La lecture est sympathique et agréable. A moins que vous ne soyez allergiques à l’absurde ! Car d’un bout à l’autre ça baigne dedans. L’intrigue est loufoque, comme le sont les différents personnages – humains ou animaliers, entiers ou « en partie » (comme plusieurs chevaux). Les dialogues ne sont pas en reste d’ailleurs, ça part souvent dans tous les sens.
J’aime bien l’absurde, et donc je me suis glissé aisément dans les pas de Dumontheuil. Mais je reste un chouia sur ma faim. En effet, on sent une histoire bâtie au fil d’une certaine improvisation. Pourquoi pas ? Mais, sur la longueur, il y a une lassitude qui s’installe, ce qui aurait été moins le cas si de la poésie, ou alors des sautes de rythme, avaient permis de rendre moins « monocorde » le récit.
Mais bon, comme je l’ai dit, ça reste quand même quelque chose de lisible, parfois amusant et déroutant, un loufoque alerte, que le dessin de Dumontheuil accompagne très bien, avec son trait louvoyant, semi caricatural.
Après César puis l’exil de Napoléon, les auteurs s’attaquent cette fois à un célèbre épisode de l’antiquité, la guerre de Troie.
L’album ne réservera pas de surprises aux amateurs des précédents opus. On retrouve leur fameuse formule, des gags en une planche qui forment petit à petit une histoire, un dessin statique un peu réaliste qui contraste toujours autant avec les dialogues absurdes …
J’ai bien apprécié que le mythe soit plutôt complet dans son traitement, ça va de la pomme de la discorde jusqu’au départ d’Ulysse pour Ythaque, plus les passages obligés comme Achille, le cheval etc.
Une revisite qui m’a amusé mais je reste quand même un peu mitigé, la faute à de nombreux gags ou situations qui tombent un peu trop à plat.
En fait, je n’ai pas du tout adhéré au personnage d’Ulysse, son coussin péteur, ses prank (sorte de caméra caché de l’époque), ses apparitions ne m’ont pas paru folles et font retomber à chaque fois le soufflé de l’ensemble. Dommage car d’autres valent leur pesant de cacahuètes, tel la jupette d’homme, les kebabs, la ponctualité sur la plage ou encore le duo road trip.
Du bon et du moins bon.
2,5
A l'approche de la tenue de Jeux Olympiques en France, il était prévisible que sortent des ouvrages sur celui qui a relancé ces évènements il y a 150 ans. Pierre de Coubertin est depuis cette époque sur un piédestal, construit avec de nombreuses images d'Epinal. Mais depuis quelques années maintenant cette image immaculée se craquelle, et le sous-titre de l'album est plus éclairant : "entre ombre et lumière".
Lumière, parce que comme on l'apprend, l'idée de départ de ces Jeux (dont on a droit aux prémices dans l'album) est "noble" : promouvoir et renforcer la paix entre les peuples. Coubertin était aussi un défenseur acharné de l'éducation publique, cherchant à promouvoir des structures innovantes, allant même jusqu'à vouloir allier ses deux passions dans une structure en Suisse à la fin de sa vie. Si les Jeux ont finalement été lancés pour de bon en 1896, son œuvre lui a assez rapidement échappé, à cause de son attitude presque dictatoriale, mais aussi à cause de ses idées qui passeraient mal aujourd'hui. Il estimait en effet que ne devaient participer à ses Jeux que des hommes (oui, seulement des hommes) issus de la bonne société. Une vision élitiste et patriarcale qui tranchait avec le discours initial qui visait à l'universalisme. On comprend bien cette dichotomie à la lecture de l'album, mais ont eût aimé que l'ensemble soit plus développé, qu'il y ait un peu plus d'enrobage entre les scènes, un enrobage autre qu'une discussion entre deux journalistes.
Côté dessin Didier Pagot se montre très à l'aise avec les décors et les vêtements d'époque. Je trouve que parfois il manque de sûreté sur les visages, mais cela ne gêne pas la lecture. Joli travail d'Alexandra Alexakis aux couleurs.
Le rêve du papillon
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Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Il comprend les 6 épisodes, initialement parus en 2014/2015, écrits par Grant Morrison, dessinés, encrés et mis en couleurs par Frazer Iriving.
Toute cette histoire est racontée sous forme de bande dessinée. Elle commence avec une vision de l'espace, et un plan se rapprochant d'un trou noir au centre de la voie lactée, au centre de notre existence. Il a été surnommé Annihilator. Ces 4 premières cases comprennent de courtes phrases comme tapées à la machine, les premières phrases d'un script de film. Dans la station Dis (la base spatiale à proximité de cette anomalie spatiale), Max Nomax est pourchassé par Jet Marko (l'annihilateur en chef de l'entité Vada).
