Une BD sensible sur le sujet de la maladie et du deuil.
La mère de Charlotte est en phase terminale d'un cancer et, au-delà du soutien qu'elle lui apporte en venant la voir régulièrement à l'hôpital (utilisant cette occasion pour diffuser sur Youtube ses vidéos où elle maquille les yeux imberbes de malades qui ont perdu leurs cils et sourcils), elle doit surtout vivre cela avec sa famille qui essaie de garder le sourire autant qu'elle le peut. Sylvain, c'est le nom que la mère de Charlotte a donné à son cancer, dans le but de dédramatiser sa situation. Et la particularité de Charlotte, c'est que l'avatar tentaculaire de Sylvain la suit un peu partout, comme un ami imaginaire sarcastique et trop collant, et qu'ils discutent ensemble de la terrible ironie de la situation.
C'est une lecture qui attire son lot d'émotion puisqu'il s'agit de mettre en scène la perte d'une mère, mais elle n'en dégage pas vraiment plus que ce simple concept. Au delà des quelques discussions imaginaires entre l'héroïne et le cancer de sa mère, elle reste relativement basique sur la forme et aborde des sujets classiques sur le thème du deuil et de l'adolescence. Pas de surprise ni d'innovation. Elle porte toutefois un juste message, celui de la vie qui continue, et il saura probablement toucher ou parler à beaucoup de lecteurs. L'ouvrage n'a pas suffisamment d'impact pour véritablement marquer son lecteur mais il est honnête.
Je n'ai pas vraiment su cerner le public cible de cet album. Il se compose de courtes saynètes en BD plus ou moins humoristiques, ponctuées par la biographie d'écrivains célèbres ou de thèmes et informations littéraires du 19e siècle. Et autant les BD m'ont paru simplistes, presque enfantines dans leur ton, autant les parties en texte sont plus adultes, trop lourdes à lire pour un enfant même si intéressant pour un lecteur plus âgé et traité avec une touche humoristique pour les rendre plus attrayants. Et paradoxalement, mieux vaut connaitre un peu les auteurs mis en scène dans les BD pour comprendre les références et le sujet de leur humour.
J'imagine donc que cette BD pourrait convenir à un élève de Seconde ou de Première qui pourrait ainsi se faire avec légèreté et humour une idée des auteurs et du monde littéraire du 19e siècle en prévision du Bac de Français. Mais la partie BD lui paraitra probablement un peu trop immature pour son âge.
Toujours est-il que le graphisme de ces pages là est bien agréable, un peu mignon et joliment colorisé. Ça donne envie de les lire. Dommage que ce soit un peu trop enfantin à mon goût et du coup pas très drôle.
Sympathique BD qui a une histoire autour des Ojibwés, peuple amérindien, mais qui n'est ici présent que comme toile de fond (peu de marqueurs ethniques sont utilisés par le récit).
La BD a un style de dessin assez sympathique, parfois un peu brouillon mais globalement bien foutu. C'est surtout dans les paysages que l'auteur s'est fait plaisir, ainsi que dans les scènes de nuit. On sent un travail de la lumière dans les cases, c'est joli ! Mais je ne suis pas pour autant fan du style de dessin.
Niveau histoire, c'est assez disparate pour moi. D'un côté j'aime bien les côtés de l'histoire sur l'alcoolisme des amérindiens, la question de la violence familiale, les soucis que peuvent traverser les plus démunis dans l'Amérique profonde. Mais en même temps, je trouve que la question de ressouder brièvement les liens avec une figure de la famille qui revient en coup de vent pour ce dernier moment est un peu forcé. Dans le sens où je ne vois pas ce qu'un enfant doit par essence à des parents, et dans le cas présent c'est même assez difficile de se dire que le gamin lui doit quoi que ce soit. De fait, le message est étrange. Le père a eu une vie pas facile, je veux bien le croire, mais je n'aime pas cette façon de mettre l'enfant en lien forcé.
En fait, je trouve que l'histoire est assez banale dans le déroulé et qu'il y a des choses qui me dérangent sur le traitement de la famille. C'est une partie assez sensible de mon avis, mais personnelle. Et qui est sans doute à mettre en lien avec le roman dont la BD est adaptée. Elle est plaisante mais je ne suis pas plus emballé que ça !
