Les derniers avis (31984 avis)

Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Crime qui est le tien
Le Crime qui est le tien

3.5 Un des meilleurs (le meilleur?) one-shot de Zidrou qui nous montre ici tout le talent dont il est capable. L'histoire démarre tout doucement et au fil des pages je suis tombée sous le charme de cette histoire. En gros, un type se cache depuis qu'on l'a accusée du meurtre de sa femme et puis un jour son frère meurt en avouant le crime et donc il revient dans sa ville natale remplie de souvenir. Il y a aussi un côté un peu 'Halloween Blues'" vu que le type peut communiquer avec le fantôme de sa femme quoique je ne suis pas certains si c'est vraiment un fantôme ou son imagination. Le récit est très bien maitrisé et les points forts sont l'ambiance et la psychologie des personnages qui semblent totalement réalistes. Il ne faut pas s'attendre à un thriller remplit d'actions, mais si on entre dans l'ambiance du récit cela se lit très bien . Le dessin est sympathique.

08/12/2015 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Les Pieds dans le Béton
Les Pieds dans le Béton

Deux amis d’enfance se retrouvent par hasard en gare de Bruxelles. Perdus de vue depuis qu’ils sont adultes, ils n’ont rien en commun : l’un est un punk vivant dans la rue et l’autre est un cadre fuyant son foyer. Tous les deux traversent une mauvaise passe et cette rencontre inattendue va les confronter brutalement à leur passé, leur situation et leurs choix. L’album est hyper immersif ; on est littéralement happé par la fureur de vivre de ses deux amis que tout oppose. La narration est fluide et jongle habilement entre flashbacks et scènes d’une grande intensité. Difficile de lâcher la BD. La fin est peut-être un brin convenue mais qu’importe tant le récit est bon. Juste un petit mot sur les dessins : ils sont très bons et surtout incroyablement expressifs. Superbe album que je recommande vivement.

08/12/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Don Quichotte (Rob Davis)
Don Quichotte (Rob Davis)

Rob Davis s’attaque à son tour à ce monument de la littérature mondiale qu’est le roman de Cervantes. Le résultat est plus que satisfaisant, puisque je l’avoue, je n’ai pas vu passer les 160 pages de ce premier tome, ni les 130 du second. J’en avais lu une version abrégée, ou plutôt une autre version il y a pas mal d’années, et mon impression est que Davis en propose une vision assez fidèle, laissant toute la place nécessaire au récit principal, mais aussi aux histoires enchâssées, qui en font aussi le sel du récit picaresque. La deuxième partie, qui reprend l'intrigue du deuxième Livre de Cervantès, est tout aussi prenant, avec les personnages du Duc et de la Duchesse qui ajoutent un sel inattendu avec leur goût de la manipulation. Tandis que Don Quichotte s'interroge sur le personnage qu'il est devenu... J'ai beaucoup ri. Le dessin de Rob Davis est un peu inclassable, oscillant entre de la caricature au pointillisme à la Duhamel, s’autorisant même quelques digressions graphiques lorsque le récit prend lui aussi des détours. Une belle prouesse, qui est à saluer. Un must.

22/03/2015 (MAJ le 08/12/2015) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Yamada kun & The 7 witches
Yamada kun & The 7 witches

3.5 J'avais déjà vu l'anime et le manga est aussi bon que son adaptation. Cette série raconte l'histoire d'un délinquant qui a une mauvaise réputation qui un jour échange son corps avec une surdouée et très vite ils vont découvrir que c'est arrivé après qu'ils se soient embrassés par accident. Au début, ils s'échangent leurs corps pour s'aider et puis un autre gars et une autre fille débarquent et ensemble ils vont former un club. On apprend aussi que le gars est celui qui a le pouvoir de changer de corps et comme le titre l'indique il n'est pas le seul avec des pouvoirs et on peut imaginer comment cela va lui compliquer la vie. On retrouve les clichés de ce genre de comédie : les personnages ont un trait de caractère exagéré, il y a du fan service, des quiproquos, etc. Personnellement, j'aime bien et je trouve le manga prenant. Les péripéties s’enchaînent plutôt bien et le fait qu'il y a des pouvoirs différents fait en sorte de rendre le scénario moins répétitif et c'est marrant de se demander quel pouvoir va imaginer l'auteur. Les personnages sont attachants et l'humour m'a bien fait rire. Bon c'est clair que si on n'est pas fan de ce genre vous risquerez de vous ennuyer et de dire des trucs du genre "oh putain le gars est dans le corps d'une fille il va en profiter pour se déshabiller et du coup le lecteur va voir la fille en sous-vêtements/nue, c'est vraiment racoleur comme truc", mais si on aime bien les comédies qui se passent dans une école japonaise, cela se lit bien.

