Les derniers avis (48998 avis)

Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Doga of the Great Arch
Doga of the Great Arch

Une gamine des rues, vivant dans un monde coupé en deux, qui a la chance unique de découvrir un autre pays, en compagnie d'un noble au corps reconstitué soucieux de récupérer son royaume... En germes il y a beaucoup de choses dans cette série : une société inégalitaire, des ambiances surchauffées par le soleil, des créatures légendaires, des robots, des intrigues de Cour, du steampunk, un peu de baston... Le premier tome n'offre pas forcément de la surprise, entre choc des cultures et une jeune fille qui a dû jouer des coudes pour survivre et s'émerveille de la soudaine découverte du luxe et de technologies avancées... Mais pourtant on se laisse prendre au jeu, entre un prince naïf et généreux et l'énergie déployée par Doga, on ne s'ennuie franchement pas dans cette quête de Yote pour revenir chez lui... Le dessin de Toryumon Takeda, que je découvre pour l'occasion, est très agréable, mêlant poses typiquement manga et character design plutôt européen. Les décors et les costumes semblent eux aussi mêler plusieurs influences, occidentales et Asie centrale en tête. C'est plaisant. Voilà une série qui ne paye pas de mine, mais qui pourrait s'avérer franchement intéressante au final.

05/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Noir burlesque
Noir burlesque

Pas mal mais loin d’être transcendant. C’est bien trop classique pour sortir du lot. On retrouve tous les poncifs du genre, j’aurais aimé plus d’originalité et que l’auteur joue un peu avec les codes. Là, c’est vraiment sans surprise, pas déplaisant mais très linéaire. Reste la partie graphique, Marini a un sacré coup de patte, toujours fluide et lisible. Il fut un temps où son dessin me subjuguait (ah le 1er rapace toute une époque) mais je m’en suis détourné, le trouvant trop tape à l’œil et redondant avec souvent les mêmes « tiques ». C’est beau mais comme un blockbuster Hollywoodien. Il y a du savoir faire et ça reste très honorable. Une lecture de médiathèque. MàJ tome 2 : Je ne change pas ma note mais j’ai préféré ce tome au précédent. Bizarrement mes reproches formulés sur le classicisme de l’histoire m’ont beaucoup moins sauté aux yeux dans ce finish. Finalement un bel hommage de l’auteur au genre, les amateurs des 2 parties se régaleront.

07/02/2022 (MAJ le 04/05/2024) (modifier)
Couverture de la série Sortilèges
Sortilèges

Je ne l’ai lu que tout récemment mais une série qui m’aura surpris positivement. Il faut dire que je partais avec pas mal d’apriori, j’aime bien les auteurs mais à petites doses. Et bin en fait là, ils livrent du super boulot. Munuera use de son trait habituel, ses visages sont fins et expressifs, les couleurs installent de chouettes ambiances. Je trouve son style parfait pour le registre contes moyenâgeux. Il m’a ici bien plus emporté que dans d’autres de ses œuvres. Quant au scénario de Dufaux, je n’ai aucun gros reproches pour une fois. Une histoire agréable à suivre et qui se tient, je ne retrouve pas les tics habituels de l’auteur … mieux je n’ai pas ressenti d’allonges artificielles avec ce 2nd cycle. Une série recommandable et qui mérite le coup d’œil, pas franchement bien mais vraiment pas mal.

04/05/2024 (modifier)
Couverture de la série La Venin
La Venin

Je serai un poil plus indulgent que Mac Arthur mais je me retrouve fortement dans son avis. J’ai découvert cette série à son tome 3, et à ce moment là, je dois dire que je la trouvais vraiment d’excellente facture, rythmée et bien troussée. Malheureusement les deux derniers tomes ne font pas honneur au début, c’est toujours aussi rythmé mais ça tombe tellement dans la facilité ou le n’importe quoi que mon enthousiasme s’est complètement estompé. La partie graphique reste agréable de bout en bout et en font une œuvre tout à fait recommandable. Par contre ce final laissera un goût amer à de nombreux lecteurs je pense. Vraiment dommage, ça se lit tranquille mais ça s’écroule en cours de route. Une série qui n’aura pas tenue toutes ses promesses. 2,5

04/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Bleu Lézard
Bleu Lézard

Je poste mon avis après la lecture des trois premiers albums (un diptyque suivi d’un one-shot). Disons que j’ai préféré le premier diptyque. Sans être follement original, il est relativement bien construit. L’album suivant a un rythme trop lent à mon goût et ne m’a pas vraiment intéressé. Les histoires sont totalement indépendantes (seule une femme fait le lien entre elles). Du polar qui peine à surprendre, en tout cas qui est un peu mollasson, de nombreux flash-back tentant de dynamiser l’ensemble (sans y réussir suffisamment). Quant au dessin, s’il est bon et lisible, je l’ai trouvé un peu « sec », , avare de détails (personnages et décors). Une lecture d’emprunt, mais qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