2.5
Et ben je ne suis pas du même avis que Mac Arthur sur ce one-shot. Ça doit être le scénario de Mariko Tamaki qui m'a le plus convaincu jusqu'à présent.
L'histoire n'est pas parfaite. Il y a des longueurs même si le récit se lit rapidement pour un album avec autant de pages. Il y a plusieurs scènes qui ne semblent exister que pour montrer New York. Cela donne des pages très belles à voir, mais à force de voir des scènes de ce genre cela finit par être un peu ennuyeux.
J'ai un peu aimé suivre le voyage des trois héroïnes et l'évolution de leur caractère même si c'est vrai que par moment elles peuvent être insupportables. En fait, c'est surtout une des filles qui a un comportement souvent détestable qui peut tomber sur les nerfs du lecteur même si je pense que c'est voulu de la part des autrices.
Ça se laisse lire, mais ça ne m'a pas trop marqué.
La première fois que j’ai vu cet album, la couverture m’avait fait penser que c’était un nouveau tome d’Alix Senator (graphisme et ambiance y font fortement penser !).
Mais en fait non, c’est un one-shot qui est un polar, ou plutôt qui nous présente un procès à Rome au IIème siècle. Le héros est un « orateur » redouté, qui va ici jouer le rôle d’avocat pour sauver un jeune homme, accusé d’avoir assassiné son père.
L’intrigue et l’enquête sont menées sur un rythme pépère. Notre orateur est une sorte d’Hercule Poirot romain, qui nous fait régulièrement part (via des dialogues avec ses assistants) de ses hypothèses et déductions. Un whodunit antique, quoi.
Du polar très classique donc, avec ce petit plus du dépaysement dans la Rome de l’apogée de l’Empire. Même si les raisonnements me sont parfois apparus trop « modernes », et même si notre bonhomme semble trop facilement pouvoir vérifier ses hypothèses.
Enfin, je n’ai pas compris pourquoi les coupables avouaient si facilement en fin de volume, dispensant notre orateur de fournir des preuves plus solides. Une facilité scénaristique qui m’a un peu gêné.
Pour le reste, l’histoire se laisse lire, le dessin fait le boulot. Une lecture distrayante, mais qui ne m’a pas emporté.
8ème et dernier tome de la série concept "La grande évasion" dont chaque tome est élaboré par un duo ou un trio différent.
Après la lecture de l'ensemble de la série, force est de constater que la qualité de chaque ouvrage est très inégale, le premier tome La Grande évasion - Biribi et La Grande évasion - Tunnel 57 restant pour moi les deux meilleurs de la série et La Grande évasion - Void 01 et La Grande évasion - Le Labyrinthe les pires.
S'agissant de ce tome, je rejoins l'avis précédent de Noirdésir. C'est une BD honnête avec une histoire qui se lit bien et qui ménage un certain suspense. Le dessin et la mise en couleurs sont également plutôt jolis. Mais voilà, il manque quand même ce petit quelque chose selon moi pour en faire une œuvre dont on se souviendra.
Contrairement à certains, j'ai en revanche trouvé sympa l'idée que le personnage légendaire de Tilman Razine n'existe pas réellement mais son incarnation constituant une source d'inspiration et de courage pour les prisonniers. L'évasion reste en revanche peu crédible et trop facile selon moi.
Une BD dans la moyenne de la série mais qui ne me donnera pas forcément envie de m'y replonger.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10
NOTE GLOBALE : 13/20
Un petit ovni (ou plutôt un grand vu le format !) que cet album.
Quasiment muet (quelques dialogues épars apparaissent dans le dernier tiers de l’album), ce récit est original et déroutant.
Un Saint-Nicolas illuminé et quasi millénariste (il y a un peu de la Croisade des enfants dans le cortège de môme qu’il emmène loin des méfaits de la société) traverse l’ouvrage. Sorte d’extension de l’auteur, il nous livre une vision à la fois triste et engagée de notre société.
Il y a là une dénonciation, à la fois violente et poétique des violences policières, des violences symboliques (voir le « repas des puissants » autour de Macron, dispersé, le palais enflammé) des fortes inégalités sociales. La croix portée en slip par notre Saint-Nicolas ajoute l’anticléricalisme à cette charge contre les puissants, qui usent de leur puissance pour écrasés les pauvres, ou ceux qui ne voient pas le monde comme eux (l’album commence par la dispersion violente d’une ZAD).
