Très très sympa cette BD jeunesse. Les auteurs ont pris le parti d'en faire une version muette, et de tout faire passer par le dessin.
Le pari est réussi, c'est diablement dynamique et vraiment mignon. Le dessin est dépouillé, mais vraiment efficace, aidé par des couleurs pastel plutôt bien choisies. La mise en scène est variée, et s'adapte aux besoins du récit, entre cases proches du gaufrier d'une part, et personnages qui évoluent sur une seule page (sans cases donc), d'autre part, lorsqu'Anuki est poursuivi par un ours, par exemple. Il y a en outre des petites audaces au niveau des cadrages, qui laissent augurer d'un dessinateur de premier plan.
Les poules se posent non pas vraiment en adversaires du petit garçon, mais plutôt en contrepoint humoristique, voire en moteur de l'histoire. C'est très facile à comprendre pour les tout-petits, et donc tout à fait adapté à leur lecture. Et la fin est vraiment émouvante. Pas cucul, juste émouvante. En quasi demi-format, ce petit album est de plus très pratique.
Les tomes 2, 3 et 4 jouent sur le même registre sur le plan du graphisme. Il y a quelques différences narratives, avec des castors toutefois plus présents, puis un lapin et un loup dans le tome 3... La fin est plus axée sur l'humour, mais le message est similaire : quand on a des amis, il ne faut pas les oublier. Dans le tome 4 le scénario évolue quelque peu, avec l'introduction d'une nouvelle rivalité, et la notion d'alliance pour être plus forts. Le tome 5 offre une pause dans ce processus, Anuki est à nouveau seul, face à une créature plus inquiétante. Mais là encore la peur ne va pas durer, et une nouvelle belle amitié va naître de cette rencontre...
Je recommande cette sympathique série pour petits, évidemment.
À ma grande honte je n’avais jamais abordé cette œuvre de « L’empereur sans couronne » que je considère pourtant comme une idole. La faute est dorénavant réparée et ce fut pour mon plus grand plaisir.
Sand Land est un monde asséché et désertique à cause de la stupidité sans limite des hommes, des dérèglements climatiques qu’ils ont provoqué, de la pénurie des ressources premières, et parce qu’ils ne font pas les choses à moitié, des guerres génocidaires qui s’en sont suivies. Mais à la différence d’une histoire comme Mad Max, ce n’est pas de fuel dont le manque se fait le plus ressentir, mais d’eau. Les perspectives d’avenir ne sont pas des plus réjouissantes, et pourtant, l’humanisme de cet auteur transpire au travers de thématiques auxquelles il nous a habituées et que j’ai aimé redécouvrir ici. Entre parenthèse, je me demande si cette histoire n’a pas été inspirée par le personnage de Lam dans Dragon Ball qui souhaite remporter le Tenkaishi Budokai pour acheter suffisamment d’eau et éviter la sécheresse dans son village.
Quoi qu’il en soit, plus qu’une quête pour l’eau sans laquelle il n’y a pas de vie possible, c’est un appel à un retour de la nature. Un message qui passe par le personnage de Lao/Shiba dont le rêve est de trouver la dernière source d’eau encore inconnue pour en faire profiter les derniers humains survivants avant que les crevards hominidés représentés par le roi et sa clique ne s’en emparent, la privatise, et ne la vende au prix fort pendant que lui barbote dans sa piscine, tel un Jean-François Copé. C’est aussi cela Toriyama, des valeurs d’entraide et de solidarité, apprendre à vivre ensemble plutôt que mourir chacun dans son coin, c’est le paysan philosophe qui préfère sa campagne au monde de l’industrie et des grandes villes. On retrouve aussi ses vieux combats quant il s’agit de s’attaquer au totalitarisme et les juntes militaires avec cette parodie de Wehrmacht comme il l’avait fait avec l’armée du Ruban Rouge sur DB.
