Les derniers avis (31997 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série L'Esprit à la dérive
L'Esprit à la dérive

Je suis généralement assez sensible à ce type de lecture et de récit. L’auteur a réussi à mettre en œuvre une histoire délicate sans sombrer dans le pathos. Il raconte la vie de son père avec beaucoup de sincérité dans le propos. La première partie semble être consacrée à l’évolution de cette maladie dégénérative. C’est effrayant de voir un être qu’on aime dépérir à petit feu sous ses yeux. L’atteinte neurologique est pour moi ce qu’il y a de pire. Je préférerais mourir. En l’occurrence, nous avons un artiste peintre qui va perdre petit à petit ses facultés. La fin nous réservera cependant une surprise. La seconde partie se concentre sur le passé de cet individu qui a vécu la guerre d’Algérie en refusant de porter une arme. C’était un objecteur de conscience qui a tout de même accompli son devoir mais non sans difficulté. On ne peut qu’admirer l’homme et sa démarche assez singulière. La cruauté et la violence n’est pas l’apanage d’un camp mais c’est malheureusement universel. Ce soldat infirmier l’a bien compris. La maladie a d’ailleurs ouvert ces traumatismes qu’il avait cachés. L’esprit à la dérive est un poignant hommage d’un auteur pour son père. Un ouvrage fort et émouvant.

15/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Shi Xiu
Shi Xiu

Que voilà une bien belle découverte pour une BD dont le premier tome n'est plus si récent puisqu'il date de 2011. Belle découverte car le thème est plutôt atypique. Les aventures d'une figure, réelle, du folklore chinois en la personne d'une femme ancienne prostituée, qui se retrouve à la tête d'un flotte de pirates sanguinaires. Grâce à des qualités indéniables de combattante, sans que cela ne verse dans le Kung Fu volant dans tous les sens; mais surtout grâce à une intelligence de stratège et de manipulation des hommes sous ses ordres, cette jeune femme deviendra donc une force sur laquelle les pouvoirs en place devront compter. Belle découverte également en ce qui concerne le dessin que je trouve particulièrement soigné avec un soin apporté au détails assez phénoménal. Que dire des costumes, des éléments architecturaux, des vaisseaux de la flotte pirate, les intérieurs, nous ne sommes pas face à des estampes mais véritablement il y a là du grand art. Le dessin est fluide, dynamique. Ajoutons pour faire bonne mesure que le dessin déjà très bon dans le premier tome s'affine par la suite. Donc une histoire prenante qui nous fait découvrir un monde exotique sans tomber toutefois dans quelque chose de toc, ça sent la bataille, la fureur de la poudre et du sang, en bref on ne s'embête pas un instant. Nos pirates chinois pour ce que j'en sais non rien à envier à leurs confrères des Caraïbes, le moins que l'on puisse dire c'est que ça envoie. Les plages d'actions sont tempérées par des scènes plus intimistes qui sont fort alléchantes, l'héroïne étant magnifiée par le dessin de cet auteur chinois à découvrir. A lire pas forcément d'urgence, quoique!, le souffle de l'aventure dans un univers dépaysant mais accessible!

15/06/2015 (modifier)
Par KiwiToast
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hell West
Hell West

Personnages historiques détournés et parodiés, folklore amérindien et western font ici bon ménage. Le noir et blanc sert très bien le contexte et laisse une grande liberté à l'imaginaire. Ce premier tome nous permet de découvrir des personnages riches en couleurs, qui ont le défaut d'être clichés mais la qualité d'être tout de même attachants. La quantité de personnages laisse aussi augurer de nombreux antagonismes, et donc un très bon potentiel pour la suite. L'intrigue est relativement simple, mais l'action donne envie de continuer à suivre les aventures des héros, et d'en apprendre plus sur le mystérieux "Hell West", de l'autre coté du mur. Je n'avais jamais craqué sur un projet en financement participatif jusqu'à là, mais dans la mesure ou je veux la suite, je me suis lancé.

14/06/2015 (modifier)
Par KiwiToast
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pretty Deadly
Pretty Deadly

Ce livre est très riche : Graphiquement : Les dessins sont très détaillés. Il n'y a pas autant de traits que dans le style de western traditionnel (Blueberry), mais c'est quand même dense, et certaines pages doivent être lues plusieurs fois. Scénaristiqument : L'intrigue est elle aussi très dense. Après deux lectures, certains points (un en particulier) me semblent encore plutôt obscures. Je ne sais pas si je les comprendrai lors d'une future lecture, ou s'ils seront éclaircis dans les tomes suivants. Background : Ce far west mêle de l'amerindien fantastique, saupoudré de nuances de vaudou, le tout sur un aire de drame greco-romain. Le résultat est très original et intéressant.

