Je vais arrondir aux trois étoiles (ressenti 2,5, avec indulgence), car je ne suis pas le cœur de cible, et un lectorat – bien – plus jeune peu y trouver davantage son compte que moi.
Disons que le conte est sympathique, avec ce jeune fermier qui ne sait comment cohabiter avec son lion, goinfre qui bouffe toute sa basse-cour et son cheptel. L’histoire est racontée par une jeune femme à son fils, avant qu’il ne s’endorme. Du classique donc.
Mais pas exempt de défauts. D’abord, je n’ai pas compris l’intérêt des quatre premières pages (où la mère, artiste peintre, a affaire à un couple de collectionneurs pénibles), qui n’apportent rien au récit et ne sont pas reliées à la suite ?
Ensuite, la narration manque de surprise, reste assez linéaire, tandis que le dessin – très lisible au demeurant – reste quand même minimaliste et un peu brouillon.
Mais c’était le propre de cette collection Comix du Cycliste de donner un espace à de jeunes auteurs (dont plusieurs ont ensuite « percé »).
Note réelle 2,5/5.
Je suis d’accord avec l’avis de Cosme, en particulier lorsqu’il rappelle que l’intrigue n’est pas des plus originales (du post-apocalypse se déroulant dans une Europe de l’Est futuriste). Mais c’est du « classique » bien fait, la lecture est agréable.
D’abord grâce au dessin de Trifogli, qui est très agréable – comme souvent/toujours, et la colorisation de Gonzalbo – sans doute un peu trop froide et « informatique parfois – ne manque pas de qualités non plus.
Une lecture agréable donc, car l’histoire, à défaut de surprendre, est plaisante à suivre. Je ne connais pas le roman d’origine (que l’auteur adapte lui-même), mais je pense qu’il y avait peut-être matière à au moins un diptyque, pour densifier l’intrigue et un peu plus exploiter les décors et le fond de l’intrigue (et peut-être aussi éviter une fin un peu brutale qui laisse presque penser à une suite ?).
Rien d’extraordinaire donc dans cette histoire, mais c’est une bonne lecture d’emprunt, qui satisfera les amateurs du genre qui ne recherchent pas l’originalité à tout prix.
Le dessin est simple mais efficace, agréable et très lisible, du moderne sans fioriture et dynamique. Avec une colorisation qui manque peut-être de nuances, mais qui elle-aussi se révèle très agréable.
Et une histoire assez étrange. Comme l’héroïne, une ados prénommée Léonie, le lecteur est projeté dans « le grand large », sans aucune explication. D’ailleurs, jusqu’au bout Cremers est avare d’explication, et le lecteur doit accepter pas mal de chose. Mais je dois dire que ce mystère relatif fait partie du charme de cette histoire, où tous les protagonistes « naviguent », la terre ferme n’étant entr’aperçu que dans la première page et les quelques dernières.
Tout se passe sur des bateaux, plus ou moins précaires, autour de quelques rares personnages, dont un trio hétéroclite (Léonie, un autre gamin muet, Balthazar, et une adulte décrépie étrange, Agathe). Les autres personnages croisés sont une menace plus ou moins directe contre notre trio.
L’intrigue peut paraître creuse, pleine de longueurs, avec de longs passages où il ne se passe rien, lorsque notre trio dérive. Mais en fait je ne me suis jamais réellement ennuyé, et j’ai plutôt apprécié cette lecture, il y a là un univers étrange (vaguement post-apocalypse ?) original et, avec une économie de moyens (narratifs, mais pas que), Cremers parvient quand même à bâtir un récit intéressant. Un album à découvrir.
Note réelle 3,5/5.
Troisième album de Masereel que je lis et je ne sais pas trop si c'est mon préféré des trois ou celle que j'aime le moins.
Ce récit fantastique rappelle des œuvres comme Frankenstein ou Le Golem avec cette créature artificielle abandonnée par son créateur qui prend soudainement vie et qui va profiter de sa taille de géant pour semer la pagaille partout où il va. Comme on est dans de la pure fiction, Masereel fait ce qu'il veut avec ce géant et cela donne de bonnes scènes (j'adore ce que le géant fait avec dieu et le diable !) ce qui m'a fait donné l'impression que c'était l'album de cet auteur où j'ai le plus accroché.
