Je ne suis pas spécialement fan des Beatles, mais j’ai été captivé par cet album racontant les tout débuts du groupe alors qu’ils jouaient la nuit dans des clubs pourris de Hambourg.
L’histoire est bien documentée, et raconte entre autre la rencontre entre Astrid Kirchherr (photographe allemande) et Stuart Sutcliffe, cinquième membre du groupe à l’époque. L’auteur a choisi de centrer son récit sur ce dernier, son déchirement entre le groupe et sa passion pour l’art, ses problèmes de santé, sa relation avec Astrid.
On y découvre aussi dans une moindre mesure les mœurs allemandes de l’époque.
Le dessin en noir et blanc est élégant, même si il faut avouer que les personnages (surtout masculins) se ressemblent tous, et sont souvent uniquement identifiables grâce à leur coupe de cheveux !
Un album passionnant pour le non-fan que je suis. J’imagine que les amateurs des Beatles l’apprécieront à sa juste valeur.
Dès la première page, c'est une vraie splendeur ! la perfection du dessin emporte l'admiration ; les 2 premières pages ont une puissance évocatrice indéniable pour rappeler le souffle du Romantisme, avec le poète écrivant face aux flots chaotiques sous un ciel incertain, c'est une vision très parlante, que l'on retrouve sur la couverture d'album. J'avais pu admirer le dessin de Paturaud sur Les Passants du Clair de Lune, Succubes et Les Contes de l'Ankou, mais ici son trait confine à la pureté, j'aime beaucoup ce style graphique, il est idéal pour ce sujet ; les visages de femmes sont magnifiques, les visages célèbres bien reproduits, les décors aussi ne sont pas oubliés et sont parfaits, avec des pleine-pages. Le rendu est si beau et si bien documenté sur les costumes et les architectures que j'ai passé du temps à contempler les cases pour que rien n'échappe à mon oeil inquisiteur.. bref un véritable régal, une joie sans pareille.
Cette Bd m'a grandement attiré, non seulement par son traitement graphique, mais aussi à cause de mon attachement à Victor Hugo et son oeuvre. Il y a aussi une autre raison : en effet, c'est d'autant plus troublant que je me suis rendu 3 fois sur les lieux même du drame de Villequier, j'y ai vu les tombes du cimetière, la statue d'Hugo pleurant sur la rive de la Seine, avec à ses pieds cette simple plaque et ce vers "Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent, je le sais ô mon Dieu !". J'ai visité aussi le Musée Victor Hugo installé dans l'ancienne maison des Vacquerie, bien reproduite dans ces pages.
Le scénario développé par les auteurs, brode une histoire peut-être un peu fantaisiste au sujet de la mort de Léopoldine et de son mari, qui ne serait pas due au mascaret ; bon, c'est un parti-pris comme un autre, et après tout on peut l'accepter. J'ignore comment est le mascaret sur la Seine, mais je peux dire que vers chez moi, sur la Garonne, à une centaine de km de l'estuaire de la Gironde, c'est parfois si violent que les surfers se laissent glisser sur la vague sur une longue distance, ça peut donc faire chavirer une barque..
Ce qui est intéressant aussi dans cet album, c'est l'investigation de Victor Hugo qui, avide de vérité, cherchant à savoir les causes de la mort de sa fille chérie, plonge dans le Paris de la misère, il y rencontre des personnages pittoresques comme Thénard (qui deviendra le sinistre Thénardier), Vidocq (qui lui inspirera Javert) et Gavroche... tout ceci marquera sa mémoire tandis que germe l'idée des Misérables. Le rendu est donc excellent de ce côté, ajouté à un peu de spiritisme et une injustice judiciaire méconnue.
L'album se termine par un passionnant dossier sur Hugo et son temps, au moment des faits, le drame de Villequier, l'exil à Jersey et Guernesey, le Paris populaire sous le Second Empire, Vidocq, Haussmann, Juliette Drouet et les autres personnages réels et importants vus dans cette Bd... Une lecture dont je suis sorti ébloui et ravi.
Alors là !!
BD coup de poing !!
Un récit poignant sans concession. À découvrir d'urgence.
Cette BD est autobiographique, on ne trouvera pas de nains magiques, pas de personnages imaginaires aux oreilles pointus, pas d'étoiles filantes ni feux d’artifices.
