous restons sur un récit d'aventure extrêmement classique, avec des personnages charismatiques. Trahisons et vengeance seront au rendez-vous, comme il se doit, tandis que l'aspect historique ne sera pas occulté avec un large espace laissé à la tentative d'accession au trône de Bonnie Prince Charlie.
A ce sujet, le seul reproche que je ferai viendra, justement, de cette cassure de rythme consécutive à ce passage. L'auteur oublie alors totalement son récit d'aventure pour se consacrer à la retranscription historique. D'un côté, c'est très intéressant, d'un autre, ça casse un peu le récit. Je regrette donc que Philippe Aymond n'ait pas réussi à intégrer tous les personnages de sa fiction dans cette partie du récit. Les laisser autant en retrait ne me semble pas une bonne idée.
Je ne bouderai quand même pas mon plaisir. Un dessin classieux, une intrigue classique mais bien menée, un contexte historique intéressant et de très beaux paysages écossais : voilà de quoi satisfaire ma soif de lecture !
A consommer sans modération !
S’il y en a bien un qui était ravi d’apprendre la réédition de cet épisode particulier de Batman au sein de la nouvelle et déjà bien longue collection de Urban Comics, c’était bien moi en dépit des nombreux avis négatifs sur cette œuvre décriée.
Il faut dire que l’édition Panini « out of print » se négociait à prix d’or sur la toile et était devenue rapidement introuvable…
Ce n’est un mystère pour personne ni même un scoop : on parle ici de la mort de Jason Todd qui va marquer durablement les esprits pour les épisodes à venir et marquer une tournure dans la série régulière qui reviendra régulièrement sur ce fait inédit à l’époque des années 90. D’ailleurs tout cet épisode suinte durablement l’actualité trouble du moment en incluant l’ayatollah Komeinih et la menace terroriste en envoyant Batman et son disciple au Moyen-Orient, l’un pour retrouver une menace terroriste concoctée par le Joker, l’autre pour retrouver sa véritable mère biologique.
Ce qui est encore plus original est la méthode pour l’éditeur d’envoyer Jason Todd, le second Robin vers son funeste destin : il s’agissait alors pour le lecteur de voter via un simple appel téléphonique pour la mort ou la survie du Golden Boy tel les arènes antiques de Rome ou la télé réalité actuelle.
L’idée était séduisante et a mobilisé les troupes car ce Robin-là était moins apprécié que le précèdent du coup pas de quartier et exit Jason Todd ce qui rend plutôt justice à la mélancolie et à la noirceur constant du Dark Knight.
Si l’on fait abstraction des nombreux raccourcis scénaristiques faisant se rejoindre tous les personnages clés au même endroit comme par hasard, cet épisode se lit aussi addictivement que les Knightfall dont la plupart des dessinateurs voire scénaristes sont les mêmes, à savoir beaucoup d’action et l’envie furieuse de tourner la page au plus vite sans ennui telle un sérial de la bonne vieille époque.
De rapides flashbacks sur les origines de Jason Todd parsèment la lecture sous la bienveillance de Bruce Wayne s’exprimant en voix off et comptabilisant ses erreurs. Certains passages dont une mise à tabac de Robin par le Joker en pleine possession de son aura maléfique sont assez violents et inhabituels et le cadre exotique hors de Gotham même s’il n’est pas très réaliste apporte beaucoup de tension et de charme à un environnement habituellement plus sombre et urbain. On ne perd pas trop de temps à se larmoyer pour mieux poursuivre l’ascension du Joker plus malfaisant et manipulateur que jamais.
Car ce qui m’a effectivement le plus plu c’est la « vengeance » de Batman face à un Joker dans un rôle inhabituel vraiment original et osé et dont je ne peux vous en donner les clés ici sans en dévoiler la surprise. Il faut simplement observer que l’utilisation de Superman en guest star et du cadre de l’ONU apportent beaucoup de plaisir à la lecture dont je m’en suis amusé réellement.
