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Couverture de la série Ergün l'errant
Ergün l'errant

Tiens, un Comès avec des couleurs, ça n’est pas si courant. Avec une ambiance et une colorisation, souvent psychédéliques qui plus est, très éloignées du fantastique « rural » et naturaliste de beaucoup de ses séries. Et de la SF relativement classique, là-aussi éloignée de ce qu’il fait d’habitude. Si la série est composée de deux albums, ceux-ci sont totalement différents – et indépendants – l’un de l’autre, si ce n’est le personnage d’Ergün qui est présent dans les deux. L’album « Le dieu vivant » propose une histoire complète, très classique et datée dans son déroulé (et surtout sa narration). Datant de 1970-71, ce récit est un peu simple et naïf par endroits, mais se laisse lire. De la SF années 70 avec un héros échoué sur une planète inconnue, où vivent des peuples étranges, un dieu mystérieux visiblement lié à d’anciens Terriens. Un canevas pas mal vu ailleurs (avant et après), l’originalité venant des femmes-fleurs et des hommes-papillons (seuls détails évoquant la nature qui innervera les séries ultérieures de Comès). Le second album est totalement différent, et sans réel lien avec le précédent. Il n’y a pas vraiment d’histoire structurée non plus. C’est une sorte de gros délire vaguement psychédélique, puisant à pas mal de sources (Lovecraft, l’enfer chrétien, la Mesnie Hellequin, Bosch, et un certain surréalisme pictural). Paul Kirchner ne renierait pas certaines planches non plus (ce second récit de Comès date de 1975, date où Kirchner travaillait sur "Dope Rider"). Certaines logorrhées verbales sont parfois pénibles (j’en ai sauté une ou deux), et c’est plus un poème lyrique et noir visuel (mâtiné d’une cosmogonie délirante) qu’autre chose. Pour la notation je ne sais trop quoi penser. J’opte pour une note moyenne. Mais il faut feuilleter ces albums avant de les acheter. Et on peut accrocher à l’un et être repoussé par l’autre. C’est en tout cas deux albums à lire si vous êtes fan de cet auteur, car on découvre ici un pan peu connu et très différent (au niveau visuel et narratif) de ce qu’il fera ailleurs. Une lecture intéressante (pour les raisons que je viens d'évoquer), mais qui m'a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

18/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Star Wars (2013)
Star Wars (2013)

Une des dernières séries publiées avant le rachat de la franchise par Disney, on est donc dans l’univers Légendes (càd non canonique). L’histoire prend place juste après l’épisode IV, les rebelles ont remporté une première grande victoire avec la destruction de l’étoile noire mais la galaxie reste toujours sous la coupe de l’Empire. Même si rien de novateur, Brian Wood développe un récit plutôt agréable à suivre pour les amateurs de l'univers. On retrouve de nombreux personnages de la franchise : Vador doit reconquérir la confiance de l’Empereur et cherche à identifier le fameux pilote, les rebelles survivent et sont en quête d’un nouveau monde pour accueillir leur base. Plusieurs Time Line se développent autour de nos différents héros. Honnêtement rien de fou, surtout aujourd’hui où la franchise sous Disney s’engouffre pour combler « officiellement » le moindre trou des trilogies, mais à l’époque de sa sortie j’avais trouvé ça vraiment sympa. Leia y parait surprenante et bien plus intéressante que dans les films, le scénariste respecte et s’amuse avec les codes qui lient notre trio rebelle à ce moment de l’aventure. La partie graphique est classique mais accompagne bien le récit, à noter la présence de Stephane Créty au casting (tome 3). Le seul hic est sur la narration du 1er tome, un album assez dense avec pas mal d’éllipses ou transitions maladroites. Voilà une série dispensable (d’autant que non officielle dans les péripéties) mais qui reste quand même relativement plaisante pour les amateurs.

