J'ai lu avec amusement cette vieille série de janvier 88 qui scénarisait les (im)possibles issues de la future élection présidentielle.
À travers six scenarii loufoques et incisifs, Hervé Algalarrondo et Gégé s'amusent à peindre un portrait peu tendre des vedettes politiques de l'époque.
On retrouve une satire politicienne qui renvoie au Bébête show puis aux Guignols. Certains personnages sont tombés dans l'oubli (Lajoinie), d'autres vont marquer la future politique française (Chirac, Le Pen).
Les jeunes lecteurs peuvent être surpris de ne pas voir apparaître Sarko et considérer cet album comme préhistorique.
Pour un lecteur de mon âge, cela rappelle une époque révolue (celle de "la bande des 4" finissante).
Le graphisme donne dans de la caricature classique assez soft. Les portraits de Mitterrand, Chirac ou Le Pen sont tellement connus qu'ils ne produisent plus le même effet humoristique.
Cela reste un ouvrage de brocante amusant pour qui a connu cette époque.
Le conte de Peau d'Âne, classique de Charles Perrault, est très connu. Pour échapper à une situation d'inceste, une adolescente décide de partir, se camouflant dans la peau d'un âne dont elle avait elle-même demandé l'exécution.
Cécile Chicault a choisi de reprendre le texte "original", en vers, et de combler elle-même les trous qu'il pouvait y avoir dans l'histoire. Elle propose une illustration figurative, presque fantasmagorique, avec de la flamboyance, de l'exubérance, aidée par les couleurs de Flavia Castagna (Arancia Studio).
Mais le point qui est à retenir, soulevé par l'adaptatrice elle-même dans une note à la fin de l'album, c'est la modernité du conte, incongrue si l'on ose dire, dans l'oeuvre d'un auteur de la fin du XVIIème siècle, qui plus est adaptée d'un récit populaire antérieur. Car en effet l'inceste n'était pas rare dans les cours de l'époque, souvent justifié -s'il en était besoin- par le besoin d'un souverain d'voir une descendance mâle. Or dans le conte écrit par Perrault, la dimension moralement révoltante de cette pratique est mise en exergue, et l'histoire est la mise sous protection puis la fuite de la princesse pour préserver son intégrité morale et physique. En filigrane, la question du consentement. Des éléments encore rares à l'époque dans la littérature populaire.
Cécile Chicault propose une illustration symbolique, alors que les adaptations précédentes de ce même conte allaient plutôt vers le réalisme. L'élégance de son trait le lui permet, et de nous livrer une belle version de ce conte classique, avec une lecture à l'aune du questionnement du consentement de la jeune fille en ce début de XXIème siècle. Une variation intéressante, donc.
Baru exploite assez bien l’arrière-plan historique (la « guerre d’Algérie »), pour raconter l’histoire de ce jeune boxeur algérien, Saïd, qui ne pense qu’à sa carrière prometteuse, et qui veux rester apolitique, alors que des partisans de l’Algérie française et le FLN tentent de l’annexer à leur camp.
J’ai fait des recherches sur le net, pour savoir si c’était une histoire vraie. J’ai plutôt l’impression que Baru s’est inspiré de plusieurs cas (dont Cherif Hamia), et qu’il a ensuite imaginé le reste. Toujours est-il que l’intrigue est très crédible, très bien ancrée dans l’Histoire, et que cela rend la lecture intéressante et agréable.
Je suis par contre moins convaincu par le dessin de Baru, qui n’est pas ce qu’il a fait de mieux. Les visages en particulier ne sont pas extraordinaires, plusieurs personnages ressemblant aux frères Bogdanov. Et la colorisation très terne n’est pas non plus affriolante.
Du polar médiéval, voilà ce que nous propose Corbeyran. Disons que le médiéval m’attirait plus que le polar, et c’est cet aspect que j’ai davantage apprécié, surtout que cela se déroule au XIIIème siècle, au cœur du moyen-âge classique, sans doute l’une de mes périodes préférées.
L’intrigue du premier tome est assez légère. Ou plutôt Corbeyran use de pas mal de facilités, et comme en plus l’enquête n’est pas palpitante, l’histoire en elle-même ne m’a pas captivé outre mesure.
Dans le deuxième tome l’intrigue est un peu plus consistante, autour d’un vieux secret de famille, de l’inévitable alchimie. Quelques facilités là aussi, mais l’histoire est plus dense.
