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Couverture de la série Le Champ des possibles
Le Champ des possibles

En deux mots, Le Champ des Possibles raconte l’histoire de Marsu, une jeune ingénieure qui, lors d’un congrès, rencontre Thom, un architecte en réalité virtuelle. En gros, Thom a créé un monde de réalité virtuelle, inspiré du notre, dans lequel on peut se rendre très facilement et explorer/visiter/vivre dans des endroits inaccessibles, pour beaucoup d’entre nous, dans la vraie vie. Les deux personnages ont alors un véritable coup de foudre professionnel. Marsu, d’abord réticente à l’idée d’utiliser la VR, va se laisser petit à petit séduire par toutes les possibilités que propose cette invention, et surtout, elle va y retrouver Thom de plus en plus régulièrement. Le soucis, c’est que dans la vie réelle, Marsu a un compagnon, Harry, qu'elle aime profondément et qu'elle ne veut absolument pas quitter. Et en même temps, elle ne veut renoncer à aucune de ces deux relations... C’est une histoire à la croisée entre un épisode de Black Mirror et des Chroniques de Bridgerton. Personnellement, je ne pensais pas que le côté « triangle amoureux » me passionnerait à ce point, mais, à la lecture, on se laisse complétement enchanter par cette histoire douce-amer, tout à fait surprenante et magistralement bien dessinée (les passages dans le monde en VR sont au crayon de couleur…c’est vibrant et enivrant). Une belle histoire qui questionne notre rapport à la réalité (ce qu’il convient de faire ou pas), nos addictions à la technologie et la place de l’amour dans tout ça !

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Brume
Brume

Brume, c'est comme une petite bulle d’humour, de tendresse, de magie et d’aventure. Brume, c’est avant tout l’histoire d’une petite fille, Brume, qui, enfant, a été recueillie et adoptée par un pécheur. Ce dernier l’avait trouvée sans rien d’autre avec elle qu’un mystérieux grimoire. Depuis Brume vit avec son père dans un petit village isolé, quelque part en forêt. Autrefois, le village était protégé par Naia, une puissante sorcière qui a disparu depuis plusieurs années. Brume, elle aussi, rêve de devenir une sorcière. Problème : elle est impulsive, impatiente et à un caractère bien trempé (entendez : elle est un peu arrogante) qui l’empêche de s’appliquer. Qu’à cela ne tienne, elle peut compter sur l’aide d’Hugo, un petit garçon froussard et en complète admiration devant les « talents » de Brume, et Hubert, un petit cochon noir, philosophe et cachant beaucoup plus de mystères qu’il n’y parait. Si dans le premier tome, les personnages partaient en quête d’un terrible dragon, dans ce second tome, ils et elle partent à la recherche de l’antre de la sorcière Naia ! Le dessin est magnifique et rappelle le meilleurs des jeux vidéo de fantasy du moment. L’histoire, amusante et engageante, saura à la fois séduire les enfants et leurs parents ! Fait amusant, si le dessin est signé Carine Hinder , c’est Jérôme Pelissier, le scénariste, qui signe les couleurs

