Là c'est du grand Robert Crumb tel qu'on l'imagine, tel qu'on le connaît à travers ses nombreuses Bd. Cet album est un véritable défouloir où il exorcise toute sa souffrance de jeune binoclard mal dans sa peau, et où il peut en bon iconoclaste de la société de consommation U.S., casser le moule d'une Amérique idéalisée, et surtout où il peut faire exploser son génie d'obsédé sexuel. Avec une ironie non dénuée de férocité, il prouve qu'il est l'un des premiers auteurs de BD à montrer la sexualité sans voiles, mettant en scène ses propres fantasmes comme ses propres faiblesses.
Son dessin sur ces récits courts de différentes périodes, a atteint à ces époques une maturité extraordinaire, et met en valeur ses personnages à grosses godasses, ses filles boudinées aux nichons pointus, aux guibolles de culturiste et aux culs pleins de rondeurs épanouies.
Tout cet aspect grivois qui s'affranchit de toute vulgarité (parce que tempérée par le rire), est renforcé et magnifié par ce dessin au noir et blanc épais et puissant par endroits, qui décuple la drôlerie de ses personnages. Un album furieusement drôle à découvrir impérativement.
Jolie découverte.
Michel Risque est une série qui existe depuis presque quarante ans chez nos cousins québécois, et a connu un succès retentissant sur place. Il est arrivé en France il y a une dizaine d'années, mais les Editions la Pastèque ont décidé de lui donner l'exposition qu'elle mérite avec une intégrale en deux volumes, le deuxième sortant en 2015.
Le principe de la série est simple, il s'agit, pour l'essentiel, d'une seule et même aventure, sans fin ou presque, qui amène Michel, prototype de l'anti-héros, dans des situations impossibles. Sa grande naïveté et son amour pour différentes femmes l'amèneront dans ces situations. La galerie de personnages imaginée par Réal Godbout et Pierre Fournier est inoubliable, avec cette guenon géante, ce journaliste débrouillard ou cet oncle cupide. Les aventures sont, malgré cet aspect débridé, relativement crédible, enfin disons qu'elles se situent dans le haut du panier de la BD d'humour. Un humour qui doit être typiquement québécois, mais à la portée des Européens. Seule une poignée d'expressions empêche la compréhension totale du texte, mais les circonstances permettent de gommer ce très léger problème.
Réal Godbout est une sorte de Gotlib québécois, avec un trait aussi précis que quasi-réaliste, avec une petite tendance à la caricature parfois. Une fausse ligne claire qui rend la lecture fort agréable.
Vraiment très sympa.
Plusieurs avantages à cette excellente série.
Le fait qu'elle fonctionne par diptyques
Elle nous fait voyager
Elle est hautement distrayante
Des intrigues qui impliquent le monde de la haute finance, même si nous sommes des néophytes cela passe bien, nous ne sommes pas noyés.
Un peu de rêve, notre héros évoluant dans des sphères inatteignables peuplées de sublimes créatures!
L'humour n'est jamais lourdingue
Un dessin très plaisant et plus complexe qu'il pourrait y paraître.
Au final quelque chose de très plaisant sans "prise de tête", personnellement je ne trouve pas que la série s'essouffle, en attente de la suite sans impatience mais j'achèterai.
Eh m...ince ! Je me disais bien en voyant sur la dernière planche du tome 2 qu'elle datait de 2009 et en n'ayant pas connaissance d'un 3e tome sorti en 2014 qu'il y avait un fort risque que ce soit une série abandonnée. Je vois que c'est confirmé (Stéphane Créty ayant été démotivé par le faible succès des ventes des 2 premiers tomes) et c'est franchement dommage car j'aurais très volontiers lu la suite.
C'est le genre de récit qui me plait. De l'heroïc-fantasy un peu originale, avec de bons personnages, une part d'humour, une intrigue dense et où l'on ne sait pas où les auteurs vont nous mener, et également un très bon dessin.
