Réalisée par les auteurs de la série jeunesse Les Mythics, "Oxalys" reste dans la même veine graphique en misant sur l'Aventure.
Dara nous entraîne sur les pas d'une troupe d'aventuriers un peu filous, limite mercenaires, mais avec un minimum de morale quand même (on est avec les "gentils") qui vont rencontrer une jeune ingénunuche qui va se révéler très douée pour la magie. Sur leur route, il vont devoir affronter le maléfique seigneur Mormoloch et ses démons...
Soyons franc, je ne suis pas le public cible pour ce genre de série jeunesse, le scénario ne casse pas 3 pattes à un canard, et ce n'est pas pour son originalité que le scénario brille. Les personnages sont quand même très typés et un brin caricaturaux, mais certaines petites trouvailles font qu'on ne tombe pas non plus dans le rébarbatif. Le côté "shonen à la française", plaira j'en suis certain au jeune public à qui se destine cette série.
*** Tome 2 ***
Revoilà notre petite troupe toujours en quête des artefacts qui lui permettront de trouver Oxalys. Leur chemin reste semé d'embuches et de rencontres plus ou moins heureuses et tumultueuses. L'amitié qui lie nos protagonistes va être mise à rude épreuve, ce qui arrange parfaitement Mormoloch et ses sombres desseins.
On reste donc dans la même tendance que le 1er tome avec un scénario rythmé et dynamique où s'enchaînent les rebondissements au fil de la quête de nos petits héros. Une série qui s'annonce efficace pour la jeunesse.
J'aime bien le trait de Fabrice Erre et j'aime croiser ses publications sur les réseaux sociaux que je trouve souvent pertinentes et drôles.
J'étais du coup curieux de découvrir cet album consacré à l'armée (que je ne porte pas particulièrement dans mon cœur - doux euphémisme...)
C'est toujours le problème avec ce genre de production : réussir à faire rire sur la durée. Pour le coup, si certains gags m'ont fait rire, l'ensemble est assez moyen, surtout quand on les enchaîne sur plus de 60 pages. C'est typiquement le genre d'ouvrage qu'il faudrait avoir à portée de main pour y picorer quelques gags avec parcimonie pour en reprendre la lecture quelques jours plus tard.
(2.5/5)
Je ne sais pas si ce sont les cris d'alarmes de l'OCDE sur l'évolution des acquis des jeunes français dans le classement Pisa 2022 mais il faut mettre en avant l'initiative de Muriel Guedj pour intéresser les enfants aux maths et aux sciences.
Cette série propose un voyage dans le temps de deux enfants d'aujourd'hui depuis la Grèce antique jusqu'à l'IA ou l'ADN. C'est une histoire qui comporte ses choix et ses omissions. L'auteure ne s'arrête pas aux limites de la science mais introduit des notions propres à l'époque (comme la démocratie en Grèce).
Chaque chapitre est très simplifié mais donne une bonne idée de certaines notions. J'ai noté plusieurs axes intéressants. Guedj souligne que l'erreur a pu faire partie de cette histoire. L'auteure replace certaines théories obsolètes dans leur contexte historique. Ensuite l'auteure laisse une place importante aux savants arabes du Moyen-Âge dont certains me sont inconnus. Enfin les auteures s'efforcent de revaloriser et de mettre en valeur le travail des femmes dans le domaine scientifique. C'est bien dans l'esprit contemporain et cela donnera peut-être le goût à plus de jeunes filles de se lancer dans la voie des sciences mathématiques ou physiques comme elles l'ont fait en médecine et biologie.
Le graphisme de Clotka est une ligne claire très simple assez économe. Les époques sont illustrées par des costumes stéréotypés sans trop de recherches. Le dynamisme s'efface devant le côté didactique et scolaire de la série.
De même la mise en couleur correspond à un dessin jeunesse.
Une lecture pour les enfants d'une dizaine d'années afin de les éveiller aux sciences.
J'avais un vague souvenir de la BD mais curieusement peu d'impression global. J'ai donc profité de retrouver l'ensemble de mes BD pour pouvoir enfin la relire, et je dirais que mon bilan est semblable à celui de nombreux autres avis : la BD est bien mais elle a une fin abrupte et une absence de véritable climax dans le récit semble brider l'histoire.
Ce n'est clairement pas une faute imputable à Cyril Bonin, qui continue à utiliser son trait aux visages taillés à la serpe mais qui joue aussi des expressions corporelles ou des couleurs pour donner une atmosphère clairement identifiable.
L'histoire est adaptée d'un livre de Marcel Aymé que je n'ai jamais lu (je pourrais donc pas comparer) mais je reconnais quelques traits de son style que j'ai beaucoup apprécié dans plusieurs ouvrages. Comme souvent chez lui, le banal et le quotidien cachent les vraies visages de l'humain. C'est une sorte de psychanalyse de l'humain et la banalité de nos relations. Ici, le couple délité dans le temps et le quotidien devenu progressivement de plus en plus banal.
L'idée du basculement par le changement de visage est une riche idée, mais le déroulé semble assez rapide (sa femme tombe rapidement sous son charme) et surtout les questionnements existentiels sur le fait de disparaitre et être si vite remplacé auraient mérité d'être plus développé. D'autre part, cette fin abrupte de retour à la normale alors que se préparait une réelle montée en tension. C'est vraiment dommage, j'aurais bien aimé plus.
C'est donc une lecture plaisante avec quelques points intéressants que le récit soulève mais le tout retombe trop vite avec une fin assez peu satisfaisante. Sans doute dû à l'adaptation, mais je me demande si changer la fin du livre n'aurait pas été plus prenant. A lire à l'occasion, mais n'en attendez pas un chef-d’œuvre.
C'est du Neil Gaiman pur jus.
-
Suite aux événements de Batman R.I.P. et Final Crisis, Batman est considéré comme mort. Les éditeurs de chez DC proposent alors à Neil Gaiman de réaliser une histoire commémorant le souvenir de Bruce Wayne, intitulée "Whatever happened to the caped crusader ?" en écho aux histoires écrites par Alan Moore (Whatever Happened to the Man of Tomorrow ?) lors d'une mise à l'écart passagère de Superman.
