Que voilà un shot intéressant! D'abord il nous fait découvrir une époque, un pays et un système dans le grand jeu de ce qui sera la guerre froide. Il s'agit de recruter des individus qui iront s'installer dans le pays du camp adverse pour mener des missions de déstabilisations plus ou moins utiles à la politique des USA ou de l'URSS. Ici l'on s'attache au parcours d'un jeune Russe affublé d'un bec de lièvre, tare qui lui sera bien sûr supprimée. Ne soyons pas naïfs et gageons que de l'autre bord le même types de méthodes ont été employés!
Voilà donc notre héros un peu malgré lui engagé dans une éducation où rien ne nous est épargné. Sévices, encore et toujours quel que soit le lieu où il vit. A ce titre la partie se déroulant après l'orphelinat dans un centre du NKVD, de tchékistes ou du KGB fait froid dans le dos et est extrêmement bien rendue. Comment à finalement peu de frais et dans une époque donnée, on peut arriver à manipuler un être humain et en faire une marionnette abrutie. A coup sûr c'est la meilleure partie de ce récit. Encore une fois ne doutons pas que le camp d'en face procédait de la même manière.
Et puis vient la mission pour laquelle le héros a été préparé. Le décor change et nous voilà transportés aux USA, décrit ici comme pas si merveilleux que ça. De la mission en question nous ne saurons finalement pas grand chose, elle est juste un prétexte pour nous montrer l'absurdité, la vanité des choses.
Dans cette deuxième partie vient se superposer ce que j'appellerais la touche "mystique indienne"; si elle rend hommage au pays et que sa touche surnaturelle vient en écho au rationalisme soviétique, pourquoi pas mais elle est un peu de trop. Le héros subit plus les évènements qu'il ne les contrôle et cet aspect très loin de l'iconographie habituelle est plutôt bienvenu.
Alors une BD sur une vie fracassée par le milieu de son époque, un homme qui lutte toute sa vie pour atteindre l'inaccessible (sa liberté), l'horreur quotidienne du milieu du renseignement, etc, etc...
Un mot tout de même sur le dessin de Boucq maitrisé de bout en bout avec une précision dans les détails assez incroyable, je vous renvois aux ruelles de New York ou au monastère où le héros parfait son "éducation" .
Pour moi c'est un immanquable du genre, que tous les amateurs se doivent, sinon de posséder, du moins de lire. La formule est un peu consacrée mais oh combien pleine d'exactitude.
Pourquoi un 4/5 et pourquoi je ne conseille pas l'achat ?
Si ça vous passionne en voici la sulfureuse explication :
Pour faire court j'ai eu plaisir à lire les 3 tomes l'un après l'autre, l'idée est accrocheuse et le tome 1, le meilleur de la série à mon sens, est très prenant sans que l'on s'y attende.
Le tome 2 est effectivement moins bon et le tome 3, si on lui avait retranché les 4 dernières pages aurait été très bon aussi. Hélas sur ces malheureuses dernières pages du tome 3 les auteurs partent dans leur délires/private joke/lubie à la UW1 et ça gâche presque tout le principe de la série, à mon sens. Ca aurait du être intégré dans une sorte de "bonus".
Donc un 3/5 serait la véritable note de cette bd mais comme j'ai eu malgré tout grand plaisir à la lire je mets un 4/5 (oui j'adore raconter ma vie, ça me fait penser que ma tantine nous faisait souvent des tartines au miel avec mon frère). En revanche je ne pense pas que le relirai ces bd à l'avenir, même lointain, et les dessins du tome 3 mon moyennement emballé : je trouve que ça fait parfois trop roman photo et que ça manque de retouche dessin.
Le Rêve du papillon est une sorte de conte onirique très inspiré par Miyazaki. Je trouve son dessin très beau, son récit assez envoûtant, son ambiance charmante et son intrigue mystérieuse même s'il ne révèle que peu de surprises au final.