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Fleur de lait
Fleur de lait

Fleur de Lait est la deuxième bande dessinée de Miguel Vila, un jeune auteur qui, comme son nom ne l’indique pas, est italien, et pas espagnol ! On lui devait déjà l’album Padovaland en 2020, qui avait fortement marqué les esprits et qui racontait, de façon chorale, le quotidien d’un groupe de jeunes italiens et italiennes désabusés, morts d’ennuis et en quête de sensations, même pas forcément fortes, dans les banlieues du nord de l’Italie. Fleur de Lait se déroule dans le même univers. D’ailleurs certains décors de Padovaland se retrouvent dans Fleur de Lait et, graphiquement, les ambiances et le sujet traité sont sensiblement les mêmes. Fleur de Lait, en Italien, se dit « Fior di latte » et désigne un fromage à pâte filée fabriqué à partir du lait de vache. Fleur de Lait, raconte l’histoire de Marco, un jeune italien introverti, un peu perdu, en couple avec Stella, une jeune fille dynamique et totalement amoureuse de Marco. Même si le personnage de Stella nous semble un peu antipathique au début, on comprend vite qu’elle fait tout ce qu’elle peut pour tirer Marco vers le haut, tout en étant aussi parfaitement consciente que son couple ne va pas bien. En effet, au fur et à mesure de l’album, on sent que Marco et Stella n’envisagent pas leur relation de la même manière. Stella lui est dévouée et prête à lui pardonner beaucoup de chose, tandis que Marco s’éloigne d’elle progressivement. A cela s’ajoute le fait que, pour une raison qu’il n’arrive vraiment pas à expliquer (ou qu’il ne veut pas admettre) il ne parvient pas à faire l’amour avec Stella. Autour du couple gravitent plusieurs personnages secondaires, dont un groupe « d’amis » qui n’en sont pas vraiment. On pense notamment à Elena, une jeune fille surpoids que Stella n’arrête pas de critiquer dès qu’elle le peut, et Daniele, un mec un peu insistant qui fait son possible pour faire casser Stella et Marco. Un jour, Stella, qui fait du babystitting, invite Marco à le rejoindre. C’est là que Marco fait la connaissance de Ludovica, trente ans, une mère célibataire, pauvre, au physique très disgracieux et aux formes plus que généreuses. Marco va troublé par Ludovica au point de devenir totalement obsédé par cette femme vulgaire et illettrée et d’entretenir avec elle une relation malsaine basée sur le sexe coupable et…le lait maternel. D'entrée de jeu ce qui est très plaisant dans cet album, c'est la manière dont l'histoire nous est racontée. Miguel Vila enchaine à la fois les cases traditionnelles, carrées, classiques, avec des cases rondes, des cases de petites tailles, voire même parfois minusculissime. Il alterne aussi beaucoup ses cadrages. On passe de plans très serrés à des plans beaucoup plus éloignés. Quand il veut dépeindre une situation générale, il dessine les personnages vu d’en haut, comme si les lecteurs/trices étaient positionnés au-dessus d’eux, puis dans d’autres situations, il passe au gros, voir très gros plan pour accentuer