Sur Terre, le scénariste de films Ray (pour Raymond) Spass visite une villa réputée hantée à Hollywood, pour s'y installer. Il a écrit 2 films à succès : Coriolis, School of night. Il a choisi cette demeure pour retrouver l'inspiration (avec une bonne dose quotidienne d'alcool, et quelques drogues récréatives), pour honorer sa livraison d'un nouveau scénario à son agent Josh Smiles. le sujet de son scénario est un mélange de science-fiction et d'horreur, dont le personnage principal s'appelle Max Nomax.
Legendary Comics est une filiale du producteur de films Legendary Pictures. Leur première parution fut "Holy terror" de Frank Miller, suivi par "The tower chronicles" de Matt Wagner & Simon Bisley. Le lecteur apprécie l'ironie du récit qui met en scène un scénariste de film (Ray Spass) qui doit rendre une histoire avec un personnage principal ayant le potentiel de devenir un héros récurrent pour une série de films. Dès le postulat de départ, Grant Morrison introduit une mise en abyme, avec une forme d'autocritique sur sa propre histoire qu'il écrit pour une filiale d'une maison de production de films. le lecteur pense également à Zhuangzi (de son vrai nom Zhu?ng Zh?u), penseur chinois du quatrième siècle avant Jésus Christ, et au rêve du papillon. Il s'agit d'une fable où un homme rêve qu'il est un papillon, mais à son réveil il se demande s'il n'est pas plutôt le rêve que fait un papillon se croyant homme.
Dès la première séquence, Grant Morrison établit un jeu de miroir, où un scénariste écrit une histoire, mais le personnage principal de cette histoire apparaît dans la réalité de l'auteur, et agit sur lui, comme si l'auteur n'était qu'une fiction créée par le personnage. le lecteur se retrouve donc à chercher des indices pour savoir si les 2 (Ray Spass et Max Nomax) sont réels, ou seulement l'un des 2, ou l'un des 2 n'est qu'une manifestation dans l'esprit dérangé de l'autre. Il augmente le niveau de doute par le fait que Ray Spass est un alcoolique et un utilisateur régulier de produits psychotropes pour doper ses capacités créatives. du coup la réalité devient très relative.
Tout lecteur allergique à ce genre d'incertitude sur la réalité peut passer son chemin sans regret. Dans le cadre de ce jeu de miroir, Grant Morrison raconte 2 histoires entremêlées. Max Nomax a été condamné à l'emprisonnement sur la station spatiale Dis, suite à un crime affreux. Olympia, sa victime, est enchâssée dans un cocon qui trône au milieu de la grande salle de Dis. de son côté, Ray Spass a perdu Luna Kozma, sa femme, dans des circonstances qui restent vague pendant la première partie du récit, faisant miroir avec le statut de Luna. Morrison rend encore un peu plus perméables les frontières entre créateur et créature, en indiquant que Spass s'est inspiré d'un personnage des années 1930 pour créer Max Nomax (une sorte de décalque de Fantômas).
Grant Morrison ajoute encore un niveau de lecture avec le concept de l'Annihilateur. Cette entité est donc celle qui met fin à toute vie, une sorte de générateur d'entropie. Charge au lecteur d'imaginer ce que cette métaphore peut recéler, à quoi correspond cet annihilateur, cette forme de pulsion de mort. Au fil des révélations, il est également question de paternité, de responsabilité vis-à-vis de son conjoint, et dans une moindre mesure de spiritualité. Jet Marko est un agent d'une entité appelée Vada, l'acronyme de Vatic Artificial Divine Authority. Pour un amateur de science-fiction, la forme de cet acronyme fait penser à VALIS : Vast Active Living Intelligence System (ou en français La trilogie divine, I : Siva) de Philip Kindred Dick.
Le récit ne se limite pas à un exercice intellectuel sur l'influence du personnage créé sur son créateur, ou sur le fait que l'écrivain s'abreuve à une source d'inspiration qu'il ne maîtrise pas, dont il est le jouet et qui lui impose son histoire, une sorte d'inconscient collectif dans lequel les histoires existeraient à l'état latent. Il insère un suspense déconcertant, en jouant sur les flux temporel des 2 fils narratifs. Max Nomax finit par rejoindre Ray Spass, et lui demande d'écrire son histoire, car il ne se souvient pas de ce qu'il lui est arrivé lorsque Jet Marko l'a rejoint. Il ne sait plus comment il lui a échappé. Spass doit donc écrire l'histoire déjà survenue de Nomax, pour lui révéler le moyen de défaire Marko. Il en découle une étonnante course-poursuite où un personnage doit en forcer un autre à écrire ce qu'il lui est déjà arrivé.
