Les derniers avis (32040 avis)

Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Kenshin le Vagabond
Kenshin le Vagabond

Kenshin le Vagabond est un shonen très sympa. Si la série n'échappe pas aux codes du genre (le maître surpuissant, le rival, la mièvrerie des rapports amoureux, le héros plein de valeurs positives, de l'humour et du SD, une vision manichéenne de la société nippone, etc...), elle se distingue en revanche par ses nombreuses qualités. Le contexte historique (début de l'ère Meiji) est intéressant et relativement documenté même si on est très loin du réalisme des séries de samouraï. Cette époque tourmentée est largement propice à l'action et à une intrigue se déroulant sur plusieurs époques. Le scénario est solide et prenant, entremêlant habilement le passé du héros et le présent. Le ton alterne avec efficacité entre le comique et le dramatique. La série fait la part belle à l'action. Les combats titanesques s’enchaînent les uns après les autres, avec là encore fort peu de réalisme, tant les personnages sont puissants... mais qu'importe, on en redemande. Côté dessins, c'est joli, et travaillé. Le Japon de l'époque est bien retranscrit. Le design des personnages est tout bonnement excellent, rendant ces derniers très charismatiques. Kenshin le Vagabond est un excellent manga que je recommande vivement.

18/03/2014 (modifier)
Couverture de la série Marc Mathieu
Marc Mathieu

Les six albums qui constituent la série des Aventures de Marc Mathieu sont un hommage plus qu'appuyé au travail d'Edgar P. Jacobs. L'auteur le revendique d'ailleurs ouvertement dans le dyptique du Faucon de Mu où on voit l'un des personnages lire Le Mystère de la Grande Pyramide. Cette démarche a été imitée par d'autres auteurs s'inspirant de l'esprit des débuts du magazine Tintin, par exemple Patrick Dumas dans Allan Mac Bride. Ici, et comme dans Blake et Mortimer ou Lefranc, le choix du métier du héros (il est archéologue) n'est qu'un prétexte pour l'envoyer parcourir le monde et résoudre des mystères mêlant mythologie, énigmes historiques, complots politiques et science fiction. Les histoires sont de bonne facture et Dominique Hé se montre très consciencieux dans la réalisation des six albums. Son trait extrêmement précis et son souci maladif du détail surchargent parfois ses planches, en particulier dans les deux premiers albums, mais sa plume se délie peu à peu, et, sans perdre son goût pour les dessins fouillés, il allège ensuite progressivement son graphisme. Dominique Hé a longtemps animé des histoires courtes pour Pilote puis Métal hurlant. Elles sont regroupées dans la série Voyages. Leur valeur est inégale, mais dans chacune, il s'agissait de manier l'irrationnel et le paradoxe pour surprendre le lecteur par une chute absurde. Il se veut sérieux au début des Aventures de Marc Mathieu, mais le naturel revient au galop aussi les histoires adoptent-elles un ton de plus en plus humoristique. L'esprit sarcastique de l'auteur s'amplifie à partir du quatrième album (Le testament du dieu Chac), pour devenir franchement burlesque et extravagant à la fin. Le dernier opus de la série (Le Retour de Tangata Manu) est un petit chef d'œuvre de non-sens. Car ce qui fait l'originalité de cette série, c'est le traitement de plus en plus humoristique des histoires et la qualité des scénarios qui se bonifient au fil des albums. Bien sûr, Marc Mathieu et son jeune ami Youssef se montrent habiles pour dénicher les mondes perdus, ils sont efficaces pour botter les fesses des méchants, ils sont courageux, cultivés et débrouillards, mais ils ne représentent pas les héros assurés et monolithiques des années 1950. On réalise vite qu'ils ne maîtrisent généralement pas les événements trépidant dans lesquels ils sont plongés. L'auteur prend un malin plaisir à leur infliger des aventures rocambolesques et à les manipuler jusqu'au dénouement en demi-teinte où ils réalisent qu'ils n'ont pas tout compris de ce qu'ils ont vécu. Les professeurs Herbert et Nelson sont les autres personnages récurrents de la série. Savants pontifiants, vantards et mesquins, ils sont animés par un besoin maladif de célébrité. Eux ne comprennent rien à rien et ne collent pas à l'image de l'intellectuel classique, prêt à résoudre toutes les situations. Quant aux méchants, ils sont d'une bêtise si confondante que leurs plans machiavéliques ne peuvent qu'être voués à l'échec. On se demande même pourquoi Marc Mathieu s'en mêle tant il est évident qu'ils n'ont besoin de personne pour se planter lamentablement. Dominique Hé est un continuateur de l'esprit de la ligne claire, mais il y a chez lui un ton transgressif qui lui confère une nouvelle densité. J'ai beaucoup apprécié cette série, dans un premier temps parce qu'elle m'a offert l'occasion de prolonger l'univers de Blake et Mortimer que j'idolâtrais mais dont je connaissais les albums par cœur, ensuite parce qu'elle a gagné en personnalité en dérivant vers des situations grotesques dans lesquelles Jacobs n'aurait jamais plongé ses héros. Hé a dû estimer avoir fait le tour du genre au bout de six albums et a choisi de mettre fin à cette agréable série pour se lancer dans d'autres récits. Je donne donc un bon 3,5+/5 aux Aventures de Marc Mathieu, avec une note qui monte aisément à 4 pour les trois derniers albums. Il faut fouiller les étals des bouquinistes pour trouver cette série qui n'a pas été rééditée à ce jour.

