I.S.S. Snipers s'offre un spin off se déroulant 200 après avec pour narrateur et héros un certain "Khalipside".
Point besoin d'avoir forcément lu les différents tomes de la série mère pour se lancer dans cette lecture, ce tome peut très bien se lire indépendamment, même si certains protagonistes se joignent à la curée. Car nous sommes ici dans une tragique histoire de vengeance de longue haleine... Khalipside est en effet le seul rescapé de sa planète, sauvagement dévastée par la Légion Sombre. Légion qu'il va lui même intégrer en gravissant petit à petit la hiérarchie, espérant ainsi aller au bout de sa vengeance.
J'avoue avoir passé un moment de lecture sympathique, mais j'ai trouvé que le scénario peinait quand même à me surprendre. Je suis arrivé au terme de mon album en me disant "tout ça pour ça"... Je vous laisserai découvrir pourquoi, je ne vais pas vous spoiler la fin non plus :P
Côté dessin, Erwan Seure-Lebihan fait le job, notamment avec un très bon découpage de ses planches ; certaines pleines pages sont même remarquables !
Un bon divertissement, mais qui m'a laissé un peu sur ma faim quand même.
(2.5/5)
Cet album se lit à deux niveaux. Le premier niveau, c'est la BD elle-même et son histoire, une histoire à la limite conte social avec une grande part d'aviation puisque l'essentiel se déroule à bord d'un avion. Le second niveau, c'est l'hommage rendu à ce fameux avion : le Latécoère 631. Gigantesque hydravion français produit à très peu d'exemplaires dans les années 1940, il servait à réaliser la liaison entre la Métropole et les Antilles et il est proprement fascinant. Véritable navire volant, son intérieur tenait à la fois du paquebot, du dirigeable et de l'avion, avec ses cabines, sa cuisine ou encore sa table à cartes. J'ignorais totalement son existence et j'ai vraiment apprécié le découvrir à travers cette BD dont le scénario permet d'en découvrir de nombreux aspects et tout le plaisir de ses passagers.
D'autant que graphiquement, Michel Chevereau fait un sacré boulot. Véhicules, paysages et personnages sont tous très bien rendus, avec précision, souplesse et en même temps clarté du trait. Il retranscrit l'atmosphère visuelle et les costumes des années 40. Et les couleurs de Manini sont tout aussi bonnes.
L'intrigue pour sa part joue la carte du mystère, mais un mystère dont on devine un peu trop vite la solution même si on cherche à confirmer jusqu'au bout qu'on a bien compris. Avec pas mal de sauts dans le temps, les auteurs mettent en scène toute une machination bienfaisante mise en place par l'équipage de l'avion et leurs proches. L'ensemble parait toutefois un peu trop alambiqué et en même temps trop beau pour être vrai. Les auteurs piochent presque dans le merveilleux tant les choses se combinent bien. C'est à la fois un sentiment feel good mais aussi un peu de mal à l'apprécier totalement car il parait trop cousu de fil blanc pour convaincre.
Mais c'est une jolie histoire et elle m'a permis de découvrir ce formidable avion.
Je ne sais pas pourquoi mais je n'ai pas trop accroché à cette série jeunesse. Pourtant les scenarii simples correspondent bien à l'univers des enfants. Les auteures y proposent une vision apaisée de la famille recomposée avec beaucoup de bons sentiments.
Je trouve que le choix du blaireau conduit à des réparties un peu limites pour des enfants puisque "blaireau" peut être compris comme une insulte. C'est paradoxal car le reste est très lisse avec de nombreux conseils comme se laver les mains, ranger sa chambre ou ne pas se battre.
Par contre j'ai bien aimé le graphisme de Eve Tharlet avec des grandes cases très aérées, de jolis détails et des personnages attachants et dynamiques. Le lettrage est très réussi pour de jeunes lecteurs dès 6 ans.
Une série bien travaillée pour un public bien plus réceptif que moi. Un bon 3.
Voilà un one-shot intrigant que Delcourt nous fait redécouvrir 12 ans après sa sortie au Japon.
Et c'est parti pour une plongée en compagnie de la jeune et belle Aoko. Cette dernière passe en effet une grande partie de son temps à plonger dans le lac Hatsukako dans l'espoir d'y trouver quelque chose qui lui permettra de retrouver la mémoire. Car 20 ans plus tôt, ce lac n'existait pas. C'est suite à la chute d'une météorite que ce lac s'est formé et qui a englouti la ville où habitait Aoko. Depuis, elle ne se rappelle plus rien de cette partie de son enfance...
Ce qui est frappant c'est le coup de crayon d'Icori Ando qui ne fait pas son âge. L'autrice nous propose un graphisme fin et délicat très travaillé pour ses personnages et plus éthéré pour ses décors, ce qui colle parfaitement avec cette histoire mystérieuse et poétique. On notera le soin apporté à la jaquette qui est magnifique ; le choix du vernis sélectif sur ce bleu/violet de la couverture est du plus bel effet.
On se laisse donc bercer par cette quête toute en douceur menée par Aoko qui sans tambours ni fracas nous embarque dans ses plongées, ses recherches et ses doutes. C'est agréablement mené et on se laisse ébahir par ses découvertes de cette ville subaquatique.
Une belle découverte.
(3.5/5)
Bon départ, pas d'arrivée
-
Ce tome est le premier d'une série indépendante de toute. Il s'agit d'une bande dessinée en couleurs, de 46 pages, dont le tome 2 n'est jamais sorti. Elle a été initialement publiée en 2006, coécrites par Pat Mills & Biljana Ruzicanin, dessinée et mise en couleurs par Cinzia di Felice, et traduite par François Peneaud.