Dès la couverture, le lecteur sait que cette histoire a bénéficié d'un artiste à la forte identité graphique. Frazer Irving réalise ses planches à l'infographie, ce qui lui permet d'utiliser la couleur pour décrire les formes, sculpter les volumes, apporter des textures, jouer sur l'éclairage. Son mode de conception des images est à l'opposé de la chaîne de fabrication industrielle des comics mensuel (dessinateur + encreur + metteur en couleurs). de fait, le lecteur pénètre dans un environnement visuel à la forte personnalité, totalement immersif.
Cette plongée commence dès la première séquence avec un page dédiée au spectacle de l'espace et de l'annihilateur (la singularité spatiale) et continue avec la course-poursuite à bord de Dis, avec des armes futuristes projetant des décharges d'énergie crépitantes. La séquence suivante se passe sur Terre, et montre la visite de la villa hollywoodienne. L'apparence des personnages est très marquée, avec une coupe de cheveux improbable pour Ray Spass (une longue mèche de cheveux bouclés devant l'oeil droit), et une apparence plus neutre pour l'agent immobilier, en costume cravate.
Irving croque des individus à l'apparence réelle, allant de l'anonymat lisse de Dave et Steve (les 2 agents du FBI), à l'exubérance de Max Nomax, en passant par la normalité de Luna Kozma. Par contraste, les séquences de science-fiction montrent des individus dans des costumes un peu baroques, au design conçu par des modistes ayant un sens de la classe, sans en devenir kitch. Comme beaucoup de dessinateurs, Frazer Irving s'intéresse aux décors pendant la première moitié du récit, avec des rendus allant de l'esquisse, jusqu'à la précision photographique, en fonction de la nature de la séquence. Dans la seconde moitié, il se repose sur des effets chromatiques, sans s'astreindre à représenter des éléments concrets en arrière-plan, ce qui finit par se voir. C'est un peu dommageable pour la narration visuelle, car le récit de Grant Morrison s'envole vers le conceptuel et aurait gagné à être ancré dans le concret par des dessins plus fournis et figuratifs.
Frazer Iving doit également relever le défi de transcrire les émotions des personnages sur leur visage. le scénariste ne lui a pas facilité la tâche puisque Ray Spass est la proie d'émotions exacerbées, Max Nomax a tendance à tout surjouer, Josh Smiles (l'agent représentant Spass) est du genre individu au sang-froid, Jet Marko a la tête le plus souvent recouverte d'un casque, le rendant totalement inexpressif. L'artiste réussit à transformer toutes ces contraintes pour donner plus de personnalité à ces protagonistes qui sont très vivants sur la page. le lecteur apprécie également la qualité de sa prestation pour réussir à donner une forme visuelle séduisante et inquiétante aux concepts les plus échevelés de ce récit qui n'en manque pas.
Dès les premières pages, le lecteur a compris que Grant Morrison est en très grande forme pour un récit conceptuel. le scénariste met son récit en abyme, avec sa propre position d'auteur d'un comics susceptible de servir de point de départ à un film. Il joue sur un effet de miroir à plusieurs niveaux entre le créateur (Ray Spass, mais aussi lui-même) et sa créature (Max Nomax, à moins que ce ne soit l'inverse), sans oublier une intrigue haletante, et des thèmes adultes s'intégrant parfaitement dans ce dispositif narratif complexe. Frazer Irving assure une prestation de haut niveau dans la première partie pour donner une forme visuelle à ce scénario de haut vol, tant pour les personnages que pour les environnements. Il se focalise plus sur les personnages et les concepts dans la deuxième partie. Au final, le lecteur finit par ressentir l'approche cérébrale de cette intrigue, aux dépens des personnages dont les névroses (pour Ray Spass) et le cabotinage (pour Max Nomax) finissent par lasser un peu, et diminuer le potentiel de projection du lecteur en eux.
Je dispose de la BD et du film, que j'apprécie tous deux .
Le style polar noir très tranché s'associe bien à cette plongée dans un univers SF classieux mais en fait dystopique.
Pas indispensable mais une bonne soirée en perspective.
Saïgon-Hanoi est un album à première vue étrange : le soir de Noël, une gamine précoce et seule appelle au hasard au téléphone et tombe sur un vétéran du Vietnam, alors qu'un reportage sur ce qu'il a vécu passe à la télé .
Cela raconte le Vietnam (et la guerre) d'une manière totalement indirecte.
Un peu moins bon que d'autres albums de Cosey, car le début est un peu poussif (il faut passer le 1er tiers de l'album) mais n se laisse prendre peu à peu par le récit et on referme le livre pensif mais apaisé :)
Pas à la hauteur d'autres Cosey mais toujours cette même pudeur, cette même capacité à nous faire questionner sur notre propre vie car ces personnages sont tout simplement imparfaits et compliqués, comme nous !
Et le tout avec des images superbes : Cosey est un amoureux de la montagne enneigée et cela se voit.