Graphiquement on reconnaît bien le style Toriyama qui est juste la perfection incarnée et ce vers quoi devraient s’inspirer tout mangaka digne de ce nom. On a quoi dans Sand Land, quasiment que du désert mais ce n’est pas un souci car Toriyama dessine les falaises et les rochers mieux que personne. Pour compenser on sent qu’il s’est fait plaisir sur les tanks et la jeep au début de l’aventure. Akira (ouais je l’appelle par son prénom) a toujours kiffé conceptualiser des véhicules improbables, surtout des motos. Ici le tank a un aspect original mais un peu boîte de conserve à mon goût. Il faut rappeler que sur ses autres séries, Toriyama faisait appel à des assistants pour la finition des dessins et que sur Sand Land il fait tout, tout seul. On retrouve aussi ce mélange d’humains et de créatures et animaux anthropomorphes qui passe toujours remarquablement bien.
L’occasion d’évoquer un peu cet humour cher à Toriyama avec ce trio composé de Beelzébub le prince des démons, un mixe entre Hellboy et Boo pour la forme, et de Son Goku avec ce côté petit garçon sauvage et sacripant qui descend de sa montagne (on ne se refait pas) ; l’autre est aussi un démon se nommant Thief et servant pour l’essentiel de sidekick comique et de vieil obsédé. C’est davantage un comique de situation avec ces personnages drôles par leur (fausse) lâcheté et couardise, on est loin des running gag du « paf-paf » et autres « pan-pan » et du « toilet humour » des premiers DB qui en a irrité plus d’un à l’époque. Un duo à l’humour bon enfant équilibré par l’humain Shiba, véritable héros de cette odyssée, au caractère sérieux et au passé secret et tourmenté. Les démons sont en fait de joyeux drilles pas bien méchants tandis que les humains sont capables des pires atrocités, mélange d'ironie et de cynisme.
J’ai bien aimé aussi les petites références aux créations de l’auteur avec Satan qui n’est autre que Dabla, un transfuge de Dragon Ball, ainsi que le jeu vidéo Dragon Quest sur lequel Toriyama a inventé et dessiné les personnages cultes.
Une histoire avec un message simple mais efficace et accessible au plus grand nombre. Là où certains mettront plusieurs livres pour en venir au même point, Toriyama parviendra à un résultat tout aussi bon en seulement quelques pages et avec un dessin plus joli en prime. Voilà la marque des grands.
Haaa ce bon vieux méchant renard !!
J'ai découvert par hasard l'excellent Un bébé à livrer BD complétement déjantée sur laquelle je ne reviendrai pas. Si vous ne l'avez pas lu, vous avez raté quelque chose :)
Tout comme Noirdésir, j'ai trouvé que cet ouvrage était un peu en dessous du premier album de Benjamin Renner. Mais il faut reconnaitre qu'il avait mis la barre haute !
Néanmoins, On peut rapidement se rendre compte que cet auteur vient du monde de l'animation. IL y a beaucoup de mouvement dans son trait, c'est vif et incisif à souhait. Les trognes des personnages sont vraiment très expressives, c'est ce que j'aime dans son travail. Certains risquent de hurler mais je trouve que cette qualité est rare, c'est quelque chose que je retrouve chez Bill Watterson. Pas besoin d'en faire des caisses pour donner vie à un dessin.
L'ensemble parait assez sommaire, mais c'est aussi ce qui fait la beauté de la chose. Tantôt malchanceux, tantôt malheureux, le pauvre renard serait bien à plaindre si ses péripéties n'étaient pas aussi drôles.
Kidnapper une poule par tous les moyens possibles et inimaginables, voilà la trame de l'histoire, le quotidien d'un renard pas vraiment crédible en prédateur. Manipulé par un Loup arrogant, qui rêve de volaille sans le soucis du travail.
Mais c'est sans compter nos héros rencontrés dans un bébé à livrer, le futé petit cochon et ses deux compères, le lapin et le canard qui n'ont jamais inventés l'eau chaude. Mais qui sont tout de même de bonnes pâtes. On trouve également un chien en gardien de basse cour, plutôt désinvolte de la tâche qui lui incombe. Un plan est échafaudé pour voler des poussins dans le but de les engraisser pour en faire un festin. Les poules ne se laisseront pas voler dans les plumes ! La guerre est déclarée !!
De l’humour simple et efficace pour passer un bon moment. Juste pour sourire ou bien rire.
Sur une idée simple (un type sort de prison et veut se venger de sa femme et son amant), Rabaté construit une bonne histoire.