Le style graphique est semi-réaliste, avec des visages un peu caricaturaux pour insister sur la légèreté du ton du récit et sa part humoristique. Tout y est très soigné, tant les personnages que les mises en scène, les décors et les couleurs. Il n'y a qu'une petite chose qui me déçoit : les yeux de la bande d'anti-héros qui louchent trop souvent et jouent donc une carte de l'humour un peu trop facile.
L'intrigue est amusante. Elle part sur un contexte un peu déjà-vu, une bande de magouilleurs qui se fait passer pour une autre bande cette fois de vrais experts (ici de dangereux mercenaires) pour se faire du fric sur leur dos. On sait dès le début comment ça va se passer : ils vont se retrouver malgré eux dans une histoire trop dure pour eux et évidemment les vrais méchants pour qui ils se sont faits passer vont leur tomber dessus un jour ou l'autre pour se venger.
Mais malgré cet aspect un peu cliché, le scénario est bon car il mélange beaucoup de choses et de bons personnages dans un récit légèrement alambiqué mais bien mené et où l'on ne s'ennuie pas. Une chose plaisante notamment, je ne savais jamais à l'avance comment les choses allaient se dérouler et les situations et leurs résultats m'ont plusieurs fois agréablement surpris.
Bref, ce n'est pas un indispensable chef-d'oeuvre mais c'est une bien chouette série que j'aurais volontiers continué à suivre. Son abandon est bien dommage à mes yeux.
Après la lecture des trois premiers tomes, je vais aller dans le sens des avis précédents, à savoir que nous avons là du très bon pour une série qui n'est pas tant de la SF, mais plutôt un récit d'anticipation. En effet, à y regarder de plus près, tout ce qui est décrit ici existe déjà, de manière larvée parfois, et c'est ce qui à mon sens est une des forces de cette histoire. Dans ce Las Vegas, ce Disneyland, les personnages se croisent, interagissent entre eux de manière magistrale grâce à un scénario très prenant et parfaitement maîtrisé. Et puis quel dessin! Mr Ricci nous gratifie de pages sublimes, très fouillées. A mon sens il est encore meilleur que sur Les Ames d'Hélios qui déjà atteignaient un niveau plus que bon. Beaucoup de trouvailles (j'aime beaucoup le clin d'oeil quand un personnage déguisé en Flash se fait prendre au piège du nettoyage des arrières cours, pas assez rapide petit scarabée!).
Si les deux tomes restant sont du même niveau, il faudra sans doute hausser la note. Déjà immanquable, peut être bientôt culte.
L'hérétique n'est pas une histoire de religion, le titre est trompeur. Non, il s'agit du nom de la petite embarcation du Dr Alain Bombard qui a mené une expérience en Méditerranée puis dans l'océan Atlantique qui aurait pu lui couter la vie. Il s'agissait de devenir un naufragé volontaire et d'étudier les conditions de survie d'un homme en mer.
Il faut dire que ce genre de récit me plaît. A l'époque, Alain Bombard avait prouvé qu'il est possible de survivre pendant 65 jours. Au début de cette année 2014 soit 64 ans après cette aventure, on a appris qu'un naufragé avait dérivé pendant 13 mois dans l'océan Pacifique parcourant plus de 12.500 km entre le Mexique et les îles Marshall. Là encore, les spécialistes avaient crié à la supercherie. Et pourtant, le récit de cette odyssée a été corroboré par les experts.
Pour en revenir au témoignage du Dr Bombard, il est complet et ne cache rien de la vérité. J'ai trouvé une justesse de ton qui accrédite l'authenticité du récit. Bravo à ce jeune auteur qui a réussi pour sa première oeuvre à nous faire partager l'expérience de cet homme épris d'aventures et d'océan !
Parfois la note est plus nostalgique qu'objective. Cependant, il faut se replacer dans le contexte de l'époque. D'accord ça va faire ricaner quelques jeunots, mais quand cette série est arrivée elle était novatrice, peu de temps après La Quête de l'oiseau du temps; Pour moi il n'est pas question de comparer l'une ou l'autre. Si elles sont toutes les deux sur le même créneau, elles se différencient sur l'histoire, évidemment, et surtout le traitement qui en est fait.