Le bouquin aurait pu se clore sur une conclusion pessimiste mais Urban a eu la bonne initiative de poursuivre cet album par la suite directe mettant en scène Nightwing et un clairvoyant Tim Drake qui deviendra le futur Robin… L’histoire est bien plus « classique » avec un affrontement contre Two-Face et l’apparitions de Teen Titans me laissant un peu de marbre mais reste éminemment sympathique et permet au récit de se conclure sur une note positive.
L’album est de surcroit bourré d’anecdotes passionnantes sur la conception de cet épisode, une page alternative dessinée « si les lecteurs avaient sauvé Jason Todd » et pas mal d’autres petits plus qui en font un livre de référence.
Après graphiquement on reste dans les tons de Jim Apparo un peu rétro et surtout une colorisation criarde qui pique un peu l’œil surtout si l’on pense que l’ensemble a été réalisé bien après Dark Knight Returns par Frank Miller ou même un Killing Joke dont ce « Deuil dans la famille » peut constituer la suite directe mais le découpage simple et percutant aussi bien que l’histoire connue mais haletante en font un épisode de choix dont je ne m’explique toujours pas pourquoi il existe tant de détracteurs.
J’ai beaucoup apprécié et en recommande vivement l’acquisition dans cette réédition augmentée la rendant quasiment indispensable. Après il ne s’agit pas d’un épisode aussi définitif que les Long Halloween ou autres arcs précités plus haut mais surement bien plus que les à prioris négatifs évoqués par mes camarades plus bas.
Pour sur, c'est une jolie histoire que nous propose ici Lapière et Stassen.
Tout d'abord, le Bar du Vieux Françai, c'est un graphisme original qui peut tout aussi bien être accrocheur comme... il pourra vous repousser. Je dois dire qu'à première vue, je ne suis pas forcément plus fan que ça de ce genre de dessin, mais on y fait plus attention une fois qu'on feuillette l'album : ce graphisme sert totalement l'album et ne souffre d'aucun défaut objectif.
Ensuite vient le scénario : une bien jolie histoire d'amour, souvent mélancolique, des fois un peu triste, des fois plus légère... On suit, au fil des pages ces deux destins qui se croisent, on s'attache à eux, bref, les auteurs arrivent à nous toucher et à nous faire voyager... Et c'est bien ça le plus important.
Un gros 3.5/5 !
Une série assez classique de Rosinsky mais cette fois il transpose son style dans une Irlande (ou Ecosse) moyenâgeuse et imaginaire. Et sur un grand format, plus classieux que les albums de Thorgal. Rien à dire de vraiment particulier sur cette série sinon que c'est très fort, très réussis.
L'ambiance celtique brumeuse de ces landes perdues est superbement rendue, plus homogène que les éléments de Thorgal par exemple. Ce que je veux dire c'est que n'avons pas affaire ici à un vaisseau spatial ou à des voyages dans le temps qui viennent "s'incruster". C'est plus classique mais dans le bon sens du terme. Les couleurs sont douces, envoûtantes ( surtout celles en exterieur, dans les fameuses landes perdues, les intérieurs sont plus communes).
Sioban est un bon personnage d’héroïne ainsi que Blackmore, très "Luciférien". Dame Gerfaut également. Elle ressemble beaucoup à la sorcière maléfique de la belle au boit dormant. Et puis son fils surtout : un odieux personnage, lâche, cruel, laid et repoussant (quoique malheureux je crois). On retrouve là beaucoup de caractéristiques de personnages de Thorgal (Volsung de Nichor, Breck Zarith... ). On est en terrain connu.
Donc une très belle série, influencé par beaucoup de choses mais pas de manière gênante. C'est limpide, extrêmement soigné et gracieux, ça manque peut-être un peu de folie et d'originalité mais le résultat en impose quand même grâce au talent de Rosinsky (aucune faute de goût) et au très beau scénario de Dufaux.