Ce que j'ai aimé dès le début c'est la psychologie du mari cocu. Il est un personnage fascinant et j'aime bien comment il pense et comment il veut se venger. La famille de sa femme et son amant sont eux aussi bien pensés. J'étais vraiment surpris de voir que c'était une bande de voleurs qui semblent commettre tous les petits délits imaginables.
Du coup comme les deux parties sont un peu antipathiques (après tout le mari cocu veut aussi tuer des gens qui ne lui ont rien fait), je n'avais pas de parti pris et j'ai eu du plaisir à voir qui allait 'gagner' entre le cocu et la famille. En plus, le scénario est prenant et contient plusieurs scènes d'anthologie.
Pour commencer, la couverture est très belle. Les dessins vont tout de suite séduire le lecteur par des décors à couper le souffle d'autant que c'est en couleur directe. On entre dans un univers fantasmagorique composé d'elfes et de déesses. L'exotisme sera au rendez-vous.
Il est vrai que Corbeyran nous a déjà habitué à ce style de séries. J'avais un peu d'appréhension de sentir le réchauffé. Je m'étais trompé car l'homme a encore de la ressource pour composer une histoire originale qui se base sur un arbre géant sacré au pied d'une ville. Il est question d'anciennes croyances à éradiquer ou à sauver selon le camp où l'on se place.
En fait et il faut le savoir, la légende de Noor est une série dérivée de Weëna mais qui fonctionne de manière totalement indépendante. Si vous n'avez pas lu Weena, ce n'est absolument pas grave.
Bref, le fond et la forme sont réussis. Que demander de plus pour commencer une nouvelle série ? C'est certes assez classique mais efficace et surtout très agréable à lire.
C'est drôle comme certaines BD peuvent laisser un sentiment mitigé. Si je me replonge plusieurs années en arrière, Achille était pour moi une sorte de must. J'avoue que ce que j'appréciais le plus c'était bien évidement les dialogues et plus particulièrement la logorrhée du sieur Talon. Bien sûr une grande part des subtilités de langage me passaient largement au dessus de la tête mais le principal était l'emploi de ces mots qui possédaient un côté un peu magiques. A cela il fallait ajouter un personnage truculent de père amateur de bière. Bref j'aimais bien A.Talon.
Les années passant, je retombais épisodiquement sur un album et je me régalais du verbe mais de moins en moins des situations qui décrivaient un petit monde un peu étriqué où aucun véritable souci ne venaient entacher la quiétude et la monotonie de la vie. Si je devais ne m'en tenir qu'à ce point ma note serait différente ; malgré tout, même si la satyre est légère elle a le mérite d’exister. De plus une BD qui manie le verbe et les mots de cette manière ne peut être que recommandable. Pas toute la collection, mais en posséder deux ou trois tomes me paraît raisonnable pou ce qui fut tout de même un monument de la BD.
Le grand méchant renard est en fait un renard très sensible et attachant ! Beaucoup d'humour dans cette petite bd qui ravira les petits comme les grands.
Eh bien, que voilà un album original ! Et qui a su gérer le n’importe quoi, le délire absurde dans lesquels l’histoire s’est embarquée, en le mêlant à un exercice quasi oubapien franchement réussi.
L’histoire en elle-même est complètement foutraque – et par la même difficile à résumer. Mais elle est bien menée, drôle et captivante. Le dessin lui-même, très bon, est pour beaucoup dans l’attrait de cet album.
Mais ce qui fait de ce « Fond du Trou » une œuvre intéressante et réjouissante, ce sont les jeux que Jean-Paul Eid multiplie, dans l’album, mais aussi avec le médium Bande Dessinée.
En effet, un trou perce l’album de part en part et donc à chaque page il faut qu’il soit raccord avec l’intrigue et les dessins – ce qui est le cas !
De plus, tout au long de l’intrigue, de nombreuses mises en abîme, des références aux pages suivantes et précédentes, ajoutent au délire et à la complexité de la construction de l’histoire.
Et pour finir sur la construction de l’album, il faut dire que cela n’entrave en rien la lecture, cela ne se fait pas au détriment de l’intrigue et de l’humour. En cela Jean-Paul Eid est dans la droite ligne de Marc-Antoine Mathieu – à qui il rend d’ailleurs un hommage évident en faisant apparaître son personnage fétiche, Julius Corentin Acquefacques.
