Les derniers avis (31985 avis)

Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Hyver 1709
Hyver 1709

Une grande fresque historique en deux volumes qui marque le retour de P. Xavier que l'on n'avait plus vu depuis Croisade et Conquistador avec J. Dufaux. Comme l'indique le titre nous sommes en 1709 sous le règne de Louis XIV engagé en pleine guerre de succession au côté de l'Espagne contre une coalition regroupant l'Angleterre et le Saint empire germanique. La France est en guerre mais ce n'est pas la seule menace puisque le pays est au bord de la famine. Dans les campagnes les populations n'ont plus rien pour vivre et rechignent à soutenir l'effort du royaume. Un gentilhomme sans titre, Loys Rohan, se met au service du roi de France pour servir d'intermédiaire dans une vente de blé qui permettrait aux armées de tenir le coup. Hélas sa mission est en passe d'échouer, des factions huguenotes et un moine défroqué et anthropophage lui dérobent des documents qui lui permettraient de réaliser la vente. En dire plus serait commencer à spoiler. C'est donc avec un réel plaisir que j'ai retrouvé ce dessinateur qui m'avait bougrement emballé dans les sables du désert et les jungles sud américaines. Le visuel, et bien il est difficile de demander à un auteur de faire mieux, j'en veux pour preuves, si besoin était, les paysages sous la neige, le soin apporté aux costumes, décors, armes, etc.. Sur le siècle de Louis XIV, on a beaucoup écrit et dans l'imaginaire collectif, tout n'est que faste dans de multiples domaines des arts et il suffit de donner quelques noms de ce temps pour se rendre compte de l'aura qu'il dégage : Molière, Lully, Mansart, Lenotre, Vauban, Corneille, Racine, la liste est longue et non exhaustive. Ce diptyque annoncé est original par l'approche qu'il fait de ce siècle et de ce règne car loin de la cour c'est la vie en temps de guerre du petit peuple qui est montrée. Même si cette approche est succincte elle a le mérite d'être là. C'est donc une lecture au dessin flamboyant, dans le sens de la maîtrise, qui nous est proposée sur une période qui nous parle, mais avec un sujet original comportant ses moments de bravoure. Personnellement je suis fan et vous invite à lire cette nouvelle série, pour l'achat c'est fait!

06/12/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Madame Livingstone
Madame Livingstone

Je commencerai par le visuel qui est un vrai régal pour les yeux, une colorisation excellente qui nous plonge allègrement au cœur de l'Afrique, qui réussit les scènes grandioses comme celles plus intimistes. Sur le fond c'est aussi très bien, entre le discours colonialiste des représentants belges au Congo en contrepoint des propos tenus par les populations africaines et notamment par le personnage de Mme Livingstone, c'est un choc des cultures qui est à l’œuvre, choc qui à mon sens n'a pas finit de résonner. La première guerre mondiale en Afrique à été parfois évoquée mais c'est pour moi la première fois que je lis une histoire où la justesse de ton est à ce point aussi "juste", sans pathos, intelligente et qui nous assène quelques vérités passionnantes. Achat conseillé !

06/12/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Ordures
Ordures

Ça c'est de la claque ! Bien sûr ce n'est pas gai, c'est même carrément noir et tout au long de ces deux tomes, nous ne voyons que fort peu de lueurs d'espoir. La fin pourrait le laisser supposer mais l'on se dit que tout ce que traîne de vie fracassée ce jeune couple ne lui donne pas toutes les chances. Il s'agit ici de montrer la débrouille, les petites arnaques et finalement une grande misère sociale où tout semble écrit dès l'instant de la naissance. Comment nos sociétés peuvent-elles répondre et surtout proposer des solutions qui aient un sens pour éviter de laisser sur le côté de la route des populations entières ? Dans ce diptyque il n'y a ni bons ni méchants, seulement des individus placés là par le destin. Qu'ils soient petits trafiquants ou flics, dealers aussi paumés que leurs clients ou revendeurs de faux papiers, ils tentent tous de survivre. J'entends déjà certains dire "oui mais pourquoi ces gens ne font-ils pas des boulots honnêtes ?" Bonne question, merci de l'avoir posée. Juste un truc : le fait de s'appeler Moudy, d'être gitan et tutti quanti n'ouvre pas toutes les portes de l'éducation et l'opportunité de faire un job partout. Foin de digression, l'avantage des auteurs par rapport à moi, c'est qu'à aucun moment il ne porte de jugement, c'est un simple constat sur des vies sans espoir. Seule lueur : ce cours de danse où des corps semblent voler, s'échapper de la grisaille qui environne le reste du monde. Je sais que ce type de BD au caractère social et où la noirceur du propos l'emporte n'est pas grand public, toutefois il faut à mon sens lui rendre hommage, grâce à son dessin noir et blanc acéré qui fait plus que donner le ton, elle est un véritable coup de poing sur l'envers de la médaille. A lire bien sûr !!

