Les enquêtes saugrenues d'un jeune lieutenant pas très doué mais tenace. La première se déroule dans le cadre d'une fête foraine où une personne a disparu dans un incendie. Le pauvre Bertillon, petit et maigrichon, a bien du mal à s'imposer au milieu des monumentaux forains qui forment un clan très serré et peu désireux d'accueillir cet agaçant fouineur. D'autant que celui-ci ne tarde pas à découvrir une tradition surnaturelle qui poursuit cette famille là depuis des siècles.
L'univers de cette série m'a fait penser à un mélange entre l'absurde d'un Qui a tué l'idiot ? de Nicolas Dumontheuil (avec qui Cyrille Pomes partage d'ailleurs une patte graphique similaire pour son Lieutenant Bertillon) et de l'humour pince-sans-rire des frères Coen (Fargo). C'est une enquête où le détective, aussi volontaire et méticuleux soit-il, est tourné en ridicule et écrasé par un monde fou qui le domine et dans lequel il se dépêtre comme il peut. Ce n'est pas un héros fort et musclé, mais ce n'est pas pour autant une victime car à force de ténacité, il parvient plus ou moins à ses fins, même s'il doit en passer par quelques pétages de plombs notamment quand, sans prévenir le commissaire, il ramène avec lui toute la brigade d'intervention de la police pour se faire entendre parce que merde on lui a quand même tiré une flèche dessus.
Le graphisme de Cyrille Pomes fonctionne très bien pour jouer sur cette ambiance truculente. Accentuant les différences de taille et les expressions des personnages, il a des allures parfois aussi tordues que les circonvolutions de cette enquête et les bizarreries de ses protagonistes.
L'intrigue prend un tour un peu shamanique qui pourra surprendre et interroge surtout sur ce que contiendront les albums suivants s'il s'agit à chaque fois d'une nouvelle enquête. Et on peut aussi regretter le côté un peu spectateur du héros qui se fait pas mal balloter par les évènements.
Mais en attendant, ce fut une lecture plaisante et parfois agréablement déroutante. Un héros à suivre car il y a peut-être bien de quoi s'amuser à suivre ses futures aventures policières.
"Panisse, tu me fends le coeur !" Voilà bien tout ce que j'avais retenu du film de Marcel Pagnol, Marius, premier de sa trilogie marseillaise que j'avais vu étant trop jeune. Il n'empêche que c'est l'un des grands classiques de l'auteur et je suis heureux de le voir enfin adapté en BD par Serge Scotto et Eric Stoffel puisqu'ils avaient déjà si bien adapté les autres œuvres du fameux écrivain et cinéaste provençal.
Graphiquement, Sébastien Morice fait du beau boulot. Le vieux port de Marseille de 1930 est magnifiquement rendu. Cela fleure bon le soleil et l'accent de la Provence. Chose amusante, il est très fidèle au visuel du film de Pagnol, que ce soit pour les décors ou pour les personnages. On pourrait presque reconnaître les acteurs de l'époque, ou en tout cas leur physique et leurs costumes. Les couleurs sont élégantes, elles aussi, quoique je trouve certaines un peu trop monochromatiques dans leurs tons, ce qui réduit l'impact visuel à mes yeux.
La mise en scène est aussi réussie. L'album se lit très agréablement, avec le sourire voire même le rire tant les dialogues et les personnages de Pagnol sont pleins d'humour. Il y a une vraie tendresse pour l’atmosphère marseillaise de l'époque.
Deux petites choses me chagrinent cependant. La première, c'est que l'intrigue est assez diluée au long des deux albums et donne l'impression qu'il ne s'est pas passé grand chose en tout un diptyque. La seconde est qu'on ressent mal les sentiments du fameux Marius. Sa scène de jalousie est manifeste mais sonne presque faux en comparaison de son apparente indifférence amoureuse des pages précédentes, et je n'arrive pas non plus avec les pages de cette BD à ressentir véritablement sa passion pour la marine. Pourtant c'est bien là l'un des axes principaux de l'intrigue de la pièce et du film donc c'est un peu dommage. Et de la même manière, j'ai été déçu par le dialogue final et si crucial entre Fanny et lui : que d'incompréhension et de mauvais choix dans ces paroles échangées, étonnamment de la part de Fanny d'ailleurs. Ce défaut là ne tient pas à la BD je suppose mais bien au texte de l'œuvre originale, mais j'ai trouvé que la fin était moins forte en émotions que je l'espérais, en particulier parce que la tragédie semble résulter d'un mauvais choix fait consciemment par les protagonistes plus que d'une fatalité.