18/10/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Chambre 179
Chambre 179

Cet album vaut avant tout pour son dessin. Giovanna Casotto est une excellente dessinatrice et elle le prouve ici encore. Ses femmes sont superbes mais le reste est réussi également, qu'il s'agisse des hommes ou simplement des décors. Et la mise en scène n'est pas en reste. A côté de cela, le scénario de ces différentes histoires courtes est inégal. Je dois dire que la majorité ne m'a pas enthousiasmé. Seule l'histoire sur le poker et celle sur le téléphone rose m'ont bien plu : je les ai trouvées toutes les deux bien construites et émoustillantes. Mais les autres par contre m'ont plutôt déçu, voire ennuyé. Heureusement donc qu'il y a le très bon dessin pour compenser.

17/10/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Délices du Démon (Démons et délices)
Les Délices du Démon (Démons et délices)

J'ai lu cette BD dans son édition chez Vents d'Ouest dans la collection Selen. Et contrairement à la majorité des albums de cette collection, celui-ci ne contient pas d'histoires courtes mais une unique histoire. Qui plus est, celle-ci n'est pas spécifiquement pornographique, au plus a-t-on droit à quelques scènes de sexe parfois relativement soft. C'est avant tout une histoire inclassable, qui tient autant du polar que du fantastique et de la science-fiction. C'est l'histoire d'un homme mystérieux qui envoute les femmes qui tombent sous son charme charnel et s'abandonne à lui, pour ne plus jamais réapparaitre. Un commissaire enquête sur cette affaire et va croiser la route d'un savant constructeur d'androïdes et de cet homme qui tient peut-être du diable, ou du mutant. L'intrigue est un peu bancale avec des enchainements pas toujours clairs mais elle est soutenue par un dessin intéressant. Celui-ci tient à la fois de Moebius et de Manara, évidemment sans le génie du premier ni la sensualité de l'autre, plus comme un ersatz de ces deux là mais un ersatz plutôt réussi. Cela donne des planches assez élégantes et des scènes érotiques relativement classe même si pas forcément très émoustillantes. Le scénario n'est pas vraiment convaincant et se termine sur une fin cliché, sans donner la moindre explication à son mystère, mais il se laisse lire comme un joli divertissement, avec de jolies femmes aussi.

17/10/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Butineuses
Les Butineuses

Six histoires de cul sur le thème du sexe mais pas uniquement sur de bêtes prétextes à la baise : il y a là de vrais scénarios, des histoires variées, pas bêtes et parfois drôles aussi. Le dessin de Giuseppe Manunta n'est pas exceptionnel mais il est bon et il fonctionne bien : il mélange ce côté émoustillant et ce côté humoristique qui donnent le ton de l'album. En fait, c'est même plutôt la partie scénario et humour qui m'ont séduit dans cette BD, même si la partie porno n'est pas mauvaise. J'aime bien le naturel des personnages, aussi bien hommes que femmes. Ce n'est pas un album indispensable, même dans son domaine bien particulier, mais c'est une lecture honorable, une bonne BD érotique et amusante.

17/10/2023 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 3/5
Couverture de la série Salto - L'Histoire du marchand de bonbons qui disparut sous la pluie
Salto - L'Histoire du marchand de bonbons qui disparut sous la pluie

3,5/5 Pas mal ! Le dessin, qui paraît très brouillon au premier abord, s'avère finalement bien adapté au scénario. À travers ce trait, on ressent la dure réalité du conflit basque. La dessinatrice maîtrise parfaitement son art, utilisant des jeux de couleurs pour créer différentes ambiances et une imagination débordante pour illustrer les pensées des protagonistes. Je m'attendais à une autre fin, avec un peu plus d'action et une pointe de positivité. Cependant, en y réfléchissant, je pense que cette fin décrit bien l'atmosphère de l'époque. En mettant de côté mes attentes personnelles, je trouve que la conclusion est bien choisie. Il manque tout de même un petit quelque chose pour obtenir une quatrième étoile, mais je recommande quand même cette lecture !

