Les derniers avis (48998 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Légendes de Troy - L'Heure de la Gargouille
Légendes de Troy - L'Heure de la Gargouille

Bon, j'arrondis au supérieur mais c'est du divertissement pur jus, avec un Cassegrain au dessin que j'ai presque immédiatement reconnu. Il faut dire que ses codes visuels se retrouvent presque tous dans la BD, notamment dans la façon dont les héros sourient. Et quelques représentations féminines aussi ! Disons que la BD ne vole pas très haut et que, comme souvent lorsque Arleston fait des one-shot, j'ai tendance à reconnaitre un peu trop la source d'inspiration. Ici, c'est une reprise à peine voilée du joueur de flute de Hamelin. Et pourtant, je trouve que ça marche assez bien dans cette idée, avec ce barbare assez simple qui finit par attirer toutes les filles de la ville. Maintenant c'est une histoire qui se déroule assez vite, on comprend où tout cela va nous mener sans pour autant qu'on n'ait de réelle surprise et au final, on a un petit retournement de situations qui se sent venir pour peu que vous sentiez l'inspiration. En l'état, à part les fans du monde de Troy qui prendront l'intégralité des albums, peu de gens auront un intérêt à acheter l'album. Mais je ne déconseillerais pas la lecture, c'est juste assez vite oubliable !

07/05/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Miss Chat
Miss Chat

Miss Chat, ce sont d'intelligentes enquêtes policières destinées à la jeunesse. Si le monde où elles se déroulent est loufoque et original, leur déroulé s'apparente aux enquêtes des polars classiques, avec une détective qui interroge, s'infiltre, a des soupçons et essaient de les corroborer. Ce n'est ni du Sherlock Holmes avec ses super-capacités de déduction, ni du James Bond avec de l'action et des gadgets, mais bien du policier crédible dans sa mise en scène. Ce qui l'adresse aux enfants, c'est le petit format souple, la police d'écriture très claire, presque informatique, rappelant celle livres illustrés pour les jeunes enfants, et évidemment son héroïne et son univers qui saura aussi amuser les plus grands. Cette héroïne, sans qu'on sache trop pourquoi, c'est une jeune femme constamment engoncé dans son sweat-shirt à capuches à oreilles de chat, qui se comporte régulièrement avec un caractère félin tout en étant visiblement une vraie humaine (quoiqu'on ne sait pas ce qu'il en est de ses vraies oreilles). Et son univers, c'est une sorte d'Europe du Nord fantaisiste où les noms propres ont des o barrés et consonnances flamandes ou danoises, avec une population bigarrée composées d'humains normaux, d'autres plus burlesques mais aussi des animaux anthropomorphes ou non, parlants ou non. J'ai été amusé par cet univers et l'aspect loufoque et assez caustique de nombre de personnages secondaires. J'ai aussi apprécié le semi-réalisme de ces enquêtes et la manière dont elles permettent aux jeunes lecteurs de découvrir les polars, avec même un petit doute sur le public ciblé car certaines histoires me paraissent un peu complexes pour des lecteurs de moins de 10 ans. En revanche, je n'ai pas trouvé l'héroïne tellement attachante et c'est peut-être ça qui fait que je n'ai pas été plus enthousiasmé que ça à suivre ses aventures. Mais c'est quand même une série sympa, originale, drôle et bien faite, et qui se lit bien.

07/05/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Voyage aux Ombres
Voyage aux Ombres

Je m'attendais à pire vu la pléthore de production du sieur Arleston dans l'univers de Troy, mais je dois avouer que pour une fois il s'en sort plutôt bien. L’adjonction d'une co-scénariste a peut-être aidé au renouvellement de la formule traditionnelle. Je dis renouvellement, mais n'attendez pas non plus une révolution. C'est une histoire assez standardisé dans sa forme (variation du mythe d'Orphée, entre inspiration asiatique et reprise de mythe grec) mais qui offre une réflexion sympathique à défaut d'être originale. Le début présageait plus banal dans la question de la place des femmes, mais au final c'est bien le mari qui apparait comme quelqu'un de complexe et nuancé. La fin le laisse apparaitre bien plus sympathique que le début et je trouve dommage que l'héroïne ne soit pas plus développée que ça. Dans cette histoire de l'après-vie, on retrouve quelques clichés du monde de Troy, comme ce diablotin libidineux qui semble presque nécessaire pour rappeler qu'on est dans un univers humoristique, mais le reste de l'intrigue essaye quelques petites choses pas désagréable. Je suis juste un peu déçu que l'ensemble ne soit pas mieux construit et amène à plus de questionnements ou de réflexions sur la question du rapport de genre, la place du théâtre, ou même la question de l'importance de vivre. Bref, à la fois intéressant dans son développement mais aussi trop peu dans son déroulé. Disons que c'est une BD qui ne m'a pas ennuyé, et pour le monde de Troy c'est déjà pas mal !