Le présent recueil regroupe les numéros 686 de la série Batman et 853 de Detective Comics, ainsi que 3 autres histoires de Batman écrites par Neil Gaiman et initialement parues dans "Batman Black & White", "Secret Origins" 36 et "Secret Origins Special" 1.
L'histoire principale nous convie à la veillée mortuaire du corps de Batman à laquelle se rendent ses amis et ses ennemis de toujours pour évoquer la mémoire du défunt. Ces scènes sont également observées par l'esprit désincarné de Bruce Wayne juste avant qu'il ne quitte cette réalité, ainsi que par une mystérieuse femme.
Neil Gaiman est très à l'aise dans cette histoire qui évoque une autre veillée funèbre, celle de Morpheus (cf. Veillée mortuaire). Il fait du Gaiman à l'état brut, c'est à dire qu'il rend hommage au personnage de Batman, aux créateurs les plus marquants qui lui ont donné vie depuis sa création en 1939 et qu'il développe ses thèmes favoris, à savoir l'inéluctabilité du changement et la pérennité des héros de fictions. le scénario se déroule suivant l'axe des souvenirs évoqués par les participants à la veillée (une incarnation de Selina Kyle, une variante d'Alfred Pennyworth, un Robin du passé...) et suivant l'axe du décryptage de ces mêmes souvenirs par l'âme de Bruce Wayne.
Comme on est en droit de s'y attendre, tous les personnages du mythe sont là ou presque (Joker, Alfred, Robin, Ra's al Ghul, Catwoman, Harley Quinn, Mad Hatter, Penguin, Riddler, James Gordon, Barbara Gordon, Superman, Poison, Ivy, Two-Face, Renee Montoya, Harvey Bullock...). le meurtre des parents de Bruce Wayne est évoqué (sous un angle relativement original). de son coté, Andy Kubert rend hommange aux dessinateurs les plus représentatifs (Bob Kane, Dick Sprang, Carmine, Infantino, Neal Adams, Brian Bolland, Jim Aparo, Frank Miller...) en évoquant leurs styles. Globalement ses dessins sont vraiment fouillés, chaque case montre qu'il a passé du temps pour réaliser ses illustrations et chaque page ressort comme une composition travaillée. À mon goût, Andy Kubert ne dispose pas d'assez de personnalité pour pouvoir élever ses illustrations au dessus d'un travail fonctionnel plaisant à l'oeil. Ses planches trahissent un manque de parti pris esthétique, ce qui affadi le résultat et en fait un simple produit de consommation, vite contemplé, vite oublié.
Au final, "whatever happened to the caped crusader ?" est une histoire agréable à lire qui évite l'écueil de la nostalgie facile et qui constitue une belle déclaration d'amour au personnage de Batman et aux créateurs qui l'ont façonné.
La première histoire supplémentaire est dessinée par Simon Bisley. Elle est en noir et blanc. Neil Gaiman reprend une idée popularisée par Tex Avery qui consiste à imaginer que les personnages principaux de l'histoire (en l'occurrence Batman et le Joker) sont des acteurs jouant leur rôle. le résultat est agréable à lire. Cette histoire ne révolutionne pas les personnages, il s'agit à nouveau d'une mise en abyme du métier de scénariste et de dessinateur, et de l'importance relative des comics.
L'histoire suivante revient sur l'origine de Poison Ivy, elle est dessinée par Mark Buckingham. Au fil de la lecture, le lecteur comprend vite que Neil Gaiman est plus intéressé par le personnage de l'inspecteur venu interroger Pamela Isley que par cette dernière. On a quasiment l'impression d'être revenu dans la série Sandman.
La dernière histoire est partagée entre une équipe de télé qui souhaite interviewer les ennemis de Batman (dessins bâclés de Mike Hoffman, malgré un superbe encrage de Kevin Nowlan) et l'interview de Edward Nigma (dessins très personnels de Bernie Mireault, encré par son copain Matt Wagner). On oublie rapidement les déboires de l'équipe de télé pour se délecter de la véritable pépite qu'est l'intervention du Riddler avec nostalgie pas mièvre pour l'époque des machines à écrire géantes et réflexion sur l'évolution des fondamentaux du divertissement, avec un monologue très réussi du Riddler.
Si vous aimez Neil Gaiman, vous pouvez acheter ce tome les yeux fermés : cette histoire renferme la quintessence de sa philosophie. Si vous n'aimez pas Gaiman ou si vous ne le connaissez pas, vous lirez avec plaisir ce recueil, mais il y a fort à parier qu'il ne figurera pas dans la liste des 10 chefs d’œuvre absolus du Dark Knight
Une version gothique très personnelle des tortues ninjas
-
Ce tome contient une histoire complète des Teenage Mutant Ninja Turtles (en abrégé TMNT), initialement parue en 1990/1991, dans les épisodes 31, 35 et 36 de la série des TMNT. Elle est écrite, dessinée, et encrée par Michael Zulli. Stephen Murphy a participé à l'écriture du scénario de l'épisode 31. Il comprend également 3 histoires courtes réalisées par Zulli, avec l'aide de Murphy pour 2 d'entre elles. Ces histoires sont parues à l'origine en noir & blanc. Pour cette réédition, l'éditeur IDW a choisi de les faire mettre en couleurs, par le studio Digikore Design Limited.
-
Soul's winter (90 pages) – Tout commence par le vol d'un corbeau devant les yeux d'Oroku Saki (Shredder) dans son armure de samouraï. Il a la conviction qu'il doit assurer la domination de l'homme sur la bête en se battant contre Maître Splinter, une bête qu'il estime dépourvue d'âme. de son côté, Splinter entre en transe shamanique et a l'intuition de l'attaque de Shredder. Alors que ce dernier rassemble son armée de ninjas, Splinter prévient Leonardo, Michaelangelo, Donatello et Raphael de la bataille à venir. Elle a lieu à l'extérieur de New York, dans un bois enneigé. L'une des tortues ninjas (elles ne sont jamais nommés dans cette histoire) a la main tranchée. Splinter, puis Shredder vont essayer de la soigner.
