Cet album se compose de trois histoires, toutes bâties sur le même modèle, graphiquement : dessins minimalistes en Noir et Blanc, avec un trait très gras et quelque peu « brouillon », dans une longue suite de vignettes carrées.
De même, la construction narrative est commune aux trois histoires : une longue et lente présentation d’une situation, suivie d’un épilogue plus ou moins ironique et désopilant.
La plus longue histoire, qui donne son titre à l’ensemble est plutôt pas mal, avec une chute d’un humour très noir (même si le « cœur » de l’histoire aurait peut être gagné à être raccourci).
Les deux autres histoires (« L’entrevue » et « Précision ») sont plus courtes, mais elles aussi intéressantes (la dernière est un peu bizarre, et m’a un peu laissé sur ma faim).
En tout cas, cet album confirme que Leif Tande est un auteur original, qui aime les constructions atypiques voire à contrainte : tous les albums de lui que j’ai lus méritent le détour. Je vous encourage donc à découvrir cet auteur canadien.
Note réelle 3,5/5.
Eh bien, c’est un réel coup de cœur que cet album, qui mélange du désuet et du déjanté, dans une intrigue au départ anodine (deux potes partent à la recherche d’un capybara (gros rongeur) échappé d’un refuge (et portant le nom improbable de « John Wesley Harding » !).
Et pourtant, j’ai eu du mal au début à me faire au dessin, surtout des visages, figés (comme chez Léo) et avec un air simiesque (renforcé par les pieds de singe d’un des deux personnages principaux !).
Mais rapidement je suis tombé sous le charme de cet album. Et d’abord de ses qualités graphiques. Car finalement le dessin est vraiment sympa, très ligne clair, et aussi une colorisation vraiment chouette.
L’intrigue elle-même bascule rapidement dans une enquête policière, mâtinée de fantastique. Et là, avec ce dessin et cette colorisation, on ressent l’ambiance « Journal de Tintin ». En effet, les deux tiers de l’intrigue, la partie enquête, est pleine de références à Tintin (manière d’agir, ambiance), voire à Jacobs (le passage nocturne chez Baxter par exemple, ou les hypothèses fantastiques autour du générateur de rayons).
Sauf que ce serait du Tintin qui aurait fumé de la Marijuana, les deux potes hyper cool (« frère », « man » sortent de leur bouche comme des volutes de fumée) sont un brin déjantés – et que dire du détective qui les aide ?
Par contre, les rebondissements de la fin (par ailleurs un peu trop brutaux à mon goût) se démarquent clairement de l’univers Tintin.
De toute façon, même si l’on fait abstraction de ces références, c’est une histoire qui se laisse lire, pas révolutionnaire, mais esthétiquement très agréable. Une lecture que je vous recommande fortement.
Sous couvert d'un récit jeunesse humoristique, cette série a vocation à être éducative. Elle s'adresse en effet aux écolières et leur explique les tous débuts de la puberté. C'est vrai qu'on a souvent vu des BD s'adresser aux adolescents s'interrogeant sur leurs complexes et autres, ou alors aux jeunes enfants pour permettre aux parents de les rassurer sur leurs petites peurs et questions, mais c'est rare qu'on s'adresse aux enfants de moins de 10 ans pour les prévenir des tous débuts des changements qu'ils vont ensuite connaître durant l'adolescence.
Le ton de cette lecture est très agréable. On y suit une petite fille, Lila, accompagnée de ses meilleures amies et ses copains de classe, peut-être un jour ses amoureux. Ses parents sont séparés mais restent en bons termes. Sa mère cherche à se recaser mais, même si elle est très mignonne, sa carrière de croque-mort ne l'aide pas à socialiser. Son père vit avec une australienne assez cool. Et son grand frère alterne attitudes agressives et protectrices comme tout bon grand frère.
Le dessin est simple et efficace. Les couleurs sont gaies, la mise en scène dynamique. L'action passe bien et les situations et émotions des personnages sont claires et bien compréhensibles.
Les planches sont régulièrement partagées entre cases de bande dessinées et texte rédactionnel à vocation éducative, rebondissant sur les sujets abordés par les premières. Ça rend la lecture un peu moins fluide qu'elle pourrait l'être mais le texte reste léger et intéressant.
