Les derniers avis (32040 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Valentine Pitié
Valentine Pitié

Le scénario de Valentine Pitié est hautement improbable et un peu maladroit. On commence avec un prologue se situant dans un petit hameau du Val de Marne où ont lieu les premiers essais de ce qui allait devenir un avion. Cette scène met en scène deux frères dont l'un plutôt casse-cou. Puis, direction brutale le grand Nord à savoir le Yukon où une espèce d'Oncle Picsou souhaite retrouver la saveur de ce qui a fait sa fortune dans une mine du Klondyke. Pour cela, il n'y a rien de mieux qu'emmener une famille de bourgeoise c'est à dire la mère et la fille, la fameuse Valentine Pitié. Quelle idée dans ces contrées où il fait aisément - 40 degrés Celcius ! Il n'y aura plus de suite à ce prologue dans le Val de Marne si bien qu'on se demande où est le lien bien qu'on sache pertinemment qu'il se fera plus tard. Ce prologue apparaît inutile dans ce contexte. Les parents de Valentine Pitié sont quant à eux bêtement tués alors qu'on avait à peine fait connaissance et qu'ils s'avéraient plutôt intéressants. Il va s'en suivre une histoire classique entre la belle et un gentil Inuit qui lui fait découvrir toute la culture de ce peuple arctique. La fin de ce premier chapitre sera néanmoins assez surprenante. La partie la plus intéressante se situe vraissemblablement dans les échanges entre notre héroïne et ce chasseur Inuit ayant plusieurs épouses à son actif. La rudesse de cette vie est ponctuée par les chasses et les "rires" qui sont d'un genre plutôt particulier. A ne pas mettre dans les mains des enfants malgré un dessin enfantin ! L'ensemble est plutôt pas mal. On suivra cette aventure avec un certain intérêt ! J’avais bien aimé le premier volume sur le monde des Inuits. Le second nous entraîne dans celui des premiers aviateurs. C’est presque irréel de passer du Yukon à celui de la vie bourgeoise parisienne. Ce passage à la civilisation était pourtant déjà introduit au prologue du premier tome. Notre héroïne va encore vivre des malheurs qui paraissent tous improbables. On va avoir droit à une réponse à la fin et celle-ci sera fort surprenante. Tout est sucré presque naïf mais en réalité c’est bien noir. On éprouve effectivement de la pitié pour cette Valentine. Au final, c’est une aventure romanesque plutôt bouleversante sur fond d’émancipation de la femme au début du XXème siècle. Je rehausse la note à 4 étoiles car du dessin au scénario, c’est plus que satisfaisant. Le destin pour le meilleur et pour le pire.

20/01/2011 (MAJ le 10/03/2014) (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chat
Le Chat

Même s'il est devenu depuis quelques années commercial en produits d'assurance, le chat n'a rien perdu de sa raideur pince-sans-rire et de son humour absurde et distancié, qui en font la quintessence d'une sorte de manière belge d'être au monde. Le Chat est l'une des rares bandes dessinées, avec Gaston ou les albums de Margerin, Gotlib et Alain Ayrolles, à m'avoir fait rire aux éclats. Aussi stoïque qu'ahuri, le Chat apporte avec le plus grand sérieux des réponses totalement fantaisistes aux grandes questions que personne ne se pose. Lorsqu'il ne renouvelle pas les débats majeurs de la philosophie, le Chat commet, sur le même ton impavide, des calembours honteux avec une constance qui force le respect. Pied-de-nez vivant aux tâcherons du dessin compliqué et de la phrase ampoulée, le Chat devrait être remboursé par la sécurité sociale.

09/03/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Dernier Voyage d'Alexandre de Humboldt
Le Dernier Voyage d'Alexandre de Humboldt

Joli projet que ce "Dernier voyage d'Alexandre de Humboldt"... Etienne le Roux s'essaye pour la première fois à l'écriture pour un autre. C'est son compère d'atelier Vincent Froissard qui est l'heureux élu, lui qui a un style si particulier. Pour réaliser leur histoire, les deux auteurs se sont saisis de la méthode Stan Lee/Jack Kirby, dite "Marvel way" : le scénariste raconte à voix haute, avec minutie, la séquence, et le dessinateur jette sur le papier ce qu'il en a retenu. C'est donc un travail d'écriture mutuel, entre conception et interprétation, qui s'enrichissent mutuellement. Et cela permet à Vincent Froissard, qui oscille merveilleusement entre réalisme, onirisme et caricature, de livrer des images incroyables, à la puissance d'évocation quasi hypnotique par endroits. Le dessinateur prend tout le temps nécessaire pour construire son imaginaire et ses ambiances, du coup il y a de temps en temps des pleines pages et même des doubles pages magnifiques. Le Roux lui-même dit avoir été régulièrement scotché par les planches de son dessinateur. Il y a un petit côté Winsor Mc Cay aussi dans cette histoire, tant les atmosphères oniriques y sont présentes. Il faut dire que le récit s'y prête. A l'instar d'un Au Coeur des ténèbres de Conrad, c'est une sorte de périple initiatique dans des contrées sauvages, sombres, touffues... Mais pour enrichir ce récit, le Roux nous met dans la peau de trois narrateurs différents, chacun des discours étant identifié par une mise en scène différente. Cette subtilité ne se remarque pas tout de suite, mais au fil du récit elle permet de ne pas provoquer de rupture. Un ouvrage magnifique donc, à recommander totalement. Ce dernier voyage risque de me marquer durablement...

