Grégory Panaccione que je suis depuis un moment, nous revient avec un album "tout public" sur un sujet très délicat et peu traité : les violences sexuelles infligées aux enfants.
C'est sur un scénario de Giovanni Di Gregorio (Les Soeurs Grémillet) que Panaccione nous propose de partager son talent pour aborder ce sujet délicat.
Le jeune Mattéo semble avoir tout pour être heureux, mais chaque nuit un cauchemar récurent vient troubler cette apparente tranquillité. Un monstrueux homme en noir le terrorise. Et cela ne va pas aller en s'arrangeant quand ce terrible personnage commence à lui apparaître dans la journée...
C'est toujours avec autant d'expressivité que Panaccione croque ses personnages (et ses animaux ! On a l'impression de retrouver le chien "Tobby" d'un de ses précédents albums ^^ ), ce qui rend d'autant plus prenant cette histoire dramatique. Car c'est l'intérêt majeur de cet album que d'aborder un sujet aussi sensible en pointant clairement la proximité du bourreau. C'est malheureusement une réalité, plus de 80% des agresseurs font parti du cercle familial ou proche des victimes...
C'est un album aussi dur (dans le sujet qu'il aborde) que salutaire que nous proposent nos deux auteurs.
Étrange histoire, en grande partie inclassable, tant l’aspect polar est presque secondaire. Et même absurde, voire quasi humoristique – humour noir bien sûr ! – lorsque nous est donné à voir la raison de la mort sur laquelle enquêtent les héros.
Quasiment tous les personnages incarnent une vision lourdingue de la société. Ce sont des losers, ou des incarnations de l’Amérique profonde déclassée, reléguée. Le seul personnage a s’ancrer dans la modernité est un asocial passant tout son temps à jouer à des jeux vidéo en réalité virtuelle.
Le récit est sur un rythme lent, languissant, raccord avec le type de personnages que l’on y croise. La localisation en Amérique, une partie de l’esthétique, font penser à du comics indé (le dessin est une ligne claire assez grasse, avec une colorisation qui manque volontairement de nuances).
Une lecture pas désagréable, mais pas inoubliable non plus.
Etrange album que celui-ci !
Si je n’ai jamais décroché, je me suis demandé pendant une bonne partie de ma lecture où l’auteur (que je découvre avec cet album) voulait en venir, où il aller nous mener, avec tous ces récits successifs – aux faux airs de documentaires parfois (sur le film « Les oiseaux » d’Hitchcock, sur le parc des Buttes Chaumont, sur l’intelligence des corneilles). Et avec des personnages (une petite fille, une corneille, un flic arabe, etc) qui ne semblent pas être liés.
Un récit à la fois décousu et fantasque exigeant, difficile à appréhender (il y a même une longue partie, dans le dernier tiers avec des pages uniquement avec du texte – très dense qui plus est, centré sur la guerre d’Algérie, la suite étant centrée su les courants terroristes islamiste en France et dans le monde depuis les années 1990).
Et puis peu à peu tous les protagonistes vont se retrouver et, même si Nanni ne livre pas toutes les clés de son récit, le dernier quart de l’album devient plus clair, éclaire ce qui précède, autour de l’attentat qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo.
Le dessin est assez statique (les personnages sont le plus souvent représentés en silhouette), sur un fond qui souvent ressemble à la trame d’une toile de jute.
Je suis sorti moins enthousiaste que mes prédécesseurs, mais au final j’ai quand même apprécié cet album, très original dans sa construction et sa narration – peut-être même parfois un peu trop.
Si je reconnais, comme Blue Boy, que l'humour joue ici sur des ressors vus - souvent et de plus en plus - ailleurs (chez Fabcaro, Reuzé et consorts), je suis sorti de cette lecture avec un ressenti meilleur que le sien. C'est une lecture que j'ai trouvé sympathique et, si je n'ai pas forcément ri, j'ai souri à la plupart des gags.
Effectivement, ça joue uniquement sur un humour noir et cruel, les enfants, les animaux de compagnie, les vieux, tous sont traités atrocement.