L'ambiance est à la bonne humeur et à l'humour, avec quelques touches d'émotions. Même si l'ensemble est légèrement en dents de scie, avec quelques baisses du rythme sur la longueur, il y a des moments que j'ai trouvés bien drôles, et d'autres moments assez touchants. Les personnages sont assez attachants et ça fait plaisir de les suivre.
Mon opinion est donc positive et je trouve que c'est une BD à vocation éducative sympa qu'on peut aisément mettre entre les mains des jeunes filles pré-pubères. Je suis curieux de voir si elle va aborder d'autres sujets que la seule apparition des seins.
Un tres bon polar rural servi par un dessin splendide. L'histoire de ces 3 adolescentes en fugue sert de pretexte a planter une enquete policiere. Makyo distille les elements petit a petit et le suspense monte crescendo. A noter la lourdeur des dialogues des 3 filles qui les rendent chacune tres credibles. Un seul petit regret, la fin est vite expediee.
Comme je le disais plus haut, le coup de crayon de Sicomoro est magnifique. Les couleurs et la campagne sont tres bien rendues, c'est tres bien.
Je conseille l'achat pour tout amateur de polar rural made in bd francobelge.
Je le dis d'emblée: j'ai bien aimé ce titre qui surfe sur la vague des survival horror. On est tout de site plongé dans un univers mystérieux composé de haut gratte-ciels et de ponts suspendus. S'il n'y avait que cela !
En effet, des tueurs au masque semblable sont présents pour attaquer notre héroïne ainsi que les gens normaux plongés dans cet univers. Seul échappatoire: se jeter dans le vide. D'où une autre option: la fuite et le combat. Certes, cela ne vole pas très haut !
Le scénario est plutôt bien construit avec des indices et des découvertes bien dosés. On entre tout de suite dans un univers assez immersif. Il manque juste un peu d'épaisseur aux personnages dont certaines réflexions sont assez niaises. Bref, ils sont peu crédibles et font très clichés.
Pour le reste, tout semble bien fonctionné avec un suspense bien maîtrisé et une ambiance assez réussie. On passe un bon moment de lecture malgré les nombreux défauts.
3.5
Un bon conte moderne de Winshluss.
Évidemment comme c'est Winshluss on retrouve de l'humour et c'est un peu trash (quoique c'est soft comparé à ce qu'il fait habituellement). L'histoire est prenante et remplie d'imagination. J'aime bien comment l'histoire était imprévisible, même si on retrouve certains clichés des contes (la femme qui fait engraisser l'enfant et qui a un ogre pour mari). Les personnages sont hauts en couleur, la narration est fluide et le dessin de Winshluss est excellent comme d'habitude.
À lire si on est fan de l'auteur.
Hasard de mes lectures, je viens d'achever le troisième volume de L'Arabe du futur de Riad Sattouf et voilà que je tombe sur cette bande dessinée à la médiathèque. Je l'ai pris sans regarder le nom des auteurs, juste pris par curiosité car je savais que ce livre avait été sélectionné pour le festival d'Angoulême 2017.
C'est en commençant la lecture que le trait du dessinateur me rappelle quelque chose....bon sang c'est Lewis Trondeim qui illustre le récit de Brigitte Findakly, sa compagne.
D'ailleurs plus qu'un récit, ce beaucoup plus des tranches de vie que nous présente là l'auteur. On retrouve des similitudes entre les souvenirs de Riad Sattouf et ceux de Brigitte Findakly: sur l'école, la religion,la censure, la politique anti-sioniste, la propagande, bien que l'auteur semble évoluer dans une classe supérieure à celle de Riad Sattouf, ou alors l'Irak d'alors était, malgré les nombreux coups d'état que ponctuent ce récit; plus évolué que les autres pays arabe.
A la lecture de ce témoignage, nous prenons aussi conscience de l'évolution de l'Irak sur ces quarante dernières années : là où les femmes devaient exposer leurs bijoux pour montrer leur réussite sociale , même en pleine rue, dans les années 70; elles doivent à présent rester cloîtrées, et accepter que leur mari aillent "voir les filles", ce qui choquera Brigitte Findakly, habituée à la vie parisienne depuis l'exil de son père.