Par contre, d’autres aspects m’ont davantage plu. D’abord le dessin de Bègue, que je découvre ici, vraiment très bon. Fluide, agréable, il réussit très bien à retranscrire cette époque – que ce soit pour les personnages ou les décors. Et la colorisation de Fernandez est, elle aussi, de très bonne facture.
De plus, le thème de l’héraldique, qui innerve les histoires (les deux héros, avant de se piquer d’enquêter, sont avant tout des hérauts, spécialistes des blasons, qui cherchent à les répertorier) est très intéressant – et très important pour comprendre cette époque. Je ne suis pas un spécialiste, mais je connais un certain nombre de choses dans ce domaine, en grande partie grâce à la fréquentation des écrits du grand historien Michel Pastoureau, sans doute l’un des plus grands spécialistes de la question.
J’aime le langage, très poétique et pourtant très « cadré » des blasons, la façon qu’ils ont de dire beaucoup de choses avec une économie de moyens. Et ici Corbeyran utilise bien ce matériau, comme fil rouge. Si pour les enquêtes ça parait facile, ça donne à la lecture un intérêt supplémentaire.
Bref, une lecture sympathique, qui vaut presque plus pour ses « à-côtés » que pour les intrigues elles-mêmes, pas toujours captivantes je trouve.
Mouais. J’arrondis aux trois étoiles parce que je pense que l’album est avant tout destiné à un jeune lectorat, sans doute moins exigeant que je ne le suis (qui sait ?). Mais, si j’ai trouvé amusant certains super pouvoirs, j’ai trouvé l’ensemble inégal et pas toujours drôle.
Il n’y a pas vraiment d’histoire. En deux pages généralement, sans dialogue, avec juste un commentaire sur le super pouvoir du super héros en question (et un vague commentaire dépréciateur sur le pouvoir en question – souvent sans intérêt), nous avons une succession de saynètes présentant des super anti-héros, aux pouvoirs nuls ou ridicules, absurdes.
Ça fait sourire, mais jamais plus hélas. Il y a ici trop de retenu. Alors, certes, on n’est pas dans Sticky Pants (ça colle et ça moule les bollocks !), on ne vise pas le même degré ni le même public, mais j’attendais plus. En temps de lecture aussi d’ailleurs, car la lecture est super rapide (voilà un pouvoir super au point que possède Burgaud !
Note réelle 2,5/5.
Il y a quelques petites longueurs, des passages un peu naïfs, ou plutôt maladroits (surtout au début, lorsqu’il s’agit d’illustrer les progrès de la police scientifique au travers d’une enquête), mais aussi un dessin pas très élaboré (même s’il est très lisible).
Mais, ceci étant dit, c’est aussi un album instructif, moins rébarbatif que je ne le craignais au départ, sur un sujet qui peut rapidement le devenir. Même s’il faut prévoir d’investir du temps pour lire cet album souvent dense. Et certaines bulles, très remplies d’imposants dialogues avec une très petite police de caractère n’aident pas toujours à « alléger » cette lecture.
Le dessin n’est pas forcément mon truc (les visages en particulier), mais il fait le boulot et est très lisible.
Au final, un album intéressant, qui réussit son pari de faire passer pas mal de connaissances, sans être trop indigeste (même si certains passages manquent un peu de fluidité, et si, parfois, l’intrigue censée « faire passer » les connaissances, et certains dialogues, font un chouia « artificiels »).
L'autrice raconte son expérience lorsqu'elle travaillait dans l'industrie du sable bitumineux.
Vivant au Canada, il y avait déjà plusieurs éléments que je connaissais déjà: les travailleurs des provinces des maritimes qui vont trouver du travailler en Alberta, une province beaucoup plus riche, les dégâts écologiques qu'engendre cette industrie....Mais ce que mets en avant l'autrice s'est le harcèlement qu'elle a subit dans ce milieu très masculin et donc très machiste.
