Les derniers avis (31951 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Alex Clément est mort
Alex Clément est mort

Sympa cette BD ! A voir le titre et la couverture, je m'attendais à une histoire policière un peu ennuyeuse, mais en fait, sous couvert d'une légère couche pince-sans-rire, c'est une BD humoristique. Son scénario peut être assimilé à celui d'une pièce de vaudeville. Chaque chapitre se centre autour d'une unité de lieu, comme un unique décor de théâtre où évolueraient les personnages. Comme le vaudeville, cette comédie est fondée sur les relations entre les personnages et le comique de situation. Le fond légèrement policier, avec certes une personne décédée de mort naturelle mais quand même un plus ou moins vrai kidnapping, n'est qu'un prétexte. Les acteurs sont une dizaine environ, tous avec leurs personnalités bien définies et amusantes. On le devine assez rapidement, la situation va devenir de plus en plus embrouillée et aligner les quiproquos et circonstances comiques. C'est d'autant mieux fait que l'histoire bénéficie du dessin maîtrisé d'Emmanuel Lepage. Ce n'est pas le style réaliste et très esthétique de ses albums les plus récents mais c'est quand même un très bon cru dans un noir et blanc lumineux qui rend la lecture fluide et plaisante. Même si le rythme retombe parfois un petit peu, ce fut quand même pour moi une bien agréable surprise.

05/01/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Celle qui réchauffe l'hiver
Celle qui réchauffe l'hiver

Étrange et particulière que cette histoire qui oscille entre le conte et l'allégorie. Il est à ma connaissance assez rare que la culture Inuit soit utilisée tant dans la production littéraire, cinématographique que graphique pour l'affaire qui nous occupe. Le dessin lui aussi mérite les adjectifs cités plus haut tant il semble hésiter entre un style pictural réaliste et un trait naïf, surtout en ce qui concerne le bestiaire de cet album. Il s'agit sans doute d'un parti pris qui m'échappe mais qui laisse une curieuse impression et met du temps à s'imposer. Pour le reste le trait est harmonieux et donne une impression de fluidité, d'un mouvement presque aérien. La colorisation que d'aucuns pourraient qualifier de terne rend bien hommage à l'histoire et finalement s'accorde parfaitement au récit. Pour ce qui est du conte en lui même et bien c'est un conte qui s'inspire des croyances, du folklore Inuit, je n'ai pu m'empêcher de penser à cet auteur Jorn Riel qui a situé outre ses racontars du Groenland nombre de ses aventures dans cette culture au demeurant fort riche et méconnue. Cette BD demande un double effort, le premier concerne le dessin ou le bestiaire employé est réduit à sa plus simple expression, le second demande au lecteur de faire l'effort de s'immerger dans un monde étrange et différent loin de nos codes occidentaux. Ce double effort en vaut pourtant la peine, la lecture est donc plus que conseillée.

04/01/2017 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série The Time Before
The Time Before

Avec "The Time before", Cyril Bonin nous propose de revisiter un classique du genre : pouvoir maitriser le temps. Ici, non point de voyage à travers les grandes périodes de l'histoire, mais juste de quoi accommoder son quotidien pour parfaire son existence. On a tous à un moment donné regretté un choix ou un événement ; ici notre photographe va savamment utilisé le talisman qu'il aura reçu pour corriger ses erreurs et ainsi réussir sa vie. Ça parait tout couillon raconté comme ça, mais loin d'un sensationnalisme qui aurait certainement voué ce one shot aux oubliettes, le talent de Cyril Bonin (ici au scénario et au dessin) réussit à nous faire passer un très bon moment de lecture grâce à un savant dosage du fantastique et une narration efficace. De plus, son trait colle parfaitement à l'ambiance et sa colorisation des plus réussie finit de donner à l'ensemble la cohérence nécessaire pour la réussite de cet album. Un très bon moment de lecture, très agréable à l’œil en prime, ce qui ne gâche rien ! A découvrir !

