Les derniers avis (48998 avis)

Couverture de la série L'Escadron perdu
L'Escadron perdu

Un album totalement inconnu, acheté au hasard dans un Emmaüs, et dont la lecture se révèle au final intéressante, mais aussi frustrante. Le pitch de départ me faisait craindre une bouse, avec une dose trop forte et - surtout trop maladroite - de fantastique et de n’importe quoi dans des aventures militaires, au cœur de la seconde guerre mondiale. En fait non, ça reste dans certaines limites – idem pour l’aspect uchronique, finalement peu développé. On a donc droit à des super nazis, une troupe d’élite dirigée par des « mages », les simples soldats, souvent transformés en zombies, avec des armes hyper modernes (leur permettant de voler par exemple, ou des "chars/araignées"). Pour mener des missions périlleuses en territoire contrôlé par les Nazis (on est en 1942), une dizaine de super soldats américains, eux aussi dotés de certains pouvoirs psychiques. Si j’ai bien vu la référence aux « Douze salopards » évoquée dans la présentation, celle à « X Files » ne m’est pas apparu très évidente. Le point fort de l’album, c’est le dessin, qui use bien du Noir et Blanc, qui est dynamique et très lisible et agréable. Mais pour ce qui est de l'intrigue, je pense que le concept a été sous-utilisé et je ressors avec quelques frustrations. En effet, il manque quelques bons mots dans les dialogues, et quelques délires au niveau fantastique ou « uchronique » (tant qu’à y aller, autant le faire à fond). De même sur la fin ça tombe trop dans l’action/bagarre/combats, le bourrin prend trop le dessus à mon goût. Ça reste une petite lecture sans prétention, mais pas sans qualité, à lire à l’occasion.

08/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Harmony
Harmony

J’ai enfin pu boucler ma lecture de cette série, je suis d’ailleurs un peu étonné du peu d’avis sur cette dernière. C’est clair que c’est pas la série indispensable mais ça reste sympa à lire. J’aime bien le coup de crayon de Reynes, lisible et dynamique. L’auteur propose de l’aventure plutôt axé ado, il met en scène des jeunes avec des pouvoirs, avec en fil rouge une lutte éternelle entre 2 clans. Le début est bien trouvé avec Harmony, alors jeune ado amnésique, qui se réveille chez un mec relativement suspect. Ça lorgne vers 10 Cloverfield Lane, j’aime bien cette ambiance, les enjeux n’étant pas encore posés. J’avoue que l’histoire, une fois mise en place, m’a moins passionné mais ça reste très facile à suivre. Moins marquant, ça aurait pu être plus court mais dans la même veine/style que Seul ou FRNCK niveau public.

08/05/2024 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
Couverture de la série Missak, Mélinée & le groupe Manouchian - Les Fusillés de l'Affiche Rouge
Missak, Mélinée & le groupe Manouchian - Les Fusillés de l'Affiche Rouge

