Les derniers avis (32040 avis)

Couverture de la série Sillage
Sillage

Et bien ! Je ne pensais vraiment pas accrocher à cette série là à ce point ! Lorsque j'ai emprunté le premier tome, j'étais plein d'a priori: pffffff...Une série de SF de plus, une jeune héroïne pimbèche invincible de plus, une série à rallonge de plus..... Et en fait, j'ai adoré...Principalement parce qu'on ne s'ennuie pas, c'est di-ver-ti-ssant, plaisant, fluide, agréable, j'ai toujours passé de bons moments avec les différents tomes de cette série. Alors, certes, les différents opus sont de qualité inégale, mais certains valent VRAIMENT le détour. Coup de coeur particulièrement pour les tomes 3, 6, 9, et 11. Certains tomes offrent un scénario moins palpitant et travaillé, mais en contre partie, ils permettent d'en apprendre plus sur l'histoire de l'héroïne, Nävis, qui finalement n'est pas la jeune petite connasse insupportable que je m'imaginais. Concernant les dessins, s'ils ne sont pas toujours originaux, reprenant parfois des classiques et des choses déjà vues, ils restent d'une qualité tout à fait honorable et la lecture est très fluide. Sillage nous offre aussi une brochette de personnages accessoires attachants, intrigants, charismatiques: le général Rib'wund, Snivel, Bobo, le général Juaiz..et j'en passe...Tous apportent leur pierre à ce bel édifice. Pour rendre cette lecture encore plus agréable, les auteurs ont glissé ça et là, parmi le langage Sillagien, de petits jeux de mots à saisir à l'occasion. Une belle surprise, une vraiment très bonne série de SF. (287)

13/03/2014 (modifier)
Couverture de la série Before Watchmen - Minutemen
Before Watchmen - Minutemen

J'ai acheté cet album car j'ai beaucoup aimé la série-mère, et que les avis sur cette série étaient élogieux. Sans cela, je ne sais pas si j'aurais agi de telle sorte, puisque je ne suis guère adepte de spin-off, prologues et épilogues sortis a posteriori, tant l'on est souvent déçu par ce genre de productions à but commercial. Par ailleurs, on ne peut pas dire que ce sont les Minutemen qui marquent le plus l'histoire de Watchmen de leur empreinte. Je dois avouer que l'histoire est très bien racontée et que l'on ne s'ennuie pas une seconde. Au final, j'ai un peu de mal à faire totalement la lumière dans mon esprit sur tous les noeuds de l'intrigue, notamment à la fin, mais je pense qu'une deuxième lecture pourra être salutaire. Or, pour moi, qu'une BD motive une relecture rapidement, c'est un gage de qualité. Graphiquement, le trait rétro est excellemment bien réussi, colle parfaitement bien à l'époque du récit, et la mise en couleur est dynamique, la lecture n'en est que plus fluide. Chapeau, je n'y croyais pas, mais Darwyn Cooke l'a fait: un dérivé d'une série mythique de qualité. (286)

13/03/2014 (modifier)
Couverture de la série Red Ketchup
Red Ketchup

Red Ketchup c'est un peu Tintin et James Bond revus par le Professeur Choron et les frères Farrelly. Je ne sais pas ce que les auteurs québécois picolent, crisse d'ostie de tabarnak ! Mais leur fort doit être raide en maudit. En clair, ils sont sérieusement barrés. Leur agent secret est une caricature trash d'agent secret, complètement stupide (pardon : niaiseux), mais investi d'une conscience professionnelle qui force le respect. Peu importe les moyens mis en œuvre pour réussir sa mission (ou l'idée tordue qu'il s'en fait), ce bulldozer ambulant va toujours au bout de ses crétineries quelles qu'en soient les conséquences. Catastrophes en série garanties. Les histoires sont parfois décousues, sans doute à cause de leur format de parution, en épisodes à suivre dans le magazine Croc, mais quelle importance ? Les rebondissements s'enchaînent dans un humour débridé et Red Ketchup s'en donne à cœur joie dans le registre du politiquement incorrect. C'est souvent débile, mais on rit beaucoup. Le dessin, inspiré par la ligne claire belgo-néérlandaise, est bien maîtrisé ; il colle parfaitement au propos du scénariste. La série, publiée partiellement chez Dargaud il y a un quart de siècle, bénéficie désormais d'une réédition de qualité grâce aux éditions La Pastèque, une initiative à saluer. À découvrir également, les aventures de Michel Risque des mêmes auteurs, dont Red Ketchup n'était à l'origine qu'un personnage secondaire.