07/12/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Matsumoto
Matsumoto

Pour la France, il y eut les attentats de 1995 dans le RER, puis en 2015, Charlie hebdo, le bataclan, le Stade de France, les terrasses. Pour les Etats-Unis, il y eut le 11 septembre. Pour le Japon, l'entrée dans le XXIème siècle et le terrorisme de masse eut lieu en 1995, avec l'attentat au gaz sarin dans le métro tokyoïte... Excellente lecture, et presque inattendue, tant ces évènements semblent éloignés en Occident. Après Terra Australis, le duo Bollée/Nicloux reprend du service pour nous raconter l'histoire de l'attentat ayant touché la ville de Matsumoto, dans la préfecture de Nagano. C'est cette ville qu'a choisi un certain... Matsumoto, alias Shoko Asahara, industriel richissime mais surtout gourou de la secte Aum Shinrkyo, pour faire une répétition de son projet dément : empoisonner la population par le biais d'un gaz déjà expérimenté par les Nazis durant la seconde guerre mondiale. cela commence de manière presque banale, par l'arrivée en plein bush australien d'un étrange personnage, un Japonais mutique qu'un taxi dépose devant un entrepôt mystérieux. On poursuit par la "formation" d'un adepte de la secte, à qui on propose de rencontrer le gourou. Malgré ses doutes, il va se faire laver le cerveau et rentrer dans le moule pour préparer une étrange opération dans la campagne japonaise. Et même si tout ne se passe pas comme prévu, le résultat de l'opération va conforter Asahara et ses adeptes dans leur démence. parallèlement nous suivons plusieurs personnages habitant Matsumoto, des gens au quotidien banal ou particulier, qui vont voir leur vie bouleversée par cet évènement particulier. On se doute qu'ils vont être impactés par l'attentat en préparation, mais si l'on ne s'intéresse pas de près à cette histoire, on ne s'en doute absolument pas... Bollée tisse sa toile de façon très habile, la montée en puissance est remarquable, avec déjà des scènes forts dans la première partie lors de l'embrigadement du jeune adepte. Et on comprend ainsi l'enchaînement qui a amené à cette folie dans le métro en 1995, faisant 12 morts et 5 500 blessés... Une folie qui aurait pu être évitée si la police locale avait regardé au-delà du bout de son nez, si elle avait tenu compte de l'alerte donnée par un de ses agents concernant la secte Aum... Je ne suis pas spécialement fan du trait de Nicloux, que je trouve un peu déformé, trop changeant dans son style semi-réaliste. cependant sa mise en scène le plus souvent froide, et une mise en couleurs aux tons maladifs contribuent à installer une atmosphère de malaise totalement crédible. A lire, absolument. Encore une excellent titre chez 1000 feuilles, LA collection de cette année 2015.

