Les derniers avis (48960 avis)

Par Josq
Note: 3/5
Couverture de la série Fontainebleau
Fontainebleau

J'hésite un peu sur la note, mais au bilan, je ne peux pas dire que cette bande dessinée m'a déplu. C'est du Christophe Bec pile au milieu de l'échelle. Il a fait des chefs-d'œuvre, des échecs, et cette bande dessinée n'est ni très réussie, ni très mauvaise. A l'image d'un dessin un peu trop lisse par moments, mais non dénué de relief, Fontainebleau se laisse lire sans fâcher, mais sans marquer la mémoire. Le problème, comme souvent dans l'oeuvre de Bec, c'est le manque terrible d'originalité. Aucune péripétie n'est surprenante, tant on est dans une oeuvre déjà pré-écrite par les milliers d'autres oeuvres similaires écrites auparavant. La tension monte peu à peu, mais je trouve que la fin arrive trop vite pour nous laisser le temps de pleinement baigner dans l'atmosphère et de sentir le curseur monter, monter jusqu'à l'étouffement. Le mérite de Bec, en revanche, c'est de rester totalement dans le fantastique. Malédiction ou coïncidences malheureuses ? On n'en saura rien en refermant le volume, et c'est plutôt agréable, tant on a aujourd'hui des récits qui ne savent plus respecter cette barrière du fantastique et qui préfèrent démontrer plutôt que suggérer. C'est ce qui fait difficilement gagner sa troisième étoile à ce one-shot qui se laisse lire, mais qui, il faut bien le dire, n'est pas terrible non plus.

30/09/2024 (modifier)
Couverture de la série La Princesse et LE grenouille
La Princesse et LE grenouille

Philippe Jalbert est un auteur confirmé de la littérature jeunesse. Cette série semble être ses premiers pas dans la BD. Pour ce faire, l'auteur revisite l'un des thèmes les plus connus de la littérature merveilleuse : le couple princesse-grenouille. C'est fait dans un style qui s'apparente à Garulfo mais pour les enfants primo lecteurs. C'est dynamique, plein d'humour, légerement décalé et très coloré. De quoi plaire à un public de (très) jeunes lecteurs et lectrices surtout si la lecture est partagée avec un parent. C'est la seule réserve que je ferais, l'humour gentil est un humour de grand dont les subtilités ne sont pas forcément facilement accessibles sans aide. Une réalisation sympathique à partager avec ses enfants.

30/09/2024 (modifier)
Par Creamy
Note: 3/5
Couverture de la série Jusqu'au dernier
Jusqu'au dernier

L'avis de gruizzli m'a rappelé que j'avais acheté cet album, principalement sur la base du magnifique dessin de Gastine, fin et expressif. Pour ma part, je ne suis pas réfractaire à l'univers du western mais je reconnais que - comme pour n'importe quel genre balisé - il faut un minimum d'originalité pour retenir mon attention. C'est à moitié le cas ici. On a des personnages qui ne sont ni des archétypes, ni totalement mémorables. Le monde dépeint est vivant et j'ai trouvé l'histoire plaisante, à défaut d'être exceptionnelle. Peut-être à cause de ficelles un poil visibles (le décès soudain du gamin, son père d'adoption qui part au quart de tour...) Je me contenterai d'un pas mal.

29/09/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Le Joueur d'échecs (David Sala)
Le Joueur d'échecs (David Sala)

