Les derniers avis (31997 avis)

Par Thorn
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Magasin général
Magasin général

Qu'est-ce que c'est chouette comme BD ! Entre les dessins vivants, chaleureux, fouillés, les dialogues avec l'accent bien marqué, et le récit plein d'humour et de vie, c'est un voyage dépaysant et sympathique dans un autre monde. Et les auteurs prennent leur temps, et nous permettent de savourer chaque case, chaque évocation d'odeur, de musique ou de goût, et les couleurs éclatantes, même en plein hiver québecois. Cette lenteur nous permet de connaître et de nous attacher vraiment aux personnages, toute une fresque de caractères variés, sans manichéisme, mais avec beaucoup de tendresse pour l'humanité, même dans sa bêtise et sa méchanceté. Pourtant je ne dirai pas qu'il ne se passe rien, puisque page après page, attention spoiler, la communauté très traditionnelle du siècle dernier se transforme en une utopie anarchiste faite de bric et de broc. Et cette transformation est si progressive qu'elle nous emporte dans un élan de bonne humeur et qu'on a envie d'y croire, et de souhaiter tout le bonheur promis aux personnages. À lire, et à relire (ce que je vais faire d'ailleurs, et peut-être après cela monter ma note à "culte")

18/06/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Undertaker
Undertaker

Un chouette western d'aventure bien sérieuse mais prenante. Il y a du Blueberry dans cette série qui s'entame, que ce soit dans le ton, les personnages, l'action et les décors. Et c'est du bon boulot ! Le graphisme de Meyer est excellent et se prête admirablement au style. Les couleurs aussi sont très bonnes. Et j'ai particulièrement accroché aux personnages qui sont singulièrement originaux. Le fameux croque-mort pour commencer, mais aussi la gouvernante anglaise psycho-rigide ou encore la servante chinoise au caractère prononcé. Ça donne une vraie fraîcheur au récit et on a envie de les voir interagir. Après une excellente entame, j'ai été un tout petit peu déçu par la tournure de l'intrigue du premier tome qui s'oriente un peu vite vers une course-poursuite qui n'est pas le type de péripétie qui me passionne. Mais il y a beaucoup de potentiel et je pense que la suite promet du très bon. D'autant qu'à voir le 4e de couverture, j'ai bien l'impression que les auteurs désirent s'engager dans une série au long cours, avec des histoires en un ou deux tomes, peut-être bien à la Blueberry justement. A suivre !

18/06/2015 (modifier)
Couverture de la série La Grande évasion - Tunnel 57
La Grande évasion - Tunnel 57

C'est pour l'instant le meilleur opus que j'ai lu de cette série-concept la Grande Evasion. Le sujet est vraiment intéressant, il éclaire un fait peu connu mais bien réel, et c'est en même temps une bonne idée pour une Bd. Je connaissais vaguement cette histoire car il y a un film de 1962, "Tunnel 28" qui relatait un événement similaire : cette fois c'était le contraire, c'est un groupe de Berlinois de la zone soviétique qui creusaient un tunnel pour passer à l'Ouest. Ce film méconnu m'avait marqué car j'étais très jeune, il est rare et n'est pas repassé sur une chaîne de télé depuis une quarantaine d'années. Aussi, étais-je réceptif pour cet album qui dès le début offre un prologue entrant dans le vif du sujet, sans égarement ni digression quelconque. Puis le récit revient ensuite sur la gestation du projet et le déroulement des opérations, à savoir le creusement du tunnel, et toutes les difficultés que ça comporte, aucun détail n'est oublié. Le scénario est habile et bien conçu, on prend les personnages en sympathie et on souhaite évidemment leur réussite ; l'action est émaillée d'un brin de suspense, bref il y a tout ce que doit comporter une Bd de ce style, avec un bon ressort dramatique, c'est crédible, on y croit.. Sans doute que l'action en elle-même prend un peu le pas sur les personnages, mais ça peut se comprendre, car l'événement est historique : vivre en 1964 dans cette ancienne RDA communiste et stricte, n'avait rien de réjouissant, surtout pour des jeunes gens, et je sais que d'autres familles ont tenté de passer à l'Ouest, il y a même eu un autre film là-dessus en 1981 (la Nuit de l'évasion - Night Crossing). Le dessin n'est pas trop dans mes préférences, mais il n'est pas vilain, peut-être un peu rigide ; l'aspect un peu griffonné et par endroits broussailleux, le rend lisible, c'est ce qui compte, et d'ailleurs c'est pas plus mal pour s'accorder au ton dramatique et au sujet, dans cette Allemagne austère du temps du mur de la honte.