Le dessin est classique, agréable. Il joue pas mal sur l'itération iconique. L'essentiel est ailleurs, dans les chutes (qui, même si elles se laissent deviner à l'avance, sont quand même drôles le plus souvent). Le monde dépeint est donc noir, glauque, vaguement trashouille. Je suis le coeur de cible de ce genre de production défouloir (j'ai bien aimé le gag simple et volontairement redondant autour de la vieille atteinte d'Alzheimer allant voir son médecin, qui en profite pour lui faire payer et repayer la consultation).
Clairement pas inoubliable, mais c'est un défouloir qui m'a amusé.
J’ai lu les deux premiers tomes, que j’ai difficilement dégottés – avec quelques années d’écart. Je cherchais à lire cette série, qui m’apparaissait assez originale. Ce qu’elle est finalement, même si la surprise s’émousse au bout d’un moment, tant cela m’est apparu quelque peu monocorde.
Les Ghlomettes, joviales obsédées sexuelles (qui tentent de violer le héros dès leur première rencontre) sont assez surprenantes, et cela donne quelque chose de grivois à la série. Mais, si l’on voit leurs culs très souvent, et si elles ne pensent « qu’à ça », il n’y a en fait bizarrement rien de réellement érotique ici.
Cette héroic fantasy vaguement grivoise joue plus sur un certain humour, dans les dialogues (on parle un patois très rustique !), les situations. En particulier autour du héros, un grand échalas très naïf, voire niaiseux (il ne perçoit même pas les avances pourtant agressives des Ghlomettes !). Son physique et sa naïveté m’ont fait penser au Pistolin de Traquemage, ou à certaines scènes et dialogues de quelques délires médiévaux parodiques de F’Murr.
Le dessin de Ribera est agréable (la colorisation fait son âge par contre).
Ça reste quand même – pour peu que l’on tombe sur ces albums – une série intéressante, distrayante.
Une agréable lecture.
L'adaptation du film "Hitoki, le châtiment de Hideo Gosha", l'histoire d'un samouraï dans le Japon du XIXe siècle. Mais ici, Hiroshi Hirata transpose le récit dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, on y découvre un Japon médiéval à une période charnière de son histoire.
Izo Okada fait partie du clan Tosa et il va en devenir le bras armé. Il veut ainsi se libérer de sa condition de paysan pour devenir un homme libre. Mais il va se faire manipuler et devenir une arme létale que le clan Tosa utilise pour favoriser ses desseins dans une lutte de pouvoir, jusqu'à sa prise de conscience.
J'ai beaucoup aimé le côté historique et violent de ce Japon d'un autre temps, même s'il est un peu compliqué à appréhender pour l'européen que je suis.
Un récit très bien construit qui alterne judicieusement les moments de combats et les complots, tout en nous dévoilant les pensées de notre samouraï.
Un beau dessin en noir et blanc qui a du punch, mais qui ne permet pas toujours de reconnaître certains des personnages au premier coup d'œil. Une lecture qui demande de la concentration.
Mais dans l'ensemble, c'est du très bon boulot.
Une lecture recommandable.
Je ne connaissais rien de l’auteur, et j’avais acheté il y a pas mal de temps cet album, trouvé au hasard d’un bac, après l’avoir rapidement feuilleté. Le dessin et l’univers graphique m’avaient intrigué et séduit.
Après lecture, je reste sur une très bonne opinion concernant le dessin. Suydam a vraiment un bon coup de crayon (ce que confirment les planches en Noir et Blanc qui s’intercalent entre les différentes histoires plus ou moins courtes composant l’album).
Rien qu’avec son dessin, la colorisation, Suydam arrive à mettre en place une ambiance, très noire. Même les aspects pas forcément très clairs de ce dessin participent de l’attrait général exercé par cet univers. Suydam n’explique rien, on n’apprend presque rien de l’endroit où se déroule l’action (planète isolée, paumée on ne sait où ?).
On est dans de la SF grunge, indéfinie, mais avec des touches de trash, de bonnes doses d’absurde, une pincée d’humour noir, un mélange qui m’a fait placer la série en inclassable.
Pour ce qui est du ressenti final, si le dessin m’a bien plu, je suis resté moins convaincu par les histoires, qui ressemblent la plupart du temps à de gros délires de l’auteur, où il semble improviser les dézinguages et autres carnages qui occupent une bonne partie des récits.