J'ai été un peu déstabilisé au départ par ce que je n'arrivais pas à juger comme étant de multiples hommages aux œuvres de Miyazaki ou alors une forte influence non avouée ou inconsciente.
J'ai régulièrement eu l'impression d'assister à un pot-pourri de références à ses films : Chihiro est le plus évident à mes yeux, mais j'y ai vu aussi des clins d'oeil à Nausicaa (l'aile volante), à Kiki (la chambre sous les toits et le chat), au Chateau Ambulant et même à Mononoke Hime avec un petit personnage de Kodama dans une rue.
J'aime profondément les oeuvres de Miyazaki donc il m'était difficile de ne pas apprécier celle-ci qui s'en rapproche aussi bien par le graphisme que par l'atmosphère qui s'en dégage, mais j'ai eu du mal à y discerner la personnalité des auteurs eux-mêmes. Au final, disons que j'y vois un sympathique hommage et un cocktail plutôt bien digéré.
Quant à l'histoire, elle est mignonne et agréable à suivre, comme un beau rêve promettant aventure et dépaysement. Les personnages sont simples mais sympathiques. Mention spéciale aux espions lapins qui sont ce que j'ai préféré dans le récit. Mention aussi au graphisme qui est très joli.
L'intrigue est parfois légèrement confuse, avec une logique que je qualifierai à juste titre de... onirique. Cela se ressent dans la façon dont tout tourne autour de l'héroïne et dont les événements en son sens ou à son encontre s’enchaînent parfois artificiellement. Certains passages sont aussi un peu frustrants, comme quand l'héroïne déclare soudain en un moment de révélation avoir tout compris (sans nous expliquer quoi) et que durant presque un album entier ensuite, elle agit comme si tout était encore mystérieux pour elle.
Ce côté conte onirique trouve cependant son explication, peu surprenante mais cohérente, en fin d'album, pour apporter une conclusion touchante et charmante.
Une bonne lecture pour tous publics.
Voilà une série assez bizarre, qui insuffle beaucoup d’étrange dans un univers d’enquête policière d’habitude plutôt balisé.
J’ai vraiment été captivé par le premier tome – au format très court (34 pages !), et comprends qu’il ait pu séduire le jury Glénat/Arte : c’est en effet très original.
Otto, le détective, évolue dans un univers décrépi (les auteurs sont polonais et la chute du communisme a, au début des années 1990, rendu à la friche des tas d’immeubles, de quartiers à l’architecture stalinienne sclérosée). Il est lui-même à l’image de cette décrépitude, et utilise souvent les égouts pour se déplacer et y mener ses enquêtes.
Le Watson qui le seconde est loin du second de Sherlock Holmes, puisque c’est un rat !
Bref, un « décor » qui poisse, mais qui s’éloigne de celui des romans noirs américains, puisque c’est en fait dans un univers fantastique qu’évolue Otto, qui enquête sur la mort d’un homme ayant réussi à transformer la littérature en liqueur ! On est là proche de l’univers d’Italo Calvino parfois, ou d’une rêverie surréaliste…
Je vous laisse découvrir le cheminement de l’intrigue, mais ces 34 pages se lisent vraiment très bien, et j’ai vraiment beaucoup aimé ce premier tome.
Le second est un léger cran en dessous – sans être mauvais, ce qui m’amène à ne mettre les quatre étoiles pour l’ensemble que de manière peut-être un peu moins évidente.
On y retrouve le même décor, Otto (son acolyte Watson n’apparaissant qu’en fin d’album), pour une enquête liée de loin à la précédente avec, encore plus marqué, un arrière-plan artistique, littéraire.
C’est un format plus classique au niveau du nombre de pages, mais si l’album est lui aussi intéressant, je l’ai trouvé un peu moins bon. Peut-être trop de textes, parfois trop verbeux, certains passages m’ont paru moins fluides.