17/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Saboteuses
Saboteuses

La couverture du premier tome est très typée « Paquet », avec, sur un fond bleu grisâtre, une carlingue d’avion. Mais ne nous y trompons pas, l’histoire tourne autour des femmes qui embarquent dans cet avion. En effet, cette nouvelle série présente, de façon « romancée », l’action de quelques femmes, enrôlées dans les services secrets britanniques durant la seconde guerre mondiale, et parachutées en France pour y mener des actions de sabotages, en liaison avec la résistance française. Un premier cycle de deux tomes est d’ores et déjà conclu (un deuxième semble déjà bouclé et annoncé, et il y a matière à poursuivre, si chacun développe l’histoire d’une des quelques quarante femmes impliquées dans ce service action très spécial), ce premier cycle tournant autour de deux femmes, Aiguille et Mouche. Le rythme est assez soutenu, on ne s’ennuie pas. On s’attache à cette « Aiguille », assez impulsive et fofolle – en devinant que ces défauts vont être incompatibles avec certaines missions. Après quelques semaines de formation au combat et à l’utilisation d’explosifs, voilà Aiguille et deux de ses coéquipières parachutées en France, où les ennuis commencent. Ennuis que l’on nous dévoile en partie dès la première page du premier tome, la suite étant un long flash-back ramenant à ces premières cases, pour les éclairer, mais aussi pour introduire un cliffhanger – un peu gros, mais bon, on a envie de savoir ce qui va se passer ensuite ! Suite qui est plus classique, les actions de résistance étant presque trop peu mises en avant parfois, au détriment de quelques passages romanesques sans doute un peu trop longs. La cohabitation entre Aiguille, un peu fofolle et inconsciente et Mouche, plus mûre et "fiable", donne un peu de piment à l'histoire, les deux femmes n'étant pas loin à un moment de saborder leur opération, faute d'avoir pu "s'accorder". Le dessin de de Caju est très classique et globalement réussi (un peu dans la lignée de Gibrat), et nos espionnes/saboteuses sont vraiment craquantes. La colorisation est elle aussi globalement réussie, assez claire (peut-être lisse-t-elle un peu trop les visages, mais bon…). Une énième série sur la seconde guerre mondiale et la résistance, mais qui nous les montre sous un angle original et peu traité. A voir ce que ça va donner par la suite, mais c’est un premier cycle très honnête, même s'il n'est pas très original.

10/11/2022 (MAJ le 17/10/2023) (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Pornostars
Pornostars

Note : 2,5/5 L'avantage de cette BD porno c'est qu'elle offre de vraies histoires et que si elles comprennent effectivement du sexe, elles ne sont pas juste de simples prétextes à des séances de baise sans rien derrière. Certaines histoires partent même d'idées originales et intéressantes. Le dessin est également de belle qualité... en tout cas en ce qui concerne les femmes qui sont charmantes et pulpeuses... et très poilues aussi ce qui n'est pas plus mal. A noter d'ailleurs que l'auteur semble s'être basée sur une véritable modèle puisqu'on la voit notamment en véritable photo au détour d'une case et qu'elle ressemble vraiment bien à sa version dessinée. Ses décors par contre sont bien plus basiques, et surtout je trouve que ses hommes sont moches : ils brisent l'aspect émoustillant de la lecture. Et puis surtout, autant j'ai trouvée intéressantes les 4 premières histoires de l'album, autant les 2 dernières m'ont ennuyé, ce qui est dommageable car elles sont également assez longues. Bref, il y a du bon et du moins bon dans cet album mais je préfère en retenir la part plutôt positive.

