Les derniers avis (48998 avis)

Couverture de la série Thorgal Saga - Adieu Aaricia
Thorgal Saga - Adieu Aaricia

J’ai lu cet album globalement avec plaisir, mais j’en suis sorti clairement moins enthousiaste que mes prédécesseurs. Le dessin de Recht est plutôt très bon (je n’avais pas de crainte sur ce point-là), et ne trahit pas trop celui de Rosinski. Mais, lui qui a parfois abusé dans d’autres séries d’une certaine puissance du trait, est paradoxalement resté ici un peu trop sage je trouve. Par contre, j’ai trouvé la colorisation excellente. Le scénario est intéressant, sans être trop original. Il respecte lui aussi l’univers originel, faisant allusion à de vieux albums (normal, puisque l’intrigue nous entraine à la suite d’un Thorgal vieillissant dans son passé). Disons que j’ai préféré la première moitié de l’album. Dans la seconde, plusieurs choses m’ont un peu moins plu. D’abord quelques longueurs, lorsque la petite équipe se lance à la poursuite d’Aaricia enlevée par les Baalds (certes, on prend conscience que Thorgal n’a plus la souplesse et l’endurance de sa jeunesse, mais c’est trop long et répétitif, il aurait peut-être fallu élaguer cette partie). Mais c’est surtout dans le dernier quart que j’ai été gêné, lorsque l’on arrive dans les grottes des Baalds. Toute la longue – trop longue – partie de combats m’est apparu à la fois moins intéressante, moins lisible (certaines cases sont franchement peu claires) et surtout moins crédible (le vieux Thorgal décochant ses flèches m’a fait penser à Orlando Bloom/Légolas ajustant à lui-seul des dizaines d’adversaires). Enfin, j’ai trouvé ce long passage trop éloigné de l’univers de Thorgal, où certes il y avait de la violence, des combats, des morts, mais pas ces longues bastons. Après, la conclusion n’est pas forcément ce que les gens attendaient (je ne sais pas ?), mais Recht imprime sa marque, en déviant la trajectoire connue de tous. Mais c’est le propre de cette nouvelle collection de one-shots que de pouvoir « jouer » avec cet univers familier de beaucoup de lecteurs.

14/05/2023 (MAJ le 11/05/2024) (modifier)
Couverture de la série Les Cinq Conteurs de Bagdad
Les Cinq Conteurs de Bagdad

Je reste partagé après la lecture de cette œuvre. J'aime beaucoup le travail de Velhmann et ici encore j'ai trouvé plusieurs de ses propositions scénaristiques originales et intéressantes. La réflexion sur une forme supérieure du langage, celle de l'inspiration, de la créativité ou du rêve est menée avec beaucoup de rythme et une bonne dose d'humour et d'inventivité. La proposition de départ d'inscrire le récit dans la prédestination et la liberté qu'il reste à Tarek et ses compères est presque d'ordre métaphysique ou du moins philosophique. Malheureusement je trouve le programme bien trop chargé. Cela conduit à une suite de situations auxquelles Velhmann ne donne pas toujours une réponse approfondie. Cela va vite et cela donne parfois l'impression que les situations se résolvent d'elles-mêmes avec un groupe de conteurs plus spectateurs qu'acteurs de leur propre destiné. Enfin si le récit a été assez prenant pour me faire lire l'histoire d'une traite ; j'ai trouvé la fin décevante et l'épilogue superficiel et anachronique. Le graphisme très hachuré de Dechazeau manque un peu de détails mais reste très expressif dans la gestuelle des personnages. Ainsi le dessinateur réussit parfaitement bien à rendre des personnalités bien singulières pour chaque conteur. Son graphisme donne un côté mystérieux qui convient parfaitement à l'esprit de la série. Une lecture intéressante que j'ai trouvé plus intello que divertissante. Ma notation est sûrement un peu sévère mais je n'ai pas réussi à vibrer tout au long des aventures du groupe. 3.5