L'autrice évite de tomber dans du manichéen facile où tous les hommes sont des porcs et les femmes existent seulement pour être victimes des hommes. D'ailleurs, l'autrice ne se pose jamais en victime alors que par deux fois elle va être victime de violences sexuelles très grave. Elle a des réflexions intéressante sur comment un environnement de travail qui implique des éléments comme l'isolement peut faire sortir le pire de l'être humain. Il y a des bons passages, surtout sur le dernier tiers, mais c'est beaucoup trop long. C'est monotone par moment. Je pense que c'est voulu par l'autrice qui montre comment le machiste quotidienne c'est saoulant, sauf que comme lecteur voir les mêmes choses encore et encore durant des dizaines de pages, c'est pas très passionnant.
Une lecture intéressante quoique je conseillerais plutôt un emprunt
Le dessin de Risso est étrange, comme souvent. Pas forcément « joli » (les corps, les visages en particulier, sont un peu difformes), mais ça passe en tout cas, c’est très lisible. Et – comme souvent – ça colle avec le scénario de son compère Trillo.
La colorisation fait assez datée, et manque parfois de nuances. Mais le duo qui s’y est collé a réussi à bien faire passer la chaleur, la moiteur de l’univers dans lequel se développe l’histoire.
L’intrigue part sur quelque chose de purement historique, qui se rapprocherait des « Passagers du vent » de Bourgeon, pour ensuite dévier vers de l’aventure pas forcément toujours ancrée dans la réalité (encore que l’arrivée dans le quilombo des palmarès est intéressante), avec quelques doses de fantastiques distillées autour du personnage de Fulù, dotée de pouvoirs magiques, en liaison avec les dieux.
Fulù, personnage éponyme de la série, qui déclenche les aventures, qui poussent les protagonistes à sortir de leur zone de confort, voire les poussent au crime. Personnage sensuel, même si cet aspect n’est finalement pas trop exploité par Trillo. Personnage qui fait le pont entre l’Afrique et les colonies du Nouveau monde.
La narration est fluide, mais Trillo aurait gagné à condenser l’intrigue, à élaguer quelques passages, car le rythme – et parfois l’intérêt – décroit au fil des tomes.
Une série à emprunter à l’occasion.
L’album vaut presque autant, si ce n’est plus par sa valeur d’exemple, générale, que pour les différents cas développés.
Ces histoires sont très diverses, leur seul point commun étant que ce sont de très jeunes femmes, voire de très jeunes adolescentes, qui se sont dressées contre certains blocages de leur société, ou LA société en général. En effet, entre une jeune Pakistanaise victime de talibans locaux parce qu’elle étudie (et qui devient l’égérie de celles qui luttent pour le droit des femmes dans son pays) et la « star » médiatique planétaire Greta Thunberg, qui est devenue une passionaria de la prise de conscience des enjeux climatiques (mais qui ne risque pas sa vie à chaque instant), il y a beaucoup de différences.
Mais le regroupement de ces histoires, de ces jeunes femmes peut faire sens, en donnant envie à d’autres de s’engager, en participant de l’émancipation de toutes les femmes (même si les situations sont évidemment très différentes).
Accessoirement, l’éclairage est intéressant pour tout ce qui se passe « avant » l’éclosion médiatique. Savoir comment et pourquoi ces gamines/ados en sont arrivées là. Je ne connaissais pas les autres exemples à part Thunberg, et même sur celle-ci j’ai trouvé instructive la partie sur sa petite enfance.
Une lecture intéressante donc.
Le dessin est à la fois fouillis et fouillé, hésitant, mais aussi très précis par endroit, avec un trait fin utilisant bien le Noir et Blanc (seules quelques planches sont en couleur, dans le premier tome, pour mieux matérialiser l’enfer). Ça n’est pas toujours d’une très grande lisibilité, mais globalement j’ai bien aimé ce dessin qui, par son trait rageur, m’a parfois fait penser au travail de Guido Buzzelli.
Concernant l’intrigue, disons que, là aussi j’y ai trouvé de l’intérêt, mais qu’il était temps que ça prenne fin. En effet, je me suis un peu lassé à certains moments des longues tirades de notre ange exterminateur, s’adressant à la statue de Sainte Massard.
Mais il y a des choses intéressantes quand même dans cette vision assez noire et désespérée de l’Inquisition, dans un territoire dont le nom ressemble à Venise, où beaucoup de personnages (le héros en premier) portent un masque.
Mais des longueurs, un récit souvent trop aride à mon goût, ont progressivement fait baisser l’intérêt de la lecture, c’est dommage.