Malgré des ellipses assez maladroites entre le passé et le présent, j'ai aimé ce témoignage, à l'heure où Bagdad ou encore Mossoul n'ont pas encore pansé les plaies des conséquences de la folie meurtrière de Daesh.
Un bon documentaire sur le Canard enchaîné.
De ce journal, je lis surtout les dossiers du canard parce que je trouve le format du journal un peu difficile à lire. Je connaissais déjà l'histoire du journal pour avoir lu le livre de Laurent Martin qui fait partie des références nommées à la fin de l'album, mais cette BD est tellement excellente que j'ai lu avec passion des choses que je savais déjà.
J'aime bien aussi comment les auteurs montrent les différentes affaires révélées par le Canard enchaîné depuis les années 70. Il y a plusieurs que je connaissais et d'autres noms. La narration est fluide et je trouve que les informations s'enchainent sans problème. L'hommage à la fin des victimes des attentats terroristes (dont ceux de Charlie Hebdo) est touchant. Le dessin va très bien avec le sujet. Un bon livre si on veut connaitre mieux ce journal pas comme les autres.
Voilà une série courte, mais franchement réussie, et que je vous recommande fortement !
En effet, Lupano a réussi là non pas un chef d’œuvre ni une œuvre culte, mais une petite histoire sans prétention, pleine de fraicheur, de poésie et d’humour, qui fait qu’on s’attache à ce Célestin, dépassé par les événements tout en souhaitant les bousculer.
Les dialogues sont chouettes, légers, et l’intrigue est dynamique. On est embarqué dans ce qui est une sorte de farce. Les bons mots fusent, parsemés de citations de poètes – en cela une certaine parenté avec De Cape et de Crocs affleure, même si les deux univers sont éloignés.
Le dessin de Corboz peut parfois sembler gras, flou, peu précis. Mais en fait, un peu comme les textes et l’histoire elle-même, c’est une simplicité qui met en avant l’essentiel : le superflu, l’énorme, et non le détail.
Les méchants et les gentils se confondent – dans tous les sens du terme (voir la Révolution avortée par le palais lui-même, un roi bonasse que la seule vraie méchante – sa sœur – n’arrive même pas à renverser alors qu’il ne tient même pas au pouvoir : elle est pire qu’Iznogoud !).
Célestin dans tout ça n’est qu’une sorte de projecteur, dirigé sur les protagonistes réellement déterminants. Il subit les choses, prêt à tout gober, et pas que la lune.
Bref, c’est une lecture rapide, mais distrayante.
Plutôt fan du travail de Winshluss, c'est avec une grande curiosité que j'attendais de lire cet album cette fois-ci orienté jeunesse...
Curieux... et intrigué devrais-je dire. Car ce qui fait à mon sens la marque de fabrique de Winshluss, c'est bien cet humour noir et trash que j'avais découvert avec son adaptation de Pinocchio (Winshluss) et ensuite avec l'hilarant et décapant In God We Trust. Le premier marquait déjà l'intérêt de l'auteur pour le conte, et du coup ce nouvel album jeunesse ne semble pas si illogique que ça au final.
Alors oui, l'univers de Winshluss est bien là, avec ce jeune Angelo qui, oublié par ses parents sur la route en allant rendre une dernière visite à sa grand-mère mourante. Son trait si particulier, sa mise en couleur, sa narration si explosive, et l'humour toujours mordant, même si album jeunesse oblige, on reste dans le "politiquement correct". L'imagination de Winshluss et son sens de la narration font le reste ; on se laisse prendre dans cet univers farfelu où animaux, monstres et autres bizarreries se tirent la bourre pour notre plus grand plaisir.
Si ce n'est pas l'album de cet auteur que je préfère, ça n'en reste pas moins un excellent album, qui pourra par exemple permettre aux plus jeunes de découvrir une facette de l'humour qu'ils ne connaissent pas forcément ;)
A lire !