Au moyen âge, dans un monastère en Écosse, le jeune frère Eamon est l'un des copistes attelés à la tâche de calligraphier des livres. La salle est surveillée par frère Salomon. L'esprit de frère Eanon divague. Il rêvasse à une ancienne princesse égyptienne, appelée Bi-Ankh-A, fille du pharaon Akhenaton et de la reine Néfertiti, la plus belle femme du monde. Il pense au fait qu'après bien des aventures, elle a amené en Écosse la Pierre de la Destinée. Il se rappelle qu'elle était aussi connue sous le nom de Scota et que les chroniques affirment que l'Écosse fut nommée d'après elle. Mais il se fait surprendre dans sa rêverie par frère Salomon qui l'envoie prendre une douche froide (enfin surtout un seau d'eau glacé) et revêtir une haire, puis aller prier devant une statue de la Vierge. Durant la nuit, Eanon est visité par Biankha qui propose lui de raconter son histoire.
En 1338 avant notre ère, Biankha et son amie Téphie doivent se rendre dans la salle d'audience, car Néfertiti s'apprête à recevoir un dignitaire scythe et son armée. Alors que Téphie vient de sortir de la chambre de Biankha, celle-ci est emmené par la déesse Thouéris dans le royaume des dieux, pour voir le coeur de son père pesé dans la balance d'Anubis. Elle revient dans la chambre d'audience, juste à temps pour l'arrivée du barbare scythe qu'elle remet à sa place avec un coup bien placé. Elle peut enfin aller avertir son père du courroux des dieux, parce qu'il continue à vénérer l'Aton (un dieu unique) en lieu et place d'Osiris et des autres.
Pat Mills est un scénariste très prolifique en Angleterre, auteur de séries comme La grande guerre de Charlie (10 tomes avec Joe Colquhoun), Sláine, ABC Warriors, Marshal Law (avec Kevin O'Neill), ou encore Savage (avec Charlie Adlard). En 1995, il a commencé à travailler pour le marché français avec la série Sha (avec Olivier Ledroit), puis avec d'autres séries originales comme Requiem, chevalier vampire. En 2005, il lance une autre série spécifique au marché français : Broz (2 tomes avec Ardian Smith). Puis arrive Biankha qui n'aura droit qu'à un seul tome.
En ouvrant ce tome, le lecteur a donc conscience qu'il s'agit avant tout d'une curiosité. Il en a la confirmation quand il découvre sur la page de titre (après la couverture) que Pat Mills est associé à un coscénariste (Biljana Ruzicanin) qui n'est même pas mentionné sur la couverture. Cinzia di Felice est un dessinateur qui a réalisé d'autres bandes dessinées, comme par exemple La fontaine dans le ciel. L'ouverture décontenance le lecteur qui ne s'attendait pas à commencer en Écosse. Il est possible d'y voir un clin d'oeil malicieux de Pat Mills, pour accrocher d'éventuels lecteurs anglais à l'occasion d'une possible traduction en anglais. Ce jeune moinillon Eanon ne reviendra que le temps d'une page (page 25), tout le reste du récit étant consacré à la vie de Biankha, sachant qu'elle est présente dans toutes les scènes. Très vite, le lecteur découvre qu'il s'agit d'une aventure durant l'Égypte antique, mettant en scène un trio de jeunes amis : Biankha, son amie Téphie, et Armée (c'est son prénom) le scythe. Pharaon va à la rencontre de son sort, et le trio se retrouve à chercher un mystérieux magicien dénommé Androgyne, devant leur donner des indications sur la route à prendre.
Comme attendu dans ce genre de récit, le trio est plus ou moins bien assorti, et se chamaille, en se lançant quelques piques, tout en se défendant les uns les autres quand le danger apparaît. Armée fait preuve d'une grande habileté à l'épée, mais Biankha ne s'en laisse pas conter et elle arrive très bien à se défendre par elle-même, une véritable héroïne, et pas un faire-valoir déguisé. Dans un premier temps, le lecteur découvre une partie du panthéon des dieux égyptiens (lors de la pesée du coeur d'Akhenaton), et 2 zones du palais de Pharaon. Dans la deuxième moitié de l'aventure, le trio se retrouve en Crète en 1336 avant notre ère, à la recherche de l'Androgyne, à se battre contre des créatures surnaturelles comme les Chutistes ou les Dracos. Il s'agit d'une forme d'aventure plus classique, qui malheureusement se termine sur un moment dont le suspense ne sera jamais résolu.
À l'issue de ces 46 pages, le lecteur se dit qu'il a eu droit une aventure assez dense (même si inachevée), avec quelques éléments originaux. Il y a bien sûr l'idée de départ de lier le destin de cette princesse égyptienne à l'histoire de l'Écosse, avec la mention du nom de Scota. Il y a la mention d'Akhenaton, le dixième pharaon de la dix-huitième dynastie, et sa volonté d'imposer Rê-Horakhty comme dieu unique, d'initier un mouvement d'évolution théologique. le lecteur peut être sensible à ce choix historique, mais il peut aussi tiquer quand Aton évoque le pouvoir de ceux aux nombreux angles, semblant indiquer que si elle avait continué, cette série aurait été piocher une partie de son inspiration du côté d'Howard Phillips Lovecraft. Biankha ne se contente pas d'en appeler aux principaux dieux du panthéon égyptien, les auteurs ont pris soin d'aller chercher un peu plus loin que l'évidence avec Atoum, Shou, Tefnout, Geb, ou encore Nephtys.