un effet de voyeurisme et une sensation, de malaise (c’est le cas, par exemple, quand il zoome sur les dents jaunes et sales de Ludovica ou les tâches de rousseurs de Stella). Cette alternance de plans fait que l'histoire passe beaucoup par les non-dits, par les silences, par certains cadrages, certains regards, certains éléments du décor, parfois. Miguel Vila a une façon de montrer les choses sans les dire qui nous fait ressentir une sorte de plaisir honteux à entrer dans l’intimité de ces personnages comme le ferait une émission comme l'émission belge StripTease, par exemple. Le dessin est très particulier parce qu’il est à la fois réaliste et un peu cartoonesque. C’est-à-dire que les personnages ont tous l’air un peu bouffis, un peu ronds, on dirait qu’ils sont fait de chewing-gum. Mais en même temps, ils sont anatomiquement et terriblement détaillés. Chaque expression, chaque mimique, chaque bourrelet sonne juste, réel et humain. Miguel Vila est particulièrement doué quand il dessinent ses personnages dans tout ce qu’ils ont de plus laid. Il n’hésite pas à montrer des poils, de la sueur, des dents jaunes, des boutons, de la larme, de la bave et d’autres fluides corporels en tout genre… Quand ses personnages pleurent, ils ont l’air misérables, ils ont les yeux humides et le nez qui coule. Quand ils sourient, ils n’ont jamais l’air sympathiques, on a toujours l’impression qu’ils ont une idée derrière la tête. Par exemple, à un moment, le personnage de Ludovica est couchée au sol, sein nus, même si elle a l’air d’être totalement en plasticine, Miguel Vila prend soin d’ajouter une foule de détails : des veines sur les seins, des vergetures sur le ventre, des poils sur les jambes… on est face à un dessin semi-réaliste où rien n’est laissé au hasard. Et quand l’auteur propose des plans plus éloignés, ses décors sont, à l’image de ses personnages : schématisés et détaillés. C’est difficile à expliquer mais il y a quelque chose de très italien dans cet album. Tant dans les attitudes et les comportements des personnages, que dans l’histoire racontée. Ce récit parle à la fois d’ennui, de cynisme et de pauvreté de façon très rude, parfois désagréable, mais malgré cela, on fini par s’attacher à ces personnages laids et méchants, et plus particulièrement au personnage de Ludovica, une femme absolument grotesque, grossière et misérable qui a pourtant le parcours de vie le plus difficile et le plus touchant. Cette histoire rappelle aussi des thématiques abordées dans le cinéma des années 60/70. On pense à des films tragi-comiques comme « Affreux, Sales et Méchants » d’Ettore Scola ou « Amarcord » de Fellini dans lequel, comme ici, une matrone déniaise un jeune garçon en lui enfournant de force sa poitrine généreuse dans la bouche. Au final, les personnages sont tout autant détestables et cyniques mais Fleur de Lait s’attache à nous faire ressentir tout le mal-être de Marco, Stella, Ludovica et d’en faire des personnages sales, malsains, dramatique et pourtant, c’est terriblement humains.