22/02/2010 (MAJ le 09/03/2014) (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Saint Kilda
Saint Kilda

J'ai véritablement accroché à Saint-Kilda au point de faire également des recherches sur cette île mystérieuse au large de l'Ecosse dont les habitants vivaient totalement coupés du monde. Bref, une telle communauté pouvait exister à 64 kilomètres des côtes : pas besoin de se retrouver au milieu de l'Océan Pacifique. Cette insularité est principalement due aux difficultés d'abordage avec les falaises les plus hautes du Royaume-Uni. La bd retranscrit très bien le mode de vie autarcique de ses habitants qui n'étaient pas à l'abri de la main-mise de l'Eglise. Là où il ya des brebis égarées, il y a toujours un sermoneur qui joue au gardien. Cependant, entre les croyances et les superstitions, un jeune docteur en biologie va devoir évoluer sur cette île où il ne pousse aucun arbre. On devine le combat entre la religion et la science au travers de cet étudiant partisan des théories de Darwin. C'est également un affrontement entre le père industriel conformiste et le fils naturaliste aux idées nouvelles et révolutionnaires. La rencontre avec les autochtones vivant dans une ignorance totale du monde extérieur va tout changer... On attend le second tome avec impatience d'autant que la fin entretient un grand suspense. Saint Kilda est une véritable bonne surprise avec un scénario bien ficelé et des dessins qui mettent en valeur cette île écossaise atypique. Malgré un scénario plutôt convenu, ce second tome va clore cette belle histoire. J'ai trouvé le soi-disant pasteur Jacob beaucoup trop caricatural dans un thème où la religion asservit les pauvres gens d'esprit qui sont isolés du reste du monde. Ainsi, la civilisation réussira t'elle à pervertir les âmes de ces kildiens ? Par ailleurs, j'ai beaucoup aimé l'utilisation de la couleur direct qui donne une ambiance assez particulière à cette île inhospitalière au climat humide et venteux. J'ai remarqué que la topologie des lieux ainsi que les maisons sont parfaitement respectés. Il y a eu un très gros travail de recherche de la part de l'auteur qui a réussi le pari.

15/08/2010 (MAJ le 09/03/2014) (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série D
D

Il y a des bds où dès que je lis les trois premières pages, je sais d'avance que cela va me plaire. Celle-ci en fait incontestablement partie certainement grâce à son style et à son élégance qui se détache du lot des productions habituelles. Je n'ai pas lu grand chose de Alain Ayroles mais Garulfo tout comme De Cape et de Crocs font partie de mes bds cultes. C'était déjà un très bon début ! Après, j'essaye de juger sur pièces. En l'espèce, je vois que l'auteur dans un genre différent de ce qu'il a déjà fait, arrive encore à me surprendre. Les dialogues sont de très hautes qualité et on ne s'ennuie pas. Les dessins sont de toute beauté. Les couleurs qui varient selon les scènes arrivent à nous procurer des sensations. Bref, c'est du pur bonheur ! La couverture est un peu trompeuse car elle nous montre un personnage Lord Faureston dont on croit qu'il va être le héros de ce récit ce qui ne sera pas vraiment le cas. Pourtant, j'ai encore un léger doute même à la fin de ce premier tome. J'espère que l'auteur ne tombera pas dans un manichéisme de bon aloi. On va dès lors attendre la suite et voir. Pour l'instant, c'est du tout bon. Le second tome voit l'apparition d'un nouveau personnage Lady d'Angerès qui semble détenir la clé de cette histoire de vampires. Par conséquent, exit Lord Faureston qui faisait pourtant la couverture du premier volume. On comprend que les voyages en Afrique de notre héros aventurier Richard Drake lui ont permit de découvrir des choses qui vont au-delà de son cartésianisme. Qui est le mystérieux D ? Cela semble sauter aux yeux. Mais bon, on ne va pas bouder notre plaisir d'autant que le dessin est toujours aussi agréable à regarder.

