Un bon 3,5 pour ce nouvel album d'Anouk Ricard. C'est un univers gentiment absurde de western où évolue Ducky Coco et son cheval Guiguite, qui parle bien sûr comme dans Lucky Luke et participe beaucoup à l'humour de ces pages. D'ailleurs je l'aurai plutôt catégorisé en humour qu'en western.
Cela alterne des histoires courtes et des gags en une planche. On y voit des parties de carte sans queue ni tête, avec pour certaines d'astucieuses techniques de triche de Guiguite. Le tout reste bon enfant et est accessible à tous les âges.
Signalons l'astucieuse couverture cartonnée trouée laissant paraître Ducky chevauchant. Dès qu'on tourne on voit un gag caché dans le bas.
Une bonne lecture sur une artiste égyptienne que je ne connaissais que de réputation. Oum Kalthoum nous est retracée sous forme de flash-back via un entretien avec une journaliste à l'issue d'un concert à l'Olympia en 1967. Une performance de 3 heures, et seulement 3 chansons. La chanteuse narre donc sa vie dans une biographie chronologique somme toute classique sur la forme. Son enfance très pauvre, la chance qu'elle a eue soutenue par ses parents dans son éducation et la révélation de sa voix qui a modifié sa destinée. Tout d'abord elle récite le Coran déguisée en garçon pour de riches gens, puis sa renommée s'étend et elle ouvre son chant à la musique profane.
L'inconvénient de la bande dessinée est de ne pas avoir le son qui va avec... La mort de l'artiste en 1975 est un deuil pour des millions de personnes. Il y a également un message sur l'émancipation de la femme dans une société patriarcale et sous le poids de la religion.
Je trouve que ce récit a quelque chose de touchant. C'est l'histoire vue et revue de celui qui, avant de se marier, refait un voyage vers un lieu de son enfance, se repose des questions, imagine si ... Sauf qu'il ne cherche pas une autre femme, qu'il aurait perdue de vue. Il cherche son ami d'enfance, celui qui était là tous les étés lorsqu'il était enfant, avec qui il jouait tout le temps.
Le récit est assez simple dans son déroulé, les petites retrouvailles et les moments où le passé ressurgit, les dates clés qui reviennent, les discussions pleines de sens alors que l'âge est plus avancé ... On a les scènes classiques de ce genre de récit mais tout l'ensemble contient aussi une petite note d’ambiguïté sur l'ensemble qui rajoute une couche d'intérêt. Et cet entre-deux qui dure tout au long du récit ne sera pas vraiment résolu à la fin, même si elle est très ouverte, laissant libre cours à plein d’interprétations.
Le dessin est sympathique, me rappelant d'ailleurs ce que Gipi peut produire aussi. Il y a d'ailleurs un petit jeu de couleurs et quelques planches en calques (le même procédé que dans Les Voyages d'Ulysse) qui font jolies mais qui ne sont pas franchement indispensables. C'est joli, c'est sûr !
Je suis moins un peu moins enthousiaste que les autres posteurs, surtout parce que le récit est lent et que cette fin reste un peu trop ouverte à mon goût. Pour être franc, je ne sais même pas si elle suggère une bonne chose ou non. J'aurais peut-être aimé qu'il y ait un peu plus de précision, mais en dehors de ça le récit reste bon. C'est juste que je ne pense pas être intéressé par une relecture.
Je fais mienne la remarque de carottebio, ce récit reste un travail "honnête et soigné" sans plus je dirais. On ne parle plus beaucoup de la Syrie aujourd'hui probablement à tort tellement la situation du pays reste explosive dans un contexte du MO de plus en plus instable.
Bachar est toujours en place et j'ai trouvé intéressant toute la première partie du récit de Nicolas Hénin sur le tout début de la révolution syrienne en 2011. On sent que le journaliste est dans son élément sur un sujet qu'il maitrise parfaitement. Même si je suis toujours dubitatif sur les souvenirs de jeunes enfants, la narration est précise et très crédible pour décrire l'évolution de la situation en interne.
J'ai été beaucoup moins séduit par la partie française du récit. J'ai senti le journaliste beaucoup moins à son aise dans ce récit qui mêle intime et social de l'intégration du jeune garçon. On se retrouve avec un suite de séquences foot, école, logement foot copain famille activisme un peu collées côte à côte sans lien narratif bien établi. Je me suis parfois ennuyé à lire cette suites d'anecdotes parfois insignifiantes.