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Roxane vend ses culottes
Roxane vend ses culottes

Comme son titre l'indique Roxane vend ses culottes raconte l'histoire de Roxane qui… vend ses culottes ! Bon… c'est plus compliqué que ça bien évidemment ! Tout l'intérêt réside dans le fait de comprendre pourquoi elle est amenée à vendre ses sous-vêtements. Roxane est une jeune fille d’une vingtaine d’années, qui vit en colocation avec une certaine Pénélope et qui, clairement, s’ennuie dans sa vie de tous les jours et dans sa vie amoureuse. Elle a bien une relation qui va et qui vient avec Martin, un jeune homme qu’elle n’aime plus, mais elle ne conçoit pas les relations amoureuses de façon romantique… on perçoit un vide, chez elle, qu’elle n’arrive pas à identifier ni à combler… elle n’est pas épanouie et cette situation l’amène à se comporter de façon très provocante voire autodestructrice. À côté de ça on comprend rapidement que Roxane a aussi des problèmes d'argent. Tout ça la pousse à un jour répondre à une annonce sur internet qui lui propose de vendre anonymement ses culottes usées à des particuliers. Presque sans hésiter, Roxanne répond positivement à cette annonce et va ainsi rencontrer des personnes homme ou femme aux mœurs douteuses et très particulières… La jeune fille va développer tout un business autour de la vente de ses culottes et ses transactions vont affecter les relations de Roxane avec son entourage. Bien que cette histoire ne soit pas du tout autobiographique, on a le sentiment à la lecture de cet album que l'autrice y a mis une bonne part de vécu, ou du moins de ressenti personnel. Parce que cette conception un peu désabusée et blasée des relations amoureuses et charnelles, est finalement très moderne et dans l’air du temps. Elle traduit le ressenti d’une certaine jeunesse qui ne se retrouve pas dans l’image du couple traditionnel, qui souhaite la remettre en cause et la redéfinir, que ce soit en expérimentant ou en faisant des rencontres en ligne. Mais dans le cas de Roxane, on sent derrière cette envie de « tout casser » et son attitude provocante, il y a une profonde mélancolie et une tristesse qu’elle n’arrive pas à assouvir et c’est très justement retranscrit par l’autrice. A côté de cela, cette BD questionne notre rapport au sexe et le fait qu’à l’heure actuelle, la sexualité n’est pas toujours vécue, mais qu’elle est devenue un produit de consommation comme un autre. Cela étant dit, cette bande dessinée reste vraiment très drôle, surtout quand Roxane est confrontée aux personnes qui viennent lui acheter ses culottes. C’est étrange, pathétique absurde, trash, un peu malsain…. J'aime également la relation à sens unique que Roxane entretient avec son ex, Martin, qui, complétement amoureux d’elle, ne se rend pas compte qu’elle se sert de lui pour assouvir certaines pulsions. Cette histoire est enfin contemplative… on prend le temps de d'instaurer les situations, de les vivre au plus près des personnages et de se sentir très mal pour Roxane lorsqu’on a la voit prendre une « mauvaise » décision et, comme Roxane, on porte un regard très détaché sur ses clients, les incarnations parfaites des losers magnifiques. C’est une bande dessinée en noir et blanc, avec des aplats de noirs qui font ressortir le trait de l’autrice. Le dessin est parfois très simple sur certains plans, notamment quand elle fait des gros plans sur les personnages, et parfois très expressif, chargé et fouillé sur d’autres. On ressent le plaisir que l’autrice éprouve en dessinant des scènes de foules ou en s’attardant sur certaines textures (un canapé, un mur de brique…) où elle se montre très généreuse. De plus, son dessin fourmille de détails amusants à repérer, comme par exemple les différentes affiches de films d’horreur dont elle parsème l’appartement de Roxane. L’influence des auteurs et autrices indépendants américains est également palapable. Le travail de l'autrice rappelle celui des auteurs Joe Matt ou de Daniel Clowes, dans sa manière de raconter des histoires, mais on pourrait aussi parler de Simon Hanselmann, auteur des bandes dessinées Megg, Mogg and Owl aux éditions Misma qui, lui aussi a le chic pour dessiner des personnages avec des tronches improbables qui transpirent la loose. Roxanne Vend ses Culottes a d’abord vécu sous la forme de fanzine. Il a été lancé en 2021 durant les journées du SoBD, le salon de la BD à Paris. Un fanzine qui a eu un tel succès qu’il a incité l’autrice à raconter cette histoire à s’attaquer à une version longue de prêt de 130 pages. Il s’agit donc de son premier album. Roxane vends ses culottes est, finalement, un album très corrosif, à l’humour parfois trash et sans concession mais qui en même temps reflète une certaine réalité. Celle que vivent certaines personnes en manque de repères, où qui ont l’envie de redéfinir justement ce qu’est que la notion de repère. C'est un livre qui présente l'humanité dans tout ce qu'elle peut avoir de plus absurde, de plus gênant, de plus glauque mais aussi de plus touchant. C'est un album qui nous m'a parfois un peu décontenancé. La représentation des relations amoureuses, sexuelles et relations humaines y est parfois très… trop défaitiste et ces relations apparaissent bien souvent comme de simples transactions monétisées ! Ça reste malgré tout un album plein d'humanité que je recommande chaudement.

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Convoi - Les Aventures de Karen Springwell
Convoi - Les Aventures de Karen Springwell

J’ai lu la série dans l’intégrale sortie récemment. J’en suis sorti avec un ressenti mitigé. L’univers est intéressant, mais pas mal de choses sont datées (même si les jeux de réalité virtuelle étaient peu développés à l’époque – années 1990 – bien moins que maintenant en tout cas, et si cet aspect pouvait alors paraitre relativement innovant). L’entame est intrigante, mais je me suis un peu perdu dans l’intrigue pas toujours très claire par la suite. Même ressenti mitigé concernant le dessin. Il est très lisible, pas de problème, mais je l’ai trouvé souvent figé. A emprunter à l’occasion, la lecture n’est pas désagréable. Mais elle ne m’a pas marqué non plus. Note réelle 2,5/5.

