Les derniers avis (31997 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kraa
Kraa

Je mets mon avis à jour suite à la lecture des 3 tomes. Bon sang quel plaisir de voir Benoît Sokal revenir à ses premiers amours, seul aux commandes d’une nouvelle série BD, ce qui ne lui était plus arrivé depuis longtemps (il avait délégué à Bingono le dessin de sa dernière série en date, Paradise). Et si je puis me permettre, il s’est vraiment surpassé ! L’histoire reprend certes un point de départ assez banal (des blancs qui bafouent une terre indienne et martyrisent son peuple, pour s’accaparer des ressources naturelles), mais l’auteur y ajoute des ingrédients bien à lui : les grands espaces sauvages, la nature, l’aventure, et un soupçon de fantastique. Le cocktail fonctionne à merveille, et j’ai littéralement avalé les 3 tomes. Et que dire du dessin, sinon que je l’adore. J’ai trouvé chaque planche magnifique, que ce soit au niveau des personnages ou des paysages. La mise en couleur est elle aussi superbe. Un vrai délice pour les yeux (je vous laisse découvrir des extraits dans la galerie). Bon certains regretteront peut-être un trait un peu gras sur certaines cases, mais moi, ça ne m’a pas du tout dérangé... tout est affaire de goût. Une valeur sûre, terminée en 3 tomes !

11/09/2010 (MAJ le 24/06/2015) (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un Marron
Un Marron

J’ai trouvé cet album passionnant. Il est clairement basé sur une recherche historique pointue, mais n’est pas rébarbatif ou trop chargé pour autant. L’histoire est fluide et prenante, et pas manichéenne du tout malgré le sujet. Le contexte historique est lourd de sens et intéressant au possible. La mise en image est superbe (malgré une couverture il est vrai un peu terne), et me rappelle un peu le dessin de Simon Hureau (L'Empire des hauts murs, Le Massacre). On prend vraiment plaisir à explorer la jungle de l’ile de la Réunion en compagnie de nos deux échappés. Un album que les amateurs d’histoire et d’Histoire se doivent de découvrir. Vivement la suite !

24/06/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Romanji (3)
Romanji (3)

Romanji/3 est une des toutes premières œuvres de Hugues Micol, un essai qui n’aurait surement jamais vu le jour sans l’engouement de l’éditeur Cornélius pour éditer des œuvres singulières et barrées. Considérée en son temps comme une œuvre d’apprentissage du dessin comme a pu l’être en son temps les Carottes de Patagonie pour Trondheim, cette histoire entièrement muette se veut un hommage de plusieurs influences dont la première pourrait être Blade Runner version Ridley Scott avec cette longue course poursuite dans une mégalopole aux symboles asiatiques commençant par l’absorption d’un poisson par le traqué et s’achevant par un combat d’ordre divin ! Entièrement dessiné au stylo bille, le dessin a de quoi surprendre par son absence d’encrage ou par certaines perspectives maladroites. Pourtant le découpage est juste exemplaire et ne laisse aucun répit au spectateur pour peu qu’on soit réceptif à de longues scènes d’action et de corps en suspens façon John Woo et Geoff Darrow. Découpé en 3 chapitres bien distincts, la narration éveille les sens jusqu’à faire abstraction de lignes parfois confuses mais on dénote une amélioration du trait, Micol construisant des décors de plus en plus vivants et structurés, la sensation de fun est bien réelle et éveille les sens… On ne saura jamais en l’état les motivations de cette police un peu particulière et l’acharnement d’un policier prêt à tout coûte que coûte ainsi que les objectifs de cette société secrète qui se mue au gré de poissons avalés crus mais le spectacle est total. La nouvelle édition ajoute une colorisation framboise et une couverture cartonnée mais pour peu que vous ayez un peu l’esprit ouvert, nulle déception à venir à la lecture de « 3 » ou de « Romanji »qui offre le même genre de sensations qu’un « Hard Boiled » de Darrow et Miller, la maîtrise graphique en moins mais la grâce des mouvements à pied d’égalité. PS : notez bien que Romanji est le nouveau titre de 3 dans l'édition 2015 mais que les deux oeuvres sont la même ! :)