Ceci étant, c’est vraiment une série que je vous encourage vivement à découvrir !
Note réelle 3,5/5.
Je n'ai pu lire que les 2 premiers diptyques, j'espère pouvoir lire la suite dès que ma médiathèque aura les autres. Je m'intéresse moins aujourd'hui à la Seconde guerre mondiale en BD (beaucoup plus en ciné), peut-être à cause de toutes les anciennes séries populaires d'aviation ou de guerre que je lisais dans les pockets de mon adolescence. Mais ici, je crie bravo !
C'est une très belle histoire qui dégage une intensité et une grande profondeur. Le récit brasse beaucoup de sentiments, de la colère, de la douleur, du dégoût, de l'espoir aussi, mais surtout une grande émotion ; c'est bien simple, j'avais les yeux humides sur certains passages, j'ai pas honte à le dire. On y entrevoit le spectre hideux de la guerre, notamment la description des horreurs SS photographiées et narrées par Egon qui est un moment particulièrement pénible, mais sinistrement vrai.
Ce petit groupe de personnages planqués dans une ferme enneigée est très attachant, ils sont particulièrement bien travaillés, l'ensemble est d'une grande justesse et d'une très grande précision dans les détails, Jarbinet ayant fait un travail de fond et de recherche très poussé. Son dessin est absolument magnifique, j'aime le beau dessin quand il est comme ça, il est beaucoup plus fignolé, son style s'étant grandement amélioré depuis Mémoire de cendres, on dirait presque du Hermann. En tout cas, ça impose un visuel de toute beauté.
Le second diptyque est aussi bon en intensité dramatique, et la narration est très juste ; il souffre juste un peu de quelques détails, comme certaines "retrouvailles" un peu trop faciles. Sinon, l'image du bonheur du début si paisible entre la plage de Vierville et la pointe du Hoc (lieux que je connais et qui sont aujourd'hui très touristiques) contraste fortement avec les scènes du Débarquement d'une rare violence, qui renvoient à celles en ouverture de Il faut sauver le soldat Ryan. Le point de vue allemand avec le jeune Markus et le vétéran Hans qui hait la guerre, est également intéressant, ils ne sont pas tellement différents des GI's américains, ce sont tous des soldats ordinaires qui subissent. Ce diptyque fait aussi bien comprendre l'absurdité et la vacuité de la guerre, la seule chose qui compte, c'est de survivre.
Au final, une Bd très forte, très prenante... des histoires comme ça, j'en redemande.
Un excellent one shot. Le genre horreur ne m'intéresse pas trop et surtout dans le format bande dessinée qui ne me semble pas idéal pour faire peur sauf aux enfants. Ici, je n'ai pas eu peur, mais l'ambiance est excellente. J'ai ressenti l'ambiance glauque de cette ville et la folie qui s'agrandit au fil des chapitres.
L'histoire est bien mène avec un mystère que je voulais absolument voir résoudre et les explications finales m'ont plus. L'auteur developpe bien son histoire et toutes les possibilités qu'offre ce mort amoureux sont bien exploités. Il distille bien le mystère. Le personnage principal est attachant et j'étais triste pour ce qui lui arrivait.
Le dessin retranscrit bien l'horreur qui se passe dans ce récit et les brouillards sont réussis.
Avec cette série, Stalner s'écarte de ses sujets historiques, c'est bien pour lui de renouveler son inspiration, et pour le lecteur que je suis, ça fait plaisir d'admirer son dessin que j'ai toujours trouvé efficace, séduisant et soigné. Il offre ici de belles images, même si certains visages d'hommes ou de femmes se ressemblent un peu trop parfois, de même que le puma est parfois raté dans ses proportions anatomiques (petite tête sur gros corps), attention à ce défaut...