04/05/2024 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Nyota et les Surveillants des Etoiles
Nyota et les Surveillants des Etoiles

Pierre Joly est un spécialiste de biologie, de microbiologie, qui rêvait depuis longtemps de faire une BD permettant de vulgariser des théories scientifiques. Son projet a trouvé en Lucile Thibaudier, remarquée pour Sorcières sorcières puis Enola et les animaux extraordinaires une dessinatrice motiée et passionnée, qui souhaitait également se diversifier dans les ambiances à mettre en images. Cette histoire est donc celle d'un cadet de l'espace, recalé à l'examen de titularisation, qui se retrouve à agir par défaut lorsqu'une planète appelle à l'aide, menacée par une étoile qui voit son rythme d'éruptions solaires s'accélérer. Nyota se retrouve contraint d'agir, secondé par un robot de ménage qui n'a pas sa langue dans sa poche. On ne s'ennuie pas trop, il y a pas mal de péripéties (et un méchant Surveillant de l'Espace). Cependant on est plus proche d'un conte que d'un récit de hard SF, même si le public visé, plutôt jeune, pourrait justifier cette édulcoration. Le dessin de Lucile Thibaudier est toujours aussi sympa, même si dans les premières pages, je le trouve hésitant, comme s'il se retrouvait dans un environnement où il n'est pas à l'aise. Mais à partir du moment où Nyota se retrouve forcé à agir, la dessinatrice montre une véritable énergie, et appose cette énergie à ses planches. Mais l'album propose deux initiatives bienvenues. D'abord quelques annotations dans une écriture qui rappelle un peu le cunéiforme, constituant un jeu pour les plus perspicaces, ainsi qu'un dossier précisant de manière plus scientifique la naissance d'une étoile. On notera aussi un test de personnalité. Sympa, donc, à réserver au jeune lectorat curieux.

04/05/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série The Girl from Ipanema
The Girl from Ipanema