Je vous conseillerai plus Orchidea ou Le Voyage en Italie mais cet album sera un moment de respiration et de détente dans votre quotidien :)
J'ai hésité entre 3/5 et 4/5
4/5 car c'est une BONNE série, qui est en fait une satire politico-sociale brute de fonderie des USA, arrivés dans Cyberpunk 2077, avec moins de techno et plus d'Area 51 et de Judge Dredd.
Le personnage principal, Spider Jérusalem, est la version bien trash de Peter Parker si et seulement si celui-ci :
* n'a pas été mordu par une araignée radioactive qui lui a donnée des super pouvoirs
* n'a pas rencontré le/les Grand Amour(s)
* vient de passer plus de 10ans sous un régime acide + LSD + Met'+ Alcool à bruler
Il est le Gonzo-journaliste ultime, d'un humour atrocement mordant et jouissif, violemment antisystème(s), parfaitement subjectif ...et absolument indispensable comme contre-pouvoir dans ce monde corrompu.
Les articles de presse en eux-mêmes doivent être lus pour leur ton inimitable.
Quant au dessin, son style s'accoquine parfaitement au ton du récit
Et 3/5 car après la 3 premiers tomes j'ai trouvé cela répétitif : j'ai lu le premier avec beaucoup de plaisir, et survolé les 2 autres.
Et au final, pas tant accroché...
Or c'est une série qui se lit avec les tripes !!
Si vous pouvez l'emprunter à la bibliothèque : allez-y et voyez vous-même !
J’étais impatient de lire cet album. J’ai beaucoup aimé la seule BD de Igort que j’ai lue (5 est le numéro parfait), et le résumé et style graphique de « Symphonie à Bombay » m’ont attiré… mais je ressors circonspect de ma lecture.
J’ai trouvé l’histoire intéressante mais assez obscure, alambiquée et difficile à suivre. Il y a beaucoup de personnages, la narration me semble perfectible, avec des enchainements pas toujours clairs… Une relecture a remis les choses en place, mais bon. De plus, l’éditeur et l’auteur (dans la postface) expliquent que « ce livre fut inspiré à son auteur par l'histoire vraie d'Elissa Rhais, une danseuse enlevée par son prétendant et enfermée dans un harem pendant 17 années. » Or en lisant la fiche Wikipédia, j’ai appris qu’il s’agissait d’une romancière, pas d’une danseuse, et surtout que les faits semblent inventés. Bon, c’est pas grave, mais ca a ajouté à ma confusion.
J’ai par contre beaucoup aimé la réalisation graphique. Le trait est vraiment magnifique, avec un rendu « art deco » du plus bel effet. De plus le travail d’édition de Ici Même est exemplaire : grand format, couverture cartonnée, dos toilé, papier épais… un bien bel objet.
Un album intriguant, mais un résultat mitigé en ce qui me concerne. 3/5, de justesse.
Après avoir apprécié le très bon Histoire des tirailleurs sénégalais (Sang noir) des mêmes auteurs, je suis entré sans retenue dans ce triptyque traitant du même sujet, celui de la première guerre mondiale. A noter d'ailleurs, le clin d’œil à cet ouvrage dans le tome 3 avec la mort de Mouss, tirailleur sénégalais, l'un des héros se faisant la réflexion que son sang à la même couleur que celui des blancs.
On dit que les histoires d'amour finissent mal en général mais les histoires de guerre également... Nous suivons ici une bande de six amis dont 3 frères (et des jumeaux), la plupart épris de la même fille du village. Le tome 1 se consacre à la présentation des personnages depuis leur enfance jusqu'à cette annonce terrible de l'entrée en guerre de la France et la mobilisation des 6 amis. Ce premier tome est utilement agrémenté à la fin de documents historiques éclairant le récit qu'il aurait été judicieux selon moi de poursuivre dans les tomes suivants. Le tome 2 s'attache à décrire l'horreur de la guerre allant crescendo jusqu'à leur affectation à Verdun. Enfin le troisième tome conclut de manière très dramatique cette histoire.
Car oui, si vous avez envie de lire une série pour vous remonte le moral un soir auprès du feu, la faucheuse des moissons ne fait pas partie de celles-là. Le récit est noir, la fin tragique. Même si on sent le dénouement arriver, un brin convenu avec les jumeaux, on ne se doute absolument pas du dernier drame final. L'horreur de la guerre et l'enfer des tranchées est ici parfaitement décrite en insistant sur un point, le pire ennemi des soldats n'est finalement pas celui que l'on croit.
Au niveau des graphismes, tout comme pour Sang Noir, ce n'est pas forcément le trait que j'apprécie le plus. Les décors manquent à mon sens de détails et le trait est un peu épais par moment. Mais cela n'a pas nuit fondamentalement à ma lecture.