Adapter une nouvelle aussi connue que celle-ci en BD est une gageure. Et je dois dire que David Sala s'en tire avec les honneurs, c'est clair ! Son talent artistique mis à part, je trouve qu'il arrive parfaitement à rendre les scènes, pourtant complexe à représenter, qui détaillent le moment où la folie des échecs s'empare du personnage. L'idée de faire représenter les échecs sur tout les murs, le faire symboliser les pièces qui s'affrontent jusqu'à se faire du mal ... Le rendu visuel de ce passage est franchement excellent ! C'est dommage que le reste du récit ne s'autorise pas autant d'audace que dans le récit de ce monsieur (la séquence découpée en cases répétitives mais aussi lorsque ses sens sont représentés comme bloqués par la chambre vide). Pour le reste, le début et la fin du récit sont assez plan-plan (comme la nouvelle d'ailleurs) avec une mise en situation qui se déroule doucement. On avance petit à petit, avant d'atteindre le fameux récit flashback qui explique cette folie des échecs mais surtout met en lumière le sordide de l'être humain dans tout ce qu'il peut avoir de fâcheux. C'est assez linéaire, et je trouve que la BD reste assez proche du texte d'origine. En soi, on a finalement le texte de Stefan Zweig ou presque. J'aurais aimé que la BD soit parfois plus muette et qu'elle accepte le parti pris de retranscrire l'ensemble uniquement en BD. Donc c'est sympa comme BD, une bonne introduction à l'ouvrage et sans doute une façon de le faire découvrir aux lecteurs. Maintenant, je trouve que la nouvelle avait plus de force, exploitant le texte comme ressort narratif. La BD ici reste dans le cadre d'une adaptation malheureusement un peu trop linéaire. Il manque ce souffle ou cette idée qui transforme l'ensemble pour réellement se réapproprier l’œuvre. Nullement mauvaise, elle reste "simplement" bonne.

28/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Ingrid
Ingrid

Annoncé comme un « volume 1 », cet album n’a semble-t-il pas eu de suite. Je ne sais pas si ça n’est pas une bonne chose finalement. D’abord parce que cet album propose une « histoire » qui peut se lire indépendamment d’une éventuelle suite. Ensuite parce que la suite, justement, s’il y en avait eu une, semblait partie pour nous proposer la vie en exil, mais en fait la normalisation de la vie d’Ingrid et de sa famille. Sans l’arrière-plan et le point de vue original proposé dans ce « volume 1 », ça m’aurait clairement moins intéressé, et alors les défauts aperçus ici seraient davantage ressortis. Ces défauts sont assez bien pointés par Mac Arthur – même si contrairement à lui je ne sais pas si c’est « typiquement allemand ». Un récit dépassionné, presque fataliste. Malgré la guerre, le désarroi familial et pas mal de bouleversements, on peine à s’attacher aux personnages, comme si narratrice et lecteurs se retrouvaient retranchés à l’extérieur de l’histoire. Autre bémol, le dessin. Très lisible, il est aussi froid. Les décors souvent escamotés, des visages pas toujours très détaillés, tout ceci accentue le côté dépassionné de l’ensemble. Reste que ce récit est quand même intéressant. Il nous montre le point de vue d’Allemands ordinaires loin des grandes villes dans les derniers mois du Troisième Reich, alors que celui-ci s’effondre et que les Américains, puis les Soviétiques (on se trouve en Thuringe, objet de négociations entre les deux « grands » vainqueurs) arrivent pour dicter le « nouvel ordre ». Le lieu et le point de vue sont assez originaux en BD. Et c’est une jeune fille de 8 ans qui nous sert de témoin et de fil rouge, de narratrice (l’histoire s’inspire semble-t-il de celle d’une partie de la famille de l’auteure ?). Mais là aussi, cette gamine a quelque chose de trop sûre d’elle, de trop froid. Un récit intéressant, mais sans plus finalement.

28/09/2024 (modifier)
Couverture de la série L'été dernier
L'été dernier

Du roman graphique pur et dur. Mené sur un rythme assez lent, avare de péripéties. Pas inintéressant, mais pas emballant non plus. Le dessin de Cattaneo peut lui aussi dérouter, avec ses personnages à têtes un peu gonflées. Un style un peu underground, qui multiplie certains détails (poils, boutons sur les personnages, végétation, etc.) assez original. Je l’ai trouvé plutôt sympa. Des maladresses, mais c’est dynamique et ce Noir et Blanc assez doux est agréable. L’histoire se laisse lire sans être extraordinaire. Nous suivons quelques ados durant l’été. Peu de tension (une homosexualité latente pour l’un d’entre eux, mais ça n’est jamais clairement exprimé), mise à part la découverte dans un ravin sous un viaduc d’un camion accidenté, qui va nourrir quelques fantasmes – mais pas assez de rebondissements dans l’histoire hélas. Une lecture d’emprunt pas désagréable, mais qui m’a un peu laissé sur ma faim, avec qui plus est une conclusion qui m’a un peu échappé (comme j’ai sans doute raté quelques références avec cette obsession de la part d’un des jeunes pour l’observation du ciel avec son télescope). Note réelle 2,5/5.

