The Red Monkey dans John Wesley Harding

Note: 3.67/5
(3.67/5 pour 6 avis)

« The Red Monkey dans John Wesley Harding » ou la recherche par les deux héros d'un étrange animal du nom de la chanson de Bob Dylan, sur fond d'aventure policière et de scandale politico-écologique... Sud-Africain, Joe Daly fait partie des jeunes auteurs ayant évolué dans le sillon de ses prédécesseurs de Bitterkomix.


Afrique du Sud L'Association Les auteurs africains Les Roux !

Nos héros sont d’ordinaires mecs plutôt cools partis à la recherche d’un rongeur géant échappé d’une réserve naturelle Mais là, en pleine nuit ils se retrouvent nez à nez avec de sinistres silhouettes aux yeux verts fluorescents. Tout s’enchaine alors : hypothèses fumeuses et enfumées, filature improvisée, combat au sabre, retournement de situation, trahison …

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Février 2009
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série The Red Monkey dans John Wesley Harding
Les notes (6)
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07/09/2009 | Sejy
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L'avatar du posteur Noirdésir

Eh bien, c’est un réel coup de cœur que cet album, qui mélange du désuet et du déjanté, dans une intrigue au départ anodine (deux potes partent à la recherche d’un capybara (gros rongeur) échappé d’un refuge (et portant le nom improbable de « John Wesley Harding » !). Et pourtant, j’ai eu du mal au début à me faire au dessin, surtout des visages, figés (comme chez Léo) et avec un air simiesque (renforcé par les pieds de singe d’un des deux personnages principaux !). Mais rapidement je suis tombé sous le charme de cet album. Et d’abord de ses qualités graphiques. Car finalement le dessin est vraiment sympa, très ligne clair, et aussi une colorisation vraiment chouette. L’intrigue elle-même bascule rapidement dans une enquête policière, mâtinée de fantastique. Et là, avec ce dessin et cette colorisation, on ressent l’ambiance « Journal de Tintin ». En effet, les deux tiers de l’intrigue, la partie enquête, est pleine de références à Tintin (manière d’agir, ambiance), voire à Jacobs (le passage nocturne chez Baxter par exemple, ou les hypothèses fantastiques autour du générateur de rayons). Sauf que ce serait du Tintin qui aurait fumé de la Marijuana, les deux potes hyper cool (« frère », « man » sortent de leur bouche comme des volutes de fumée) sont un brin déjantés – et que dire du détective qui les aide ? Par contre, les rebondissements de la fin (par ailleurs un peu trop brutaux à mon goût) se démarquent clairement de l’univers Tintin. De toute façon, même si l’on fait abstraction de ces références, c’est une histoire qui se laisse lire, pas révolutionnaire, mais esthétiquement très agréable. Une lecture que je vous recommande fortement.

11/01/2017 (modifier)
Par Seb94
Note: 4/5

Dépaysement garanti autour de ce one shot se déroulant en Afrique du Sud. Adepte du second degré, des scènes décalées, des personnages un peu à côté de leurs pompes, aux cerveaux bien enfumés (nos deux héros) ou ayant complètement lâché la rampe (le détective), cette histoire te comblera. Au départ, on suit nos deux compères dans une simple randonnée à travers les marais, à la recherche d’un gros rongeur échappé du parc animalier où travaille Paul. A partir de là, ils vont se retrouver au centre d’un scandale immobilier visant à détruire le marais. Il semble d’ailleurs se passer des évènements plus qu’étranges durant la nuit dans cette réserve naturelle. Les conclusions qu’en tire notre duo sont vraiment réjouissantes, leurs trips les amenant à imaginer les scénarios les plus cocasses. Les rebondissements sont nombreux, l’histoire est haletante et toujours amusante, les dialogues souvent savoureux. Le personnage secondaire du détective est vraiment excellent et se révèlera finalement un acteur important de cette intrigue déjantée. L’ambiance générale est vraiment agréable, un charme particulier ressort de cet album et les personnages hauts en couleurs sont très attachants. Le dessin participe grandement à ce ressenti, il est vraiment réussi, même si je dois avouer avoir eu un peu de mal au début avec la représentation des visages. Le découpage, contrairement à l’histoire est tout ce qu’il y a de plus classique. Enfin, les couleurs chaudes et chaleureuses sont du plus bel effet.

25/06/2010 (modifier)

Ce Red monkey est encore une fois une "aventure au coin de la rue". J'ignore encore si cette constante de Joe Daly finira par être épuisante mais pour l'instant je ne m'en lasse pas. Ici on est au plus proche de l'auteur : en Afrique du Sud (et notre héros est auteur de comics). Une bonne surprise : l'album est en couleur ! L'ambiance est donc particulièrement réjouissante. Je n'ai en fait pas d'amour particulier pour cet album plus qu'un autre mais suis juste ravi de retrouver cette patte. Et en fait je crois que quelque soit l'histoire j'avais juste besoin de retrouver celui qui la raconte. Et ça fait un bien fou de retrouver cette atmosphère. C'est absolument dingue comme l'auteur parvient à la fois à trouver un tempo soutenu, à créer des tensions, des faits improbables et des émotions fortes. Et paradoxalement à la lecture, le ressenti est toujours d'une sérénité extrême ! Il a cette façon de nous faire partager l'aventure sans panique. Dans un affolement calme, sans coeur qui s'accélère, et sans comique excessif bien que ce soit franchement drôle. En fait il a ce don de nous plonger dans l'aventure avec cette attitude "déconnectée" des enfumés du bocal : certains passages sont carrément chamaniques pour le héros. L'ensemble pourrait l'être pour le lecteur. Et comme à son habitude, l'aventure est initiatique, les questions existentielles n'atteignent jamais un caractère bouleversant, mais restent toujours terriblement justes sous leurs airs faussement absurdes. Et nos paumés qu'on croyait écervelés vont peu à peu révéler la richesse de leur sensibilité. Par dessus tout on retrouve donc des personnages extrêmement attachants, pacifistes, et dont les comportements maladroits sont toujours le reflet d'une amitié forte et sereine, et de relations vraies. Ce qui compte chez Joe Daly ce n'est pas l'aventure physique ou le voyage intellectuel, ni même la destination (Red Monkey est une fiction, "Dongeon Quest" est fantastique). Non ce qui compte dans le voyage c'est d'être aux côtés de l'autre. C'est finalement cette fraternité qui est touchante dans oeuvre de Joe Daly. Et qui en est la fondation. Plus fort encore, le lecteur n'est jamais violenté et partage le temps d'une lecture, cette fraternité hallucinée avec ces héros du quotidien, qui respirent l'humanité, et ... qui s'aiment. N'ayons pas peur des mots, son oeuvre est un hymne à l'amour. A moins que ce ne soit qu'un trip ?