Malheureusement, j'ai complètement décroché à la fin. C'est juste 2-3 pages environ, mais je ne comprenais pas trop où l'auteur voulait en venir avec cette fin. C'est pratiquement la seule fois pour l'instant dans l'œuvre de Masereel où je me suis dit que du texte pour mieux expliquer le dessin aurait été bénéfique.
Cela reste une curiosité sympathique à lire, surtout si on aime l'auteur.
Seconde lecture de Masereel et encore une fois c'est sympathique, mais cela ne m'a pas marqué plus que ça.
Cette fois-ci on suit l'alter-ego de Masereel. C'est une ode à la liberté, vu que la version de papier de l'auteur fait tout ce qui lui plait en se foutant des conséquences, qui n'a jamais rêvé au moins une fois d'avoir la liberté absolue de tout faire ? Le récit se lit sans problème même s'il ne faut pas s'attendre à un récit bien profond. C'est une suite de péripéties un peu décousue et je ne suis pas grand fan de ce type de structure pour un récit de fiction.
Le dessin est bien fait et joli à regarder.
Je découvre cet auteur qui a été un pionnier des romans graphiques.
J'avais un peu peur au début parce que je ne suis pas très fan des récits muets hormis quelques exceptions. Je trouve que cela se lit trop vite (sauf bien sûr si on prend son temps pour admirer le dessin) et généralement je ne rentre pas dans un univers sans parole. Ici, j'ai trouvé que le résultat était correct.
Masereel était novateur pour l'époque si on tient compte qu'en France à la même époque les bandes dessinées étaient remplies de textes inutiles placés sous les cases, ce qui fait que c'est souvent illisible pour un lecteur d'aujourd'hui. Comme c'est muet, la lecture est plus fluide et le lecteur moderne est dans un terrain plus connu. On suit la vie d'un homme et tout est parfaitement clair, même si on saute les années entre deux cases.
Ceci dit le récit ne m'a pas marqué plus que ça. J'aime bien le dessin de Masereel et c'est un peu intéressant de voir la vie de cette époque, mais cela ne m'a pas semblé un immanquable, hormis d'être un amateur de vieilleries.
Les deux tomes se lisent rapidement et, il faut le dire tout de suite, avec un certain plaisir. La déconstruction du mythe des Dalton, et surtout de sa réécriture - géniale, mais totalement inventée - par Morris, est bien réalisée.
S'il fallait décrire mon sentiment après la lecture de ce diptyque avec un seul mot, j'utiliserai facilement "contemplation". Contemplation d'une époque révolue, d'une époque qui a fait mal à notre héros mais d'une époque qui lui manque de toute évidence. Mais également contemplation de la nature humaine, qui lui fait mal elle aussi, tellement elle s'avère décevante en fin de compte.
"Mauvaise réputation" porte bien son titre. Emmett Dalton est devenu un bandit un peu malgré lui, si l'on en suit la biographie qui nous est faite ici. Il le regrette mais, que cela lui ou ses frères, ce virage vers le banditisme n'est pas de leur fait, on les y a poussé. L'époque certainement, dans laquelle il fallait plus survivre que vivre, mais aussi leurs congénères, vils et mauvais, en sont les premiers responsables, toujours selon Emmett.
Les deux tomes nous plongent dans leur passé donc. Par le biais du producteur de cinéma souhaitant retranscrire l'histoire de la fratrie, la parole est donnée directement à Emmett, dernier survivant, qui va nous raconter, des prémices jusqu'à la chute, les aventures de la fratrie sûrement la plus iconique du far west américain. L'histoire n'est pas tout à fait linéaire, les souvenirs, ou les choix, d'Emmett nous emmènent là où il le souhaite, nous contant là un braquage, là un évènement marquant de son histoire ou de celle de l'un de ses frangins.
L'ensemble s'appréhende plutôt bien, malgré peut-être quelques difficultés par moment pour reconnaître tel ou tel Dalton, l'astuce de Morris n'étant pas utilisée ici ;)
Le dessin m'a beaucoup plus, en particulier dans la palette de couleurs, pastel, utilisée. La technique maniée ici colle à l'histoire que l'on nous raconte (celle des souvenirs peut-être un peu embrumés) et, certaines planches sont particulièrement réussies.