Difficile de masquer un certain embarras à la lecture de cet ouvrage. La couverture, plutôt réussie, était pourtant prometteuse. Simplement, on reste un peu sur sa faim, alors qu’on attendait davantage d’une bande dessinée destinée à célébrer ces héros de la résistance, donnant cette impression lancinante et désagréable que l’on a affaire à un travail de commande. Tout vient en grande partie d’une narration un peu décousue, quand bien même elle remplit convenablement le cahier des charges en retraçant le parcours de Missak Manouchian et en relatant les faits d’armes de l’homme et de ses 22 camarades, si bien évoqués dans la chanson de Louis Aragon et Léo Ferré, « L’Affiche rouge ». Certes, le défi imposé par un tel hommage était immense : non seulement il fallait, dans un format relativement court (143 pages), retracer l’épopée de cette « armée de l’ombre » mais aussi accorder un espace mémoriel équitable à chacun des 23, si bien sûr on excepte Missak et son épouse panthéonisés. Pour ce faire, JD Morvan a choisi de consacrer le premier tiers à la jeunesse de Manouchian jusqu’à son arrivée en France, avec la rencontre de sa chère Mélinée. Jusqu’ici tout va à peu près bien, mais c’est avec l’apparition des autres personnages liés à la Résistance que la confusion s’installe. Dans une chronologie morcelée (et pour tout dire assez fastidieuse), le livre alterne plusieurs récits courts des actions de la Résistance avec les témoignages de Mélinée, des « images d’Epinal » des nombreux attentats commis contre l’envahisseur, ainsi que des portraits pleine page légendés des protagonistes, qui viendront ponctuer les deux cent pages du livre. Face à cet enchevêtrement narratif, c’est un sentiment de confusion qui domine, et je n’ai moi-même pu éviter de céder à l’ennui durant cette lecture, égaré par la multitude de personnages. Cela est fort regrettable et c’est d’autant plus dommage de la part du co-auteur de l’acclamé « Madeleine, résistante ». Ainsi, on ne peut s’empêcher de supposer que l’ouvrage a été conçu dans l’urgence, supposition corroborée par ce rectificatif à l’épisode où l’on voit Missak débarquer à Marseille avec son frère, précisant qu’ « une découverte, trop récente pour [l’]album, montre que Garabed serait arrivé en France un an avant Missak ». Même si bien sûr, on saura gré aux auteurs d’avoir ajouté cette mention… Quant au dessin, il a été confié à Thomas Tcherkezian, un jeune auteur au patronyme explicite et légitimant sa participation au projet, dont c’est ici la première bande dessinée. Une carte de visite de poids pour ce nouveau venu, qui s’acquitte plutôt bien de sa mission en révélant une certaine maîtrise du trait (bien qu’un brin vert), même si on reste dans l’académisme relatif à ce genre d’ouvrage, « lissitude » comprise. D’ailleurs, on peut regretter que celui-ci, soucieux de tout donner pour ce premier projet, ait cru bon de gommer à ce point les aspérités des personnages, en particulier dans les portraits pleine page en question. Loin d’apparaître comme des « métèques » « noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants », la plupart ressemblent à des gravures de mode, y compris Missak dont l’aspect buriné sur sa plus célèbre photo a totalement disparu. Malgré ces quelques critiques, on admettra toutefois volontiers que l’ouvrage conserve une valeur historique qui ne déshonorera pas ces « grands hommes » dont la République peut s’enorgueillir, a fortiori dans le contexte actuel de montée de l’extrême-droite. Il est toujours bon de le rappeler, comme Joséphine Baker admise au Panthéon quelques mois avant, les Manouchian et ses compagnons d’armes étaient tous d’origine étrangère et n’ont jamais obtenu la nationalité française, mais ils demeurent les aïeux, symboliques ou pas, de tous ceux qui constituent aujourd’hui cette fabuleuse mosaïque faisant peuple qu’est la France.

08/05/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Happy Sex
Happy Sex

J'avoue, j'ai bien ri à quelques uns des gags que Zep trouve autour du sexe. C'est pas hilarant, ni la meilleure BD que j'ai lu à ce propos, mais pour un auteur comme Zep, on s'y retrouve ! Le style de dessin est celui habituel de l'auteur, on se retrouve en territoire connu même si du coup j'avoue que ça reste assez peu érotique. Cela dit, on est plus là pour s'amuser, et à ce niveau le dessin est efficace. Les gags sont variés et sur plusieurs proposent de varier les blagues habituelles que l'on pourrait imaginer, notamment en mettant en scène des femmes plus entreprenantes qu'on ne le représente habituellement. Par contre, je dois noter quelques gags qui tombent à plat ou des idées que je trouve mal développées, étirées sur une page quand une seule case aurait suffit. Ces petits ratés m'incitent à rester sur un 3* mais je reste dans une bonne appréciation générale de l'ensemble. Recommandé !

08/05/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Automne
L'Automne

Pas grand-chose à dire de cet album. C’est du travail bien fait, ça se lit facilement et très rapidement (mais ça tombe tout aussi facilement dans l'oubli je le crains), et le dessin est lui aussi limpide et agréable. Tout part d'un meurtre ancien et impuni dont l’histoire resurgit par hasard. Mais, hélas, il n’y a pas suffisamment d’originalité et de densité dans cette intrigue, c’est son principal défaut. Comme si n’avait été publié qu’un synopsis à peine étoffé. Une lecture d’emprunt, qui m’a quand même laissé sur ma faim. Brubaker fera des choses plus intéressantes avec Phillips plus tard. Note réelle 2,5/5.