Mais bon, je ne regrette pas mon achat. C’est une lecture agréable. Si j’ai l’occasion de tomber sur Mudwog du même auteur, je tenterai sans aucun doute ma chance. Mais l’album ne semble pas beaucoup plus courant que ce « Cholly & Gobmouche ».
Le run de Walter Simonson sur Thor est souvent vu comme la meilleur période de cette série, il fait parti des runs mythiques des comics comme celui de Miller sur Daredevil ou du duo Claremont/Byrne sur X-Men.
Comme ce run a déjà été publié dans l'intégrale de Thor, je ne pensais pas trop enregistrer ses deux gros albums qui rééditent tous les histoires de Thor par Simonson, mais j'ai pensé le faire après avoir vu un gros défaut dans cette réédition: les couleurs. Alors que dans l'intégrale on avait les couleurs d'époques, ici tout a été recolorisé par ordinateurs comme on l'a fait avec les Batman de Neal Adams.
Je trouve déjà les couleurs moches dans les comics de super-héros modernes, mais là c'est pire sur des vieux comics. Le trait de Simonson et de Buscema, deux dessinateurs que j'aime bien, devient pratiquement moche. Du coup pleins de moments qui étaient épiques pour moi devient vraiment moins bon avec ses couleurs. C'est pas du tout intéressant à regarder et on voit comment la monté de l'information dans les années 90 a fait du mal à Marvel et DC.
Je mets quand même la note moyenne parce que ça se laisse lire, les histoires sont bonnes malgré tout. C'est juste qu'on ne puisse pas les apprécier à leur juste valeur et c'est pour ça que je ne recommande pas cette version si vous voulez découvrir le run de Simonson. Malheureusement, la seule autre option en français ce sont les intégrales des années 1983-1987 qui sont épuisés depuis longtemps alors il faut espérer les trouver en bibliothèque ou en occasion ou chez un copain gros fans de comics qui achète tout.
Je précise aussi que si pour moi ce que fait Simonson avec Thor est excellent, cela reste du pure comics de super-héros de divertissement avec notamment des références à l'univers Marvel qu'un lecteur lambda ne va pas toujours comprendre. Cela fait parti du haut du panier dans le genre pour moi, mais cela s'adresse d'abord à ceux qui aiment ce genre de récit. C'est pas un truc que tout le monde peut lire même ceux qui sont allergique aux super-héros comme 'The Killing Joke'.
Je suis assez partagé niveau ressenti, j’avais bien aimé le début de l’aventure mais j’avoue avoir lu le dernier tome, qui conclut le premier cycle, dans une belle indifférence, je n’étais plus dedans.
Le personnage central est sympa mais n’arrive jamais à la cheville de Durango. J’ai commencé à me désintéresser de son histoire tout doucement, les enjeux tournant autour de lui m’ont beaucoup moins passionné que ce que laissait présager le 1er tome. J’ai même trouvé la conclusion un peu trop bavarde et pas foncièrement folle.
On va dire un 2,5 que je ne peux arrondir à l’inférieur tant la réalisation, certes classique, est agréable, il y a du savoir-faire. Je ne serais pas spécialement au rendez-vous pour la suite, mais la série possède suffisamment d’arguments qui sauront certainement plus vous convaincre.
Je n’avais lu qu’un autre album où Le Brun officiait (seulement au dessin), toujours chez Le Cycliste. J’avais déjà plutôt aimé son travail. Il use de différents styles ici, mais j’ai là aussi apprécié son dessin assez épuré, mais très lisible et agréable.
L’histoire est elle aussi un peu hétéroclite, manque de densité (mais après tout cette collection offre plus une découverte d’un auteur qu’un espace pour qu’il y développe une histoire longue).
Mais la lecture reste néanmoins sympathique. Cela part sur quelque chose de classique, de l’historique moyenâgeux (y compris au niveau du dessin), puis part sur du franco-belge moins surprenant, mais sur un ton qui joue plus sur l’humour – et un certain érotisme.
C’est surprenant, vivant, et cette histoire sans prétention se révèle une lecture agréable.