Ce que Stalner offre surtout, c'est une vision intéressante de thème post-atomique ; alors je sais, bien d'autres auteurs l'ont déjà très utilisé, il est difficile de le renouveler, mais Stalner s'en sort bien, l'univers est bien pensé ; on y retrouve des éléments typiques du genre tels les groupes d'humains éparpillés, ou la végétation dense qui bouffe les édifices, comme avec ce Londres dévasté. Parlons-en justement : le rendu qu'en donne l'auteur est très bon, et voir le Tower Bridge en ruines et envahi de verdure est assez incroyable et évocateur. C'est dans le tome 3 qu'il force sur cet aspect avec un vieillissement et une décrépitude des monuments bien dosés, ces dessins sont vraiment superbement réussis. Cet album me semble le meilleur car le début est un peu lent à démarrer.
En dehors de son beau visuel, la série pêche par quelques défauts de scénario : on ne sait pas comment ni par quoi sont contaminés certains humains ; l'organisation et l'autorité qui commande les Winchs restent obscurs ; le héros central est sans trop de charisme mais il est attachant ; l'auteur n'insiste pas assez dans les 2 premiers tomes sur les raisons profondes qui font rejeter Lawrence de son village et pourquoi les villageois craignent tant les livres.... Plusieurs questions restent donc en suspend ou peu approfondies, et auraient pu être développées avant le tome 3 pour donner plus de corps au récit..
Malgré tout ça, "la Zone" reste une Bd d'une excellente qualité dans son ensemble.
Probablement le meilleur one shot de Toriyama. Il y a tout d'abord son excellent dessin. Les scènes d'action sont dynamiques, le décor désertique est superbe et j'adore le design de ses personnages.
L'histoire commence par une quête simple et l'auteur intègre des idées géniales et des personnages charismatiques. J'adore le personnage principal qui est un exemple d'un parfait antihéros comme je les aime. Le rythme est bien maîtrisé et le tome se lit plutôt rapidement pour un truc de plus de 200 pages. J'adore surtout l'humour qui m'a bien fait rigoler. C'est le genre d'humour crétin que j'aime.
A ce stade les mots sont un peu fades pour dire tout le bien que je pense de cette trilogie. En premier lieu une histoire digne de la Bretagne du XIXème siècle avec son cortège de figures imposées: le curé du village, le noble en son vieux château, un petit port de pêche et ses habitants qui découvrent la modernité mais dont l'esprit est encore empreint d'une culture millénaire habitée de vieilles légendes faisant intervenir des créatures merveilleuses pas toujours bienveillantes.
En deuxième une grande et belle histoire d'amour, une malédiction qui nous emmène jusqu'en Inde, des Korrigans et la mer avec ses créatures que tous marins qui se respectent ne moqueraient pour rien au monde.
C'est ici parfaitement retranscrit et bien sûr le dessin fluide et aérien de Prugne n'y est pas pour rien. On y est! et l'envoûtement fait son office. A lire ou relire au coin du feu, si l'on peut, avec une bouteille de chouchen à portée de la main.
Super bd. Lisant les commentaires précédents, je tiens à préciser que je n'ai pas eu le soucis d'attendre la longue sortie du tome 2 puisque quand j'ai découvert cette bd le tome 2 était sorti et j'ai donc lu les 2 à la suite.
Les dessins sont superbes (j'aime bien ce dessinateur), les ambiances, les personnages sont très cohérents et intéressants, et comme l'a dit Ems, le scénario est très dense, souple et très futé. Et le thème est original.
Et cette bd possède une qualité assez rare en bande dessinée : le scénariste et le dessinateur sont aussi talentueux l'un que l'autre.
Seul mini bémol, une conclusion un peu soulignée mais qui ne fait pas de mal. Ce qui n'empêche pas cette bd d'être une grande réussite.