A l'origine, les tortues ninjas sont créées par Kevin Eastman et Peter Laird sur leur table de cuisine, comme un hommage au Daredevil de Frank Miller. Contre toute attente, le succès de ce comics en noir & blanc et autoédité est immense. Ses créateurs s'enrichissent car ils en ont conservé les droits de propriété intellectuelle. Ils confient alors à d'autres artistes le soin de poursuivre les aventures des tortues ninjas. D'un côté la série régulière devient plus à destination d'enfants ; de l'autre ils font bénéficier des artistes peu connus de cette manne financière. C'est ainsi qu'ils en viennent à faire appel à Michael Zulli, excellent dessinateur d'animaux. Il se fait aider par Stephen Murphy, le scénariste avec lequel il collabore sur la série écologique et onirique Puma Blues.
Le lecteur peut comprendre le choix économique de l'éditeur IDW de réaliser une mise en couleurs, pour ne pas rebuter le jeune lecteur. le studio Digikore réalise un travail basique et respectueux. Les couleurs sont employées pour mieux faire ressortir les surfaces les unes à côté des autres, en respectant la couleur naturelle de chaque élément. Il n'essaye pas d'établir un schéma chromatique plus élaboré, par exemple séquence par séquence. C'est un moindre mal, car Zulli a conçu et réalisé ses dessins pour du noir & blanc, avec une forte densité d'encrage et de trames mécaniques. Les couleurs viennent donc alourdir les dessins, donnant parfois une impression de surcharge.
Dès la première page, le lecteur se rend compte que cette aventure des tortues ninjas n'est pas à destination d'un jeune lectorat. Les 2 premières pages sont consacrées à un corbeau, avec de brèves cellules de texte évoquant un croisement entre un flux de pensée et un poème. A l'évidence les auteurs souhaitent évoquer l'atmosphère lugubre et gothique du poème le corbeau d'Edgar Allan Poe. Leur ambition littéraire est confirmée par une citation extraite de Salomé d'Oscar Wilde, à la fin du premier épisode.
De fait le lecteur a rapidement la sensation de ne pas tout suivre du récit. Les séquences se suivent parfois de manière abrupte. Les tortues ninjas n'ont rien de sympathiques. Leur morphologie s'apparente plus à celle de vraies tortues qu'à celles de personnages de dessin animé. Il pèse sur elle une forme de léthargie occasionnée par la saison hivernale. Splinter ne les appelle jamais par leur nom. Zulli et Murphy conservent les personnages mais se démarquent de la narration habituelle des comics. Ils composent un poème gothique où la réalité est imprégnée d'onirisme, où la logique rationnelle cède le pas à la logique des rêves.
Il faut donc voir ce récit comme un parcours symbolique, un affrontement entre les tortues et les ninjas, imposé par les forces de la nature, le respect de l'ennemi pour son opposant (raison pour laquelle Shredder vient en aide à la tortue blessée), et le face à face avec la mort.
Sous réserve d'accepter cette narration émancipée d'une logique cartésienne, le lecteur peut apprécier la puissance évocatrice des dessins de Michael Zulli. Effectivement ses tortues participent plus du règne animal que de l'anthropomorphisme gentillet. le corbeau est représenté de manière naturaliste et l'atmosphère sombre (parfois assombrie par les couleurs) installe une ambiance gothique à couper au couteau.
Il n'empêche qu'à force de privilégier la métaphore sur l'intrigue, le récit peine à faire sens. La capacité à écrire de la poésie de Zulli est assez limitée. Si le lecteur ne doute pas de la sincérité de la démarche des auteurs, leur création porte la marque de maladresses qui empêchent l'ensemble de former un tout cohérent. un récit noir et gothique, présentant une facette adulte des tortues.
-
Splinter in the eye of god (8 pages) – Splinter est en train de méditer. Il est assailli par le koan le plus célèbre (quel son fait une main qui applaudit ?) et il recherche une paix intérieure qui prend la forme d'un jardin d'Eden.
Michael Zulli est là aussi très à l'aise pour représenter un Splinter anthropomorphe qui n'a rien perdu de ses caractéristiques de rat, et pour représenter une nature accueillante, sans être une vision naïve. La morale de l'histoire est très basique, et le récit se termine en queue de poisson.
-
Failed instant (5 pages) – Zulli décompose une passe d'armes très brève sur un toit entre une tortue et un ninja. La narration visuelle est impeccable. L'intrigue est inexistante.
-
O-deed (6 pages) – L'une des tortues fait un cauchemar dans lequel elle est une simple tortue normale qui manque de se faire écraser par une voiture. Zulli et Murphy réalise un intermède sympathique du fait des dessins, mais à nouveau sans grand intérêt.
En même temps que le très explicite "Lyrica", les Editions IMHO proposent une autre vision de l'érotisme, couplé avec des ambiances fantastiques. Ici les yokaï sont nombreux, les femmes sont étranges, et les hommes semblent blasés. Il y a un peu d'érotisme, mais moins réaliste que chez Miyanishi. Disons qu'il sert plutôt de prétexte à des situations mettant en scène des créatures assoiffées de sexe et de sang. Il y a quelques personnages récurrents dans ces histoires, comme cet adolescent qui semble attirer les petites amies particulières, ou cette créature mi-femme mi-démon...
C'est assez distrayant, grâce à une narration débridée, mais aussi à la diversité des histoires, dont toutes ne sont d'ailleurs pas fantastiques ou horrifiques. Celle qui donne son titre au recueil, d'ailleurs, émarge plutôt dans l'étrange, sans verser dans l'horreur pure. le dessin de Takahashi est semi-réaliste, ce qui permet cette "folie" dans les récits, qui ont une logique presque imparable et se terminent, contrairement à l'autre recueil sus-nommé.
Attention, manga pour lecteurs avertis, comme le laisse supposer le logo en quatrième de couverture, ou même l'illustration de la couverture elle-même, qui montre un sabre de samouraï effleurant l'intimité d'une jeune femme dénudée.