Un peu défouloir parfois, et pas toujours très clair, le message passe quand même. Thierry Van Hasselt signe ici un ouvrage irrigué d’une saine révolte contre le monde tel qu’il va.
J’aime le dessin de Dany. Surtout dans sa collaboration avec Greg. Je ne pouvais pas passer à côté de cet album. Conquise oui, mais pas complètement non plus. Il y a un (petit) chouïa de réserves.
Le dessin, rien à dire, avant ou après Olivier Rameau, on reconnaît sa patte, ou plutôt ses pattes, fantaisiste ou réaliste, il excelle. Ce sont surtout les scénarios de ces historiettes qui ne m’ont pas toujours convaincue.
Il s’agissait pour certaines de commandes données au dessinateur par les directeurs de revues. Intéressaient-elles Dany ? Je ne sais, mais pour ma part, toutes ne m’intéressent pas.
Les histoires de guerres et de techniques militaires, non seulement me laissent froide, mais surtout dans mon esprit éloignent Dany de l’univers d’Olivier Rameau que j’apprécie tant. Comme si ado, dans ma caboche, j’avais assimilé le dessinateur à son héros fétiche. Snif.
Mais dans la première partie, tous ces petits récits humoristiques, ont été bien agréables à découvrir, ou à redécouvrir, comme l’histoire du bouquet de fleurs. Je l’avais lue dans le Tintin de l’époque et l’avais complètement oubliée, j’ai apprécié.
Belle histoire, triste et réaliste celle-là, de la vie du dernier indien se sa tribu, même si les scénarios de l’époque, ramènent les indiens à des sauvages restés à l’âge de pierre, ça pique un peu, quand même.
La dernière histoire, publicité assumée pour la ville d’Istanbul, n’est pas si mal. Pour une pub j’entends. L’art de concilier une vraie intrigue, certes un peu mièvre, et un catalogue touristique, chapeau.
Voilà, éclectique cet album. Nul doute qu'il ravira les fans de l’auteur ou les nostalgiques de l’époque Tintin. Et je coche les deux. Merci à Josq de l’avoir postée, j’aurais pu rater ça.
Contente de l’avoir lu et contente de le posséder. Donc coup de coeur quand même.
On ne se refait pas !
Je suis resté un peu sur ma faim en refermant cette série qui se lit facilement. Je trouve les récits ésotériques souvent alambiqués qui utilisent le paranormal pour prendre des raccourcis faciles dans le scénario.
Ce n'est pas le cas ici et les passages y faisant référence n'approfondissent pas cette direction du récit. La thématique de l'immortalité proposée par Taboada est plus amusante et intéressante. Même si elle n'est pas explicite c'est une thématique fondamentale de la BD puisque la mort du héros est un tabou et une balle dans le pied d'une série qui fonctionne.
Ici le héros Mansfield/Brenner est d'emblée immortel avec deux caractéristiques originales: il ne fait pas un voyage à travers les siècles et il agit dans un contexte de guerre où la mort est le lot quotidien de beaucoup. C'est d'ailleurs l'une des trouvailles du scénario d'inventer les procédés non répétitifs qui permettent à Brenner de s'en tirer sans égratignure. Je doit reconnaître que la créativité de l'auteur m'a bien plu. La partie sentimentale est plus convenue mais ouvre une voie de sortie acceptable pour cette thématique un peu piégeuse.
La narration est fluide à un détail près et les dialogues d'un bon niveau. J'ai eu toutefois du mal avec cette surabondance de grade allemands qui mériteraient un lexique pour si retrouver dans la hiérarchie ce qui nuit à la fluidité de la narration.
Je suis partagé par le graphisme de Ginevra. J'ai bien aimé la représentation impersonnelle de Mansfield/Brenner mais je suis moins fan des télépathes déguisées en petits rats de l'opéra. L'abominable général Ghulz avec sa rondeur faussement bienveillante est une belle trouvaille. Malheureusement certains détails ,comme les uniformes, manquent de soin.