Note réelle 2,5/5
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J'ai lu avec amusement cette vieille série de janvier 88 qui scénarisait les (im)possibles issues de la future élection présidentielle. À travers six scenarii loufoques et incisifs, Hervé Algalarrondo et Gégé s'amusent à peindre un portrait peu tendre des vedettes politiques de l'époque. On retrouve une satire politicienne qui renvoie au Bébête show puis aux Guignols. Certains personnages sont tombés dans l'oubli (Lajoinie), d'autres vont marquer la future politique française (Chirac, Le Pen). Les jeunes lecteurs peuvent être surpris de ne pas voir apparaître Sarko et considérer cet album comme préhistorique. Pour un lecteur de mon âge, cela rappelle une époque révolue (celle de "la bande des 4" finissante). Le graphisme donne dans de la caricature classique assez soft. Les portraits de Mitterrand, Chirac ou Le Pen sont tellement connus qu'ils ne produisent plus le même effet humoristique. Cela reste un ouvrage de brocante amusant pour qui a connu cette époque.
La Princesse Peau d'Âne
Le conte de Peau d'Âne, classique de Charles Perrault, est très connu. Pour échapper à une situation d'inceste, une adolescente décide de partir, se camouflant dans la peau d'un âne dont elle avait elle-même demandé l'exécution. Cécile Chicault a choisi de reprendre le texte "original", en vers, et de combler elle-même les trous qu'il pouvait y avoir dans l'histoire. Elle propose une illustration figurative, presque fantasmagorique, avec de la flamboyance, de l'exubérance, aidée par les couleurs de Flavia Castagna (Arancia Studio). Mais le point qui est à retenir, soulevé par l'adaptatrice elle-même dans une note à la fin de l'album, c'est la modernité du conte, incongrue si l'on ose dire, dans l'oeuvre d'un auteur de la fin du XVIIème siècle, qui plus est adaptée d'un récit populaire antérieur. Car en effet l'inceste n'était pas rare dans les cours de l'époque, souvent justifié -s'il en était besoin- par le besoin d'un souverain d'voir une descendance mâle. Or dans le conte écrit par Perrault, la dimension moralement révoltante de cette pratique est mise en exergue, et l'histoire est la mise sous protection puis la fuite de la princesse pour préserver son intégrité morale et physique. En filigrane, la question du consentement. Des éléments encore rares à l'époque dans la littérature populaire. Cécile Chicault propose une illustration symbolique, alors que les adaptations précédentes de ce même conte allaient plutôt vers le réalisme. L'élégance de son trait le lui permet, et de nous livrer une belle version de ce conte classique, avec une lecture à l'aune du questionnement du consentement de la jeune fille en ce début de XXIème siècle. Une variation intéressante, donc.
Le Chemin de l'Amérique
Baru exploite assez bien l’arrière-plan historique (la « guerre d’Algérie »), pour raconter l’histoire de ce jeune boxeur algérien, Saïd, qui ne pense qu’à sa carrière prometteuse, et qui veux rester apolitique, alors que des partisans de l’Algérie française et le FLN tentent de l’annexer à leur camp. J’ai fait des recherches sur le net, pour savoir si c’était une histoire vraie. J’ai plutôt l’impression que Baru s’est inspiré de plusieurs cas (dont Cherif Hamia), et qu’il a ensuite imaginé le reste. Toujours est-il que l’intrigue est très crédible, très bien ancrée dans l’Histoire, et que cela rend la lecture intéressante et agréable. Je suis par contre moins convaincu par le dessin de Baru, qui n’est pas ce qu’il a fait de mieux. Les visages en particulier ne sont pas extraordinaires, plusieurs personnages ressemblant aux frères Bogdanov. Et la colorisation très terne n’est pas non plus affriolante.