07/12/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Aokigahara - La Forêt des suicidés
Aokigahara - La Forêt des suicidés

En feuilletant cet album avant de l'emprunter dans ma médiathèque favorite, je me suis dit encore une sombre histoire japonaise de fantômes à laquelle je n'allais rien comprendre. Oh divine surprise je me suis retrouvé happé par le récit et surtout l'ambiance que lui confère un dessin au trait, comment dire ? Hachuré mais précis, un poil brouillon mais évocateur, bref j'ai été séduit. S'appuyant sur les légendes urbaines dont le cinéma d'horreur asiatique à fait son miel , cette histoire nous conte le mystère qui entoure la forêt d' Aokigahara qui s'étend au pied du mont Fuji. Cette forêt recèlerait en effet le plus fort taux de suicides de tout le Japon. Il n'en faut pas plus aux auteurs pour nous concocter une histoire qui voit une jeune japonaise et son amour occidental se déliter lentement avec pour issue le suicide de la jeune femme qui reviendra hanter les nuits du jeune homme. En parallèle, cette forêt est aussi un lieu de pouvoir ou une équipe de protection de la nature est en charge d'un enquête sur les trop nombreux suicides qui se produisent en ces lieux. Chocs entre modernité et mythes ancestraux, vieilles légendes qui s'opposent à la modernité du pays cette BD est assez fascinante par l'atmosphère envoûtante et angoissante qu'elle propose. Rarement j'ai eu envie de voir ce qui allait se passer dans cette histoire complexe mais fort bien agencée qui vous tient en haleine du début jusqu'à la fin. Fans de "Blair Witch Project" et de "The Ring" cette histoire est faite pour vous. Le pire ou le meilleur est que l'on pourrait presque se dire que toute cette histoire dans ce pays aux mystères étranges à nos yeux d'occidentaux cartésiens est bien plausible. A lire surement.

07/12/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le Rapport de Brodeck
Le Rapport de Brodeck

Nous avons une œuvre qui frôle encore une fois avec le génie. Oui, je suis de ceux qui pensent que l’auteur Manu Larcenet est un véritable prodige dans le monde de la bd. Dommage que ce ne soit pas lui par exemple qui a repris la série des Astérix. Il mériterait amplement le poste. Il est vrai que le grand public l’a découvert récemment avec le film Le Combat ordinaire tiré de sa bd culte. Ici, il nous livre une partition véritablement sans faute. J’ai remarqué que même au niveau graphique, il y a eu de véritables progrès. C’était jusqu’ici son seul véritable point faible. Or, j’ai pu voir qu’il y a des images qui recèlent d’une grande puissance évocatrice. La case qui me semble être prodigieuse est celle où l’on voit dans le ciel des milliers de corbeaux. Cela fout une frousse d’enfer. Il est vrai qu’après Blast, cet auteur est allé très loin sur des chemins encore inexplorés mais à la limite d’une certaine folie. Il n’a pas son pareille pour donner une véritable épaisseur à ses personnages. Comme dit, nous avons à faire à un génie peut être démoniaque mais dont le résultat surfe avec le talent. Rares sont ceux qui arrivent à se renouveler. Là, j’ai l’impression de lire une tout autre histoire et dans un style différent avec pourtant les mêmes thèmes : la mort, la xénophobie, la violence, la lâcheté. Certes, c’est une adaptation mais réalisé avec brio par ce qu’il arrive à disséquer l’âme humaine. On ressent par exemple le traumatisme de la guerre. Il a atteint un véritable paroxysme dans la noirceur. Paradoxalement, c’est ce qui rend cette œuvre si belle.

07/12/2015 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série Sykes
Sykes

De la belle ouvrage que ce récit magistral d'un western crasse où l'on navigue plus près de Deadwood que des grandes envolées de l'âge d'or hollywoodien. Cette histoire et surtout ses personnages, nous apportent plusieurs pistes de lectures. On y retrouve bien sûr ce marshall "à l'ancienne", pour qui l'honneur et l'intégrité sont des valeurs qui peuvent l'amener à sortir des rails sans état d'âme, cela passe aussi par l'initiation de ce jeune garçon déjà orphelin de père qui va vivre l'innommable et faire basculer la traque dans le récit de vengeance et enfin cette piste de lecture qui sied bien à notre période également, à savoir le basculement d'un monde que rejette Sykes, un monde où la finance et le commerce vont remplacer l'aventure et un Sens présumé de l'honneur, oubliant par là même que ce monde changeant a préalablement fait de même avec les natifs, la parabole d'un monde en constante évolution. Le dessin et le rythme sont de toute première facture et c'est véritablement un album que l'on avale.