C'est brut, c'est dur et c'est ça qui rend la chose si intéressante.
C'est sans artifice et sans détour que l'auteur nous dévoile son histoire, celle de sa famille.
La vie telle qu'elle peut être ressentie à travers les yeux d'un petit garçon d’à peine 10 ans.
Son quotidien est d'apparence tranquille, sans remue-ménage particulier.
Petit à petit on s’immisce dans l'intimité de cette famille. Doucement, mais sûrement l'auteur nous montre comment quelques phrases, quelques non-dit peuvent faire glisser le château de cartes.
Sujet complexe et délicat, aborder l'alcoolisme de sa mère est une sacrée prouesse narrative.
Le dessin et la colorisation sont sobres, le découpage est classique, ce qui permet de mettre en valeur le récit et il est très bon. Il mérite cette mise en avant.
Tout en pudeur et sans jugement, mais sans aucune concession, le récit se déroule.
Il pose des questions qui restent sans réponse, du moins c'est à chacun de trouver sa réponse.
Comment en arrive-t-on là ?
Est-ce que l'on peut rejeter la faute sur quelqu'un ? D'ailleurs est-ce vraiment la faute de quelqu'un ?
Le regard sur ces événements, sur cette vie, est-il différent si l'on a dix ans ou trente ans ?
Lorsque l'on devient responsable d'un enfant à son tour, le brouillard épais se dissipe, des explications se profilent.
Mais cela ne peut pas être l'unique vérité.
Car elle n'existe pas.
Quelques années après La Nouvelle aux pis, et dans la même veine (saignante ?), Stéphane Blanquet publie chez Cornélius cette Vénéneuse. L’album est encore plus noir – et plus épais ! C’est encore une fois un album muet, et qui peut laisser pantois…
On y retrouve, traités dans de superbes ombres chinoises, certains thèmes récurrents chez Blanquet : corps difformes, insectes, arbres sans feuille, plantes à épines (les décors donnent toujours plus dans le saillant que dans l’arrondi chez lui), connotation sexuelle souvent exacerbée, tout en restant « suggérée » par le jeu des ombres, humanité et animalité mal délimitées (et le « jeu » se complique avec l’utilisation de masques – ici de cochon).
Œuvre expressionniste – je pense à la petite fille/poupée démantibulée de « La Prager Strasse » d’Otto Dix, mais aussi et surtout œuvre expressive, de laquelle coule, suinte du sang noir. Mais il y a aussi des affinités avec certains artistes surréalistes – ou proches de leurs préoccupations, comme Hans Bellmer ou Pierre Molinier. Une œuvre proche aussi des préoccupations de Bataille.
Mais on peut aussi l’apprécier sans avoir en tête ces références : c’est un long poème fantastique et noir, de cette beauté qui touche mais qu’on n’explique pas. Envoûtant !
Je voudrais finir en rendant hommage à l’éditeur, Cornélius, à la fois courageux et inspiré, qui ose publier ce genre d’œuvre atypique. Et surtout qui le fait avec le talent et le goût sûr de celui qui « se » fait plaisir avant de nous contenter. Merci !
Cette histoire est excellente.
J'ai commencé ce récit en me disant 'ouais, c'est pas mal' et au fil des pages je me suis mis à trouver le scénario de plus en plus captivant. Cette histoire d'ogres est racontée de manière efficace. J'aime bien l'idée qu'au début de chaque chapitre, on raconte sous forme de texte l'histoire d'un ogre. Cela permet de mieux comprendre et d'explorer l'univers créé par les autres.
Le point fort du récit est comment Hubert réussit à me surprendre car je ne savais jamais ce qu'il allait se passer. Le rythme est bien maitrisé et le récit se déroule sur plusieurs années sans que j'ai l'impression que cela va trop vite. Le dessin est excellent et j'espère que le dessinateur aura une grande carrière. La seule chose que je reproche est la fin. Cela se termine un peu de manière abrupte.
Et je dirais même plus, excellente cette série. Sans en faire des tonnes, sans esbroufe, elle arrive à nous mettre au niveau de ces flics finalement ordinaires et à mille lieues des fantasmes que l'on prête au sigle RG. Ici point de cowboys, de belles voitures, si dans le premier opus le commissaire est amené à fréquenter les grands hôtels de la capitale ce n'est pas pour nous en mettre plein la vue. Ce qui est mis en avant ce sont les longues planques dans des pièces miteuses et surchauffées ou dans un véhicule banalisé.