Au détour d'une scène, les auteurs évoquent le sort d'une réfugiée, sans complaisance ni simplisme. Enfin, le lecteur est assez sensible aux efforts déployés pour établir une héroïne forte et intelligente, sans succomber à la tentation d'en faire une victime. L'on voit bien également que l'artiste se retient (de manière assez convaincante) de trop sexualiser Biankha. La couverture donne une bonne idée de la tenue qu'elle porte au long de ce tome : une longue tunique de lin blanc qui lui découvre les épaules, avec un décolleté plongeant. Dans les pages intérieures, ses bracelets sont moins ouvragés et moins nombreux et sa chevelure n'est pas toujours parée d'ornements si complexes. Sa tunique n'est pas transparente et elle descend plus bas sur les hanches qu'elle ne le fait sur la couverture. Sa poitrine est de taille normale pour une jeune femme de cet âge et de cette corpulence. Téphie est majoritairement vêtue d'un bikini, avec un pagne ensuite qui dévoile beaucoup plus de peau que Biankha. Néanmoins la sexualité n'est évoquée qu'une seule fois, quand Armée souhaite lutiner Téphie, mais sans nudité.
L'artiste se sert de la mise en couleurs bien évidement pour rendre compte des couleurs de chaque élément, mais aussi pour leur ajouter un peu de volume, avec un effet discret de coup de pinceau, sans pour autant chercher à donner une impression de peinture à grand trait. Les personnages ont une morphologie à peu près normale, à l'exception de la musculature sculptée d'Armée. Les vêtements s'inspirent de ce que l'on sait des 2 époques concernées. Il adopte une mise en page d'une densité variable de 4 à 16 cases, en fonction du rythme qu'il souhaite donner à la lecture, et de la quantité d'informations visuelles que requiert le scénario.
L'artiste privilégie les prises de vue majoritairement centrées sur les personnages, mais ce n'est pas pour autant qu'il s'affranchit de dessiner les arrière-plans. Dans la séquence d'ouverture, le lecteur peut contempler le sol en pierre du scriptorium, les pupitres et les chaises ou tabourets des moines copistes, les fenêtres étroites et les rayonnages chargés d'ouvrages. La chambre de la princesse est richement décorée, avec des motifs peints sur les murs, des moulures, des voilages, un coffre en osier finement ouvragé une coupelle de fruit, une coupe de fleurs. le hall des dieux bénéficie d'une architecture spécifique avec d'imposants piliers et bien sûr des hiéroglyphes sur les murs. La taverne en Crète est correctement meublée, même s'il n'y a pas beaucoup de détails. Les navires égyptiens sont superbes. Cinzia di Felice utilise donc une approche descriptive, avec un bon niveau de détails. Les séquences d'action sont pleines de mouvement, entraînant l’œil du lecteur dans un rythme soutenu et plein de rebondissements.
Ce premier tome laisse un goût d'inachevé et rétrospectivement n'est susceptible d'intéresser que les lecteurs complétistes admirant l’œuvre de Pat Mills ou de Cinzia di Felice. Cette aventure se laisse lire avec un certain plaisir, mais s'achève sans avoir réalisé son potentiel. Les auteurs introduisent et développent une situation intrigante devant mener à terme jusqu'en Écosse. Malheureusement, le manque d'intérêt pour cet série a conduit à son arrêt prématuré, sans espoir de reprise.
Un conte sympathique sur ce qui arrive à l'âme après la mort, mais qui ne m'a pas marqué plus que ça.
Le dessin est le point fort de l'album. J'ai immédiatement aimé le trait de la dessinatrice et j'espère qu'elle aura une grande carrière. C'est dynamique, frais et la mis en scène est maitrisée. C'est ce que je veux dans une BD.
J'ai plus de réserves sur le scénario. Il est pas mal, même si au début je ne savais pas trop où voulait en venir le scénariste. Il faut dire qu'on ne nous présente pas du tout le monde dans lequel vit notre héros et j'ai mis un peu de temps à bien comprendre certains éléments. J'ai trouvé que c'était bien fait, mais j'ai un peu décroché lorsqu'on apprend un élément important de la vie du héros.
Je veux pas trop spoiler, mais à partir de ce moment on bascule dans un autre genre de récit et j'étais un peu gêné comment trois personnages et leur relation entre-eux me semblaient trop banal et stéréotypés. Déjà par moment le côté super-gentil du héros était un peu irritant, ça devient pire lorsqu'il y a deux autres personnages stéréotypés qui s'ajoutent dans le scénario. J'avais l'impression de regarder un dessin animé peu original fait pour les enfants comme il en sort à la chaine chaque année.
Dommage parce que malgré tout cet album a des qualités.
Je retiens de cette BD surtout le positif, qui gonfle ma note, mais elle reste en global dans une moyenne basse de compilations d'histoires. Comme souvent, ce genre de récit a tendance à mélanger des histoires intéressantes et beaucoup moins intéressante, le tout dans le but de faire découvrir les autrices.
A ce niveau-là, c'est plutôt réussi puisque j'ai plutôt envie de voir la production d'une partie d'entre elles. Il y en a qui ont un superbe dessin, des coups de pinceaux et des rendus de peintures qui valent le détour. Et d'autres qui sont franchement dispensables, autant dans ce qu'elles racontent que dans leur visuels. Ça sera une question de gout, mais personnellement j'ai apprécié plus de la moitié niveau dessin.
Les scénarios sont très disparates. Ça va du bon au franchement bof, avec une préférence pour certaines histoires comme celle autour de la graine de pastèque, jolie métaphore assez bien représentée. On a quelques idées qui sont bien traitées à défaut d'être efficaces, des tranches de vie de jeunes filles chinoises et un ensemble qui donne à voir quelques traits de la Chine contemporaine. Des thématiques ressortent plusieurs fois, comme l'obsession pour l'apparence ou la superficialité apparente face à des questionnements intérieurs profonds.