Note aux autres commentaires : si vous passez par ici, le tome 2 étant sorti, n'hésitez plus pour votre 4/5 ! Mettez à jour vos commentaires cette bd le mérite : )
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Bouche du diable
Que voilà un shot intéressant! D'abord il nous fait découvrir une époque, un pays et un système dans le grand jeu de ce qui sera la guerre froide. Il s'agit de recruter des individus qui iront s'installer dans le pays du camp adverse pour mener des missions de déstabilisations plus ou moins utiles à la politique des USA ou de l'URSS. Ici l'on s'attache au parcours d'un jeune Russe affublé d'un bec de lièvre, tare qui lui sera bien sûr supprimée. Ne soyons pas naïfs et gageons que de l'autre bord le même types de méthodes ont été employés! Voilà donc notre héros un peu malgré lui engagé dans une éducation où rien ne nous est épargné. Sévices, encore et toujours quel que soit le lieu où il vit. A ce titre la partie se déroulant après l'orphelinat dans un centre du NKVD, de tchékistes ou du KGB fait froid dans le dos et est extrêmement bien rendue. Comment à finalement peu de frais et dans une époque donnée, on peut arriver à manipuler un être humain et en faire une marionnette abrutie. A coup sûr c'est la meilleure partie de ce récit. Encore une fois ne doutons pas que le camp d'en face procédait de la même manière. Et puis vient la mission pour laquelle le héros a été préparé. Le décor change et nous voilà transportés aux USA, décrit ici comme pas si merveilleux que ça. De la mission en question nous ne saurons finalement pas grand chose, elle est juste un prétexte pour nous montrer l'absurdité, la vanité des choses. Dans cette deuxième partie vient se superposer ce que j'appellerais la touche "mystique indienne"; si elle rend hommage au pays et que sa touche surnaturelle vient en écho au rationalisme soviétique, pourquoi pas mais elle est un peu de trop. Le héros subit plus les évènements qu'il ne les contrôle et cet aspect très loin de l'iconographie habituelle est plutôt bienvenu. Alors une BD sur une vie fracassée par le milieu de son époque, un homme qui lutte toute sa vie pour atteindre l'inaccessible (sa liberté), l'horreur quotidienne du milieu du renseignement, etc, etc... Un mot tout de même sur le dessin de Boucq maitrisé de bout en bout avec une précision dans les détails assez incroyable, je vous renvois aux ruelles de New York ou au monastère où le héros parfait son "éducation" . Pour moi c'est un immanquable du genre, que tous les amateurs se doivent, sinon de posséder, du moins de lire. La formule est un peu consacrée mais oh combien pleine d'exactitude.
Abymes
Pourquoi un 4/5 et pourquoi je ne conseille pas l'achat ? Si ça vous passionne en voici la sulfureuse explication : Pour faire court j'ai eu plaisir à lire les 3 tomes l'un après l'autre, l'idée est accrocheuse et le tome 1, le meilleur de la série à mon sens, est très prenant sans que l'on s'y attende. Le tome 2 est effectivement moins bon et le tome 3, si on lui avait retranché les 4 dernières pages aurait été très bon aussi. Hélas sur ces malheureuses dernières pages du tome 3 les auteurs partent dans leur délires/private joke/lubie à la UW1 et ça gâche presque tout le principe de la série, à mon sens. Ca aurait du être intégré dans une sorte de "bonus". Donc un 3/5 serait la véritable note de cette bd mais comme j'ai eu malgré tout grand plaisir à la lire je mets un 4/5 (oui j'adore raconter ma vie, ça me fait penser que ma tantine nous faisait souvent des tartines au miel avec mon frère). En revanche je ne pense pas que le relirai ces bd à l'avenir, même lointain, et les dessins du tome 3 mon moyennement emballé : je trouve que ça fait parfois trop roman photo et que ça manque de retouche dessin.
