Voici une aventure bien sympathique que je découvre dans survivants.
Une aventure qui a tout d'abord un goût d'exploration/survie dans les deux premiers tomes puisqu'on y suit un petit groupe de personnes échouées par erreur sur une planète inconnue. Les voici donc au milieu d'une jungle hostile, avec pour seul abri leur petite navette en panne et des ressources en nourritures et armes très limitées. On découvrira ainsi les environs en même temps que les personnages, ceux-ci ayant chacun leur personnalité propre comme on le remarquera au cours des discussions.
Au niveau du dessin, il ne faut pas s'attendre à découvrir un décor digne de science-fiction. Cela ressemble plutôt à une jungle ordinaire, dans laquelle se côtoient quelques animaux parfois étranges, mais rien de bien surprenant.
Dans le troisième tome, on quitte l'aspect survie/exploration pour retrouvés nos survivants entrain d'enquêter sur les étranges événements que sont les anomalies quantiques et leurs graves conséquences. Malheureusement on n'aura pas beaucoup de réponses dans ce troisième tome, mais plutôt de nouvelles questions, ce qui promet une suite intéressante
3.5/5
Que rajouter a vos commentaires précédents? Quand deux auteurs de ce talent s'attaquent au western il n'en sort que du très bon. Entre la qualité de la narration et le dessin magnifique, il n'y a qu'a s'incliner.
L'histoire tient en haleine tout du long, le destin est plus fort que tout. Seul tout petit bémol la fin qui n'est pas si originale et que l'on pouvait pressentir.
Pour tous les amoureux du western ce one shot reste indispensable.
*Abis portant sur les deux premiers tomes*
3.5
L'idée que Gotham soit abandonné par le gouvernement américain à la suite d'une catastrophe me semble un peu du n'importe quoi. Heureusement, j'ai pu passer outre à ce qui me semblait stupide car j'adore l'idée que Batman et ses alliées doivent reconquérir Gotham des mains de ses ennemis. Voir Batman combatres ses ennemis et qu'en plus ses ennemis se livrent une guerre de gangs est totalement jouissif.
Ce que j'adore surtout chez Batman ce sont les méchants et ici je suis servi car il y a tous ceux que j'aime: Le Ventrilogue, le Joker, Double-Face, le Penguin, Freezer, le chapelier fou et plusieurs autres. En plus, c'est dans cet arc que fut intégré Harley Quinn dans l'univers du Batman des comics et j'ai bien hâte de lire cette histoire.
Vu qu'il y a plusieurs scénaristes, il y a des histoires moins bonnes, mais globalement j'aime beaucoup. Les dessinateurs ont des styles différents et j'ai dû m'habituer à certains graphismes, mais cela reste lisible.
Une lecture véritablement très plaisante, déjà résumée précédemment, qui nous raconte tout simplement une histoire d'amitié entre deux hommes. Tout se passe dans un univers uchronique très bien dessiné même si la colorisation informatique n'est pas ma tasse de thé. C'est vraiment au niveau du scénario que tout se passe, et finalement la manière dont les choses sont racontées donne l'impression qu'il ne se passe justement pas grand chose. Quelques petites touches de fantastiques viennent rehausser l'ensemble mais sans que cela ne soit plombant ou que cela fasse dériver le récit. Une trilogie qui au final fait passer le lecteur par plusieurs sentiments avec une justesse de ton qui ne se dément jamais.
Je connais très bien l'Afrique et pourtant je ne connaissais les Dogons que de réputation et de nom. J'étais curieux de les découvrir par le biais de cette BD mais aussi un peu méfiant, craignant un récit jeunesse naïf, bien pensant et trop didactique. Aussi ai-je été très agréablement surpris car ce fut là une chouette lecture.
C'est bien un récit jeunesse, un récit aux allures de conte initiatique où tout est bien qui finit bien même s'il est ancré dans notre époque contemporaine et s'attache à rester aussi réaliste que possible. On y suit le jeune Amakala et son ami Iéména qui décident d'emprunter un objet sacré, le crochet à nuages placé sur un petit temple de leur village Dogon, pour essayer de faire pleuvoir sur leur village.
Par le biais de ce récit simple mais très bien construit, on va vivre une sympathique histoire d'aventure tout en découvrant une part de la culture Dogon. Et présentée ainsi, j'ai trouvé cette dernière fascinante. Ses traditions sont belles et emplies de sagesse, je comprends que ce soit un peuple dont le nom soit si connu.