De plus les couvertures sont vraiment superbes.
Un hors-série de Batman (c'est ce que je lis sur la couv "Batman hors-série N°15") très éloigné de l'esprit de Batman car dessiné par le grand et l'immense Simon Bisley.
Je vénère ce dessinateur, un très grand auteur de comics. Bon c'est vrai que ce n'est pas vraiment du comics. C'est du Bisley. Sa série Sláine étant un monument indétronable de la dark fantasy au même titre que Corben ou Frazetta.
C'est assez furieux, trash avec énormément d'humour noir. Je n'ai jamais lu d'autres Lobo mais cela ne saurait tarder.
Nous avons affaire ici au pauvre Batman qui a fort à faire contre l'alliance du joker et de Lobo qui à eux 2 vont se faire un plaisir de lui pourrir la vie. Bon ensuite les alliances se font et se défont, le Joker et Lobo n'étant pas spécialement des personnes fiables et honnêtes.
C'est joyeusement gore, pas très fin et très drôle. Les couleurs sont à l'ordinateur donc moins sublimes que Sláine mais ça change. De plus Bisley alterne entre les cases "bien dessinés" et d'autres faites à la va vite. Mais le tout est toujours rempli d'ironie et très maîtrisé.
Pas du grand Bisley mais j'adore. Un petit 4.
Une des nombreuses bds que j'ai perdues je ne sais comment (mille milliards de mille sabords ... pour rester poli). Je possédais l'intégrale en noir et blanc petit format (1ère édition avec une superbe couverture, pas comme celle là assez horrible il faut bien le dire).
Un des meilleurs polars en bd que j'ai lus. En même temps je n'en ai pas lu beaucoup c'est vrai. Mais "Nuit noire" c'est vraiment très bon. Un petit côté Baru dans le style de chronique sociale mais beaucoup plus réaliste et urbain.
Le scénario de Chauvel est vraiment fort. C'est haletant et bouleversant. L'amitié des 2 potes, le dérapage de l'un puis le road movie avec les flics au cul... Cela m'avait scotché. L'ambiance d'autoroute, la liaison avec la jeune femme en chaise roulante ...
Le dessin de Lerecluey est remarquable à plus d'un titre. C'est nerveux, sec, très beau. Les visages sont presque déformés, trop droits, mais cela participe vraiment à l'ambiance nerveuse, claustro, anxiogène... Les grandes cases du 1er tome ou Joël braque (puis tue) le flic avec le pistolet dans le paquet de corn flakes sont littéralement scotchantes. Du grand art ! J'adore vraiment ses dessins. Supérieur à mon avis, à son travail sur Arthur (série un peu décevante comparé à des chefs d'oeuvre comme "Nuit noire" ou même "Cairn"). Je trouvais son graphisme plus noir, tourmenté et tordu.
Donc un grand 4 à la limite du 5 et je recherche activement les 3 tomes (éditions originales) de ce chef d'oeuvre du polar social.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Highlands
Philippe Aymond, connu pour être le dessinateur de "Lady S" entre autre, se lance dans cette série en solo. Il signe donc ici son premier scénario et on sent qu’il a été à la bonne école car cette histoire assez originale est vraiment bien menée. Direction l’Ecosse, où le trait précis du dessinateur nous offre de jolis paysages et aussi de bien beaux châteaux. Comme les personnages ne sont pas en reste, graphiquement on est comblé, comme d’habitude. La bonne surprise vient donc de l’histoire. Elle est plutôt originale, il y est question d’un jeune peintre au service d’un noble sur fond de rivalités entre Ecossais et Anglais. On ne peut pas parler de suspense, car il n’y en a pas pendant les 2 premiers tiers de l’album. Mais pourtant la lecture est agréable, on se demande où l’auteur veut nous emmener. La construction du récit et le style de narration font qu’on enchaîne les pages avec plaisir, même si il n’y a pas de péripéties à couper le souffle. Et puis sur la fin de ce premier tome les événements s’accélèrent. Et une fois la dernière page lue on veut la suite ! La sortie du tome 2 est avant tout l'occasion de relire le tome 1 avec autant, voire même plus, de plaisir. Par contre ce second opus m'a légèrement moins emballé. La faute à un passage trop important dans le récit où nos héros sont mis de coté pour laisser place à une trame historique sur la guerre entre Anglais et Ecossais. C'est pas que ça ne soit pas intéressant de se cultiver mais c'est pas vraiment ce que j'avais envie de lire sur le moment. J'étais plutôt attaché aux personnages et très curieux de connaitre le dénouement de cette aventure. Du coup à ce moment de ma lecture ça tombait un peu mal, et ça vient casser le rythme du récit au milieu. A coté de ça, ce tome 2 est dans la continuité du premier et l'issue de cette histoire est très sympa. Sur la globalité des 2 tomes j'ai passé un très bon moment et je ne change pas ma note.