Le Rêve du papillon
Le Rêve du papillon est une sorte de conte onirique très inspiré par Miyazaki. Je trouve son dessin très beau, son récit assez envoûtant, son ambiance charmante et son intrigue mystérieuse même s'il ne révèle que peu de surprises au final. J'ai été un peu déstabilisé au départ par ce que je n'arrivais pas à juger comme étant de multiples hommages aux œuvres de Miyazaki ou alors une forte influence non avouée ou inconsciente. J'ai régulièrement eu l'impression d'assister à un pot-pourri de références à ses films : Chihiro est le plus évident à mes yeux, mais j'y ai vu aussi des clins d'oeil à Nausicaa (l'aile volante), à Kiki (la chambre sous les toits et le chat), au Chateau Ambulant et même à Mononoke Hime avec un petit personnage de Kodama dans une rue. J'aime profondément les oeuvres de Miyazaki donc il m'était difficile de ne pas apprécier celle-ci qui s'en rapproche aussi bien par le graphisme que par l'atmosphère qui s'en dégage, mais j'ai eu du mal à y discerner la personnalité des auteurs eux-mêmes. Au final, disons que j'y vois un sympathique hommage et un cocktail plutôt bien digéré. Quant à l'histoire, elle est mignonne et agréable à suivre, comme un beau rêve promettant aventure et dépaysement. Les personnages sont simples mais sympathiques. Mention spéciale aux espions lapins qui sont ce que j'ai préféré dans le récit. Mention aussi au graphisme qui est très joli. L'intrigue est parfois légèrement confuse, avec une logique que je qualifierai à juste titre de... onirique. Cela se ressent dans la façon dont tout tourne autour de l'héroïne et dont les événements en son sens ou à son encontre s’enchaînent parfois artificiellement. Certains passages sont aussi un peu frustrants, comme quand l'héroïne déclare soudain en un moment de révélation avoir tout compris (sans nous expliquer quoi) et que durant presque un album entier ensuite, elle agit comme si tout était encore mystérieux pour elle. Ce côté conte onirique trouve cependant son explication, peu surprenante mais cohérente, en fin d'album, pour apporter une conclusion touchante et charmante. Une bonne lecture pour tous publics.
Les Extravagantes Enquêtes d'Otto et Watson
Voilà une série assez bizarre, qui insuffle beaucoup d’étrange dans un univers d’enquête policière d’habitude plutôt balisé. J’ai vraiment été captivé par le premier tome – au format très court (34 pages !), et comprends qu’il ait pu séduire le jury Glénat/Arte : c’est en effet très original. Otto, le détective, évolue dans un univers décrépi (les auteurs sont polonais et la chute du communisme a, au début des années 1990, rendu à la friche des tas d’immeubles, de quartiers à l’architecture stalinienne sclérosée). Il est lui-même à l’image de cette décrépitude, et utilise souvent les égouts pour se déplacer et y mener ses enquêtes. Le Watson qui le seconde est loin du second de Sherlock Holmes, puisque c’est un rat ! Bref, un « décor » qui poisse, mais qui s’éloigne de celui des romans noirs américains, puisque c’est en fait dans un univers fantastique qu’évolue Otto, qui enquête sur la mort d’un homme ayant réussi à transformer la littérature en liqueur ! On est là proche de l’univers d’Italo Calvino parfois, ou d’une rêverie surréaliste… Je vous laisse découvrir le cheminement de l’intrigue, mais ces 34 pages se lisent vraiment très bien, et j’ai vraiment beaucoup aimé ce premier tome. Le second est un léger cran en dessous – sans être mauvais, ce qui m’amène à ne mettre les quatre étoiles pour l’ensemble que de manière peut-être un peu moins évidente. On y retrouve le même décor, Otto (son acolyte Watson n’apparaissant qu’en fin d’album), pour une enquête liée de loin à la précédente avec, encore plus marqué, un arrière-plan artistique, littéraire. C’est un format plus classique au niveau du nombre de pages, mais si l’album est lui aussi intéressant, je l’ai trouvé un peu moins bon. Peut-être trop de textes, parfois trop verbeux, certains passages m’ont paru moins fluides. Ceci étant, c’est vraiment une série que je vous encourage vivement à découvrir ! Note réelle 3,5/5.