De plus j'ai un peu tiqué à certains passages. Comme la famille a obtenu le statut de réfugié ("La France lui a accordé l'asile"p48) il aurait été intéressant d'approfondir ce versant de l'histoire. Or ici l'OFPRA n'est même pas cité. Au contraire on a une présentation ambiguë. D'un côté on trouve des remerciements pour l'action du gouvernement français et de l'autre on a des séquences avec des comportements et des dialogues négatifs (voire racistes) des fonctionnaires français. Cette présentation m'a mis mal à l'aise (attendre 2 heures devant la préfecture ce n'est pas long, la file peut débuter à 4 h du matin!). En effet obtenir le statut de réfugié est un sésame qui facilite et accélère beaucoup les démarches administratives. Je trouve dommage que ce côté soit très superficiel voire tendancieux.
Le graphisme N&B assez réaliste de Park ne m'a pas séduit. Je l'ai trouvé assez daté dans sa composition. Il y a un côté manichéen dans la présentation des bons et gentils. J'ai trouvé cela un peu scolaire. Cela reste du travail soigné.
Une lecture pour se remémorer des événements tout proches et dont la page n'est pas encore tournée.
Une histoire qui se laisse lire, mais sans plus. On reste dans du classique, avec une intrigue qui ne renouvelle rien, tout en restant lisible.
Le pacte avec le diable, les rivalités entre frères, héritiers d’une fortune et d’un grand manoir – forcément éloigné de tout, avec un personnage qui échoue ici par hasard et va se trouver entraîné dans une histoire machiavélique, coincé entre le châtelain perfide et son valet (un géant quasi muet) : la principale surprise vient que ce manoir est au Canada et non dans les Carpates… Quant aux créatures de « l’autre monde », celui des enfers, elles sont, elles-aussi, très classiques.
Malgré ces clichés et ce sentiment de déjà-vu, le diptyque se laisse lire (sans doute les happy-end auraient-ils mérité d’être nuancés pour éviter d’en faire trop, mais bon…).
Le dessin de Ma Yi est plutôt agréable, surtout pour les visages, malgré des décors un peu trop escamotés à mon goût. La colorisation lisse par contre un peu trop le rendu général.
A emprunter à l’occasion, mais je n’y reviendrai pas.
Note réelle 2,5/5.
Des séries sur la résistance il y en a pas mal, et c’est difficile de se démarquer. Et le lecteur blasé doit aussi ne pas se laisser engourdir, il ne faut pas oublier le sacrifice de ceux qui nous ont permis de vivre avec un minimum de libertés
La particularité de cet album est de s’intéresser à de vrais résistant, ça n’est pas une histoire inventée. Mais de centrer le récit sur Marcel Rayman, un quasi anonyme – pourtant quasi célèbre !
En effet, il a été arrêté en même temps que Manouchian, et, en tant que Juif d’origine polonaise, a eu « l’honneur » de figurer sur « l’Affiche rouge ». Mais il est resté dans l’ombre historique de Manouchian, et cet album permet de le mettre davantage en avant.
Le récit est assez froid – dans tous les sens du terme d’ailleurs. Je trouve qu’on s’attache davantage à la résistance et au courage, voire au sacrifice exigé qu’aux protagonistes eux-mêmes. Mais Galandon rend quand même bien la montée en tension, la pression exercée de plus en plus fortement par la Gestapo et les collaborateurs, l’angoisse d’être suivi, repéré, perdu, qui étreint Rayman.
Quant au dessin de Puchol, il accentue sans doute le côté froid évoqué plus haut, mais cette ligne claire presque rétro n’est pas désagréable.
Un album plaisant, à compléter avec les nombreux albums publiés récemment autour de Manouchian, à l’occasion de sa « panthéonisation ».
Quand on entame le premier tome et qu'on accroche à cette enquête d'un homme devenu riche qui fouille dans son propre passé pour comprendre qui lui en veut au point d'assassiner son fils, on s'inquiète un peu d'apprendre que cette enquête va s'étaler au long de 6 tomes, puis d'un second cycle de 2 supplémentaires.
D'autant plus qu'on va avoir droit systématiquement, voire parfois 2 fois par album, à des rappels récurrents et pénibles des évènements du début du premier tome et de la conversation téléphonique qui s'en suit. Léger sentiment de remplissage et d'intrigue un peu trop étirée en longueur donc.