Le Sang des Porphyre
Tel un bon vin , j'aime bien choisir ce qui va tomber dans mon escarcelle (de cheval) ; et ce soir on va causer genre tout de suite même d'une saga qui porte le doux nom du "Sang des Porphyre"; une série qui, l'air de rien, ne paie pas de mine (de crayon ... oui j'ai le jeu de mot facile aujourd'hui) mais qui est franchement bien (ah que c'est moi qui le dis). Je ne reviendrai pas sur le fait que, pour l'instant, j'ai pas beaucoup de temps pour lire des bd vu la quantité de romans et vu que vous vous en cognez super grave du coup, hop on passe fissa à ce qui nous intéresse; ze story! Exercice on ne peut plus périlleux que de résumer sans trop spoiler 6 bd en one-shot mais mon deuxième prénom c'est "même pas peur" alors brandissons notre brioche et partons à l'assaut. Justement et afin de situer l'histoire , le Sang des Porphyre c'est quoi ?! C'est avant tout une saga, un conte familial se passant « kékpar » dans le Nord de la vieille France du XVIIIe siècle. La jeune et jolie Soizik vit et survit grâce au pillage des dépouilles échouées le long des côtes bretonnes lors de naufrages . Ce jour-là, elle trouve un collier qui attise plus que de raison son attention et afin de ne pas partager son butin, elle s'empressera de le cacher. Mais bien mal lui en pris car elle se retrouvera coincée dans une grotte au prise avec les tentacules gluantes d'une Morgaz, genre de pieuvre énorme . Ce n'est que grâce à Gwémon, un jeune adolescent et dernier descendant des Porphyre, qu'elle pourra en réchapper. Chemin faisant, un lien d'amitié naîtra entre ces deux loustics , et Gwémon lui montrera sa propre cache, une cavité perdue au fond des rochers et qui servait de repère à une famille bannie et maudite : les Porphyre. L'arrivée inopinée du frère de Gwénom, Konan (ex-bagnard) cherchant querelle, et d'Hermine de Rothéneuf venue de son coté enquêter sur un des naufrages ainsi que la disparition brutale d'une de ses aïeules ne fera qu'alimenter l'intrigue, la conspiration et le terrible héritage sur l'origine de chacun des personnages. Voilà donc une série en 6 épisodes qui vous emmènera en terre bretonne avec son ambiance et sa romance si bien rendue. Même si j'avoue ne pas être un fervent défenseur du style graphique , j'avoue que celui-ci colle très bien à l'histoire et lui fait même honneur. Les couleurs, quant à ell,es jouent un rôle primordial faisant ressentir le climax et l'embrun qui circule dans l’air typique de la région. Il faut dire que le dessinateur, Joël Parnotte, nous balance des mises-en-scènes composées de paysages, décors et personnages consistants aux visages expressifs bien vivants et marqués par la vie ; le tout secondé par un scénario et une histoire superbement solide et documentée par Balac. Moultes intrigues vous attendent donc dans cette histoire remplie de rebondissements réalistes, révélations et conflits familiaux qui devraient égayer l'oeil des plus voyeurs d’entre vous. A noter tout de même un choix de couleurs qui pourrait déconcerter certains d'entre vous lors de votre première lecture (trop orangé par exemple sur certaines scènes mais c'est voulu et vous comprendrez si vous êtes déjà allés dans ces régions). Saga composée de deux cycles; un premier qui est en fait une quadrilogie sur la famille Porphyre et un second qui est un diptyque qui se concentrera sur Hermines et les liens qui lieront , via des jeux de dupes, la familles des Porphyre avec celle d'Hermine Rothéneuf à travers un huis-clos des plus pittoresque et romanesque dignes des contes de l'époque. Si comme moi vous aimez les bonnes histoires qui ne se passe pas sur les plages désertiques de Tchernobyl , Le Sang des Porphyre sent bon la houle, la moule et les crêpes au beurre salé et accompagnera très bien votre tisane et vos bains de pieds. Je vous en ressers une tranche où je vous mets le tout ?