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L'Homme en noir
Grégory Panaccione que je suis depuis un moment, nous revient avec un album "tout public" sur un sujet très délicat et peu traité : les violences sexuelles infligées aux enfants. C'est sur un scénario de Giovanni Di Gregorio (Les Soeurs Grémillet) que Panaccione nous propose de partager son talent pour aborder ce sujet délicat. Le jeune Mattéo semble avoir tout pour être heureux, mais chaque nuit un cauchemar récurent vient troubler cette apparente tranquillité. Un monstrueux homme en noir le terrorise. Et cela ne va pas aller en s'arrangeant quand ce terrible personnage commence à lui apparaître dans la journée... C'est toujours avec autant d'expressivité que Panaccione croque ses personnages (et ses animaux ! On a l'impression de retrouver le chien "Tobby" d'un de ses précédents albums ^^ ), ce qui rend d'autant plus prenant cette histoire dramatique. Car c'est l'intérêt majeur de cet album que d'aborder un sujet aussi sensible en pointant clairement la proximité du bourreau. C'est malheureusement une réalité, plus de 80% des agresseurs font parti du cercle familial ou proche des victimes... C'est un album aussi dur (dans le sujet qu'il aborde) que salutaire que nous proposent nos deux auteurs.
Hound Dog
Étrange histoire, en grande partie inclassable, tant l’aspect polar est presque secondaire. Et même absurde, voire quasi humoristique – humour noir bien sûr ! – lorsque nous est donné à voir la raison de la mort sur laquelle enquêtent les héros. Quasiment tous les personnages incarnent une vision lourdingue de la société. Ce sont des losers, ou des incarnations de l’Amérique profonde déclassée, reléguée. Le seul personnage a s’ancrer dans la modernité est un asocial passant tout son temps à jouer à des jeux vidéo en réalité virtuelle. Le récit est sur un rythme lent, languissant, raccord avec le type de personnages que l’on y croise. La localisation en Amérique, une partie de l’esthétique, font penser à du comics indé (le dessin est une ligne claire assez grasse, avec une colorisation qui manque volontairement de nuances). Une lecture pas désagréable, mais pas inoubliable non plus.
Tout est vrai
Etrange album que celui-ci ! Si je n’ai jamais décroché, je me suis demandé pendant une bonne partie de ma lecture où l’auteur (que je découvre avec cet album) voulait en venir, où il aller nous mener, avec tous ces récits successifs – aux faux airs de documentaires parfois (sur le film « Les oiseaux » d’Hitchcock, sur le parc des Buttes Chaumont, sur l’intelligence des corneilles). Et avec des personnages (une petite fille, une corneille, un flic arabe, etc) qui ne semblent pas être liés. Un récit à la fois décousu et fantasque exigeant, difficile à appréhender (il y a même une longue partie, dans le dernier tiers avec des pages uniquement avec du texte – très dense qui plus est, centré sur la guerre d’Algérie, la suite étant centrée su les courants terroristes islamiste en France et dans le monde depuis les années 1990). Et puis peu à peu tous les protagonistes vont se retrouver et, même si Nanni ne livre pas toutes les clés de son récit, le dernier quart de l’album devient plus clair, éclaire ce qui précède, autour de l’attentat qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo. Le dessin est assez statique (les personnages sont le plus souvent représentés en silhouette), sur un fond qui souvent ressemble à la trame d’une toile de jute. Je suis sorti moins enthousiaste que mes prédécesseurs, mais au final j’ai quand même apprécié cet album, très original dans sa construction et sa narration – peut-être même parfois un peu trop.
À part ça, tout va bien !
Si je reconnais, comme Blue Boy, que l'humour joue ici sur des ressors vus - souvent et de plus en plus - ailleurs (chez Fabcaro, Reuzé et consorts), je suis sorti de cette lecture avec un ressenti meilleur que le sien. C'est une lecture que j'ai trouvé sympathique et, si je n'ai pas forcément ri, j'ai souri à la plupart des gags. Effectivement, ça joue uniquement sur un humour noir et cruel, les enfants, les animaux de compagnie, les vieux, tous sont traités atrocement. Le dessin est classique, agréable. Il joue pas mal sur l'itération iconique. L'essentiel est ailleurs, dans les chutes (qui, même si elles se laissent deviner à l'avance, sont quand même drôles le plus souvent). Le monde dépeint est donc noir, glauque, vaguement trashouille. Je suis le coeur de cible de ce genre de production défouloir (j'ai bien aimé le gag simple et volontairement redondant autour de la vieille atteinte d'Alzheimer allant voir son médecin, qui en profite pour lui faire payer et repayer la consultation). Clairement pas inoubliable, mais c'est un défouloir qui m'a amusé.