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série La Louve boréale
La Louve boréale

L’histoire de La Louve Boréale se passe au 19ème siècle. Elle raconte le voyage de Joana, une jeune fille quittant le Vieux Continent pour mettre le cap vers le Nouveau Monde et plus précisément, le Grand Nord, la terre promise des chercheurs d’or. Malheureusement pour elle, elle va se rendre compte une fois sur place, qu’elle a mis les pieds dans un monde très masculin, où la seule règle qui prévaut, c’est le chacun pour soi ! L’autrice de cette fable, est espagnole et s’intitule Núria Tamarit. Elle avait déjà signé, en 2020, le très beau « Géante », un conte moyenâgeux qui racontait l’histoire d’une jeune géante recueillie par une famille de paysans. Comme dans La Louve Boréale, il s’agissait d’un récit initiatique et résolument féministe, qui présentait une protagoniste déterminée et qui ne se laissait pas abattre malgré les nombreux obstacles qu’elle avait à affronter. Les couleurs et le trait tout à fait particuliers de Nuria Tamarit nous plongent ici dans un décor du grand nord, à la fois rude et féerique. C'est un univers graphique original et bien assumé qui est développé dans ce vaste album. Cette aventure de chercheurs d'or oppose une poignée de femmes courageuses et bienveillantes à des hommes avides et destructeurs. C'est une fable écologique et humaine qui emmène le lecteur dans de vastes paysages au rythme des rencontres, de l'espoir, des déboires et de la violence vécus par une héroïne résiliente et indéniablement investie de respect pour la nature. Sur son site, l’éditeur Sarbacane décrit ce livre comme un croisement entre l’univers de Jack London (Croc Blanc, L’Appel de la Forêt…) et de Princesse Monoké de Myasaki. J'ajoute qu’il peut aussi fortement faire penser à celui de films d’animations comme Bredan et le Secret de Kells et Le Chant de la Mer.

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Flow
Flow

Flow est une série éditée, en francophonie, aux éditions Big Kana et dont le dernier tome est sorti en juillet 2022. Il était un peu passé sous mon radar, c’est pour cela que j'ai eu très envie de le rattraper. Dans cette série, Yuki Urushibara nous emmène dans un monde très semblable au nôtre, si ce n’est qu’il est parcouru par des phénomènes mystérieux, fantastiques et bizarres qu'on appelle les flows. Les flows, ce sont des phénomènes liés aux émotions humaines et qui sont capables de déformer littéralement la réalité. Par exemple, dans ce tome, un père de famille célibataire a du mal à concilier sa vie de papa et sa vie professionnelle du coup ses émotions lui font générer malgré lui un double qui va prendre le relais pour lui quand il n’aura pas le temps de s'occuper d'un ou l'autre aspect de sa vie. Autre exemple, on découvre une famille qui est malheureuse dans l'appartement dans lequel elle vit… de fait l'appartement disparait et se matérialise ailleurs, soit dans un autre immeuble, soit dans un autre étage soit carrément à la campagne… dernier exemple, à un moment donné, les personnages découvrent une forêt dans laquelle des poissons sont littéralement en train de flotter dans l’air… on découvre un peu plus tard que ce phénomène a été généré par un chat qui estimait ne pas avoir été nourri assez vite. C’est une série composée de chapitres qu’ont peut lire de façon indépendants les uns des autres mais qui sont reliés par un fil rouge : le personnage d’Hirota, un détective qui enquête sur les Flows. Hirota n’enquête pas seul, il est accompagné de son chat Shachô et de son assistante Chima, une jeune fille de 12 ans, qui en réalité en a 35… parce que elle aussi a été victime d’un flow ! Une série très douce et poétique, croisement entre l’univers des Studios Ghibli et la série la Cinquième Dimension.

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Les dessous de Saint-Saturnin
Les dessous de Saint-Saturnin