Celle-ci est d'ailleurs symbolique du contenu du recueil, fait d'histoires mêlant le plus souvent érotisme soft et scènes violentes. La violence est d'ailleurs parfois inhérente au sexe, puisque nous avons droit à des scènes de viols, d'inceste ou de membres (ou têtes coupées) pendant ou en marge d'un coït. Le malaise s'installe donc par intermittence chez le lecteur ou la lectrice au fil des pages, mais ce n'est pas le sentiment prédominant, mêlé de voyeurisme pour ces vulves artistiquement remplacées par des végétaux ou des fruits, et ces pénis triomphants qui eux ne sont que rarement cachés.
Comme l'indique l'éditeur, une petite musique sombre semble régner sur l'ensemble des histoires, qui laissent la plupart du temps le lectorat sur sa faim. Ce sont des commencements d'intrigues, plus ou moins élaborés, qui ne mènent qu'à une fin abrupte. Mais c'est assez intéressant en général. par contre attention, il n'y a pas une once d'humour dans ces histoires, Miyanishi indiquant en postface que le sexe est pour lui une affaire sérieuse.
Pour les amateurs de gekiga.
2.5
Je précise que je n'ai lu que les deux premiers tomes parus jusqu'à présent.
En 1977, Marvel lance un concept intéressant: une série qui montrerait ce qui serait arrivé si les choses s'étaient passées différemment de ce qui est arrivé dans l'univers Marvel et le sujet change à chaque numéro. Bon, très vite on voit que des concepts similaires sont souvent utilisés (une série est projetée dans une autre époque ou c'est quelqu'un d'autre qui devient tel super-héros) et évidemment les lecteurs risquent de surtout s'intéresser aux numéros qui mettent en vedette les super-héros qu'ils aiment. Dans mon cas, j'avoue que j'étais plus captivé lorsqu'il y avait Spider-Man, Daredevil ou Hulk et que je n’en avais rien à foutre des Invaders.
Malheureusement, la grande majorité des scénarios sont très moyens. La faute en partie au fait que le principal scénariste des deux premiers tomes, Don Glut, n'est vraiment pas un scénariste formidable. L'action va souvent trop vite, il met autant de références possibles et il y a souvent des facilités (sérieux, lorsque Flash Thompson obtient les pouvoirs de Spider-Man, il tue quelqu'un par accident et après une page tout le monde s'en fout !) et des concepts intéressants ne sont pas utilisés à leurs pleins potentiels, je pense notamment au récit où tout le monde découvre que Daredevil est aveugle. Le pire étant lorsque Jack Kirby imagine les membres de la rédaction Marvel comme membres des Quatre Fantastiques. Ça semble drôle sur papier de voir Jack Kirby et Stan Lee avec des superpouvoirs, mais l'exécution est juste lourde et pas marrante.
Je vais quand même lire la suite si je tombe dessus un jour vu que je suis attiré par le travail de certains auteurs qui ont travaillé dans le tome 3 et aussi dans les autres numéros de la série qui ne sont pas encore parus en album, mais je vais être bien moins enthousiaste que lorsque j'ai commencé la lecture des deux premiers albums. Je pensais passer un meilleur moment de lecture. C'est vraiment le type de série qui s'adresse aux fans des vieux comics Marvel des années 60-70.
xxx
Mise à jour après avoir lu le troisième tome
Ce tome est meilleur que les autres principalement parce que la majorité des histoires sont écrites par d'autres scénaristes. On corrige donc un défaut récurrent des scénarios de Don Glut: lorsqu'on fait référence à des événements qui se sont passés dans l'univers Marvel, c'est pertinent avec le scénario. Il n'y a plus de truc du genre 'voici plusieurs scènes tirées de la série Thor sauf qu'à la place c'est une femme qui arrête les méchants'.
Évidement, la qualité varie selon les scénaristes et aussi si on aime les personnages mis en vedettes. Il y a deux histoires avec le même concept appliqué à trois-quatre personnages différents, ce qui fait que cela donne des histoires très courtes dans ces deux cas.
En revanche, j'ai trouvé que les deux scénarios de Peter Gillis sont bien pensés et jouent intelligemment avec le concept, c'est vraiment ce que j'attendais de cette série.
Cela reste tout de même une série pour les fans de Marvel uniquement.
Un album avec d’indéniables qualités mais aussi quelques maladresses qui entachent mon ressenti final. En tout cas je suis content de l’avoir lu et je ne déconseille pas sa lecture.
L’auteur, que je découvre pour l’occasion, assure tout lui même : trait, couleurs, histoire … Il possède un certain style même s’il y a des axes d’amélioration à affiner.
Dans les bonnes choses, on trouve les couleurs, l’album regorge de belles ambiances; un découpage réussi, c’est plutôt fluide sauf à de rares occasions; son aventure s’avère classique mais pas dénuée d’intérêt, en plus plutôt sympa et couillu de la proposer en un gros tome. Il n’y a pas énormément de dialogues mais je l’ai tout de même lu en deux fois.
Bref ça se tient bien et il y a quelques fulgurances graphiques, comme la 2ème planche de la galerie qui est superbe ou le changement de style pour illustrer flash-back, rêve …
Cependant, des petits points noirs viennent ternir cette quête Fantasy et m’empêche de monter ma note.
Déjà on ne va pas dire que c’est hyper original, pas bien grave quand c’est bien fait, mais ici j’ai trouvé la fin sympatoche mais plutôt raté dans sa mise en force. Peut être un peu de fatigue arrivé à ce stade, mais l’apparition des fantômes m’a bien embrouillé, pas sûr d’ailleurs d’avoir bien tout saisi sur les motivations du mystère. Un peu dommage, et si nos 2 héros sont attachants, ça ne sera pas le cas des rôles secondaires.
On ajoute à ça, un peu d’imperfections dans le trait ou perspective de certaines planches qui font un peu trop amateur à des moments.