27/09/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Le Joueur de flûte de Hamelin
Le Joueur de flûte de Hamelin

Le joueur de flûte de Hamelin est une adaptation d'un conte des frères Grimm. Un récit qui évoque le désastre censé être survenu le 26 juin 1284 dans le village de Hamelin en Allemagne. Je ne vais pas vous faire l'affront d'un résumé de cette histoire. Une adaptation qui va prendre quelques libertés avec le récit original. On va donc découvrir une histoire d'amour entre le musicien et une jeune fille de Hamelin. Elle est devenue sourde après un accident étant enfant. Et la fin du conte est légèrement modifiée. Je trouve que le récit tire en longueur dans la première moitié de l'album. Certes, il faut planter l'intrigue et les personnages mais c'est mou et pas des plus passionnants. Et les protagonistes manquent de moelle. Par contre, sans être extraordinaire, la seconde partie est plus captivante et les personnages prennent enfin du poil de la bête. La partie graphique est agréable à regarder, elle fait très comics, tout en empruntant au manga pour l'expressivité excessive de certains visages. J'ai aimé la colorisation. Une mise en page classique mais efficace. Du bon boulot. Une curiosité.

27/09/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Tombeau des chasseurs (La Guerre des Loups - L'Enfer du Lingekopf)
Le Tombeau des chasseurs (La Guerre des Loups - L'Enfer du Lingekopf)

1915, l'armée française déploie ses bataillons de chasseurs alpins pour déloger les Allemands des sommets des Vosges. Censés être l'élite de l'armée française, leurs rangs contiennent pourtant nombre de jeunes recrues, à l'image d'Antoine Granet, ancien berger engagé pour sa patrie. Dans un décor de beauté sauvage et de montagnes, ces jeunes hommes vont être jetés contre les fortifications et les tirs de mitrailleuses des Allemands dans une bataille qui s'éternisera des mois et verra le massacre de beaucoup de soldats. Cet album est un hommage au sacrifice de ces chasseurs alpins envoyés combattre dans l'absurdité d'une guerre où les hommes ne sont que des pions obéissant à des ordres irréfléchis. Victor Lepointe les met en image dans des décors de forêts enneigées, avec un dessin soigné et des couleurs toute en ambiance. C'est joli quoiqu'un peu répétitif puisque paysages et personnages resteront identiques tout au long de l'album. De même, malgré les mois qui s'écoulent, l'intrigue donne l'impression qu'il ne s'y passe pas grand chose. Moments d'attente dans le froid, brèves discussions désabusées entre soldats, massacres abrupts et combats essentiellement passés à tenter de se cacher des balles qui fusent de partout. Tout ça pour rien. Certes l'absurdité et l'inutilité de ces batailles et de toutes ces morts finit par ressortir, mais aussi l'impression qu'il ne s'est rien passé. D'autant que malgré quelques tentatives de l'auteur de nous le rendre plus humain, le héros reste assez distant et le lecteur aura du mal à s'y attacher particulièrement. Joli dessin et louable hommage aux soldats morts pour la France dans des circonstances navrantes, mais lecture un peu vaine et convenue.