07/05/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Amazing Spider-Man (Nick Spencer)
Amazing Spider-Man (Nick Spencer)

J'ai laissé tomber les comics Marvel modernes depuis un certain temps, mais j'avais lu du bien du run de Nick Spencer sur la série Spider-Man et j'ai fini par emprunter les albums pour voir ce que cela donne. J'ai trouvé cela sympathique, mais avec des défauts. Un bon point est que la série est amusante comme le devrait être une série Spider-Man parce que même s'il arrive toujours des malheurs à Peter Parker, une des caractéristiques du personnage est l'humour. Cela change du ton de certains comics de super-héros où tout est hyper-sérieux et l'amusant est interdit. Toutefois, je trouve que Spencer va parfois un peu trop loin dans l'humour et par moment on dirait presque une parodie. Spencer est un connaisseur de l'univers Spider-Man et c'est à la fois une qualité et un défaut. Pour un vieux fan comme moi, c'est génial de voir autant de références et de revoir des personnages oubliés, mais cela risque de rendre compliqué la lecture pour un lecteur novice qui ne connait rien à Spider-Man. Heureusement, Spencer explique quand même bien le passé de Spider-Man et ce n'est pas aussi difficile à comprendre que d'autres comics modernes. En plus, il se passe des choses dans chaque numéros/chapitres, on ne fait pas du surplace pour que le récit tient dans un album au complet. Les différents arcs narratifs sont intéressants même si je ne suis pas fan de toutes les décisions de Spencer. Ce qui est bien avec son run est qu'il change des éléments apparus ses 20 dernières années dans Spider-Man que je n'aimais pas du tout sauf que rien ne va empêcher un futur auteur de faire lui même des changements. En fait, dans ce run on aperçoit très bien le problème principal des comics de super-héros Marvel et DC où chaque auteur fait des changements et cela fini avec des trucs inutilement compliqués du genre 'Machin qu'on pensait mort est revenu, mais en faites c'est un clone et voici le vrai Machin qui revient juste pour ce faire tuer encore une fois'. Lorsqu'on voit ça on comprendre pourquoi les lecteurs de nos jours préfèrent lire des comics qui possède un seul scénariste et qui ne va pas durer des décennies avec un million de changement. Comme c'est le cas avec les comics modernes, il y a un paquet de dessinateur (sympa lorsqu'il vient le temps de tous les rentrer dans la base) et leur styles varient. C'est correct même si j'aime mieux le style des meilleurs dessinateurs de super-héros des années 60-80. Au final, une série pour ceux qui sont déjà fan des histoires de super-héros.

07/05/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série We stand on guard
We stand on guard