Je m’enflamme pas, reste que j’ai passé un bon moment.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Oxalys
Réalisée par les auteurs de la série jeunesse Les Mythics, "Oxalys" reste dans la même veine graphique en misant sur l'Aventure. Dara nous entraîne sur les pas d'une troupe d'aventuriers un peu filous, limite mercenaires, mais avec un minimum de morale quand même (on est avec les "gentils") qui vont rencontrer une jeune ingénunuche qui va se révéler très douée pour la magie. Sur leur route, il vont devoir affronter le maléfique seigneur Mormoloch et ses démons... Soyons franc, je ne suis pas le public cible pour ce genre de série jeunesse, le scénario ne casse pas 3 pattes à un canard, et ce n'est pas pour son originalité que le scénario brille. Les personnages sont quand même très typés et un brin caricaturaux, mais certaines petites trouvailles font qu'on ne tombe pas non plus dans le rébarbatif. Le côté "shonen à la française", plaira j'en suis certain au jeune public à qui se destine cette série. *** Tome 2 *** Revoilà notre petite troupe toujours en quête des artefacts qui lui permettront de trouver Oxalys. Leur chemin reste semé d'embuches et de rencontres plus ou moins heureuses et tumultueuses. L'amitié qui lie nos protagonistes va être mise à rude épreuve, ce qui arrange parfaitement Mormoloch et ses sombres desseins. On reste donc dans la même tendance que le 1er tome avec un scénario rythmé et dynamique où s'enchaînent les rebondissements au fil de la quête de nos petits héros. Une série qui s'annonce efficace pour la jeunesse.
Envoyez l'armée !
J'aime bien le trait de Fabrice Erre et j'aime croiser ses publications sur les réseaux sociaux que je trouve souvent pertinentes et drôles. J'étais du coup curieux de découvrir cet album consacré à l'armée (que je ne porte pas particulièrement dans mon cœur - doux euphémisme...) C'est toujours le problème avec ce genre de production : réussir à faire rire sur la durée. Pour le coup, si certains gags m'ont fait rire, l'ensemble est assez moyen, surtout quand on les enchaîne sur plus de 60 pages. C'est typiquement le genre d'ouvrage qu'il faudrait avoir à portée de main pour y picorer quelques gags avec parcimonie pour en reprendre la lecture quelques jours plus tard. (2.5/5)
Les Grands Esprits se rencontrent - Une histoire des sciences de l'Antiquité à nos jours
Je ne sais pas si ce sont les cris d'alarmes de l'OCDE sur l'évolution des acquis des jeunes français dans le classement Pisa 2022 mais il faut mettre en avant l'initiative de Muriel Guedj pour intéresser les enfants aux maths et aux sciences. Cette série propose un voyage dans le temps de deux enfants d'aujourd'hui depuis la Grèce antique jusqu'à l'IA ou l'ADN. C'est une histoire qui comporte ses choix et ses omissions. L'auteure ne s'arrête pas aux limites de la science mais introduit des notions propres à l'époque (comme la démocratie en Grèce). Chaque chapitre est très simplifié mais donne une bonne idée de certaines notions. J'ai noté plusieurs axes intéressants. Guedj souligne que l'erreur a pu faire partie de cette histoire. L'auteure replace certaines théories obsolètes dans leur contexte historique. Ensuite l'auteure laisse une place importante aux savants arabes du Moyen-Âge dont certains me sont inconnus. Enfin les auteures s'efforcent de revaloriser et de mettre en valeur le travail des femmes dans le domaine scientifique. C'est bien dans l'esprit contemporain et cela donnera peut-être le goût à plus de jeunes filles de se lancer dans la voie des sciences mathématiques ou physiques comme elles l'ont fait en médecine et biologie. Le graphisme de Clotka est une ligne claire très simple assez économe. Les époques sont illustrées par des costumes stéréotypés sans trop de recherches. Le dynamisme s'efface devant le côté didactique et scolaire de la série. De même la mise en couleur correspond à un dessin jeunesse. Une lecture pour les enfants d'une dizaine d'années afin de les éveiller aux sciences.
La Belle Image
J'avais un vague souvenir de la BD mais curieusement peu d'impression global. J'ai donc profité de retrouver l'ensemble de mes BD pour pouvoir enfin la relire, et je dirais que mon bilan est semblable à celui de nombreux autres avis : la BD est bien mais elle a une fin abrupte et une absence de véritable climax dans le récit semble brider l'histoire. Ce n'est clairement pas une faute imputable à Cyril Bonin, qui continue à utiliser son trait aux visages taillés à la serpe mais qui joue aussi des expressions corporelles ou des couleurs pour donner une atmosphère clairement identifiable. L'histoire est adaptée d'un livre de Marcel Aymé que je n'ai jamais lu (je pourrais donc pas comparer) mais je reconnais quelques traits de son style que j'ai beaucoup apprécié dans plusieurs ouvrages. Comme souvent chez lui, le banal et le quotidien cachent les vraies visages de l'humain. C'est une sorte de psychanalyse de l'humain et la banalité de nos relations. Ici, le couple délité dans le temps et le quotidien devenu progressivement de plus en plus banal. L'idée du basculement par le changement de visage est une riche idée, mais le déroulé semble assez rapide (sa femme tombe rapidement sous son charme) et surtout les questionnements existentiels sur le fait de disparaitre et être si vite remplacé auraient mérité d'être plus développé. D'autre part, cette fin abrupte de retour à la normale alors que se préparait une réelle montée en tension. C'est vraiment dommage, j'aurais bien aimé plus. C'est donc une lecture plaisante avec quelques points intéressants que le récit soulève mais le tout retombe trop vite avec une fin assez peu satisfaisante. Sans doute dû à l'adaptation, mais je me demande si changer la fin du livre n'aurait pas été plus prenant. A lire à l'occasion, mais n'en attendez pas un chef-d’œuvre.
Batman - Les Derniers Jours du Chevalier Noir (Qu'est-il Arrivé au Chevalier Noir ?)