11/05/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Au bonheur des dames
Au bonheur des dames

Je ne connais Zola que de nom et je n'ai jamais lu ses livres alors je n'ai aucune idée à quel point cette adaptation est fidèle au livre. De ce que j'ai compris en lisant les autres avis, il semblerait que le coté un peu féministe de l'album a été ajouté par l'autrice. Il faut dire que c'est un peu dur de savoir ce qui a été ajouté ou non parce que le récit de base est tout de même bien moderne: Zola décrit l'apparition des grands commerces qui tuent à petits feux les petits commerçants et tout n'est pas rose dans ces grands magasins, avec notamment une hiérarchie à respecter et les hauts-gradés profitent souvent des avantages liés à leur position sur le petit personnel. C'est triste de voir que depuis rien n'a changé et que parfois c'est pire. Le point fort est donc la description par Zola du début de la société de consommation et aussi il y a de bons dialogues. Malheureusement, l'histoire d'amour entre l'héroïne et son patron ne m'a pas du tout passionné et me semble être trop facile et cousue de fil blanc. En fait, les personnages eux-mêmes ne m'ont pas beaucoup intéressé, ce qui fait que j'ai lu le récit sans grande passion. Le dessin est correct.

11/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Mémoires d'Amoros
Les Mémoires d'Amoros

Une série découverte très récemment, et que j’ai bien appréciée. J’ai lu les deux premiers albums, dont les histoires sont indépendantes. Mais qui sont toutes deux bâties sur le même principe, à savoir que nous voyons un octogénaire, Amoros donc, qui est interviewé par une jeune femme, à qui il raconte ses aventures et enquêtes, du temps où il était jeune journaliste à Madrid, dans l’entre-deux guerres. C’est du polar social et politique, qui utilise bien l’arrière-plan politique de l’Espagne de l’époque (de nombreuses explications en bas de page, que j’ai trouvé simples et suffisantes – une annexe un peu plus longue en fin d’album développe un peu plus le contexte), ce qui densifie et dynamise les histoires – par ailleurs pas forcément originales. Mais c’est une lecture très agréable (les références historiques sur l'Espagne du premier tiers du XXème siècle me parlent, je n'ai donc pas été gêné par ça, contrairement à Ro). Le dessin est inégal, mais le plus souvent je l’ai bien aimé. Un trait léger, parfois un rendu ressemblant aux dessins de mode. Mais c’est efficace et la lecture en est rendue plus fluide. J’en suis en tout cas sorti davantage satisfait que mes prédécesseurs (même si je reconnais le rythme très lent – mais pas ennuyeux).

10/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Freaks' Squeele - Clovd
Freaks' Squeele - Clovd

J'avais décroché assez rapidement (après trois ou quatre albums) de la série Freaks' Squeele, et je retente ma chance avec ce spin-off. Il faut dire que je l'ai emprunté au hasard, sans savoir qu'il était lié à une autre série (d'autant plus que je n'ai gardé que peu de souvenirs de ma lecture de la série mère). Et surtout un très rapide feuilletage m'avait convaincu. En effet, j'ai bien aimé le dessin et la colorisation - très sombre (plus à mon goût que sur la série mère en tout cas). Un rendu plaisant, très adapté au ton du récit. Un récit qui baigne dans le post-apocalypse, relativement classique pour ce qui est de l'arrière-plan (pas mal de scènes, en particulier au début, font penser au roman La Route), avec quand même quelques touches originales, comme la présence des centaures au milieu de diverses communautés humaines. Et bien sûr cet "elfe noir", personnage énigmatique qui intègre une de ces communautés. J'ai davantage accroché que pour Freaks' Squeele car il y a beaucoup moins de "manga" dans les expressions, le thème des super-héros est mis de côté. Les amateurs de jeux de rôles y trouveront leur compte, puisque l'une des héroïnes y fait sans cesse référence. En tout cas pour le moment ça reste une série sympa. Rien d'extraordinaire, mais une lecture agréable (et particulièrement soignée au niveau du graphisme).