Carcajou inclus - Ce tome comprend une histoire complète et indépendante de toute autre. Il contient les 6 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2015, écrits par Brian K. Vaughan, dessinés et encrés par Steve Skroce, et mis en couleurs par Matt Hollingsworth. le titre du récit est une phrase extraite de l'hymne national canadien. En 2112, des drones bombardent la Maison Blanche et les images sont retransmises de par le monde, en particulier dans la maison de la famille Roos, à Ottawa dans l'Ontario. le gouvernement des États-Unis détermine rapidement (à tort ou à raison) que l'attaque venait du Canada, et déclenche une riposte militaire immédiate par le biais de missiles. Les parents Roos sont tués dans les bombardements, mais leurs 2 enfants Amber et Tommy y survivent. En 2124, le sud du Canada est un territoire militairement occupé, sous domination des américains. Amber Roos a pris le maquis et survit toute seule dans le grand nord canadien. Alors qu'elle chasse un renne, elle tombe sous le feu d'un droïde américain. Elle doit sa survie à l'intervention d'un petit groupe armé de rebelles composé de 6 personnes : Oscar Booth (caucasien, blond), Chief McFadden (mi asiatique, mi caucasien), Dunn (avec une prothèse à a place du bras droit), Highway (un indien d'Amérique), Lee LesPage (afro-canadien québécois, s'exprimant en français non traduit) et Qabani (musulmane). Alors que Booth panse la blessure au bras d'Amber Roos, un énorme véhicule tout terrain, une sorte de mécha d'une dizaine de mètre de hauteur sur 4 pattes, surgit et s'attaque au groupe. Après avoir affronté le mécha terrestre, le petit groupe (appelé Two-Four) teste la loyauté d'Amber Roos, puis lui bande les yeux et l'emmène dans leur base secrète. de leur côté, la responsable militaire des forces américaines interroge un suspect qui détient peut-être des informations décisives sur les rebelles canadiens. En parallèle, des retours en arrière évoque succinctement la manière dont Amber et Tommy Roos ont pu gagner la zone libre et échapper à l'armée étatsunienne. L'étau se resserre autour du groupe Two-Four et leurs options diminuent d'heure en heure. En parallèle de sa série à succès Saga, le scénariste Brian K. Vaughan développe d'autres projets, avec d'autres artistes. le point de départ du présent récit repose sur une idée fortement enracinée dans l'inconscient collectif canadien : le risque d'une opération militaire américaine pour annexer leur pays (sous un prétexte fallacieux), afin de mettre la main sur leurs ressources naturelles. Vaughan joue à plein sur cette théorie du complot, en la transposant dans un environnement d'anticipation. Il laisse planer le doute sur la culpabilité réelle ou supposée des canadiens dans l'acte terroriste perpétré sur la Maison Blanche, et il enfonce le clou avec l'objectif militaire des américains, à savoir sécuriser les ressources en eau douce du Canada pour irriguer les territoires américains transformés en désert par la sécheresse. Sur cette trame légèrement teintée de paranoïa (les rebelles étant persuadés que le gouvernement américain n'a jamais eu de preuve de la culpabilité des canadiens, voire que tout a été inventé, les américains étant persuadé des intentions criminelles des canadiens), le scénario suit les actes de résistance d'une minuscule cellule de rebelles canadiens (moins d'une dizaine) contre la grosse machine de guerre américaine. Pour rétablir l'équilibre, le climat rude du nord du Canada joue en faveur des rebelles. Vaughan s'amuse d'ailleurs à parsemer son récit de références au Canada, à commencer par sa géographie et son climat, mais aussi aux noms de villes ou de régions construits sur les dialectes des tribus indiennes, ou sur le français, aux consonances aussi exotiques qu'imprononçables pour des américains. Bien sûr, il n'oublie pas d'intégrer une blague sur les carcajous (en anglais wolverine). Tout du long du récit, Les Lepage s'exprime en français châtié, dépourvu de tout anglicisme comme un québécois pur souche qui se respecte, avec juste 2 fautes de français dans ses dialogues (ce qui représente un exploit pour un comics américain). Cette histoire relève du récit d'anticipation, tendance politique-fiction, avec plus de fiction que de politique. le scénariste a fait plaisir au dessinateur en incluant des méchas (soit autonomes, soit pilotés par un humain à bord), une prothèse bionique en guise de bras, des forteresses volantes (assurant leur vol autonome stationnaire par le biais d'une technologie non précisée), des dérèglements climatiques ayant conduit à la désertification de grandes étendues en Amérique du Nord, des drones aux capacités et à la technologie largement supérieure à ce qui existe, un réseau de communication accessible depuis des implants cybernétiques