06/12/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série La Javanaise
La Javanaise

Que voila un diptyque original! Tout d'abord par son sujet et le lieu ou se situe cette histoire, l'île de Java. Il est en effet assez rare, à ma connaissance que l'Indonésie soit utilisée dans la BD d'aventure. Nous avons donc droit à l'exotisme de rigueur mais celui ci n'est pas bêtement colonialiste comme on pourrait le craindre. Au sortir de la première guerre mondiale, les Hollandais sont encore le maîtres de l'île et ce pour encore de nombreuses années jusqu'en 1949. C'est dans cette colonie que la célèbre Mata Hari vécue quelques années avant de connaitre la carrière que l'on sait sous d'autres cieux. Dans l'histoire qui nous occupe c'est sa fille Jeanne qui revient au pays de son enfance pou y retrouver ses racine et un peu de calme après l'exécution de sa mère. Elle y retrouve d'anciens amis de sa mère tous liés par une malédiction qui engage la déesse Kali. Disons le d’emblée cette histoire n'est pas simple à lire de par la multitude de personnage et la complexité de l'intrigue, cependant pour qui veut se donner la peine de s'accrocher ce récit vaut le détour. Une des raisons majeure de mon engouement est lié au dessin que je trouve assez fabuleux. Le dessin est extrêmement fluide, harmonieux et je met un 10 pour tout ce qui est des décors très travaillés et d'une grande richesse. Compliment, il n'est pas sans me rappelé un certain Bourgeon sur le premier tome de "La source et la sonde". Vous l'aurez compris, je conseille fortement cette lecture dépaysante et divertissante, pour l'achat à vous de vous faire votre idée.

05/12/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série The Creep
The Creep

J'avoue avoir bien aimé cette enquête d'un détective privé atteint d'une maladie dégénérative le rendant un peu hideux. Oxel a en effet le physique d'un monstre à la Frankenstein. Cependant, il est terriblement humain et perspicace dans ses enquêtes. La trame de cette enquête a été assez classique mais j'ai bien aimé la mise en scène. Les auteurs maîtrisent à merveille les codes du genre polar. Le graphisme est également à la hauteur de ce comics. La fin permettra de comprendre les suicides à l'origine de l'enquête. On ne demandait que cela. On aurait sans doute espérer un peu plus. C'est bien ficelé et c'est ce qui compte. En un mot pour résumer: classique mais efficace.

05/12/2015 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 4/5
Couverture de la série Complainte des landes perdues
Complainte des landes perdues

Ca faisait bien 10 ans que je n'avais plus ouvert et relu le premier cycle de la complainte. Quel plaisir de retrouver cette belle aventure pleine de poésie, d'imagination, de rêve, de magie, de légendes, de maléfices,... Impossible de s'ennuyer lors de la lecture, toute la verve de Dufaux est présente à travers ces 4 tomes sans oublier les excellents dessins de Rosinski. S'ajoute à cela, une galerie de personnages attachants (Sioban, le Ouki, Seamus) et diaboliques (Blackmore, Obla, Gerfaut,...) sur des décors brumeux, pluvieux de l'île d'Eruin Dulea qui donnent à cette série une ambiance très particulière avec pas mal de tension et retournement de situation. Un classique incontournable (pour ma part)!