03/01/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Miss Hulk
Miss Hulk

Miss Hulk est la cousine de Hulk qui est devenue une super-héroïne à la suite d'une transfusion de sang avec son cousin. Elle est plus sociable que Hulk et surtout lorsqu'elle est le personnage principal d'une série, le ton est humoristique depuis que John Byrne a écrit et dessiné ses aventures à la fin des années 80 et au début des années 90. Miss Hulk était aussi une avocate dans le civil et c'est un aspect que Dan Slott montre beaucoup ici. La plupart des histoires (mais pas toutes) montre Miss Hulk dans son travail d'avocate et comme on est dans l'univers Marvel les procès sont particuliers. On voit ainsi, entre-autre, le procès où un fantôme veut venger sa mort et un autre où un super-vilain poursuit en justice un super-héros qui l'a envoyé à l'hopital. L'humour fonctionne bien et le personnage de Miss Hulk est vraiment attachante. Ce qui est bien aussi c'est que Dan Slott est un grand connaisseur de l'univers Marvel. Du coup on voit non seulement des personnages Marvel connus, mais aussi des personnages plus secondaires. On a droit à un vrai tour d'horizon de tout l'univers Marvel avec des références à des événements antérieurs. On brise aussi le quatrième mur (c'était le cas aussi à l'époque de John Byrne) car les comics Marvel existent dans la réalité Marvel. Dommage qu'il n'y ait qu'un tome car Dan Slott a aussi écrit d'autres histoires de Miss Hulk qui ne sont pas présents dans l'album.

03/01/2017 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Les Trois Fantômes de Tesla
Les Trois Fantômes de Tesla

Voilà un album qui lance une série sur les chapeaux de roue ! Plutôt fan de SF, amateur de streampunk au tournant, me voilà servi ! Car cette uchronie concoctée par Richard Marazano et mise en image par Guilhem est une franche réussite ! En tout cas je suis pressé de découvrir la suite ! L'objet fait déjà preuve d'une attention toute particulière avec une couverture des plus réussie, rehaussée de vernis sélectif sur les éclairs dorés qui l'agrémentent. Guilhem dont je ne connaissais que le travail à travers la série fantasy jeunesse Zarla nous sort ici le grand jeu avec un coup de crayon volontairement suranné que met magnifiquement en valeur la mise en couleur de Richard Marazano. Tout cela concours parfaitement à imposer cette ambiance anxiogène liée à cette période si particulière de notre histoire. Le sombre New York de la milieu du XXe siècle et les personnages scientifiques de l'époque revus et corrigés pour le bien de notre récit finissent de compléter les ingrédients idéaux d'un tome introductif maîtrisés. J'ai dévoré ce premier volume ! Reste maintenant à attendre patiemment les deux prochains tomes annoncés qui concluront cette histoire...

02/01/2017 (modifier)
Couverture de la série Le Courseur et autres histoires drôles
Le Courseur et autres histoires drôles

Bon, ben je me retrouve à essayer de noter, de donner un avis clair et précis sur ce qui ressemble quand même pas mal à un ovni. D’abord parce qu’on ne le voit pas si souvent ! Il m’a fallu pas mal de temps, de recherches – inutiles – et finalement de pot, pour dégotter cet album, d’occase, et dans un super état en plus ! Ovni surtout pour son contenu. Quel auteur barré ! Mais quel auteur intrigant, intéressant et déroutant. D’ailleurs, autant vous dire que mon conseil d’achat s’agrémente d’un conseil de feuilletage avant d’acheter. Ce n’est clairement pas main stream, et il faut être accessible à un univers qui ne se laisse pas apprivoiser, voire concevoir facilement. Le seul point commun des quatre histoires – trois relativement courtes, « Le courseur » étant nettement la plus développée –, c’est une certaine poésie, plus ou moins noire, une forme de surréalisme, une rêverie plus ou moins éveillée, qui irrigue des scénarii par ailleurs parfois hermétiques (c’est surtout le cas du « Courseur », qui ne m’a pas encore livré tous ses secrets). Le dessin est lui aussi très personnel et original. En tout cas il m’a bien plu. Avec un très beau travail sur la géométrie pour le « Courseur », l’impression parfois d’avoir accès à des esquisses d’architecte. De plus, j’aime beaucoup aussi la colorisation – différente d’une histoire à l’autre –, généralement discrète (même si plus « voyante » dans « Machine » [superbes dégradés de rouille] et dans « Ophélie » [peut-être l’histoire qui m’a le moins accroché, malgré sa calme poésie]). Voilà en tout cas un album qui sort de l’ordinaire, qui nous sort de l’ordinaire ! Note réelle 3,5/5.