C'est une bonne approche de nouveaux talents venus de Chine, maintenant je n'ai pas vu grand chose d'autre publié par ces autrices et c'est dommage. Je suis assez triste que ce genre d'initiatives marchent si peu, empêchant de voir plus de publications de ces jeunes autrices.
J’ai lu l’intégrale regroupant les 7 albums très rapidement – ce qui en soi est un gage d’une qualité et/ou d’un intérêt minimum de cette série, qui mélange plutôt avec bonheur du polar très classique avec pas mal de fantastique.
Je ne suis a priori pas forcément fan du fantastique dans des récits classiques, cela marche rarement, et masque souvent un manque d’idée au niveau du scénario. Eh bien là c’est presque l’inverse, puisque le personnage de Dana, en tout cas son fantôme (elle est sensée avoir été assassinée), ses crises de jalousie – et les dialogues qui vont avec – envers son ex-époux, mais aussi flic et héros de la série, sont souvent les parties les plus réussies. J’ai vraiment bien aimé cette idée et sa réalisation en tout cas.
Autre atout de cette série, le dessin de Kas, vraiment bon, qui reconstitue très bien les années 1950 (personnages, habits, décors et bagnoles). La colorisation de Graza – mais sans doute aussi en partie le dessin de Kas font aussi, par certains aspects, plus vieux que leur âge. Mais Kas dessine très bien, et en particulier les femmes, toutes ici séduisantes, sensuelles.
Ce qui me fait passer aux quelques bémols. Bon, que toutes les nanas soient des bombasses, ça semble être un cliché obligatoire du genre. Qu’elles soient toutes sous le charme du héros aussi, il faut accepter ces prérequis pour entrer dans l’intrigue. Pourquoi pas ?
Mais Forester, le héros, justement, ne m’est pas apparu charismatique. Il fait même un peu trop boy-scout, et tout semble trop facile pour lui.
Chaque album développe une intrigue indépendante (un départ embrouille le lecteur avec plein de fausses pistes, puis Forester résout l’énigme et confond les criminels), alors que le meurtre de son ex-femme (une star hollywoodienne) sert de fil rouge, jusqu’à l’explication qui arrive dans le dernier tome.
Les cinq premiers albums sont les meilleurs, mais les deux derniers sont clairement moins intéressants, moins riches (le dernier en particulier, avec une fin trop facile et sans réelle surprise).
Une série qui possède de réels atouts en tout cas.
Note réelle 3,5/5.
Bon, je vais noter plus large que prévu parce que c'est quand même un peu drôle, mais je trouve que le récit est assez hétérogène dans son ton.
C'est un polar mâtiné d'amour, d'espionnage avec de l'érotisme et une grosse dose d'humour. L'humour qui me semble être le genre principal de la BD, avec les adresses de l'auteur au spectateur (parfois pour justifier quelque chose d'assez absurde), les petits moments autour de la bête ou encore la fin assez ... étrange.
En fait, on est presque dans de la comédie bouffonne par moment, mais mélangé avec un polar structuré comme tel, des femmes fatales au méchant organisant un complot pour déclencher une guerre. C'est du coup assez étrange à lire, le mélange des genres faisant du tout une histoire peu conventionnelle. J'avais déjà noté les mélanges de genres que l'auteur utilisait dans L'Héritage du Colonel, où l'humour se faisait encore plus noir pour dénoncer une réalité sordide. Mais je trouve que ça marche moins bien ici, notamment parce que l'auteur semble s'excuser de certaines choses dans son récit qu'il n'assume pas complètement.
Maintenant, ça reste intéressant à lire comme exercice narratif, combiné à un dessin qui correspond parfaitement au type de polar d'espionnage. De là à dire que c'est recommandé ...
Avis aux anciens lecteurs du défunt magazine 'A Suivre' : voici un album qui aurait pu pleinement s'intégrer à la ligne éditoriale du-dit magazine à son apogée. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il est publié par Casterman.
L'Homme qui rêvait à l'envers associe un graphisme froid et racé, porté par une colorisation minimaliste et efficace, à un scénario riche en références historiques, scientifiques et littéraires, le tout enrobé dans une ambiance évanescente et mystérieuse. L'éditeur cite Poe et Lynch, j'aurais mentionné plus volontiers encore Maupassant, Hugo ou encore Allan Kardec. Car c'est à une aventure aux frontières du surnaturel à laquelle nous sommes conviés, une aventure qui navigue dans les eaux troubles de la science plus ou moins occulte où l'hypnose côtoie les tables tournantes, où le charlatanisme défie la médecine.
Il m'a fallu un peu de temps pour pleinement rentrer dans le récit mais au plus j'ai progressé au plus j'ai accroché. Bien sûr, c'est très stylisé (autant dans la forme que dans le fond) mais ce récit fantastique est bien mené et les références littéraires apportent un petit plus (même si on est parfois plus proche du plagiat que de l'hommage, à mes yeux). L'aspect visuel est en parfaite harmonie avec le ton général du récit (froid et racé), l'histoire est bien menée et propose un beau panel de personnages aux profils variés, l'ambiance 'fin XIXème' est bien rendue.
Pas mal du tout, en définitive, même si je trouve que l'ensemble dégage un petit côté daté (qui ravira certainement certains lecteurs et en déroutera sans doute d'autres). A essayer, en tous les cas.
