Les derniers avis (31997 avis)

Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Trouble is my business
Trouble is my business

Jirô Taniguchi est un auteur que j'apprécie beaucoup, et lorsque je peux mettre la main sur un "nouvel" album réalisé par ses soins, je n'y manque pas. Le cas est différent ici, puisqu'il s'agit d'une oeuvre de jeunesse (la première ?), réalisée dans les années 80 et forte d'un classicisme forcené. Ayant lu les 4 premiers tomes j'ai en effet pu voir l'influence de grands auteurs de polars noirs américains des années 50. Le héros est un privé désabusé, pas forcément courageux et pas franchement doué non plus. L'intérêt se situe dans ses relations avec les yakuza et les flics, ripoux la plupart du temps, mais aussi dans la relation qu'il entretient à distance avec son ex-femme et leur fille, pas toujours simple. Au pinceau c'est Taniguchi donc, dans un registre plus noir, plus nerveux que celui qu'on lui connaît, à l'époque où son style et sa mise en scène s'apparentaient à celle d'Otomo. Le résultat est loin d'être déplaisant, même si on a du mal à différencier les personnages, habillés et coiffés de façons très proches (c'étaient les années 70...). Une petite curiosité, pour les fans des deux auteurs.

02/07/2015 (modifier)
Couverture de la série Pilules bleues
Pilules bleues

Frederik Peeters est vraiment un auteur que j’apprécie beaucoup, et qui produit des œuvres à la fois intéressantes et éclectiques. Cet album épais – mais qui se lit finalement assez vite, est un beau témoignage autobiographique, dans lequel Peeters narre par le menu les interrogations qui naissent à propos du SIDA, sa compagne et son fils étant porteur du virus. Peeters livre ici un récit à la fois intimiste et universel, qui ne donne jamais dans le pathos. Mais c’est aussi et surtout une belle histoire d’amour qu’il nous est donné de suivre, de sa naissance (les différentes étapes de la rencontre de Peeters avec sa compagne) à sa consolidation, malgré et/ou à cause de la présence parfois oppressante – mais finalement pas si longtemps que ça – du SIDA. Un album à découvrir !

02/07/2015 (modifier)
Par Régine
Note: 4/5
Couverture de la série Taxi girl
Taxi girl

BD passionnante et drôle. Les personnages sont très bien dessinés ce qui est agréable à l'oeil, ainsi que la colorisation. Plusieurs scénarios surprenants et comiques. Le personnage principal, Pearl, est une femme avec un très fort caractère, elle ne se laisse pas faire et avoir par la gente masculine. C'est une femme qui aime prendre des risques et qui aime son métier de conductrice de taxi.

28/06/2015 (modifier)
Par Bullist
Note: 4/5
Couverture de la série Reconquêtes
Reconquêtes

"Reconquêtes" raconte l'histoire de 3 tribus du peuple Scythe confrontées à la menace du Royaume hittite et avec les Babyloniens en spectateurs de cet affrontement. Sur ce fond historique, les auteurs ont rajouté quelques éléments fantastiques, notamment un bestiaire d'animaux de combat (éléphants gigantesques, griffons et d'autres animaux exotiques provenant du fin fond de l'Afrique) et quelques magiciens survivants de la mythique Atlantide. Les combats sont sauvages, les femmes sont des guerrières, belles et plantureuses, des meurtres mystérieux viennent mettre à mal l'alliance entre les différentes tribus, le récit est prenant. Le tout est raconté avec un dessin classique, élégant et plaisant. Bref, une bonne histoire dont j'attends la conclusion avec impatience!