Impression aussi de pas mal de stéréotypes où l'on sent qu'on est dans un scénario de Desberg et qu'il aligne les ingrédients qu'il maîtrise depuis ses nombreuses années d'expérience : maffia, nazis, businessmen mesquins, etc... On est en terrain assez connu mais l'accroche est bonne et on a envie de comprendre le fin mot de l'histoire.
D'autant que les fausses pistes sont nombreuses... si nombreuses qu'à force on se doute qu'à la manière d'un Agatha Christie, le vrai coupable est bien plus près qu'on l'imagine. Et d'ailleurs, la lecture est aussi impactée par différents éléments qui peuvent paraitre illogiques, non réalistes, et si je n'en parle pas davantage c'est qu'en fait ces invraisemblances finissent par s'expliquer... justement parce qu'elles participent de la résolution du mystère. Et c'est justement ça qui m'a donné l'impression que l'intrigue était un peu trop cousue de fil blanc pour être vraiment bonne.
Je n'ai donc pas été complètement convaincu par le scénario de ce long cycle de 6 tomes, et j'ai même trouvé la fin de celui-ci et la révélation du mystère un peu plate. Mais j'ai été bien pris tout de même par ma lecture que j'ai trouvé divertissante et bien rythmée.
A l'inverse, le second cycle de 2 tomes m'a paru très dispensable. C'est un ajout qui va s'accrocher au premier, racontant des évènements bien différents 20 ans après, avec une autre héroïne issue du premier. L'ambiance n'est pas la même, l'enquête est bien plus courte mais peu captivante, et la fin tombe encore plus à plat que celle du premier cycle à mes yeux, probablement parce qu'on n'a cette fois pas eu l'occasion de s'attacher au personnage principal. Bref, vous pouvez vous contenter des 6 premiers tomes.
« Eyes without a face », c’est d'abord un tube de Billy Idol, star de la pop punk des années 80, mais aussi le titre qu’a choisi Marie Baudet pour son second album. Elle nous replonge ainsi dans l’atmosphère de cette époque pour raconter l’histoire de ce « loser magnifique » qu’est Sylvain Fardot (évidemment inventé, faut-il le préciser ?), qui supporte mal de ne plus être sous les feux de la rampe. C’est en découvrant le clip du rocker british qu’il décide de s’identifier à son personnage, espérant ainsi sauver sa popularité. Mais ses parents s’inquiètent de son nouveau look, teinture blonde platine et piercing raté. Sa sœur Stéphanie quant à elle est excédée par son comportement de diva du petit écran.
L’ouvrage, qui se lit très vite, s’apparente à une farce tragi-comique, brocardant au passage avec un humour grinçant le milieu de la télévision et ses vedettes d’un jour. Plutôt bien brossé, le portrait de Sylvain Fardot le bien nommé est emblématique de ces personnalités qui connaissent la célébrité sans envisager qu’elles puissent un jour retourner dans l’anonymat, et préfèrent se la raconter en s’imaginant être le centre du monde. Fardot apparaît ainsi comme une diva à la fois horripilante et pathétique dans son immaturité, provoquant des situations cocasses où il se mue en victime : rembarré constamment par sa sœur (à juste titre), blessé en se perçant l’oreille ou encore assommé par un jambon dans le Super U où il était invité à une séance de dédicaces.
L’approche graphique de Marie Baudet, très éloignée des codes de la bande dessinée, évoque un style pictural où disparaissent les contours, sorte de pop-art impressionniste. On pourra apprécier ou pas l’imprécision des formes et les visages dépourvus d’yeux, de nez et de bouche (à l’exception de Billy Idol), c’est une affaire de goût. Née en 1983, l’autrice s’est davantage attachée à produire une atmosphère « eighties », en mettant en avant des éléments et objets d’époque (la Fiat Panda, les Mikado, les lampes à lave…). Les nostalgiques de cette période devraient être comblés, mais on imagine que l’histoire se déroule tout de même à notre époque étant donné la présence de smartphones et de laptops.
Si ce portrait discrètement incisif tient plutôt d’un registre récréatif, les amateurs d’objets consistants pourront toutefois regretter le côté quelque peu superficiel de l’exercice, pour un ouvrage au propos certes digne d’intérêt, loin d’être désagréable, mais trop vite lu.