13/03/2014 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5
Couverture de la série Un Ver dans le Fruit
Un Ver dans le Fruit

L’histoire se déroule dans un petit village français dans les années 60 où un jeune curé prend possession de sa nouvelle paroisse. Si le début de son mandat est assez amusant très vite les ennuis commencent, l’ambiance au village n’est pas aussi sereine que le charmant paysage ne le laisse supposer. Rabaté m’avait séduit avec «Crève saucisse» , il fait de même avec cet excellent album au scénario en béton, bien construit et dont le dénouement très surprenant me rappelle les films d’Alfred Hitchcock. Le dessin noir et blanc est simple mais efficace, Rabaté excelle pour installer l'ambiance idoine. Une chouette BD qui n’a pas pris une ride.

12/03/2014 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Stern Gang
Stern Gang

Cet album s’intéresse à une période historique intéressante et complexe, et fait office de pièce venant s’ajouter au puzzle de mes connaissances sur cette région. L’histoire suit les actions d’un groupe israélien « terroriste » s’en prenant aux palestiniens mais aussi aux anglais, alors chargé d’administrer le territoire de Palestine / Israël. L’ensemble est diablement intéressant et remarquablement documenté, mais trop dense selon moi. Le contenu est d’une telle richesse qu’une série de 3 ou 4 tomes n’auraient pas été de trop. Ce one-shot bombarde en effet le lecteur d’explications géopolitiques complexes, de noms d’organisations ou de politiciens, alors des notes de bas de pages clarifient les acronymes ou noms les plus obscures. L’album se conclut par une postface textuelle passionnante apportant d’importantes clarifications sur la situation politique de l’époque. Mais quelle dommage que ces dernières n’aient pas pu être intégrées à la BD elle-même. D’autant plus que la mise en image est superbe et fait honneur au contenu. Un album passionnant sur une période de l’histoire complexe et relativement méconnue, mais qui aurait selon moi bénéficié d’un développement sur plusieurs tomes. A lire cependant.