28/06/2015 (modifier)
Couverture de la série L'Épée d'Ardenois
L'Épée d'Ardenois

C'est une réelle et très agréable surprise que cette sympathique Bd animalière découverte en médiathèque par hasard, sans l'avoir cherchée. Je l'ai trouvée remarquable dans son déroulement, sa mise en page, son aspect soigné et surtout son très joli dessin. Réussir à conter une histoire qui a quelques relents tolkieniens au ton plus adulte qu'on ne croit, dans un contexte médiéval avec des animaux bien typés pour figurer des caractères et des expressions, relève d'un certain talent dont s'acquitte Etienne Willem, dessinateur que j'ai découvert ici. Le récit est un peu compliqué, comporte de nombreuses ramifications, et est envahi de nombreux personnages ; il faut donc s'investir dedans avec attention pour bien tout capter tant c'est foisonnant. Encore une fois, j'admire ce dessin soigné, précis et clair qui s'inspire un peu de formes disneyennes, tout en éludant la naïveté de l'univers Disney, et qui atteint un côté esthétique et travaillé dans son ensemble, que ce soit sur les décors, les accessoires, les personnages aux anatomies bien reproduites, le tout dans des cases souvent bien remplies de petits détails, contrastant avec d'autres cases parfois larges mais au fond vide. C'est un vrai régal de lire une Bd de ce calibre qui en plus offre des personnages très attachants ou sexy, et encore une fois, la carte des pages de garde s'avère utile pour situer les lieux géographiques de ce monde imaginaire. Un excellent récit agréable et divertissant, à l'univers plaisant, mais qu'il faut lire concentré.

27/06/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Transmetropolitan
Transmetropolitan

*Avis portant sur les trois premiers tomes de la réédition d'Urban Comics* Cette série faisait partie des nombreux comics que j'avais envie de lire depuis des années et je fus bien content de la voir finalement dans le catalogue de ma bibliothèque. Après lecture des trois premiers tomes, je ne suis pas déçu. Je trouve que le futur imaginé par Ellis est original même si le coup du méchant président qui veut tout contrôler est un peu cliché. Le scénario possède plusieurs qualités: il est prenant, bien rythmé, bien construit, le scénariste utilise parfaitement différents styles de narrations et surtout le scénario m'a souvent bien surpris. Le personnage de Spider Jerusalem est très marrant et je trouve la plupart de ses dialogues savoureux. Le dessin est pas mal. Un bon moment de lecture.

27/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Sang des Lâches
Le Sang des Lâches

Une aventure du Major Arthur J. Joyce Byron Pike par Jean Yves Delitte, peintre officiel de la marine belge. Dans l'île de Batavia aux Indes orientales, la toute puissante compagnie néerlandaise des Indes orientales fait sa loi. Un campement anglais aux confins de l'île est attaqué par des indigènes et ses occupants sont massacrés. Parmi eux un Lord anglais; un enquêteur arrive alors d'Angleterre mais il se heurte aux intérêts des uns et des autres et notamment à la puissante compagnie hollandaise, la VOC. Le récit nous propulse 20 ans plus tard en Angleterre où le Major Pike est chargé d'enquêter sur une série de meurtres atroces avec des corps démembrés et retrouvés dans la campagne. Sans spoiler il est bien évident qu'à vingt ans d'écarts les évènements de l'île de Batavia et ceux qui se sont produits en Angleterre sont liés. Dans ce diptyque, J.Y. Delitte nous entraine donc dans deux enquêtes qui s'entremêlent aux fil des pages: celle où un l'officier débarque à Batavia pour récupérer le corps du Lord assassiné et tenter d'en savoir plus et celle se déroulant en Angleterre, menée par le Major Pike. Avec cette histoire, l'auteur nous plonge dans le monde des grandes compagnies qui faisaient la richesses des états de l'époque, s'y adjoint une enquête criminelle qui si elle est importante et bien menée n'est aussi qu'un prétexte pour nous faire découvrir la vie d'une communauté d'hommes aux service d’intérêts marchands et de l'autre des aspects de la vie à York dans la province anglaise. Au niveau du dessin que dire? Delitte est toujours aussi doué et ici il nous offre des planches fabuleuses qu'elles soient maritimes ou montrant des architectures militaires. On s'y croirait! Seul petit bémol déjà relevé dans ses autres œuvres, les visages de ses personnages ont un peu tendance à se ressembler. Sinon, cadrage, découpage et colorisation sont nickel. Un soin particulier est apporté aux détails, c'est le petit plus qui fait tout. Annoncé comme le premier cycle d'une série qui devrait perdurer nous sommes ici dans un récit qui combine aventures exotiques et enquête policière, personnellement j'y ai trouvé plus que mon compte, aussi je recommande fortement la lecture ainsi que l'achat.