Pour terminer, je salue le travail réalisé sur les couvertures, absolument magnifiques de simplicité.
Une lecture pas indispensable, mais qui n’est pas non plus inintéressante, sur un personnage qui occupe les médias depuis plusieurs décennies, entre politique et show-biz (et qui a fait le lien entre les deux).
Même si les auteurs (dans certaines bulles en off) « corrigent » certaines approximations de Lang (qui a tendance à s’attribuer exclusivement certaines décisions que d’autres ont prises), et s’ils émettent – là aussi en off – certaines critiques, le principal reproche à leur faire, c’est de ne pas avoir trop cherché à écorner la « légende dorée » du bonhomme, de ne pas avoir vraiment posé les questions qui auraient pu fâcher. On reste entre gens de bonne compagnie, on sert le plat poliment – l’album étant bâti sur des entretiens avec Jack Lang et sa femme, on imagine aisément que certaines questions gênantes auraient donné lieu à des problèmes pour poursuivre. Ce « journalisme de connivence » (les auteurs admettent au début côtoyer le bonhomme, vivant dans le même quartier) reste habituel et gênant.
Voilà pour les limites de ce genre d’album. Mais à côté de ça, il recèle pourtant d’autres aspects intéressants. D’abord, même si l’essentiel tourne autour de la période durant laquelle Jack Lang a été à la manette au ministère de la culture (voir le bornage chronologique en couverture), la longue partie de « gestation », la vingtaine d’années durant lesquelles il va avec sa femme mener d’innombrables projets culturels à bien, comment il va développer le festival de théâtre de Nancy est non seulement intéressante pour comprendre le personnage, mais aussi pour captiver le lecteur. Accessoirement, que l’on aime ou pas le bonhomme, sa lui donne du coffre, une légitimité (accentuée par ses décisions en tant que ministre) qui le place à des années lumières au-dessus de ses successeurs (pour ne rien dire de Rachida Dati, ‘actuelle ministre, qui n’a rien dit ou fait dans ce domaine avant, et se sert de ce ministère pour sa carrière politique, ce qui est l’inverse de Jack Lang, qui est venu en politique grâce à son action dans ce domaine !). Tous ces passages sont instructifs, un travail de terrain dont on se demande s’il est encore possible aujourd’hui, à l’heure des restrictions budgétaires autour de la culture.
L’autre aspect intéressant, c’est tout ce qui concerne Mitterrand. En effet – et Lang joue bien sûr là-dessus avec gourmandise – une bonne partie de l’album tourne aussi autour des relations entre le couple Lang et le couple Mitterrand, qui ont été très proches, se retrouvant régulièrement les uns chez les autres (avec le couple Hanin aussi – au passage, j’ai été étonné de voir Roger Hanin à Latché en 1979 faire allusion à « Navarro » (série dont il n’incarnera le rôle-titre que plus de dix ans plus tard !?). On apprend ainsi à mieux connaître certains aspects de Mitterrand.
Au final, un album dispensable donc, mais plus intéressant que je ne le craignais en l’empruntant. Malgré un récit qui use de la brosse à reluire, le personnage de Lang prend de l’épaisseur, et se révèle ici à la fois un bel animal politique (avec les côtés positifs et négatifs que cela sous-tend) et un personnage moins monolithique que ce que les médias et/ les parodies (Guignols en tête) m’avaient montré.
Le dessin de de Monfreid, léger et proche d'un dessin de presse, colle bien à ce type de récit.
Je ne suis généralement pas friand de ces produits dérivés de jeux vidéo, qui essayent avec plus ou moins de succès de développer les univers dont ils sont inspirés, mais j’ai fait exception avec ce one-shot, ayant a-do-ré « God of War » de Santa Monica Studio sur PS4. J’étais donc content de retrouver dans cette préquelle les personnages auxquels je m’étais beaucoup attachés.