05/12/2015 (modifier)
Couverture de la série Le Nuage noir
Le Nuage noir

Voilà un album bourré de qualités – mais aussi, dans une moindre mesure, de défauts. Mais les premières l’emportent largement sur les seconds ! En tout cas, il est injustement méconnu, c’est certain. C’est la couverture qui m’a d’abord attiré, avec ce vaisseau reprenant l’habillage de la fusée de Tintin, ou de certains dessins de Stanislas. Puis, une fois ouvert l’album, le dessin lui aussi m’a paru beau et original. Pas exempt de défaut – les personnages sont un peu figés, et il y a un air désuet que je ne saurais expliquer. La colorisation est elle aussi datée. Mais il se dégage de l’ensemble un charme indéniable. Ajoutons que Mr Picotto n’hésite pas à emplir ses pages d'une foultitude de détails : bref, malgré quelques bémols, l’univers graphique est captivant. L’histoire est elle aussi captivante, même si j’aurais bien vu un diptyque, voire plus au lieu de ce one shot, car un certain nombre de points auraient pu être développés, et la fin, finalement assez simpliste, et brutale, m’a laissé quelques regrets. Pour le reste, c’est une histoire sympa, qui pique des idées un peu partout : il y a un peu de la guerre des étoiles (le congrès des Canton rappelant le sénat galactique, les îlots des cantons rappelant la cité des nuages dirigées par Lando Calrissian…). C’est de l’aventure mâtinée de Science-Fiction, avec des peuples vivants sur des terres /astéroïdes, sortes d’îles, un complot (mené par les « Chiens Noirs » déjoué par un ado, Lucas, Gaspard (le proprio de l’étrange engin qui m’avait intrigué sur la couverture) et une improbable « sorcière « , Polly Morfik (quelle look !), le trio étant aidé de pirates, du peuple des « Bleus »… C’est parfois manichéen et naïf, souvent foutraque, mais c’est original et poétique, avec une certaine dose d’humour (situations et dialogues), les qualités gommant finalement les défauts entrevus. Au point que mon principal regret est que les auteurs n’aient pu ou voulu poursuivre ou plutôt développer cette aventure, il y a avait clairement matière à… C’est une lecture rafraichissante, et en tout cas un album qui mérite un petit détour…

05/12/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Punk rock Jesus
Punk rock Jesus

Sean Murphy dont j'avais découvert le savoir-faire avec The Wake, nous avait déjà sorti un peu plus tôt un album en solo très rock’n roll avec ce « Punk Rock Jesus ». Une couverture accrocheuse et bien réussie ; un titre qui, pour tout amateur de bon gros rock et de punk, vous titille forcément ; une bande son d’ambiance proposée pour chaque chapitre ; voilà déjà de quoi me donner très envie de pousser plus loin ! Et c’est ma fois plutôt bien foutu ! Malgré quelques poncifs un peu poussés dès qu’on s’attaque à la religion, aux médias ou encore à l’IRA (oui ça va chercher large), Sean Murphy arrive à tirer son épingle du jeu grâce à des personnages charismatiques et une narration soutenue. Que ce soit Chris (le clone de Jésus), son garde du corps (ex membre de l’IRA), ou même le salopard à l’origine de ce projet de téléréalité, on a affaire à des personnages entiers, au caractère fort, mais qui finissent par révéler leur faiblesses et rendre tout ce petit monde moins manichéen qu’il n’y parait au départ. Sean Murphy, comme il le dit lui-même dans sa post face, s’est personnellement posé pas mal de question sur la foi et la religion. On sent bien qu’à travers cet album il tente de faire passer toutes ces interrogations (plus que des réponses d’ailleurs) en se servant d’un scénario lancé pleine balle sur des rails, mais avec une loco sans freins… Ça commence doucement, pour monter en puissance et en tension jusqu’à un final inévitable. Tout cela est par ailleurs merveilleusement servi par un dessin tout en noir et blanc que j’ai beaucoup apprécié. C’est nerveux, tranché, mais très bien construit et Sean Murphy nous gratifie de quelques planches vraiment magnifiques. Son style graphique sert parfaitement son histoire et renforce cette énergie primitive et sauvage que le punk subodore.