Récompensée par le prix du public au festival d’Angoulême en 2023 pour Naphtaline, également publié chez ça et là, Sole Otero nous revient avec un projet très consistant : raconter sur près de 400 pages et en plusieurs histoires le parcours de trois sorcières à travers des époques différentes, du XVIIIe siècle à nos jours.
Il est difficile de classer l’ouvrage dans une catégorie précise. Bien qu’il parle de sorcellerie, ce n’est pas tant un récit fantastique, qu’un récit avec des éléments de fantastique. Superstitieuse, Sole Otero ? Au sortir de ce pavé, on ne saura pas vraiment si elle croit aux rites de magie noire. Avec « Walicho », elle ne fait qu’évoquer à travers le canal de la fiction ce thème millénaire et universel, la sorcellerie donc, pratique qui a toujours fasciné les foules, souvent associée au diable (à tort ou à raison et selon qu’on croit ou non à son existence), plus effrayante quand elle est utilisée à mauvais escient, nommée différemment selon les zones géographiques : vaudou dans les caraïbes, maraboutisme en Afrique, chamanisme en Amazonie… et quasi disparue en Europe depuis l’Inquisition…
On pourrait alors se dire que l’approche de Sole Otero est féministe, mais cela n’est pas du tout flagrant. L’autrice étant argentine, son pays n’a pas connu comme en Europe les chasses aux sorcières. Celles-ci auraient plutôt fui le Vieux continent pour se réfugier en Argentine, comme on peut d’ailleurs le voir dans le récit d’introduction. Ainsi, ses sorcières, qui sont sœurs et représentent le fil rouge pour chacune des histoires, ne suscitent ni l’antipathie ni la sympathie, mais elles semblent exercer une influence, de façon directe ou indirecte, dans la vie des protagonistes. Elles apparaissent comme des figures un peu surnaturelles, un peu inquiétantes, mais jamais Otero ne prend vraiment parti, et conserve d’ailleurs une certaine neutralité pour l’ensemble des personnages, y compris ceux qui veulent la peau des sorcières.
Quand je dis que « Walicho » est un projet consistant, ce n’est pas un vain mot. Il faut bien l’avouer, la lecture de ces huit histoires requiert une certaine concentration. Le texte est très présent et le propos assez touffu, parfois de manière anecdotique. Même si l’objet exerce une fascination incontestable sur le lecteur, on pourra toutefois rester sur sa faim. Peu fluide pour les raisons évoquées plus haut, la narration est un peu trop disloquée et souffre de l’absence d’éléments marquants ou tout simplement captivants.
Alors c’est sûr, il y a bien une volonté de la part de Sole Otero de nous proposer quelque chose d’original et qui sort des sentiers battus, et c’est assurément le cas. Cela se vérifie également dans son approche graphique, le design des personnages à l’aspect volontairement disproportionné (de petites têtes sur des corps très vastes) ou la mise en page très libre et très morcelée. Le bémol serait plutôt lié à l’identification des visages, similaires dans leur rondeur et pas toujours expressifs, autre frein à la fluidité de la lecture.
Cet album comporte certes des qualités, et toutes ces remarques ne remettent pas à cause l’intérêt que l'on peut porter à cette autrice, qui a réellement une approche novatrice, et le jury d’Angoulême ne s’y est pas trompé. Mais pour un meilleur équilibre, le successeur de Naphtaline y aurait à coup sûr gagné avec un allégement de la partition narrative.
Une série qui rentre dans ma définition typique de l’emprunt honnête de médiathèque. Ça se lit facile mais il n’y a vraiment rien d'emballant ni de franchement mauvais. Du divertissement qui sera vite oublié.
Je suis pourtant le coeur de cible, j’aime le fantastique. Mais ici les personnages ne sont pas bien mémorables, de même que les idées distillées. La réalisation est sympa mais pas transcendante.
En fait à aucun moment, je ne me suis ouais trop bien. Les auteurs fournissent du boulot correct mais trop lisse pour un déclic quelconque. Ça ne dépasse pas la simple série B, ça manque d’ambition pour succomber.
Un mix de 30 jours de nuit et de Walking Dead qui se laisse lire mais trop sage.