L’histoire est relativement simple, linéaire et peu marquante. La narration est composée principalement des réflexions de Kratos en voix-off (gros changement par rapport au jeu, dans lequel il parle très peu) sur son combat intérieur pour contrôler les épisodes de rage auxquels il succombe trop souvent. C’est convenu et peu marquant, sans être désagréable.
La mise en image est réussie et retranscrit parfaitement l’univers du jeu. Les scènes d’action (assez nombreuses) sont spectaculaires tout en restant très lisibles.
Je note généreusement en tant que gros fan du jeu, mais j’imagine que cet album aura peu d’intérêt si vous n’y avez pas joué.
Un tome que j’ai emprunté un peu au pifomètre, séduit par le dessin tout en me méfiant bien du titre, un peu trop long et pompeux à mon goût.
Et bien j’ai bien aimé, les 2 auteures adaptent un roman que je ne connaissais pas du tout. Rien de sorcier et je ne monterai pas au franchement bien mais j’ai trouvé ça pas mal du tout, d’autant plus que je ne suis pas spécialement le public.
Les personnages ne m’ont pas vraiment parlé cependant j’ai quand même passé un bon petit moment de lecture. J’ai trouvé le dessin agréable et doux, il n’y a que les têtes masculines que je trouvent moins réussies, sinon c’est fluide et le style convient bien au genre.
Au niveau du scénario j’avais un peu peur, nous suivrons Diane qui a vécu un drame familiale et à du mal à remonter la pente (assez compréhensible vu la cause). Les événements font qu’elle va partir s’isoler en Irlande … et finalement faire une rencontre qui lui fera redécouvrir le goût de la vie.
C’est assez plaisant à lire, j’avais une crainte sur l’effet rom.com (façon The Holiday) mais ça évite finalement les écueils. Nous ne sommes pas dans la comédie mais bien sur un portrait de femme qui doit réapprendre à vivre. Hormis quelques facilités entre autres choses qui peuvent faire tiquer, j’ai trouvé le ton (et la fin) assez juste et intelligent.
Un album sympathique, j’ai vu qu’une suite existait, je tomberai volontiers dessus.
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Les Fauves sont lâches
Je vais arrondir aux trois étoiles (ressenti 2,5, avec indulgence), car je ne suis pas le cœur de cible, et un lectorat – bien – plus jeune peu y trouver davantage son compte que moi. Disons que le conte est sympathique, avec ce jeune fermier qui ne sait comment cohabiter avec son lion, goinfre qui bouffe toute sa basse-cour et son cheptel. L’histoire est racontée par une jeune femme à son fils, avant qu’il ne s’endorme. Du classique donc. Mais pas exempt de défauts. D’abord, je n’ai pas compris l’intérêt des quatre premières pages (où la mère, artiste peintre, a affaire à un couple de collectionneurs pénibles), qui n’apportent rien au récit et ne sont pas reliées à la suite ? Ensuite, la narration manque de surprise, reste assez linéaire, tandis que le dessin – très lisible au demeurant – reste quand même minimaliste et un peu brouillon. Mais c’était le propre de cette collection Comix du Cycliste de donner un espace à de jeunes auteurs (dont plusieurs ont ensuite « percé »). Note réelle 2,5/5.
Morpheus
Je suis d’accord avec l’avis de Cosme, en particulier lorsqu’il rappelle que l’intrigue n’est pas des plus originales (du post-apocalypse se déroulant dans une Europe de l’Est futuriste). Mais c’est du « classique » bien fait, la lecture est agréable. D’abord grâce au dessin de Trifogli, qui est très agréable – comme souvent/toujours, et la colorisation de Gonzalbo – sans doute un peu trop froide et « informatique parfois – ne manque pas de qualités non plus. Une lecture agréable donc, car l’histoire, à défaut de surprendre, est plaisante à suivre. Je ne connais pas le roman d’origine (que l’auteur adapte lui-même), mais je pense qu’il y avait peut-être matière à au moins un diptyque, pour densifier l’intrigue et un peu plus exploiter les décors et le fond de l’intrigue (et peut-être aussi éviter une fin un peu brutale qui laisse presque penser à une suite ?). Rien d’extraordinaire donc dans cette histoire, mais c’est une bonne lecture d’emprunt, qui satisfera les amateurs du genre qui ne recherchent pas l’originalité à tout prix.