Hérauts
Du polar médiéval, voilà ce que nous propose Corbeyran. Disons que le médiéval m’attirait plus que le polar, et c’est cet aspect que j’ai davantage apprécié, surtout que cela se déroule au XIIIème siècle, au cœur du moyen-âge classique, sans doute l’une de mes périodes préférées. L’intrigue du premier tome est assez légère. Ou plutôt Corbeyran use de pas mal de facilités, et comme en plus l’enquête n’est pas palpitante, l’histoire en elle-même ne m’a pas captivé outre mesure. Dans le deuxième tome l’intrigue est un peu plus consistante, autour d’un vieux secret de famille, de l’inévitable alchimie. Quelques facilités là aussi, mais l’histoire est plus dense. Par contre, d’autres aspects m’ont davantage plu. D’abord le dessin de Bègue, que je découvre ici, vraiment très bon. Fluide, agréable, il réussit très bien à retranscrire cette époque – que ce soit pour les personnages ou les décors. Et la colorisation de Fernandez est, elle aussi, de très bonne facture. De plus, le thème de l’héraldique, qui innerve les histoires (les deux héros, avant de se piquer d’enquêter, sont avant tout des hérauts, spécialistes des blasons, qui cherchent à les répertorier) est très intéressant – et très important pour comprendre cette époque. Je ne suis pas un spécialiste, mais je connais un certain nombre de choses dans ce domaine, en grande partie grâce à la fréquentation des écrits du grand historien Michel Pastoureau, sans doute l’un des plus grands spécialistes de la question. J’aime le langage, très poétique et pourtant très « cadré » des blasons, la façon qu’ils ont de dire beaucoup de choses avec une économie de moyens. Et ici Corbeyran utilise bien ce matériau, comme fil rouge. Si pour les enquêtes ça parait facile, ça donne à la lecture un intérêt supplémentaire. Bref, une lecture sympathique, qui vaut presque plus pour ses « à-côtés » que pour les intrigues elles-mêmes, pas toujours captivantes je trouve.
Super-Héros - Super pas au point
Mouais. J’arrondis aux trois étoiles parce que je pense que l’album est avant tout destiné à un jeune lectorat, sans doute moins exigeant que je ne le suis (qui sait ?). Mais, si j’ai trouvé amusant certains super pouvoirs, j’ai trouvé l’ensemble inégal et pas toujours drôle. Il n’y a pas vraiment d’histoire. En deux pages généralement, sans dialogue, avec juste un commentaire sur le super pouvoir du super héros en question (et un vague commentaire dépréciateur sur le pouvoir en question – souvent sans intérêt), nous avons une succession de saynètes présentant des super anti-héros, aux pouvoirs nuls ou ridicules, absurdes. Ça fait sourire, mais jamais plus hélas. Il y a ici trop de retenu. Alors, certes, on n’est pas dans Sticky Pants (ça colle et ça moule les bollocks !), on ne vise pas le même degré ni le même public, mais j’attendais plus. En temps de lecture aussi d’ailleurs, car la lecture est super rapide (voilà un pouvoir super au point que possède Burgaud ! Note réelle 2,5/5.
La Génétique au cœur
Il y a quelques petites longueurs, des passages un peu naïfs, ou plutôt maladroits (surtout au début, lorsqu’il s’agit d’illustrer les progrès de la police scientifique au travers d’une enquête), mais aussi un dessin pas très élaboré (même s’il est très lisible). Mais, ceci étant dit, c’est aussi un album instructif, moins rébarbatif que je ne le craignais au départ, sur un sujet qui peut rapidement le devenir. Même s’il faut prévoir d’investir du temps pour lire cet album souvent dense. Et certaines bulles, très remplies d’imposants dialogues avec une très petite police de caractère n’aident pas toujours à « alléger » cette lecture. Le dessin n’est pas forcément mon truc (les visages en particulier), mais il fait le boulot et est très lisible. Au final, un album intéressant, qui réussit son pari de faire passer pas mal de connaissances, sans être trop indigeste (même si certains passages manquent un peu de fluidité, et si, parfois, l’intrigue censée « faire passer » les connaissances, et certains dialogues, font un chouia « artificiels »).