14/06/2015 (modifier)
Par BDenis
Note: 4/5
Couverture de la série Osnira
Osnira

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Une bonne série d'Heroïc Fantasy, une quête en trois tomes qui ne révolutionne pas le genre mais qui comporte quelques originalités scénaristiques. On aurait cependant aimé connaître un peu plus les personnages principaux qui entourent cet enfant, ce bébé même, un peu spécial au centre de cette aventure. Mais le scénario nous fait passer d'un groupe d'individu à un autre pour les besoins de l'histoire, les trois albums ne nous suffisent donc pas pour s'attacher pleinement à un personnage ou à un autre. Il n'en demeure pas moins que la série est vraiment plaisante à lire. Le dessin est pas mal du tout, très coloré, le complément idéal de cette histoire. Une œuvre que tout amateur d'Heroïc Fantasy se doit d'avoir lue. 14,5 / 20

14/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Guide Sublime
Guide Sublime

Plus je lis Fabrice Erre, plus je le trouve drôle ! J'avais adoré Une année au lycée l'an dernier et voilà que, changeant radicalement de sujet, il s'attaque aux dictateurs avec le même bonheur. Dans Guide sublime, il tape juste. C'est absurde, cruel, stupide, mais son psychopathe sanguinaire moustachu fait vraiment mourir de rire. Le pire, c'est que la fiction, si invraisemblable soit-elle, n'est pas si éloignée de la réalité des faits et gestes des Pères Ubu qui jalonnent les dernières décennies. Que ce soit à Pyongyang, à Bujumbura, à Moscou, à Bangui, à Santiago, à Berlin, à Kampala ou même à Paris, nous ne manquons pas d'exemples de dirigeants qui se laissent porter par leurs délires absurdes. Vu de loin, il faut bien admettre que c'est souvent hilarant… Le rythme faiblit un peu vers la fin de l'album. Il pourrait y avoir une suite, mais Fabrice Erre est un touche-à-tout et il me semble qu'il a fait le tour du sujet. J'éprouverai certainement le même plaisir à la lecture son prochain opus s'il traite d'un thème différent.

13/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Les Nouvelles Aventures de Ric Hochet
Les Nouvelles Aventures de Ric Hochet

Revoilà Ric Hochet, le célèbre et increvable journaliste-aventurier-détective ! Durant presque un demi-siècle, Tibet a livré un à deux albums de Ric Hochet chaque année, tout en animant la série Chick Bill. Sa mort en 2010 a brusquement interrompu une des séries les plus volumineuses de l'histoire de la BD franco-belge (presque 80 albums !). Soyons honnêtes : tous ces albums n'étaient pas excellents, loin s'en faut. Les scénarios d'André-Paul Duchâteau étaient devenus répétitifs et les derniers sont franchement poussifs. Quant à Tibet, submergé par son rythme de travail, il réservait son talent aux personnages et se faisait aider depuis longtemps pour les décors par des seconds couteaux pas toujours inspirés. N'empêche : les aventures de Ric Hochet ont bercé les rêves de trois générations de lecteurs. Après cinq années d'interruption, la franchise Ric Hochet renaît. C'est Simon Van Liemt qui reprend le dessin. Sans chercher à imiter Tibet. Je ne connaissait pas ses travaux antérieurs (Incantations & Poker), mais je trouve qu'il s'en tire très bien. Son style me rappelle celui d'Alain Dodier (Jérome K Jérome Bloche). Au scénario, c'est Benoît Zidrou, particulièrement inspiré, qui remplace Duchâteau. Et il le fait très bien le bougre ! Sans trahir l'esprit de la série, il bâtit une intrigue aussi classique que subtile. Voilà que Ric Hochet est remplacé par un sosie voué au crime ! Cette idée rebattue permet à Zidrou de glisser dans ses dialogues nombre de piques humoristiques qui font vaciller l'univers trop parfait et un peu suranné de la série… Tout y passe : l’invraisemblable veste mouchetée de Ric (« Les 101 dalmatiens à lui tout seul »), son goût un peu beauf pour les « bagnoles de luxe », sa manie grotesque de se fourrer dans les ennuis en acceptant « de périlleux rendez-vous » dans « des lieux isolés » où il persiste « à se rendre seul et sans arme », les titres dramatiques de Duchâteau (pourquoi pas « le cadavre en calebar » ?)… Bourdon n'est plus aussi monolithique et même la chaste Nadine se dévergonde… Le couple Zidrou - Van Liemt donne un grand coup de jeune à cette série emblématique. Et ce coup d'essai est un coup de maître. Souhaitons à ces Nouvelles enquêtes de Ric Hochet la même longévité que leur modèle. J'ai lu que les auteurs ont signé signé pour plusieurs albums… Vivement la suite !

13/06/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Dans la nuit la liberté nous écoute...
Dans la nuit la liberté nous écoute...

J'ai bien aimé le témoignage de cette vie d'un soldat français qui a changé de camp au nom de valeurs bien supérieures au nationalisme ou devrais-je dire au colonialisme. Il s'agit bien d'une critique féroce contre ce régime qui utilise la propagande habituelle de dire que les autres sont des terroristes. Cela me rappelle des exemples encore récents de peuples qui se battent pour leur indépendance territoriale. Pourtant, des membres de ma famille ont fait la guerre d'Indochine en croyant bien faire. C'est clair que c'est une nouvelle lecture qui apporte plus de réflexions. Le trait graphique n'est pas celui que je préfère mais j'ai bien aimé cette bichromie qui utilise la couleur grise. Par ailleurs, le récit est particulièrement fluide au niveau de sa narration. Un homme est face à son destin et va faire un choix pour être en accord avec lui-même. Je l'admire déjà. Bref, c'est un bel hommage rendu par l'auteur pour un homme hors du commun et pourtant méconnu.