Les Dessous de Saint-Saturnin est donc une chronique sociale présentant les vies (banales et tellement complexes) des habitants d'un petit village français. Si je n'ai pas (encore) lu les deux premiers tomes, « Le Bistrot d’Emile » et « Tiff’Annie » (un salon de coiffeur tenue par un personnage nommée Annie…), j'ai été happé par le troisième. En effet, avec "Le Garage de Gégé", Bruno Heitz nous propose de suivre le quotidien ordinaire et pourtant truculent des monsieur et madame tout le monde qui habite la petite commune. Le Garage de Gégé débute dans le cabinet du Docteur Blanchart, où le praticien conseille à la vielle madame Germaine de nager dans une rivière pour soigner ses articulations. Comme celle-ci ne sait pas nager, elle va emprunter une chambre à air au garagiste du coin, tout en se faisant aider par Annie, la coiffeuse aperçue dans les tomes précédents. Mais rapidement, l’histoire va prendre un faux air de polar, lorsqu’ Annie découvre que le garagiste a un comportement un peu louche. Elle va, bien malgré elle, mettre ses petits secrets à jour. Comme je l’ai dit, le Garage de Gégé est une chronique sociale humoristique et grinçante, dans laquelle évoluent des personnages truculents qui ont tous et une toutes une répartie bien cinglante. Bruno Heitz emprunte à la fois à des auteurs comme Georges Simenon (Maigret) et Daniel Pennac (Au Bonheur des Ogres). Côté dessin, le style est, en apparence, simple et épuré, tout en noir et blanc, et évoque à la fois les débuts d’Hergé sur Tintin et des séries comme... Tom Tom et Nana.

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Paranormalement
Paranormalement

Paranormalement, c’est un petit album, au format A5 de 142 pages. Il s’agit d’un récit autobiographique, en noir et blanc, réalisé par Fabrice Dèfontaines, en réalité l’auteur Fabrice Tarrin, un dessinateur bien connu des amatrices et amateurs de bd car il a dessiné, entre autre, des albums de Spirou et des livres illustrés d’Astérix. Il signe ce livre sous un autre nom et y raconte sa vie quotidienne, celle de son épouse Caro, et leurs deux jeunes enfants Ulysse et Lou. En ouvrant cette bd, on a l’impression qu’on va lire une petite chronique familiale, mignonne et drôle. Cette impression est renforcée par le dessin, différent du dessin habituel de l’auteur, et qui n’est pas sans rappeler ceux d’auteurs comme Sempé (Le Petit Nicolas) ou Geerts (Jojo). Pendant les 20 premières pages, on vit au rythme de cette petite famille et on s’amuse de l’attitude espiègle et des réflexions des enfants. Et puis, le récit se transforme petit à petit et l’auteur parle de son rapport à la mort et, surtout, de ses expériences personnelles avec le paranormal. En effet, depuis tout jeune, il a parfois des prémonitions ou des sortes de visions qu’il n’explique pas et dont il n’a jamais osé parler. Il décide alors de se renseigner sur ces phénomènes en consultant des médiums, en s’exerçant à la technique de sortie du corps, tout en (re)créant un lien entre sa grand-mère décédée et ses deux jeunes enfants. La thématique est très particulière mais l’auteur l’aborde de façon très pragmatique, sans sensationnalisme ni certitudes. Il nous offre juste son expérience personnelle et nous laisse le choix d’y croire ou non…

09/05/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Ils ont tué Leo Frank
Ils ont tué Leo Frank

Tiens, encore une histoire qui se passe dans les années où le lynchage était à la mode aux États-Unis, avec comme originalité que cette-fois la victime d'une justice biaisée est un juif et non un noir. J'aurais d'ailleurs aimé qu'on ne spoile pas dès le début l'issue du procès. Comme l'affaire Léo Frank est peu connu en francophonie et qu'en plus le principal 'témoin' est un homme noir qui est clairement le coupable, ça aurait été plus passionnant de voir qui entre le juif et le noir les notables remplis de préjugés vont finir par croire dans cette affaire incroyable (première fois de ma vie que je vois un afro-américain tuer une blanche et s'en tirer !). La BD se laisse lire, mais je comprends pas l'intérêt de tout raconter via un flashback. Le récit aurait très bien pu être raconté de manière chronologique et finir sur une scène se passant des décennies après l'affaire lorsque le narrateur fait sa grosse révélation finale. Ajoutons qu'en plus le dessin n'est pas terrible. En gros, un album à emprunter une fois à la bibliothèque et c'est tout.

08/05/2024 (modifier)