C'est du Neil Gaiman pur jus. - Suite aux événements de Batman R.I.P. et Final Crisis, Batman est considéré comme mort. Les éditeurs de chez DC proposent alors à Neil Gaiman de réaliser une histoire commémorant le souvenir de Bruce Wayne, intitulée "Whatever happened to the caped crusader ?" en écho aux histoires écrites par Alan Moore (Whatever Happened to the Man of Tomorrow ?) lors d'une mise à l'écart passagère de Superman. Le présent recueil regroupe les numéros 686 de la série Batman et 853 de Detective Comics, ainsi que 3 autres histoires de Batman écrites par Neil Gaiman et initialement parues dans "Batman Black & White", "Secret Origins" 36 et "Secret Origins Special" 1. L'histoire principale nous convie à la veillée mortuaire du corps de Batman à laquelle se rendent ses amis et ses ennemis de toujours pour évoquer la mémoire du défunt. Ces scènes sont également observées par l'esprit désincarné de Bruce Wayne juste avant qu'il ne quitte cette réalité, ainsi que par une mystérieuse femme. Neil Gaiman est très à l'aise dans cette histoire qui évoque une autre veillée funèbre, celle de Morpheus (cf. Veillée mortuaire). Il fait du Gaiman à l'état brut, c'est à dire qu'il rend hommage au personnage de Batman, aux créateurs les plus marquants qui lui ont donné vie depuis sa création en 1939 et qu'il développe ses thèmes favoris, à savoir l'inéluctabilité du changement et la pérennité des héros de fictions. le scénario se déroule suivant l'axe des souvenirs évoqués par les participants à la veillée (une incarnation de Selina Kyle, une variante d'Alfred Pennyworth, un Robin du passé...) et suivant l'axe du décryptage de ces mêmes souvenirs par l'âme de Bruce Wayne. Comme on est en droit de s'y attendre, tous les personnages du mythe sont là ou presque (Joker, Alfred, Robin, Ra's al Ghul, Catwoman, Harley Quinn, Mad Hatter, Penguin, Riddler, James Gordon, Barbara Gordon, Superman, Poison, Ivy, Two-Face, Renee Montoya, Harvey Bullock...). le meurtre des parents de Bruce Wayne est évoqué (sous un angle relativement original). de son coté, Andy Kubert rend hommange aux dessinateurs les plus représentatifs (Bob Kane, Dick Sprang, Carmine, Infantino, Neal Adams, Brian Bolland, Jim Aparo, Frank Miller...) en évoquant leurs styles. Globalement ses dessins sont vraiment fouillés, chaque case montre qu'il a passé du temps pour réaliser ses illustrations et chaque page ressort comme une composition travaillée. À mon goût, Andy Kubert ne dispose pas d'assez de personnalité pour pouvoir élever ses illustrations au dessus d'un travail fonctionnel plaisant à l'oeil. Ses planches trahissent un manque de parti pris esthétique, ce qui affadi le résultat et en fait un simple produit de consommation, vite contemplé, vite oublié. Au final, "whatever happened to the caped crusader ?" est une histoire agréable à lire qui évite l'écueil de la nostalgie facile et qui constitue une belle déclaration d'amour au personnage de Batman et aux créateurs qui l'ont façonné. La première histoire supplémentaire est dessinée par Simon Bisley. Elle est en noir et blanc. Neil Gaiman reprend une idée popularisée par Tex Avery qui consiste à imaginer que les personnages principaux de l'histoire (en l'occurrence Batman et le Joker) sont des acteurs jouant leur rôle. le résultat est agréable à lire. Cette histoire ne révolutionne pas les personnages, il s'agit à nouveau d'une mise en abyme du métier de scénariste et de dessinateur, et de l'importance relative des comics. L'histoire suivante revient sur l'origine de Poison Ivy, elle est dessinée par Mark Buckingham. Au fil de la lecture, le lecteur comprend vite que Neil Gaiman est plus intéressé par le personnage de l'inspecteur venu interroger Pamela Isley que par cette dernière. On a quasiment l'impression d'être revenu dans la série Sandman. La dernière histoire est partagée entre une équipe de télé qui souhaite interviewer les ennemis de Batman (dessins bâclés de Mike Hoffman, malgré un superbe encrage de Kevin Nowlan) et l'interview de Edward Nigma (dessins très personnels de Bernie Mireault, encré par son copain Matt Wagner). On oublie rapidement les déboires de l'équipe de télé pour se délecter de la véritable pépite qu'est l'intervention du Riddler avec nostalgie pas mièvre pour l'époque des machines à écrire géantes et réflexion sur l'évolution des fondamentaux du divertissement, avec un monologue très réussi du Riddler. Si vous aimez Neil Gaiman, vous pouvez acheter ce tome les yeux fermés : cette histoire renferme la quintessence de sa philosophie. Si vous n'aimez pas Gaiman ou si vous ne le connaissez pas, vous lirez avec plaisir ce recueil, mais il y a fort à parier qu'il ne figurera pas dans la liste des 10 chefs d’œuvre absolus du Dark Knight
Les Tortues Ninja - Soul's winter
Une version gothique très personnelle des tortues ninjas - Ce tome contient une histoire complète des Teenage Mutant Ninja Turtles (en abrégé TMNT), initialement parue en 1990/1991, dans les épisodes 31, 35 et 36 de la série des TMNT. Elle est écrite, dessinée, et encrée par Michael Zulli. Stephen Murphy a participé à l'écriture du scénario de l'épisode 31. Il comprend également 3 histoires courtes réalisées par Zulli, avec l'aide de Murphy pour 2 d'entre elles. Ces histoires sont parues à l'origine en noir & blanc. Pour cette réédition, l'éditeur IDW a choisi de les faire mettre en couleurs, par le studio Digikore Design Limited. - Soul's winter (90 pages) – Tout commence par le vol d'un corbeau devant les yeux d'Oroku Saki (Shredder) dans son armure de samouraï. Il a la conviction qu'il doit assurer la domination de l'homme sur la bête en se battant contre Maître Splinter, une bête qu'il estime dépourvue d'âme. de son côté, Splinter entre en transe shamanique et a l'intuition de l'attaque de Shredder. Alors que ce dernier rassemble son armée de ninjas, Splinter prévient Leonardo, Michaelangelo, Donatello et Raphael de la bataille à venir. Elle a