Airborne 44
Je n'ai pu lire que les 2 premiers diptyques, j'espère pouvoir lire la suite dès que ma médiathèque aura les autres. Je m'intéresse moins aujourd'hui à la Seconde guerre mondiale en BD (beaucoup plus en ciné), peut-être à cause de toutes les anciennes séries populaires d'aviation ou de guerre que je lisais dans les pockets de mon adolescence. Mais ici, je crie bravo ! C'est une très belle histoire qui dégage une intensité et une grande profondeur. Le récit brasse beaucoup de sentiments, de la colère, de la douleur, du dégoût, de l'espoir aussi, mais surtout une grande émotion ; c'est bien simple, j'avais les yeux humides sur certains passages, j'ai pas honte à le dire. On y entrevoit le spectre hideux de la guerre, notamment la description des horreurs SS photographiées et narrées par Egon qui est un moment particulièrement pénible, mais sinistrement vrai. Ce petit groupe de personnages planqués dans une ferme enneigée est très attachant, ils sont particulièrement bien travaillés, l'ensemble est d'une grande justesse et d'une très grande précision dans les détails, Jarbinet ayant fait un travail de fond et de recherche très poussé. Son dessin est absolument magnifique, j'aime le beau dessin quand il est comme ça, il est beaucoup plus fignolé, son style s'étant grandement amélioré depuis Mémoire de cendres, on dirait presque du Hermann. En tout cas, ça impose un visuel de toute beauté. Le second diptyque est aussi bon en intensité dramatique, et la narration est très juste ; il souffre juste un peu de quelques détails, comme certaines "retrouvailles" un peu trop faciles. Sinon, l'image du bonheur du début si paisible entre la plage de Vierville et la pointe du Hoc (lieux que je connais et qui sont aujourd'hui très touristiques) contraste fortement avec les scènes du Débarquement d'une rare violence, qui renvoient à celles en ouverture de Il faut sauver le soldat Ryan. Le point de vue allemand avec le jeune Markus et le vétéran Hans qui hait la guerre, est également intéressant, ils ne sont pas tellement différents des GI's américains, ce sont tous des soldats ordinaires qui subissent. Ce diptyque fait aussi bien comprendre l'absurdité et la vacuité de la guerre, la seule chose qui compte, c'est de survivre. Au final, une Bd très forte, très prenante... des histoires comme ça, j'en redemande.
Le Mort amoureux
Un excellent one shot. Le genre horreur ne m'intéresse pas trop et surtout dans le format bande dessinée qui ne me semble pas idéal pour faire peur sauf aux enfants. Ici, je n'ai pas eu peur, mais l'ambiance est excellente. J'ai ressenti l'ambiance glauque de cette ville et la folie qui s'agrandit au fil des chapitres. L'histoire est bien mène avec un mystère que je voulais absolument voir résoudre et les explications finales m'ont plus. L'auteur developpe bien son histoire et toutes les possibilités qu'offre ce mort amoureux sont bien exploités. Il distille bien le mystère. Le personnage principal est attachant et j'étais triste pour ce qui lui arrivait. Le dessin retranscrit bien l'horreur qui se passe dans ce récit et les brouillards sont réussis.