Le Grand Large (Jean Cremers)
Le dessin est simple mais efficace, agréable et très lisible, du moderne sans fioriture et dynamique. Avec une colorisation qui manque peut-être de nuances, mais qui elle-aussi se révèle très agréable. Et une histoire assez étrange. Comme l’héroïne, une ados prénommée Léonie, le lecteur est projeté dans « le grand large », sans aucune explication. D’ailleurs, jusqu’au bout Cremers est avare d’explication, et le lecteur doit accepter pas mal de chose. Mais je dois dire que ce mystère relatif fait partie du charme de cette histoire, où tous les protagonistes « naviguent », la terre ferme n’étant entr’aperçu que dans la première page et les quelques dernières. Tout se passe sur des bateaux, plus ou moins précaires, autour de quelques rares personnages, dont un trio hétéroclite (Léonie, un autre gamin muet, Balthazar, et une adulte décrépie étrange, Agathe). Les autres personnages croisés sont une menace plus ou moins directe contre notre trio. L’intrigue peut paraître creuse, pleine de longueurs, avec de longs passages où il ne se passe rien, lorsque notre trio dérive. Mais en fait je ne me suis jamais réellement ennuyé, et j’ai plutôt apprécié cette lecture, il y a là un univers étrange (vaguement post-apocalypse ?) original et, avec une économie de moyens (narratifs, mais pas que), Cremers parvient quand même à bâtir un récit intéressant. Un album à découvrir. Note réelle 3,5/5.
L'Œuvre
Troisième album de Masereel que je lis et je ne sais pas trop si c'est mon préféré des trois ou celle que j'aime le moins. Ce récit fantastique rappelle des œuvres comme Frankenstein ou Le Golem avec cette créature artificielle abandonnée par son créateur qui prend soudainement vie et qui va profiter de sa taille de géant pour semer la pagaille partout où il va. Comme on est dans de la pure fiction, Masereel fait ce qu'il veut avec ce géant et cela donne de bonnes scènes (j'adore ce que le géant fait avec dieu et le diable !) ce qui m'a fait donné l'impression que c'était l'album de cet auteur où j'ai le plus accroché. Malheureusement, j'ai complètement décroché à la fin. C'est juste 2-3 pages environ, mais je ne comprenais pas trop où l'auteur voulait en venir avec cette fin. C'est pratiquement la seule fois pour l'instant dans l'œuvre de Masereel où je me suis dit que du texte pour mieux expliquer le dessin aurait été bénéfique. Cela reste une curiosité sympathique à lire, surtout si on aime l'auteur.
Mon livre d'heures
Seconde lecture de Masereel et encore une fois c'est sympathique, mais cela ne m'a pas marqué plus que ça. Cette fois-ci on suit l'alter-ego de Masereel. C'est une ode à la liberté, vu que la version de papier de l'auteur fait tout ce qui lui plait en se foutant des conséquences, qui n'a jamais rêvé au moins une fois d'avoir la liberté absolue de tout faire ? Le récit se lit sans problème même s'il ne faut pas s'attendre à un récit bien profond. C'est une suite de péripéties un peu décousue et je ne suis pas grand fan de ce type de structure pour un récit de fiction. Le dessin est bien fait et joli à regarder.
25 images de la passion d'un homme
Je découvre cet auteur qui a été un pionnier des romans graphiques. J'avais un peu peur au début parce que je ne suis pas très fan des récits muets hormis quelques exceptions. Je trouve que cela se lit trop vite (sauf bien sûr si on prend son temps pour admirer le dessin) et généralement je ne rentre pas dans un univers sans parole. Ici, j'ai trouvé que le résultat était correct. Masereel était novateur pour l'époque si on tient compte qu'en France à la même époque les bandes dessinées étaient remplies de textes inutiles placés sous les cases, ce qui fait que c'est souvent illisible pour un lecteur d'aujourd'hui. Comme c'est muet, la lecture est plus fluide et le lecteur moderne est dans un terrain plus connu. On suit la vie d'un homme et tout est parfaitement clair, même si on saute les années entre deux cases. Ceci dit le récit ne m'a pas marqué plus que ça. J'aime bien le dessin de Masereel et c'est un peu intéressant de voir la vie de cette époque, mais cela ne m'a pas semblé un immanquable, hormis d'être un amateur de vieilleries.