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Ducky Coco
Un bon 3,5 pour ce nouvel album d'Anouk Ricard. C'est un univers gentiment absurde de western où évolue Ducky Coco et son cheval Guiguite, qui parle bien sûr comme dans Lucky Luke et participe beaucoup à l'humour de ces pages. D'ailleurs je l'aurai plutôt catégorisé en humour qu'en western. Cela alterne des histoires courtes et des gags en une planche. On y voit des parties de carte sans queue ni tête, avec pour certaines d'astucieuses techniques de triche de Guiguite. Le tout reste bon enfant et est accessible à tous les âges. Signalons l'astucieuse couverture cartonnée trouée laissant paraître Ducky chevauchant. Dès qu'on tourne on voit un gag caché dans le bas.
Oum Kalthoum - Naissance d'une diva
Une bonne lecture sur une artiste égyptienne que je ne connaissais que de réputation. Oum Kalthoum nous est retracée sous forme de flash-back via un entretien avec une journaliste à l'issue d'un concert à l'Olympia en 1967. Une performance de 3 heures, et seulement 3 chansons. La chanteuse narre donc sa vie dans une biographie chronologique somme toute classique sur la forme. Son enfance très pauvre, la chance qu'elle a eue soutenue par ses parents dans son éducation et la révélation de sa voix qui a modifié sa destinée. Tout d'abord elle récite le Coran déguisée en garçon pour de riches gens, puis sa renommée s'étend et elle ouvre son chant à la musique profane. L'inconvénient de la bande dessinée est de ne pas avoir le son qui va avec... La mort de l'artiste en 1975 est un deuil pour des millions de personnes. Il y a également un message sur l'émancipation de la femme dans une société patriarcale et sous le poids de la religion.
Le Dernier des étés
Je trouve que ce récit a quelque chose de touchant. C'est l'histoire vue et revue de celui qui, avant de se marier, refait un voyage vers un lieu de son enfance, se repose des questions, imagine si ... Sauf qu'il ne cherche pas une autre femme, qu'il aurait perdue de vue. Il cherche son ami d'enfance, celui qui était là tous les étés lorsqu'il était enfant, avec qui il jouait tout le temps. Le récit est assez simple dans son déroulé, les petites retrouvailles et les moments où le passé ressurgit, les dates clés qui reviennent, les discussions pleines de sens alors que l'âge est plus avancé ... On a les scènes classiques de ce genre de récit mais tout l'ensemble contient aussi une petite note d’ambiguïté sur l'ensemble qui rajoute une couche d'intérêt. Et cet entre-deux qui dure tout au long du récit ne sera pas vraiment résolu à la fin, même si elle est très ouverte, laissant libre cours à plein d’interprétations. Le dessin est sympathique, me rappelant d'ailleurs ce que Gipi peut produire aussi. Il y a d'ailleurs un petit jeu de couleurs et quelques planches en calques (le même procédé que dans Les Voyages d'Ulysse) qui font jolies mais qui ne sont pas franchement indispensables. C'est joli, c'est sûr ! Je suis moins un peu moins enthousiaste que les autres posteurs, surtout parce que le récit est lent et que cette fin reste un peu trop ouverte à mon goût. Pour être franc, je ne sais même pas si elle suggère une bonne chose ou non. J'aurais peut-être aimé qu'il y ait un peu plus de précision, mais en dehors de ça le récit reste bon. C'est juste que je ne pense pas être intéressé par une relecture.