Perdu à Hollywood - Ce tome contient une histoire complète et indépendante de toute autre, parue en 2005. le scénario a été écrit par Yves H. (Yves Huppen, le fils d'Hermann). L'histoire a été dessinée et peinte par Hermann (Huppen). le père et le fils avaient déjà collaboré sur 3 autres récits : Liens de sang (2000), Zhong Guo (2003), Manhattan Beach 1957 (2002). À Los Angeles, à bord de sa Ferrari, Tony Masciello (36 ans, surnommé Jazz) est allée chercher Dorothy Knowles (21 ans) et Jennifer Shapiro (18 ans) pour les emmener essayer des robes chez Bodo Horvarth, avant qu'une autre voiture vienne les chercher pour les conduire à une soirée chez Dan Hannah et George Scarpa. Sur place, elles trouvent plusieurs robes étalées sur le lit du propriétaire qui les engage à se changer rapidement. Dorothy demande à Bodo Horvarth de quitter la pièce, et il va se soulager aux toilettes. Après avoir enfilé une robe, elle profite de son absence pour farfouiller dans sa chambre. Elle y découvre des accessoires sexuels, ainsi que son pistolet dans le tiroir de sa table de nuit. Elle commence à le manipuler et quand Bodo Horwarth revient, elle refuse de lui rendre. Elle prend une balle dans l'empoignade qui s'en suit. Bodo Horvarth appelle Jazz à l'aide. Il prend en charge le cadavre et Jennifer Shapiro bâillonnée et ligotée. Il recommande à Bodo Horvarth de ne rien dire à personne. Dans une maison éloignée de la ville, il commence à découper le cadavre en petits morceaux. Ayant repris connaissance pendant ce temps-là, Jennifer Shapiro en profite pour s'échapper. Elle tombe aux mains de Mickey Sweany que Jazz a appelé en renfort. le cadavre de Dorothy, sans la tête ni les mains, est retrouvé par la police au pied du signe Hollywood dans le Griffith Park. le lieutenant Ron Chevez est chargé de l'enquête, avec son adjoint Munroe. Pendant ce temps-là, Ed Jennings (capitaine de police, à la solde de George Scarpa, 52 ans) fait ce qu'il peut pour limiter les dégâts et détruire toute preuve pouvant mener à son employeur officieux. Avant même de commencer cette bande dessinée, le lecteur sait qu'il a affaire à un ouvrage de qualité. Hermann est un auteur confirmé, ayant débuté sa carrière professionnelle en 1966, et ayant réalisé sa première série Comanche en 1969, avec des scénarios de Greg. Il a ensuite illustré les séries Bernard Prince, Jeremiah et Les tours de Bois-Maury, écrivant les scénarios de ces 2 dernières. Il constate dès le début qu'Yves H. a construit un scénario de telle sorte à ce que les personnages se déplacent dans plusieurs quartiers de Los Angeles, ce qui donne l'occasion à son père de les représenter. le lecteur peut donc admirer la grande voie bordée de palmiers de Beachwood Canyon, les lettres Hollywood sur le mont Lee, une belle villa avec piscine sur les hauteurs, une bicoque bon marché de nuit dans un canyon isolé, la maison modeste du lieutenant Ron Chavez dans un quartier résidentiel, un studio de cinéma à Burbank, un chambre de l'hôtel Belvédère à Pasadena, une route de terre de la Perdido River Trail, un petit tour par Mulholland Drive dans le hauteurs de Los Angeles, etc. Un coup de fil ou un souvenir peuvent également faire apparaître une illustration d'un endroit différent comme le quartier de la Jolla à San Diego. Le lecteur constate rapidement que pour les décors naturels, Hermann réalise des cases en peinture directe, sans forcément détourer les formes par un trait encré ou tracé au pinceau. Il rend ainsi compte de la qualité de la lumière, de la texture des éléments (arbres, rochers, végétation, etc.), et des reliefs de chaque forme. le lecteur a l'impression de voir la brise de l'océan agiter les palmiers, de trébucher dans le noir sur des cailloux qu'il distingue mal, de profiter de l'ombre des parasols, de sentir, dans sa bouche, la poussière soulevée par le 4*4 sur une piste du désert, de contempler un paysage surréaliste d'un désert dans lequel pousse un champ d'éolienne (le parc d'éoliennes de San Gorgonio Pass). Il apprécie la dimension touristique du récit car il peut se projeter dans chacun de ces endroits, même s'il trouve ces cases un peu petites. Les auteurs ont opté pour des constructions de planche sur la base de 5 à 8 cases par page, avec des cellules de texte assez copieuses. le lecteur est un peu décontenancé au départ par ce choix narratif d'inclure des cellules de texte pouvant occuper jusqu'à un tiers de la page. le premier effet est de laisser moins de place aux dessins, ce qui est vraiment dommage, car Hermann est en très grande forme. Pour les cases établissant un fait ou un lieu, il sait à la fois évoquer des caractéristiques visuelles qui sont devenues iconiques dans la représentation de l'Amérique, et les restituer dans le contexte original de l'histoire, ne tombant jamais dans le cliché visuel. Pour les pages décrivant une action, le lecteur est sous le charme d'une mise en scène dynamique sans être épileptique, rendant bien compte des mouvements des personnages, et de l'enchaînement des gestes. du coup, il ressent une forme de frustration à voir que plusieurs de ces prises de vue sont réduites à moins d'une page. Il est assez décontenancé que les auteurs choisissent de couper court à une scène milieu ou en tiers de page, pour continuer sur une autre, ne souhaitant pas faire correspondre l'unité d'une page à l'unité d'une scène. Cette caractéristique narrative n'empêche pas le lecteur de se régaler de l'apparence des personnages et des jeux d'acteurs, entre attitudes légèrement dramatisées, et naturalisme des vêtements et des gestes. Hermann maîtrise les compétences de directeur d'acteurs et de metteur en scène, insufflant une vie naturelle à chaque personnage, au point que le lecteur éprouve l'impression qu'ils se tiennent dans la même pièce que lui. du coup, il est également un peu déstabilisé par le lettrage un peu irrégulier, dépassant même de la bordure d'une case en page 34. D'un côté cette irrégularité apporte plus de personnalité ; de l'autre elle n'est pas en phase avec le style de l'écriture. Yves H. a pris un parti narratif qui sort de l'ordinaire pour une bande dessinée. Dès la première page, le lecteur ne peut faire autrement que de constater que la quantité de texte est plus importante que dans une bande dessinée traditionnelle, et qu'il a choisi de l'inclure dans des cellules de texte traversant toute la page, plutôt que de le disséminer dans de petites cellules à chaque case, ou de le répartir dans des dialogues. Yves H. raconte une partie de l'histoire par le biais de ces cellules de texte. Il les rédige dans un style très factuel, sans jugement de valeur, sans transcrire l'émotion d'un personnage, ou son ressenti. Cette histoire se classe dans le genre polar, avec une enquête sur un meurtre, menée par un inspecteur de police, se déroulant dans un milieu social et un lieu bien défini. le lecteur s'attend dès lors à ce que l'auteur utilise les conventions du polar : narrateur racontant son histoire orientée en fonction de ses convictions personnelles, et récit révélateur de la condition sociale des personnages. du coup, l'absence de point de vue dans les cellules de texte, de prise de position, de jugement de valeur dénote par rapport aux habitudes du genre. Par contre, le déroulement de l'intrigue découle bel et bien de la condition sociale de Ron Chevez, et des milieux dont sont issus la victime et les autres protagonistes. Alors que la psychologie des personnages n'est pas très développée, leur comportement et leur histoire personnelle sont façonnés par leur condition sociale et les cercles dans lesquels ils évoluent. Yves H. ne s'attache pas à décrire les souffrances de Jennifer Shapiro, la cruauté de George Scarpa, ou les motivations d'Ed Jennings. Il préfère montrer qu'expliquer. Jennifer Shapiro est réduite au rôle de jeune écervelée n'ayant pas pris conscience à temps des risques inhérents à son style de vie. George Scarpa se comporte comme un salaud sans égard pour autrui, agissant quasiment par nécessité pour rester maître de la situation et préserver ses investissements. L'histoire fait bien ressentir son manque d'émotions et d'empathie lors d'une scène de torture avec un pistolet comme objet intrusif. Ed Jennings a adopté une ligne de conduite qu'il ne remet jamais en cause, à nouveau sans grand égard pour autrui sauf son fils envers qui il éprouve une forme de responsabilité, dénuée d'affection. de ce point de vue, l'histoire s'inscrit bien dans le genre polar puisqu'elle montre des individus dont la trajectoire de vie est déterminée par des contraintes sociales dont ils sont le jouet, le récit s'avérant un révélateur de la société dans laquelle ils se tiennent. Du coup, l'appréciation du lecteur dépend fortement de ce qu'il attendait du récit. D'un côté, il découvre un polar honnête bien ficelé, révélateur des mécanismes d'une société aux règles du jeu truquées, avec une bonne dose de poisse, et bénéficiant de magnifiques dessins. Il peut alors juste regretter que les personnages ne soient pas plus consistants, 4 étoiles. Il peut également avoir été alléché par la perspective de profiter de magnifiques images qu'ils trouvent un peu trop petites, de lire une bande dessinée classique et déchanter à la vue de cette narration qui repose beaucoup sur de copieuses cellules rendant la narration assez lourde. Il regrette alors que les auteurs n'aient pas pris le parti de réaliser un album avec une pagination plus élevée, pour une meilleure mise en valeur des personnages et des dessins, 3 étoiles. Dans tous les cas, il ressort de sa lecture avec une envie irrépressible de (ré)écouter A Garota de Ipanema (1962) de Antônio Carlos Jobim & Vinícius de Moraes, par exemple la version de Stan Getz.