Mauvaise Réputation - La Véritable Histoire d'Emmett Dalton
Les deux tomes se lisent rapidement et, il faut le dire tout de suite, avec un certain plaisir. La déconstruction du mythe des Dalton, et surtout de sa réécriture - géniale, mais totalement inventée - par Morris, est bien réalisée. S'il fallait décrire mon sentiment après la lecture de ce diptyque avec un seul mot, j'utiliserai facilement "contemplation". Contemplation d'une époque révolue, d'une époque qui a fait mal à notre héros mais d'une époque qui lui manque de toute évidence. Mais également contemplation de la nature humaine, qui lui fait mal elle aussi, tellement elle s'avère décevante en fin de compte. "Mauvaise réputation" porte bien son titre. Emmett Dalton est devenu un bandit un peu malgré lui, si l'on en suit la biographie qui nous est faite ici. Il le regrette mais, que cela lui ou ses frères, ce virage vers le banditisme n'est pas de leur fait, on les y a poussé. L'époque certainement, dans laquelle il fallait plus survivre que vivre, mais aussi leurs congénères, vils et mauvais, en sont les premiers responsables, toujours selon Emmett. Les deux tomes nous plongent dans leur passé donc. Par le biais du producteur de cinéma souhaitant retranscrire l'histoire de la fratrie, la parole est donnée directement à Emmett, dernier survivant, qui va nous raconter, des prémices jusqu'à la chute, les aventures de la fratrie sûrement la plus iconique du far west américain. L'histoire n'est pas tout à fait linéaire, les souvenirs, ou les choix, d'Emmett nous emmènent là où il le souhaite, nous contant là un braquage, là un évènement marquant de son histoire ou de celle de l'un de ses frangins. L'ensemble s'appréhende plutôt bien, malgré peut-être quelques difficultés par moment pour reconnaître tel ou tel Dalton, l'astuce de Morris n'étant pas utilisée ici ;) Le dessin m'a beaucoup plus, en particulier dans la palette de couleurs, pastel, utilisée. La technique maniée ici colle à l'histoire que l'on nous raconte (celle des souvenirs peut-être un peu embrumés) et, certaines planches sont particulièrement réussies. Pour terminer, je salue le travail réalisé sur les couvertures, absolument magnifiques de simplicité.
Formidable
Une lecture pas indispensable, mais qui n’est pas non plus inintéressante, sur un personnage qui occupe les médias depuis plusieurs décennies, entre politique et show-biz (et qui a fait le lien entre les deux). Même si les auteurs (dans certaines bulles en off) « corrigent » certaines approximations de Lang (qui a tendance à s’attribuer exclusivement certaines décisions que d’autres ont prises), et s’ils émettent – là aussi en off – certaines critiques, le principal reproche à leur faire, c’est de ne pas avoir trop cherché à écorner la « légende dorée » du bonhomme, de ne pas avoir vraiment posé les questions qui auraient pu fâcher. On reste entre gens de bonne compagnie, on sert le plat poliment – l’album étant bâti sur des entretiens avec Jack Lang et sa femme, on imagine aisément que certaines questions gênantes auraient donné lieu à des problèmes pour poursuivre. Ce « journalisme de connivence » (les auteurs admettent au début côtoyer le bonhomme, vivant dans le même quartier) reste habituel et gênant. Voilà pour les limites de ce genre d’album. Mais à côté de ça, il recèle pourtant d’autres aspects intéressants. D’abord, même si l’essentiel tourne autour de la période durant laquelle Jack Lang a été à la manette au ministère de la culture (voir le bornage chronologique en couverture), la longue partie de « gestation », la vingtaine d’années durant lesquelles il va avec sa femme mener d’innombrables projets culturels à bien, comment il va développer le festival de théâtre de Nancy est non seulement intéressante pour comprendre le personnage, mais aussi pour captiver le lecteur. Accessoirement, que l’on aime ou pas le bonhomme, sa lui donne du coffre, une légitimité (accentuée par ses décisions en tant que ministre) qui le place à des années lumières au-dessus de