Haytham - Une jeunesse syrienne
Je fais mienne la remarque de carottebio, ce récit reste un travail "honnête et soigné" sans plus je dirais. On ne parle plus beaucoup de la Syrie aujourd'hui probablement à tort tellement la situation du pays reste explosive dans un contexte du MO de plus en plus instable. Bachar est toujours en place et j'ai trouvé intéressant toute la première partie du récit de Nicolas Hénin sur le tout début de la révolution syrienne en 2011. On sent que le journaliste est dans son élément sur un sujet qu'il maitrise parfaitement. Même si je suis toujours dubitatif sur les souvenirs de jeunes enfants, la narration est précise et très crédible pour décrire l'évolution de la situation en interne. J'ai été beaucoup moins séduit par la partie française du récit. J'ai senti le journaliste beaucoup moins à son aise dans ce récit qui mêle intime et social de l'intégration du jeune garçon. On se retrouve avec un suite de séquences foot, école, logement foot copain famille activisme un peu collées côte à côte sans lien narratif bien établi. Je me suis parfois ennuyé à lire cette suites d'anecdotes parfois insignifiantes. De plus j'ai un peu tiqué à certains passages. Comme la famille a obtenu le statut de réfugié ("La France lui a accordé l'asile"p48) il aurait été intéressant d'approfondir ce versant de l'histoire. Or ici l'OFPRA n'est même pas cité. Au contraire on a une présentation ambiguë. D'un côté on trouve des remerciements pour l'action du gouvernement français et de l'autre on a des séquences avec des comportements et des dialogues négatifs (voire racistes) des fonctionnaires français. Cette présentation m'a mis mal à l'aise (attendre 2 heures devant la préfecture ce n'est pas long, la file peut débuter à 4 h du matin!). En effet obtenir le statut de réfugié est un sésame qui facilite et accélère beaucoup les démarches administratives. Je trouve dommage que ce côté soit très superficiel voire tendancieux. Le graphisme N&B assez réaliste de Park ne m'a pas séduit. Je l'ai trouvé assez daté dans sa composition. Il y a un côté manichéen dans la présentation des bons et gentils. J'ai trouvé cela un peu scolaire. Cela reste du travail soigné. Une lecture pour se remémorer des événements tout proches et dont la page n'est pas encore tournée.
Le Manoir Sheridan
Une histoire qui se laisse lire, mais sans plus. On reste dans du classique, avec une intrigue qui ne renouvelle rien, tout en restant lisible. Le pacte avec le diable, les rivalités entre frères, héritiers d’une fortune et d’un grand manoir – forcément éloigné de tout, avec un personnage qui échoue ici par hasard et va se trouver entraîné dans une histoire machiavélique, coincé entre le châtelain perfide et son valet (un géant quasi muet) : la principale surprise vient que ce manoir est au Canada et non dans les Carpates… Quant aux créatures de « l’autre monde », celui des enfers, elles sont, elles-aussi, très classiques. Malgré ces clichés et ce sentiment de déjà-vu, le diptyque se laisse lire (sans doute les happy-end auraient-ils mérité d’être nuancés pour éviter d’en faire trop, mais bon…). Le dessin de Ma Yi est plutôt agréable, surtout pour les visages, malgré des décors un peu trop escamotés à mon goût. La colorisation lisse par contre un peu trop le rendu général. A emprunter à l’occasion, mais je n’y reviendrai pas. Note réelle 2,5/5.
Vivre à en mourir
Des séries sur la résistance il y en a pas mal, et c’est difficile de se démarquer. Et le lecteur blasé doit aussi ne pas se laisser engourdir, il ne faut pas oublier le sacrifice de ceux qui nous ont permis de vivre avec un minimum de libertés La particularité de cet album est de s’intéresser à de vrais résistant, ça n’est pas une histoire inventée. Mais de centrer le récit sur Marcel Rayman, un quasi anonyme – pourtant quasi célèbre ! En effet, il a été arrêté en même temps que Manouchian, et, en tant que Juif d’origine polonaise, a eu « l’honneur » de figurer sur « l’Affiche rouge ». Mais il est resté dans l’ombre historique de Manouchian, et cet album permet de le mettre davantage en avant. Le récit est assez froid – dans tous les sens du terme d’ailleurs. Je trouve qu’on s’attache davantage à la résistance et au courage, voire au sacrifice exigé qu’aux protagonistes eux-mêmes. Mais Galandon rend quand même bien la montée en tension, la pression exercée de plus en plus fortement par la Gestapo et les collaborateurs, l’angoisse d’être suivi, repéré, perdu, qui étreint Rayman. Quant au dessin de Puchol, il accentue sans doute le côté froid évoqué plus haut, mais cette ligne claire presque rétro n’est pas désagréable. Un album plaisant, à compléter avec les nombreux albums publiés récemment autour de Manouchian, à l’occasion de sa « panthéonisation ».