21/05/2010 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
L'avatar du posteur Spooky

Ce comics est une sorte d'OVNI. Ca ne ressemble à rien de connu, mais pourtant ça vaut presque le coup de le lire, par curiosité. La couverture ne me disait rien, mais j'ai quand même tenté le coup, me disant qu'un comics adapté chez l'Association ça doit être quelque chose. Eh bien j'ai eu raison. Ca part sur l'histoire de deux hippies un peu débiles qui partent à la chasse au capybara et qui se retrouvent embarqués dans une drôle d'histoire de manipulation immobilière concernant un marais en bord de mer. L'histoire prend plusieurs détours inattendus, et les personnages sont tellement surprenants qu'on ne peut pas s'empêcher de poursuivre la lecture jusqu'à la fin qui elle se termine un peu en eau de boudin. Je ne connaissais pas le style de Joe Daly, mais pour le coup j'aime beaucoup. Ca me fait penser à la fois aux auteurs underground américains mais aussi à -curieusement- Leo, l'auteur d'Aldébaran... Je me suis surpris à admirer les designs des véhicules, les paysages du marais, le tout assorti d'une mise en couleurs vraiment très chouette. Dommage que cela se termine de façon un peu abrupte, sinon ce comics aurait obtenu un solide 4/5.

06/05/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 3/5

Etonnant one shot. L'Association sait prendre des risques et semble adapter de plus en plus de récits d'auteurs étrangers, ici celui d'un auteur sud africain. Le dessin est universel avec son trait de l'école ligne claire. Par contre, je trouve les couleurs trop sombres et sans saveur. Le récit est original à la lecture et pourtant commun. Il y a une touche particulière qui apporte un charme à cette lecture parfois bavarde. Il y a de bons petits moments d'humour inclassable notamment avec le voisin détective. Les deux personnages principaux, pourtant avec des profils cools, sont plus neutres. Je suis agréablement surpris par cette lecture car je me suis plongé dans cette BD sans savoir de quoi il en retournait.

08/11/2009 (modifier)
Par Sejy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Sejy

Impression de déjà vu… Tirage en quadrichromie et aplats de couleurs, trait hérité des meilleures écoles de la ligne claire, bulles géométriquement soignées et généreusement emplies de lettrages ordonnés, et un héros sympathique, dans la fleur de l'âge, frappé d’une singularité physique pour le moins distinctive, qui nous embringue dans des périples ébouriffants et audacieux, explorations de décors cartes postales ou de lieux beaucoup plus étranges. Un classicisme établi, dans la forme et dans le fond, qui laisse transpirer les plus convaincantes influences hergéennes. Il ne manque plus qu’un cabot doué de parole et on s’y croirait. Mais comme le proférait une certaine publicité, si ça en a la couleur et presque le gout, ce n’en est pas tout à fait. Joe Daly opère un dépoussiérage astucieux, optant pour une métamorphose radicale dans le ton. Le reporter à houppette bien-pensant (Tintin, pour les plus lents) et son inséparable cabillaud Haddock (je n’ai pas pu m’en empêcher) font place à deux protagonistes beaucoup plus cools et traîne-semelles. Dave, gentil rouquin aux pieds de singe (the red monkey) et Paul, son comparse halluciné, troquent pantalons de golf, pull marin et pipe contre shorts, sandales et pétards à foison. Traversant miraculeusement un scénario farfelu, cocktail de chasse au hamster, d’invasion extra terrestre, de rencontres baroques (inénarrable détective privé aux métaphores exhibitionnistes), d’obscur complot immobilier et d’enquête policière en faux semblant, ils amènent une dérision mesurée et offrent une très grande modernité à cette histoire impossible, au demeurant remarquablement construite, captivante, voire même engagée. Une distance, qui, loin d’un foutage de gueule, prend les allures d’un hommage revendiqué (cherchez bien les multiples clins d’œil parsemés le long du récit) Ceux qui passeront leur lecture au tamis du premier degré demeureront peut-être interrogateurs, risquant même l’emmerdement clinique. Les plus vigilants (les chanceux !) sauront se délecter des dialogues subtilement décalés ou parfois plus chaotiques et « enfumés » et de situations énormes. Baignant dans des atmosphères uniques (j’ai adoré les scènes de nuits), ils se laisseront porter par une hilarante aventure initiatique en flottant dans une légèreté, une agravité fleurant bon la ganja. Le néoclassicisme de la Bd ?

07/09/2009 (modifier)