Mais ce n'est pas un récit éducatif, c'est bien un récit d'aventure et celle-ci est très agréable à suivre. Les personnages sont sympathiques, le rythme bien mené, le dessin simple mais efficace.
C'est une chouette lecture pour tous publics.
Encore une note très subjective et teintée de nostalgie. A l'époque je découvrais Caza avec Pilote et son dessin me transportait, j'ose se mot, car en vérité c'est vrai que je pouvais rester scotché devant ses planches pendant un bon bout de temps. C'était le même résultat avec les pochettes des vinyles de Yes, Relayer, "Yessongs", etc.... Petit plus, Caza était un illustrateur pour les couvertures de nombreux romans de SF dont j'étais fan. Il est d'ailleurs bien possible que j'en ai acheté quelques uns uniquement au vu de la jaquette!
Bref tout cela pour dire que pour moi cet auteur atteint pratiquement le niveau de culte, ses histoires très années 80 ont pour certaines gardées une force interessante.
Indéniablement nous sommes ici dans un roman noir dans la plus pure tradition, mais en même temps dans une sorte de chronique sociale comme aimait à en dépeindre Chabrol dans ses films. Au delà de l'histoire écrite par Manchette c'est toute la petite bourgeoisie minable d'une ville de province qu'il nous est donnée d'observer. Tout ce petit monde tourne en vase clos. Surtout ne nous occupons pas des pauvres sauf à les exploiter! Tout ces travers, ces veuleries, ces compromissions, ces petits arrangements entre amis ne demandent pas grand chose, juste une petite étincelle provoquée par l'héroine. Manchette dans son histoire nous amène doucement à prendre fait et cause pour elle et l'on en vient à trouver une justification presque morale à ses actes immoraux.
Dans son passage à la BD le scénario est particulièrement bien maitrisé, la tension monte peu à peu, avec quelques plages de tranquillité, et le final est assez réjouissant.
La mise en image est tout à fait a mon goût avec une colorisation particulièrement réussit même dans les ambiances de nuit. Celles ci restent très lisibles, certains devraient en prendre de la graine.
Achat très conseillé pour les amateurs de polars et de Chabrol, les autres pourrait y trouver leur compte.
J'aime beaucoup l'oeuvre de Satoshi Kon et c'est à cause de son nom que j'ai lu ce manga. Je ne savais pas qu'il avait aussi fait des mangas et je comprends qu'il ait choisi ce médium pour raconter cette histoire. En fait, un mangaka qui se retrouve dans son propre manga, cela aurait été moins intéressant en film d'animation. Il vaut mieux que cela soit fait en manga car l'auteur peut donc mieux jouer avec les codes de ce format.
Au début, l'histoire est pas mal, mais j'avais un peu peur que cela soit au final une histoire décevante comme le film Paprika qui était excellent au niveau de l'animation, mais qui possède une histoire déjà vue. Lorsque j'ai vu que le mangaka réagissait de la même façon que tous les autres personnages qui tombent dans un autre univers, j'ai trouvé cela cliché.
Heureusement, Kon exploite bien son idée et ça devient vite plus original. À partir de ce moment, l'histoire est captivante (j'ai lu les deux tomes d'un trait) et en plus j'aime bien les personnages. Kon fait preuve de beaucoup d'imagination et j'ai souvent été surpris.
Je le conseille aux fans de Satoshi Kon sans problème.
Wrightson quoi...
L'artiste a un trait assez phénoménal et cet album est idéal pour lui rendre hommage. Grand format et noir et blanc, c'est juste parfait.
Il n'y a qu'à comparer l'histoire Jenifer (adaptée par Dario Argento dans la saison 1 de Master of Horror) dans cet album et la même parue dans la revue Fantastic pour se rendre compte de l'évident soin apporté ici au travail de l'artiste.
Même la couverture vert dégueulasse est cool.
Bernie Wrightson est un dessinateur idéal pour ce genre d'histoire, ses dessins sont expressifs, ses personnages aux grands yeux et aux postures improbables offrent à la fois un spectacle étonnant de réalisme et une dissonance avec la réalité qui colle à l'horreur. Un espèce de spectacle macabre ou l'on devine immédiatement que les protagonistes ne sont que pantins aux noirs destins.
Le mouvement se sent dans les cases de Wrightson, si bien qu'il est capable de raconter beaucoup de choses en une vignette, sans trop de texte. A l'économie... Et c'est loin d'être souvent aussi bien fait.
Les histoires, bien que brèves, sont riches.