La mise en couleur sombre et sépia colle plutôt bien à l'ambiance assez noire qui se dégage du récit.
J'ai trouvé le final assez abrupt et en queue de poisson mais ce n'est pas anormal pour arriver à conclure avec cette thématique. Pas mal mais sans plus à cause de multiples réserves.
The Moon on a Rainy Night est un yuri qui va nous raconter l’histoire d’amour de deux lycéennes dont l’une est sourde et l’autre amatrice de piano. On retrouve les principes du genre avec ces deux adolescentes dont l’une est plutôt timide et l’autre dotée d’un caractère fort, avec cette histoire d’amitié naissante qui lentement glisse vers un amour lesbien, avec ce cadre scolaire, etc…
Le gros plus vient donc du handicap d’une des deux protagonistes. Sa surdité sera l’occasion pour la mangaka de parler des spécificités de ce handicap. Ce qu’un sourd ‘entend’, pourquoi il aura tendance à se replier sur lui et à se couper des autres, comment sa famille vit ce handicap ? Autant de questions parmi bien d’autres qui seront abordées dans cette série sans que, pour autant, celle-ci ne devienne un documentaire lourdingue. Et c’est tout son intérêt.
Au niveau du dessin, nous sommes face à un manga mainstream. Le style est très formaté et le résultat se classe dans la bonne moyenne mais ne fait montre d’imagination d’aucune manière (mise en page classique, décors régulièrement vides, phrases éclatées sur plusieurs cases, etc…)
Dans l’ensemble et jusqu’à présent, je dirais que c’est plutôt pas mal. Très gentil, très tendre, instructif sans verser dans le démagogique à outrance, très sage aussi (la série est déconseillée aux moins de 16 ans mais, après deux tomes, les deux héroïnes ne se sont même pas encore embrassées et on ne peut pas vraiment dire que les cadrages soient volontairement suggestifs), avec une attention accordée au cadre familial (on ne se limite pas à une histoire de lycée), cette histoire d’amour se classe donc dans la bonne moyenne et devrait séduire le public visé.
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Sylvain
Une BD sensible sur le sujet de la maladie et du deuil. La mère de Charlotte est en phase terminale d'un cancer et, au-delà du soutien qu'elle lui apporte en venant la voir régulièrement à l'hôpital (utilisant cette occasion pour diffuser sur Youtube ses vidéos où elle maquille les yeux imberbes de malades qui ont perdu leurs cils et sourcils), elle doit surtout vivre cela avec sa famille qui essaie de garder le sourire autant qu'elle le peut. Sylvain, c'est le nom que la mère de Charlotte a donné à son cancer, dans le but de dédramatiser sa situation. Et la particularité de Charlotte, c'est que l'avatar tentaculaire de Sylvain la suit un peu partout, comme un ami imaginaire sarcastique et trop collant, et qu'ils discutent ensemble de la terrible ironie de la situation. C'est une lecture qui attire son lot d'émotion puisqu'il s'agit de mettre en scène la perte d'une mère, mais elle n'en dégage pas vraiment plus que ce simple concept. Au delà des quelques discussions imaginaires entre l'héroïne et le cancer de sa mère, elle reste relativement basique sur la forme et aborde des sujets classiques sur le thème du deuil et de l'adolescence. Pas de surprise ni d'innovation. Elle porte toutefois un juste message, celui de la vie qui continue, et il saura probablement toucher ou parler à beaucoup de lecteurs. L'ouvrage n'a pas suffisamment d'impact pour véritablement marquer son lecteur mais il est honnête.
A l'école des lettres
Je n'ai pas vraiment su cerner le public cible de cet album. Il se compose de courtes saynètes en BD plus ou moins humoristiques, ponctuées par la biographie d'écrivains célèbres ou de thèmes et informations littéraires du 19e siècle. Et autant les BD m'ont paru simplistes, presque enfantines dans leur ton, autant les parties en texte sont plus adultes, trop lourdes à lire pour un enfant même si intéressant pour un lecteur plus âgé et traité avec une touche humoristique pour les rendre plus attrayants. Et paradoxalement, mieux vaut connaitre un peu les auteurs mis en scène dans les BD pour comprendre les références et le sujet de leur humour. J'imagine donc que cette BD pourrait convenir à un élève de Seconde ou de Première qui pourrait ainsi se faire avec légèreté et humour une idée des auteurs et du monde littéraire du 19e siècle en prévision du Bac de Français. Mais la partie BD lui paraitra probablement un peu trop immature pour son âge. Toujours est-il que le graphisme de ces pages là est bien agréable, un peu mignon et joliment colorisé. Ça donne envie de les lire. Dommage que ce soit un peu trop enfantin à mon goût et du coup pas très drôle.