24/06/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pretty Deadly
Pretty Deadly

Pour moi cet album fut avant tout un coup de cœur graphique, en particulier avec sa couverture enchanteresse. A ce titre je ne comprends pas ce changement de couverture sur la VF, les éditions Glénat avaient-elles peur que le rose rebute les mâles français ? (voir la couverture VO ici) La beauté du dessin se retrouve à l’intérieur de l’album, on en prend plein les mirettes : trait précis, compositions de toute beauté, et couleurs parfaitement adaptées au récit. Ce dessin dégage une poésie qui m’a vraiment enchanté. L’intrigue est originale (la Mort qui succombe aux charmes d’une humaine, qui se retrouve enceinte), et si le déroulement est globalement assez violent, les textes dégagent eux-aussi une poésie qu’on voit rarement dans ce genre d’histoire. Par contre je vois que je ne suis pas le seul à trouver que cette dernière est un poil difficile à suivre, surtout sur la deuxième moitié de l’album (qui se lit comme un one-shot, même si une suite est prévue). Un coup de cœur !

24/06/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Emma (Mori)
Emma (Mori)

Je le revendique haut et fort : j’adore les histoires de romance ! Je suis un grand fan par exemples des œuvres de Nicholas Sparks car je collectionne tous les films tirés de son œuvre. J’aime quand les films de lovers me font pleurer à l'image de Nos étoiles contraires. Cela va à l’encontre des critiques qui généralement cassent ce genre qui a mauvaise presse. A l’inverse et curieusement, les critiques louent assez souvent les comédies. Pourtant, savoir faire pleurer est également tout un art comme savoir faire rire. Ce qui m’a plu dans Emma, c’est que cela paraît être une histoire intemporelle même si l’action se situe dans l’Angleterre victorienne. Il s’agit de l’amour impossible entre deux membres de castes différentes. Le ton est donné dans le premier tome lorsque le père Jones indique qu’il y a bien un Royaume-Unis sur le papier mais en réalité deux pays différents: celui de la bourgeoisie et celui du petit peuple. L’amour peut-il transcender les classes sociales ? C’est bien le thème de ce manga. La formule est toujours la même, les passages obligés sont toujours les mêmes, les clichés sont toujours les mêmes mais c'est tellement bon, tellement confortable de se replonger dans ce genre de manga ultra-romantiques, complètement premier degré et qui s'assument comme tels. Ce manga fait ce qu’on lui demande : nous transporter dans une histoire d’amour avec une attachante et belle petite soubrette comme héroïne.

24/06/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy

Et tiens, si je me refaisais Lanfeust pour voir comment ça a vieilli ? Ba oui, le temps passe vite ma bonne dame et cette série, créfieu !, elle a déjà passé les 20 ans d'âge ! Et bien, ma fois ça reste une très bonne série, même si j'en gardais encore un meilleur souvenir. C'est vrai qu'à l'époque, ça avait redonné un petit coup de fouet et de fraicheur à la fantasy qui s'endormait mollement sur ses acquis. Si cet aspect novateur a pris un peu de plomb dans l'aile avec toute la déferlante du genre qui a suivi, elle a au moins eu le mérite de remettre la fantasy sur les rails du succès et de lui redonner une vitalité qui lui faisait défaut, avec ce petit côté "j'me prends pas au sérieux" pas désagréable en soi :) Car ce qui fait la réussite de cette série, au delà d'un univers riche et foisonnant, c'est son humour et ses calembours qui s'égrainent au fil des noms propres et les références (qui commencent un peu à dater pour certaines) plus ou moins explicites à des personnes réelles. Toutes n'ont pas la même subtilité, mais ça donne lieu à des dialogues et des répliques pas piquées des hannetons ! Si les personnages ne brillent pas par leur originalité dans leur ensemble, on a quand même le Troll Hébus qui remonte sérieusement le niveau et donne toute sa saveur et sa "subtilité" à cette série, donnant lieu à des scènes épiques et mémorables. Mais certains personnages secondaires finissent par trouver une place de choix et se révélés intéressant tome après tome. Quant au dessin de Tarquin, ma fois il vieillit plutôt bien, même si certains côtés anguleux des personnages auraient demandé à être un peu plus assouplis. Mais j'ai apprécié ses paysages, et la richesse de la faune et de la flore qu'il développe aux quatre coins de Troys, dans des contrées très inspirées de notre bonne vieille Terre, mais toujours avec des touches très personnelles et débordantes d'imagination. Bref, Lanfeust, même passé ses 20 ans, garde toute sa fraicheur et donne lieu à un réel plaisir de lecture au fil des 8 tomes qui composent cette saga

