Les derniers avis (48998 avis)

Couverture de la série Perdita Queen
Perdita Queen

Crisse n’innove pas vraiment avec cette histoire, qui mêle passé et présent, en introduisant du fantastique dans une intrigue policière (autour d’un serial killer). Mais c’est globalement bien fichu, dynamique, même si parfois les nombreux allers-retours entre les deux époques hachent un peu le récit, et si les rebondissements sur la fin sont un peu balancés en rafale (façon who dunnit ?), pour un final un peu bâclé (je m'aperçois en l'avisant que cet album a connu une sorte de suite, mais les avis ne m'encouragent pas à aller la découvrir !). Disons que c’est une lecture sympathique, dont l’intrigue sera vite oubliée, mais qui procure un bon moment de lecture. Le dessin est du Crisse classique, on aime ou pas. Si les héroïnes sont forcément outrancièrement pulpeuses (c'en est presque caricatural), Perdita n’est pas forcément habillée comme une bimbo (contrairement à la couverture de l’édition originale dans laquelle j’ai lu l’histoire). Je n’ai par contre pas aimé les chevelures, énormes et « flottantes » (me donnant l’impression que Perdita portait une visière !). Une lecture d’emprunt, sans prétention, mais pas désagréable. Il ne faut pas en attendre trop quand même.

15/05/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Bâtardes de Zeus
Bâtardes de Zeus

Britomartis et Physalis sont deux jeunes femmes, amies d'enfance et vivant sur une petite île grecque isolée. Elles sont également filles de Zeus, issues des frasques adultères du volage Dieu des Dieux, et elles ont été abandonnées par lui depuis leur naissance. Physalis enrage de cette situation et est bien décidée à escalader l'Olympe pour aller dire ses quatre vérités à ce père indigne. Elle entraîne pour cela Britomartis avec elle avec comme autre objectif, de rencontrer en chemin autant d'autres bâtards de Zeus que possible, pour rencontrer leurs demi-frères et demi-soeurs et peut-être comparer leurs vies. La couverture est attirante par sa composition et son choix de couleurs originales. Les planches sont plus simples mais elles sont charmantes et dans ce style si personnel de l'autrice. Celle-ci a structuré son histoire en chapitres introduits à chaque fois par une strophe de poème cynique et un peu moqueur dont on retrouve l'intégrale en fin d'album pour mieux apprécier la chanson complète de cette fable antique. Bâtardes de Zeus reprend les thématiques féministes chères à Agnès Maupré et les transpose dans l'univers de la mythologie grecque pour montrer les facettes sexistes et dominatrices de cette dernière tout en y apportant une vision plus moderne et en questionnant la place de la femme. L'ennui, c'est qu'elle le fait d'une manière qui manque de finesse. Pour commencer, il y a une structure en épisodes qui donne un aspect décousu à l'ensemble : le fil rouge reste présent mais les évènements s'enchainent avec un certain manque de suivi et de structure d'ensemble. Mais c'est surtout le ton global qui peine à charmer. La mythologie grecque fourmille de ces bâtards de Zeus, enfants issus des subterfuges amoureux du dieu, de ses frasques, déguisements et autres transformations en animaux divers voire même carrément en pluie. Mais cette mythologie n'a jamais présenté cela comme des prouesses et n'a jamais dépeint les dieux comme des êtres parfaits : au contraire, ils ont toujours été dépeints comme faillibles, emplis de défauts et dotés d'un caractère terrible et égocentrique. Autant dire que moins on avait affaire à eux, mieux c'était, l'essentiel étant de ne pas attirer leur colère pour profiter malgré tout de leurs quelques bienfaits indispensables. Du coup, quand Agnès Maupré vient dans son récit appuyer à nouveau avec insistance sur les terribles défauts et le sexisme dominateur des dieux et autres héros antiques, cela devient redondant et sonne trop facile. Les hommes y paraissent tous soit de gros benêts, rarement gentils et plus souvent simplement idiots, soit des monstres d'égoïsme et de brutalité. Les femmes y sont toutes des victimes ou presque, des dieux, des hommes ou de la société en général. Tant et si bien que cette balade au cœur des mythes grecs s'est révélée cousue de fil blanc, malgré un léger retournement de situation en fin d'album qui le ramène à une réalité un peu plus nuancée. J'en ressors assez déçu car j'espérais beaucoup de cette nouvelle revisite d'une mythologie que j'aime beaucoup, revisite que j'espérais teintée d'un féminisme plus fin et moins rentre-dedans. J'y ai toutefois trouvé une histoire assez originale, un dessin qui ne manque pas de charme et une certaine sincérité malgré tout qui m'ont amené sans déplaisir jusqu'au bout de cette fable moderne dans ce cadre antique.