lieu à l'extérieur de New York, dans un bois enneigé. L'une des tortues ninjas (elles ne sont jamais nommés dans cette histoire) a la main tranchée. Splinter, puis Shredder vont essayer de la soigner. A l'origine, les tortues ninjas sont créées par Kevin Eastman et Peter Laird sur leur table de cuisine, comme un hommage au Daredevil de Frank Miller. Contre toute attente, le succès de ce comics en noir & blanc et autoédité est immense. Ses créateurs s'enrichissent car ils en ont conservé les droits de propriété intellectuelle. Ils confient alors à d'autres artistes le soin de poursuivre les aventures des tortues ninjas. D'un côté la série régulière devient plus à destination d'enfants ; de l'autre ils font bénéficier des artistes peu connus de cette manne financière. C'est ainsi qu'ils en viennent à faire appel à Michael Zulli, excellent dessinateur d'animaux. Il se fait aider par Stephen Murphy, le scénariste avec lequel il collabore sur la série écologique et onirique Puma Blues. Le lecteur peut comprendre le choix économique de l'éditeur IDW de réaliser une mise en couleurs, pour ne pas rebuter le jeune lecteur. le studio Digikore réalise un travail basique et respectueux. Les couleurs sont employées pour mieux faire ressortir les surfaces les unes à côté des autres, en respectant la couleur naturelle de chaque élément. Il n'essaye pas d'établir un schéma chromatique plus élaboré, par exemple séquence par séquence. C'est un moindre mal, car Zulli a conçu et réalisé ses dessins pour du noir & blanc, avec une forte densité d'encrage et de trames mécaniques. Les couleurs viennent donc alourdir les dessins, donnant parfois une impression de surcharge. Dès la première page, le lecteur se rend compte que cette aventure des tortues ninjas n'est pas à destination d'un jeune lectorat. Les 2 premières pages sont consacrées à un corbeau, avec de brèves cellules de texte évoquant un croisement entre un flux de pensée et un poème. A l'évidence les auteurs souhaitent évoquer l'atmosphère lugubre et gothique du poème le corbeau d'Edgar Allan Poe. Leur ambition littéraire est confirmée par une citation extraite de Salomé d'Oscar Wilde, à la fin du premier épisode. De fait le lecteur a rapidement la sensation de ne pas tout suivre du récit. Les séquences se suivent parfois de manière abrupte. Les tortues ninjas n'ont rien de sympathiques. Leur morphologie s'apparente plus à celle de vraies tortues qu'à celles de personnages de dessin animé. Il pèse sur elle une forme de léthargie occasionnée par la saison hivernale. Splinter ne les appelle jamais par leur nom. Zulli et Murphy conservent les personnages mais se démarquent de la narration habituelle des comics. Ils composent un poème gothique où la réalité est imprégnée d'onirisme, où la logique rationnelle cède le pas à la logique des rêves. Il faut donc voir ce récit comme un parcours symbolique, un affrontement entre les tortues et les ninjas, imposé par les forces de la nature, le respect de l'ennemi pour son opposant (raison pour laquelle Shredder vient en aide à la tortue blessée), et le face à face avec la mort. Sous réserve d'accepter cette narration émancipée d'une logique cartésienne, le lecteur peut apprécier la puissance évocatrice des dessins de Michael Zulli. Effectivement ses tortues participent plus du règne animal que de l'anthropomorphisme gentillet. le corbeau est représenté de manière naturaliste et l'atmosphère sombre (parfois assombrie par les couleurs) installe une ambiance gothique à couper au couteau. Il n'empêche qu'à force de privilégier la métaphore sur l'intrigue, le récit peine à faire sens. La capacité à écrire de la poésie de Zulli est assez limitée. Si le lecteur ne doute pas de la sincérité de la démarche des auteurs, leur création porte la marque de maladresses qui empêchent l'ensemble de former un tout cohérent. un récit noir et gothique, présentant une facette adulte des tortues. - Splinter in the eye of god (8 pages) – Splinter est en train de méditer. Il est assailli par le koan le plus célèbre (quel son fait une main qui applaudit ?) et il recherche une paix intérieure qui prend la forme d'un jardin d'Eden. Michael Zulli est là aussi très à l'aise pour représenter un Splinter anthropomorphe qui n'a rien perdu de ses caractéristiques de rat, et pour représenter une nature accueillante, sans être une vision naïve. La morale de l'histoire est très basique, et le récit se termine en queue de poisson. - Failed instant (5 pages) – Zulli décompose une passe d'armes très brève sur un toit entre une tortue et un ninja. La narration visuelle est impeccable. L'intrigue est inexistante. - O-deed (6 pages) – L'une des tortues fait un cauchemar dans lequel elle est une simple tortue normale qui manque de se faire écraser par une voiture. Zulli et Murphy réalise un intermède sympathique du fait des dessins, mais à nouveau sans grand intérêt.
La Collectionneuse (IMHO)
En même temps que le très explicite "Lyrica", les Editions IMHO proposent une autre vision de l'érotisme, couplé avec des ambiances fantastiques. Ici les yokaï sont nombreux, les femmes sont étranges, et les hommes semblent blasés. Il y a un peu d'érotisme, mais moins réaliste que chez Miyanishi. Disons qu'il sert plutôt de prétexte à des situations mettant en scène des créatures assoiffées de sexe et de sang. Il y a quelques personnages récurrents dans ces histoires, comme cet adolescent qui semble attirer les petites amies particulières, ou cette créature mi-femme mi-démon... C'est assez distrayant, grâce à une narration débridée, mais aussi à la diversité des histoires, dont toutes ne sont d'ailleurs pas fantastiques ou horrifiques. Celle qui donne son titre au recueil, d'ailleurs, émarge plutôt dans l'étrange, sans verser dans l'horreur pure. le dessin de Takahashi est semi-réaliste, ce qui permet cette "folie" dans les récits, qui ont une logique presque imparable et se terminent, contrairement à l'autre recueil sus-nommé.