23/06/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Futura
Futura

Je me demandais depuis un certain temps ce que devenait Jean-Charles Kraehn qui n'a toujours pas terminé sa saison 2 de Bout d'homme qui fut jadis l'une des mes bandes dessinées préférées. La réponse est qu'il s'essaye à une nouvelle série de science-fiction pour la première fois. Le résultat n'est pas mauvais même s'il puise allègrement dans les mondes de Léo en développant un univers fantastique avec sa flore et sa faune et en n'oubliant pas le contexte économique et politique. La couverture n'est malheureusement pas des plus réussies car elle se concentre sur le personnage féminin de ce trio qui part à l'aventure dans une terra incognita. Les trois compères ensemble auraient pu faire l'affaire plutôt que de mettre les formes avantageuses de son héroïne qui nous casse vraiment les pieds à geindre : "ah, si j'avais su, je ne vous aurais pas accompagnés !". Alors, il fallait rester chez toi, ma belle ! Mais bon, passons sur ce détail ! La motivation de ces jeunes est de s'affranchir de l'obscurantisme d'état et de la religion officielle qui empêche de nouvelles découvertes sur les origines de ce monde. Cela se passe sur Futura, une planète lointaine et oubliée. Les ancêtres disent que les humains viendraient d'une planète dénommée la Terre mais cela semble être un joli conte. Graphiquement, le style de Kraehn me plaît toujours autant. Certes, les couleurs sont numériques mais cela donne un bel aspect futuriste à l'ensemble. En tout cas, cette mise en scène est plutôt réussie car on a grandement envie de connaître la suite. Certes, cela reste classique et cela peut manquer d'audace. Cependant, il y a quelque chose qui opère véritablement.

21/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série MangeCoeur
MangeCoeur

Prenons les choses dans l'ordre : Les couvertures de ces trois tomes sont une tuerie, avec une mention spéciale pour le trois. Le dessin ensuite, bon ! et dire qu'Andréae en était à ses débuts ! Une claque visuelle, qu'il s'agisse des cadrages, de la richesse du décor, des trognes, de la couleur, de l'inventivité des situations, du dynamisme du trait, c'est limite énervant tellement c'est bien foutu, beau et tutti quanti ! Après il y a bien sur un scénario qui est plus qu'à la hauteur, c'est vraiment très fort ! Les thèmes qui sont abordés tout au long de cette histoire sont prenants mais sans jamais être larmoyants. Là ou d'autres auraient pu tomber dans le pathos de bas étage, M. Gallié sait mener sa barque pour évoquer des choses forts sombres, douloureuses ; grâce à quelques pirouettes, et je ne dit pas raccourcis faciles, il aide et amène le lecteur à se réinterroger sur des angoisses, des peurs d'enfants, voire d'adultes. Récit plombé, triste, mortifère ? En aucun cas car les auteurs ont choisi de situer leur action au sein d'une gigantesque fête foraine où finalement la joie de vivre et de s'amuser n'est pas si évidente que cela. Par le biais de moult informations l'on sait que le clown n'est pas si comique que cela, et je défie quiconque d'apprécier vraiment ce clown gardien ou le Mangecoeur, ici parfaite illustrations de nos peurs les plus primaires. Dans le genre du conte cette trilogie est pour moi un must, un incontournable, aussi si vous ne connaissez pas, et bien foncez !