18/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Lakota
Lakota

je poursuis ma (re)découverte des récits de Serpieri sur le monde Indien, et à chaque fois je suis émerveillé par la maîtrise incontestable de cet auteur qui sublime littéralement ce peuple magnifique qui fut broyé et éradiqué par les Blancs après avoir volé leurs terres. C'est la plus grande honte de la nation américaine qui malgré toutes les cérémonies modernes de pardon, ne pourra jamais effacer cette profonde blessure. Ici, il faut admirer le talent de Serpieri car ce sont ses premiers travaux effectués vers 1977-78 en Italie, et son trait est déjà d'une très grande adresse et d'une pureté immaculée ; ces visages d'Indiens comme Crazy Horse ou Red Cloud, ainsi que les visages de militaires célèbres comme Crook ou Custer sont parfaitement dessinés, de même que certaines poses hiératiques reproduites d'après des photos, sont troublantes d'authenticité. Serpieri s'attache à travers ces 5 récits courts, au souffle historique, plus que dans ses autres albums qui s'attachaient à l'ethnie indienne ; restant fidèle aux faits, il montre comment l'homme rouge a été traité par les Blancs, il montre l'anéantissement d'une race fière et belle, mais ces récits se suivent à travers la bataille de Little Big Horn (qui reste la plus grande défaite militaire de l'armée U.S. par un peuple autochtone), due à l'orgueil d'un soldat (Custer), et surtout à travers la destinée tragique du chef Crazy Horse, qui fut lâchement assassiné par des brutes le 5 septembre 1877, alors qu'il s'était rendu pour discuter. Etant passionné par la culture indienne, je ne peux avec cet album, qu'être admiratif à la fois du sujet et du style graphique flamboyant de Serpieri.

18/06/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Massacre
Le Massacre

Même si j'ai mis un peu de temps à rentrer dans la lecture de cet album, j'ai apprécié son originalité et son exotisme. L'introduction du récit ne m'a pas enthousiasmé, avec cette histoire d'enchères, les sauts bizarres d'un narrateur à un autre, et ce collectionneur aux allures de monsieur "Trop" (trop charismatique, trop riche, trop sûr de lui, à qui tout réussit trop, etc...) mais j'étais assez curieux de voir où l'auteur voulait en venir. Et puis quand on se retrouve ensuite projeté en Indochine, région du monde que Simon Hureau nous avait déjà fait visiter dans Palaces et Bureau des prolongations, j'ai commencé à vraiment accrocher. Le récit devient intéressant, surprenant, inattendu. L'ambiance des lieux et des époques est bien rendue. Et les pièces du puzzle concernant ce fameux "massacre" s'assemblent pour former un tout complet et bien amené. D'autant que même si je n'aime pas toutes ses oeuvres, j'aime beaucoup le graphisme de Simon Hureau. Il y a un petit côté trop "happy end" sur la fin avec le collectionneur qui distribue ses cadeaux tout en restant toujours si intouchable sur son piédestal. Et de manière générale, j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages mis en scène. Je ne suis donc pas totalement tombé sous le charme mais je salue l'originalité et l'intérêt de ce récit qui mérite la lecture.

17/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Southern Bastards
Southern Bastards