03/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Bomb X
Bomb X

Bon… Les auteurs me plaisent : il y a Brice Cossu et Yoann Guillo qui ont bossé sur Goldorak, d’ailleurs l’album est préfacé par Denis Bajram, j’y reviendrai. Ainsi que le duo de choc, un classique bien connu : Ronan Toulhoat et Vincent Brugeas dont je ne rappellerai pas la bibliographie. Mais… pas convaincu, pour l’instant en tout cas. Je donnerai bien évidemment sa chance à la série dans le second tome, mais en attendant je suis resté sur ma faim. Il y a une ambiance façon Lost, des gens qui ne se connaissent ni d’Eve ni d’Adam doivent apprendre à faire communauté sur une planète inconnue. Le concept est à la fois original et en même temps il sent un peu le réchauffé. Je ne parviens pas à mettre le doigt dessus mais j’ai comme une impression d’avoir déjà croisé dans mes différentes lectures ou visionnages ce genre d’histoire. Reste à voir où les auteurs vont nous embarquer bien sûr, en fait il y a quelques trucs qui me dérangent là-dedans : le personnage de Béhémond par exemple. Le récit veut lorgner du côté de la hard science d’une certaine façon avec cette expérience sociale (ce n’est pas annoncé clairement ok, mais Denis Bajram parle d’une SF « sérieuse »), mais moi j’ai eu du mal à prendre cela au sérieux justement. Désolé, mais un chevalier du XIIIème siècle qui se fait comprendre de tout le monde, apprend à conduire, à piloter, une vraie Mary Sue qui pige mieux tout que tout le monde, moi ça me sort du récit. Je veux dire, c’est dans les séries kitch type Stargate SG-1 qu’on voit des personnages parler en anglais où les barrières de la langue s’effondrent miraculeusement. Bah là c’est pareil : les gars peuvent venir du Moyen-Âge européen, ou de l’Indonésie du XXIVème siècle, pas de soucis de communication. Pour moi c’est rédhibitoire. Alors, encore une fois, ce n’est pas fini, il va y avoir d’autres explications, car le récit soulève pas mal d’interrogations intrigantes, mais en l’état c’est un « meh » pour moi. J’ai apprécié les dessins et l’association des deux artistes, ça marche plutôt très bien, c’est vachement plaisant à parcourir. Après j’aurai aimé un peu plus de « whoua », un trait plus fouillé dans les arrières plans. J’ai eu la sensation de trop contempler du désert. Mad Max Fury Road ça passe bien parce que c’est un film mais en bd ça claque sûrement un peu moins. Là c’est pareil, les courses poursuites motorisées dans le sable c’est cool quelques pages mais… bon… voilà quoi. A relire et à juger dans son ensemble je pense.