15/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Shadow of the Batgirl
Shadow of the Batgirl

Bon c’est mignon mais vous pouvez largement vous en passer. Malgré le beau nombre de pages, un album qui se lit relativement vite et si sa lecture n’est pas foncièrement désagréable, ça s’adresse clairement bien plus aux plus jeunes qu’aux amateurs de Gotham. C’est le premier album que j’emprunte sur cette héroïne, je connaissais un peu le background autour de la version Barbara Gordon mais je découvre pour l’occasion son successeur Cassandra Cain, une jeune métis Chinoise qui sera au centre de l’histoire. Les deux auteures nous livrent ici son origin-story (voir description pour les détails), sa rencontre avec une certaine bibliothécaire en fauteuil roulant et Jackie (personnage inédit qui deviendra sa mentor asiatique) lui ouvrira le chemin pour découvrir la vie et se réinventer. Malgré un manque de surprises, pas mal de facilités et un ton trop teenage pour me ravir, ça se laisse lire très facilement, c’est fluide et coloré, le dessin est agréable avec quelques chouettes double-planches. Du plutôt bon travail dans l’ensemble pour un portrait de jeune femme qui plaira sans doute plus aux adolescentes.

15/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Feu et la glace
Le Feu et la glace

Utiliser des personnages historiques pour raconter un récit fictionnel me pose toujours problème car je ne sais que très rarement distinguer le vrai du faux. Et je dois bien avouer avoir longtemps cru que ce récit relatait une histoire vraie mais romancée. Pourtant, il s'agit d'une pure fiction, d'un fantasme des auteurs qui profitent de l'occasion pour réunir un casting de rêve pour la réalisation d'un film entièrement tourné sur un paquebot. On y croise ainsi Marlène Dietrich et Louise Brooks, Georg Wilhelm Pabst et Kurt Weil, Ira Gershwin et Bertold Brecht, sans oublier Adelaide Hall : autant de noms qui parleront aux amateurs de cinéma de l'entre-deux-guerres, de music-hall ou de littérature. C'est l'occasion d'également évoquer les balbutiements du cinéma parlant et des techniques utilisées à l'époque (j'ai ainsi appris à quoi servait réellement le clap lors des tournages) tout en nous plongeant dans ces années folles. Le dessin de Jürg tout comme le scénario de Cornette m'ont à la fois plu et gêné aux entournures. Au niveau du dessin, il y a une constante raideur dans la tenue des personnages qui accentue l'aspect caricatural de leur 'jeu'. Je m'y suis habitué à terme mais ce n'est quand même pas le trait que je préfère. Par contre, tant au niveau de la physionomie des personnages que du soin accordé aux décors, l'artiste parvient pleinement à me plonger dans son histoire ! Au niveau du scénario de Cornette, je trouve que tout se déroule toujours un peu trop vite, comme si le film était joué en accéléré (pas de beaucoup mais juste assez pour que cela crée un malaise). Par contre, l'histoire en elle-même est plaisante à suivre et instructive par plus d'un aspect. Finalement, j'ai quand même été assez séduit par ce récit, que j'ai trouvé divertissant, amusant dans son idée et peuplé de personnages souvent hauts en couleurs (à commencer par Dietrich et Brooks). En fait, c'est un bel hommage au cinéma, qui respire la sincérité de la part des auteurs et qui plaira à plus d'un lecteur (dont moi).