08/05/2024 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 3/5
Couverture de la série Fantastic Four - 1234
Fantastic Four - 1234

Trois étoiles quasi essentiellement pour le dessin de Jae Lee, toujours plein de grâce et de personnalité -et aussi pour la colorisation de José Villarrubia, très soignée, qui enrichie encore la poésie de l'ensemble. Malgré le peu de chaleur humaine exprimée par les traits des personnages, on tombe néanmoins assez facilement sous l'emprise de cette esthétique si décalée qui vient renouveler, plutôt agréablement, le genre du Super-Héros. Les décors sont à l'unisson et on a droit à quelques très jolies trouvailles gratuitement graphiques (l'aquarium, la "machine temporelle", Etc...). Même la ville sous la pluie, et parfois simplement cantonnée à une ou deux cases au bord des planches, renforce l'atmosphère "romantico-gothiques" des images : le Batman d'Irv Novick s'y serait probablement beaucoup plu... Beaucoup moins inventif est le scénario de Grant Morrison, par contre. Cette exploration sensée mettre à nu les désirs/besoins refoulés du quatuor tombe à plat tant la facilité du prétexte (Von Doom et son machiavélisme gna gna gna...) sonne faux. Sans compter que, dés le début, les différentes évocations de leurs caractères trahissent franchement les personnages d'origine : passe encore que Susan remette en question la légitimité de son mariage avec Reed -c'est une angoisse récurrente pour la plupart des couples- ; mais rattacher son mal-être à son béguin pour le Prince Des Mers frôle le ridicule. Une simple fixation de jeunesse ne saurait troubler la femme invisible au point de la faire douter. Aussi ; faire de Ben Grimm le bougon un asocial agressif et de Johnny Storm, éternel adolescent, un machiste cynique nous éloigne tellement de leurs identités originelles que la démonstration, de toutes façons tristement tiède dans son exposition, perd tout intérêt. Le plan du méchant est, au mieux, loufoque par la petitesse de ses ambitions et la démesure des moyens employés (gratuitement destructeurs, je trouve...) : le colosse meurtrier de l'Homme Taupe ne fait que diluer d'avantage "l'action", déjà pas mal troublée par l'association grotesque des Némésis classiques des FF. Cahier des charges trop peu inspirant pour le scénariste, peut-être ?! C'est toujours dommage de voir tant de talent au service de si peu de chose. À contrario, lire la très réussie collaboration de Jae Lee avec Mike Carey : Ultimate Fantastic Four numéro vingt, par exemple.

07/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Monsieur Apothéoz
Monsieur Apothéoz

Je suis arrivé à la fin de ma lecture avec un sentiment de zut, une BD qui loupe le coche en cours de route. Pourtant à son début j’étais bien enthousiaste, plutôt charmé par ce portrait de poissard et surtout un graphisme très doux et agréable à l’œil. Malheureusement les personnages finissent par manquer un peu de coffre, une impression que tout est un peu trop survolée, je sais pas ? Trop rapide ou simple pour m’attacher vraiment, il m’a manqué un truc. Du coup péripéties comme relations ont un peu glissé sur moi. Dommage car La fameuse scène surprend et me plaît bien mais n’a pas eu l’impact escompté, je l’ai trouvé même loupé. Un album qui se lit bien, en grande partie grâce à son esthétisme mais j’attendais mieux niveau histoire, les personnages me sont parus trop étrangers.

07/05/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Légendes de Troy - L'expédition d'Alunÿs
Légendes de Troy - L'expédition d'Alunÿs

Aux premières pages, je me suis dit qu'on allait avoir un réchauffé des thèmes que Arleston a déjà évoqué plusieurs fois, avec un dessin que je n'apprécie pas vraiment et qui fait beaucoup plus penser à des strips comiques. Mais voila, la lecture a continuée et franchement ... Ben oui, je dois le dire, j'ai éclaté de rire. C'est assez rare pour que je le souligne, mais le coup du pirate m'a tellement surpris que j'ai éclaté de rire. Et à partir de là, ça a continué de plus belle, parce qu'il y a de vrai bon moments d'humour dans cette BD. C'est pas un humour particulièrement fin, et d'ailleurs j'ai vu venir un peu la chute de l'histoire, mais pour le reste j'ai lu avec grand plaisir à partir du moment où c'était évident que les auteurs avaient comme but premier d'amuser la galerie à base de blagues potaches et de décalage saugrenue. Et ça fonctionne ! D'ailleurs mentionnons que la fin de chaque personnage a son petit lot de surprises bienvenue. C'est pas particulièrement fin ou travaillé, mais c'est suffisamment surprenant pour m'avoir fait rire. Et honnêtement, j'en attendais beaucoup moins. Le dessin est très typé, presque caricatural par moment, mais fonctionne plutôt bien avec l'humour de la BD. Je n'en suis pas friand mais il est efficace. Et je regrette juste, au final, une fin un peu rapide et des manques de développement de personnalité de certains que j'aurais bien aimé voir exploité. En terme d'humour un peu con, ça a clairement fait mon affaire et j'en suis content !