12/03/2014 (modifier)
Couverture de la série Sarajevo-Tango
Sarajevo-Tango

Je comprends que Sarajevo Tango suscite autant d'avis négatifs. C'est vrai que l'histoire est basique et qu’Hermann a réalisé cet album sous le coup de la colère. Ça donne une charge assez lourde contre ceux qui ont contribué au martyre de la population de Sarajevo, durant ce qui a été le plus long siège de la guerre moderne (du 5 avril 1992 au 29 février 1996). Hermann pointe du doigt ceux qu'il en juge responsables : – les milices et l'armée serbes qui encerclent la ville et la bombardent quotidiennement, – la communauté internationale, en particulier l'ONU qui se refuse de lever le siège au motif qu'il ne faut pas prendre parti dans une guerre civile, et les Casques bleus, soldats réduits au rôle de simples observateurs et parfois de cibles, – les membres de l'Union européenne qui n'étaient alors que quinze, mais n'ont su montrer que leurs dissensions et leur impuissance à intervenir dans une crise qui se déroulait à leurs frontières, – la presse, qui met en scène les événements, mais ne les hiérarchise pas et zappe très vite dès que quoi que ce soit d'autre de spectaculaire se produit ailleurs, – l'opinion publique des démocraties occidentales, qui est capable de s'émouvoir brièvement face au sort des victimes civiles, avant de s'en lasser tout aussi vite. Les événements décrits remontent à plus de vingt ans, mais tout cela ne me semble pas si démodé… Que d'autres crises éclatent aux marges de l'Europe et nous verrons si l'histoire ne bégaie pas ! Le point de vue d'Hermann est manichéen, simpliste, contestable, je ne le nie pas. Mais c'est toujours le cas lorsqu'un artiste s'engage. Il est facile de le critiquer a posteriori, cependant, lui au moins, il l'a fait, il essayé de dénoncer une situation qui lui semblait scandaleuse avec les moyens dont il disposait et à travers le média qu'il maîtrisait. Bien sûr, c'est lourdingue par moment. Quand on choisit l'humour pour dénoncer l'horreur, on peut vite se planter. Cependant, j'avoue que ses Casques bleus coiffés de bonnets de Schtroumpfs, les gros doigts grondeurs, le fromage géant de Boutros-Boutros Rallye ou la grande sculpture de l'Europe sans couille m'ont bien fait rire. Et certaines cases n'ont rien de drôle, les images de réfugiés, des prisonniers squelettiques derrière les barbelés des camps d'internement, les cadavres des civils victimes des snipers ont été aperçues au journal télévisé, puis chassées par d'autres actualités plus brulantes. Hermann les fige dans sa BD et évite qu'elles sombrent dans l'oubli. Hermann dénonce, tempête, fulmine, et peut-être qu'il insulte le lecteur. Je crois qu'il le fait avec sincérité. Avec maladresse aussi, par moments. Il aime les histoires simples avec des dénouements simples. Voyez comme il résout l'intrigue dans Simon est de retour (Jeremiah #14) et vous comprendrez pourquoi il trouve que Le Ciel est rouge sur Laramie (Comanche #4) est le meilleur scénario que Greg lui ait livré. Ses jugements sont souvent à l'emporte pièce ; il est comme ça Hermann, c'est son côté Dirty Harry. En somme, Sarajevo Tango est un album très intéressant. Il s'agit d'un one-shot engagé, dont l'auteur ose prendre violemment parti, au risque de déplaire. La démarche est très différente des albums-témoignages, comme l'excellent Gorazde de Joe Sacco, dont l'approche pondérée se rapproche davantage du travail des journalistes. Sarajevo Tango est une bande dessinée atypique, qui développe en 52 planches un esprit qui relève habituellement davantage de la caricature de presse engagée. C'est une œuvre qui n'est pas exempte de défauts, mais elle constitue une expérience intéressante et rare, dont je conseille l'achat et la lecture.

12/03/2014 (modifier)
Par loudiere
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Okko
Okko

Okko, c'est la série écrite par des européens qui a compris par excellence l'esprit de l'Asie. On y retrouve tous les personnages d'un manga habituel, le chef ronin respecté et habile, le guerrier surpuissant sorte de démon aux origines mystérieuses, le moine alcoolique donnant la touche d'humour sans entrer dans la pitrerie (du style jarjar binks de star wars) et le jeune apprenti fougueux. De très belles images et des histoires toujours fouillées donnent une excellente série à posséder sans hésitation

12/03/2014 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Mort de Staline
La Mort de Staline

Note : 3.5/5 J'ai été très intéressé par le premier tome de ce diptyque car il présente de l'intérieur une période particulièrement intéressante de l'histoire Russe. C'est fascinant de voir présentées ainsi la folie des hommes au pouvoir durant la fin du règne de Staline et leurs magouilles pour lui succéder à la tête de l'Union Soviétique. C'est d'autant plus intéressant que les faits racontés, même s'ils sont en partie romancés, sont globalement conformes à la réalité historique et aux personnages réels. C'est très bien raconté et édifiant à bien des moments, le tout soutenu par un dessin bien agréable. Le second tome m'a paru un peu en dessous. Je crois que c'est surtout parce que le rythme s'accélère et que certains moments passent de manière un peu superficielle à mon goût. Même si on comprend bien ce qui se déroule, l'émotion et l'impact politique et stratégique de certains événements clés sont moins bien transmis. J'ai notamment eu un peu de mal à apprécier à sa juste mesure l'évolution de la situation de Khrouchtchev. Et j'ai été surpris par le côté un peu abrupt de la fin. J'avais l'impression que l'histoire pouvait encore nettement prendre ses aises et se développer davantage et plus loin. Là, j'ai eu un léger sentiment de "tout ça pour ça ?". Mais ça n'en reste pas moins très intéressant et très bien mené. Une bonne lecture.