Ma note reste donc moyenne parce que j'avais à l'esprit que cet ouvrage de Pagnol était un chef d'oeuvre plus marquant et qu'il m'a un peu déçu, mais à côté de cela j'ai beaucoup aimé cette plongée dans le Marseille de cette époque et la beauté de ces planches.
A la mort de leur coach, ce qu'il reste d'un ancienne équipe de rugby amateur découvre que le stade de leur petite ville va être vendu pour être remplacé par un supermarché. Remontés comme des coucous et bien décidés à empêcher ça, ils ne vont pas avoir d'autre choix que de faire revivre leur club et y attirer plus de 200 licenciés pour pouvoir interdire la vente. Mais ça va être compliqué quand il ne reste pour redorer l'image du club plus que trois vieux briscards et une équipe de rugby féminin assez brutale.
C'est un récit léger qui rend hommage au rugby amateur, son sens de la camaraderie et sa méthode de résolution des problèmes en lui rentrant dedans de plein fouet.
Si les dialogues ne sont pas du Audiard, les trognes des protagonistes y fait penser. Il y a un léger style caricatural dans les visages de ces gars là, ceux d'anciens des années 80-90 pas tout à fait à leur place à l'heure des smartphones. Si le ton n'est pas directement à l'humour, c'est pourtant bien le sourire qui ressort de cette brochette de gaillards et de leurs pendants féminins pas moins costaudes. Histoires de clochers, vieilles rancunes, problèmes familiaux, anciens amis disparus, remises en question, tout se mêle dans un joyeux bazar avec pour seul objectif la sauvegarde de ce fameux club de rugby.
C'est très agréable à lire même si on peut pas parler d'intrigue follement originale et même si le rythme décroche un peu ici et là. Un petit retournement de situation vient ponctuer le milieu de l'album, puis un autre encore à la toute fin quoique ce dernier paraisse hélas un peu trop convenu et facile.
On passe en tout cas un bon moment, dans une ambiance sportive musclée mais respectueuse, celle d'amis qui font du sport pour le plaisir d'être avec les copains.
Tout en explorant un domaine déjà souvent utilisé (celui du deuil), ce récit présente suffisamment de qualités pour que j'en recommande la lecture. Le seul gros reproche que je ferai est le choix du format du livre. Trop grand à mes yeux, il dilue un peu le dessin alors que, comme l'auteur fait la part belle aux grandes illustrations, un format plus réduit aurait permis d'au contraire le concentrer. Ceci dit, ce choix permet d'admirer la colorisation de Matthieu Parciboula et donne un certain 'prestige' à l'objet (et très certainement une plus grande visibilité dans les librairies).
Ceci dit, et comme déjà annoncé, j'ai bien apprécié cette lecture. Rien de bien neuf, un homme endeuillé par la perte de son amour retourne sur les terres qui l'ont vue naitre. Mais :
- je trouve que c'est très bien écrit et cette qualité littéraire est en plus justifiée par la profession du personnage principal, lui-même écrivain ;
- je trouve la colorisation vraiment très belle, qui met bien en valeur les paysages méditerranéens ;
- j'ai aimé ce fantôme qui accompagne le personnage central, nous faisant au mieux ressentir la douleur de l'absence ;
- j'ai aimé la relation adulte-enfant et ce partage de la douleur ressentie à la perte d'un être cher ;
- même si ce n'est pas essentiel, j'aime bien le fait que l'on ne découvre les causes de la mort de sa compagne qu'à la toute fin du récit ;
- j'aime bien cette fin ouverte qui laisse place à l'interprétation alors même que l'on comprend que le personnage central est enfin apaisé.
Pourquoi 'seulement' 3/5 du coup ? Sans doute parce qu'il n'y a pas cette petite originalité qui aurait permis à ce récit de sortir des sentiers battus... mais c'est raconté avec tellement de naturel et de simplicité que j'accorde un coup de cœur à cet album. Vraiment pas mal du tout et un auteur à suivre !