Je surnote peut-être un peu (note réelle 3,5/5), mais c’est vraiment une très belle surprise, et une lecture et un achat que je vous conseille vivement !
3.5
Un manga très amusant. J'ai lu les 10 premiers tomes et j'ai bien envie de connaitre la fin.
J'aime bien l'idée qu'une fille ait le pouvoir d'absorber la chance des autres et qu'une déesse de la malchance doive faire en sorte que la chance de cette fille disparaisse.
Le traitement des idées n'est pas des plus original (par exemple, la fille très chanceuse est très riche et agit comme une vraie égoïste, mais en fait elle n'est pas aussi égoïste qu'elle prétend), mais cela n’empêche pas ce manga d’être divertissant. Je trouve que l'humour est très marrant et j'ai bien aimé les moments plus sérieux. J'aime bien comment la situation change et qu'il n'a pas de status quo. Les personnages sont attachants.
Bref, si on aime les mangas pour ados c'est à lire.
Je viens de finir cet album, et j'en ai vraiment les larmes au bord des yeux. C'est extrêmement touchant.
L'auteur rentre dans l'histoire très doucement, je ne voudrais pas gâcher son propos en en dévoilant trop ici (l'éditeur le fait, j'ai recopié son texte dans l'onglet histoire).
C'est le récit d'une personne qui vieillit, des changements apportés par la vieillesse, et qui ne sont jamais facile à vivre.
C'est aussi et avant tout une histoire d'amour, de cet amour qui se vit par de petits détails du quotidien, de petits gestes, des souvenirs aussi. Alors quand la vieillesse passe par là et détruit ces éléments sans considération, c'est vraiment dur.
Des préjugés viennent encore compliquer la donne.
Et l'auteur retranscrit tout cela avec beaucoup de réalisme, et une certaine pudeur.
Des couleurs, des expressions de visage, des dialogues en quelques cases.
Son style très simple de dessin n'empêche pas la profondeur et la crédibilité du propos.
J'ai pris cet album en étant attirée par sa superbe couverture, je ne le regrette pas.
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Anuki
Très très sympa cette BD jeunesse. Les auteurs ont pris le parti d'en faire une version muette, et de tout faire passer par le dessin. Le pari est réussi, c'est diablement dynamique et vraiment mignon. Le dessin est dépouillé, mais vraiment efficace, aidé par des couleurs pastel plutôt bien choisies. La mise en scène est variée, et s'adapte aux besoins du récit, entre cases proches du gaufrier d'une part, et personnages qui évoluent sur une seule page (sans cases donc), d'autre part, lorsqu'Anuki est poursuivi par un ours, par exemple. Il y a en outre des petites audaces au niveau des cadrages, qui laissent augurer d'un dessinateur de premier plan. Les poules se posent non pas vraiment en adversaires du petit garçon, mais plutôt en contrepoint humoristique, voire en moteur de l'histoire. C'est très facile à comprendre pour les tout-petits, et donc tout à fait adapté à leur lecture. Et la fin est vraiment émouvante. Pas cucul, juste émouvante. En quasi demi-format, ce petit album est de plus très pratique. Les tomes 2, 3 et 4 jouent sur le même registre sur le plan du graphisme. Il y a quelques différences narratives, avec des castors toutefois plus présents, puis un lapin et un loup dans le tome 3... La fin est plus axée sur l'humour, mais le message est similaire : quand on a des amis, il ne faut pas les oublier. Dans le tome 4 le scénario évolue quelque peu, avec l'introduction d'une nouvelle rivalité, et la notion d'alliance pour être plus forts. Le tome 5 offre une pause dans ce processus, Anuki est à nouveau seul, face à une créature plus inquiétante. Mais là encore la peur ne va pas durer, et une nouvelle belle amitié va naître de cette rencontre... Je recommande cette sympathique série pour petits, évidemment.