Les scénaristes sont de solides spécialistes du genre, le meilleur à mon sens dans ce récit est Bruce Jones, coutumier des histoires horrifiques et à l'aise avec les récits courts. Bruce Jones a souvent collaboré avec Wrightson, mais également Corben... Un artiste au travail très prolifique qui mériterait à mon avis une exposition un peu plus importante.
Un bon album, à lire sans hésiter, ne serait-ce que pour Jenifer, même si il n'est pas évident à dénicher.
JJJ
Ces récits courts sont tous parus dans les années 70 dans les revues de James Warren comme Eerie ou Creepy, j'en ai lu plusieurs dans la revue Fantastik au cours des années 80. Cet album est un véritable trésor, car il est la quintessence de l'art graphique de Wrightson, c'est dans ces récits qu'il a donné le meilleur de lui-même et où il a pu déployer tout son talent à sa grande époque (milieu des années 70). Comme le signale Spooky, c'est un auteur très méconnu en France (sinon d'une poignée de fans dont je fais partie), parce que en partie mal distribué.
Faut dire que c'est un auteur qui n'est pas spécialement prolifique par rapport à d'autres dessinateurs américains de cette époque, et qui à l'instar des auteurs underground, a eu tendance à fuir les grosses boîtes comme Marvel ou D.C. dont les rythmes de parution lui étaient pénibles ; s'il a laché Swamp Thing, c'est bien pour cette raison, alors qu'il tenait là un sujet fabuleux. Sa préférence ira à la Warren Publishing où la liberté sera de mise.
Cet album vaut donc le détour, si vous le voyez n'hésitez pas, mais son prix prohibitif (au moins 50 euros, voire plus s'il est à l'état neuf) est hélas rédhibitoire. C'est du fantastique grand teint où Wrightson multiplie les techniques graphiques qu'il a héritées de Frazetta : ombres, trait épais, clairs-obscurs, et surtout ce qui domine toute son oeuvre, l'aspect macabre constamment présent. Si je devais avoir une préférence pour l'une ou l'autre de ces histoires, je dirais Cauchemar ou Air Froid (d'après Lovecraft), mais après tout ça m'est égal, car toutes sont d'un excellent niveau.
C'est dans le noir et blanc que Wrightson extériorise toute son habileté graphique, et on en a une preuve éclatante ici.
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Survivants - Anomalies quantiques
Voici une aventure bien sympathique que je découvre dans survivants. Une aventure qui a tout d'abord un goût d'exploration/survie dans les deux premiers tomes puisqu'on y suit un petit groupe de personnes échouées par erreur sur une planète inconnue. Les voici donc au milieu d'une jungle hostile, avec pour seul abri leur petite navette en panne et des ressources en nourritures et armes très limitées. On découvrira ainsi les environs en même temps que les personnages, ceux-ci ayant chacun leur personnalité propre comme on le remarquera au cours des discussions. Au niveau du dessin, il ne faut pas s'attendre à découvrir un décor digne de science-fiction. Cela ressemble plutôt à une jungle ordinaire, dans laquelle se côtoient quelques animaux parfois étranges, mais rien de bien surprenant. Dans le troisième tome, on quitte l'aspect survie/exploration pour retrouvés nos survivants entrain d'enquêter sur les étranges événements que sont les anomalies quantiques et leurs graves conséquences. Malheureusement on n'aura pas beaucoup de réponses dans ce troisième tome, mais plutôt de nouvelles questions, ce qui promet une suite intéressante 3.5/5
Western
Que rajouter a vos commentaires précédents? Quand deux auteurs de ce talent s'attaquent au western il n'en sort que du très bon. Entre la qualité de la narration et le dessin magnifique, il n'y a qu'a s'incliner. L'histoire tient en haleine tout du long, le destin est plus fort que tout. Seul tout petit bémol la fin qui n'est pas si originale et que l'on pouvait pressentir. Pour tous les amoureux du western ce one shot reste indispensable.
Batman - No Man's Land
*Abis portant sur les deux premiers tomes* 3.5 L'idée que Gotham soit abandonné par le gouvernement américain à la suite d'une catastrophe me semble un peu du n'importe quoi. Heureusement, j'ai pu passer outre à ce qui me semblait stupide car j'adore l'idée que Batman et ses alliées doivent reconquérir Gotham des mains de ses ennemis. Voir Batman combatres ses ennemis et qu'en plus ses ennemis se livrent une guerre de gangs est totalement jouissif. Ce que j'adore surtout chez Batman ce sont les méchants et ici je suis servi car il y a tous ceux que j'aime: Le Ventrilogue, le Joker, Double-Face, le Penguin, Freezer, le chapelier fou et plusieurs autres. En plus, c'est dans cet arc que fut intégré Harley Quinn dans l'univers du Batman des comics et j'ai bien hâte de lire cette histoire. Vu qu'il y a plusieurs scénaristes, il y a des histoires moins bonnes, mais globalement j'aime beaucoup. Les dessinateurs ont des styles différents et j'ai dû m'habituer à certains graphismes, mais cela reste lisible.