Ce Petit Vampire est une lecture originale. Je ne connais pas la série mère. Toutefois on sent que Sfar a laissé libre cours à son imagination créative en proposant une œuvre avec de nombreux niveaux de lectures et des styles narratifs variés et élaborés.
C'est peut-être la faiblesse de la série. En balayant du léger scatologique régressif jusqu'à l'érotisme aussi léger les auteur(e)s balaient un si large spectre que cela en est déroutant. Cela produit une surabondance de personnages et de gags qui alourdissent le rythme du récit en plusieurs endroits.
Pourtant la rencontre de petit vampire et son amitié avec Michel est fraiche et dynamique. La prouesse des auteur(e)s est de proposer une ambiance autour de la mort tout en restant dans une atmosphère drôle et enjouée.
Il y a bien des passages (Michel sur la table de torture) un peu brutaux mais l'ensemble reste accessible. La lecture me semble devoir être accompagnée si on destine cette lecture aux plus jeunes. Pour ma part j'attendrais que mes enfants puissent avoir une distance au texte pour proposer cette lecture.
Le dessin de Sfar colle parfaitement à ce type de récit un peu délirant et extravagant. Les cases sont détaillées avec de nombreux détails et les monstres bien imaginés.
Une mise en couleur que j'apprécie beaucoup complète une lecture un peu spéciale.
Une série découverte que tout récemment grâce à l’intégrale, j’ai bien aimé mais la fin m’a paru un peu précipitée. En fait durant une grosse partie de ma lecture, je me disais que ça valait bien un 4*.
Une réalisation faussement simple et sobre qui me plaît bien (dans la veine de la collection poisson pilote), c’est fluide, frais (malgré quelques mouches ;) et agréable à lire. L’histoire m’a également bien plu dans son ensemble, je me suis rapidement attaché au personnage d’Emma, les flash-back ne m’ont pas perdu et les « révélations ou apparitions » fonctionnent plutôt bien. Je me suis facilement laissé embarquer dans ce petit monde, l’idée de base est originale et bien éloignée des vieux fourneaux malgré l’âge de nos protagonistes.
On arrive à la fin sans difficultés mais l’histoire ne va pas au bout je trouve, là ça fait un peu trop Happy end. Quelques unes de mes interrogations n’ont pas trouvé réponses, j’ai trouvé ça trop facile, du coup ça terni mon ressenti final. Je n’ai pas aimé le destin des « méchants » que j’ai trouvé expédié, je m’attendais à plus rancunier ; mais ce qui me gêne le plus c’est l’absence d’explications sur le pourquoi de l’état « zombie », il y a un truc bancal à ce niveau, pour moi il faut une cause précise, ça aurait pu être dû au fameux sol mais ça ne colle pas avec le « petit club du sud », là ça fait sortie du chapeau et vas-y que je t’enfume.
Ces reproches me freinent pour apprécier pleinement l'ensemble mais c’est tout à fait recommandable comme lecture.
Lecture très lointaine des tomes 2 et 4.
Oh un duo d'animaux impliqués dans des histoires trépidantes pour enfants, quelle originalité... Oui mais prenant place dans des versions fantasques de l'Antiquité grecque et égyptienne. C'est fendard et assez respectueux historiquement je trouve, un peu comme Astérix chez Cléopâtre (avec des calembours dans les noms comme autre point commun).
Il y a de l'humour mais parfois très noir, des jeux de mot parfois très bien trouvés et 2 compères qui se complètent bien.
J'ai le souvenir d'une grosse poilade à la lecture de la Malédiction de Mégodas avec ma mère qui pourtant n'est pas du tout BD (hormis les Astérix qu'elle met un point d'honneur à acheter à leur sortie depuis des décennies), le genre de chose qui n'a pas de valeur. Tiens ça me donne envie de remonter au grenier familial pour partir à sa recherche.
Ouhla les avis ne sont pas tendres. Pourtant le compteur d'avis indique que cette série a sû attiser la curiosité.
Le look du personnage principal y est sans doute pour quelque chose. Une sorte d'androïde sorti d'un album d'Iron Maiden, en couple avec une gamine échappée du film Leon qui aurait sacrément mal tournée, c'est pas banal.