18/03/2014 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série The sword
The sword

Nouvelle série des frères Luna, les auteurs de Girls qui avait fait le buzz sur BDThèque à l’époque de sa sortie il y a quelques années. En fin de compte on retrouve pas mal de points communs entre les deux séries. On est une nouvelle fois plongé dans une aventure totalement fantastique. Graphiquement c’est de la même veine. Le dessin est plutôt efficace et colle bien à ce genre d’ambiance fantastique. Par contre les visages sont froids, peu expressifs, les personnages se ressemblent beaucoup les uns les autres. Et surtout il y a la grosse dose d’effet photoshop, mention spéciale pour le flou. Le début de l’histoire est prenant et j’ai tout de suite plongé dedans. Il y a un côté polar bien agréable, autour du passé du père et de l’enquête qui va autour de l’assassinat des membres de la famille. Mais on est vraiment dans une trame fantastique. Dès le premier chapitre des personnages utilisent des pouvoirs surnaturels, donc pas d’ambigüité de genre. La suite du récit est bien menée, il y a pas mal de détails qui font bien avancer l’histoire, on apprend déjà énormément sur le pourquoi du comment de tout ce qui se passe. D’ailleurs je me demande un peu comment l’histoire va pouvoir tenir la route 4 tomes avec autant de révélations dans le premier. J'espère qu'on aura encore pas mal de surprises sur le fond et que la suite ne se résumera pas à un combat entre Dara et ses ennemis... Au final il y a une bonne idée de base, de l’action et une histoire qui avance bien. On ne s’ennuie pas.