Sand Land
À ma grande honte je n’avais jamais abordé cette œuvre de « L’empereur sans couronne » que je considère pourtant comme une idole. La faute est dorénavant réparée et ce fut pour mon plus grand plaisir. Sand Land est un monde asséché et désertique à cause de la stupidité sans limite des hommes, des dérèglements climatiques qu’ils ont provoqué, de la pénurie des ressources premières, et parce qu’ils ne font pas les choses à moitié, des guerres génocidaires qui s’en sont suivies. Mais à la différence d’une histoire comme Mad Max, ce n’est pas de fuel dont le manque se fait le plus ressentir, mais d’eau. Les perspectives d’avenir ne sont pas des plus réjouissantes, et pourtant, l’humanisme de cet auteur transpire au travers de thématiques auxquelles il nous a habituées et que j’ai aimé redécouvrir ici. Entre parenthèse, je me demande si cette histoire n’a pas été inspirée par le personnage de Lam dans Dragon Ball qui souhaite remporter le Tenkaishi Budokai pour acheter suffisamment d’eau et éviter la sécheresse dans son village. Quoi qu’il en soit, plus qu’une quête pour l’eau sans laquelle il n’y a pas de vie possible, c’est un appel à un retour de la nature. Un message qui passe par le personnage de Lao/Shiba dont le rêve est de trouver la dernière source d’eau encore inconnue pour en faire profiter les derniers humains survivants avant que les crevards hominidés représentés par le roi et sa clique ne s’en emparent, la privatise, et ne la vende au prix fort pendant que lui barbote dans sa piscine, tel un Jean-François Copé. C’est aussi cela Toriyama, des valeurs d’entraide et de solidarité, apprendre à vivre ensemble plutôt que mourir chacun dans son coin, c’est le paysan philosophe qui préfère sa campagne au monde de l’industrie et des grandes villes. On retrouve aussi ses vieux combats quant il s’agit de s’attaquer au totalitarisme et les juntes militaires avec cette parodie de Wehrmacht comme il l’avait fait avec l’armée du Ruban Rouge sur DB. Graphiquement on reconnaît bien le style Toriyama qui est juste la perfection incarnée et ce vers quoi devraient s’inspirer tout mangaka digne de ce nom. On a quoi dans Sand Land, quasiment que du désert mais ce n’est pas un souci car Toriyama dessine les falaises et les rochers mieux que personne. Pour compenser on sent qu’il s’est fait plaisir sur les tanks et la jeep au début de l’aventure. Akira (ouais je l’appelle par son prénom) a toujours kiffé conceptualiser des véhicules improbables, surtout des motos. Ici le tank a un aspect original mais un peu boîte de conserve à mon goût. Il faut rappeler que sur ses autres séries, Toriyama faisait appel à des assistants pour la finition des dessins et que sur Sand Land il fait tout, tout seul. On retrouve aussi ce mélange d’humains et de créatures et animaux anthropomorphes qui passe toujours remarquablement bien. L’occasion d’évoquer un peu cet humour cher à Toriyama avec ce trio composé de Beelzébub le prince des démons, un mixe entre Hellboy et Boo pour la forme, et de Son Goku avec ce côté petit garçon sauvage et sacripant qui descend de sa montagne (on ne se refait pas) ; l’autre est aussi un démon se nommant Thief et servant pour l’essentiel de sidekick comique et de vieil obsédé. C’est davantage un comique de situation avec ces personnages drôles par leur (fausse) lâcheté et couardise, on est loin des running gag du « paf-paf » et autres « pan-pan » et du « toilet humour » des premiers DB qui en a irrité plus d’un à l’époque. Un duo à l’humour bon enfant équilibré par l’humain Shiba, véritable héros de cette odyssée, au caractère sérieux et au passé secret et tourmenté. Les démons sont en fait de joyeux drilles pas bien méchants tandis que les humains sont capables des pires atrocités, mélange d'ironie et de cynisme. J’ai bien aimé aussi les petites références aux créations de l’auteur avec Satan qui n’est autre que Dabla, un transfuge de Dragon Ball, ainsi que le jeu vidéo Dragon Quest sur lequel Toriyama a inventé et dessiné les personnages cultes. Une histoire avec un message simple mais efficace et accessible au plus grand nombre. Là où certains mettront plusieurs livres pour en venir au même point, Toriyama parviendra à un résultat tout aussi bon en seulement quelques pages et avec un dessin plus joli en prime. Voilà la marque des grands.