Le Sourire de Mao
Je l'attendais de pied ferme, cette BD, même si je l'aurais plutôt vue chez Le Lombard ou Casterman, éditeurs belges historiques. même si celles-ci sont passées dans le giron de groupes éditoriaux français. Mais Futuropolis a souvent fait des BD de qualité, et celle-ci ne déroge pas à cet adage. En effet ce one-shot nous propose un récit de politique-fiction sur l'après-Belgique, ce fantasme, cette tentation forte de scission de la Belgique. ici nous sommes en Wallonie, dont la capitale est Namur. Un récit très dense (70 planches) où complots, magouilles et faux-semblants tissent une trame complexe. Le scénariste Jean-Luc Cornette s'en tire très bien, nous livrant un récit qu'on ne peut lâcher, avec des personnages surprenants (des scouts, un gamin sans histoire, le président de la Wallonie...) dans un souci de modernisme affiché. Le récit n'est pas identifié temporellement, mais pourrait se passer en 2014, par exemple... En plus certains éléments, comme le mauvais état actuel des routes wallonnes, sont d'une actualité criante. Le dessin de Michel Constant, que j'avais bien aimé sur Red River Hotel, Au centre du Nowhere ou encore Mauro Caldi, ne bouge pas d'un poil, un semi-réalisme touffu qui lui permet d'être à l'aise dans beaucoup de situations. Surprenant, prenant tout court, un récit d'anticipation/politique fiction avec des morceaux de thriller qui vous fera passer un très bon moment de lecture.
Griffe blanche
Une série qui me semble partie sous les meilleurs auspices. Aux commandes, un duo d’auteurs qui a déjà fait ses preuves et c’est un fait que l’on sent dans ce scénario une certaine complicité. Et quand deux auteurs de ce calibre s’amusent et se régalent, et bien, cela tombe sous le sens, ils nous amusent et nous régalent. Le récit se veut léger. Le trait se fait caricatural. L’univers est résolument d’obédience médiéval fantastique à la sauce nipponne. Les planches se font spectaculaires quand le besoin s’en fait sentir. Griffe Blanche donne son nom à la série mais elle se fait discrète dans ce premier tome, laissant ainsi à d’autres personnages tout l’espace nécessaire pour démontrer leur importance. Tout au plus apporte-t-elle ici une touche occidentale au récit (quoique…) Les bases de l’intrigue sont posées, les clans nous sont présentés, les enjeux et intérêts nous sont dévoilés. Que demander de plus ? De l’action ? Rassurez-vous : il y en a ! Du pur divertissement, mais du divertissement de qualité ! A suivre, sans nuls doutes.