11/03/2014 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Hitler=SS
Hitler=SS

Une femme nue est prise en levrette par un nazi, la porte du four n°5 s'ouvre laissant paraître un tas de cendres avec quelques ossements surplombés par un crâne. La légende indique "Ciel, mon mari !". Ce "gag" me reste en tête des mois après l'avoir lu. C'est une illustration du niveau donné par Hitler=SS en terme de mauvais goût dans l'humour. C'est clair que les auteurs ne se sont pas posés beaucoup de limites et encore aujourd'hui une publication de ce type aurait de quoi provoquer un tollé. Je connais très peu Vuillemin donc je ne sais pas dire si l'humour parfois scatologique est un trait commun chez lui comme dans le passage avec la mouche à merde qui se plaint d'avoir rien à se mettre sous la dent vu que les prisonniers n'ont rien à bouffer et que les cadavres sont secs. Bien sûr ça ne fera pas rire tout le monde selon son degré d'acceptabilité en terme d'humour trash, mais il y a quand même des passages qui m'ont fait rire. Par exemple les scientifiques du camp mettent au point des poupées gonflables à partir du corps des juives, l'avantage c'est qu'une fois dégonflé ça ne prend pas de place et permet de les envoyer aux hommes sur le front russe. L'un de ses collègues lui objecte que gonflable ou pas, ça reste une juive, et le troisième acquiesce en disant que ça pose un problème d'éthique... Ou encore quand les villageois alignés devant un mur, les nazis devant en exécuter un sur cinq, se battent pour savoir si le bébé porté dans les bras d'une femme ça compte ou pas. Tellement horrible mais on rit doucement. Voilà un beau matériau qui a déjà plus de 20 ans pour alimenter le débat sur les limites de l'humour, il fallait oser. Supportés dans leur oeuvre par Choron, Gourio et Vuillemin l'ont fait.

11/03/2014 (modifier)
Couverture de la série Fax de Sarajevo
Fax de Sarajevo

Voilà une histoire simple, qui dresse un réquisitoire contre les conséquences de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie et les guerres qui l’ont accompagné. Y sont dénoncés la barbarie, le nationalisme et le racisme qui vont pousser des êtres à en massacrer d’autres, au milieu desquels ils vivaient pourtant normalement depuis bien longtemps. L’absurdité de cette guerre ne fait que rajouter à l’horreur. Et si les Serbes – qu’ils soient leader nationaliste, soldats ou miliciens, qu’ils tirent sur un enfant jouant dans la rue ou violent une femme, incarnent la bête qu’on avait cru – à tort – terrasser en 1945, d’autres responsabilités sont dénoncées. En particulier la « communauté internationale », ONU ou grandes puissances (Etats-Unis, France), dont l’hypocrisie et le cynisme atteignent ici des sommets. Je me rappelle très bien de ces événements que je suivais à l’époque. En particulier de ces casques bleus qui, après avoir désarmé des milliers de Bosniaques et leur avoir garanti leur protection, les avaient livrés aux Serbes à Srebrenica (un simple regard à la carte du pays montrait que cette enclave gênait le redécoupage des frontières préparé en haut lieu, et que donc la « purification ethnique » serbe simplifiait grandement les négociations…). Pour cet album, Kubert utilise les fax envoyés de Sarajevo par son ami Ervin Rustemagic, se contentant de « mettre en image » cette description de l’horreur. On suit donc la destruction de la ville par les canons et snipers serbes en même temps que la lutte pour la survie de la petite famille d’Ervin. C’est prenant et, hélas, Kubert n’a pas eu à ajouter grand-chose pour rendre le pathétique de la situation (pour une évocation plus poétique et science-fiction du siège de Sarajevo, voir Le Sommeil du Monstre de Bilal, en particulier le premier tome). La réussite et l’efficacité de cet album se mesure aussi en comparant avec ce qu’Hermann (qui était lui aussi un correspondant d’Ervin et en liaison avec Kubert) a fait du même sujet dans Sarajevo-Tango (album raté) ! Le seul bémol que je trouve à ajouter pour la critique de cet album concerne le visuel. Le dessin est bon, mais je n’ai pas trop accroché à la colorisation. Les couleurs, très criardes je trouve, très années 1970-80, m’ont globalement déplu. J’avais nettement préféré le superbe crayonné épuré et en Noir et Blanc de Yossel.

10/03/2014 (modifier)