Une œuvre utile pour ne pas oublier. Un bon 3,5 ramené à 3.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6/10
NOTE GLOBALE : 14/20
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La Femme floue
La lecture est sympathique et agréable. A moins que vous ne soyez allergiques à l’absurde ! Car d’un bout à l’autre ça baigne dedans. L’intrigue est loufoque, comme le sont les différents personnages – humains ou animaliers, entiers ou « en partie » (comme plusieurs chevaux). Les dialogues ne sont pas en reste d’ailleurs, ça part souvent dans tous les sens. J’aime bien l’absurde, et donc je me suis glissé aisément dans les pas de Dumontheuil. Mais je reste un chouia sur ma faim. En effet, on sent une histoire bâtie au fil d’une certaine improvisation. Pourquoi pas ? Mais, sur la longueur, il y a une lassitude qui s’installe, ce qui aurait été moins le cas si de la poésie, ou alors des sautes de rythme, avaient permis de rendre moins « monocorde » le récit. Mais bon, comme je l’ai dit, ça reste quand même quelque chose de lisible, parfois amusant et déroutant, un loufoque alerte, que le dessin de Dumontheuil accompagne très bien, avec son trait louvoyant, semi caricatural.
Troie Zéro
Après César puis l’exil de Napoléon, les auteurs s’attaquent cette fois à un célèbre épisode de l’antiquité, la guerre de Troie. L’album ne réservera pas de surprises aux amateurs des précédents opus. On retrouve leur fameuse formule, des gags en une planche qui forment petit à petit une histoire, un dessin statique un peu réaliste qui contraste toujours autant avec les dialogues absurdes … J’ai bien apprécié que le mythe soit plutôt complet dans son traitement, ça va de la pomme de la discorde jusqu’au départ d’Ulysse pour Ythaque, plus les passages obligés comme Achille, le cheval etc. Une revisite qui m’a amusé mais je reste quand même un peu mitigé, la faute à de nombreux gags ou situations qui tombent un peu trop à plat. En fait, je n’ai pas du tout adhéré au personnage d’Ulysse, son coussin péteur, ses prank (sorte de caméra caché de l’époque), ses apparitions ne m’ont pas paru folles et font retomber à chaque fois le soufflé de l’ensemble. Dommage car d’autres valent leur pesant de cacahuètes, tel la jupette d’homme, les kebabs, la ponctualité sur la plage ou encore le duo road trip. Du bon et du moins bon. 2,5
Pierre de Coubertin
A l'approche de la tenue de Jeux Olympiques en France, il était prévisible que sortent des ouvrages sur celui qui a relancé ces évènements il y a 150 ans. Pierre de Coubertin est depuis cette époque sur un piédestal, construit avec de nombreuses images d'Epinal. Mais depuis quelques années maintenant cette image immaculée se craquelle, et le sous-titre de l'album est plus éclairant : "entre ombre et lumière". Lumière, parce que comme on l'apprend, l'idée de départ de ces Jeux (dont on a droit aux prémices dans l'album) est "noble" : promouvoir et renforcer la paix entre les peuples. Coubertin était aussi un défenseur acharné de l'éducation publique, cherchant à promouvoir des structures innovantes, allant même jusqu'à vouloir allier ses deux passions dans une structure en Suisse à la fin de sa vie. Si les Jeux ont finalement été lancés pour de bon en 1896, son œuvre lui a assez rapidement échappé, à cause de son attitude presque dictatoriale, mais aussi à cause de ses idées qui passeraient mal aujourd'hui. Il estimait en effet que ne devaient participer à ses Jeux que des hommes (oui, seulement des hommes) issus de la bonne société. Une vision élitiste et patriarcale qui tranchait avec le discours initial qui visait à l'universalisme. On comprend bien cette dichotomie à la lecture de l'album, mais ont eût aimé que l'ensemble soit plus développé, qu'il y ait un peu plus d'enrobage entre les scènes, un enrobage autre qu'une discussion entre deux journalistes. Côté dessin Didier Pagot se montre très à l'aise avec les décors et les vêtements d'époque. Je trouve que parfois il manque de sûreté sur les visages, mais cela ne gêne pas la lecture. Joli travail d'Alexandra Alexakis aux couleurs.