Highlands
Premier tome d’une série prévue en deux volumes, cet album a su me séduire grâce au romantisme qui s’en dégage ainsi qu’au trait réaliste fin et précis de son auteur. La dimension historique est fort présente puisque nous nous retrouvons dans les Highlands en 1744, soit deux ans avant la célébrissime bataille de Culloden. Et pour qui s’intéresse ne fusse qu’un peu à l’Ecosse, cette époque ne peut qu’être empreinte d’un romantisme autant lié à la beauté sauvage d’un pays qu’à la mort de son indépendance. Philippe Aymond joue très bien de ces aspects pour nous proposer un récit certes classique et non dénué de certaines facilités (un peintre fin bretteur charmeur audacieux et indépendant en guise de héros, c’est quand même beaucoup) mais prenant. J’ai aimé lire ce premier tome et, même si je ne m’attends pas à trouver dans ce récit une trouvaille vraiment originale, je me réjouis d’en lire la suite. Classique et efficace, avec pour moi ce petit plus venant du lieu géographique et du contexte historique. Et comme le dessin est vraiment de qualité… 4/5 ! Le second tome vient confirmer les bonnes impressions laissées par le premier opus. Nous restons sur un récit d'aventure extrêmement classique, avec des personnages charismatiques. Trahisons et vengeance seront au rendez-vous, comme il se doit, tandis que l'aspect historique ne sera pas occulté avec un large espace laissé à la tentative d'accession au trône de Bonnie Prince Charlie. A ce sujet, le seul reproche que je ferai viendra, justement, de cette cassure de rythme consécutive à ce passage. L'auteur oublie alors totalement son récit d'aventure pour se consacrer à la retranscription historique. D'un côté, c'est très intéressant, d'un autre, ça casse un peu le récit. Je regrette donc que Philippe Aymond n'ait pas réussi à intégrer tous les personnages de sa fiction dans cette partie du récit. Les laisser autant en retrait ne me semble pas une bonne idée. Je ne bouderai quand même pas mon plaisir. Un dessin classieux, une intrigue classique mais bien menée, un contexte historique intéressant et de très beaux paysages écossais : voilà de quoi satisfaire ma soif de lecture ! A consommer sans modération !
Batman - Un deuil dans la famille
S’il y en a bien un qui était ravi d’apprendre la réédition de cet épisode particulier de Batman au sein de la nouvelle et déjà bien longue collection de Urban Comics, c’était bien moi en dépit des nombreux avis négatifs sur cette œuvre décriée. Il faut dire que l’édition Panini « out of print » se négociait à prix d’or sur la toile et était devenue rapidement introuvable… Ce n’est un mystère pour personne ni même un scoop : on parle ici de la mort de Jason Todd qui va marquer durablement les esprits pour les épisodes à venir et marquer une tournure dans la série régulière qui reviendra régulièrement sur ce fait inédit à l’époque des années 90. D’ailleurs tout cet épisode suinte durablement l’actualité trouble du moment en incluant l’ayatollah Komeinih et la menace terroriste en envoyant Batman et son disciple au Moyen-Orient, l’un pour retrouver une menace terroriste concoctée par le Joker, l’autre pour retrouver sa véritable mère biologique. Ce qui est encore plus original est la méthode pour l’éditeur d’envoyer Jason Todd, le second Robin vers son funeste destin : il s’agissait alors pour le lecteur de voter via un simple appel téléphonique pour la mort ou la survie du Golden Boy tel les arènes antiques de Rome ou la télé réalité actuelle. L’idée était séduisante et a mobilisé les troupes car ce Robin-là était moins apprécié que le précèdent du coup pas de quartier et exit Jason Todd ce qui rend plutôt justice à la mélancolie et à la noirceur constant du Dark Knight. Si