27/06/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série Zombies Néchronologies
Zombies Néchronologies

Le sympathique tome 0 de la série Zombies d’origine intitulé « La mort et le mourant » a du donner quelques idées à Olivier Péru pour étayer son univers zombiesque. En effet, à peine le premier cycle achevé avec Sophian Cholet qu’on ne retrouve plus ici qu’à la réalisation de la belle couverture sur fond de tour Eiffel, « Zombies Néchrologies » fait son apparition en proposant une histoire complète et indépendante se déroulant pendant l’apocalypse des infectés et à chaque fois dans un pays différent. A tout « saigneur » tout honneur puisque ce sera notre pays qui aura les honneurs d’ouvrir cette série parallèle sous la plume de Nicolas Pétrimaux qui a réalisé un travail exemplaire même si assez éloigné du style de Sophian Cholet. Scènes dynamiques, encrage assez lourd et décors écrasant de réalisme, tout sied à merveille pour restituer une ambiance putréfiée si chère au cadre. Néanmoins Olivier Péru y dresse cette fois ci un visage politique assez ironique et culotté de notre politique actuelle puisque Charles (en référence à de Gaulle probablement dont il emprunte certains traits), le héros de cet opus, incarne le garde du corps des présidents depuis Mitterand jusqu’à notre François Hollande actuel non sans écorcher au passage chacune de nos chères personnalités par un flashback à la construction remarquable et peut-être encore plus l’actuel hôte de l’Elysée de façon bien plus fun que les écrits de sa célèbre ex-compagne ;) Autant dire que les premières pages impriment un rythme haletant et tout à fait inédit de bon aloi. Loin de vouloir se reposer sur ses lauriers, Péru entraine dès lors son garde du corps assorti d’un compagnon d’infortune plutôt pénible vers une fuite en direction de Genève où les remparts résistent face à l’invasion zombie vers une micro-société peut-être pas aussi bien intentionnée que souhaitée… Péru aligne subtilement les leçons de sa série mère (parfois au rythme bien trop lent et trop gentil selon moi) pour imposer le sarcasme du fameux tome 0 (incontestablement à ce jour mon tome préféré) et ses scènes d’action. La fin lorgne sur le film « 28 jours plus tard » avec le danger militaire mais le scénario réserve encore quelques bonnes surprises et une fin tout à fait à la hauteur aussi iconique que touchante. Il n’y a rien de strictement original dans tout cela mais cela reste d’excellente facture et reste très divertissant. Olivier Péru excelle davantage dans des scénarios courts et brutaux comme pris sur le vif que sur des odyssées au long cours (quelque part la rupture de cycle sera sans doute bénéfique pour la série mère). Sans être indispensable, ce tome mérite amplement d’être lu et pas seulement pour l’utilisation effrontée de Mr. Hollande ! Pas mal du tout et complètement indépendant de Zombies. Tome 2 : Nouveau tome, nouvelle capitale (Stockholm), nouveau dessinateur (Arnaud Boudoiron) et toujours Olivier Péru aux commandes. Malgré un début catastrophique avec ce préambule plutôt cliché de créateurs de jeux video voulant faire le titre de zombie ultime, on passe un moment plutôt tendu et sombre lorsque la véritable invasion zombie surgit et qu'il faut se serrer les coudes pour survivre... On retrouve un peu le sentiment d'isolement et de survie propre au film Zombie de George A. Romero et on se doute que quelque chose ne tourne pas rond parmi les survivants.... Il s'agit probablement de l'opus le plus désespéré et cruel de tout l'univers de Péru/Cholet et peut-être aussi finalement de mon préféré. Boudoiron s'en sort admirablement en reprenant les codes visuels de Sophian Cholet mais en s'appropriant l'univers Zombies pour le meilleur et également surement pour le pire compte tenu des évenements dramatiques d'un épisode qui ne laissera personne indifférent.... Pour une fois les effets gore laissent un peu plus de place à une noirceur vraiment inédite. Chaudement recommandé.

29/09/2014 (MAJ le 25/06/2015) (modifier)
Couverture de la série Red Road
Red Road