15/05/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Inconnu du Tour de France
L'Inconnu du Tour de France

Quand on explore la collection "Michel Vaillant présente Palmarès inédit", on découvre quelques vieilleries assez attendrissantes (du moins si on garde une certaines nostalgie pour les courts récits qui animaient les magazines des années '50 et '60, le magazine Tintin dans ce cas précis). Outre ses 'Oncle Paul' et autres 'Labourdet', Jean Graton avait donc signé plusieurs récits centrés sur le cyclisme... et cette compilation permet d'en découvrir 12, soit qu'il avait réalisés en solo, soit épaulé par un scénariste (Yves Duval dans la majeure partie des cas, et Michel Deverchin pour un seul et unique récit). Les deux premiers récits présentés dans cet album sont des histoires de type policier. C'est assez convenu mais bien tourné et surtout cela permet de montrer la maitrise technique de Jean Graton dès le moment où l'action prend le dessus (notamment lors de certaines scènes de poursuite). Les autres récits émargent plutôt au genre biographique ou documentaire. On redécouvre alors le parcours de quelques grands coureurs de la fin des années '40 jusqu'au début des années '50 (Stan Ockers, Charlie Gaule, Jacques Anquetil, pour n'en citer que trois) ou les origines du tour de France ou encore le rôle des domestiques au sein d'une équipe cycliste. Ces courts récits ne sont pas sans rappeler les belles histoires de l'oncle Paul et fondamentalement seul l'oncle Paul manque pour qu'on puisse les intégrer à cette série. C'est donc de la bande dessinée très datée et très formatée. mais elle est bien réalisée, plaisante à lire et surtout elle nous replonge dans une époque à laquelle un vieux lecteur peut rester attaché. La recolorisation de ces différents récits, le soin du dessin, la précision du trait sont autant de facteurs qui garantissent une lecture facile. Vraiment, c'est pas mal du tout, totalement anecdotique, à réserver aux vieux dans mon genre... mais j'ai éprouvé un réel plaisir à lire ou relire ces courtes histoires.

15/05/2024 (modifier)
Couverture de la série Kosmograd - Avant la chute
Kosmograd - Avant la chute

Etant totalement ignorant de la série mère, je craignais quelque peu de lire cette préquel. Fort heureusement, il n'est absolument pas nécessaire d'avoir lu 'Kosmograd' avant de se lancer dans 'Avant la chute' et si des références y sont faites, les ignorer n'entache en rien le plaisir de lecture. 'Kosmograd - Avant la chute' se présente comme un récit d'anticipation dans lequel l'auteur imagine un futur plausible de notre planète. Les thèmes développés tiennent compte de nos inquiétudes actuelles (réchauffement climatique, migration des populations, et bien entendu exploitation des masses les plus pauvres par quelques privilégiés) et le récit s'articule autour de deux personnages que nous allons suivre à tour de rôle dans un premier temps. On se doute bien que ces deux-là finiront par se rencontrer mais le fait de les séparer au début du récit permet à l'auteur de nous montrer deux facettes de l'univers qu'il a imaginé. J'ai trouvé les personnages plaisant. Surtout donner le rôle de la migrante à une jeune européenne m'a bien plu car ce profil accentue encore notre identification au personnage. L'histoire est bien menée, clairement racontée avec des enjeux bien définis et des thématiques d'actualité. La lecture est donc adaptée à un large public, depuis les jeunes adolescents jusqu'aux vieux cons dans mon genre. Le dessin, lui, est plus moderne et plaira plus rapidement aux jeunes lecteurs qu'aux plus vieux. Mais il est très lisible et une fois qu'on s'y est habitué, force est de reconnaitre que l'auteur maitrise son sujet : le dynamisme et l'expressivité des personnages sont bien réels tandis que les décors imposent leur présence sans écraser les planches. A titre personnel, je suis bien décidé à lire la suite de ce récit... et même à me pencher sur la série mère ! Pas mal du tout, en somme !