l’on fait abstraction des nombreux raccourcis scénaristiques faisant se rejoindre tous les personnages clés au même endroit comme par hasard, cet épisode se lit aussi addictivement que les Knightfall dont la plupart des dessinateurs voire scénaristes sont les mêmes, à savoir beaucoup d’action et l’envie furieuse de tourner la page au plus vite sans ennui telle un sérial de la bonne vieille époque. De rapides flashbacks sur les origines de Jason Todd parsèment la lecture sous la bienveillance de Bruce Wayne s’exprimant en voix off et comptabilisant ses erreurs. Certains passages dont une mise à tabac de Robin par le Joker en pleine possession de son aura maléfique sont assez violents et inhabituels et le cadre exotique hors de Gotham même s’il n’est pas très réaliste apporte beaucoup de tension et de charme à un environnement habituellement plus sombre et urbain. On ne perd pas trop de temps à se larmoyer pour mieux poursuivre l’ascension du Joker plus malfaisant et manipulateur que jamais. Car ce qui m’a effectivement le plus plu c’est la « vengeance » de Batman face à un Joker dans un rôle inhabituel vraiment original et osé et dont je ne peux vous en donner les clés ici sans en dévoiler la surprise. Il faut simplement observer que l’utilisation de Superman en guest star et du cadre de l’ONU apportent beaucoup de plaisir à la lecture dont je m’en suis amusé réellement. Le bouquin aurait pu se clore sur une conclusion pessimiste mais Urban a eu la bonne initiative de poursuivre cet album par la suite directe mettant en scène Nightwing et un clairvoyant Tim Drake qui deviendra le futur Robin… L’histoire est bien plus « classique » avec un affrontement contre Two-Face et l’apparitions de Teen Titans me laissant un peu de marbre mais reste éminemment sympathique et permet au récit de se conclure sur une note positive. L’album est de surcroit bourré d’anecdotes passionnantes sur la conception de cet épisode, une page alternative dessinée « si les lecteurs avaient sauvé Jason Todd » et pas mal d’autres petits plus qui en font un livre de référence. Après graphiquement on reste dans les tons de Jim Apparo un peu rétro et surtout une colorisation criarde qui pique un peu l’œil surtout si l’on pense que l’ensemble a été réalisé bien après Dark Knight Returns par Frank Miller ou même un Killing Joke dont ce « Deuil dans la famille » peut constituer la suite directe mais le découpage simple et percutant aussi bien que l’histoire connue mais haletante en font un épisode de choix dont je ne m’explique toujours pas pourquoi il existe tant de détracteurs. J’ai beaucoup apprécié et en recommande vivement l’acquisition dans cette réédition augmentée la rendant quasiment indispensable. Après il ne s’agit pas d’un épisode aussi définitif que les Long Halloween ou autres arcs précités plus haut mais surement bien plus que les à prioris négatifs évoqués par mes camarades plus bas.
Le Bar du vieux Français
Pour sur, c'est une jolie histoire que nous propose ici Lapière et Stassen. Tout d'abord, le Bar du Vieux Françai, c'est un graphisme original qui peut tout aussi bien être accrocheur comme... il pourra vous repousser. Je dois dire qu'à première vue, je ne suis pas forcément plus fan que ça de ce genre de dessin, mais on y fait plus attention une fois qu'on feuillette l'album : ce graphisme sert totalement l'album et ne souffre d'aucun défaut objectif. Ensuite vient le scénario : une bien jolie histoire d'amour, souvent mélancolique, des fois un peu triste, des fois plus légère... On suit, au fil des pages ces deux destins qui se croisent, on s'attache à eux, bref, les auteurs arrivent à nous toucher et à nous faire voyager... Et c'est bien ça le plus important. Un gros 3.5/5 !