04/12/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Arq
Arq

Arq est désormais une série terminée. Sur les 18 ans sur lesquels sa production s'est étalée, elle a d'abord largement attisé l'intérêt, puis atteint des sommets de perfection mais finalement s'est conclue sur une touche légèrement moins enthousiasmante. Dès le départ, cette série était captivante. On y retrouve le goût d'Andreas pour le mystère, la découverte peu à peu d'un univers complexe et exotique, la quête de l'explication de cette histoire totalement originale qu'il a créée, l'élaboration d'hypothèses, la recherche d'indices... Les points positifs sont surtout ce scénario, cet univers qu'est "Arq", les personnages, le mystère... Quasiment à chaque nouveau tome, Andreas s'amuse à bouleverser l'idée que se font les lecteurs du monde ou des mondes qu'ils découvrent peu à peu. Et pourtant tout se tient depuis le début, chaque détail, chaque parole, tout était prévu à l'avance et il n'aurait presque tenu qu'à nous de découvrir les rebondissements avant qu'ils ne nous soient dévoilés avec brio. La série est scindée en 3 cycles de 6 tomes, chaque cycle disposant d'un format d'album et d'une colorisation différente. Alors que dans les premiers tomes, l'histoire était assez diluée, orientée vers l'action et la découverte avec des albums se lisant un peu trop vite, la série gagne de plus en plus en complexité et en densité au fil des cycles, devenant très bavarde et presque trop complexe à suivre dans le dernier cycle. Le rythme est également inégal. Dynamique et mouvementé pour le premier cycle, il se tasse un peu sur le second cycle, et devient assez embrouillé pour le troisième. Tant et si bien qu'après des moments de pur bonheur de lecture (notamment le tome 7 par exemple, beau, original et tellement bien réalisé), j'ai finalement été un peu déçu par les tous derniers tomes de la série. Les explications tenaient la route mais je n'étais plus accroché par l'ambiance du récit qui imprégnait les premiers tomes, m'étant peu à peu détaché des personnages malgré une relecture de l'intégrale en une seule fois. En outre, la toute fin m'a un peu déçu. Il lui manque quelque chose qui fait qu'elle m'a nettement moins impacté et satisfait que les fins, pourtant parfois très ouvertes, des autres séries d'Andreas. Peut-être le mystère engendré par le début de la série a-t-il entraîné trop d'espoir. Pourtant, ça reste une excellente série, foncièrement originale, bien construite et belle et surtout formidable pour les amateurs d'intrigues complexes où le lecteur doit réfléchir et chercher les indices dispersés un peu partout. Je lui préfère néanmoins les chefs d'oeuvre que sont à mes yeux d'autres séries d'Andreas telles que Rork ou Capricorne.

25/09/2003 (MAJ le 04/12/2015) (modifier)
Couverture de la série Petite histoire de la Révolution française
Petite histoire de la Révolution française

Je suis un grand fan des albums que ce duo d’auteurs publie chez FLBLB (la grande petite maison d'éditions qu'ils codirigent), leurs « Petites histoires » (du Texas, des colonies françaises) et autres « Conquête de Mars », dans un format à l’italienne habituel, étant généralement très réussies. Depuis peu l’éditeur ressort certaines de ces anciennes séries avec une couverture plus rigide, et un dos renforcé. C’est donc dans ce nouvel habillage qu’est sortie cette « Petite histoire de la Révolution française ». Pour le reste, c’est plutôt du classique pour ce duo, un texte plus ou moins long dans chaque page étant accompagné de dessins minimalistes (avec décors absents) et de dialogues décalés et humoristiques. Comme le montre la couverture, les auteurs vont faire un parallèle entre la Révolution française et la période contemporaine, pour laquelle ils semblent appeler une autre Révolution. En haut de chaque page un long paragraphe rappelle les principales étapes de la Révolution. C’est assez détaillé, très précis (on sent qu’ils ont fait appel à un universitaire, plus proche de la vision de Michel Vovelle que de celle de François Furet, pour prendre des références qui parleront aux familiers de l’historiographie de cette période), mais des traits d’humour, quelques exagérations y sont mêlés. Le côté humoristique et décalé est accentué par la partie du bas de page, dans laquelle des personnages échangent des dialogues tantôt sérieux, tantôt farfelus, dans un univers contemporain : un Capétien prétend « régner » sur la République, et fait face à une révolte, puis une Révolution. A noter l’apparition de Guy Delisle, version Shenzhen ou Pyongyang (petit clin d’œil répété à ses excellentes chroniques)… Dans chacune des deux « histoires », la critique est très présente : la Révolution détournée en haut, des dirigeants faisant tout pour en éviter une en dessous. Et en fin d’album, les deux univers font leur jonction… Globalement c’est très réussi. Parce que drôle, mais aussi parce que cet album engagé (qui joue sur les mêmes ressorts que leur excellente « Petite histoire des colonies ») donne à réfléchir tout en distrayant. C’est intelligent, même quand l’humour est con, et je ne peux que vous encourager à découvrir cet album, et dans la foulée les autres albums de ce duo doué… Note réelle 4,5/5.

03/12/2015 (modifier)