Sherman
Quand on entame le premier tome et qu'on accroche à cette enquête d'un homme devenu riche qui fouille dans son propre passé pour comprendre qui lui en veut au point d'assassiner son fils, on s'inquiète un peu d'apprendre que cette enquête va s'étaler au long de 6 tomes, puis d'un second cycle de 2 supplémentaires. D'autant plus qu'on va avoir droit systématiquement, voire parfois 2 fois par album, à des rappels récurrents et pénibles des évènements du début du premier tome et de la conversation téléphonique qui s'en suit. Léger sentiment de remplissage et d'intrigue un peu trop étirée en longueur donc. Impression aussi de pas mal de stéréotypes où l'on sent qu'on est dans un scénario de Desberg et qu'il aligne les ingrédients qu'il maîtrise depuis ses nombreuses années d'expérience : maffia, nazis, businessmen mesquins, etc... On est en terrain assez connu mais l'accroche est bonne et on a envie de comprendre le fin mot de l'histoire. D'autant que les fausses pistes sont nombreuses... si nombreuses qu'à force on se doute qu'à la manière d'un Agatha Christie, le vrai coupable est bien plus près qu'on l'imagine. Et d'ailleurs, la lecture est aussi impactée par différents éléments qui peuvent paraitre illogiques, non réalistes, et si je n'en parle pas davantage c'est qu'en fait ces invraisemblances finissent par s'expliquer... justement parce qu'elles participent de la résolution du mystère. Et c'est justement ça qui m'a donné l'impression que l'intrigue était un peu trop cousue de fil blanc pour être vraiment bonne. Je n'ai donc pas été complètement convaincu par le scénario de ce long cycle de 6 tomes, et j'ai même trouvé la fin de celui-ci et la révélation du mystère un peu plate. Mais j'ai été bien pris tout de même par ma lecture que j'ai trouvé divertissante et bien rythmée. A l'inverse, le second cycle de 2 tomes m'a paru très dispensable. C'est un ajout qui va s'accrocher au premier, racontant des évènements bien différents 20 ans après, avec une autre héroïne issue du premier. L'ambiance n'est pas la même, l'enquête est bien plus courte mais peu captivante, et la fin tombe encore plus à plat que celle du premier cycle à mes yeux, probablement parce qu'on n'a cette fois pas eu l'occasion de s'attacher au personnage principal. Bref, vous pouvez vous contenter des 6 premiers tomes.
Eyes without a face
« Eyes without a face », c’est d'abord un tube de Billy Idol, star de la pop punk des années 80, mais aussi le titre qu’a choisi Marie Baudet pour son second album. Elle nous replonge ainsi dans l’atmosphère de cette époque pour raconter l’histoire de ce « loser magnifique » qu’est Sylvain Fardot (évidemment inventé, faut-il le préciser ?), qui supporte mal de ne plus être sous les feux de la rampe. C’est en découvrant le clip du rocker british qu’il décide de s’identifier à son personnage, espérant ainsi sauver sa popularité. Mais ses parents s’inquiètent de son nouveau look, teinture blonde platine et piercing raté. Sa sœur Stéphanie quant à elle est excédée par son comportement de diva du petit écran. L’ouvrage, qui se lit très vite, s’apparente à une farce tragi-comique, brocardant au passage avec un humour grinçant le milieu de la télévision et ses vedettes d’un jour. Plutôt bien brossé, le portrait de Sylvain Fardot le bien nommé est emblématique de ces personnalités qui connaissent la célébrité sans envisager qu’elles puissent un jour retourner dans l’anonymat, et préfèrent se la raconter en s’imaginant être le centre du monde. Fardot apparaît ainsi comme une diva à la fois horripilante et pathétique dans son immaturité, provoquant des situations cocasses où il se mue en victime : rembarré constamment par sa sœur (à juste titre), blessé en se perçant l’oreille ou encore assommé par un jambon dans le Super U où il était invité à une séance de dédicaces. L’approche graphique de Marie Baudet, très éloignée des codes de la bande dessinée, évoque un style pictural où disparaissent les contours, sorte de pop-art impressionniste. On pourra apprécier ou pas l’imprécision des formes et les visages dépourvus d’yeux, de nez et de bouche (à l’exception de Billy Idol), c’est une affaire de goût. Née en 1983, l’autrice s’est davantage attachée à produire une atmosphère « eighties », en mettant en avant des éléments et objets d’époque (la Fiat Panda, les Mikado, les lampes à lave…). Les nostalgiques de cette période devraient être comblés, mais on imagine que l’histoire se déroule tout de même à notre époque étant donné la présence de smartphones et de laptops. Si ce portrait discrètement incisif tient plutôt d’un registre récréatif, les amateurs d’objets consistants pourront toutefois regretter le côté quelque peu superficiel de l’exercice, pour un ouvrage au propos certes digne d’intérêt, loin d’être désagréable, mais trop vite lu.