Complainte des landes perdues
Une série assez classique de Rosinsky mais cette fois il transpose son style dans une Irlande (ou Ecosse) moyenâgeuse et imaginaire. Et sur un grand format, plus classieux que les albums de Thorgal. Rien à dire de vraiment particulier sur cette série sinon que c'est très fort, très réussis. L'ambiance celtique brumeuse de ces landes perdues est superbement rendue, plus homogène que les éléments de Thorgal par exemple. Ce que je veux dire c'est que n'avons pas affaire ici à un vaisseau spatial ou à des voyages dans le temps qui viennent "s'incruster". C'est plus classique mais dans le bon sens du terme. Les couleurs sont douces, envoûtantes ( surtout celles en exterieur, dans les fameuses landes perdues, les intérieurs sont plus communes). Sioban est un bon personnage d’héroïne ainsi que Blackmore, très "Luciférien". Dame Gerfaut également. Elle ressemble beaucoup à la sorcière maléfique de la belle au boit dormant. Et puis son fils surtout : un odieux personnage, lâche, cruel, laid et repoussant (quoique malheureux je crois). On retrouve là beaucoup de caractéristiques de personnages de Thorgal (Volsung de Nichor, Breck Zarith... ). On est en terrain connu. Donc une très belle série, influencé par beaucoup de choses mais pas de manière gênante. C'est limpide, extrêmement soigné et gracieux, ça manque peut-être un peu de folie et d'originalité mais le résultat en impose quand même grâce au talent de Rosinsky (aucune faute de goût) et au très beau scénario de Dufaux. De plus les couvertures sont vraiment superbes.
Batman / Lobo (Bisley)
Un hors-série de Batman (c'est ce que je lis sur la couv "Batman hors-série N°15") très éloigné de l'esprit de Batman car dessiné par le grand et l'immense Simon Bisley. Je vénère ce dessinateur, un très grand auteur de comics. Bon c'est vrai que ce n'est pas vraiment du comics. C'est du Bisley. Sa série Sláine étant un monument indétronable de la dark fantasy au même titre que Corben ou Frazetta. C'est assez furieux, trash avec énormément d'humour noir. Je n'ai jamais lu d'autres Lobo mais cela ne saurait tarder. Nous avons affaire ici au pauvre Batman qui a fort à faire contre l'alliance du joker et de Lobo qui à eux 2 vont se faire un plaisir de lui pourrir la vie. Bon ensuite les alliances se font et se défont, le Joker et Lobo n'étant pas spécialement des personnes fiables et honnêtes. C'est joyeusement gore, pas très fin et très drôle. Les couleurs sont à l'ordinateur donc moins sublimes que Sláine mais ça change. De plus Bisley alterne entre les cases "bien dessinés" et d'autres faites à la va vite. Mais le tout est toujours rempli d'ironie et très maîtrisé. Pas du grand Bisley mais j'adore. Un petit 4.
Nuit Noire
Une des nombreuses bds que j'ai perdues je ne sais comment (mille milliards de mille sabords ... pour rester poli). Je possédais l'intégrale en noir et blanc petit format (1ère édition avec une superbe couverture, pas comme celle là assez horrible il faut bien le dire). Un des meilleurs polars en bd que j'ai lus. En même temps je n'en ai pas lu beaucoup c'est vrai. Mais "Nuit noire" c'est vraiment très bon. Un petit côté Baru dans le style de chronique sociale mais beaucoup plus réaliste et urbain. Le scénario de Chauvel est vraiment fort. C'est haletant et bouleversant. L'amitié des 2 potes, le dérapage de l'un puis le road movie avec les flics au cul... Cela m'avait scotché. L'ambiance d'autoroute, la liaison avec la jeune femme en chaise roulante ... Le dessin de Lerecluey est remarquable à plus d'un titre. C'est nerveux, sec, très beau. Les visages sont presque déformés, trop droits, mais cela participe vraiment à l'ambiance nerveuse, claustro, anxiogène... Les grandes cases du 1er tome ou Joël braque (puis tue) le flic avec le pistolet dans le paquet de corn flakes sont littéralement scotchantes. Du grand art ! J'adore vraiment ses dessins. Supérieur à mon avis, à son travail sur Arthur (série un peu décevante comparé à des chefs d'oeuvre comme "Nuit noire" ou même "Cairn"). Je trouvais son graphisme plus noir, tourmenté et tordu. Donc un grand 4 à la limite du 5 et je recherche activement les 3 tomes (éditions originales) de ce chef d'oeuvre du polar social.