02/01/2017 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Ruines
Ruines

De manière générale, la BD alternative est plus centrée sur le fond que sur la forme. Dans le cas de « Ruines », le dessin peut clairement rebuter dans ses petites imperfections qui relèvent de l’amateurisme : un trait manquant de fluidité, des corps et des visages un peu figés, des bâtiments qui semblent avoir été dessinés avec une règle... Et pourtant, le dessin de Peter Kuper comporte des qualités, notamment par son souci du détail, une mise en page recherchée, et sa colorisation à l’aquarelle qui le rapprocherait presque de la peinture. L’auteur n’est pourtant pas un débutant en la matière, puisqu’il a publié de nombreux ouvrages depuis les années 90. Certains ont été nominés aux Eisner Awards, celui-ci ayant d’ailleurs remporté le prix du roman graphique cette année. Kuper enseigne même la bande dessinée à la School of Visual Arts of New York, comme quoi… Une fois dépassées ses (éventuelles) réticences, on pourra se laisser charmer par cette histoire semi-autobiographique qui raconte les efforts d’un homme et d’une femme pour se retrouver mais qui ne sont plus vraiment sûrs de vouloir continuer sur le même chemin. Venue à Oaxaca dans le but d'écrire, Samantha est en pleine introspection et pense trouver la clé du bonheur dans ce Mexique avec qui elle se sent liée par le biais d’une relation amoureuse passée. Quant à George, désormais au chômage, son but est de se remettre à la peinture. Loin de leur petit confort new-yorkais, c’est un Oaxaca remuant et haut en couleurs, indifférent à leurs questionnements, qui va ébranler leurs certitudes de petits bourgeois, car autour d’eux le tumulte de la vie et de la mort omniprésente (nous sommes bien au Mexique) empiète sur leur intimité et aura inévitablement des incidences sur leur couple. Mais pour chacun d’eux, il s’agit aussi d’un parcours initiatique, tel celui du papillon monarque dont on suit la trajectoire silencieuse de la Pennsylvanie au Mexique dans de courtes interludes entre chaque chapitre, conférant une note poétique à l’ensemble. George et Samantha s’extrairont-ils de leur chrysalide pour trouver la voie vers l’épanouissement ? S’ils doivent y parvenir, le feront-ils ensemble ou chacun de leur côté ? « Ruines » est donc un roman graphique assez plaisant et évidemment très personnel comme la plupart des productions du genre. Alternant entre une description authentique et détaillée du quotidien dans une ville mexicaine et les questionnements d’un couple sur le sens de la vie (notamment à deux). Le récit est lent et assez digressif, mais l’intrigue reste claire dans son ensemble et parvient à susciter intérêt et fascination chez le lecteur. Un prix Will Eisner plutôt mérité malgré mes réserves exprimées au début.