03/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Ubu Roi (Reuzé)
Ubu Roi (Reuzé)

Reuzé, qui se fera ensuite une spécialité de récits ou de gags où l’absurde, le foutraque non-sensiques règneront en maîtres, adapte ici un classique du genre, écrit par un jeune Nantais plein de talent (Jarry avait une quinzaine d’année lorsqu’il a écrit sa pièce !). J’étais curieux de voir ce que la rencontre des deux univers allait bien pouvoir donner. Même s’il diffère un peu de ce qu’il fera ensuite (où il usera moins d’un trait caricatural), j’ai bien aimé le dessin de Reuzé, dynamique, jouant sur des anachronismes, une foultitude de décalages, et un trait caricatural. Un dessin pas toujours abouti, avec quelques défauts, mais qui accompagne très bien le récit. Pour ce qui est du récit justement, Reuzé s’affranchit quelque peu du texte d’origine. Les chapitres du premier tome sont encore des « actes », mais rapidement ceci disparait ensuite (et surtout plus de trace de théâtre). Reuzé ajoute aussi certains passages, Ubu s’éloignant parfois du personnage de Jarry (il faudrait que je relise les pièces successivement écrites par Jarry pour mieux cerner les apports de Reuzé, certains m’ont sans doute échappé). Ubu est en tout cas là aussi un personnage grotesque, carnavalesque – un des rares personnages de fiction à avoir donné naissance à un adjectif. Un personnage que Reuzé n’a pas de peine à mettre en scène : gueulard et lâche, pétant bien plus haut que son cul – qu’il a gros (j’ai aussi en tête la chanson de Dick Annegarn), jurant haut, fort – je me demande s’il n’a pas inspiré Hergé pour cet aspect du capitaine Haddock – il se révèle ambitieux, et se met immanquablement dans la « merdre », le royaume de Pologne lui échappant. Une adaptation qui s’écarte du texte d’origine, mais qui reste intéressante (même si j’ai préféré le premier tome, concentré autour des rêves de coup d’état, la suite, tournée sur l’aventure – toujours absurde bien sûr – étant ici moins captivante). Une lecture sympathique.

03/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Voyage de Shuna
Le Voyage de Shuna

Miyazaki – avec quelques complices des studios Ghibli (comme Takahata) a produit pas mal de très beaux dessins animés, que j’ai vus, à différents âges, généralement avec grand plaisir. J’avais découvert son travail « sans animation » avec Nausicaä de la vallée du vent, qu’on m’avait offert à sa sortie (sans doute l’une des rares séries manga que je possède !) – qu’il faudrait d’ailleurs que je relise pour pouvoir l’aviser, mais qui m’a laissé un bon souvenir. J’étais en tout cas curieux de lire cet album, visiblement conçu à la même période que « Nausicaä ». Et je dois dire que je suis sorti quelque peu déçu de cette lecture. Déçu par rapport à mes attentes certainement (comparaison avec Nausicaä ou mes souvenir de dessins animés). Mais je pense qu’intrinsèquement ce « Voyage de Shuna » n’est pas à la hauteur de ce qui ailleurs a fait la force de Miyazaki. L’histoire se laisse lire, on y retrouve des thématiques chères au créateur japonais : le respect de certaines traditions, la défense d’une nature menacée par l’homme, etc. Mais lorsque j’ai eu fini cet album, j’ai eu l’impression d’avoir lu des ébauches, sorties d’un fond de tiroir et assemblées pour bâtir tant bien que mal un récit – qui manque de coffre, mais aussi de liant (une narration en off le plus souvent accompagne une histoire pas hyper originale).

03/05/2024 (modifier)