Je n'ai lu que le tome 2 mais j'imagine que les autres albums fonctionnent sur le même principe de petites histoires sans grande qualité scénaristique, sujets à défouloir sexuel et cassage de dents. Très 80s, on peut s'y attendre. Tout comme les couleurs que plusieurs soulignent.
Mais j'ai bien aimé cette belle galerie de tordus qui auraient leur place dans l'Incal (tiens, même date de sortie, connivence?) et ces phantasmes couchés couchées sur papier (mention à celui d'un accident avec Brook Shields qui a peut-être influencé Cronenberg pour son sulfureux film Crash).
Ce genre de bouquin a sa place dans les bibliothèques pour montrer les nombreuses facettes de la BD, au niveau graphique (j'ai bien accorché à ces couleurs au matériel de maquillage) ou du vide de sens. A l'instar des nanars dans la vaste palette qu'offre le 7ème art (mes DVD de turkish-ploitation cotoient ceux de Lars von Trier), mon Echo des Savanes spécial BD de 2006 trône à proximité des oeuvres de Druillet.
Une série oubliée, qui aurait eu sa place dans la collection Vécu de Glénat, tant elle ressemble à pas mal de séries s’y trouvant.
Le titre et le sujet m’ont intéressé d’emblée. A la fois le point de départ (les dernières années du règne de Louis XIV), et surtout l’arrivée de migrants en Nouvelle France.
Le premier tome est intéressant, montrant bien la situation terrible dans les campagnes françaises dans les dernières années de la guerre de Succession d’Espagne et au sortir d’un petit âge glaciaire. Les paysans sont pressurés, à la merci de hobereaux rapaces, ce qui entraîne des révoltes, ici plutôt bien amenées. Et pousse donc certains à fuir vers le « Nouveau Monde » (un pitch qui fait penser à la série Les Pionniers du Nouveau Monde (j’espérais d’ailleurs que le parallèle allait se poursuivre – même en se distinguant dans les détails).
Le deuxième tome m’a déçu. Se déroulant uniquement sur le navire menant nos héros en « Amériques », j’ai trouvé ce passage longuet et peu captivant.
Dans le troisième tome, on arrive – enfin ! – en Amérique, au contact des Indiens (Osages surtout), ce qui était la partie qui a priori m’intéressait le plus. Hélas, la série s’est arrêtée là. Pile poil au moment le plus captivant selon moi, c’est dommage ! une frustration donc.
Pour ce qui est du dessin, je l’ai trouvé inégal et pas exempt de défauts (ça s’améliore sur la fin, mais certains visages ne sont pas vraiment réussis).
Quant à la colorisation, c’est un peu l’inverse. Le changement sur le troisième tome n’est pas heureux, je n’ai pas été convaincu par certaines cases, avec des couleurs peu crédibles (voir les toits de certaines maisons, ou l’absence de nuance de certains passages).
J’aurais pu mettre 2 étoiles (mais cela aurait été sévère), et j’espérais mettre 4 étoiles (mais le tome 2 est presque inutile, et l’abandon est dommageable).
Crisse n’innove pas vraiment avec cette histoire, qui mêle passé et présent, en introduisant du fantastique dans une intrigue policière (autour d’un serial killer). Mais c’est globalement bien fichu, dynamique, même si parfois les nombreux allers-retours entre les deux époques hachent un peu le récit, et si les rebondissements sur la fin sont un peu balancés en rafale (façon who dunnit ?), pour un final un peu bâclé (je m'aperçois en l'avisant que cet album a connu une sorte de suite, mais les avis ne m'encouragent pas à aller la découvrir !).
Disons que c’est une lecture sympathique, dont l’intrigue sera vite oubliée, mais qui procure un bon moment de lecture.
Le dessin est du Crisse classique, on aime ou pas. Si les héroïnes sont forcément outrancièrement pulpeuses (c'en est presque caricatural), Perdita n’est pas forcément habillée comme une bimbo (contrairement à la couverture de l’édition originale dans laquelle j’ai lu l’histoire). Je n’ai par contre pas aimé les chevelures, énormes et « flottantes » (me donnant l’impression que Perdita portait une visière !).
Une lecture d’emprunt, sans prétention, mais pas désagréable. Il ne faut pas en attendre trop quand même.