31/12/2016 (modifier)
Couverture de la série Histoires sans paroles
Histoires sans paroles

Voilà un album injustement méconnu, si j’en juge par le faible nombre d’avis à son propos. Il est pourtant facilement trouvable en occase – en tout cas sur Paris. Et ça vaut la peine de le chercher, et de le lire, car il est vraiment plein de qualités. Graphiques d’abord, puisque le dessin de Mandrafina, dans un beau Noir et Blanc sans fioriture, précis, est vraiment très réussi. D’une clarté limpide, il est au service des histoires de Trillo. Histoires sans paroles donc. Ces dix histoires sont toutes intéressantes (seule la dernière, « Le facteur » est peut-être un peu en deçà, et encore), même si le thème ou le ton changent. On y trouve de l’humour noir, parfois absurde. On y trouve aussi des histoires poétiques et loufoques (comme « La danseuse », sans doute la plus hermétique, ou « Le machiniste »). Le titre de l’album, « Histoires sans paroles », m’a fait penser à l’émission de télé portant le même nom, et qui diffusait de petits bijoux du cinéma muet. Et en fait, les histoires de Trillo, par leur mécanisme, sont tout à fait sur le même rythme que ce cinéma muet, usant d’un burlesque noir et rythmé. Les deux auteurs argentins nous ont concocté ici un très beau recueil, dont je vous recommande chaudement la lecture.

31/12/2016 (modifier)
Par BDenis
Note: 4/5
Couverture de la série Les Premiers
Les Premiers

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) La couverture pas bien aguichante à mes yeux, cet homme, le personnage principal, nu en position fœtale, ne laisse en rien présager ce qui va se dérouler dans les pages suivantes. Encore que, si j'y avais regardé de plus près, j'aurais dû voir que le vide du "P" de Premiers était constitué d'un crâne. Crâne qui, en y regardant d'encore plus près, n'était pas tout fait humain. Un indice. C'est donc vierge de ces observations post-lecture que je me suis engagé dans ce one-shot. C'est une enquête de gendarmerie dans les environs de Perpignan. Qui sort de l'ordinaire. Des kidnappings et des disparitions se succèdent, sans aucune revendication. L'enquête piétine, puis les choses s'accélèrent, sans qu'on puisse rien en dire au risque de déflorer l'intrigue, vous passeriez ainsi à côté du plaisir que j'ai eu à la découvrir par moi-même. Sachez tout de même qu'elle prend une tournure fantastique, qui s'appuierait sur de vagues thèses scientifiques. Toujours est-il que la mayonnaise a bien pris pour moi et que j'ai aimé cette BD d'une centaine de pages. Le dessin est joli, chaleureux sur ce papier mat. J'ai moins apprécié ces hachures sur les visages, notamment sous les yeux, qui font que les personnages ont tous l'air de fatigués de naissance avec ces espèces de cernes perpétuels. Mais ceci est un détail, l'ensemble scénario + dessin est très homogène. Une bonne surprise. 14,5 / 20

31/12/2016 (modifier)
Par BDenis
Note: 4/5
Couverture de la série La Vision de Bacchus
La Vision de Bacchus

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Un one-shot qui se passe dans le milieu de la peinture vénitien au 16e siècle. NON, NE FUYEZ PAS ! Il y a une vraie histoire, on ne va pas vous demander de vous passionner pour le 3e art si vous n'êtes pas amateur. Et l'on suit l'arrivée à Venise d'Antonello de Messine, qui vient donc de Sicile cela ne vous aura pas échappé. C'est un peintre hors pair, de quoi rendre jaloux Bellini et son école. Si Antonello est si talentueux c'est aussi grâce à quelques secrets de réalisation : de la fabrication de ses couleurs à la conception de ses portraits, le garçon est astucieux. Même s'il s'est inspiré de recettes flamandes. Les commandes de tableaux se succèdent avec bonheur pour le Sicilien, et l'aura de ce dernier ne laisse pas les femmes indifférentes. Les vies qui se croisent de tous ces personnages sont vraiment intéressantes à suivre, en plus que d'être instructives en certains points. Les 120 pages se lisent d'une traite et avec un vrai plaisir. Le dessin a un style qui lui est propre, il est très joli et convient tout à fait au cadre. 14 / 20

31/12/2016 (modifier)