10/05/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
Couverture de la série Briar - La Rebelle au bois dormant
Briar - La Rebelle au bois dormant

J’aime beaucoup les contes revisités en BD (à commencer par le superbe Fables), je me suis donc procuré ce tome 1, aguiché par la chouette couverture et la promesse d’un concept intéressant, presque uchronique, dans le résumé en quatrième de couverture : et si La Belle au Bois Dormant ne s’était jamais réveillée, car son Prince Charmant avait autre chose à faire ? Et si elle se réveillait des années plus tard alors que son royaume est en ruines ? Le ton est un peu trop trash pour moi (gore, jurons incessants dans la VO), et je ne suis pas non plus fan de l’utilisation de mots compliqués voire pompeux pour donner un style faussement littéraire à la narration. Ceci dit, l’histoire est prenante (mais classique et linéaire), et les personnages sont attachants. On retrouve une bande hétéroclite à la « gardiens de la galaxie », et je dois avouer que j’ai passé un bon moment de lecture malgré tout, et que j'ai envie de connaitre la suite de leurs aventures. Le dessin est très joli dans le genre, et est superbement mis en valeurs par les couleurs. Une aventure fun et remplie d’humour, un peu dans la lignée de ce que fait Soleil en France. Je lirai la suite à l’occasion.

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série American Parano
American Parano

"American Parano", première partie d'un dyptique signé par le duo Hervé Bourhis et Lucas Varela, fait suite à leur précédente collaboration, Le Labo, parue en 2021. Dans cette bande dessinée, l'atmosphère vibrante de la fin des années 60 est parfaitement retranscrite, rappelant l'ambiance de films cultes tels que "Rosermary's Baby" pour la thématique du satanisme, ainsi que les œuvres sombres de David Fincher, comme "Zodiac" et "Seven". L'histoire se déroule à San Francisco en 1967, où la jeune inspectrice Kim Tyler et le vétéran Ulysses Ford enquêtent sur le meurtre brutal d'une étudiante près du Golden Gate. Le cadavre porte un sinistre signe satanique gravé au couteau sur le ventre, menant les enquêteurs à se pencher sur Baron Yeval, leader de l'"Église de Satan". Intriguée par ce mystérieux gourou, Kim décide de poursuivre l'enquête seule, risquant ainsi de perdre son âme au contact de forces obscures. Hervé Bourhis, fin connaisseur de la société et de la musique des années 60, insuffle à ses récits une crédibilité historique saisissante, tandis que Lucas Varela apporte une élégance graphique à la fois rétro-pop et moderne. Cette combinaison réussie entre un scénario captivant et des illustrations saisissantes fait d'"American Parano" une bande dessinée envoûtante et passionnante, plongeant le lecteur au cœur d'une époque marquée par le mystère et la paranoïa.

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Expert (Jennifer Daniel)
L'Expert (Jennifer Daniel)

Nous sommes à la fin des années 70, en Allemagne de l’Est. Mr Martin, ancien soldat SS est désormais un homme de bonne famille, rangé et bien sous tous rapports. Employé de morgue, il est méticuleux et discret. A côté de ça, Mr Martin a un petit problème de boisson… Pas évident quand le médecin en charge de la morgue où il travaille est l’un des pionniers en matière de limitation d’alcoolémie. Tout bascule pour Mr Martin lorsqu’un soir, passablement éméché, il rentre chez lui en voiture et est le témoin d’un accident de la route qui coute la vie à une femme et son jeune enfant. Le coupable de l’accident vient de prendre la fuite. Paniqué, Mr Martin fait de même. Quelques jours plus tard, rongé de remords, il va toutefois décider de mener lui-même l’enquête, quelques jours plus tard pour retrouver le chauffard. Ce récit est, visuellement, magnifique. Le dessin est coloré et mélange à la fois couleurs directes et couleurs numériques. De plus, les personnages et les décors ne sont pas sans rappeler une certaine esthétique d’après-guerre ( dont s’inspirera le style « atome ») et qui, dans cette Allemagne de l’Est, transpire la sévérité et, paradoxalement, la mélancolie. A côté de cela, l’histoire est construite comme un thriller un peu contemplatif. Elle a été inspiré à l’autrice, par des photographies de son grand-père (notamment du travail de ce dernier dans un institut médico-légal) et reflète l’état de l’Allemagne juste avant la chute du Mur de Berlin. On observe avec une certaine fascination la façon dont Mr Martin assemble progressivement les indices comme autant de pièce de puzzle, le mettant sur la piste du mystérieux chauffard.