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Lieutenant Bertillon
Les enquêtes saugrenues d'un jeune lieutenant pas très doué mais tenace. La première se déroule dans le cadre d'une fête foraine où une personne a disparu dans un incendie. Le pauvre Bertillon, petit et maigrichon, a bien du mal à s'imposer au milieu des monumentaux forains qui forment un clan très serré et peu désireux d'accueillir cet agaçant fouineur. D'autant que celui-ci ne tarde pas à découvrir une tradition surnaturelle qui poursuit cette famille là depuis des siècles. L'univers de cette série m'a fait penser à un mélange entre l'absurde d'un Qui a tué l'idiot ? de Nicolas Dumontheuil (avec qui Cyrille Pomes partage d'ailleurs une patte graphique similaire pour son Lieutenant Bertillon) et de l'humour pince-sans-rire des frères Coen (Fargo). C'est une enquête où le détective, aussi volontaire et méticuleux soit-il, est tourné en ridicule et écrasé par un monde fou qui le domine et dans lequel il se dépêtre comme il peut. Ce n'est pas un héros fort et musclé, mais ce n'est pas pour autant une victime car à force de ténacité, il parvient plus ou moins à ses fins, même s'il doit en passer par quelques pétages de plombs notamment quand, sans prévenir le commissaire, il ramène avec lui toute la brigade d'intervention de la police pour se faire entendre parce que merde on lui a quand même tiré une flèche dessus. Le graphisme de Cyrille Pomes fonctionne très bien pour jouer sur cette ambiance truculente. Accentuant les différences de taille et les expressions des personnages, il a des allures parfois aussi tordues que les circonvolutions de cette enquête et les bizarreries de ses protagonistes. L'intrigue prend un tour un peu shamanique qui pourra surprendre et interroge surtout sur ce que contiendront les albums suivants s'il s'agit à chaque fois d'une nouvelle enquête. Et on peut aussi regretter le côté un peu spectateur du héros qui se fait pas mal balloter par les évènements. Mais en attendant, ce fut une lecture plaisante et parfois agréablement déroutante. Un héros à suivre car il y a peut-être bien de quoi s'amuser à suivre ses futures aventures policières.
Marius
"Panisse, tu me fends le coeur !" Voilà bien tout ce que j'avais retenu du film de Marcel Pagnol, Marius, premier de sa trilogie marseillaise que j'avais vu étant trop jeune. Il n'empêche que c'est l'un des grands classiques de l'auteur et je suis heureux de le voir enfin adapté en BD par Serge Scotto et Eric Stoffel puisqu'ils avaient déjà si bien adapté les autres œuvres du fameux écrivain et cinéaste provençal. Graphiquement, Sébastien Morice fait du beau boulot. Le vieux port de Marseille de 1930 est magnifiquement rendu. Cela fleure bon le soleil et l'accent de la Provence. Chose amusante, il est très fidèle au visuel du film de Pagnol, que ce soit pour les décors ou pour les personnages. On pourrait presque reconnaître les acteurs de l'époque, ou en tout cas leur physique et leurs costumes. Les couleurs sont élégantes, elles aussi, quoique je trouve certaines un peu trop monochromatiques dans leurs tons, ce qui réduit l'impact visuel à mes yeux. La mise en scène est aussi réussie. L'album se lit très agréablement, avec le sourire voire même le rire tant les dialogues et les personnages de Pagnol sont pleins d'humour. Il y a une vraie tendresse pour l’atmosphère marseillaise de l'époque. Deux petites choses me chagrinent cependant. La première, c'est que l'intrigue est assez diluée au long des deux albums et donne l'impression qu'il ne s'est pas passé grand chose en tout un diptyque. La seconde est qu'on ressent mal les sentiments du fameux Marius. Sa scène de jalousie est manifeste mais sonne presque faux en comparaison de son apparente indifférence amoureuse des pages précédentes, et je n'arrive pas non plus avec les pages de cette BD à ressentir véritablement sa passion pour la marine. Pourtant c'est bien là l'un des axes principaux de l'intrigue de la pièce et du film donc c'est un peu dommage. Et de la même manière, j'ai été déçu par le dialogue final et si crucial entre Fanny et lui : que d'incompréhension et de mauvais choix dans ces paroles échangées, étonnamment de la part de Fanny d'ailleurs. Ce défaut là ne tient pas à la BD je suppose mais bien au texte de l'œuvre originale, mais j'ai trouvé que la fin était moins forte en émotions que je l'espérais, en particulier parce que la tragédie semble résulter d'un mauvais choix fait consciemment par les protagonistes plus que d'une fatalité. Ma note reste donc moyenne parce que j'avais à l'esprit que cet ouvrage de Pagnol était un chef d'oeuvre plus marquant et qu'il m'a un peu déçu, mais à côté de cela j'ai beaucoup aimé cette plongée dans le Marseille de cette époque et la beauté de ces planches.