Annihilator
Le rêve du papillon - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Il comprend les 6 épisodes, initialement parus en 2014/2015, écrits par Grant Morrison, dessinés, encrés et mis en couleurs par Frazer Iriving. Toute cette histoire est racontée sous forme de bande dessinée. Elle commence avec une vision de l'espace, et un plan se rapprochant d'un trou noir au centre de la voie lactée, au centre de notre existence. Il a été surnommé Annihilator. Ces 4 premières cases comprennent de courtes phrases comme tapées à la machine, les premières phrases d'un script de film. Dans la station Dis (la base spatiale à proximité de cette anomalie spatiale), Max Nomax est pourchassé par Jet Marko (l'annihilateur en chef de l'entité Vada). Sur Terre, le scénariste de films Ray (pour Raymond) Spass visite une villa réputée hantée à Hollywood, pour s'y installer. Il a écrit 2 films à succès : Coriolis, School of night. Il a choisi cette demeure pour retrouver l'inspiration (avec une bonne dose quotidienne d'alcool, et quelques drogues récréatives), pour honorer sa livraison d'un nouveau scénario à son agent Josh Smiles. le sujet de son scénario est un mélange de science-fiction et d'horreur, dont le personnage principal s'appelle Max Nomax. Legendary Comics est une filiale du producteur de films Legendary Pictures. Leur première parution fut "Holy terror" de Frank Miller, suivi par "The tower chronicles" de Matt Wagner & Simon Bisley. Le lecteur apprécie l'ironie du récit qui met en scène un scénariste de film (Ray Spass) qui doit rendre une histoire avec un personnage principal ayant le potentiel de devenir un héros récurrent pour une série de films. Dès le postulat de départ, Grant Morrison introduit une mise en abyme, avec une forme d'autocritique sur sa propre histoire qu'il écrit pour une filiale d'une maison de production de films. le lecteur pense également à Zhuangzi (de son vrai nom Zhu?ng Zh?u), penseur chinois du quatrième siècle avant Jésus Christ, et au rêve du papillon. Il s'agit d'une fable où un homme rêve qu'il est un papillon, mais à son réveil il se demande s'il n'est pas plutôt le rêve que fait un papillon se croyant homme. Dès la première séquence, Grant Morrison établit un jeu de miroir, où un scénariste écrit une histoire, mais le personnage principal de cette histoire apparaît dans la réalité de l'auteur, et agit sur lui, comme si l'auteur n'était qu'une fiction créée par le personnage. le lecteur se retrouve donc à chercher des indices pour savoir si les 2 (Ray Spass et Max Nomax) sont réels, ou seulement l'un des 2, ou l'un des 2 n'est qu'une manifestation dans l'esprit dérangé de l'autre. Il augmente le niveau de doute par le fait que Ray Spass est un alcoolique et un utilisateur régulier de produits psychotropes pour doper ses capacités créatives. du coup la réalité devient très relative. Tout lecteur allergique à ce genre d'incertitude sur la réalité peut passer son chemin sans regret. Dans le cadre de ce jeu de miroir, Grant Morrison raconte 2 histoires entremêlées. Max Nomax a été condamné à l'emprisonnement sur la station spatiale Dis, suite à un crime affreux. Olympia, sa victime, est enchâssée dans un cocon qui trône au milieu de la grande salle de Dis. de son côté, Ray Spass a perdu Luna Kozma, sa femme, dans des circonstances qui restent vague pendant la première partie du récit, faisant miroir avec le statut de Luna. Morrison rend encore un peu plus perméables les frontières entre créateur et créature, en indiquant que Spass s'est inspiré d'un personnage des années 1930 pour créer Max Nomax (une sorte de décalque de Fantômas). Grant Morrison ajoute encore un niveau de lecture avec le concept de l'Annihilateur. Cette entité est donc celle qui met fin à toute vie, une sorte de générateur d'entropie. Charge au lecteur d'imaginer ce que cette métaphore peut recéler, à quoi correspond cet annihilateur, cette forme de pulsion de mort. Au fil des révélations, il est également question de paternité, de responsabilité vis-à-vis de son conjoint, et dans une moindre mesure de spiritualité. Jet Marko est un agent d'une entité appelée Vada, l'acronyme de Vatic Artificial Divine Authority. Pour un amateur de science-fiction, la forme de cet acronyme fait penser à VALIS : Vast Active Living Intelligence System (ou en français La trilogie divine, I : Siva) de Philip Kindred Dick. Le récit ne se limite pas à un exercice intellectuel sur l'influence du personnage créé sur son créateur, ou sur le fait que l'écrivain s'abreuve à une source d'inspiration qu'il ne maîtrise pas, dont il est le jouet et qui lui impose son histoire, une sorte d'inconscient collectif dans lequel les histoires existeraient à l'état latent. Il insère un suspense déconcertant, en jouant sur les flux temporel des 2 fils narratifs. Max Nomax finit par rejoindre Ray Spass, et lui demande d'écrire son histoire, car il ne se souvient pas de ce qu'il lui est arrivé lorsque Jet Marko l'a rejoint. Il