Ici, il y a un petit côté Seigneurs des Anneaux qui est revisité de manière intelligente, ce qui était aussi le cas de La Quête, mais personnellement j'ai vraiment été séduit. Bien qu'ultra classique le scénario donne envie d'aller plus loin, alors ça ressemble à des trucs qu'on a déjà vu? Bien sur! Mais on les a aimé, donc ici il ne faut pas bouder son plaisir. Même après plusieurs lectures c'est toujours du tout bon.
Je n'ai rien dit du dessin, pardon Mr Segur, mais pour moi c'est juste parfait et en adéquation avec les ambiances. J'aime bien votre Chevalier Tonnerre!
Solo est la bonne surprise de la rentrée, Oscar Martin dessinateur espagnol réalise seul une BD d’excellente facture.
L’histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique où les espèces animales survivantes possèdent des caractéristiques physiques parfois proches de celles des hommes.
Solo rat philosophe très habile et courageux tente de survivre dans ce monde effroyable et agressif, la règle essentielle de survie étant la méfiance. Solo a un charisme fou, un incroyable don pour gérer l’essentiel dans les situations difficiles, une intelligence très affûtée et une volonté de survivre sans faille.
Le scénario est prenant et bien rythmé. Solo, héros de haut vol, donne le cachet nécessaire pour placer cette BD dans les incontournables de cette rentrée (à mon humble avis).
Le dessin très bien travaillé est agréable et dynamique. Oscar Martin exprime ici tout son talent.
Un Donjon de plus ! est-il écrit dans la fiche de présentation de la série. Je dirais moi un plus pour Donjon !
En effet, Donjon Monsters, qui s’imbrique dans tous les interstices des différentes séries de l’univers Donjon (même si la plupart peuvent se lire comme des one-shot), est d’un grand intérêt.
D’abord par les développements apportés à l’histoire ou la personnalité de certains protagonistes. Mais aussi et surtout parce qu’elle a permis je trouve au « grand public » de se familiariser avec des auteurs qu’il n’avait pas forcément l’habitude de fréquenter : c’est un peu un tour d’horizon des dessinateurs de la « nouvelle vague », tournant autour du chef d’orchestre et de collections Trondheim. Beaucoup de lecteurs de Monsters ont dû découvrir le dessin – et le nom de Blanquet avec « Le Noir Seigneur ». Peut-être ont-ils ainsi été voir ce qu’il avait pu faire ailleurs…
Alors, c’est sûr, la rançon de cette « revue d’effectifs » de dessinateurs entraîne plusieurs conséquences.
Cela renforce le côté inégal de l’entreprise. Et cela peut éventuellement gêner le lecteur. Mais moi qui d’habitude n’apprécie pas trop les changements de coup de crayon à l’intérieur d’une même série, je n’ai pas eu trop de mal à m’y faire ici. Il est vrai que les scénaristes ont veillé à garder un « ton » commun, même en arrière-plan.
Albums inégaux, donc, mais quelques très belles réussites ! J’ai par exemple beaucoup aimé les albums dessinés par Blutch (« Mon fils le tueur ») et par Bézian (« Des Soldats d’Honneur »), ce dernier un des albums les plus noirs et peut-être les plus « à part » de la série (je ne cite là que mes deux préférés de cette série, mais tous présentent un intérêt important).
Note réelle d’ensemble 3,5/5.
Oscar Martin, dont j'avais déjà remarqué le dessin animalier très cartoon avec La Guilde nous sert un récit de survie dans un monde post-apocalyptique quelque part entre Blacksad, Gladiator et Mad Max. On a droit à de bons récitatifs en off qui donnent à cette histoire burnée et un peu bas de plafond une dimension (un peu) existentielle.
Même s'il n'y a aucune originalité particulière, « Solo », c'est, grâce à un dessin et un découpage virtuose, un sens du récit et des dialogues, le charisme du personnage principal, un pur plaisir de lecture. Franchement recommandé.