17/10/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Naufrage du Wager
Le Naufrage du Wager

Je découvre ce fait historique avec cette BD. Les auteurs, que je découvre aussi, ont réalisé un gros travail de recherche pour croiser les différents témoignages et journaux de l'époque pour être le plus proche de la réalité. Je vais commencer par ce qui saute aux yeux, un dessin, ou plutôt des peintures, que je trouve d'une beauté hallucinante mais qui risquent d'en rebuter plus d'un avec un léger manque de lisibilité mais qui est compensé par l'ambiance sauvage, violente et âpre qu'elles dégagent. Je disais donc des peintures à la texture épaisse, on devine les coups de pinceau et les différentes couches de gouache. Pour l'amoureux du courant Impressionniste que je suis, j'ai pris ma dose de dopamine. Le Wager est un gréement carré doté de 28 canons, il fait partie de la flotte du Commodore Anson affrétée pour combattre les galions espagnols. Il s'échoue sur une île (qui portera son nom) au large du Chili. Un récit qui va suivre le parcours d'Isaac Morris de 1740 à son retour à Londres le 8 juillet 1746. Un périple extraordinaire, de la survie sur les côtes chilienne, puis être fait prisonnier par les tribus amérindiennes pour enfin finir esclave des espagnols. Un récit qui se base sur des faits vérifiés, ce qui provoque un manque de liant entre les différents épisodes du périple. Mais un récit qui permet d'appréhender cette période historique, surtout sur le mode de vie des tribus amérindiennes d'Amérique du Sud, un choc des cultures : "vous êtes vraiment étranges, vous les blancs ! Nous, nous ne laissons personne dormir sous la pluie." Une narration dominée par la voix off d'Isaac avec de nombreux passages sans texte où la partie graphique est reine, contemplative. Une lecture plaisante et instructive. Note réelle : 3,5. Coup de cœur graphique. Quelques mots de Pablo Franco en fin d'album sur cette incroyable histoire. Prix du meilleur roman graphique latino-américain 2021.

17/10/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Hiver à l'opéra
Hiver à l'opéra

Hiver à l'opéra est la suite d'Automne en baie de Somme mais il n'est nul besoin d'avoir lu celui-ci pour lire cet album indépendant. Tout juste faut-il savoir ce qui nous est expliqué dès les premières pages, que le héros est un ancien policier révoqué qui rumine la mort de sa fille. Pour le reste, nous sommes placés dans une intrigue fortement inspirée du Fantôme de l'Opéra, tant dans son contenu que dans son aspect visuel. Et à celle-ci se mélange l'histoire d'un groupe d'extrémistes nationalistes prêts à commettre un attentat, le héros étant impliqué dans les deux affaires en parallèle comme il était aussi à la poursuite de deux proies simultanément dans Automne en baie de Somme. La qualité principale de cette BD est son graphisme. Alexis Chabert s'inspire de l'Art Nouveau de Mucha et des impressionnistes pour offrir de grandes et belles planches d'un Paris enchanteur de la fin du 19e siècle. Les décors de l'opéra Garnier, les bords de Seine, les grands boulevards sous la neige, les pages sont régulièrement superbes, colorées et charmantes. Seuls les personnages pêchent en comparaison, et notamment le héros lui-même avec son visage de brute à l'expression figée dans un rictus permanent. C'est dommage, il atténue l'élégance du cadre dans lequel il évolue. Quant au scénario, il est divertissant mais aussi légèrement convenu et confus. Philippe Pelaez tient à mêler deux intrigues parallèles et elles ne s'apportent que peu de choses l'une à l'autre. Celle autour de la ligue extrémiste est basique et sans grande saveur, si ce n'est l'interrogation de savoir si le héros a mal tourné. Celle autour de l'opéra est trop inspirée du Fantôme de l'Opéra pour être novatrice, et la part de fantastique qu'elle inclut tombe comme un cheveu sur la soupe dans ce cadre historiquement juste. Cela donne des moyens et une motivation bancals à l'antagoniste, ce qui décrédibilise l'affaire, lui donnant une tournure artificielle et un peu cliché. Pas réellement convaincu par cette intrigue donc, et je préfère me contenter des belles planches et de cette plongée romantique et dramatique dans le Paris de la Belle Epoque.

17/10/2023 (modifier)