21/06/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nous, les morts
Nous, les morts

« Nous, les morts ». Nous, les morts européens, nous, les zombies du vieux continent… Pour cette série évoquant l’Europe médiévale contaminée par une peste noire transformant les gens en morts-vivants, difficile de dire si le titre doit être envisagé comme une supplique désespérée, une accusation cynique ou un constat désabusé. Chacun se fera sa propre opinion, mais il faut reconnaître à cette œuvre, prévue en quatre tomes, une puissance intrinsèque qui se déploie au fil des pages à coup d’images fortes, souvent assez terrifiantes et dignes d’un enfer de Dante. Cette uchronie très originale permet la rencontre de deux civilisations au XXIe siècle, celle d’une Europe médiévale et celle des « Inkas », sous un angle inversé par rapport à la réalité historique officielle, ce qui donne lieu à une alchimie étonnante et détonante. Conformément à cet effet de miroir et sans vouloir rien révéler de l’intrigue, ce sont les Incas/Inkas qui vont découvrir l’Europe en 2048, dans ces conditions très particulières, mais contrairement aux conquistadors, ils n’ont aucune visée conquérante. Chargé de ramener à son père le secret de l'immortalité, le prince Manco se contente d’observer et de tenter de nouer des liens avec ces étranges « autochtones », en opposition toutefois avec son belliqueux général Yaocoyotl. Suivant cette perspective inversée, les auteurs adoptent un point de vue empathique en nous mettant dans la peau de ces Incas, avec comme personnage principal Manco, fils du souverain resté au pays, le Sapa Inka, tandis que les Européens, encore au stade du Moyen-âge, sont réduits à l’état de morts-vivants plus ou moins décérébrés depuis les ravages de la Peste noire de 1348. Dans l’ensemble, les personnages sont bien campés psychologiquement, et cela est fort appréciable car ils sont nombreux (surtout chez les Amérindiens) et pas suffisamment différenciés d’un point de vue graphique, ce qui peut constituer un frein pour entrer dans l’histoire. Il s’agit du seul petit bémol, lequel fort heureusement se fait oublier dès le deuxième tome, dans la mesure où le premier volet se voulait plus une présentation des protagonistes. Le trait réaliste et expressif d’Igor Kordey, jouant agréablement avec les ombres, est sobre et efficace, tout comme la mise en page, très fluide. Quant aux couleurs, elles sont parfaitement adaptées aux différents contextes du récit. Grises, verdâtres et sombres pour les séquences européennes, vives et chamarrées pour les séquences amérindiennes. Avec « Nous, les morts », Delcourt a visé juste en mêlant ces deux thèmes à la mode que sont les uchronies et les zombies dans la bande dessinée des années 2010. Mais ne se contentant pas de surfer sur la tendance, l’éditeur frappe fort grâce à l’inspiration dont font preuve les auteurs Darko Macan et Igor Kordey, déjà cité plus haut. Ces derniers parviennent à nous surprendre par l’intelligence et l’audace du propos, ainsi que par moult trouvailles, aussi bien thématiques que graphiques, jusque dans les couvertures ! Aventure et humour grinçant composent les autres ingrédients de ce projet haut en couleurs, lequel, incontestablement, se démarque et comporte nombre d’atouts pour conquérir un large public. Reste juste à souhaiter que les deux tomes à paraître qui concluront cette tétralogie restent à la hauteur.

21/06/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Munch
Munch

3.5 C'est marrant, je connais le tableau du Cri, mais je n'ai jamais cherché à savoir qui en était l'auteur et si je me souviens bien lorsque j'étais petit je pensais que c'était un tableau de Van Gogh ! J'ai donc appris plusieurs choses sur ce peintre en lisant cette bande dessinée à la fois éducative et intéressante. C'est un gros pavé qu'on ne lit pas en 20 minutes. Je suis impressionné par le travail des deux auteurs. J'aime particulièrement comment le style du dessin change selon les pages. La vie de Munch est passionnante et sa personnalité est vraiment intéressante. J'ai vraiment eu du plaisir à découvrir ce peintre. Le scénario semble un peu partir dans tous les sens, mais heureusement cela reste facile à suivre. Il y a des passages moins passionnants (la vie amoureuse de Munch par exemple), mais globalement j'ai adoré ma lecture.

20/06/2015 (modifier)