Walicho
Récompensée par le prix du public au festival d’Angoulême en 2023 pour Naphtaline, également publié chez ça et là, Sole Otero nous revient avec un projet très consistant : raconter sur près de 400 pages et en plusieurs histoires le parcours de trois sorcières à travers des époques différentes, du XVIIIe siècle à nos jours. Il est difficile de classer l’ouvrage dans une catégorie précise. Bien qu’il parle de sorcellerie, ce n’est pas tant un récit fantastique, qu’un récit avec des éléments de fantastique. Superstitieuse, Sole Otero ? Au sortir de ce pavé, on ne saura pas vraiment si elle croit aux rites de magie noire. Avec « Walicho », elle ne fait qu’évoquer à travers le canal de la fiction ce thème millénaire et universel, la sorcellerie donc, pratique qui a toujours fasciné les foules, souvent associée au diable (à tort ou à raison et selon qu’on croit ou non à son existence), plus effrayante quand elle est utilisée à mauvais escient, nommée différemment selon les zones géographiques : vaudou dans les caraïbes, maraboutisme en Afrique, chamanisme en Amazonie… et quasi disparue en Europe depuis l’Inquisition… On pourrait alors se dire que l’approche de Sole Otero est féministe, mais cela n’est pas du tout flagrant. L’autrice étant argentine, son pays n’a pas connu comme en Europe les chasses aux sorcières. Celles-ci auraient plutôt fui le Vieux continent pour se réfugier en Argentine, comme on peut d’ailleurs le voir dans le récit d’introduction. Ainsi, ses sorcières, qui sont sœurs et représentent le fil rouge pour chacune des histoires, ne suscitent ni l’antipathie ni la sympathie, mais elles semblent exercer une influence, de façon directe ou indirecte, dans la vie des protagonistes. Elles apparaissent comme des figures un peu surnaturelles, un peu inquiétantes, mais jamais Otero ne prend vraiment parti, et conserve d’ailleurs une certaine neutralité pour l’ensemble des personnages, y compris ceux qui veulent la peau des sorcières. Quand je dis que « Walicho » est un projet consistant, ce n’est pas un vain mot. Il faut bien l’avouer, la lecture de ces huit histoires requiert une certaine concentration. Le texte est très présent et le propos assez touffu, parfois de manière anecdotique. Même si l’objet exerce une fascination incontestable sur le lecteur, on pourra toutefois rester sur sa faim. Peu fluide pour les raisons évoquées plus haut, la narration est un peu trop disloquée et souffre de l’absence d’éléments marquants ou tout simplement captivants. Alors c’est sûr, il y a bien une volonté de la part de Sole Otero de nous proposer quelque chose d’original et qui sort des sentiers battus, et c’est assurément le cas. Cela se vérifie également dans son approche graphique, le design des personnages à l’aspect volontairement disproportionné (de petites têtes sur des corps très vastes) ou la mise en page très libre et très morcelée. Le bémol serait plutôt lié à l’identification des visages, similaires dans leur rondeur et pas toujours expressifs, autre frein à la fluidité de la lecture. Cet album comporte certes des qualités, et toutes ces remarques ne remettent pas à cause l’intérêt que l'on peut porter à cette autrice, qui a réellement une approche novatrice, et le jury d’Angoulême ne s’y est pas trompé. Mais pour un meilleur équilibre, le successeur de Naphtaline y aurait à coup sûr gagné avec un allégement de la partition narrative.
La Terre des vampires
Une série qui rentre dans ma définition typique de l’emprunt honnête de médiathèque. Ça se lit facile mais il n’y a vraiment rien d'emballant ni de franchement mauvais. Du divertissement qui sera vite oublié. Je suis pourtant le coeur de cible, j’aime le fantastique. Mais ici les personnages ne sont pas bien mémorables, de même que les idées distillées. La réalisation est sympa mais pas transcendante. En fait à aucun moment, je ne me suis ouais trop bien. Les auteurs fournissent du boulot correct mais trop lisse pour un déclic quelconque. Ça ne dépasse pas la simple série B, ça manque d’ambition pour succomber. Un mix de 30 jours de nuit et de Walking Dead qui se laisse lire mais trop sage.