15/05/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Voyage au centre de la Terre (Delcourt)
Voyage au centre de la Terre (Delcourt)

C'est plutôt méfiant que je me suis lancé dans la lecture de cette adaptation de Jules Verne. Proposer en 2 tomes de moins de 50 pages chacun un roman qui en compte plus de 300, ça me paraissait bien audacieux... et casse gueule ! Mais je dois dire que le graphisme de Patrice Le Sourd aura su me charmer pour me faire redécouvrir l'un des Jules Verne que je dévorais ado. Et c'est ce trait assez rond qui s'imprime aussi bien dans les décors, les véhicules que ses personnages animaliers qui a su me séduire dans cette adaptation menée par Rodolphe et intelligemment dessinée Patrice Le Sourd. Alors oui, ça coupe sec, mais l'ambiance est là et on se laisse doucement bercer par ce parfum d'aventure qui s'échappe inéluctablement des histoires de Jules Verne. Une petite madeleine de Proust pour ce qui me concerne, mais pourquoi pas une bonne entrée en matière pour un jeune public qui pourrait donner envie d'aller découvrir les autres romans de ce génie de la littérature du XIXe siècle. *** Tome 2 *** Voici donc le 2e et dernier tome de cette adaptation. Le trait de Patrice Le Sourd est toujours aussi agréable et propice à l'immersion dans l'imaginaire vernien, mais pour le coup, j'ai trouvé que ce second opus sabrait sèchement dans la masse ; ça avance vite (trop ?) et la magie de cette aventure intérieure en souffre. Les rebondissements et découvertes paraissent un peu trop faciles et la crédibilité du récit en prend un coup. Après, c'est peut-être mon regard d'adulte ayant déjà lu l'oeuvre originelle qui parle, mais les ficelles m'ont parues un peu grosses. Les enfants y trouveront sans doute plus leur compte.

07/06/2023 (MAJ le 15/05/2024) (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Saveur du Printemps
La Saveur du Printemps

Une histoire romantique avec pour particularités tout d'abord d'avoir pour héros de jeunes gays, et ensuite de mettre en avant le monde de la boulangerie et pâtisserie dans lequel ils exercent. Aristote est un grand adolescent qui travaille dans la boulangerie grecque de sa famille mais aimerait abandonner cette voie pour se consacrer à part entière à son groupe de rock amateur. Aussi cherche-t-il quelqu'un pour le remplacer auprès de son père. Et c'est ainsi qu'il va croiser la route du beau et gentil Hector qui se passionne pour la cuisine et souhaite passer une année dans la boulangerie pour parfaire ses connaissances. Très vite des liens d'amitié puis de tendresse vont se nouer entre les deux jeunes hommes. Sur la forme, c'est un comics indépendant pour adolescents, avec une touche graphique rappelant les webtoons. Les planches sont en teintes de gris mais elles dégagent une certaine lumière et le trait est doux et souple. C'est assez joli et plaisant. J'ai noté avec circonspection l'allure physique du héros, Ari, qui est petit, fin et féminin, ce qui ajouté à son comportement pas mal efféminé (fallait-il vraiment qu'il boude la majorité du temps ?) m'a fait attendre la confirmation qu'on s'adressait à lui au masculin pour être vraiment sûr que c'était un garçon et pas une fille. De fait, l'histoire parle peut-être d'homosexuels, mais il aurait suffi qu'on s'adresse au héros au féminin pour être face à une relation hétérosexuelle tout ce qu'elle aurait de plus classique, limite à l'eau de rose. Aucune problématique de difficulté d'intégration ou d'homophobie n'est même envisagée dans cette histoire. Il en découle un romance légère, mignonne mais un peu doucereuse, quelque chose à même de séduire les jeunes romantiques mais sans davantage de développements ou d'originalité de l'intrigue, si l'on excepte les quelques recettes de boulangerie.

15/05/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Droit du sol
Droit du sol