17/03/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Seuls
Seuls

Seuls est à elle toute seule une série qui réalise un véritable tour de force. Lequel ? Celui de proposer à un public adolescent voire plus jeune un univers tout à fait original et s’étoffant d’album en album sans prendre ses lecteurs pour des crétins et tout en proposant une intrigue tentaculaire. C’est ainsi que la série désormais culte du productif Fabien Vehlmann et de Bruno Gazzotti pourrait être présentée à toute bonne âme disposée à rentrer dans un univers ouvertement fantastique et anxyogène rappelant quelques classiques comme l’insurmontable roman de Matheson « Je suis une légende », et quelques autres références dignes de Twilight Zone. Le pitch est très simple et parfaitement exposé : on voit évoluer de jeunes enfants dans leur quotidien le plus banal au sein d’une ville de province en une fin de journée. Ils ne se connaissent pas mais vont se réveiller le lendemain dans une ville parfaitement vide et dénuée d’activité. Au fil de leurs pérégrinations, 5 d’entre eux vont se retrouver et tâcher de survivre dans un monde dans lequel les adultes ont disparu ainsi que l’école et toute règle sociale. Que s’est-il passé ? Pourquoi des animaux sauvages prennent possession des rues ? Quel sont ces symboles rouges et ce monolithe noir et de quoi sera fait le lendemain ? Pas besoin de zombies (quoique…) ou de futur post-apocalyptique pour mettre en scène un univers original et passionnant. Seuls n’est pas seulement une lecture de qualité pour le jeune public qui va s’affranchir de la bande dessinée de Bamboo vers un récit facile à lire (Velhmann est suffisamment malin pour ne perdre personne en route et prendre son temps pour développer son pitch) et agréable à suivre (Gazotti possède un trait issu de la ligne claire oscillant entre Franquin et Janry et découpe admirablement ses séquences) pour en faire un objet hautement recommandable. Chaque tome apporte sa pierre à l’édifice en résolvant quelques énigmes et en reposant d’autres. Vehlmann se paye même le luxe d’imposer en douceur une satire sociale digne de « Sa majesté des mouches » sans complications inutiles ou superflues (le monde de « Seuls » n’est représenté que d’enfants parlant comme des enfants en phase avec le lectorat d’origine ciblé) mais les confronte à des éléments de survie et quelques situations inédites ou inconnues (alcool, usage d’armes à feu et confrontation avec la mort et la peur du silence). Je n’étais vraiment pas convaincu à la lecture en pensant avoir à faire à une énième série mièvre pour enfants mais me suis vite pris au jeu de tant de suspens et d’interrogations. Les scènes d’action ne manquent pas à l’appel et le cocktail est vraiment réussi d’autant plus qu’on n’est vraiment pas pris pour des imbéciles. Chaque tome constitue une véritable intrigue et pierre supplémentaire à l’édifice et se termine par un cliffhanger suffisamment bien troussé pour qu’on en redemande et les personnages sont suffisamment différents sans être trop stéréotypés pour que l’on puisse s’attacher à eux d’autant plus que leur caractère évolue au fil des tomes. A ce jour et après avoir refermé le 8ème tome, je ne suis toujours pas lassé de la tournure des évènements ce qui est plutôt bon signe. Une idée de cadeau idéale pour les gosses de votre entourage que vous aurez envie de leur emprunter, ça ne m’était pas arrivé depuis les romans de J.K Rowling sur son petit sorcier myope.

17/03/2014 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5
Couverture de la série Block 109 - S.H.A.R.K.
Block 109 - S.H.A.R.K.

Ceux qui comme moi croyaient que l'univers de Block 109 prenait fin avec Block 109 - Ritter Germania (dernier opus avant celui-ci) seront ravis de savoir que l'aventure continue. Mais il y a quand même un changement, ce n'est plus le même dessinateur. Ronan Toulhoat a pris pour l'instant une autre route et se donne à corps perdu sur la série Chaos Team mais il a quand même créé le storyboard de cet album . Par contre le scénariste de ce dernier épisode est toujours Vincent Brugeas pour notre plus grand plaisir car il nous propose une histoire d'aussi bonne qualité que pour les épisodes précédents. Je peux même dire que je préfère cet opus aux deux derniers à savoir Block 109 - New York 1947 et celui cité plus haut. Nous nous retrouvons cette fois-ci en Australie dans un camp de prisonniers allemands où un nouvel arrivant va troubler la tranquillité de ce dernier. La violence et l'action sont toujours aussi présentes dans ce nouvel épisode et comme souvent dans cet univers l'on n'a pas le temps de s'ennuyer. De plus le fait de se retrouver dans le monde carcéral rajoute un petit plus à cette histoire . Les passionnés du 7ème art tel que moi vont avoir l'impression de se retrouver dans plusieurs grands films de guerre des années 60, 70 comme "La Grande Evasion" ou dans le moins connu mais tout aussi bien "L'Express du Colonel Von Ryan" avec Franck Sinatra. Mais malgré cette impression l'on se retrouve vite dans la réalité particulière de l'univers de Block 109. Effectivement l'ambiance est comme d'habitude très malsaine et naturellement prenante. Je me trompe peut-être mais c'est sans doute ce côté très noir du récit qui fait que cette série de one-shots soit toujours aussi attrayante . Le dessin de Ryan Lovelock me paraît plus agréable que celui de Ronan Toulhoat même s'il a encore quelques défauts comme l'ont signalé les deux posteurs précédents . On espère que celui-ci s'améliorera au prochain épisode. Les fans de cet univers ne seront sans doute pas déçus par ce dernier one shot . Alors je ne peux que leur conseiller de se précipiter chez leur libraire attitré pour ce procurer ce sympathique album.