Etrangement, moi qui suis fan de Derib et de ses séries indiennes, j'ai découvert celle-ci assez tard, en tout cas pas en 1988, date où il l'entreprend après Celui qui est né deux fois, prépubliée dans le journal Tintin. Si j'ai aimé très tôt Derib avec d'abord Buddy Longway, c'est parce qu'il a montré une autre image de l'homme rouge ; sa démonstration d'humanisme est délivrée avec intelligence par les Indiens. D'un seul coup, Derib ôtait le masque de l'Indien sauvage et sanguinaire colporté par une imagerie d'Epinal peu flatteuse, rendant hommage à sa grande sagesse, à son expérience mystique, à l'harmonie qu'il entretient avec la nature, à son combat légitime contre l'avidité de l'homme blanc, et à sa souffrance résultant de son injuste dépossession par un gouvernement qui n'a pas su ou voulu le comprendre et l'accepter. J'ai retrouvé tout ça dans Celui qui est né deux fois ainsi que dans son prolongement contemporain "Red Road", seconde époque et suite directe de ce récit, située 150 ans après. Ici, l'expansionnisme des Blancs a scellé le destin des Indiens ; refoulés dans des réserves en forme de bidonvilles, amputés de leurs vastes territoires et de leurs moyens de subsistance, ils végètent et meurent une seconde fois. Au 20ème siècle, un monde neuf a émergé sur les cendres de l'ancien, l'Amérique moderne a peu tendu la main aux Indiens contemporains, ils ont juste été bons à servir le pays pendant la guerre, à pratiquer des travaux pénibles ou à construire les gratte-ciels de New York car ils ignorent le vertige. La fracture sociale est donc énorme, plus que pour le Noir ou l'Asiatique dans un pays qui a toujours méprisé les ethnies tout en les utilisant. La violence, le racisme, l'alcoolisme, le chômage et la précarité touchent l'Indien des réserves, et d'ailleurs, le tome 1 s'ouvre sur une réalité dans laquelle se débat Amos le jeune héros de cette histoire ; l'album offre des premières pages laissant voir la misère de la réserve de Pine Ridge qui est le lot de beaucoup de réserves, et où l'Indien ne connait que le désespoir et le mépris des Blancs dès qu'il en sort. Mais grâce à l'héritage précieux de ses ancêtres qu'il ignorait et qu'il découvre, Amos peut faire renaitre l'esprit indien, c'est ce que démontre Derib à travers ces 4 albums qui forment un parcours initiatique pour son héros : dans le tome 1, le grand père raconte l'héritage du peuple Sioux et le bison, animal qui en est la sève nourricière. Dans le tome 2, c'est l'apprentissage de la vie avec le monde des rodeos ; dans le tome 3, c'est l'errance, Amos se cherche en découvrant des Indiens rebelles au gouvernement ; dans le tome 4, il retrouve son identité à travers la révélation qui le présente comme l'héritier spirituel de Celui qui est né deux fois.. Voici donc une très belle Bd, d'une très grande valeur humaine, un récit fort avec un peu de naïveté qu'on ne trouvait pas dans la première époque, mais qui a le mérite de montrer avec acuité les conditions de vie des Indiens en réserves, et comment ils sont perçus encore à notre époque par ces gros lourdauds d'Américains cowboys ou de petites villes de bouseux. Le dessin est toujours aussi somptueux, avec des mises en page aux grandes cases, aux cadrages éclatés et des pages grandioses (double pages des bisons, du Mont Rushmore, du cercle cérémoniel de Wounded Knee...). Un récit prenant à travers lequel Amos prend conscience de ses talents de guérisseur, de la noblesse de sa race et du rôle qu'il peut jouer ; il y a donc de l'espoir au bout de la route rouge.

25/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Les Aventures de Mister Hyde - Un beau petit diable
Les Aventures de Mister Hyde - Un beau petit diable

Voilà un album qui n’est pas très connu, mais qui mériterait de l’être davantage. Car il possède quelques qualités. D’abord, comme le dit Ro, le dessin et l’encrage font effectivement « old school », tendance Pim Pam Poum. Mais l’humour développé dans ces strips muets (deux bandes de deux à quatre images par page) est franchement plus contemporain. En effet, le personnage principal, Mister Hyde je présume donc, est d’une méchanceté crasse. Et surtout sans aucune justification autre que la joie ressentie à se moquer des autres, à leur faire du mal ou simplement à les emmerder. C’est donc de l’humour noir, cynique, quelque fois légèrement trash, et loin du politiquement correct. Hyde se lâche ainsi contre les handicapés, les mendiants, les enfants, les animaux domestiques, etc... Parfois l’humour n’est pas tourné contre quelqu’un en particulier, et peut même être poétique (tout en restant noir). Album que les amateurs d’humour noir se doivent de redécouvrir. A noter qu’un autre tome était annoncé, mais n’a visiblement jamais paru. Note réelle 3,5/5.

24/06/2015 (modifier)