27/09/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Gentlemind
Gentlemind

Rah, c'est embêtant ... J'aurais voulu noter plus, j'aurais voulu dire que c'est excellent ! Mais ce n'est pas le cas et c'est frustrant parce qu'il y avait un énorme potentiel dans cette histoire. Ça commence par une amourette de jeunesse entre une jeune femme dansant dans un cabaret et un jeune artiste dessinateur qui ne peuvent pas vivre, manquant d'argent. Le destin les sépare et très vite le récit embraye sur son réel sujet : le magazine Gentlemind et ce qu'il permet de dire de la société américaine. Et là, on a déjà un premier problème : la BD n'a pas eu assez le temps de se développer. Elle traitera, en vrac, de féminisme et d'émancipation des femmes, d'amour contrariés, de la presse, de son pouvoir, des nouvelles générations d'écrivains, du vrai et du faux, de la photographie et de son impact, de nazisme, de maccarthysme, de temps qui passe, de révolutions, d'appartenance ethnique ... Et je suis certain d'en avoir oublié plein ! C'est une véritable accumulation de sujets, parfois traités seulement en une ou deux pages, qui passent trop vite mais surtout noient un peu trop le propos. Parce qu'au sortir de cette BD, j'ai un réel doute sur le sujet central. C'est tellement éparpillé en tout sens qu'il est difficile de dire sur quoi les auteurs ont voulu se concentrer : si le personnage de Navit est clairement central au récit, je trouve que sa romance avec Arch est trop centrale pour l'intérêt réel qu'elle occupe. Il manque vraiment le fil rouge de l'ensemble, clair et net, pour qu'on s'y retrouve. Si je dis ça, c'est que je suis assez frustré quand je vois ce que la BD propose. Il y a une réelle intention narrative qui me plait : parler des années 40 puis 50 sous le prisme de la modernité qui arrive mais aussi de tout ce qui change à ce moment-là : la question des femmes, des minorités latinos, les révolutions et l'hégémonie américaine, le pouvoir de la presse, les technologies qui débarquent, mais aussi l'évolution de la presse au fur et à mesure de l'évolution sociétale ! Il y a beaucoup de choses que j'ai apprécié dans le discours, mais aussi dans les personnages. Maggie, par exemple, est un personnage parfaitement bien campé, tout comme "Just Jo". Les hommes ne sont pas en reste, les gueules sont vites cernées et franchement sympathiques, leur évolution est intéressante tout comme l'évolution de leurs petites vies. C'est simple mais efficace et ça donne un aspect "bande" aux gens du journal qu'on voit évoluer ensemble avec plaisir. Niveau graphisme, c'est assez difficile à dire pour l'appréciation. D'un côté le graphisme est net, il a une patte claire et le style atome rend bien. Surtout que ça fait aussi rétro que l'histoire, donc parfait niveau cohérence ! Cela dit, je dois quand même admettre que plusieurs fois j'étais incertain sur les personnages. Il m'a fallu revenir en arrière pour bien identifier chacun, reconnaitre le détail qui le différencie et même comme ça j'ai eu parfois du mal à m'assurer de qui parlait. C'est dommage, ça ralentit une lecture très appréciable du reste. En fait, je ressors assez frustré de la BD parce que le potentiel est là, clair et palpable. Il y beaucoup (trop) de bonnes choses, des personnages attachants et des histoires intéressantes. La fin est amère, douce-amère, sur les regrets et les années passés, sur tout ce qui n'a pas pu se faire, mais elle a un côté émouvant qui est malheureusement noyé par la vitesse du deuxième volume. C'est ce qui est frustrant : ça aurait pu être excellent, c'est "seulement" bien. Donc la lecture est chouette, agréable et même recommandée, mais elle ne sera pas non plus impérissable et c'est dommage. Pour le coup, je me dis qu'une adaptation en série pourrait être excellent !

27/09/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Sylvain
Sylvain

Une BD sensible sur le sujet de la maladie et du deuil. La mère de Charlotte est en phase terminale d'un cancer et, au-delà du soutien qu'elle lui apporte en venant la voir régulièrement à l'hôpital (utilisant cette occasion pour diffuser sur Youtube ses vidéos où elle maquille les yeux imberbes de malades qui ont perdu leurs cils et sourcils), elle doit surtout vivre cela avec sa famille qui essaie de garder le sourire autant qu'elle le peut. Sylvain, c'est le nom que la mère de Charlotte a donné à son cancer, dans le but de dédramatiser sa situation. Et la particularité de Charlotte, c'est que l'avatar tentaculaire de Sylvain la suit un peu partout, comme un ami imaginaire sarcastique et trop collant, et qu'ils discutent ensemble de la terrible ironie de la situation. C'est une lecture qui attire son lot d'émotion puisqu'il s'agit de mettre en scène la perte d'une mère, mais elle n'en dégage pas vraiment plus que ce simple concept. Au delà des quelques discussions imaginaires entre l'héroïne et le cancer de sa mère, elle reste relativement basique sur la forme et aborde des sujets classiques sur le thème du deuil et de l'adolescence. Pas de surprise ni d'innovation. Elle porte toutefois un juste message, celui de la vie qui continue, et il saura probablement toucher ou parler à beaucoup de lecteurs. L'ouvrage n'a pas suffisamment d'impact pour véritablement marquer son lecteur mais il est honnête.

27/09/2024 (modifier)