17/03/2014 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5
Couverture de la série Vercingétorix
Vercingétorix

La collection « Ils ont fait l’histoire » va retracer la vie de grands personnages de l’histoire. Nous découvrirons dans un premier temps la vie de Vercingétorix, de Philippe le Bel, Charlemagne, Jaurès, Saint Louis, Napoléon, Soliman… la série risque d’être longue. J’ai été séduit par l’histoire de Vercingétorix, le récit est légèrement romancé mais les faits historiques sont respectés à la lettre et décrits avec beaucoup de rigueur, la présence de l'historien Stéphane Bourdin n’y est pas étrangère. Le dessin de Fred Vignaux est superbe, fin et précis avec des décors bien travaillés. Le livre se termine par un complément relatant les faits essentiels de l’époque, une série qui commence de superbe façon.

16/03/2014 (modifier)
Par Sejy
Note: 4/5
Couverture de la série Neurocomix
Neurocomix

Que sommes-nous ? Être vivant, biologie pensante avec son caractère, ses réflexions, ses intermittences du cœur et ses vicissitudes, dont les convictions domestiquent la volonté et le libre arbitre ? Ou simplement un exceptionnel mécano biochimique, une personnalité parmi tant de possibilités, prédisposée, finalement soumise à l’agencement, aux interconnexions de milliards de petites cellules, tributaire de la plasticité d’une étonnante matière molle et grise ? Deux jeunes neuro-scientifiques britanniques ont crânement donné corps à leurs réponses dans cette ébouriffante aventure, une virée incongrue aux tréfonds du cortex humain dévoilant moult coulisses et autres cachotteries fascinantes. Il existait sûrement mille et une façons pour anatomiser ce fameux carafon. Intrusives ou pas. Salissantes ou moins. La plus habile, et à n’en pas douter la plus appétissante, émoustille le sujet même que l’on ambitionne visiter. Par le prisme des yeux et du croquis. Un pinceau ludique, philanthrope, illustrant ex professo, des notions méta textuelles épineuses avec une évidence que la plume seule aurait bien du mal à délivrer. Du pain béni pour celui qui, à l’instar de mézigue, aurait la comprenette un chouia récalcitrante. En route donc ! Offrons-nous une balade pédagogique aux lisières du fantastique et, fermement agrippés aux basques d’un héros littéralement perdu, prisonnier de ses propres pensées, osons arpenter les chemins cognitifs et électrisants d’une forêt synaptique oppressante. Dans un aperçu extravagant des populations locales, examiner, câliner un neurone (stupéfiant à envisager dans un intellect typé homme tant les certitudes féminines logent cette gent organique plus, mais alors beaucoup plus au sud du nombril et de la banalité du mâle), dénuder les méandres mnémoniques et leurs gardiens bizarres ou fuir des monstres psychotropes spectaculaires. Aux tours et détours des circonvolutions encéphaliques, observer, tendre oreille et curiosité à une équipée de sommités émaillant l’Histoire, toutes flanquées du même zèle irrésistible pour exposer leurs découvertes, leurs savoirs dans des leçons précieuses. S’accommoder de quelque idiome barbare inévitable qui viendra écorcher le tympan, d’un concept ardu qui mettra plus de temps à se laisser embrasser. Rien d’irrémédiable. Et marcher, encore un peu. Jusqu’au croisement des raisonnements scientifique et philosophique, pour s’égarer dans le dualisme du qui-suis-je, aspirant à dénicher la cachette de l’âme dans le brouillard des illusions. Enfin, au bout du chemin, se voir récompensé, désaltéré à la dialectique subtile d’un épilogue rudement bien senti, à la poésie fulgurante de sa case ultime. Neurocomix se dégustera comme une bourlingue prométhéenne à travers l’esprit, capiteuse, démystifiante, transportée par la résonance d’un graphisme noir et blanc tout en courbes, amusant puis inquiétant, parfois grotesque et dont la légère disproportion dans les caboches ou le vide de certains regards souligne la perspective hallucinée de l'exposé. Un jeu de mollets pour cerveau lent, burlesque et incroyablement instructif, un « brain » trop linéaire, qui mériterait davantage de ce flegme barré « mad » in England prompt à générer les meilleures endorphines. Mais je me montre difficile... Vous rependrez bien un peu de cervelle ?