Adieu coach
A la mort de leur coach, ce qu'il reste d'un ancienne équipe de rugby amateur découvre que le stade de leur petite ville va être vendu pour être remplacé par un supermarché. Remontés comme des coucous et bien décidés à empêcher ça, ils ne vont pas avoir d'autre choix que de faire revivre leur club et y attirer plus de 200 licenciés pour pouvoir interdire la vente. Mais ça va être compliqué quand il ne reste pour redorer l'image du club plus que trois vieux briscards et une équipe de rugby féminin assez brutale. C'est un récit léger qui rend hommage au rugby amateur, son sens de la camaraderie et sa méthode de résolution des problèmes en lui rentrant dedans de plein fouet. Si les dialogues ne sont pas du Audiard, les trognes des protagonistes y fait penser. Il y a un léger style caricatural dans les visages de ces gars là, ceux d'anciens des années 80-90 pas tout à fait à leur place à l'heure des smartphones. Si le ton n'est pas directement à l'humour, c'est pourtant bien le sourire qui ressort de cette brochette de gaillards et de leurs pendants féminins pas moins costaudes. Histoires de clochers, vieilles rancunes, problèmes familiaux, anciens amis disparus, remises en question, tout se mêle dans un joyeux bazar avec pour seul objectif la sauvegarde de ce fameux club de rugby. C'est très agréable à lire même si on peut pas parler d'intrigue follement originale et même si le rythme décroche un peu ici et là. Un petit retournement de situation vient ponctuer le milieu de l'album, puis un autre encore à la toute fin quoique ce dernier paraisse hélas un peu trop convenu et facile. On passe en tout cas un bon moment, dans une ambiance sportive musclée mais respectueuse, celle d'amis qui font du sport pour le plaisir d'être avec les copains.
Silence d'amour
Tout en explorant un domaine déjà souvent utilisé (celui du deuil), ce récit présente suffisamment de qualités pour que j'en recommande la lecture. Le seul gros reproche que je ferai est le choix du format du livre. Trop grand à mes yeux, il dilue un peu le dessin alors que, comme l'auteur fait la part belle aux grandes illustrations, un format plus réduit aurait permis d'au contraire le concentrer. Ceci dit, ce choix permet d'admirer la colorisation de Matthieu Parciboula et donne un certain 'prestige' à l'objet (et très certainement une plus grande visibilité dans les librairies). Ceci dit, et comme déjà annoncé, j'ai bien apprécié cette lecture. Rien de bien neuf, un homme endeuillé par la perte de son amour retourne sur les terres qui l'ont vue naitre. Mais : - je trouve que c'est très bien écrit et cette qualité littéraire est en plus justifiée par la profession du personnage principal, lui-même écrivain ; - je trouve la colorisation vraiment très belle, qui met bien en valeur les paysages méditerranéens ; - j'ai aimé ce fantôme qui accompagne le personnage central, nous faisant au mieux ressentir la douleur de l'absence ; - j'ai aimé la relation adulte-enfant et ce partage de la douleur ressentie à la perte d'un être cher ; - même si ce n'est pas essentiel, j'aime bien le fait que l'on ne découvre les causes de la mort de sa compagne qu'à la toute fin du récit ; - j'aime bien cette fin ouverte qui laisse place à l'interprétation alors même que l'on comprend que le personnage central est enfin apaisé. Pourquoi 'seulement' 3/5 du coup ? Sans doute parce qu'il n'y a pas cette petite originalité qui aurait permis à ce récit de sortir des sentiers battus... mais c'est raconté avec tellement de naturel et de simplicité que j'accorde un coup de cœur à cet album. Vraiment pas mal du tout et un auteur à suivre !