Environnement toxique
L'autrice raconte son expérience lorsqu'elle travaillait dans l'industrie du sable bitumineux. Vivant au Canada, il y avait déjà plusieurs éléments que je connaissais déjà: les travailleurs des provinces des maritimes qui vont trouver du travailler en Alberta, une province beaucoup plus riche, les dégâts écologiques qu'engendre cette industrie....Mais ce que mets en avant l'autrice s'est le harcèlement qu'elle a subit dans ce milieu très masculin et donc très machiste. L'autrice évite de tomber dans du manichéen facile où tous les hommes sont des porcs et les femmes existent seulement pour être victimes des hommes. D'ailleurs, l'autrice ne se pose jamais en victime alors que par deux fois elle va être victime de violences sexuelles très grave. Elle a des réflexions intéressante sur comment un environnement de travail qui implique des éléments comme l'isolement peut faire sortir le pire de l'être humain. Il y a des bons passages, surtout sur le dernier tiers, mais c'est beaucoup trop long. C'est monotone par moment. Je pense que c'est voulu par l'autrice qui montre comment le machiste quotidienne c'est saoulant, sauf que comme lecteur voir les mêmes choses encore et encore durant des dizaines de pages, c'est pas très passionnant. Une lecture intéressante quoique je conseillerais plutôt un emprunt
Fulù
Le dessin de Risso est étrange, comme souvent. Pas forcément « joli » (les corps, les visages en particulier, sont un peu difformes), mais ça passe en tout cas, c’est très lisible. Et – comme souvent – ça colle avec le scénario de son compère Trillo. La colorisation fait assez datée, et manque parfois de nuances. Mais le duo qui s’y est collé a réussi à bien faire passer la chaleur, la moiteur de l’univers dans lequel se développe l’histoire. L’intrigue part sur quelque chose de purement historique, qui se rapprocherait des « Passagers du vent » de Bourgeon, pour ensuite dévier vers de l’aventure pas forcément toujours ancrée dans la réalité (encore que l’arrivée dans le quilombo des palmarès est intéressante), avec quelques doses de fantastiques distillées autour du personnage de Fulù, dotée de pouvoirs magiques, en liaison avec les dieux. Fulù, personnage éponyme de la série, qui déclenche les aventures, qui poussent les protagonistes à sortir de leur zone de confort, voire les poussent au crime. Personnage sensuel, même si cet aspect n’est finalement pas trop exploité par Trillo. Personnage qui fait le pont entre l’Afrique et les colonies du Nouveau monde. La narration est fluide, mais Trillo aurait gagné à condenser l’intrigue, à élaguer quelques passages, car le rythme – et parfois l’intérêt – décroit au fil des tomes. Une série à emprunter à l’occasion.
Nées Rebelles - Jeunes filles au poing levé
L’album vaut presque autant, si ce n’est plus par sa valeur d’exemple, générale, que pour les différents cas développés. Ces histoires sont très diverses, leur seul point commun étant que ce sont de très jeunes femmes, voire de très jeunes adolescentes, qui se sont dressées contre certains blocages de leur société, ou LA société en général. En effet, entre une jeune Pakistanaise victime de talibans locaux parce qu’elle étudie (et qui devient l’égérie de celles qui luttent pour le droit des femmes dans son pays) et la « star » médiatique planétaire Greta Thunberg, qui est devenue une passionaria de la prise de conscience des enjeux climatiques (mais qui ne risque pas sa vie à chaque instant), il y a beaucoup de différences. Mais le regroupement de ces histoires, de ces jeunes femmes peut faire sens, en donnant envie à d’autres de s’engager, en participant de l’émancipation de toutes les femmes (même si les situations sont évidemment très différentes). Accessoirement, l’éclairage est intéressant pour tout ce qui se passe « avant » l’éclosion médiatique. Savoir comment et pourquoi ces gamines/ados en sont arrivées là. Je ne connaissais pas les autres exemples à part Thunberg, et même sur celle-ci j’ai trouvé instructive la partie sur sa petite enfance. Une lecture intéressante donc.
Le Marquis (G. Davis)
Le dessin est à la fois fouillis et fouillé, hésitant, mais aussi très précis par endroit, avec un trait fin utilisant bien le Noir et Blanc (seules quelques planches sont en couleur, dans le premier tome, pour mieux matérialiser l’enfer). Ça n’est pas toujours d’une très grande lisibilité, mais globalement j’ai bien aimé ce dessin qui, par son trait rageur, m’a parfois fait penser au travail de Guido Buzzelli. Concernant l’intrigue, disons que, là aussi j’y ai trouvé de l’intérêt, mais qu’il était temps que ça prenne fin. En effet, je me suis un peu lassé à certains moments des longues tirades de notre ange exterminateur, s’adressant à la statue de Sainte Massard. Mais il y a des choses intéressantes quand même dans cette vision assez noire et désespérée de l’Inquisition, dans un territoire dont le nom ressemble à Venise, où beaucoup de personnages (le héros en premier) portent un masque. Mais des longueurs, un récit souvent trop aride à mon goût, ont progressivement fait baisser l’intérêt de la lecture, c’est dommage. Note réelle 2,5/5