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Villégiature
Cet album se compose de trois histoires, toutes bâties sur le même modèle, graphiquement : dessins minimalistes en Noir et Blanc, avec un trait très gras et quelque peu « brouillon », dans une longue suite de vignettes carrées. De même, la construction narrative est commune aux trois histoires : une longue et lente présentation d’une situation, suivie d’un épilogue plus ou moins ironique et désopilant. La plus longue histoire, qui donne son titre à l’ensemble est plutôt pas mal, avec une chute d’un humour très noir (même si le « cœur » de l’histoire aurait peut être gagné à être raccourci). Les deux autres histoires (« L’entrevue » et « Précision ») sont plus courtes, mais elles aussi intéressantes (la dernière est un peu bizarre, et m’a un peu laissé sur ma faim). En tout cas, cet album confirme que Leif Tande est un auteur original, qui aime les constructions atypiques voire à contrainte : tous les albums de lui que j’ai lus méritent le détour. Je vous encourage donc à découvrir cet auteur canadien. Note réelle 3,5/5.
The Red Monkey dans John Wesley Harding
Eh bien, c’est un réel coup de cœur que cet album, qui mélange du désuet et du déjanté, dans une intrigue au départ anodine (deux potes partent à la recherche d’un capybara (gros rongeur) échappé d’un refuge (et portant le nom improbable de « John Wesley Harding » !). Et pourtant, j’ai eu du mal au début à me faire au dessin, surtout des visages, figés (comme chez Léo) et avec un air simiesque (renforcé par les pieds de singe d’un des deux personnages principaux !). Mais rapidement je suis tombé sous le charme de cet album. Et d’abord de ses qualités graphiques. Car finalement le dessin est vraiment sympa, très ligne clair, et aussi une colorisation vraiment chouette. L’intrigue elle-même bascule rapidement dans une enquête policière, mâtinée de fantastique. Et là, avec ce dessin et cette colorisation, on ressent l’ambiance « Journal de Tintin ». En effet, les deux tiers de l’intrigue, la partie enquête, est pleine de références à Tintin (manière d’agir, ambiance), voire à Jacobs (le passage nocturne chez Baxter par exemple, ou les hypothèses fantastiques autour du générateur de rayons). Sauf que ce serait du Tintin qui aurait fumé de la Marijuana, les deux potes hyper cool (« frère », « man » sortent de leur bouche comme des volutes de fumée) sont un brin déjantés – et que dire du détective qui les aide ? Par contre, les rebondissements de la fin (par ailleurs un peu trop brutaux à mon goût) se démarquent clairement de l’univers Tintin. De toute façon, même si l’on fait abstraction de ces références, c’est une histoire qui se laisse lire, pas révolutionnaire, mais esthétiquement très agréable. Une lecture que je vous recommande fortement.
Lila
Sous couvert d'un récit jeunesse humoristique, cette série a vocation à être éducative. Elle s'adresse en effet aux écolières et leur explique les tous débuts de la puberté. C'est vrai qu'on a souvent vu des BD s'adresser aux adolescents s'interrogeant sur leurs complexes et autres, ou alors aux jeunes enfants pour permettre aux parents de les rassurer sur leurs petites peurs et questions, mais c'est rare qu'on s'adresse aux enfants de moins de 10 ans pour les prévenir des tous débuts des changements qu'ils vont ensuite connaître durant l'adolescence. Le ton de cette lecture est très agréable. On y suit une petite fille, Lila, accompagnée de ses meilleures amies et ses copains de classe, peut-être un jour ses amoureux. Ses parents sont séparés mais restent en bons termes. Sa mère cherche à se recaser mais, même si elle est très mignonne, sa carrière de croque-mort ne l'aide pas à socialiser. Son père vit avec une australienne assez cool. Et son grand frère alterne attitudes agressives et protectrices comme tout bon grand frère. Le dessin est simple et efficace. Les couleurs sont gaies, la mise en scène dynamique. L'action passe bien et les situations et émotions des personnages sont claires et bien compréhensibles. Les planches sont régulièrement partagées entre cases de bande dessinées et texte rédactionnel à vocation éducative, rebondissant sur les sujets abordés par les premières. Ça rend la lecture un peu moins fluide qu'elle pourrait l'être mais le texte reste léger et intéressant. L'ambiance est à la bonne humeur et à l'humour, avec quelques touches d'émotions. Même si l'ensemble est légèrement en dents de scie, avec quelques baisses du rythme sur la longueur, il y a des moments que j'ai trouvés bien drôles, et d'autres moments assez touchants. Les personnages sont assez attachants et ça fait plaisir de les suivre. Mon opinion est donc positive et je trouve que c'est une BD à vocation éducative sympa qu'on peut aisément mettre entre les mains des jeunes filles pré-pubères. Je suis curieux de voir si elle va aborder d'autres sujets que la seule apparition des seins.