sous-cutanés, et des armements futuristes. Il s'agit également d'un récit de guerre, avec à la base l'invasion d'un territoire par un gouvernement étranger. le lecteur suit donc un petit groupe de rebelles tentant de résister à l'envahisseur, s'interrogeant sur la confiance qu'ils peuvent accorder à un élément exogène. Il est question d'armes, d'exécution sommaire des prisonniers de guerre, d'interrogatoires avec recours à la torture, de stratégie à l'échelle d'une poignée de résistants, mais aussi à l'échelle d'une nation. Bien évidemment, le lecteur assiste à des affrontements, avec blessures, morts au champ de bataille et opérations commando. Dès le départ, il comprend bien que le petit groupe Two-Four mène un combat contre l'armée d'une nation, David contre Goliath. L'aspect spectaculaire et divertissant de ces affrontements repose donc sur les épaules de Steve Skroce. Celui-ci réalise des dessins très détaillés dans une veine descriptive appuyée. le lecteur commence par découvrir la pièce à vivre de la famille Roos, très haute de plafond, joliment décorée, avec une grande baie vitrée et un canapé confortable. D'une manière générale, le dessinateur s'investit pour inclure une vue générale de chaque prise de vue en intérieur, avec un aménagement adéquat (entre meubles fonctionnels et dépourvus de personnalité pour les locaux militaires, et intérieurs privés attestant du soin pris par leur propriétaire pour les personnaliser). L'histoire continue par la chute des missiles sur le territoire canadien et sur les centres urbains. Skroce ne se complaît pas dans le gore, mais il n'en détourne pas non plus pudiquement le regard. le lecteur voit donc les blessures, la peau déchirée, les os protubérants, la chair calcinée, les membres arrachés et même des intestins à l'air suite à une éventration. Les auteurs ont donc choisi de ne pas édulcorer les blessures, encore moins de les rendre romantiques. Les individus meurent, estropiés, en souffrance. Pire encore, l'utilisation de rayons laser découpe les individus, libérant la pression artérielle. Les blessures sont nettes et sans bavure, mais c'est une vraie boucherie car il ne cautérise pas les plaies. Cet aspect de la violence s'exerce avec d'autant plus d'impact émotionnel, que chaque personnage est aisément identifiable et dispose d'une morphologie réaliste, à l'opposé des superhéros, ou même des récits d'aventure avec héros musculeux. Le dessinateur a également l'occasion de représenter 2 animaux dont un chien bizarre (sa véritable nature provient d'un croisement génétique improbable) et un magnifique renne broutant dans un champ de neige. Les grands espaces naturels canadiens invitent au tourisme, mais le degré de réalisme reste relatif, car il n'y a par exemple qu'une seule essence d'arbres (des sapins). Cela n'empêche qu'une vue d'ensemble sur un champ ensemencé reste très convaincante. Le gros du spectacle réside donc dans les affrontements et dans les méchas. le lecteur suppose que Vaughan a dû demander à Skroce ce qu'il voulait dessiner au préalable et qu'il a aménagé son scénario en fonction de la réponse. Cela commence donc avec ce drone automatisé en forme de gros chien métallique de 2 mètres de haut. Ça continue avec espèce de forteresse à 4 pattes d'une dizaine de mètres de haut. Ça culmine avec un dessin en double page montrant une vingtaine de forteresses volantes en plein ciel. Les combats présentent une excellente visibilité, permettant de suivre les déplacements des différentes factions. le dessinateur n'abuse pas des explosions, et elles sont spectaculaires quand elles sont présentes, sans être démesurées. Il s'en suit un spectacle visuel de qualité qui se lit une fois et demi plus vite qu'un comics ordinaire de la même pagination. Dans le fond, Brian K. Vaughan n'a pas trop exagéré le point de départ, puisqu'effectivement les États-Unis avaient conçu et développé un plan d'invasion du Canada dans les années 1920/1930, appelé Plan de Guerre Rouge, et évoqué par l'un des personnages. Il s'investit dans la conception et la mise en place de la situation, avec des personnages dont la diversité reflète celle de la population canadienne, des références géographiques et une forme de patriotisme (jusqu'à l'un des résistants qui soutient que Superman est canadien). Néanmoins, le lecteur s'aperçoit que l'histoire revient vite vers un récit de confrontation entre 2 factions, avec des rebelles qui finalement ont quand même une sacrée chance face à l'armée de tout un pays (même si Vaughan fait tout ce qu'il fut pour rendre cette chance plausible). le spectacle est assuré par les dessins méticuleux, clairs et détaillés de Steve Skroce. Il s'agit avant tout d'un divertissement, sans regard personnel sur la guerre, encore moins sur le patriotisme ou la géopolitique.