Petit Vampire (Rue de Sèvres)
Ce Petit Vampire est une lecture originale. Je ne connais pas la série mère. Toutefois on sent que Sfar a laissé libre cours à son imagination créative en proposant une œuvre avec de nombreux niveaux de lectures et des styles narratifs variés et élaborés. C'est peut-être la faiblesse de la série. En balayant du léger scatologique régressif jusqu'à l'érotisme aussi léger les auteur(e)s balaient un si large spectre que cela en est déroutant. Cela produit une surabondance de personnages et de gags qui alourdissent le rythme du récit en plusieurs endroits. Pourtant la rencontre de petit vampire et son amitié avec Michel est fraiche et dynamique. La prouesse des auteur(e)s est de proposer une ambiance autour de la mort tout en restant dans une atmosphère drôle et enjouée. Il y a bien des passages (Michel sur la table de torture) un peu brutaux mais l'ensemble reste accessible. La lecture me semble devoir être accompagnée si on destine cette lecture aux plus jeunes. Pour ma part j'attendrais que mes enfants puissent avoir une distance au texte pour proposer cette lecture. Le dessin de Sfar colle parfaitement à ce type de récit un peu délirant et extravagant. Les cases sont détaillées avec de nombreux détails et les monstres bien imaginés. Une mise en couleur que j'apprécie beaucoup complète une lecture un peu spéciale.
Ma vie posthume
Une série découverte que tout récemment grâce à l’intégrale, j’ai bien aimé mais la fin m’a paru un peu précipitée. En fait durant une grosse partie de ma lecture, je me disais que ça valait bien un 4*. Une réalisation faussement simple et sobre qui me plaît bien (dans la veine de la collection poisson pilote), c’est fluide, frais (malgré quelques mouches ;) et agréable à lire. L’histoire m’a également bien plu dans son ensemble, je me suis rapidement attaché au personnage d’Emma, les flash-back ne m’ont pas perdu et les « révélations ou apparitions » fonctionnent plutôt bien. Je me suis facilement laissé embarquer dans ce petit monde, l’idée de base est originale et bien éloignée des vieux fourneaux malgré l’âge de nos protagonistes. On arrive à la fin sans difficultés mais l’histoire ne va pas au bout je trouve, là ça fait un peu trop Happy end. Quelques unes de mes interrogations n’ont pas trouvé réponses, j’ai trouvé ça trop facile, du coup ça terni mon ressenti final. Je n’ai pas aimé le destin des « méchants » que j’ai trouvé expédié, je m’attendais à plus rancunier ; mais ce qui me gêne le plus c’est l’absence d’explications sur le pourquoi de l’état « zombie », il y a un truc bancal à ce niveau, pour moi il faut une cause précise, ça aurait pu être dû au fameux sol mais ça ne colle pas avec le « petit club du sud », là ça fait sortie du chapeau et vas-y que je t’enfume. Ces reproches me freinent pour apprécier pleinement l'ensemble mais c’est tout à fait recommandable comme lecture.
Chafouin et Baluchon
Lecture très lointaine des tomes 2 et 4. Oh un duo d'animaux impliqués dans des histoires trépidantes pour enfants, quelle originalité... Oui mais prenant place dans des versions fantasques de l'Antiquité grecque et égyptienne. C'est fendard et assez respectueux historiquement je trouve, un peu comme Astérix chez Cléopâtre (avec des calembours dans les noms comme autre point commun). Il y a de l'humour mais parfois très noir, des jeux de mot parfois très bien trouvés et 2 compères qui se complètent bien. J'ai le souvenir d'une grosse poilade à la lecture de la Malédiction de Mégodas avec ma mère qui pourtant n'est pas du tout BD (hormis les Astérix qu'elle met un point d'honneur à acheter à leur sortie depuis des décennies), le genre de chose qui n'a pas de valeur. Tiens ça me donne envie de remonter au grenier familial pour partir à sa recherche.