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Mes problèmes avec les femmes (Mes Femmes)
Là c'est du grand Robert Crumb tel qu'on l'imagine, tel qu'on le connaît à travers ses nombreuses Bd. Cet album est un véritable défouloir où il exorcise toute sa souffrance de jeune binoclard mal dans sa peau, et où il peut en bon iconoclaste de la société de consommation U.S., casser le moule d'une Amérique idéalisée, et surtout où il peut faire exploser son génie d'obsédé sexuel. Avec une ironie non dénuée de férocité, il prouve qu'il est l'un des premiers auteurs de BD à montrer la sexualité sans voiles, mettant en scène ses propres fantasmes comme ses propres faiblesses. Son dessin sur ces récits courts de différentes périodes, a atteint à ces époques une maturité extraordinaire, et met en valeur ses personnages à grosses godasses, ses filles boudinées aux nichons pointus, aux guibolles de culturiste et aux culs pleins de rondeurs épanouies. Tout cet aspect grivois qui s'affranchit de toute vulgarité (parce que tempérée par le rire), est renforcé et magnifié par ce dessin au noir et blanc épais et puissant par endroits, qui décuple la drôlerie de ses personnages. Un album furieusement drôle à découvrir impérativement.
Michel Risque
Jolie découverte. Michel Risque est une série qui existe depuis presque quarante ans chez nos cousins québécois, et a connu un succès retentissant sur place. Il est arrivé en France il y a une dizaine d'années, mais les Editions la Pastèque ont décidé de lui donner l'exposition qu'elle mérite avec une intégrale en deux volumes, le deuxième sortant en 2015. Le principe de la série est simple, il s'agit, pour l'essentiel, d'une seule et même aventure, sans fin ou presque, qui amène Michel, prototype de l'anti-héros, dans des situations impossibles. Sa grande naïveté et son amour pour différentes femmes l'amèneront dans ces situations. La galerie de personnages imaginée par Réal Godbout et Pierre Fournier est inoubliable, avec cette guenon géante, ce journaliste débrouillard ou cet oncle cupide. Les aventures sont, malgré cet aspect débridé, relativement crédible, enfin disons qu'elles se situent dans le haut du panier de la BD d'humour. Un humour qui doit être typiquement québécois, mais à la portée des Européens. Seule une poignée d'expressions empêche la compréhension totale du texte, mais les circonstances permettent de gommer ce très léger problème. Réal Godbout est une sorte de Gotlib québécois, avec un trait aussi précis que quasi-réaliste, avec une petite tendance à la caricature parfois. Une fausse ligne claire qui rend la lecture fort agréable. Vraiment très sympa.
Largo Winch
Plusieurs avantages à cette excellente série. Le fait qu'elle fonctionne par diptyques Elle nous fait voyager Elle est hautement distrayante Des intrigues qui impliquent le monde de la haute finance, même si nous sommes des néophytes cela passe bien, nous ne sommes pas noyés. Un peu de rêve, notre héros évoluant dans des sphères inatteignables peuplées de sublimes créatures! L'humour n'est jamais lourdingue Un dessin très plaisant et plus complexe qu'il pourrait y paraître. Au final quelque chose de très plaisant sans "prise de tête", personnellement je ne trouve pas que la série s'essouffle, en attente de la suite sans impatience mais j'achèterai.