08/03/2010 (MAJ le 09/03/2014) (modifier)
Par jurin
Note: 4/5
Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

Jens Harder réalise une belle performance, permettre au lecteur lambda de comprendre et de connaître des milliards d’années d’évolution de notre univers en quelques heures de lecture et sans exiger de celui-ci des connaissances scientifiques élevées. Évidemment cette BD n’a pas la prétention de tout expliquer dans le détail, de toutes façons il faut plusieurs vies pour comprendre de façon rigoureuse la complexité d’une telle évolution. Le mérite de Jens Harder est d’avoir compilé sous formes d’images, la base nécessaire pour comprendre le monde passé et à venir, un livre à placer sans restriction dans toutes les mains.

08/03/2014 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série La Vengeance du Comte Skarbek
La Vengeance du Comte Skarbek

Un très joli diptyque découvert hier en médiathèque. Déjà le graphisme est somptueux. N'ayant pas fait attention aux auteurs en prenant en main les livres, j'ai mis deux planches avant de m'apercevoir du travail du géniteur de Thorgal. Et qu'est ce que c'est bien fait, bon rendu, un écrin de luxe pour une histoire qui, si elle est plaisante et aborde la thématique de la vengeance avec suffisamment de rebondissements, reste assez prévisible malgré tout (mais rendant hommage à une œuvre existante, quoi de plus normal me direz vous). Très beau malgré tout, une BD que je relirai, de temps à autres....

08/03/2014 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Charly 9
Charly 9

J'aime beaucoup les romans de Jean Teulé et celui sur Charles IX fait partie de ceux que j'ai le plus appréciés. Je me suis donc plongé avec plaisir dans cet ouvrage. Guérineau réalise là une magnifique adaptation de l'oeuvre du romancier et la met en images de manière remarquable. C'est une lecture indispensable pour les amateurs d'histoire et notamment d'histoire politique.

08/03/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Charly 9
Charly 9

Un coup de poignard. Sans mauvais jeu de mots, cet album, qui raconte la Saint-Barthélémy et ses conséquences, est tout simplement une oeuvre de très haut niveau. Adaptant l'oeuvre de Jean Teulé, Richard Guérineau est arrivé au sommet de sa carrière, avec cet album en tous points remarquable. Il nous propose ainsi un récit qui prend très vite à la gorge, avec cette scène d'ouverture où Charles IX, alors jeune roi, subit la pression de son entourage pour autoriser un massacre de grande ampleur dans les rangs des Protestants de France... Au début réticent, on le voit, à la fin de l'entretien, basculer dans une certaine démence, laquelle ne le quittera plus et s'aggravera tout en évoluant en une affection physique qui finit par l'emporter, à même pas 24 ans. Durant son court règne, alors que la France ne va pas bien, ce massacre de la Saint-Barthélémy marquera à tout jamais cet adepte de chasse à courre et de poésie. Teulé et Guérineau parsèment leur récit principal d'anecdotes sur des traditions qui perdurent encore, relâchant un peu la tension, mais le destin du Roi est en marche, et il est implacable et cruel. Guérineau est tout simplement parfait. On connaissait déjà son perfectionnisme sur les architectures, il y rajoute une précision des costumes et de l'étiquette assez bluffants. Le traitement des couleurs, déjà relevé par mes camarades, est un plus qui confirme encore cette recherche. On frôle la note maximale de très près.

08/03/2014 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5
Couverture de la série Les Quatre de Baker Street
Les Quatre de Baker Street

Cette série est à mon humble avis plus que correcte. J'ai été agréablement surpris par ces histoires indépendantes mettant en scène des enfants des rues qui sont de temps en temps utilisés par le célèbre Sherlock Holmes durant ses enquêtes et qui cette fois tiennent le rôle principal dans ces histoires superbement mises en images. L'idée de départ est assez originale et pour une fois j'ai trouvé agréable l'idée de mettre le fameux détective en second plan dans ces enquêtes, même s'il intervient quand même un peu durant celles-ci. Les quatre personnages principaux (deux garçons, une fille et un chat) sont très attachants et ils ont chacun une forte personnalité ce qui rend encore plus intéressant le récit. Les histoires sont sympathiques et je trouve qu'elles s'améliorent d'album en album. Dans chaque tome l'on retrouve l'évocation d'enquêtes célèbres du détective le plus célèbre du monde (par exemple nos jeunes amis parlent de l'enquête sur le chien des Baskerville ). J'en viens maintenant au superbe dessin de David Etien qui est un atout majeur de cette série. Celui-ci nous en met plein les yeux et je peux même dire que c'est un régal. Ce magnifique graphisme nous permet de s'immerger dans ces histoires et de ne plus vouloir en sortir si ce n'est qu'à la fin de la dernière page. Après la lecture des quatre tomes de cette très belle série , il me tarde qu'une seule chose c'est la sortie du cinquième album qui si je ne me trompe pas est prévue pour le mois d'avril. Les amateurs de l'univers de Sherlock Holmes et de beaux dessin apprécieront les aventures de ces joyeux personnages.

08/03/2014 (modifier)