07/05/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Gigot du dimanche
Le Gigot du dimanche

Le Gigot du dimanche est une comédie un peu truculente à la française mettant en scène une famille centrée autour de l'arrière-grand-mère qui se fait bien veille mais a gardé toute sa tête et qui intéresse surtout ses descendants parce qu'on dit qu'elle aurait caché un petit trésor en louis d'or chez elle. Mais ça, son arrière-petit-fils Pilou s'en fiche bien : lui aime juste être avec sa mémé avec qui il s'entend très bien. C'est un one-shot amusant et sans prétention. Il contient beaucoup d'humour centré sur le caractère des différents membres de la famille et essentiellement le conflit politique entre la part gauchiste et la part capitaliste de la fratrie, et bien sûr la vénalité de tout le monde qui pense essentiellement aux lingots de la vieille. C'est assez caricatural et un peu cliché mais j'ai trouvé ça drôle, surtout le caractère de la soeur très à gauche. C'est aussi l'occasion pour le jeune Pilou de découvrir les choses de la vie et d'être choqué par des choses qu'un gamin de 11 ans ne devrait pas voir... mais qui amènent le sourire tant cela crée une situation incongrue et gênante pour les adultes de la famille. Il y a aussi une part touchante, notamment pour ce qui concerne le traumatisme qu'a vécu le père de Pilou. A noter également que l'ambiance des années 80 dans la région du Tarn est bien rendue, probablement car fidèle aux souvenirs du scénariste dont Pilou n'est autre qu'un avatar de sa propre jeunesse. Pour le reste, c'est divertissant, bien raconté, bien dessiné et le sourire est bien présent, mais c'est aussi une histoire très convenue qui n'amène pas vraiment de surprise et se termine comme on pouvait s'y attendre. Un moment de lecture plaisant mais pas forcément marquant.

07/05/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Deux vies
Deux vies

Je trouve l'avis d'Eric un peu dur avec cette BD qui essaye, sans forcément arriver à un résultat fabuleux, de parler de divers sujets avec une certaine réussite d'ailleurs. Si on se fie uniquement à la couverture et au dos, il est certain que la BD semble plus orienté autour de cette jeune femme sensuelle, Rose, dont le cahier graphique à la fin révèle que l'auteur a cherché à croquer ses charmes sous toutes les coutures. Et pourtant, l'histoire est bien plus centrée autour de Théo, personnage se livrant à une action contre des magnats du pétrole et de la finance, cherchant à venger son frère tué avant de faire des révélations scandaleuses de l'industrie. Lorsque je vois que les personnes cherchant à dénoncer Boeing en ce moment meurent toute suicidées, je me dis que cette BD n'est pas à côté de la plaque, sur la question ... Mais en dehors de ça, le récit parle aussi d'autres rapports, notamment la question de classe, avec en filigrane la façon dont le pouvoir peut s'investir dans les pires extrémismes intellectuels pour asseoir son autorité. Ce n'est pas révolutionnaire ni extraordinaire, mais ça utilise habillement son contexte futuriste pour parler de guerre des riches et des pauvres, le tout enrobé de conflits entre générations, fin du pétrole et luttes de pouvoirs. Pas particulièrement renversant mais bien mené. Je trouve, à titre personnel, que le dessin a quelque chose d'assez agréable à regarder. On reste sur quelque chose d'assez froid et impersonnel dans les représentations, la volonté de réalisme donnant souvent des moments raides dans les attitudes (surtout dans les moments de tensions) mais il y a une compensation par des couleurs chaudes et une ambiance plutôt maitrisée. Ce n'est pas la BD du siècle mais je trouve que ça passe plutôt bien comme lecture. On a quelques réflexions, quelques pistes bien exploitées et l'histoire ne s'embourbe ni dans ses sujets ni dans une ambition démesurée. Elle reste agréable d'un bout à l'autre, efficace et propre. Franchement, c'est pas mal !

07/05/2024 (modifier)