Le Grand Méchant Renard
Haaa ce bon vieux méchant renard !! J'ai découvert par hasard l'excellent Un bébé à livrer BD complétement déjantée sur laquelle je ne reviendrai pas. Si vous ne l'avez pas lu, vous avez raté quelque chose :) Tout comme Noirdésir, j'ai trouvé que cet ouvrage était un peu en dessous du premier album de Benjamin Renner. Mais il faut reconnaitre qu'il avait mis la barre haute ! Néanmoins, On peut rapidement se rendre compte que cet auteur vient du monde de l'animation. IL y a beaucoup de mouvement dans son trait, c'est vif et incisif à souhait. Les trognes des personnages sont vraiment très expressives, c'est ce que j'aime dans son travail. Certains risquent de hurler mais je trouve que cette qualité est rare, c'est quelque chose que je retrouve chez Bill Watterson. Pas besoin d'en faire des caisses pour donner vie à un dessin. L'ensemble parait assez sommaire, mais c'est aussi ce qui fait la beauté de la chose. Tantôt malchanceux, tantôt malheureux, le pauvre renard serait bien à plaindre si ses péripéties n'étaient pas aussi drôles. Kidnapper une poule par tous les moyens possibles et inimaginables, voilà la trame de l'histoire, le quotidien d'un renard pas vraiment crédible en prédateur. Manipulé par un Loup arrogant, qui rêve de volaille sans le soucis du travail. Mais c'est sans compter nos héros rencontrés dans un bébé à livrer, le futé petit cochon et ses deux compères, le lapin et le canard qui n'ont jamais inventés l'eau chaude. Mais qui sont tout de même de bonnes pâtes. On trouve également un chien en gardien de basse cour, plutôt désinvolte de la tâche qui lui incombe. Un plan est échafaudé pour voler des poussins dans le but de les engraisser pour en faire un festin. Les poules ne se laisseront pas voler dans les plumes ! La guerre est déclarée !! De l’humour simple et efficace pour passer un bon moment. Juste pour sourire ou bien rire.
Le Linge sale
Sur une idée simple (un type sort de prison et veut se venger de sa femme et son amant), Rabaté construit une bonne histoire. Ce que j'ai aimé dès le début c'est la psychologie du mari cocu. Il est un personnage fascinant et j'aime bien comment il pense et comment il veut se venger. La famille de sa femme et son amant sont eux aussi bien pensés. J'étais vraiment surpris de voir que c'était une bande de voleurs qui semblent commettre tous les petits délits imaginables. Du coup comme les deux parties sont un peu antipathiques (après tout le mari cocu veut aussi tuer des gens qui ne lui ont rien fait), je n'avais pas de parti pris et j'ai eu du plaisir à voir qui allait 'gagner' entre le cocu et la famille. En plus, le scénario est prenant et contient plusieurs scènes d'anthologie.
La Légende de Noor
Pour commencer, la couverture est très belle. Les dessins vont tout de suite séduire le lecteur par des décors à couper le souffle d'autant que c'est en couleur directe. On entre dans un univers fantasmagorique composé d'elfes et de déesses. L'exotisme sera au rendez-vous. Il est vrai que Corbeyran nous a déjà habitué à ce style de séries. J'avais un peu d'appréhension de sentir le réchauffé. Je m'étais trompé car l'homme a encore de la ressource pour composer une histoire originale qui se base sur un arbre géant sacré au pied d'une ville. Il est question d'anciennes croyances à éradiquer ou à sauver selon le camp où l'on se place. En fait et il faut le savoir, la légende de Noor est une série dérivée de Weëna mais qui fonctionne de manière totalement indépendante. Si vous n'avez pas lu Weena, ce n'est absolument pas grave. Bref, le fond et la forme sont réussis. Que demander de plus pour commencer une nouvelle série ? C'est certes assez classique mais efficace et surtout très agréable à lire.