Les Étoiles s'éteignent à l'aube
Sympathique BD qui a une histoire autour des Ojibwés, peuple amérindien, mais qui n'est ici présent que comme toile de fond (peu de marqueurs ethniques sont utilisés par le récit). La BD a un style de dessin assez sympathique, parfois un peu brouillon mais globalement bien foutu. C'est surtout dans les paysages que l'auteur s'est fait plaisir, ainsi que dans les scènes de nuit. On sent un travail de la lumière dans les cases, c'est joli ! Mais je ne suis pas pour autant fan du style de dessin. Niveau histoire, c'est assez disparate pour moi. D'un côté j'aime bien les côtés de l'histoire sur l'alcoolisme des amérindiens, la question de la violence familiale, les soucis que peuvent traverser les plus démunis dans l'Amérique profonde. Mais en même temps, je trouve que la question de ressouder brièvement les liens avec une figure de la famille qui revient en coup de vent pour ce dernier moment est un peu forcé. Dans le sens où je ne vois pas ce qu'un enfant doit par essence à des parents, et dans le cas présent c'est même assez difficile de se dire que le gamin lui doit quoi que ce soit. De fait, le message est étrange. Le père a eu une vie pas facile, je veux bien le croire, mais je n'aime pas cette façon de mettre l'enfant en lien forcé. En fait, je trouve que l'histoire est assez banale dans le déroulé et qu'il y a des choses qui me dérangent sur le traitement de la famille. C'est une partie assez sensible de mon avis, mais personnelle. Et qui est sans doute à mettre en lien avec le roman dont la BD est adaptée. Elle est plaisante mais je ne suis pas plus emballé que ça !
New York, New York
2.5 Et ben je ne suis pas du même avis que Mac Arthur sur ce one-shot. Ça doit être le scénario de Mariko Tamaki qui m'a le plus convaincu jusqu'à présent. L'histoire n'est pas parfaite. Il y a des longueurs même si le récit se lit rapidement pour un album avec autant de pages. Il y a plusieurs scènes qui ne semblent exister que pour montrer New York. Cela donne des pages très belles à voir, mais à force de voir des scènes de ce genre cela finit par être un peu ennuyeux. J'ai un peu aimé suivre le voyage des trois héroïnes et l'évolution de leur caractère même si c'est vrai que par moment elles peuvent être insupportables. En fait, c'est surtout une des filles qui a un comportement souvent détestable qui peut tomber sur les nerfs du lecteur même si je pense que c'est voulu de la part des autrices. Ça se laisse lire, mais ça ne m'a pas trop marqué.
L'Orateur
La première fois que j’ai vu cet album, la couverture m’avait fait penser que c’était un nouveau tome d’Alix Senator (graphisme et ambiance y font fortement penser !). Mais en fait non, c’est un one-shot qui est un polar, ou plutôt qui nous présente un procès à Rome au IIème siècle. Le héros est un « orateur » redouté, qui va ici jouer le rôle d’avocat pour sauver un jeune homme, accusé d’avoir assassiné son père. L’intrigue et l’enquête sont menées sur un rythme pépère. Notre orateur est une sorte d’Hercule Poirot romain, qui nous fait régulièrement part (via des dialogues avec ses assistants) de ses hypothèses et déductions. Un whodunit antique, quoi. Du polar très classique donc, avec ce petit plus du dépaysement dans la Rome de l’apogée de l’Empire. Même si les raisonnements me sont parfois apparus trop « modernes », et même si notre bonhomme semble trop facilement pouvoir vérifier ses hypothèses. Enfin, je n’ai pas compris pourquoi les coupables avouaient si facilement en fin de volume, dispensant notre orateur de fournir des preuves plus solides. Une facilité scénaristique qui m’a un peu gêné. Pour le reste, l’histoire se laisse lire, le dessin fait le boulot. Une lecture distrayante, mais qui ne m’a pas emporté.