Les Fléaux d'Enharma
Eh m...ince ! Je me disais bien en voyant sur la dernière planche du tome 2 qu'elle datait de 2009 et en n'ayant pas connaissance d'un 3e tome sorti en 2014 qu'il y avait un fort risque que ce soit une série abandonnée. Je vois que c'est confirmé (Stéphane Créty ayant été démotivé par le faible succès des ventes des 2 premiers tomes) et c'est franchement dommage car j'aurais très volontiers lu la suite. C'est le genre de récit qui me plait. De l'heroïc-fantasy un peu originale, avec de bons personnages, une part d'humour, une intrigue dense et où l'on ne sait pas où les auteurs vont nous mener, et également un très bon dessin. Le style graphique est semi-réaliste, avec des visages un peu caricaturaux pour insister sur la légèreté du ton du récit et sa part humoristique. Tout y est très soigné, tant les personnages que les mises en scène, les décors et les couleurs. Il n'y a qu'une petite chose qui me déçoit : les yeux de la bande d'anti-héros qui louchent trop souvent et jouent donc une carte de l'humour un peu trop facile. L'intrigue est amusante. Elle part sur un contexte un peu déjà-vu, une bande de magouilleurs qui se fait passer pour une autre bande cette fois de vrais experts (ici de dangereux mercenaires) pour se faire du fric sur leur dos. On sait dès le début comment ça va se passer : ils vont se retrouver malgré eux dans une histoire trop dure pour eux et évidemment les vrais méchants pour qui ils se sont faits passer vont leur tomber dessus un jour ou l'autre pour se venger. Mais malgré cet aspect un peu cliché, le scénario est bon car il mélange beaucoup de choses et de bons personnages dans un récit légèrement alambiqué mais bien mené et où l'on ne s'ennuie pas. Une chose plaisante notamment, je ne savais jamais à l'avance comment les choses allaient se dérouler et les situations et leurs résultats m'ont plusieurs fois agréablement surpris. Bref, ce n'est pas un indispensable chef-d'oeuvre mais c'est une bien chouette série que j'aurais volontiers continué à suivre. Son abandon est bien dommage à mes yeux.
Urban
Après la lecture des trois premiers tomes, je vais aller dans le sens des avis précédents, à savoir que nous avons là du très bon pour une série qui n'est pas tant de la SF, mais plutôt un récit d'anticipation. En effet, à y regarder de plus près, tout ce qui est décrit ici existe déjà, de manière larvée parfois, et c'est ce qui à mon sens est une des forces de cette histoire. Dans ce Las Vegas, ce Disneyland, les personnages se croisent, interagissent entre eux de manière magistrale grâce à un scénario très prenant et parfaitement maîtrisé. Et puis quel dessin! Mr Ricci nous gratifie de pages sublimes, très fouillées. A mon sens il est encore meilleur que sur Les Ames d'Hélios qui déjà atteignaient un niveau plus que bon. Beaucoup de trouvailles (j'aime beaucoup le clin d'oeil quand un personnage déguisé en Flash se fait prendre au piège du nettoyage des arrières cours, pas assez rapide petit scarabée!). Si les deux tomes restant sont du même niveau, il faudra sans doute hausser la note. Déjà immanquable, peut être bientôt culte.
L'Hérétique
L'hérétique n'est pas une histoire de religion, le titre est trompeur. Non, il s'agit du nom de la petite embarcation du Dr Alain Bombard qui a mené une expérience en Méditerranée puis dans l'océan Atlantique qui aurait pu lui couter la vie. Il s'agissait de devenir un naufragé volontaire et d'étudier les conditions de survie d'un homme en mer. Il faut dire que ce genre de récit me plaît. A l'époque, Alain Bombard avait prouvé qu'il est possible de survivre pendant 65 jours. Au début de cette année 2014 soit 64 ans après cette aventure, on a appris qu'un naufragé avait dérivé pendant 13 mois dans l'océan Pacifique parcourant plus de 12.500 km entre le Mexique et les îles Marshall. Là encore, les spécialistes avaient crié à la supercherie. Et pourtant, le récit de cette odyssée a été corroboré par les experts. Pour en revenir au témoignage du Dr Bombard, il est complet et ne cache rien de la vérité. J'ai trouvé une justesse de ton qui accrédite l'authenticité du récit. Bravo à ce jeune auteur qui a réussi pour sa première oeuvre à nous faire partager l'expérience de cet homme épris d'aventures et d'océan !