Achille Talon
C'est drôle comme certaines BD peuvent laisser un sentiment mitigé. Si je me replonge plusieurs années en arrière, Achille était pour moi une sorte de must. J'avoue que ce que j'appréciais le plus c'était bien évidement les dialogues et plus particulièrement la logorrhée du sieur Talon. Bien sûr une grande part des subtilités de langage me passaient largement au dessus de la tête mais le principal était l'emploi de ces mots qui possédaient un côté un peu magiques. A cela il fallait ajouter un personnage truculent de père amateur de bière. Bref j'aimais bien A.Talon. Les années passant, je retombais épisodiquement sur un album et je me régalais du verbe mais de moins en moins des situations qui décrivaient un petit monde un peu étriqué où aucun véritable souci ne venaient entacher la quiétude et la monotonie de la vie. Si je devais ne m'en tenir qu'à ce point ma note serait différente ; malgré tout, même si la satyre est légère elle a le mérite d’exister. De plus une BD qui manie le verbe et les mots de cette manière ne peut être que recommandable. Pas toute la collection, mais en posséder deux ou trois tomes me paraît raisonnable pou ce qui fut tout de même un monument de la BD.
Le Grand Méchant Renard
Le grand méchant renard est en fait un renard très sensible et attachant ! Beaucoup d'humour dans cette petite bd qui ravira les petits comme les grands.
Jérôme Bigras - Le Fond du Trou
Eh bien, que voilà un album original ! Et qui a su gérer le n’importe quoi, le délire absurde dans lesquels l’histoire s’est embarquée, en le mêlant à un exercice quasi oubapien franchement réussi. L’histoire en elle-même est complètement foutraque – et par la même difficile à résumer. Mais elle est bien menée, drôle et captivante. Le dessin lui-même, très bon, est pour beaucoup dans l’attrait de cet album. Mais ce qui fait de ce « Fond du Trou » une œuvre intéressante et réjouissante, ce sont les jeux que Jean-Paul Eid multiplie, dans l’album, mais aussi avec le médium Bande Dessinée. En effet, un trou perce l’album de part en part et donc à chaque page il faut qu’il soit raccord avec l’intrigue et les dessins – ce qui est le cas ! De plus, tout au long de l’intrigue, de nombreuses mises en abîme, des références aux pages suivantes et précédentes, ajoutent au délire et à la complexité de la construction de l’histoire. Et pour finir sur la construction de l’album, il faut dire que cela n’entrave en rien la lecture, cela ne se fait pas au détriment de l’intrigue et de l’humour. En cela Jean-Paul Eid est dans la droite ligne de Marc-Antoine Mathieu – à qui il rend d’ailleurs un hommage évident en faisant apparaître son personnage fétiche, Julius Corentin Acquefacques. Je surnote peut-être un peu (note réelle 3,5/5), mais c’est vraiment une très belle surprise, et une lecture et un achat que je vous conseille vivement !
Bimbogami Ga!
3.5 Un manga très amusant. J'ai lu les 10 premiers tomes et j'ai bien envie de connaitre la fin. J'aime bien l'idée qu'une fille ait le pouvoir d'absorber la chance des autres et qu'une déesse de la malchance doive faire en sorte que la chance de cette fille disparaisse. Le traitement des idées n'est pas des plus original (par exemple, la fille très chanceuse est très riche et agit comme une vraie égoïste, mais en fait elle n'est pas aussi égoïste qu'elle prétend), mais cela n’empêche pas ce manga d’être divertissant. Je trouve que l'humour est très marrant et j'ai bien aimé les moments plus sérieux. J'aime bien comment la situation change et qu'il n'a pas de status quo. Les personnages sont attachants. Bref, si on aime les mangas pour ados c'est à lire.
Au coin d'une ride
Je viens de finir cet album, et j'en ai vraiment les larmes au bord des yeux. C'est extrêmement touchant. L'auteur rentre dans l'histoire très doucement, je ne voudrais pas gâcher son propos en en dévoilant trop ici (l'éditeur le fait, j'ai recopié son texte dans l'onglet histoire). C'est le récit d'une personne qui vieillit, des changements apportés par la vieillesse, et qui ne sont jamais facile à vivre. C'est aussi et avant tout une histoire d'amour, de cet amour qui se vit par de petits détails du quotidien, de petits gestes, des souvenirs aussi. Alors quand la vieillesse passe par là et détruit ces éléments sans considération, c'est vraiment dur. Des préjugés viennent encore compliquer la donne. Et l'auteur retranscrit tout cela avec beaucoup de réalisme, et une certaine pudeur. Des couleurs, des expressions de visage, des dialogues en quelques cases. Son style très simple de dessin n'empêche pas la profondeur et la crédibilité du propos. J'ai pris cet album en étant attirée par sa superbe couverture, je ne le regrette pas.