La Grande évasion - La Balade de Tilman Razine
8ème et dernier tome de la série concept "La grande évasion" dont chaque tome est élaboré par un duo ou un trio différent. Après la lecture de l'ensemble de la série, force est de constater que la qualité de chaque ouvrage est très inégale, le premier tome La Grande évasion - Biribi et La Grande évasion - Tunnel 57 restant pour moi les deux meilleurs de la série et La Grande évasion - Void 01 et La Grande évasion - Le Labyrinthe les pires. S'agissant de ce tome, je rejoins l'avis précédent de Noirdésir. C'est une BD honnête avec une histoire qui se lit bien et qui ménage un certain suspense. Le dessin et la mise en couleurs sont également plutôt jolis. Mais voilà, il manque quand même ce petit quelque chose selon moi pour en faire une œuvre dont on se souviendra. Contrairement à certains, j'ai en revanche trouvé sympa l'idée que le personnage légendaire de Tilman Razine n'existe pas réellement mais son incarnation constituant une source d'inspiration et de courage pour les prisonniers. L'évasion reste en revanche peu crédible et trop facile selon moi. Une BD dans la moyenne de la série mais qui ne me donnera pas forcément envie de m'y replonger. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 13/20
La Véritable Histoire de Saint-Nicolas
Un petit ovni (ou plutôt un grand vu le format !) que cet album. Quasiment muet (quelques dialogues épars apparaissent dans le dernier tiers de l’album), ce récit est original et déroutant. Un Saint-Nicolas illuminé et quasi millénariste (il y a un peu de la Croisade des enfants dans le cortège de môme qu’il emmène loin des méfaits de la société) traverse l’ouvrage. Sorte d’extension de l’auteur, il nous livre une vision à la fois triste et engagée de notre société. Il y a là une dénonciation, à la fois violente et poétique des violences policières, des violences symboliques (voir le « repas des puissants » autour de Macron, dispersé, le palais enflammé) des fortes inégalités sociales. La croix portée en slip par notre Saint-Nicolas ajoute l’anticléricalisme à cette charge contre les puissants, qui usent de leur puissance pour écrasés les pauvres, ou ceux qui ne voient pas le monde comme eux (l’album commence par la dispersion violente d’une ZAD). Un peu défouloir parfois, et pas toujours très clair, le message passe quand même. Thierry Van Hasselt signe ici un ouvrage irrigué d’une saine révolte contre le monde tel qu’il va.
Les Inédits de Dany
J’aime le dessin de Dany. Surtout dans sa collaboration avec Greg. Je ne pouvais pas passer à côté de cet album. Conquise oui, mais pas complètement non plus. Il y a un (petit) chouïa de réserves. Le dessin, rien à dire, avant ou après Olivier Rameau, on reconnaît sa patte, ou plutôt ses pattes, fantaisiste ou réaliste, il excelle. Ce sont surtout les scénarios de ces historiettes qui ne m’ont pas toujours convaincue. Il s’agissait pour certaines de commandes données au dessinateur par les directeurs de revues. Intéressaient-elles Dany ? Je ne sais, mais pour ma part, toutes ne m’intéressent pas. Les histoires de guerres et de techniques militaires, non seulement me laissent froide, mais surtout dans mon esprit éloignent Dany de l’univers d’Olivier Rameau que j’apprécie tant. Comme si ado, dans ma caboche, j’avais assimilé le dessinateur à son héros fétiche. Snif. Mais dans la première partie, tous ces petits récits humoristiques, ont été bien agréables à découvrir, ou à redécouvrir, comme l’histoire du bouquet de fleurs. Je l’avais lue dans le Tintin de l’époque et l’avais complètement oubliée, j’ai apprécié. Belle histoire, triste et réaliste celle-là, de la vie du dernier indien se sa tribu, même si les scénarios de l’époque, ramènent les indiens à des sauvages restés à l’âge de pierre, ça pique un peu, quand même. La dernière histoire, publicité assumée pour la ville d’Istanbul, n’est pas si mal. Pour une pub j’entends. L’art de concilier une vraie intrigue, certes un peu mièvre, et un catalogue touristique, chapeau. Voilà, éclectique cet album. Nul doute qu'il ravira les fans de l’auteur ou les nostalgiques de l’époque Tintin. Et je coche les deux. Merci à Josq de l’avoir postée, j’aurais pu rater ça. Contente de l’avoir lu et contente de le posséder. Donc coup de coeur quand même. On ne se refait pas !