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La Légion Sombre
I.S.S. Snipers s'offre un spin off se déroulant 200 après avec pour narrateur et héros un certain "Khalipside". Point besoin d'avoir forcément lu les différents tomes de la série mère pour se lancer dans cette lecture, ce tome peut très bien se lire indépendamment, même si certains protagonistes se joignent à la curée. Car nous sommes ici dans une tragique histoire de vengeance de longue haleine... Khalipside est en effet le seul rescapé de sa planète, sauvagement dévastée par la Légion Sombre. Légion qu'il va lui même intégrer en gravissant petit à petit la hiérarchie, espérant ainsi aller au bout de sa vengeance. J'avoue avoir passé un moment de lecture sympathique, mais j'ai trouvé que le scénario peinait quand même à me surprendre. Je suis arrivé au terme de mon album en me disant "tout ça pour ça"... Je vous laisserai découvrir pourquoi, je ne vais pas vous spoiler la fin non plus :P Côté dessin, Erwan Seure-Lebihan fait le job, notamment avec un très bon découpage de ses planches ; certaines pleines pages sont même remarquables ! Un bon divertissement, mais qui m'a laissé un peu sur ma faim quand même. (2.5/5)
Bon voyage ?
Cet album se lit à deux niveaux. Le premier niveau, c'est la BD elle-même et son histoire, une histoire à la limite conte social avec une grande part d'aviation puisque l'essentiel se déroule à bord d'un avion. Le second niveau, c'est l'hommage rendu à ce fameux avion : le Latécoère 631. Gigantesque hydravion français produit à très peu d'exemplaires dans les années 1940, il servait à réaliser la liaison entre la Métropole et les Antilles et il est proprement fascinant. Véritable navire volant, son intérieur tenait à la fois du paquebot, du dirigeable et de l'avion, avec ses cabines, sa cuisine ou encore sa table à cartes. J'ignorais totalement son existence et j'ai vraiment apprécié le découvrir à travers cette BD dont le scénario permet d'en découvrir de nombreux aspects et tout le plaisir de ses passagers. D'autant que graphiquement, Michel Chevereau fait un sacré boulot. Véhicules, paysages et personnages sont tous très bien rendus, avec précision, souplesse et en même temps clarté du trait. Il retranscrit l'atmosphère visuelle et les costumes des années 40. Et les couleurs de Manini sont tout aussi bonnes. L'intrigue pour sa part joue la carte du mystère, mais un mystère dont on devine un peu trop vite la solution même si on cherche à confirmer jusqu'au bout qu'on a bien compris. Avec pas mal de sauts dans le temps, les auteurs mettent en scène toute une machination bienfaisante mise en place par l'équipage de l'avion et leurs proches. L'ensemble parait toutefois un peu trop alambiqué et en même temps trop beau pour être vrai. Les auteurs piochent presque dans le merveilleux tant les choses se combinent bien. C'est à la fois un sentiment feel good mais aussi un peu de mal à l'apprécier totalement car il parait trop cousu de fil blanc pour convaincre. Mais c'est une jolie histoire et elle m'a permis de découvrir ce formidable avion.
Monsieur Blaireau et Madame Renarde
Je ne sais pas pourquoi mais je n'ai pas trop accroché à cette série jeunesse. Pourtant les scenarii simples correspondent bien à l'univers des enfants. Les auteures y proposent une vision apaisée de la famille recomposée avec beaucoup de bons sentiments. Je trouve que le choix du blaireau conduit à des réparties un peu limites pour des enfants puisque "blaireau" peut être compris comme une insulte. C'est paradoxal car le reste est très lisse avec de nombreux conseils comme se laver les mains, ranger sa chambre ou ne pas se battre. Par contre j'ai bien aimé le graphisme de Eve Tharlet avec des grandes cases très aérées, de jolis détails et des personnages attachants et dynamiques. Le lettrage est très réussi pour de jeunes lecteurs dès 6 ans. Une série bien travaillée pour un public bien plus réceptif que moi. Un bon 3.
Silent Blue
Voilà un one-shot intrigant que Delcourt nous fait redécouvrir 12 ans après sa sortie au Japon. Et c'est parti pour une plongée en compagnie de la jeune et belle Aoko. Cette dernière passe en effet une grande partie de son temps à plonger dans le lac Hatsukako dans l'espoir d'y trouver quelque chose qui lui permettra de retrouver la mémoire. Car 20 ans plus tôt, ce lac n'existait pas. C'est suite à la chute d'une météorite que ce lac s'est formé et qui a englouti la ville où habitait Aoko. Depuis, elle ne se rappelle plus rien de cette partie de son enfance... Ce qui est frappant c'est le coup de crayon d'Icori Ando qui ne fait pas son âge. L'autrice nous propose un graphisme fin et délicat très travaillé pour ses personnages et plus éthéré pour ses décors, ce qui colle parfaitement avec cette histoire mystérieuse et poétique. On notera le soin apporté à la jaquette qui est magnifique ; le choix du vernis sélectif sur ce bleu/violet de la couverture est du plus bel effet. On se laisse donc bercer par cette quête toute en douceur menée par Aoko qui sans tambours ni fracas nous embarque dans ses plongées, ses recherches et ses doutes. C'est agréablement mené et on se laisse ébahir par ses découvertes de cette ville subaquatique. Une belle découverte. (3.5/5)
Biankha