Ça calme ! Mais qu'est-ce qui fait que dans l'imaginaire collectif, du moins de ce côté de l'Atlantique, nous ayons cette image du sud des États Unis? Sweet Home Alabama qu'il chantait. De "Delivrance" à Southern Bastards la boucle est bouclée. Comme le dit le scénariste Jason Aaron dans la préface : "J'adore le Sud, mais le Sud me colle aussi une peur bleue". Tu m'étonnes Jason ! Déjà auteur d'une remarquable série Scalped, il nous refait ici le coup du scénario qui t'en file une grosse dans la poire. Et le pire, c'est qu'on se doute bien, en voyant revenir le vieux fils du shérif, que ça va envoyer du lourd. Lentement, sûrement, les éléments se mettent en place d'une manière telle que l'on se croirait presque dans une tragédie grecque. Le dessin de Jason Latour n'y est pas pour rien qui vous scotche les yeux sur ses cases magnifiées par des couleurs où le rouge domine. Les plages de calme succèdent à celles où la violence éclate de manière brutale, irréfléchie et sans motif apparent. Avec son héros granitique mais pétri de contradictions, les auteurs nous proposent un héros un peu malgré lui, mais charismatique ô combien. J'ai véritablement hâte de lire la suite, cette série offrant un potentiel évident et le cliffhanger de la fin me laisse envisager des déploiements de l'intrigue qui me mettent l'eau à la bouche. Encore un bon cru de Mr Aaron qui se déguste, on en redemande !!

17/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Les Dingodossiers
Les Dingodossiers

Voilà réunis pour commettre cette série deux des plus grands noms de la Bande Dessinée franco-belge, et en particulier de la BD d’humour, à savoir Goscinny et Gotlib. Les rubriques faussement sérieuses, produites par des « non spécialistes », sont des petits bijoux d’humour doux dingue. Pour l’époque, c’était rudement moderne, osé et, sous leurs airs de rubriques de potaches, pointait déjà un humour déjanté dont Gotlib se fera le spécialiste. L’ensemble est inégal, et certaines rubriques ont un peu vieilli, mais je prends toujours plaisir à me replonger dans ces « Dingodossiers ». Goscinny étant surbooké, c’est ensuite seul que Gotlib poursuivra l’aventure, aboutissant aux chefs d’œuvre absolus que sont les Rubrique-à-Brac (et parfois aussi avec la complicité d’Alexis, comme Dans la joie jusqu'au cou par exemple). Et je dois dire que cette séparation de ces deux monstres sacrés a été une bonne chose. En effet, malgré la réussite des « Dingodossiers », je ne peux m’empêcher de penser que l’humour de Goscinny et de Gotlib n’était déjà pas sur la même longueur d’onde (Sempé était plus compatible avec Goscinny sur le Petit Nicolas), chacun pouvant être bridé par l’autre. On peut donc voir cette série comme le galop d’essai de Gotlib (même si ce serait faire injure au talent de Goscinny). En tout cas, c’est une lecture fortement recommandée.

17/06/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série DearS
DearS

3.5 C'est vrai que ce manga est très typé: un ado normal un peu loser tombe un jour par hasard sur une fille pas comme les autres (en plus, c'est une alien) et qui lui est totalement soumise. Et puis ensuite il va aussi avoir d'autres filles aliens qui vont finir par tomber amoureuses du gars. Bref, il n'y a rien de nouveau, mais si on aime le genre c'est une série à lire. Les personnages sont attachants, l'humour m'a bien fait rire et il y a une bonne dose de sérieux d'humour. En prime, je trouve la fin totalement géniale ! C'est donc une série remplie de clichés qu'on a déjà vus plusieurs fois dans les mangas, mais ils sont utilisés de manière efficace. J'aime beaucoup le dessin de l'auteur. Je le trouve sublime.

16/06/2015 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Suite 121
Suite 121

Retour gagnant pour Igor & Boccère (qui ne forment qu'un seul et unique auteur) avec cette Suite 121, qui reste au niveau de Chambre 121, album dont j'avais, à l'époque, pensé le plus grand bien. Dans le style BD dite "pour adulte", je tiens cette série comme une des meilleures du genre. Avec ce premier opus de cette seconde saison, l'auteur nous offre là les nouvelles aventures d'un "étalon" mis à la disposition d'une grande bourgeoise répondant au superbe nom d'Ermadine Saint Lys. On y retrouve toutes les perversions sexuelles : du candaulisme à la partouze branchée, en passant par la double pénétration et l'onanisme, le tout dessiné de manière magistrale. Certes les canons habituels ne sont guère présents ici : aucune bimbo mais des femmes ordinaires (la notion de la "voisine d'à côté" - the girl dext door- comme le soulignait le journal PlayBoy à une époque, semble être le leitmotiv de cette série). C'est un album très cru, pornographique mais qui tranche vraiment avec les albums habituels en faisant des femmes évoquées dans ce récits non des femmes soumises (comme le fait Ardem) mais des maîtresses-femmes, fières et dominatrices. A réserver aux adultes, évidemment.