Voilà une très bonne série sur le quotidien de ces flics qui se lit très bien , c'est plaisant, divertissant. A recommander!
Allez hop! Comme mon précédent camarade je ne vais que vous louer ce petit bijou de délire, de coups de gun en pleine face mais qui néanmoins sait garder le cap et ne nous perd jamais. J'aurais pu faire un bête copier coller de l'avis de PAco. Sachez que cette histoire est hautement jubilatoire, le monde dans lequel les personnages évoluent réserve de bonnes et belles surprises: le brasier, les enroncets (sorte de plantes carnivores), les fleurs de quartz.
Hormis le côté je dégomme à tout va, il y a ici ou là, quelques réflexions bien senties sur le pouvoir des médias, l'abêtissement de foules et la manipulation qui sont plutôt pas mal. Mais attention pas de prise de tête, énormément de fun, de l'action, un récit bien construit et quelques cases plus qu'agréables à regarder.
Le bougre d'avant ayant perdu toutes ses ratiches, il a omis de vous engager à lire et acheter ce petit concentré d'action, d'humour qui mêle la SF et le western à la Tarantino. Courez y.
Un nouvel album fort sympathique chez la Gouttière.
Cette fois-ci le récit se déroule selon trois points de vue, ceux de tous les intervenants dans l'histoire : la taupe qui n'arrête pas de creuser des tunnels et tente de survivre aux attaques de celui-ci ; le père, en colère, qui tente de tuer l'animal avec les moyens du bord, et les enfants, qui essaient de déjouer les stratagèmes du père. Cela donne un récit aux multiples rebondissements, avec une lecture souvent sur deux plans (dessus et dessous), très facile à suivre pour les plus jeunes.
Encore une fois Delphine Cuveele s'est adjoint les services graphiques de Dawid, qui réalise un boulot très agréable à l'oeil, au trait rond et généreux, qu'il met lui-même en couleurs. Il a rajouté de nombreux détails et clins d'oeil dans ses décors, les rendant fort agréables.
A lire, ou plutôt à regarder, le récit étant muet.
Pour apprécier sa lecture, il faut pouvoir accepter le postulat de départ : une promesse de deux amoureux faite à 20 ans de se revoir à 40 quoi qu’il arrive. Si vous trouvez l’idée surréaliste, farfelue ou débile, passez votre chemin, vous n’en garderez qu’amertume.
Personnellement, cela a titillé ma curiosité et je n’ai pas été déçu de ma lecture. Certes, ce style de dessin n’est pas ma came mais force est de constater que Jim explore bien les relations humaines dans toutes leurs complexités. C’est bien amené avec une narration fluide et qui accroche. Alors, même si je ne me personnifie pas aux protagonistes, je trouve le travail réalisé intéressant et plausible. L’épilogue apporte de manière inattendue une réflexion sur les tréfonds des sentiments amoureux en laissant éventuellement la porte ouverte pour une suite …
A lire si vous êtes « open » … ;)
Jirô Taniguchi est un auteur que j'apprécie beaucoup, et lorsque je peux mettre la main sur un "nouvel" album réalisé par ses soins, je n'y manque pas.
Le cas est différent ici, puisqu'il s'agit d'une oeuvre de jeunesse (la première ?), réalisée dans les années 80 et forte d'un classicisme forcené.
Ayant lu les 4 premiers tomes j'ai en effet pu voir l'influence de grands auteurs de polars noirs américains des années 50. Le héros est un privé désabusé, pas forcément courageux et pas franchement doué non plus. L'intérêt se situe dans ses relations avec les yakuza et les flics, ripoux la plupart du temps, mais aussi dans la relation qu'il entretient à distance avec son ex-femme et leur fille, pas toujours simple.
Au pinceau c'est Taniguchi donc, dans un registre plus noir, plus nerveux que celui qu'on lui connaît, à l'époque où son style et sa mise en scène s'apparentaient à celle d'Otomo. Le résultat est loin d'être déplaisant, même si on a du mal à différencier les personnages, habillés et coiffés de façons très proches (c'étaient les années 70...).
Une petite curiosité, pour les fans des deux auteurs.