Chroniques du temps de la vallée des Ghlomes
J’ai lu les deux premiers tomes, que j’ai difficilement dégottés – avec quelques années d’écart. Je cherchais à lire cette série, qui m’apparaissait assez originale. Ce qu’elle est finalement, même si la surprise s’émousse au bout d’un moment, tant cela m’est apparu quelque peu monocorde. Les Ghlomettes, joviales obsédées sexuelles (qui tentent de violer le héros dès leur première rencontre) sont assez surprenantes, et cela donne quelque chose de grivois à la série. Mais, si l’on voit leurs culs très souvent, et si elles ne pensent « qu’à ça », il n’y a en fait bizarrement rien de réellement érotique ici. Cette héroic fantasy vaguement grivoise joue plus sur un certain humour, dans les dialogues (on parle un patois très rustique !), les situations. En particulier autour du héros, un grand échalas très naïf, voire niaiseux (il ne perçoit même pas les avances pourtant agressives des Ghlomettes !). Son physique et sa naïveté m’ont fait penser au Pistolin de Traquemage, ou à certaines scènes et dialogues de quelques délires médiévaux parodiques de F’Murr. Le dessin de Ribera est agréable (la colorisation fait son âge par contre). Ça reste quand même – pour peu que l’on tombe sur ces albums – une série intéressante, distrayante.
Tueur !
Une agréable lecture. L'adaptation du film "Hitoki, le châtiment de Hideo Gosha", l'histoire d'un samouraï dans le Japon du XIXe siècle. Mais ici, Hiroshi Hirata transpose le récit dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, on y découvre un Japon médiéval à une période charnière de son histoire. Izo Okada fait partie du clan Tosa et il va en devenir le bras armé. Il veut ainsi se libérer de sa condition de paysan pour devenir un homme libre. Mais il va se faire manipuler et devenir une arme létale que le clan Tosa utilise pour favoriser ses desseins dans une lutte de pouvoir, jusqu'à sa prise de conscience. J'ai beaucoup aimé le côté historique et violent de ce Japon d'un autre temps, même s'il est un peu compliqué à appréhender pour l'européen que je suis. Un récit très bien construit qui alterne judicieusement les moments de combats et les complots, tout en nous dévoilant les pensées de notre samouraï. Un beau dessin en noir et blanc qui a du punch, mais qui ne permet pas toujours de reconnaître certains des personnages au premier coup d'œil. Une lecture qui demande de la concentration. Mais dans l'ensemble, c'est du très bon boulot. Une lecture recommandable.
Cholly & Gobmouche
Je ne connaissais rien de l’auteur, et j’avais acheté il y a pas mal de temps cet album, trouvé au hasard d’un bac, après l’avoir rapidement feuilleté. Le dessin et l’univers graphique m’avaient intrigué et séduit. Après lecture, je reste sur une très bonne opinion concernant le dessin. Suydam a vraiment un bon coup de crayon (ce que confirment les planches en Noir et Blanc qui s’intercalent entre les différentes histoires plus ou moins courtes composant l’album). Rien qu’avec son dessin, la colorisation, Suydam arrive à mettre en place une ambiance, très noire. Même les aspects pas forcément très clairs de ce dessin participent de l’attrait général exercé par cet univers. Suydam n’explique rien, on n’apprend presque rien de l’endroit où se déroule l’action (planète isolée, paumée on ne sait où ?). On est dans de la SF grunge, indéfinie, mais avec des touches de trash, de bonnes doses d’absurde, une pincée d’humour noir, un mélange qui m’a fait placer la série en inclassable. Pour ce qui est du ressenti final, si le dessin m’a bien plu, je suis resté moins convaincu par les histoires, qui ressemblent la plupart du temps à de gros délires de l’auteur, où il semble improviser les dézinguages et autres carnages qui occupent une bonne partie des récits. Mais bon, je ne regrette pas mon achat. C’est une lecture agréable. Si j’ai l’occasion de tomber sur Mudwog du même auteur, je tenterai sans aucun doute ma chance. Mais l’album ne semble pas beaucoup plus courant que ce « Cholly & Gobmouche ».