La Zone
Avec cette série, Stalner s'écarte de ses sujets historiques, c'est bien pour lui de renouveler son inspiration, et pour le lecteur que je suis, ça fait plaisir d'admirer son dessin que j'ai toujours trouvé efficace, séduisant et soigné. Il offre ici de belles images, même si certains visages d'hommes ou de femmes se ressemblent un peu trop parfois, de même que le puma est parfois raté dans ses proportions anatomiques (petite tête sur gros corps), attention à ce défaut... Ce que Stalner offre surtout, c'est une vision intéressante de thème post-atomique ; alors je sais, bien d'autres auteurs l'ont déjà très utilisé, il est difficile de le renouveler, mais Stalner s'en sort bien, l'univers est bien pensé ; on y retrouve des éléments typiques du genre tels les groupes d'humains éparpillés, ou la végétation dense qui bouffe les édifices, comme avec ce Londres dévasté. Parlons-en justement : le rendu qu'en donne l'auteur est très bon, et voir le Tower Bridge en ruines et envahi de verdure est assez incroyable et évocateur. C'est dans le tome 3 qu'il force sur cet aspect avec un vieillissement et une décrépitude des monuments bien dosés, ces dessins sont vraiment superbement réussis. Cet album me semble le meilleur car le début est un peu lent à démarrer. En dehors de son beau visuel, la série pêche par quelques défauts de scénario : on ne sait pas comment ni par quoi sont contaminés certains humains ; l'organisation et l'autorité qui commande les Winchs restent obscurs ; le héros central est sans trop de charisme mais il est attachant ; l'auteur n'insiste pas assez dans les 2 premiers tomes sur les raisons profondes qui font rejeter Lawrence de son village et pourquoi les villageois craignent tant les livres.... Plusieurs questions restent donc en suspend ou peu approfondies, et auraient pu être développées avant le tome 3 pour donner plus de corps au récit.. Malgré tout ça, "la Zone" reste une Bd d'une excellente qualité dans son ensemble.
Sand Land
Probablement le meilleur one shot de Toriyama. Il y a tout d'abord son excellent dessin. Les scènes d'action sont dynamiques, le décor désertique est superbe et j'adore le design de ses personnages. L'histoire commence par une quête simple et l'auteur intègre des idées géniales et des personnages charismatiques. J'adore le personnage principal qui est un exemple d'un parfait antihéros comme je les aime. Le rythme est bien maîtrisé et le tome se lit plutôt rapidement pour un truc de plus de 200 pages. J'adore surtout l'humour qui m'a bien fait rigoler. C'est le genre d'humour crétin que j'aime.
L'Auberge du Bout du Monde
A ce stade les mots sont un peu fades pour dire tout le bien que je pense de cette trilogie. En premier lieu une histoire digne de la Bretagne du XIXème siècle avec son cortège de figures imposées: le curé du village, le noble en son vieux château, un petit port de pêche et ses habitants qui découvrent la modernité mais dont l'esprit est encore empreint d'une culture millénaire habitée de vieilles légendes faisant intervenir des créatures merveilleuses pas toujours bienveillantes. En deuxième une grande et belle histoire d'amour, une malédiction qui nous emmène jusqu'en Inde, des Korrigans et la mer avec ses créatures que tous marins qui se respectent ne moqueraient pour rien au monde. C'est ici parfaitement retranscrit et bien sûr le dessin fluide et aérien de Prugne n'y est pas pour rien. On y est! et l'envoûtement fait son office. A lire ou relire au coin du feu, si l'on peut, avec une bouteille de chouchen à portée de la main.
La Grippe Coloniale
Super bd. Lisant les commentaires précédents, je tiens à préciser que je n'ai pas eu le soucis d'attendre la longue sortie du tome 2 puisque quand j'ai découvert cette bd le tome 2 était sorti et j'ai donc lu les 2 à la suite. Les dessins sont superbes (j'aime bien ce dessinateur), les ambiances, les personnages sont très cohérents et intéressants, et comme l'a dit Ems, le scénario est très dense, souple et très futé. Et le thème est original. Et cette bd possède une qualité assez rare en bande dessinée : le scénariste et le dessinateur sont aussi talentueux l'un que l'autre. Seul mini bémol, une conclusion un peu soulignée mais qui ne fait pas de mal. Ce qui n'empêche pas cette bd d'être une grande réussite. Note aux autres commentaires : si vous passez par ici, le tome 2 étant sorti, n'hésitez plus pour votre 4/5 ! Mettez à jour vos commentaires cette bd le mérite : )