14/03/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Hell School
Hell School

Une bonne série comme je les aime à l'image des vieilles bd sur lesquelles je m’extasie parce que je les aime et pour faire plaisir à mes aînés tout en m'ennuyant réellement à la lecture parce putain quand j'aime pas une vieille bd je le dis. J'ai tout de suite été pris par le scénario. La narration est fluide et l'intrigue devient de plus en plus intéressante au fil des pages. La tension monte durant ces deux tomes et j'espère que le troisième tome va conclure ce récit en beauté ! Les trois personnages principaux sont attachants et je m'identifie facilement à eux. Le dessin est dynamique et je l'adore. Les couleurs sont très belles.

13/03/2014 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Signe de la Lune
Le Signe de la Lune

Très belle surprise ! Cela faisait un moment que je voulais découvrir cet album et je n’ai pas été déçu. L’univers graphique est incroyable. Les personnages et les décors sont très soignés. L’ensemble est très dynamique avec une approche assez cinématographique. Ce magnifique visuel sert à merveille l’ambiance de la BD. L’atmosphère est pesante, les villageois sont isolés, à la merci des éléments ancestraux comme la forêt ou la lune. Les auteurs jouent subtilement avec le fantastique, distillé à petite touche, pour renforcer l’ambiance déjà inquiétante de ce conte. L’intrigue est passionnante, j’ai avalé l’album d’une traite. Le Signe de la Lune est une BD magnifique, à découvrir absolument. Un grand bravo aux auteurs.

13/03/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Ragemoor
Ragemoor

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un Corben... Le revoilà, en pleine forme, illustrant un scénario barré de son vieux complice Jan Strnad (en voilà un qui n'a pas sacrifié à la mode des pseudos). Cette fois-ci c'est l'histoire d'un lieu hors du commun, un château vivant, qui nous est contée. En effet Ragemoor, vieux domaine, est une sorte de créature vivante, qui peu à peu vampirise ses occupants et dévore ses visiteurs (comme en témoigne la couverture de fou). Il n'y a pas vraiment de scénario, si ce n'est une descente vers la folie, un glissement dans l'inéluctabilité de l'horreur, de la métamorphose... Un franc côté lovecraftien dans le récit, donc, d'autant plus que l'histoire de Ragemoor remonte à des temps immémoriaux. L'humour noir rappelle également les récits d'Edgar Allan Poe... en pire. Pour cette histoire démente, difficile de trouver plus investi et plus compétent que Richard Corben, le chantre du monstre, de la turgescence, de la boursouflure, des monstres sortis des murs... Ici encore son trait si étrange fait merveille, et on peut voir en bonus quelques croquis de recherche de ses personnages. En bonus également une interview des deux auteurs sur la genèse de Ragemoor ainsi que les couvertures originales des différents épisodes. On y apprend par exemple que Corben a réalisé une modélisation en 3D du château avant de le dessiner, et qu'il s'y référait souvent...

13/03/2014 (modifier)