13/06/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Yallah Bye
Yallah Bye

J'ai été plutôt convaincu par ce récit tiré de l'histoire vraie d'une famille franco-libanaise sur fond d'histoire à savoir le bombardement du Liban par l'armée israélienne. On vit ces bombardements du point de vue du peuple libanais qui subit véritablement. Bravo pour leur courage et leur générosité ! En ce moment, je lis beaucoup d'oeuvres sur ce qui se passe au Moyen-Orient et cela tranche singulièrement avec la vision qu'on pouvait en avoir il y a encore 15 ans. Bien sûr, les médias français traitent cela avec légèreté comme cet épisode avec le journal de Claire Chazal qui minimise la portée de cette agression sans nom et qui enchaîne allègrement avec le coup de tête de Zidane lors de la coupe du monde. On se rend compte que les priorités ne sont pas les mêmes. Pour en revenir à mon idée de départ, ces oeuvres ont pour point commun de dénoncer les exactions israéliennes. Rien n'est proportionné dans leurs ripostes et on le voit encore avec l'exemple libanais. Le pire étant ces tracts balancés qui indiquent qu'ils ne bombarderont pas la population et qui le font quand même au nom de la protection de leur population. J'en suis ressorti dégoûté. Et dire que les auteurs ont pris soin de ne pas diaboliser ou angeliser ! Dans cette famille, le père serait à claquer car il est gagné par la haine de se battre au détriment de la protection de sa famille. Le combat est de toute façon perdu d'avance. La mère ne fait que geindre. Certes, il y a de quoi mais quand même. Il est vrai que l'angoisse nous prend au fil des pages avec ces bombardements aveugles qui se rapprochent. A vrai dire, j'avais totalement zappé cet épisode de l'été 2006. Cette bd fait bien de témoigner ce qui s'est passé et qui demeure inacceptable. Une bd à lire sur un sujet grave que celui de l'horreur de la guerre. Une belle partition graphique couronne le tout.

12/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pretty Deadly
Pretty Deadly

Voilà ce que j'appelle une baffe visuelle. Alors certes nous sommes dans le trait un peu habituel du comics mais avec un souci du détail comme je l'ai rarement vu ailleurs. Des inspirations, il y en a certainement, mais disons plutôt que Emma Rios, c'est elle qui tient les pinceaux, à une originalité qui devrait marquer les esprits. Ses personnages un peu allongés ne sombrent pas pour autant dans la caricature et si je devais lui faire un seul petit reproche c'est la pose de certains dans quelques cases. Ses dessins de combats sont hyper dynamiques mais c'est la qualité du visuel qui remporte mon adhésion. Tout cela serait bien sûr impossible s'il n'y avait une excellente colorisation. Rendons à César ce qui lui est dû, il s'agit de Jordie Bellaire. Chaque chapitre, il y en a cinq, débute par une ou deux pages d'aspect très bucolique ou un lapin et un papillon se racontent les événements qui vont suivre. Ce procédé qui n'alourdit en rien le propos est l'occasion pour la dessinatrice de faire montre de tout son talent en ce qui concerne son trait pour représenter la faune. Dans une petite ville de l'ouest américain dans la deuxième moitié du XIXème siècle, un homme arrive, accompagné d'une jeune fille revêtue d'une grande cape en plumes de vautour. Installés sur des tréteaux, ils nous racontent l'histoire de Ginny-face-de-mort. Un jour un maître maçon épousa une splendide jeune femme, mais rapidement il sombra dans la démence et en vint à traiter sa femme comme un objet. Envahi par la peur de la perdre, il lui construisit une prison de pierre. Seule abandonnée elle pria la mort de venir la chercher. C'est le dieu de la mort en personne qui vint à elle et s'en éprit. La jeune femme mourut en donnant naissance à une petite fille que la mort baptisa Ginny. A charge pour elle de poursuivre dans le monde des vivants les âmes des pêcheurs. Avouons-le, à partir de ce point, l'histoire se complexifie un peu et il faut toute l'attention du lecteur pour bien comprendre les tenants et les aboutissements entre les personnages et les situations. Au fil des chapitres, les événements prennent tout leur sens et proposent finalement une histoire assez originale. La mise en page et le découpage ne sont pas novateurs mais rendent l'ensemble dynamique et très plaisant, ne gênant en rien le plaisir de lecture. Un deuxième tome est en préparation et nul doute que je ferai partie des acquéreurs. Une bonne histoire mêlant habilement western et fantastique, ce n'est pas si courant, et je le répète le trait est virtuose voir magnifique le tout sans esbroufe.

12/06/2015 (modifier)