07/12/2015 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Economix
Economix

Une somme à avoir sous la main. Des qu'on me ressert le bon vieux Adam Smith, ou Ricardo ou encore Keynes, je sens le sol se dérober légèrement sous mes pieds... comme dans un escalator qu'on prend mal, en regardant ailleurs. Pourtant je l'ai lu quelque part, je l'ai peut-être même appris à l'école, mais c'est loin, c'est flou, cela ne m'aide pas à comprendre. Ici toutes ces bases de l'histoire de la pensée économique nous sont remises à plat. Les failles de chacun de ces raisonnements successifs sont dessinées avec précision. Il faut s'accrocher, mais c'est accessible. La science économique , comme toutes les sciences, avance en intégrant à chaque génération de nouveaux paramètres qui avaient été ignorés jusque-là. Et c'est ce parcours qui se construit sous nos yeux, modelé par les intérêts économiques puissants qui cherchent à justifier leurs profits, et par les portes-paroles des laissés-pour-compte, qui cherchent à ajuster la théorie dominante, vers plus de justice. Le point de vue, même américain, est fertile. Même s'il se place clairement du coté des partisans d'Occupy Wall Street, il prend en compte les points de vue différents et les justifie même d'une certaine façon. Le seul bémol, c'est une certaine laideur générale du dessin, qui nous montre des stéréotypes de riches et de pauvres toujours les mêmes , tout au long du volumineux volume. Pas de stylisation contrastée comme dans Les Meilleurs Ennemis qui raconte l'histoire des rapports entre Moyen Orient et États-Unis.

06/12/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Hyver 1709
Hyver 1709

Une grande fresque historique en deux volumes qui marque le retour de P. Xavier que l'on n'avait plus vu depuis Croisade et Conquistador avec J. Dufaux. Comme l'indique le titre nous sommes en 1709 sous le règne de Louis XIV engagé en pleine guerre de succession au côté de l'Espagne contre une coalition regroupant l'Angleterre et le Saint empire germanique. La France est en guerre mais ce n'est pas la seule menace puisque le pays est au bord de la famine. Dans les campagnes les populations n'ont plus rien pour vivre et rechignent à soutenir l'effort du royaume. Un gentilhomme sans titre, Loys Rohan, se met au service du roi de France pour servir d'intermédiaire dans une vente de blé qui permettrait aux armées de tenir le coup. Hélas sa mission est en passe d'échouer, des factions huguenotes et un moine défroqué et anthropophage lui dérobent des documents qui lui permettraient de réaliser la vente. En dire plus serait commencer à spoiler. C'est donc avec un réel plaisir que j'ai retrouvé ce dessinateur qui m'avait bougrement emballé dans les sables du désert et les jungles sud américaines. Le visuel, et bien il est difficile de demander à un auteur de faire mieux, j'en veux pour preuves, si besoin était, les paysages sous la neige, le soin apporté aux costumes, décors, armes, etc.. Sur le siècle de Louis XIV, on a beaucoup écrit et dans l'imaginaire collectif, tout n'est que faste dans de multiples domaines des arts et il suffit de donner quelques noms de ce temps pour se rendre compte de l'aura qu'il dégage : Molière, Lully, Mansart, Lenotre, Vauban, Corneille, Racine, la liste est longue et non exhaustive. Ce diptyque annoncé est original par l'approche qu'il fait de ce siècle et de ce règne car loin de la cour c'est la vie en temps de guerre du petit peuple qui est montrée. Même si cette approche est succincte elle a le mérite d'être là. C'est donc une lecture au dessin flamboyant, dans le sens de la maîtrise, qui nous est proposée sur une période qui nous parle, mais avec un sujet original comportant ses moments de bravoure. Personnellement je suis fan et vous invite à lire cette nouvelle série, pour l'achat c'est fait!

06/12/2015 (modifier)