06/05/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Elle ne pleure pas, elle chante
Elle ne pleure pas, elle chante

Je n'avais aucun souvenirs de ma première lecture et c'est en novice que j'ai relu cette BD. Et je pense que la relecture m'a fait comprendre pourquoi je n'en avais aucun souvenirs : c'est bien fait, mais pas inoubliable. La faute en incombe non pas au sujet, plutôt bien traité et ne faisant pas dans le misérabilisme ou le sensationnaliste, ni au ton, volontairement intérieur pour mieux faire ressortir comment l'autrice a pu passer à autre chose, mais à une adaptation BD que je ne trouve pas particulièrement réussi. En dehors de quelques moments qui m'ont paru bien trouvés, je n'ai pas souvent vu l'intérêt de l'adaptation en BD. Il y a ce dessin au traits épais et grands aplats de couleurs qui m'a paru assez sobre, trop peut-être, accompagné d'un texte prépondérant que je suppose issu du livre. Sauf que le visuel n'étant pas souvent impactant, j'étais plus investi dans le texte que dans la BD. D'où la question : pourquoi ne pas simplement lire le livre ? En fait, je pense que c'est une BD qui a un intérêt par l'angle d'approche du sujet de l'inceste, assez personnel et peu courant, mais aussi plus introspectif que marquant. La mise en scène sobre ne dépasse jamais ce postulat de base, et je trouve que si la BD m'a investit dans la lecture, elle ne marque pas au sortir. Agréable à lire, mais pas particulièrement impactant.

06/05/2024 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Marin des sables
Le Marin des sables

Le marin des sables est adaptée d'un roman de Michel Ragon sur la vie du marin François l'Olonnois, et comment il devint flibustier. Un sujet qui ne pouvait que piquer mon intérêt. Cette Bande dessinée regorge de belles et bonnes choses, mais échoue de peu à totalement me convaincre. Parmi les détails fâcheux, on compte la représentation des navires. Oui, c'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup. En effet, lorsque ceux-ci sont représentés de profil, la silhouette est approximative. On ne retrouve pas la forme si caractéristique des galions espagnols, et les frégates évoquent davantage les nefs médiévales que les vaisseaux de ligne du XVIIe. Les carènes sont sans relief, les châteaux arrière cubiques. Alors c'est certain, si ce fut agit-là du seul grief, c'eut été bien léger. Mais il y a plus dommageable. En effet, on trouve certains raccourcis scénaristiques à mon sens un peu trop... Raccourcis justement, ce qui a eu pour effet de me faire sortir de l'histoire. Les personnages, du coup, perdent un peu de leur empathie parce que les transitions entre les scènes sont trop rapides. On a parfois affaire à une succession d'aventures qui s'enchainent comme une série de diapositives, comme lors de l'expédition vers le Mexique où c'est le plus criant : Le gouverneur lui donne le commandement d'un navire, l'expédition lève l'encre, une tempête a raison du navire, les survivants échouent sur une plage, les espagnols arrivent et tuent tout le monde sauf François, François revient sur l'île de la Tortue, et hop ! le gouverneur lui file un autre navire... Tout cela manque à peine de liant pour que la sauce monte tout à fait, outre le fait qu'on ne comprend pas très bien l'intérêt d'une telle scène, racontée de façon un peu rapide. Pourtant, cette BD est bourrée de qualités, à commence par ses couleurs assez étonnantes, à l'image de sa couverture chatoyante, ce qui a d'ailleurs attiré mon attention. Jérémie Royer fait preuve d'une audace qui contribue pleinement à l'ambiance générale. Cieux cramoisis, nuages sang, brume violette, écume orange... C'est très beau, les effets sont très réussis. Notre Olonnois est immergé dans ce paradis qu'il cherche tant. Dans ce même esprit, les scènes nocturnes sont particulièrement réussies. Mais l'auteur n'est pas seulement doué d'un sens de la colorisation original, il bénéficie également d'un habile coup de crayon et d'un sens de la mise en scène qui fait souvent mouche. Certaine cases sont vraiment très réussies. Le dessin est souple, et je retrouve avec plaisir le trait qui m'avait tant plu dans l'adaptation de la vie d'Audubon. En sommes, une chouette petite BD qui met en avant un personnage peu connu de la flibuste (du moins en ce qui me concerne), et qui reste très agréable à lire malgré ses défauts.