Bon départ, pas d'arrivée - Ce tome est le premier d'une série indépendante de toute. Il s'agit d'une bande dessinée en couleurs, de 46 pages, dont le tome 2 n'est jamais sorti. Elle a été initialement publiée en 2006, coécrites par Pat Mills & Biljana Ruzicanin, dessinée et mise en couleurs par Cinzia di Felice, et traduite par François Peneaud. Au moyen âge, dans un monastère en Écosse, le jeune frère Eamon est l'un des copistes attelés à la tâche de calligraphier des livres. La salle est surveillée par frère Salomon. L'esprit de frère Eanon divague. Il rêvasse à une ancienne princesse égyptienne, appelée Bi-Ankh-A, fille du pharaon Akhenaton et de la reine Néfertiti, la plus belle femme du monde. Il pense au fait qu'après bien des aventures, elle a amené en Écosse la Pierre de la Destinée. Il se rappelle qu'elle était aussi connue sous le nom de Scota et que les chroniques affirment que l'Écosse fut nommée d'après elle. Mais il se fait surprendre dans sa rêverie par frère Salomon qui l'envoie prendre une douche froide (enfin surtout un seau d'eau glacé) et revêtir une haire, puis aller prier devant une statue de la Vierge. Durant la nuit, Eanon est visité par Biankha qui propose lui de raconter son histoire. En 1338 avant notre ère, Biankha et son amie Téphie doivent se rendre dans la salle d'audience, car Néfertiti s'apprête à recevoir un dignitaire scythe et son armée. Alors que Téphie vient de sortir de la chambre de Biankha, celle-ci est emmené par la déesse Thouéris dans le royaume des dieux, pour voir le coeur de son père pesé dans la balance d'Anubis. Elle revient dans la chambre d'audience, juste à temps pour l'arrivée du barbare scythe qu'elle remet à sa place avec un coup bien placé. Elle peut enfin aller avertir son père du courroux des dieux, parce qu'il continue à vénérer l'Aton (un dieu unique) en lieu et place d'Osiris et des autres. Pat Mills est un scénariste très prolifique en Angleterre, auteur de séries comme La grande guerre de Charlie (10 tomes avec Joe Colquhoun), Sláine, ABC Warriors, Marshal Law (avec Kevin O'Neill), ou encore Savage (avec Charlie Adlard). En 1995, il a commencé à travailler pour le marché français avec la série Sha (avec Olivier Ledroit), puis avec d'autres séries originales comme Requiem, chevalier vampire. En 2005, il lance une autre série spécifique au marché français : Broz (2 tomes avec Ardian Smith). Puis arrive Biankha qui n'aura droit qu'à un seul tome. En ouvrant ce tome, le lecteur a donc conscience qu'il s'agit avant tout d'une curiosité. Il en a la confirmation quand il découvre sur la page de titre (après la couverture) que Pat Mills est associé à un coscénariste (Biljana Ruzicanin) qui n'est même pas mentionné sur la couverture. Cinzia di Felice est un dessinateur qui a réalisé d'autres bandes dessinées, comme par exemple La fontaine dans le ciel. L'ouverture décontenance le lecteur qui ne s'attendait pas à commencer en Écosse. Il est possible d'y voir un clin d'oeil malicieux de Pat Mills, pour accrocher d'éventuels lecteurs anglais à l'occasion d'une possible traduction en anglais. Ce jeune moinillon Eanon ne reviendra que le temps d'une page (page 25), tout le reste du récit étant consacré à la vie de Biankha, sachant qu'elle est présente dans toutes les scènes. Très vite, le lecteur découvre qu'il s'agit d'une aventure durant l'Égypte antique, mettant en scène un trio de jeunes amis : Biankha, son amie Téphie, et Armée (c'est son prénom) le scythe. Pharaon va à la rencontre de son sort, et le trio se retrouve à chercher un mystérieux magicien dénommé Androgyne, devant leur donner des indications sur la route à prendre. Comme attendu dans ce genre de récit, le trio est plus ou moins bien assorti, et se chamaille, en se lançant quelques piques, tout en se défendant les uns les autres quand le danger apparaît. Armée fait preuve d'une grande habileté à l'épée, mais Biankha ne s'en laisse pas conter et elle arrive très bien à se défendre par elle-même, une véritable héroïne, et pas un faire-valoir déguisé. Dans un premier temps, le lecteur découvre une partie du panthéon des dieux égyptiens (lors de la pesée du coeur d'Akhenaton), et 2 zones du palais de Pharaon. Dans la deuxième moitié de l'aventure, le trio se retrouve en Crète en 1336 avant notre ère, à la recherche de l'Androgyne, à se battre contre des créatures surnaturelles comme les Chutistes ou les Dracos. Il s'agit d'une forme d'aventure plus classique, qui malheureusement se termine sur un moment dont le suspense ne sera jamais résolu. À l'issue de ces 46 pages, le lecteur se dit qu'il a eu droit une aventure assez dense (même si inachevée), avec quelques éléments originaux. Il y a bien sûr l'idée de départ de lier le destin de cette princesse égyptienne à l'histoire de l'Écosse, avec la mention du nom de Scota. Il y a la mention d'Akhenaton, le dixième pharaon de la dix-huitième dynastie, et sa volonté d'imposer Rê-Horakhty comme dieu unique, d'initier un mouvement d'évolution théologique. le lecteur peut être sensible à ce choix historique, mais il peut aussi tiquer quand Aton évoque le pouvoir de ceux aux nombreux angles, semblant indiquer que si elle avait continué, cette série aurait été piocher une partie de son inspiration du côté d'Howard Phillips Lovecraft. Biankha ne se contente pas d'en appeler aux principaux dieux du panthéon égyptien, les auteurs ont pris soin d'aller chercher un peu plus loin que l'évidence avec Atoum, Shou, Tefnout, Geb, ou encore Nephtys. Au détour d'une scène, les auteurs évoquent le sort d'une réfugiée, sans complaisance ni simplisme. Enfin, le lecteur est assez sensible aux efforts déployés pour établir une héroïne forte et intelligente, sans succomber à la tentation d'en faire une victime. L'on voit bien également que l'artiste se retient (de manière assez convaincante) de trop sexualiser Biankha. La couverture donne une bonne idée de la tenue qu'elle porte au long de ce tome : une longue tunique de lin blanc qui lui découvre les épaules, avec un décolleté