La Malédiction de l'Immortel
Je suis resté un peu sur ma faim en refermant cette série qui se lit facilement. Je trouve les récits ésotériques souvent alambiqués qui utilisent le paranormal pour prendre des raccourcis faciles dans le scénario. Ce n'est pas le cas ici et les passages y faisant référence n'approfondissent pas cette direction du récit. La thématique de l'immortalité proposée par Taboada est plus amusante et intéressante. Même si elle n'est pas explicite c'est une thématique fondamentale de la BD puisque la mort du héros est un tabou et une balle dans le pied d'une série qui fonctionne. Ici le héros Mansfield/Brenner est d'emblée immortel avec deux caractéristiques originales: il ne fait pas un voyage à travers les siècles et il agit dans un contexte de guerre où la mort est le lot quotidien de beaucoup. C'est d'ailleurs l'une des trouvailles du scénario d'inventer les procédés non répétitifs qui permettent à Brenner de s'en tirer sans égratignure. Je doit reconnaître que la créativité de l'auteur m'a bien plu. La partie sentimentale est plus convenue mais ouvre une voie de sortie acceptable pour cette thématique un peu piégeuse. La narration est fluide à un détail près et les dialogues d'un bon niveau. J'ai eu toutefois du mal avec cette surabondance de grade allemands qui mériteraient un lexique pour si retrouver dans la hiérarchie ce qui nuit à la fluidité de la narration. Je suis partagé par le graphisme de Ginevra. J'ai bien aimé la représentation impersonnelle de Mansfield/Brenner mais je suis moins fan des télépathes déguisées en petits rats de l'opéra. L'abominable général Ghulz avec sa rondeur faussement bienveillante est une belle trouvaille. Malheureusement certains détails ,comme les uniformes, manquent de soin. La mise en couleur sombre et sépia colle plutôt bien à l'ambiance assez noire qui se dégage du récit. J'ai trouvé le final assez abrupt et en queue de poisson mais ce n'est pas anormal pour arriver à conclure avec cette thématique. Pas mal mais sans plus à cause de multiples réserves.
The Moon on a Rainy Night
The Moon on a Rainy Night est un yuri qui va nous raconter l’histoire d’amour de deux lycéennes dont l’une est sourde et l’autre amatrice de piano. On retrouve les principes du genre avec ces deux adolescentes dont l’une est plutôt timide et l’autre dotée d’un caractère fort, avec cette histoire d’amitié naissante qui lentement glisse vers un amour lesbien, avec ce cadre scolaire, etc… Le gros plus vient donc du handicap d’une des deux protagonistes. Sa surdité sera l’occasion pour la mangaka de parler des spécificités de ce handicap. Ce qu’un sourd ‘entend’, pourquoi il aura tendance à se replier sur lui et à se couper des autres, comment sa famille vit ce handicap ? Autant de questions parmi bien d’autres qui seront abordées dans cette série sans que, pour autant, celle-ci ne devienne un documentaire lourdingue. Et c’est tout son intérêt. Au niveau du dessin, nous sommes face à un manga mainstream. Le style est très formaté et le résultat se classe dans la bonne moyenne mais ne fait montre d’imagination d’aucune manière (mise en page classique, décors régulièrement vides, phrases éclatées sur plusieurs cases, etc…) Dans l’ensemble et jusqu’à présent, je dirais que c’est plutôt pas mal. Très gentil, très tendre, instructif sans verser dans le démagogique à outrance, très sage aussi (la série est déconseillée aux moins de 16 ans mais, après deux tomes, les deux héroïnes ne se sont même pas encore embrassées et on ne peut pas vraiment dire que les cadrages soient volontairement suggestifs), avec une attention accordée au cadre familial (on ne se limite pas à une histoire de lycée), cette histoire d’amour se classe donc dans la bonne moyenne et devrait séduire le public visé.