La Porte au Ciel
Un tres bon polar rural servi par un dessin splendide. L'histoire de ces 3 adolescentes en fugue sert de pretexte a planter une enquete policiere. Makyo distille les elements petit a petit et le suspense monte crescendo. A noter la lourdeur des dialogues des 3 filles qui les rendent chacune tres credibles. Un seul petit regret, la fin est vite expediee. Comme je le disais plus haut, le coup de crayon de Sicomoro est magnifique. Les couleurs et la campagne sont tres bien rendues, c'est tres bien. Je conseille l'achat pour tout amateur de polar rural made in bd francobelge.
Sky-High Survival
Je le dis d'emblée: j'ai bien aimé ce titre qui surfe sur la vague des survival horror. On est tout de site plongé dans un univers mystérieux composé de haut gratte-ciels et de ponts suspendus. S'il n'y avait que cela ! En effet, des tueurs au masque semblable sont présents pour attaquer notre héroïne ainsi que les gens normaux plongés dans cet univers. Seul échappatoire: se jeter dans le vide. D'où une autre option: la fuite et le combat. Certes, cela ne vole pas très haut ! Le scénario est plutôt bien construit avec des indices et des découvertes bien dosés. On entre tout de suite dans un univers assez immersif. Il manque juste un peu d'épaisseur aux personnages dont certaines réflexions sont assez niaises. Bref, ils sont peu crédibles et font très clichés. Pour le reste, tout semble bien fonctionné avec un suspense bien maîtrisé et une ambiance assez réussie. On passe un bon moment de lecture malgré les nombreux défauts.
Dans la forêt sombre et mystérieuse
3.5 Un bon conte moderne de Winshluss. Évidemment comme c'est Winshluss on retrouve de l'humour et c'est un peu trash (quoique c'est soft comparé à ce qu'il fait habituellement). L'histoire est prenante et remplie d'imagination. J'aime bien comment l'histoire était imprévisible, même si on retrouve certains clichés des contes (la femme qui fait engraisser l'enfant et qui a un ogre pour mari). Les personnages sont hauts en couleur, la narration est fluide et le dessin de Winshluss est excellent comme d'habitude. À lire si on est fan de l'auteur.
Coquelicots d'Irak
Hasard de mes lectures, je viens d'achever le troisième volume de L'Arabe du futur de Riad Sattouf et voilà que je tombe sur cette bande dessinée à la médiathèque. Je l'ai pris sans regarder le nom des auteurs, juste pris par curiosité car je savais que ce livre avait été sélectionné pour le festival d'Angoulême 2017. C'est en commençant la lecture que le trait du dessinateur me rappelle quelque chose....bon sang c'est Lewis Trondeim qui illustre le récit de Brigitte Findakly, sa compagne. D'ailleurs plus qu'un récit, ce beaucoup plus des tranches de vie que nous présente là l'auteur. On retrouve des similitudes entre les souvenirs de Riad Sattouf et ceux de Brigitte Findakly: sur l'école, la religion,la censure, la politique anti-sioniste, la propagande, bien que l'auteur semble évoluer dans une classe supérieure à celle de Riad Sattouf, ou alors l'Irak d'alors était, malgré les nombreux coups d'état que ponctuent ce récit; plus évolué que les autres pays arabe. A la lecture de ce témoignage, nous prenons aussi conscience de l'évolution de l'Irak sur ces quarante dernières années : là où les femmes devaient exposer leurs bijoux pour montrer leur réussite sociale , même en pleine rue, dans les années 70; elles doivent à présent rester cloîtrées, et accepter que leur mari aillent "voir les filles", ce qui choquera Brigitte Findakly, habituée à la vie parisienne depuis l'exil de son père. Malgré des ellipses assez maladroites entre le passé et le présent, j'ai aimé ce témoignage, à l'heure où Bagdad ou encore Mossoul n'ont pas encore pansé les plaies des conséquences de la folie meurtrière de Daesh.