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Douze
Douze

L'histoire de Douze se déroule dans un grand hôtel de luxe, perdu dans les Alpes. Fin de saison oblige, celui-ci ferme ses portes au grand public. C’est là que se retrouvent douze personnes mystérieuses d’âges et de nationalités différentes autour d’un grand diner. Ces douze personnes sont, en réalité des agents gouvernementaux, d’anciens policiers, des assassins professionnels…Ils ont pour particularité d’avoir été invités par l’Hydre, l’énigmatique dirigeant d’une organisation secrète (il ne se montre qu’affublé d’un masque de démon). Le but de cette invitation : les douze convives devront, le lendemain du diner, s’entretuer les uns les autres jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un ou une. C’est un huis-clos captivant que nous proposent Herik Hanna et Herve Boivin. Déjà parce que cette histoire, sanglante (d’une certaine façon jouissive) est à la croisée des romans d’Agatha Christie et des films de Quentin Tarantino. Ensuite parce que les Alpes françaises offrent un cadre glaçant (sans mauvais jeux de mots) pour ce petit jeu de massacre. Le tout est servi par un dessin réaliste mais avenant (les personnages ont tous et toutes des gueules terriblement marquées), un dessin qui se démarque tout particulièrement lors de la scène de la sublime scène de dîner, véritable pivot du récit.

09/05/2024 (modifier)
Couverture de la série La Quête
La Quête

Le français Frédéric Maupomé (Supers, ed.de la Gouttière) et le belge Wauter Mannaert (Yasmina et les mangeurs de patates, ed Dargaud) s’associent pour proposer une nouvelle série jeunesse : La Quête. Cette histoire se déroule dans un monde, assez semblable au nôtre dans lequel la magie a existé, il y a bien longtemps. Elle a toutefois été relayée au second plan et a été remplacée par une banalité assez confondante. Toutefois, il en reste quelque relents, comme en témoigne cette mystérieuse quête, attribuée à la famille Pellinor depuis l’époque du Roi Arthur. En effet, depuis des générations, les membres de la famille Pellinor traquent la bête Questante, une créature mystérieuse, mi biche-mi-serpent, mi-léopard… le but n’étant pas tant de la capturer, mais de tirer des enseignements de sa traque. C’est dans ce contexte qu’apparait Pelli, le dernier descendant de la famille Pellinor, un jeune homme paumé et sans perspective d’avenir, qui se lance un peu dans la quête de la bête pour faire plaisir à son grand-père. Armé d’une épée magique un peu trop lourde pour lui, et chevauchant sa fidèle monture Geraldine (un vieux scooter rouge hérité de son père), il est aidé, dans sa quête, de la fée Nimué, une fée qui se désespérait d’ennui dans son lac devenu pollué ! Outre le dessin de Wauter Mannaert, toujours aussi expressif et élégant (notamment dans la représentation de la végétation), la Quête est une relecture moderne, surprenante et amusante des légendes Arthurienne. Le mélange des genres (la banalité du monde moderne avec la déchéance de la magie) est vraiment très rafraichissant (il rappelle la bd Nimona, dont a été tiré un film Netflix récemment). C’est fun, c’est décalé, c’est parfois merveilleux…c’est le début d’une grande aventure dont j'attend la suite avec impatience !

09/05/2024 (modifier)