plongeant. Dans les pages intérieures, ses bracelets sont moins ouvragés et moins nombreux et sa chevelure n'est pas toujours parée d'ornements si complexes. Sa tunique n'est pas transparente et elle descend plus bas sur les hanches qu'elle ne le fait sur la couverture. Sa poitrine est de taille normale pour une jeune femme de cet âge et de cette corpulence. Téphie est majoritairement vêtue d'un bikini, avec un pagne ensuite qui dévoile beaucoup plus de peau que Biankha. Néanmoins la sexualité n'est évoquée qu'une seule fois, quand Armée souhaite lutiner Téphie, mais sans nudité. L'artiste se sert de la mise en couleurs bien évidement pour rendre compte des couleurs de chaque élément, mais aussi pour leur ajouter un peu de volume, avec un effet discret de coup de pinceau, sans pour autant chercher à donner une impression de peinture à grand trait. Les personnages ont une morphologie à peu près normale, à l'exception de la musculature sculptée d'Armée. Les vêtements s'inspirent de ce que l'on sait des 2 époques concernées. Il adopte une mise en page d'une densité variable de 4 à 16 cases, en fonction du rythme qu'il souhaite donner à la lecture, et de la quantité d'informations visuelles que requiert le scénario. L'artiste privilégie les prises de vue majoritairement centrées sur les personnages, mais ce n'est pas pour autant qu'il s'affranchit de dessiner les arrière-plans. Dans la séquence d'ouverture, le lecteur peut contempler le sol en pierre du scriptorium, les pupitres et les chaises ou tabourets des moines copistes, les fenêtres étroites et les rayonnages chargés d'ouvrages. La chambre de la princesse est richement décorée, avec des motifs peints sur les murs, des moulures, des voilages, un coffre en osier finement ouvragé une coupelle de fruit, une coupe de fleurs. le hall des dieux bénéficie d'une architecture spécifique avec d'imposants piliers et bien sûr des hiéroglyphes sur les murs. La taverne en Crète est correctement meublée, même s'il n'y a pas beaucoup de détails. Les navires égyptiens sont superbes. Cinzia di Felice utilise donc une approche descriptive, avec un bon niveau de détails. Les séquences d'action sont pleines de mouvement, entraînant l’œil du lecteur dans un rythme soutenu et plein de rebondissements. Ce premier tome laisse un goût d'inachevé et rétrospectivement n'est susceptible d'intéresser que les lecteurs complétistes admirant l’œuvre de Pat Mills ou de Cinzia di Felice. Cette aventure se laisse lire avec un certain plaisir, mais s'achève sans avoir réalisé son potentiel. Les auteurs introduisent et développent une situation intrigante devant mener à terme jusqu'en Écosse. Malheureusement, le manque d'intérêt pour cet série a conduit à son arrêt prématuré, sans espoir de reprise.
Les Vies de Charlie
Un conte sympathique sur ce qui arrive à l'âme après la mort, mais qui ne m'a pas marqué plus que ça. Le dessin est le point fort de l'album. J'ai immédiatement aimé le trait de la dessinatrice et j'espère qu'elle aura une grande carrière. C'est dynamique, frais et la mis en scène est maitrisée. C'est ce que je veux dans une BD. J'ai plus de réserves sur le scénario. Il est pas mal, même si au début je ne savais pas trop où voulait en venir le scénariste. Il faut dire qu'on ne nous présente pas du tout le monde dans lequel vit notre héros et j'ai mis un peu de temps à bien comprendre certains éléments. J'ai trouvé que c'était bien fait, mais j'ai un peu décroché lorsqu'on apprend un élément important de la vie du héros. Je veux pas trop spoiler, mais à partir de ce moment on bascule dans un autre genre de récit et j'étais un peu gêné comment trois personnages et leur relation entre-eux me semblaient trop banal et stéréotypés. Déjà par moment le côté super-gentil du héros était un peu irritant, ça devient pire lorsqu'il y a deux autres personnages stéréotypés qui s'ajoutent dans le scénario. J'avais l'impression de regarder un dessin animé peu original fait pour les enfants comme il en sort à la chaine chaque année. Dommage parce que malgré tout cet album a des qualités.
China Girls
Je retiens de cette BD surtout le positif, qui gonfle ma note, mais elle reste en global dans une moyenne basse de compilations d'histoires. Comme souvent, ce genre de récit a tendance à mélanger des histoires intéressantes et beaucoup moins intéressante, le tout dans le but de faire découvrir les autrices. A ce niveau-là, c'est plutôt réussi puisque j'ai plutôt envie de voir la production d'une partie d'entre elles. Il y en a qui ont un superbe dessin, des coups de pinceaux et des rendus de peintures qui valent le détour. Et d'autres qui sont franchement dispensables, autant dans ce qu'elles racontent que dans leur visuels. Ça sera une question de gout, mais personnellement j'ai apprécié plus de la moitié niveau dessin. Les scénarios sont très disparates. Ça va du bon au franchement bof, avec une préférence pour certaines histoires comme celle autour de la graine de pastèque, jolie métaphore assez bien représentée. On a quelques idées qui sont bien traitées à défaut d'être efficaces, des tranches de vie de jeunes filles chinoises et un ensemble qui donne à voir quelques traits de la Chine contemporaine. Des thématiques ressortent plusieurs fois, comme l'obsession pour l'apparence ou la superficialité apparente face à des questionnements intérieurs profonds. C'est une bonne approche de nouveaux talents venus de Chine, maintenant je n'ai pas vu grand chose d'autre publié par ces autrices et c'est dommage. Je suis assez triste que ce genre d'initiatives marchent si peu, empêchant de voir plus de publications de ces jeunes autrices.