Thor (Walter Simonson)
Le run de Walter Simonson sur Thor est souvent vu comme la meilleur période de cette série, il fait parti des runs mythiques des comics comme celui de Miller sur Daredevil ou du duo Claremont/Byrne sur X-Men. Comme ce run a déjà été publié dans l'intégrale de Thor, je ne pensais pas trop enregistrer ses deux gros albums qui rééditent tous les histoires de Thor par Simonson, mais j'ai pensé le faire après avoir vu un gros défaut dans cette réédition: les couleurs. Alors que dans l'intégrale on avait les couleurs d'époques, ici tout a été recolorisé par ordinateurs comme on l'a fait avec les Batman de Neal Adams. Je trouve déjà les couleurs moches dans les comics de super-héros modernes, mais là c'est pire sur des vieux comics. Le trait de Simonson et de Buscema, deux dessinateurs que j'aime bien, devient pratiquement moche. Du coup pleins de moments qui étaient épiques pour moi devient vraiment moins bon avec ses couleurs. C'est pas du tout intéressant à regarder et on voit comment la monté de l'information dans les années 90 a fait du mal à Marvel et DC. Je mets quand même la note moyenne parce que ça se laisse lire, les histoires sont bonnes malgré tout. C'est juste qu'on ne puisse pas les apprécier à leur juste valeur et c'est pour ça que je ne recommande pas cette version si vous voulez découvrir le run de Simonson. Malheureusement, la seule autre option en français ce sont les intégrales des années 1983-1987 qui sont épuisés depuis longtemps alors il faut espérer les trouver en bibliothèque ou en occasion ou chez un copain gros fans de comics qui achète tout. Je précise aussi que si pour moi ce que fait Simonson avec Thor est excellent, cela reste du pure comics de super-héros de divertissement avec notamment des références à l'univers Marvel qu'un lecteur lambda ne va pas toujours comprendre. Cela fait parti du haut du panier dans le genre pour moi, mais cela s'adresse d'abord à ceux qui aiment ce genre de récit. C'est pas un truc que tout le monde peut lire même ceux qui sont allergique aux super-héros comme 'The Killing Joke'.
Lonesome
Je suis assez partagé niveau ressenti, j’avais bien aimé le début de l’aventure mais j’avoue avoir lu le dernier tome, qui conclut le premier cycle, dans une belle indifférence, je n’étais plus dedans. Le personnage central est sympa mais n’arrive jamais à la cheville de Durango. J’ai commencé à me désintéresser de son histoire tout doucement, les enjeux tournant autour de lui m’ont beaucoup moins passionné que ce que laissait présager le 1er tome. J’ai même trouvé la conclusion un peu trop bavarde et pas foncièrement folle. On va dire un 2,5 que je ne peux arrondir à l’inférieur tant la réalisation, certes classique, est agréable, il y a du savoir-faire. Je ne serais pas spécialement au rendez-vous pour la suite, mais la série possède suffisamment d’arguments qui sauront certainement plus vous convaincre.
Gontrand - Le Chevalier de la toundra
Je n’avais lu qu’un autre album où Le Brun officiait (seulement au dessin), toujours chez Le Cycliste. J’avais déjà plutôt aimé son travail. Il use de différents styles ici, mais j’ai là aussi apprécié son dessin assez épuré, mais très lisible et agréable. L’histoire est elle aussi un peu hétéroclite, manque de densité (mais après tout cette collection offre plus une découverte d’un auteur qu’un espace pour qu’il y développe une histoire longue). Mais la lecture reste néanmoins sympathique. Cela part sur quelque chose de classique, de l’historique moyenâgeux (y compris au niveau du dessin), puis part sur du franco-belge moins surprenant, mais sur un ton qui joue plus sur l’humour – et un certain érotisme. C’est surprenant, vivant, et cette histoire sans prétention se révèle une lecture agréable.