L'Incroyable histoire du Canard Enchaîné
Un bon documentaire sur le Canard enchaîné. De ce journal, je lis surtout les dossiers du canard parce que je trouve le format du journal un peu difficile à lire. Je connaissais déjà l'histoire du journal pour avoir lu le livre de Laurent Martin qui fait partie des références nommées à la fin de l'album, mais cette BD est tellement excellente que j'ai lu avec passion des choses que je savais déjà. J'aime bien aussi comment les auteurs montrent les différentes affaires révélées par le Canard enchaîné depuis les années 70. Il y a plusieurs que je connaissais et d'autres noms. La narration est fluide et je trouve que les informations s'enchainent sans problème. L'hommage à la fin des victimes des attentats terroristes (dont ceux de Charlie Hebdo) est touchant. Le dessin va très bien avec le sujet. Un bon livre si on veut connaitre mieux ce journal pas comme les autres.
Célestin Gobe-la-lune
Voilà une série courte, mais franchement réussie, et que je vous recommande fortement ! En effet, Lupano a réussi là non pas un chef d’œuvre ni une œuvre culte, mais une petite histoire sans prétention, pleine de fraicheur, de poésie et d’humour, qui fait qu’on s’attache à ce Célestin, dépassé par les événements tout en souhaitant les bousculer. Les dialogues sont chouettes, légers, et l’intrigue est dynamique. On est embarqué dans ce qui est une sorte de farce. Les bons mots fusent, parsemés de citations de poètes – en cela une certaine parenté avec De Cape et de Crocs affleure, même si les deux univers sont éloignés. Le dessin de Corboz peut parfois sembler gras, flou, peu précis. Mais en fait, un peu comme les textes et l’histoire elle-même, c’est une simplicité qui met en avant l’essentiel : le superflu, l’énorme, et non le détail. Les méchants et les gentils se confondent – dans tous les sens du terme (voir la Révolution avortée par le palais lui-même, un roi bonasse que la seule vraie méchante – sa sœur – n’arrive même pas à renverser alors qu’il ne tient même pas au pouvoir : elle est pire qu’Iznogoud !). Célestin dans tout ça n’est qu’une sorte de projecteur, dirigé sur les protagonistes réellement déterminants. Il subit les choses, prêt à tout gober, et pas que la lune. Bref, c’est une lecture rapide, mais distrayante.
Dans la forêt sombre et mystérieuse
Plutôt fan du travail de Winshluss, c'est avec une grande curiosité que j'attendais de lire cet album cette fois-ci orienté jeunesse... Curieux... et intrigué devrais-je dire. Car ce qui fait à mon sens la marque de fabrique de Winshluss, c'est bien cet humour noir et trash que j'avais découvert avec son adaptation de Pinocchio (Winshluss) et ensuite avec l'hilarant et décapant In God We Trust. Le premier marquait déjà l'intérêt de l'auteur pour le conte, et du coup ce nouvel album jeunesse ne semble pas si illogique que ça au final. Alors oui, l'univers de Winshluss est bien là, avec ce jeune Angelo qui, oublié par ses parents sur la route en allant rendre une dernière visite à sa grand-mère mourante. Son trait si particulier, sa mise en couleur, sa narration si explosive, et l'humour toujours mordant, même si album jeunesse oblige, on reste dans le "politiquement correct". L'imagination de Winshluss et son sens de la narration font le reste ; on se laisse prendre dans cet univers farfelu où animaux, monstres et autres bizarreries se tirent la bourre pour notre plus grand plaisir. Si ce n'est pas l'album de cet auteur que je préfère, ça n'en reste pas moins un excellent album, qui pourra par exemple permettre aux plus jeunes de découvrir une facette de l'humour qu'ils ne connaissent pas forcément ;) A lire !