Halloween Blues
J’ai lu l’intégrale regroupant les 7 albums très rapidement – ce qui en soi est un gage d’une qualité et/ou d’un intérêt minimum de cette série, qui mélange plutôt avec bonheur du polar très classique avec pas mal de fantastique. Je ne suis a priori pas forcément fan du fantastique dans des récits classiques, cela marche rarement, et masque souvent un manque d’idée au niveau du scénario. Eh bien là c’est presque l’inverse, puisque le personnage de Dana, en tout cas son fantôme (elle est sensée avoir été assassinée), ses crises de jalousie – et les dialogues qui vont avec – envers son ex-époux, mais aussi flic et héros de la série, sont souvent les parties les plus réussies. J’ai vraiment bien aimé cette idée et sa réalisation en tout cas. Autre atout de cette série, le dessin de Kas, vraiment bon, qui reconstitue très bien les années 1950 (personnages, habits, décors et bagnoles). La colorisation de Graza – mais sans doute aussi en partie le dessin de Kas font aussi, par certains aspects, plus vieux que leur âge. Mais Kas dessine très bien, et en particulier les femmes, toutes ici séduisantes, sensuelles. Ce qui me fait passer aux quelques bémols. Bon, que toutes les nanas soient des bombasses, ça semble être un cliché obligatoire du genre. Qu’elles soient toutes sous le charme du héros aussi, il faut accepter ces prérequis pour entrer dans l’intrigue. Pourquoi pas ? Mais Forester, le héros, justement, ne m’est pas apparu charismatique. Il fait même un peu trop boy-scout, et tout semble trop facile pour lui. Chaque album développe une intrigue indépendante (un départ embrouille le lecteur avec plein de fausses pistes, puis Forester résout l’énigme et confond les criminels), alors que le meurtre de son ex-femme (une star hollywoodienne) sert de fil rouge, jusqu’à l’explication qui arrive dans le dernier tome. Les cinq premiers albums sont les meilleurs, mais les deux derniers sont clairement moins intéressants, moins riches (le dernier en particulier, avec une fin trop facile et sans réelle surprise). Une série qui possède de réels atouts en tout cas. Note réelle 3,5/5.
Belle et la Bête
Bon, je vais noter plus large que prévu parce que c'est quand même un peu drôle, mais je trouve que le récit est assez hétérogène dans son ton. C'est un polar mâtiné d'amour, d'espionnage avec de l'érotisme et une grosse dose d'humour. L'humour qui me semble être le genre principal de la BD, avec les adresses de l'auteur au spectateur (parfois pour justifier quelque chose d'assez absurde), les petits moments autour de la bête ou encore la fin assez ... étrange. En fait, on est presque dans de la comédie bouffonne par moment, mais mélangé avec un polar structuré comme tel, des femmes fatales au méchant organisant un complot pour déclencher une guerre. C'est du coup assez étrange à lire, le mélange des genres faisant du tout une histoire peu conventionnelle. J'avais déjà noté les mélanges de genres que l'auteur utilisait dans L'Héritage du Colonel, où l'humour se faisait encore plus noir pour dénoncer une réalité sordide. Mais je trouve que ça marche moins bien ici, notamment parce que l'auteur semble s'excuser de certaines choses dans son récit qu'il n'assume pas complètement. Maintenant, ça reste intéressant à lire comme exercice narratif, combiné à un dessin qui correspond parfaitement au type de polar d'espionnage. De là à dire que c'est recommandé ...
L'Homme qui rêvait à l'envers
Avis aux anciens lecteurs du défunt magazine 'A Suivre' : voici un album qui aurait pu pleinement s'intégrer à la ligne éditoriale du-dit magazine à son apogée. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il est publié par Casterman. L'Homme qui rêvait à l'envers associe un graphisme froid et racé, porté par une colorisation minimaliste et efficace, à un scénario riche en références historiques, scientifiques et littéraires, le tout enrobé dans une ambiance évanescente et mystérieuse. L'éditeur cite Poe et Lynch, j'aurais mentionné plus volontiers encore Maupassant, Hugo ou encore Allan Kardec. Car c'est à une aventure aux frontières du surnaturel à laquelle nous sommes conviés, une aventure qui navigue dans les eaux troubles de la science plus ou moins occulte où l'hypnose côtoie les tables tournantes, où le charlatanisme défie la médecine. Il m'a fallu un peu de temps pour pleinement rentrer dans le récit mais au plus j'ai progressé au plus j'ai accroché. Bien sûr, c'est très stylisé (autant dans la forme que dans le fond) mais ce récit fantastique est bien mené et les références littéraires apportent un petit plus (même si on est parfois plus proche du plagiat que de l'hommage, à mes yeux). L'aspect visuel est en parfaite harmonie avec le ton général du récit (froid et racé), l'histoire est bien menée et propose un beau panel de personnages aux profils variés, l'ambiance 'fin XIXème' est bien rendue. Pas mal du tout, en définitive, même si je trouve que l'ensemble dégage un petit côté daté (qui ravira certainement certains lecteurs et en déroutera sans doute d'autres). A essayer, en tous les cas.