Carême
Une lecture véritablement très plaisante, déjà résumée précédemment, qui nous raconte tout simplement une histoire d'amitié entre deux hommes. Tout se passe dans un univers uchronique très bien dessiné même si la colorisation informatique n'est pas ma tasse de thé. C'est vraiment au niveau du scénario que tout se passe, et finalement la manière dont les choses sont racontées donne l'impression qu'il ne se passe justement pas grand chose. Quelques petites touches de fantastiques viennent rehausser l'ensemble mais sans que cela ne soit plombant ou que cela fasse dériver le récit. Une trilogie qui au final fait passer le lecteur par plusieurs sentiments avec une justesse de ton qui ne se dément jamais.
Le Crochet à Nuages
Je connais très bien l'Afrique et pourtant je ne connaissais les Dogons que de réputation et de nom. J'étais curieux de les découvrir par le biais de cette BD mais aussi un peu méfiant, craignant un récit jeunesse naïf, bien pensant et trop didactique. Aussi ai-je été très agréablement surpris car ce fut là une chouette lecture. C'est bien un récit jeunesse, un récit aux allures de conte initiatique où tout est bien qui finit bien même s'il est ancré dans notre époque contemporaine et s'attache à rester aussi réaliste que possible. On y suit le jeune Amakala et son ami Iéména qui décident d'emprunter un objet sacré, le crochet à nuages placé sur un petit temple de leur village Dogon, pour essayer de faire pleuvoir sur leur village. Par le biais de ce récit simple mais très bien construit, on va vivre une sympathique histoire d'aventure tout en découvrant une part de la culture Dogon. Et présentée ainsi, j'ai trouvé cette dernière fascinante. Ses traditions sont belles et emplies de sagesse, je comprends que ce soit un peuple dont le nom soit si connu. Mais ce n'est pas un récit éducatif, c'est bien un récit d'aventure et celle-ci est très agréable à suivre. Les personnages sont sympathiques, le rythme bien mené, le dessin simple mais efficace. C'est une chouette lecture pour tous publics.
L'Age d'Ombre
Encore une note très subjective et teintée de nostalgie. A l'époque je découvrais Caza avec Pilote et son dessin me transportait, j'ose se mot, car en vérité c'est vrai que je pouvais rester scotché devant ses planches pendant un bon bout de temps. C'était le même résultat avec les pochettes des vinyles de Yes, Relayer, "Yessongs", etc.... Petit plus, Caza était un illustrateur pour les couvertures de nombreux romans de SF dont j'étais fan. Il est d'ailleurs bien possible que j'en ai acheté quelques uns uniquement au vu de la jaquette! Bref tout cela pour dire que pour moi cet auteur atteint pratiquement le niveau de culte, ses histoires très années 80 ont pour certaines gardées une force interessante.
Fatale (Manchette/Cabanes)
Indéniablement nous sommes ici dans un roman noir dans la plus pure tradition, mais en même temps dans une sorte de chronique sociale comme aimait à en dépeindre Chabrol dans ses films. Au delà de l'histoire écrite par Manchette c'est toute la petite bourgeoisie minable d'une ville de province qu'il nous est donnée d'observer. Tout ce petit monde tourne en vase clos. Surtout ne nous occupons pas des pauvres sauf à les exploiter! Tout ces travers, ces veuleries, ces compromissions, ces petits arrangements entre amis ne demandent pas grand chose, juste une petite étincelle provoquée par l'héroine. Manchette dans son histoire nous amène doucement à prendre fait et cause pour elle et l'on en vient à trouver une justification presque morale à ses actes immoraux. Dans son passage à la BD le scénario est particulièrement bien maitrisé, la tension monte peu à peu, avec quelques plages de tranquillité, et le final est assez réjouissant. La mise en image est tout à fait a mon goût avec une colorisation particulièrement réussit même dans les ambiances de nuit. Celles ci restent très lisibles, certains devraient en prendre de la graine. Achat très conseillé pour les amateurs de polars et de Chabrol, les autres pourrait y trouver leur compte.