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Baby's in black
Je ne suis pas spécialement fan des Beatles, mais j’ai été captivé par cet album racontant les tout débuts du groupe alors qu’ils jouaient la nuit dans des clubs pourris de Hambourg. L’histoire est bien documentée, et raconte entre autre la rencontre entre Astrid Kirchherr (photographe allemande) et Stuart Sutcliffe, cinquième membre du groupe à l’époque. L’auteur a choisi de centrer son récit sur ce dernier, son déchirement entre le groupe et sa passion pour l’art, ses problèmes de santé, sa relation avec Astrid. On y découvre aussi dans une moindre mesure les mœurs allemandes de l’époque. Le dessin en noir et blanc est élégant, même si il faut avouer que les personnages (surtout masculins) se ressemblent tous, et sont souvent uniquement identifiables grâce à leur coupe de cheveux ! Un album passionnant pour le non-fan que je suis. J’imagine que les amateurs des Beatles l’apprécieront à sa juste valeur.
Victor Hugo, Aux frontières de l'exil
Dès la première page, c'est une vraie splendeur ! la perfection du dessin emporte l'admiration ; les 2 premières pages ont une puissance évocatrice indéniable pour rappeler le souffle du Romantisme, avec le poète écrivant face aux flots chaotiques sous un ciel incertain, c'est une vision très parlante, que l'on retrouve sur la couverture d'album. J'avais pu admirer le dessin de Paturaud sur Les Passants du Clair de Lune, Succubes et Les Contes de l'Ankou, mais ici son trait confine à la pureté, j'aime beaucoup ce style graphique, il est idéal pour ce sujet ; les visages de femmes sont magnifiques, les visages célèbres bien reproduits, les décors aussi ne sont pas oubliés et sont parfaits, avec des pleine-pages. Le rendu est si beau et si bien documenté sur les costumes et les architectures que j'ai passé du temps à contempler les cases pour que rien n'échappe à mon oeil inquisiteur.. bref un véritable régal, une joie sans pareille. Cette Bd m'a grandement attiré, non seulement par son traitement graphique, mais aussi à cause de mon attachement à Victor Hugo et son oeuvre. Il y a aussi une autre raison : en effet, c'est d'autant plus troublant que je me suis rendu 3 fois sur les lieux même du drame de Villequier, j'y ai vu les tombes du cimetière, la statue d'Hugo pleurant sur la rive de la Seine, avec à ses pieds cette simple plaque et ce vers "Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent, je le sais ô mon Dieu !". J'ai visité aussi le Musée Victor Hugo installé dans l'ancienne maison des Vacquerie, bien reproduite dans ces pages. Le scénario développé par les auteurs, brode une histoire peut-être un peu fantaisiste au sujet de la mort de Léopoldine et de son mari, qui ne serait pas due au mascaret ; bon, c'est un parti-pris comme un autre, et après tout on peut l'accepter. J'ignore comment est le mascaret sur la Seine, mais je peux dire que vers chez moi, sur la Garonne, à une centaine de km de l'estuaire de la Gironde, c'est parfois si violent que les surfers se laissent glisser sur la vague sur une longue distance, ça peut donc faire chavirer une barque.. Ce qui est intéressant aussi dans cet album, c'est l'investigation de Victor Hugo qui, avide de vérité, cherchant à savoir les causes de la mort de sa fille chérie, plonge dans le Paris de la misère, il y rencontre des personnages pittoresques comme Thénard (qui deviendra le sinistre Thénardier), Vidocq (qui lui inspirera Javert) et Gavroche... tout ceci marquera sa mémoire tandis que germe l'idée des Misérables. Le rendu est donc excellent de ce côté, ajouté à un peu de spiritisme et une injustice judiciaire méconnue. L'album se termine par un passionnant dossier sur Hugo et son temps, au moment des faits, le drame de Villequier, l'exil à Jersey et Guernesey, le Paris populaire sous le Second Empire, Vidocq, Haussmann, Juliette Drouet et les autres personnages réels et importants vus dans cette Bd... Une lecture dont je suis sorti ébloui et ravi.