Ranxerox
Ouhla les avis ne sont pas tendres. Pourtant le compteur d'avis indique que cette série a sû attiser la curiosité. Le look du personnage principal y est sans doute pour quelque chose. Une sorte d'androïde sorti d'un album d'Iron Maiden, en couple avec une gamine échappée du film Leon qui aurait sacrément mal tournée, c'est pas banal. Je n'ai lu que le tome 2 mais j'imagine que les autres albums fonctionnent sur le même principe de petites histoires sans grande qualité scénaristique, sujets à défouloir sexuel et cassage de dents. Très 80s, on peut s'y attendre. Tout comme les couleurs que plusieurs soulignent. Mais j'ai bien aimé cette belle galerie de tordus qui auraient leur place dans l'Incal (tiens, même date de sortie, connivence?) et ces phantasmes couchés couchées sur papier (mention à celui d'un accident avec Brook Shields qui a peut-être influencé Cronenberg pour son sulfureux film Crash). Ce genre de bouquin a sa place dans les bibliothèques pour montrer les nombreuses facettes de la BD, au niveau graphique (j'ai bien accorché à ces couleurs au matériel de maquillage) ou du vide de sens. A l'instar des nanars dans la vaste palette qu'offre le 7ème art (mes DVD de turkish-ploitation cotoient ceux de Lars von Trier), mon Echo des Savanes spécial BD de 2006 trône à proximité des oeuvres de Druillet.
Missouri
Une série oubliée, qui aurait eu sa place dans la collection Vécu de Glénat, tant elle ressemble à pas mal de séries s’y trouvant. Le titre et le sujet m’ont intéressé d’emblée. A la fois le point de départ (les dernières années du règne de Louis XIV), et surtout l’arrivée de migrants en Nouvelle France. Le premier tome est intéressant, montrant bien la situation terrible dans les campagnes françaises dans les dernières années de la guerre de Succession d’Espagne et au sortir d’un petit âge glaciaire. Les paysans sont pressurés, à la merci de hobereaux rapaces, ce qui entraîne des révoltes, ici plutôt bien amenées. Et pousse donc certains à fuir vers le « Nouveau Monde » (un pitch qui fait penser à la série Les Pionniers du Nouveau Monde (j’espérais d’ailleurs que le parallèle allait se poursuivre – même en se distinguant dans les détails). Le deuxième tome m’a déçu. Se déroulant uniquement sur le navire menant nos héros en « Amériques », j’ai trouvé ce passage longuet et peu captivant. Dans le troisième tome, on arrive – enfin ! – en Amérique, au contact des Indiens (Osages surtout), ce qui était la partie qui a priori m’intéressait le plus. Hélas, la série s’est arrêtée là. Pile poil au moment le plus captivant selon moi, c’est dommage ! une frustration donc. Pour ce qui est du dessin, je l’ai trouvé inégal et pas exempt de défauts (ça s’améliore sur la fin, mais certains visages ne sont pas vraiment réussis). Quant à la colorisation, c’est un peu l’inverse. Le changement sur le troisième tome n’est pas heureux, je n’ai pas été convaincu par certaines cases, avec des couleurs peu crédibles (voir les toits de certaines maisons, ou l’absence de nuance de certains passages). J’aurais pu mettre 2 étoiles (mais cela aurait été sévère), et j’espérais mettre 4 étoiles (mais le tome 2 est presque inutile, et l’abandon est dommageable).
Perdita Queen
Crisse n’innove pas vraiment avec cette histoire, qui mêle passé et présent, en introduisant du fantastique dans une intrigue policière (autour d’un serial killer). Mais c’est globalement bien fichu, dynamique, même si parfois les nombreux allers-retours entre les deux époques hachent un peu le récit, et si les rebondissements sur la fin sont un peu balancés en rafale (façon who dunnit ?), pour un final un peu bâclé (je m'aperçois en l'avisant que cet album a connu une sorte de suite, mais les avis ne m'encouragent pas à aller la découvrir !). Disons que c’est une lecture sympathique, dont l’intrigue sera vite oubliée, mais qui procure un bon moment de lecture. Le dessin est du Crisse classique, on aime ou pas. Si les héroïnes sont forcément outrancièrement pulpeuses (c'en est presque caricatural), Perdita n’est pas forcément habillée comme une bimbo (contrairement à la couverture de l’édition originale dans laquelle j’ai lu l’histoire). Je n’ai par contre pas aimé les chevelures, énormes et « flottantes » (me donnant l’impression que Perdita portait une visière !). Une lecture d’emprunt, sans prétention, mais pas désagréable. Il ne faut pas en attendre trop quand même.