Légendes des Contrées Oubliées
Parfois la note est plus nostalgique qu'objective. Cependant, il faut se replacer dans le contexte de l'époque. D'accord ça va faire ricaner quelques jeunots, mais quand cette série est arrivée elle était novatrice, peu de temps après La Quête de l'oiseau du temps; Pour moi il n'est pas question de comparer l'une ou l'autre. Si elles sont toutes les deux sur le même créneau, elles se différencient sur l'histoire, évidemment, et surtout le traitement qui en est fait. Ici, il y a un petit côté Seigneurs des Anneaux qui est revisité de manière intelligente, ce qui était aussi le cas de La Quête, mais personnellement j'ai vraiment été séduit. Bien qu'ultra classique le scénario donne envie d'aller plus loin, alors ça ressemble à des trucs qu'on a déjà vu? Bien sur! Mais on les a aimé, donc ici il ne faut pas bouder son plaisir. Même après plusieurs lectures c'est toujours du tout bon. Je n'ai rien dit du dessin, pardon Mr Segur, mais pour moi c'est juste parfait et en adéquation avec les ambiances. J'aime bien votre Chevalier Tonnerre!
Solo (Martin)
Solo est la bonne surprise de la rentrée, Oscar Martin dessinateur espagnol réalise seul une BD d’excellente facture. L’histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique où les espèces animales survivantes possèdent des caractéristiques physiques parfois proches de celles des hommes. Solo rat philosophe très habile et courageux tente de survivre dans ce monde effroyable et agressif, la règle essentielle de survie étant la méfiance. Solo a un charisme fou, un incroyable don pour gérer l’essentiel dans les situations difficiles, une intelligence très affûtée et une volonté de survivre sans faille. Le scénario est prenant et bien rythmé. Solo, héros de haut vol, donne le cachet nécessaire pour placer cette BD dans les incontournables de cette rentrée (à mon humble avis). Le dessin très bien travaillé est agréable et dynamique. Oscar Martin exprime ici tout son talent.
Donjon Monsters
Un Donjon de plus ! est-il écrit dans la fiche de présentation de la série. Je dirais moi un plus pour Donjon ! En effet, Donjon Monsters, qui s’imbrique dans tous les interstices des différentes séries de l’univers Donjon (même si la plupart peuvent se lire comme des one-shot), est d’un grand intérêt. D’abord par les développements apportés à l’histoire ou la personnalité de certains protagonistes. Mais aussi et surtout parce qu’elle a permis je trouve au « grand public » de se familiariser avec des auteurs qu’il n’avait pas forcément l’habitude de fréquenter : c’est un peu un tour d’horizon des dessinateurs de la « nouvelle vague », tournant autour du chef d’orchestre et de collections Trondheim. Beaucoup de lecteurs de Monsters ont dû découvrir le dessin – et le nom de Blanquet avec « Le Noir Seigneur ». Peut-être ont-ils ainsi été voir ce qu’il avait pu faire ailleurs… Alors, c’est sûr, la rançon de cette « revue d’effectifs » de dessinateurs entraîne plusieurs conséquences. Cela renforce le côté inégal de l’entreprise. Et cela peut éventuellement gêner le lecteur. Mais moi qui d’habitude n’apprécie pas trop les changements de coup de crayon à l’intérieur d’une même série, je n’ai pas eu trop de mal à m’y faire ici. Il est vrai que les scénaristes ont veillé à garder un « ton » commun, même en arrière-plan. Albums inégaux, donc, mais quelques très belles réussites ! J’ai par exemple beaucoup aimé les albums dessinés par Blutch (« Mon fils le tueur ») et par Bézian (« Des Soldats d’Honneur »), ce dernier un des albums les plus noirs et peut-être les plus « à part » de la série (je ne cite là que mes deux préférés de cette série, mais tous présentent un intérêt important). Note réelle d’ensemble 3,5/5.
Solo (Martin)
Oscar Martin, dont j'avais déjà remarqué le dessin animalier très cartoon avec La Guilde nous sert un récit de survie dans un monde post-apocalyptique quelque part entre Blacksad, Gladiator et Mad Max. On a droit à de bons récitatifs en off qui donnent à cette histoire burnée et un peu bas de plafond une dimension (un peu) existentielle. Même s'il n'y a aucune originalité particulière, « Solo », c'est, grâce à un dessin et un découpage virtuose, un sens du récit et des dialogues, le charisme du personnage principal, un pur plaisir de lecture. Franchement recommandé.