15/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Le Roy des Ribauds
Le Roy des Ribauds

Entrée en matière réussie pour ce premier tome du Roy des Ribauds qui s’annonce sur un nombre d’albums encore indéfini pour le moment. J’ai grandement apprécié cette histoire glauque où le personnage principal a la charge de gouverner sur les bas-fonds d’un Paris médiéval de fin du XIIème siècle, mais qui est aussi un proche du roi ce qui permet d’offrir également des dessins où l’on s’élève au-dessus de la fange. Et malgré le fait que nos héros soient à priori situés du mauvais côté de la barrière, on s’y attache, on veut les voir réussir et on craint pour leur vie chaque fois qu’ils traversent une rue coupe-gorge. Le portrait de Tristan dit le Triste Sire est nuancé, tantôt en proie à des colères noires, littéralement à des coups de sang pour imposer son autorité sur la racaille, on nous montre aussi une autre facette du personnage, plus secrète et mystérieuse, celle du père aimant et hyper protecteur qui fait qu’on ressent un peu d’empathie envers ce mauvais bougre. Une histoire passionnante où se mêlent grands enjeux géopolitiques dont la véracité historique est avérée bien qu’en grande partie romancée ; et les petites intrigues fictives des bas-fonds qui apportent cette touche de suspens et d’inattendu. Franchement les magouilles et les bassesses entre les différents groupes de truands pour le contrôle des rues de Paris sont vachement prenantes. Elles me rappellent la série télé Rome où les collèges se mettent sur la tronche pour le contrôle du l’Aventin. Tripailles et égorgements en loucedé par derrière sont au menu du soir. Comme je l’ai dit, bien aimé qu’on nous montre aussi les puissants de ce monde : Philippe II Auguste, Richard Cœur de Lion, Aliénor d’Aquitaine, etc. On pourra peut être espérer voir dans la suite l’empereur du Saint- Empire-Germanique ou le pape Innocent III qui sait ? Les évènements de la vie du roi des ribauds ont ici des répercussions sur la sphère géopolitique et c’est ce que j’ai apprécié aussi. Le dessin ainsi que les couleurs de Ronan Toulhoat sont en phase avec l’histoire contée et par conséquent largement à la hauteur. C’est une série à ambiance plus que d’action. Le dessinateur a recours à une teinte sombre et terne, des gueules cassés qui font peur (quel regard inquiétant il a ce Tristan !). On perçoit vraiment le côté insalubre et dangereux des rues de Paris tandis que dans les hautes sphères du Louvre, les couleurs sont déjà un peu plus enjouées je trouve, cela permet de faire une pause et d’insuffler un rythme adéquat entre les différents chapitres (bonne idée d’ailleurs ce découpage en 6 chapitres). Cependant pour ceux qui veulent de l’action, qu’ils se rassurent il y en a et plutôt bien exécutée encore une fois : les auteurs en placent suffisamment pour nous éviter l’ennui et j’ai apprécié sa mise en image par Toulhoat. Je raconte peut être n’importe quoi mais j’ai eu comme l’impression que le dessinateur ajoutait comme une touche de fantastique quand il passait à des scènes d’action. Je veux dire, regardez Glaber, on dirait un géant, un monstre, c’est Mister Hyde le mec. Et Tristan, il a des airs de Limier Sandor Clegane du Trône de Fer avec la moitié de la tronche cramée ou passée à la ponceuse. Quand ils se battent j’ai l’impression que les armes doublent de volume, on exagère le trait volontairement. Enfin bon c’est peut être d’avantage une impression, l’aspect historique est respecté mais c’est comme si les auteurs avaient voulu se réserver un petit côté fantasmé pour décrire le Paris sale et presque inconnu des historiens. Une bonne surprise en ce qui me concerne. Un scénario intelligent et un graphisme en harmonie avec celui-ci. En plus, les auteurs ne se moquent pas de nous en proposant pas moins de 115 pages de dessins (dont 3 de bonus). Je vais guetter la suite dans l’ombre.

15/06/2015 (modifier)