Opus
J'aime beaucoup l'oeuvre de Satoshi Kon et c'est à cause de son nom que j'ai lu ce manga. Je ne savais pas qu'il avait aussi fait des mangas et je comprends qu'il ait choisi ce médium pour raconter cette histoire. En fait, un mangaka qui se retrouve dans son propre manga, cela aurait été moins intéressant en film d'animation. Il vaut mieux que cela soit fait en manga car l'auteur peut donc mieux jouer avec les codes de ce format. Au début, l'histoire est pas mal, mais j'avais un peu peur que cela soit au final une histoire décevante comme le film Paprika qui était excellent au niveau de l'animation, mais qui possède une histoire déjà vue. Lorsque j'ai vu que le mangaka réagissait de la même façon que tous les autres personnages qui tombent dans un autre univers, j'ai trouvé cela cliché. Heureusement, Kon exploite bien son idée et ça devient vite plus original. À partir de ce moment, l'histoire est captivante (j'ai lu les deux tomes d'un trait) et en plus j'aime bien les personnages. Kon fait preuve de beaucoup d'imagination et j'ai souvent été surpris. Je le conseille aux fans de Satoshi Kon sans problème.
Presque Humains
Wrightson quoi... L'artiste a un trait assez phénoménal et cet album est idéal pour lui rendre hommage. Grand format et noir et blanc, c'est juste parfait. Il n'y a qu'à comparer l'histoire Jenifer (adaptée par Dario Argento dans la saison 1 de Master of Horror) dans cet album et la même parue dans la revue Fantastic pour se rendre compte de l'évident soin apporté ici au travail de l'artiste. Même la couverture vert dégueulasse est cool. Bernie Wrightson est un dessinateur idéal pour ce genre d'histoire, ses dessins sont expressifs, ses personnages aux grands yeux et aux postures improbables offrent à la fois un spectacle étonnant de réalisme et une dissonance avec la réalité qui colle à l'horreur. Un espèce de spectacle macabre ou l'on devine immédiatement que les protagonistes ne sont que pantins aux noirs destins. Le mouvement se sent dans les cases de Wrightson, si bien qu'il est capable de raconter beaucoup de choses en une vignette, sans trop de texte. A l'économie... Et c'est loin d'être souvent aussi bien fait. Les histoires, bien que brèves, sont riches. Les scénaristes sont de solides spécialistes du genre, le meilleur à mon sens dans ce récit est Bruce Jones, coutumier des histoires horrifiques et à l'aise avec les récits courts. Bruce Jones a souvent collaboré avec Wrightson, mais également Corben... Un artiste au travail très prolifique qui mériterait à mon avis une exposition un peu plus importante. Un bon album, à lire sans hésiter, ne serait-ce que pour Jenifer, même si il n'est pas évident à dénicher. JJJ
Presque Humains
Ces récits courts sont tous parus dans les années 70 dans les revues de James Warren comme Eerie ou Creepy, j'en ai lu plusieurs dans la revue Fantastik au cours des années 80. Cet album est un véritable trésor, car il est la quintessence de l'art graphique de Wrightson, c'est dans ces récits qu'il a donné le meilleur de lui-même et où il a pu déployer tout son talent à sa grande époque (milieu des années 70). Comme le signale Spooky, c'est un auteur très méconnu en France (sinon d'une poignée de fans dont je fais partie), parce que en partie mal distribué. Faut dire que c'est un auteur qui n'est pas spécialement prolifique par rapport à d'autres dessinateurs américains de cette époque, et qui à l'instar des auteurs underground, a eu tendance à fuir les grosses boîtes comme Marvel ou D.C. dont les rythmes de parution lui étaient pénibles ; s'il a laché Swamp Thing, c'est bien pour cette raison, alors qu'il tenait là un sujet fabuleux. Sa préférence ira à la Warren Publishing où la liberté sera de mise. Cet album vaut donc le détour, si vous le voyez n'hésitez pas, mais son prix prohibitif (au moins 50 euros, voire plus s'il est à l'état neuf) est hélas rédhibitoire. C'est du fantastique grand teint où Wrightson multiplie les techniques graphiques qu'il a héritées de Frazetta : ombres, trait épais, clairs-obscurs, et surtout ce qui domine toute son oeuvre, l'aspect macabre constamment présent. Si je devais avoir une préférence pour l'une ou l'autre de ces histoires, je dirais Cauchemar ou Air Froid (d'après Lovecraft), mais après tout ça m'est égal, car toutes sont d'un excellent niveau. C'est dans le noir et blanc que Wrightson extériorise toute son habileté graphique, et on en a une preuve éclatante ici.