Mal de mère
Alors là !! BD coup de poing !! Un récit poignant sans concession. À découvrir d'urgence. Cette BD est autobiographique, on ne trouvera pas de nains magiques, pas de personnages imaginaires aux oreilles pointus, pas d'étoiles filantes ni feux d’artifices. C'est brut, c'est dur et c'est ça qui rend la chose si intéressante. C'est sans artifice et sans détour que l'auteur nous dévoile son histoire, celle de sa famille. La vie telle qu'elle peut être ressentie à travers les yeux d'un petit garçon d’à peine 10 ans. Son quotidien est d'apparence tranquille, sans remue-ménage particulier. Petit à petit on s’immisce dans l'intimité de cette famille. Doucement, mais sûrement l'auteur nous montre comment quelques phrases, quelques non-dit peuvent faire glisser le château de cartes. Sujet complexe et délicat, aborder l'alcoolisme de sa mère est une sacrée prouesse narrative. Le dessin et la colorisation sont sobres, le découpage est classique, ce qui permet de mettre en valeur le récit et il est très bon. Il mérite cette mise en avant. Tout en pudeur et sans jugement, mais sans aucune concession, le récit se déroule. Il pose des questions qui restent sans réponse, du moins c'est à chacun de trouver sa réponse. Comment en arrive-t-on là ? Est-ce que l'on peut rejeter la faute sur quelqu'un ? D'ailleurs est-ce vraiment la faute de quelqu'un ? Le regard sur ces événements, sur cette vie, est-il différent si l'on a dix ans ou trente ans ? Lorsque l'on devient responsable d'un enfant à son tour, le brouillard épais se dissipe, des explications se profilent. Mais cela ne peut pas être l'unique vérité. Car elle n'existe pas.
La Vénéneuse aux deux éperons
Quelques années après La Nouvelle aux pis, et dans la même veine (saignante ?), Stéphane Blanquet publie chez Cornélius cette Vénéneuse. L’album est encore plus noir – et plus épais ! C’est encore une fois un album muet, et qui peut laisser pantois… On y retrouve, traités dans de superbes ombres chinoises, certains thèmes récurrents chez Blanquet : corps difformes, insectes, arbres sans feuille, plantes à épines (les décors donnent toujours plus dans le saillant que dans l’arrondi chez lui), connotation sexuelle souvent exacerbée, tout en restant « suggérée » par le jeu des ombres, humanité et animalité mal délimitées (et le « jeu » se complique avec l’utilisation de masques – ici de cochon). Œuvre expressionniste – je pense à la petite fille/poupée démantibulée de « La Prager Strasse » d’Otto Dix, mais aussi et surtout œuvre expressive, de laquelle coule, suinte du sang noir. Mais il y a aussi des affinités avec certains artistes surréalistes – ou proches de leurs préoccupations, comme Hans Bellmer ou Pierre Molinier. Une œuvre proche aussi des préoccupations de Bataille. Mais on peut aussi l’apprécier sans avoir en tête ces références : c’est un long poème fantastique et noir, de cette beauté qui touche mais qu’on n’explique pas. Envoûtant ! Je voudrais finir en rendant hommage à l’éditeur, Cornélius, à la fois courageux et inspiré, qui ose publier ce genre d’œuvre atypique. Et surtout qui le fait avec le talent et le goût sûr de celui qui « se » fait plaisir avant de nous contenter. Merci !
Les Ogres-Dieux
Cette histoire est excellente. J'ai commencé ce récit en me disant 'ouais, c'est pas mal' et au fil des pages je me suis mis à trouver le scénario de plus en plus captivant. Cette histoire d'ogres est racontée de manière efficace. J'aime bien l'idée qu'au début de chaque chapitre, on raconte sous forme de texte l'histoire d'un ogre. Cela permet de mieux comprendre et d'explorer l'univers créé par les autres. Le point fort du récit est comment Hubert réussit à me surprendre car je ne savais jamais ce qu'il allait se passer. Le rythme est bien maitrisé et le récit se déroule sur plusieurs années sans que j'ai l'impression que cela va trop vite. Le dessin est excellent et j'espère que le dessinateur aura une grande carrière. La seule chose que je reproche est la fin. Cela se termine un peu de manière abrupte.
RG
Et je dirais même plus, excellente cette série. Sans en faire des tonnes, sans esbroufe, elle arrive à nous mettre au niveau de ces flics finalement ordinaires et à mille lieues des fantasmes que l'on prête au sigle RG. Ici point de cowboys, de belles voitures, si dans le premier opus le commissaire est amené à fréquenter les grands hôtels de la capitale ce n'est pas pour nous en mettre plein la vue. Ce qui est mis en avant ce sont les longues planques dans des pièces miteuses et surchauffées ou dans un véhicule banalisé. Voilà une très bonne série sur le quotidien de ces flics qui se lit très bien , c'est plaisant, divertissant. A recommander!