2.5 Je me rends compte que cela fait très longtemps que je n'ai pas lu un ouvrage de cet auteur et vu ce que j'ai ressenti durant ma lecture, cela va sans doute prendre du temps pour que je me mettes à vouloir mieux découvrir son œuvre. L'auteur décrit la situation de l'immigration clandestine à Mayotte et il me semble que la situation a empiré depuis. Dans ce gros album, il y a de bons moments et je ne me suis pas vraiment ennuyé, mais plusieurs passages m'ont vraiment énervé. Je rejoins l'avis de Ro sur le côté manichéen de l'auteur. Il y a des personnages qui ont un coté donneur de leçon qui m'a irrité. C'est simple j'avais envie de les frapper même lorsque j'étais d'accord avec eux. Mention spéciale pour la scène où des habitants noirs qui dénoncent des clandestins à la police sont comparés à des collabos. Ah bon les clandestins vont finir gazés dans des camps de concentration ? Je veux bien croire qu'ils viennent de pays au niveau de vie pourri, mais c'est vraiment au même niveau qu'Auschwitz ? En fait, c'est juste moi où il y a plein d'occidentaux qui ont l'air de croire que le seul niveau de vie acceptable c'est en occident (Mayotte étant français c'est l'Occident donc bien, les autres iles c'est pas la France donc ça doit être super pourri même si on voit jamais ce qui se passe là-bas dans la BD sauf lorsque des clandestins se sauvent). D'ailleurs on entend assez peu tous ces noirs qui ne veulent pas de clandestins chez eux. Je ne dis pas qu'ils ont raison, mais j'aurais voulu qu'on approfondisse un peu plus cet aspect du sujet. Tout est bien calculé pour que l'on aille du coté de l'auteur vu que les salauds égoïstes ont tous des têtes de méchants. Si je vais un jour à Mayotte, je vais savoir tout de suite qui est raciste juste en regardant leur tête ! Et sur la couverture de l'édition que j'ai lue, on voit bien en avant une femme (donc un être faible qu'on doit protéger) pleurer et pas un homme (donc un être fort qui peut se débrouiller tout seul et de toute façon un homme ça pleure pas). Bref, on est loin du travail d'un type comme Joe Sacco qui essaie d'être objectif et montre les deux cotés de la médaille. Pour moi l'immigration, surtout clandestine, mérite des réflexions et malheureusement on tombe la plupart du temps dans des discours simplistes comme ici. Dommage parce que j'ai tout de même aimé découvrir un peu la vie à Mayotte et le dessin est sympathique.

14/05/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Imbuvables ou comment j'ai arrêté de boire
Les Imbuvables ou comment j'ai arrêté de boire

Sur les premiers chapitres de ce gros album, j'ai cru retrouver les mauvais côtés des deux autres ouvrages de l'autrice que j'avais lus : le dessin médiocre dont on voyait les débuts dans Le Musée de mes erreurs (celui des personnages qui sont juste moches, à l'inverse des paysages urbains new-yorkais que eux, j'aime bien), et la vie très urbaine d'artiste fauchée et alcoolique de l'autrice. Elle est en effet à un niveau d'alcoolisme impressionnant pour son jeune âge : elle présente presque tous les symptômes de cette addiction, buvant du matin au soir, incapable de s'endormir sans être complètement ivre, et incapable de tenir sans boire plus de quelques heures, tout en gardant malgré tout une certaine maîtrise de soi pour se permettre de travailler intensément sur ses créations de BD et d'illustrations. Cela donne beaucoup d'auto-apitoiement, d'autodestruction aussi, justement typiques des accros qui refusent d'avouer leur peur de s'en sortir. Bref, je ne trouvais pas l'héroïne attachante et les passages trop verbeux m'ennuyaient un peu. Et puis on découvre au bout d'un certain temps la manière dont elle s'est lancée pour de bon dans la désintoxication, et j'ai surtout constaté avec satisfaction qu'elle y arrivait et que, malgré quelques rechutes qu'elles nous narrent plus tard, elle a réussi à s'y tenir et à redevenir de facto nettement plus attachante à mes yeux, plus sage aussi, car on voit les années passer et le personnage gagner en maturité. En même temps, elle devient plus sociable, se fait des amis moins toxiques, et sa vie devient plus joyeuse. Alors, ça reste quand même un grosse autobiographie façon BD indépendante, où l'autrice raconte un peu tout de sa vie, comme on s'étale dans un journal intime, ce qui est à même de satisfaire les lecteurs un peu voyeurs mais qui peut aussi être rébarbatif quand certains passages de sa vie sont peu passionnants. Mais comme l'héroïne m'était devenue plus sympathique, j'ai finalement bien aimé aller jusqu'au bout de ce gros bouquin.

14/05/2024 (modifier)