ne sait plus comment il lui a échappé. Spass doit donc écrire l'histoire déjà survenue de Nomax, pour lui révéler le moyen de défaire Marko. Il en découle une étonnante course-poursuite où un personnage doit en forcer un autre à écrire ce qu'il lui est déjà arrivé. Dès la couverture, le lecteur sait que cette histoire a bénéficié d'un artiste à la forte identité graphique. Frazer Irving réalise ses planches à l'infographie, ce qui lui permet d'utiliser la couleur pour décrire les formes, sculpter les volumes, apporter des textures, jouer sur l'éclairage. Son mode de conception des images est à l'opposé de la chaîne de fabrication industrielle des comics mensuel (dessinateur + encreur + metteur en couleurs). de fait, le lecteur pénètre dans un environnement visuel à la forte personnalité, totalement immersif. Cette plongée commence dès la première séquence avec un page dédiée au spectacle de l'espace et de l'annihilateur (la singularité spatiale) et continue avec la course-poursuite à bord de Dis, avec des armes futuristes projetant des décharges d'énergie crépitantes. La séquence suivante se passe sur Terre, et montre la visite de la villa hollywoodienne. L'apparence des personnages est très marquée, avec une coupe de cheveux improbable pour Ray Spass (une longue mèche de cheveux bouclés devant l'oeil droit), et une apparence plus neutre pour l'agent immobilier, en costume cravate. Irving croque des individus à l'apparence réelle, allant de l'anonymat lisse de Dave et Steve (les 2 agents du FBI), à l'exubérance de Max Nomax, en passant par la normalité de Luna Kozma. Par contraste, les séquences de science-fiction montrent des individus dans des costumes un peu baroques, au design conçu par des modistes ayant un sens de la classe, sans en devenir kitch. Comme beaucoup de dessinateurs, Frazer Irving s'intéresse aux décors pendant la première moitié du récit, avec des rendus allant de l'esquisse, jusqu'à la précision photographique, en fonction de la nature de la séquence. Dans la seconde moitié, il se repose sur des effets chromatiques, sans s'astreindre à représenter des éléments concrets en arrière-plan, ce qui finit par se voir. C'est un peu dommageable pour la narration visuelle, car le récit de Grant Morrison s'envole vers le conceptuel et aurait gagné à être ancré dans le concret par des dessins plus fournis et figuratifs. Frazer Iving doit également relever le défi de transcrire les émotions des personnages sur leur visage. le scénariste ne lui a pas facilité la tâche puisque Ray Spass est la proie d'émotions exacerbées, Max Nomax a tendance à tout surjouer, Josh Smiles (l'agent représentant Spass) est du genre individu au sang-froid, Jet Marko a la tête le plus souvent recouverte d'un casque, le rendant totalement inexpressif. L'artiste réussit à transformer toutes ces contraintes pour donner plus de personnalité à ces protagonistes qui sont très vivants sur la page. le lecteur apprécie également la qualité de sa prestation pour réussir à donner une forme visuelle séduisante et inquiétante aux concepts les plus échevelés de ce récit qui n'en manque pas. Dès les premières pages, le lecteur a compris que Grant Morrison est en très grande forme pour un récit conceptuel. le scénariste met son récit en abyme, avec sa propre position d'auteur d'un comics susceptible de servir de point de départ à un film. Il joue sur un effet de miroir à plusieurs niveaux entre le créateur (Ray Spass, mais aussi lui-même) et sa créature (Max Nomax, à moins que ce ne soit l'inverse), sans oublier une intrigue haletante, et des thèmes adultes s'intégrant parfaitement dans ce dispositif narratif complexe. Frazer Irving assure une prestation de haut niveau dans la première partie pour donner une forme visuelle à ce scénario de haut vol, tant pour les personnages que pour les environnements. Il se focalise plus sur les personnages et les concepts dans la deuxième partie. Au final, le lecteur finit par ressentir l'approche cérébrale de cette intrigue, aux dépens des personnages dont les névroses (pour Ray Spass) et le cabotinage (pour Max Nomax) finissent par lasser un peu, et diminuer le potentiel de projection du lecteur en eux.
Renaissance
Je dispose de la BD et du film, que j'apprécie tous deux . Le style polar noir très tranché s'associe bien à cette plongée dans un univers SF classieux mais en fait dystopique. Pas indispensable mais une bonne soirée en perspective.
Saigon-Hanoi
Saïgon-Hanoi est un album à première vue étrange : le soir de Noël, une gamine précoce et seule appelle au hasard au téléphone et tombe sur un vétéran du Vietnam, alors qu'un reportage sur ce qu'il a vécu passe à la télé . Cela raconte le Vietnam (et la guerre) d'une manière totalement indirecte. Un peu moins bon que d'autres albums de Cosey, car le début est un peu poussif (il faut passer le 1er tiers de l'album) mais n se laisse prendre peu à peu par le récit et on referme le livre pensif mais apaisé :)
Joyeux Noël, May !