Six-Gun Gorilla
Allez hop! Comme mon précédent camarade je ne vais que vous louer ce petit bijou de délire, de coups de gun en pleine face mais qui néanmoins sait garder le cap et ne nous perd jamais. J'aurais pu faire un bête copier coller de l'avis de PAco. Sachez que cette histoire est hautement jubilatoire, le monde dans lequel les personnages évoluent réserve de bonnes et belles surprises: le brasier, les enroncets (sorte de plantes carnivores), les fleurs de quartz. Hormis le côté je dégomme à tout va, il y a ici ou là, quelques réflexions bien senties sur le pouvoir des médias, l'abêtissement de foules et la manipulation qui sont plutôt pas mal. Mais attention pas de prise de tête, énormément de fun, de l'action, un récit bien construit et quelques cases plus qu'agréables à regarder. Le bougre d'avant ayant perdu toutes ses ratiches, il a omis de vous engager à lire et acheter ce petit concentré d'action, d'humour qui mêle la SF et le western à la Tarantino. Courez y.
Dessus Dessous
Un nouvel album fort sympathique chez la Gouttière. Cette fois-ci le récit se déroule selon trois points de vue, ceux de tous les intervenants dans l'histoire : la taupe qui n'arrête pas de creuser des tunnels et tente de survivre aux attaques de celui-ci ; le père, en colère, qui tente de tuer l'animal avec les moyens du bord, et les enfants, qui essaient de déjouer les stratagèmes du père. Cela donne un récit aux multiples rebondissements, avec une lecture souvent sur deux plans (dessus et dessous), très facile à suivre pour les plus jeunes. Encore une fois Delphine Cuveele s'est adjoint les services graphiques de Dawid, qui réalise un boulot très agréable à l'oeil, au trait rond et généreux, qu'il met lui-même en couleurs. Il a rajouté de nombreux détails et clins d'oeil dans ses décors, les rendant fort agréables. A lire, ou plutôt à regarder, le récit étant muet.
Une nuit à Rome
Pour apprécier sa lecture, il faut pouvoir accepter le postulat de départ : une promesse de deux amoureux faite à 20 ans de se revoir à 40 quoi qu’il arrive. Si vous trouvez l’idée surréaliste, farfelue ou débile, passez votre chemin, vous n’en garderez qu’amertume. Personnellement, cela a titillé ma curiosité et je n’ai pas été déçu de ma lecture. Certes, ce style de dessin n’est pas ma came mais force est de constater que Jim explore bien les relations humaines dans toutes leurs complexités. C’est bien amené avec une narration fluide et qui accroche. Alors, même si je ne me personnifie pas aux protagonistes, je trouve le travail réalisé intéressant et plausible. L’épilogue apporte de manière inattendue une réflexion sur les tréfonds des sentiments amoureux en laissant éventuellement la porte ouverte pour une suite … A lire si vous êtes « open » … ;)
Trouble is my business
Jirô Taniguchi est un auteur que j'apprécie beaucoup, et lorsque je peux mettre la main sur un "nouvel" album réalisé par ses soins, je n'y manque pas. Le cas est différent ici, puisqu'il s'agit d'une oeuvre de jeunesse (la première ?), réalisée dans les années 80 et forte d'un classicisme forcené. Ayant lu les 4 premiers tomes j'ai en effet pu voir l'influence de grands auteurs de polars noirs américains des années 50. Le héros est un privé désabusé, pas forcément courageux et pas franchement doué non plus. L'intérêt se situe dans ses relations avec les yakuza et les flics, ripoux la plupart du temps, mais aussi dans la relation qu'il entretient à distance avec son ex-femme et leur fille, pas toujours simple. Au pinceau c'est Taniguchi donc, dans un registre plus noir, plus nerveux que celui qu'on lui connaît, à l'époque où son style et sa mise en scène s'apparentaient à celle d'Otomo. Le résultat est loin d'être déplaisant, même si on a du mal à différencier les personnages, habillés et coiffés de façons très proches (c'étaient les années 70...). Une petite curiosité, pour les fans des deux auteurs.