Lyrica
Attention, manga pour lecteurs avertis, comme le laisse supposer le logo en quatrième de couverture, ou même l'illustration de la couverture elle-même, qui montre un sabre de samouraï effleurant l'intimité d'une jeune femme dénudée. Celle-ci est d'ailleurs symbolique du contenu du recueil, fait d'histoires mêlant le plus souvent érotisme soft et scènes violentes. La violence est d'ailleurs parfois inhérente au sexe, puisque nous avons droit à des scènes de viols, d'inceste ou de membres (ou têtes coupées) pendant ou en marge d'un coït. Le malaise s'installe donc par intermittence chez le lecteur ou la lectrice au fil des pages, mais ce n'est pas le sentiment prédominant, mêlé de voyeurisme pour ces vulves artistiquement remplacées par des végétaux ou des fruits, et ces pénis triomphants qui eux ne sont que rarement cachés. Comme l'indique l'éditeur, une petite musique sombre semble régner sur l'ensemble des histoires, qui laissent la plupart du temps le lectorat sur sa faim. Ce sont des commencements d'intrigues, plus ou moins élaborés, qui ne mènent qu'à une fin abrupte. Mais c'est assez intéressant en général. par contre attention, il n'y a pas une once d'humour dans ces histoires, Miyanishi indiquant en postface que le sexe est pour lui une affaire sérieuse. Pour les amateurs de gekiga.
What if ? Classic
2.5 Je précise que je n'ai lu que les deux premiers tomes parus jusqu'à présent. En 1977, Marvel lance un concept intéressant: une série qui montrerait ce qui serait arrivé si les choses s'étaient passées différemment de ce qui est arrivé dans l'univers Marvel et le sujet change à chaque numéro. Bon, très vite on voit que des concepts similaires sont souvent utilisés (une série est projetée dans une autre époque ou c'est quelqu'un d'autre qui devient tel super-héros) et évidemment les lecteurs risquent de surtout s'intéresser aux numéros qui mettent en vedette les super-héros qu'ils aiment. Dans mon cas, j'avoue que j'étais plus captivé lorsqu'il y avait Spider-Man, Daredevil ou Hulk et que je n’en avais rien à foutre des Invaders. Malheureusement, la grande majorité des scénarios sont très moyens. La faute en partie au fait que le principal scénariste des deux premiers tomes, Don Glut, n'est vraiment pas un scénariste formidable. L'action va souvent trop vite, il met autant de références possibles et il y a souvent des facilités (sérieux, lorsque Flash Thompson obtient les pouvoirs de Spider-Man, il tue quelqu'un par accident et après une page tout le monde s'en fout !) et des concepts intéressants ne sont pas utilisés à leurs pleins potentiels, je pense notamment au récit où tout le monde découvre que Daredevil est aveugle. Le pire étant lorsque Jack Kirby imagine les membres de la rédaction Marvel comme membres des Quatre Fantastiques. Ça semble drôle sur papier de voir Jack Kirby et Stan Lee avec des superpouvoirs, mais l'exécution est juste lourde et pas marrante. Je vais quand même lire la suite si je tombe dessus un jour vu que je suis attiré par le travail de certains auteurs qui ont travaillé dans le tome 3 et aussi dans les autres numéros de la série qui ne sont pas encore parus en album, mais je vais être bien moins enthousiaste que lorsque j'ai commencé la lecture des deux premiers albums. Je pensais passer un meilleur moment de lecture. C'est vraiment le type de série qui s'adresse aux fans des vieux comics Marvel des années 60-70. xxx Mise à jour après avoir lu le troisième tome Ce tome est meilleur que les autres principalement parce que la majorité des histoires sont écrites par d'autres scénaristes. On corrige donc un défaut récurrent des scénarios de Don Glut: lorsqu'on fait référence à des événements qui se sont passés dans l'univers Marvel, c'est pertinent avec le scénario. Il n'y a plus de truc du genre 'voici plusieurs scènes tirées de la série Thor sauf qu'à la place c'est une femme qui arrête les méchants'. Évidement, la qualité varie selon les scénaristes et aussi si on aime les personnages mis en vedettes. Il y a deux histoires avec le même concept appliqué à trois-quatre personnages différents, ce qui fait que cela donne des histoires très courtes dans ces deux cas. En revanche, j'ai trouvé que les deux scénarios de Peter Gillis sont bien pensés et jouent intelligemment avec le concept, c'est vraiment ce que j'attendais de cette série. Cela reste tout de même une série pour les fans de Marvel uniquement.
WahcommO
Un album avec d’indéniables qualités mais aussi quelques maladresses qui entachent mon ressenti final. En tout cas je suis content de l’avoir lu et je ne déconseille pas sa lecture. L’auteur, que je découvre pour l’occasion, assure tout lui même : trait, couleurs, histoire … Il possède un certain style même s’il y a des axes d’amélioration à affiner. Dans les bonnes choses, on trouve les couleurs, l’album regorge de belles ambiances; un découpage réussi, c’est plutôt fluide sauf à de rares occasions; son aventure s’avère classique mais pas dénuée d’intérêt, en plus plutôt sympa et couillu de la proposer en un gros tome. Il n’y a pas énormément de dialogues mais je l’ai tout de même lu en deux fois. Bref ça se tient bien et il y a quelques fulgurances graphiques, comme la 2ème planche de la galerie qui est superbe ou le changement de style pour illustrer flash-back, rêve … Cependant, des petits points noirs viennent ternir cette quête Fantasy et m’empêche de monter ma note. Déjà on ne va pas dire que c’est hyper original, pas bien grave quand c’est bien fait, mais ici j’ai trouvé la fin sympatoche mais plutôt raté dans sa mise en force. Peut être un peu de fatigue arrivé à ce stade, mais l’apparition des fantômes m’a bien embrouillé, pas sûr d’ailleurs d’avoir bien tout saisi sur les motivations du mystère. Un peu dommage, et si nos 2 héros sont attachants, ça ne sera pas le cas des rôles secondaires. On ajoute à ça, un peu d’imperfections dans le trait ou perspective de certaines planches qui font un peu trop amateur à des moments. Je m’enflamme pas, reste que j’ai passé un bon moment.