Pas à la hauteur d'autres Cosey mais toujours cette même pudeur, cette même capacité à nous faire questionner sur notre propre vie car ces personnages sont tout simplement imparfaits et compliqués, comme nous ! Et le tout avec des images superbes : Cosey est un amoureux de la montagne enneigée et cela se voit. Je vous conseillerai plus Orchidea ou Le Voyage en Italie mais cet album sera un moment de respiration et de détente dans votre quotidien :)
Transmetropolitan
J'ai hésité entre 3/5 et 4/5 4/5 car c'est une BONNE série, qui est en fait une satire politico-sociale brute de fonderie des USA, arrivés dans Cyberpunk 2077, avec moins de techno et plus d'Area 51 et de Judge Dredd. Le personnage principal, Spider Jérusalem, est la version bien trash de Peter Parker si et seulement si celui-ci : * n'a pas été mordu par une araignée radioactive qui lui a donnée des super pouvoirs * n'a pas rencontré le/les Grand Amour(s) * vient de passer plus de 10ans sous un régime acide + LSD + Met'+ Alcool à bruler Il est le Gonzo-journaliste ultime, d'un humour atrocement mordant et jouissif, violemment antisystème(s), parfaitement subjectif ...et absolument indispensable comme contre-pouvoir dans ce monde corrompu. Les articles de presse en eux-mêmes doivent être lus pour leur ton inimitable. Quant au dessin, son style s'accoquine parfaitement au ton du récit Et 3/5 car après la 3 premiers tomes j'ai trouvé cela répétitif : j'ai lu le premier avec beaucoup de plaisir, et survolé les 2 autres. Et au final, pas tant accroché... Or c'est une série qui se lit avec les tripes !! Si vous pouvez l'emprunter à la bibliothèque : allez-y et voyez vous-même !
Symphonie à Bombay
J’étais impatient de lire cet album. J’ai beaucoup aimé la seule BD de Igort que j’ai lue (5 est le numéro parfait), et le résumé et style graphique de « Symphonie à Bombay » m’ont attiré… mais je ressors circonspect de ma lecture. J’ai trouvé l’histoire intéressante mais assez obscure, alambiquée et difficile à suivre. Il y a beaucoup de personnages, la narration me semble perfectible, avec des enchainements pas toujours clairs… Une relecture a remis les choses en place, mais bon. De plus, l’éditeur et l’auteur (dans la postface) expliquent que « ce livre fut inspiré à son auteur par l'histoire vraie d'Elissa Rhais, une danseuse enlevée par son prétendant et enfermée dans un harem pendant 17 années. » Or en lisant la fiche Wikipédia, j’ai appris qu’il s’agissait d’une romancière, pas d’une danseuse, et surtout que les faits semblent inventés. Bon, c’est pas grave, mais ca a ajouté à ma confusion. J’ai par contre beaucoup aimé la réalisation graphique. Le trait est vraiment magnifique, avec un rendu « art deco » du plus bel effet. De plus le travail d’édition de Ici Même est exemplaire : grand format, couverture cartonnée, dos toilé, papier épais… un bien bel objet. Un album intriguant, mais un résultat mitigé en ce qui me concerne. 3/5, de justesse.
La Faucheuse des moissons
Après avoir apprécié le très bon Histoire des tirailleurs sénégalais (Sang noir) des mêmes auteurs, je suis entré sans retenue dans ce triptyque traitant du même sujet, celui de la première guerre mondiale. A noter d'ailleurs, le clin d’œil à cet ouvrage dans le tome 3 avec la mort de Mouss, tirailleur sénégalais, l'un des héros se faisant la réflexion que son sang à la même couleur que celui des blancs. On dit que les histoires d'amour finissent mal en général mais les histoires de guerre également... Nous suivons ici une bande de six amis dont 3 frères (et des jumeaux), la plupart épris de la même fille du village. Le tome 1 se consacre à la présentation des personnages depuis leur enfance jusqu'à cette annonce terrible de l'entrée en guerre de la France et la mobilisation des 6 amis. Ce premier tome est utilement agrémenté à la fin de documents historiques éclairant le récit qu'il aurait été judicieux selon moi de poursuivre dans les tomes suivants. Le tome 2 s'attache à décrire l'horreur de la guerre allant crescendo jusqu'à leur affectation à Verdun. Enfin le troisième tome conclut de manière très dramatique cette histoire. Car oui, si vous avez envie de lire une série pour vous remonte le moral un soir auprès du feu, la faucheuse des moissons ne fait pas partie de celles-là. Le récit est noir, la fin tragique. Même si on sent le dénouement arriver, un brin convenu avec les jumeaux, on ne se doute absolument pas du dernier drame final. L'horreur de la guerre et l'enfer des tranchées est ici parfaitement décrite en insistant sur un point, le pire ennemi des soldats n'est finalement pas celui que l'on croit. Au niveau des graphismes, tout comme pour Sang Noir, ce n'est pas forcément le trait que j'apprécie le plus. Les décors manquent à mon sens de détails et le trait est un peu épais par moment. Mais cela n'a pas nuit fondamentalement à ma lecture. Une œuvre utile pour ne pas oublier. Un bon 3,5 ramené à 3. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6/10 NOTE GLOBALE : 14/20