ses successeurs (pour ne rien dire de Rachida Dati, ‘actuelle ministre, qui n’a rien dit ou fait dans ce domaine avant, et se sert de ce ministère pour sa carrière politique, ce qui est l’inverse de Jack Lang, qui est venu en politique grâce à son action dans ce domaine !). Tous ces passages sont instructifs, un travail de terrain dont on se demande s’il est encore possible aujourd’hui, à l’heure des restrictions budgétaires autour de la culture. L’autre aspect intéressant, c’est tout ce qui concerne Mitterrand. En effet – et Lang joue bien sûr là-dessus avec gourmandise – une bonne partie de l’album tourne aussi autour des relations entre le couple Lang et le couple Mitterrand, qui ont été très proches, se retrouvant régulièrement les uns chez les autres (avec le couple Hanin aussi – au passage, j’ai été étonné de voir Roger Hanin à Latché en 1979 faire allusion à « Navarro » (série dont il n’incarnera le rôle-titre que plus de dix ans plus tard !?). On apprend ainsi à mieux connaître certains aspects de Mitterrand. Au final, un album dispensable donc, mais plus intéressant que je ne le craignais en l’empruntant. Malgré un récit qui use de la brosse à reluire, le personnage de Lang prend de l’épaisseur, et se révèle ici à la fois un bel animal politique (avec les côtés positifs et négatifs que cela sous-tend) et un personnage moins monolithique que ce que les médias et/ les parodies (Guignols en tête) m’avaient montré. Le dessin de de Monfreid, léger et proche d'un dessin de presse, colle bien à ce type de récit.
God of War
Je ne suis généralement pas friand de ces produits dérivés de jeux vidéo, qui essayent avec plus ou moins de succès de développer les univers dont ils sont inspirés, mais j’ai fait exception avec ce one-shot, ayant a-do-ré « God of War » de Santa Monica Studio sur PS4. J’étais donc content de retrouver dans cette préquelle les personnages auxquels je m’étais beaucoup attachés. L’histoire est relativement simple, linéaire et peu marquante. La narration est composée principalement des réflexions de Kratos en voix-off (gros changement par rapport au jeu, dans lequel il parle très peu) sur son combat intérieur pour contrôler les épisodes de rage auxquels il succombe trop souvent. C’est convenu et peu marquant, sans être désagréable. La mise en image est réussie et retranscrit parfaitement l’univers du jeu. Les scènes d’action (assez nombreuses) sont spectaculaires tout en restant très lisibles. Je note généreusement en tant que gros fan du jeu, mais j’imagine que cet album aura peu d’intérêt si vous n’y avez pas joué.
Les Gens heureux lisent et boivent du café
Un tome que j’ai emprunté un peu au pifomètre, séduit par le dessin tout en me méfiant bien du titre, un peu trop long et pompeux à mon goût. Et bien j’ai bien aimé, les 2 auteures adaptent un roman que je ne connaissais pas du tout. Rien de sorcier et je ne monterai pas au franchement bien mais j’ai trouvé ça pas mal du tout, d’autant plus que je ne suis pas spécialement le public. Les personnages ne m’ont pas vraiment parlé cependant j’ai quand même passé un bon petit moment de lecture. J’ai trouvé le dessin agréable et doux, il n’y a que les têtes masculines que je trouvent moins réussies, sinon c’est fluide et le style convient bien au genre. Au niveau du scénario j’avais un peu peur, nous suivrons Diane qui a vécu un drame familiale et à du mal à remonter la pente (assez compréhensible vu la cause). Les événements font qu’elle va partir s’isoler en Irlande … et finalement faire une rencontre qui lui fera redécouvrir le goût de la vie. C’est assez plaisant à lire, j’avais une crainte sur l’effet rom.com (façon The Holiday) mais ça évite finalement les écueils. Nous ne sommes pas dans la comédie mais bien sur un portrait de femme qui doit réapprendre à vivre. Hormis quelques facilités entre autres choses qui peuvent faire tiquer, j’ai trouvé le ton (et la fin) assez juste et intelligent. Un album sympathique, j’ai vu qu’une suite existait, je tomberai volontiers dessus.