06/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Noir Horizon
Noir Horizon

Comme c’est bizarre… Il y a des citations bibliques, c’est de la science-fiction militaire nappée d’un zeste de space opera, le MacGuffin est une sorte de gigantesque cône noire dans l’espace, source d’une immense puissance et dont tout le monde se demande ce qu’il cache derrière ; on envoie en mission de la dernière chance 6 condamnés à mort (dont on dresse le portrait sur écran numérique) qui n’ont rien à perdre et tout à prouver, et l’une d’entre eux et la fille du grand amiral… Oh comme c’est bizarre. Non mais sérieusement, c’est carrément un plagiat de l’intrigue d’Universal War One là ! Luc Besson a été condamné pour moins que ça avec Lock Out, mais apparemment dans le monde de la bd ça passe crème. Mis à part ce point de « détail », j’ai bien aimé le mélange des genres, ce n’était pas bien difficile après, UW1 est ma série SF préférée. Il est question ici de futur dystopique tendance cyberpunk avec un décorum terrien inspiré de Blade Runner, avec une ambiance beaucoup plus sombre où l’on nous dépeint une société full fasciste (re-coucou UW1) contrôlée par l’armée peut être cette fois inspirée par Warhammer 40 000 car la violence et l’individualisme est exacerbée au possible ; avant que le récit ne tourne au survival horror façon Pitch Black  / The Mist. Comme souvent dans un premier tome : beaucoup de questions, peu de réponses, ça fonctionne plutôt bien malgré les quelques scories (les personnages sont de véritables ordures chacun à leur façon pourtant ils sont prêt à se sacrifier pour les autres parfois et font preuve d’un étonnant altruisme). Bref, c’est à suivre malgré le manque d’originalité. Le dessin est une énorme claque, que ce soit l’illustration de couverture ou le trait très fouillis de Blasco-Martinez. Ça me rappelle celui de la série Parallèle (Alter) mais en mieux. C’est parfois grandiose, on a un dessinateur à la hauteur des ambitions de la série.

05/05/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Ombre des Lumières
L'Ombre des Lumières

Super agréable à l’œil, Richard Guérineau a recours au même style de dessin que sur Charly 9 et Henriquet et qui rentre dans ma zone de confort. C’est toujours bien lisible, en rondeur, les décors sont propres, on dirait parfois du Edward Hopper niveau luminosité. De même la palette de couleurs est bien chatoyante, du très bon boulot. Quant au scénar, les fans d’Alain Ayroles devraient y trouver leur compte. C’est foutrement bien écrit comme souvent, c’est captivant, bien que comme beaucoup il ne m’a pas fallu bien longtemps pour comprendre les ficelles du premier chapitre et de levait le voile sur l’entourloupe du chevalier de Saint-Sauveur. Ce ressort trop facile à décrypter est un peu le seul point noir de l’intrigue. Après, et contrairement aux Indes Fourbes qui était vendu d’un bloc en one shot, le récit est ici découpé en 3 tomes. Ce n’est donc qu’une mise en bouche. D’habitude je dirai « ok vivement la suite », mais là quand même... 23 balles, 70 pages, c’est cher ! Je vais peut être attendre une intégrale plus abordable dans quelques années pour le coup. :(

05/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Charmes fous
Charmes fous

Je ressors de ma lecture avec le même ressenti que Ro. C’est une lecture détente plutôt plaisante. Une sorte d’enquête un peu loufoque, qui joue sur les superstitions et les croyances sur la sorcellerie dans un petit bled de province, où le héros se retrouve, suite au brusque décès de son père. Les suspects sont passés en revue les uns après les autres, le côté polar passe rapidement au second plan. Rien de bien tangible, mais ça se laisse lire. Le dessin n’est pas forcément extraordinaire, mais il fait le boulot. Comme pour l’histoire, ça passe. Par contre le personnage principal manque singulièrement de charisme. Il dirige une entreprise de publicité, mais se trouve baladé par son associé – plutôt branleur, sa copine et son ex (qui, comme par hasard, a fait une thèse sur la sorcellerie, ce qui l’arrange bien vu que son père semble avoir été victime « d’envoûtements » avant sa mort !). Et tous les personnages successivement suspectés ne se révèlent pas forcément aussi hauts en couleurs que je ne l’espérais pour relever le plat (puisqu’on semblait parti pour du gros loufoque – voir les jeux de mots, très lourdingues, au début, autour du cochon). Enfin, la conclusion est un peu expédiée. A emprunter à l’occasion. Une lecture pas désagréable. Pas inoubliable non plus. Note réelle 2,5/5.

05/05/2024 (modifier)