L’intrigue est originale. Elle a un petit côté « meurtre à » (la série polar de France télé aux airs de dépliant touristique pour la collectivité qui co-finance), on est ici à Perpignan. Une fliquette rejoint des gendarmes pour élucider une série d’enlèvements et de meurtres. Les histoires d’amour sont aussi téléphonées que dans les séries susnommées (pour le peu que j’ai pu en voir).
Pas palpitant au départ donc, mais le scénario bascule peu à peu dans quelque chose de plus original, avec une touche de fantastique étrange de plus en plus prononcée. Disons que ça pimente le récit, et le fait sortir de l’ordinaire. Et Piatzsek a la bonne idée de ne pas « expliquer » artificiellement et trop rationnellement les choses, la fin est ouverte, ça passe mieux ainsi.
J’ai bien aimé la colorisation, et le dessin aussi, même si j’ai eu du mal avec les nez dessinés par Chemineau.
Une lecture plaisante, mais sans plus me concernant.
Un récit dont la lecture est agréable, mais qui ne m’a pas emporté autant qu’il aurait pu le faire.
On est dans une veine romantique, un amour impossible entre un Européen et une jeune femme d’un harem turc, dans l’Empire ottoman mourant. Loti raconte cette histoire sur un ton alternant passion et froideur.
En tout cas l’album garde l’aspect très littéraire du récit. Mais j’ai souvent eu l’impression – dû sans doute au style même de Loti – qu’il y avait trop de retenue dans cette histoire, que la passion que Conrad ou Pasternak avaient pu mettre dans certaines de leurs œuvres était ici trop contrebalancée par un « savoir vivre » européen, une contenance qui empêche de « tout lâcher ».
Le dessin de Bourgeron est très lisible et plutôt agréable, du moderne sans fioriture, jouant sur les hachures pour donner de la vie à ses visages qui ont parfois des airs d’esquisses de masques africains. Mais par contre je trouve que le trait de Bourgeron accentue le côté dépassionné qui nuit peut-être à l’envolée lyrique que j’attendais (affaire de goût bien sûr et, ne connaissant pas le récit de Loti, sans doute n’y était-elle pas présente !).
Gaston a franchement bien donné le ton de ce manga : une réussite certaine dans l'histoire et le ton (en même temps, Tezuka l'écrit à la fin de sa vie) mais qui a comme défaut évident d'être inachevé de par sa mort ...
Je ne me cache pas une admiration pour Tezuka dont le trait m'impressionne par sa virtuosité : clair et lisible, décors soignés et personnages simplifiés pour s'identifier à eux, dessin dynamique. Le tout assaisonné d'histoires noires et joyeuses, souvent tristes sur l'humanité (encore une fois, logique pour un type qui a vécu la seconde guerre mondiale au Japon !). Tezuka, c'est le type qui ne veut surtout pas faire d'histoire manichéenne, faisant toujours verser ses personnages dans un gris plus ou moins clair.
Cette histoire est la dernière qu'il conçu durant sa vie, amenant une certaine maturité dans son propos. Et ça se ressent : Tezuka brocarde quelques figures qu'il n'aime pas, mais se concentre surtout sur cette réinterprétation de Faust de façon assez originale. En effet, plutôt que de reprendre le mythe au pied de la lettre, il s'en sert pour évoquer l'envie de jeunesse, l'évolution du Japon dans les années 50/70 et surtout la question de la biotechnologie et ses potentiels dérives. C'était avant Dolly, mais on sent déjà venir l'état d'esprit transhumaniste des milliardaires de la Sillicon Valley ! Lucide, le type !
La BD est assez lente à démarrer, mais le scénario m'a vite accroché et j'ai lu l'ensemble d'une traite. C'est clairement frustrant de voir autant de potentiel gâché, surtout que l'édition comporte une interview de Tezuka donnant quelques clés de lectures (notamment la femme dans la lune) et explique certains choix artistiques. Une idée intéressante pour comprendre où l'auteur voulait en venir, et sans rien divulgâcher je dirais que le bougre commençait à sentir la jeunesse désœuvrée ne trouvant plus de sens dans son existence, mais aussi les questions écologiques !
Je reste cependant sur un 3* car le manga est inachevé et cela ne pourra jamais satisfaire tout à fait une lectrice. Je dirais que c'est un bon 3.5 * et que je m'aligne avec la note de Gaston pour obtenir ce résultat.
Je sors frustré de ma lecture. En effet ma BM ne possède que les deux premiers tomes et le T3 semble très difficile à trouver pour un prix raisonnable.
C'est dommage car j'ai vraiment apprécié ce que j'ai lu de cette ancienne série de Rodolphe. J'ai craint un moment une variante commerciale de L'Ile au trésor . Falkner fut un contemporain de Stevenson et l'on sent immédiatement l'influence de ce dernier sur "Moonfleet".
Le village côtier d'une Angleterre du XVIIIème siècle avec un garçon que Rodolphe a baptisé Jim au lieu de John et qui trouve un parchemin énigmatique, nous plongerait dans une redit de la célèbre île si le reste de l'histoire ne s'en détachait pas fortement. J'ai été pris par le rythme de l'histoire pleine de rebondissements autour de Jim et Maître Block.
Une double histoire de cavale et de recherche de diamant qui m'a tenu en haleine tout au long de ma lecture.
Comme l'ambiance graphique proposée par Hé avec les belles couleurs de Patricia Puerta dans des scènes souvent nocturnes très agitées c'est un visuel très agréable. Les détails extérieurs sont très soignés ( village, falaise, mine, puits) ce qui autorise une immersion facile et agréable dans le récit.
Une lecture très plaisante pour le genre aventure à qui j'aurais donné 4 sans cette frustration. Cela me laisse la possibilité de monter ma note si je mets la main sur T3.
La grande parenthèse a pour but, je pense, d'apporter une voix optimiste face aux défis futurs, en misant sur la capacité de résilience de l’humain, sur sa créativité, pour ainsi dédramatiser le réchauffement climatique. En deux mots : redonner espoir.
Simon Hureau s'adresse ici à un public jeunesse avant tout. Son récit se veut extrêmement positif. Partant d’une idée assez originale (soudainement, toutes les feuilles des arbres se sont accumulées dans les vallées, rendant les grandes villes invivables et obligeant les citadins à retourner vers les campagnes et à surélever leurs habitations), l’auteur nous invite à suivre deux enfants que ce retour à une vie simple va finalement enthousiasmer.
Le récit est très naïf et occulte tous les aspects négatifs d’une telle décroissance pour n’en montrer que les positifs, en insistant sur les vertus d’une vie saine menée dans une nature aimante. A un point tel que lorsque le niveau des feuilles finit par baisser et que cette parenthèse semble devoir se clôturer, le lecteur ne peut être que déçu par ce retour ‘à la normale’, à cette situation d’avant qui empeste l’ennui, la pollution, la tristesse.
Au niveau du dessin, Simon Hureau se fait très clairement plaisir. Il multiplie les plans larges qui dévoilent des architectures inventives au cœur d’une nature prédominante et généreuse. Ses teintes fauves se marient parfaitement avec l’esprit du récit. C’est beau à voir et il est tentant de s’attarder sur ces planches pour en révéler l’un ou l’autre détail oublié.
Si les premières pages font vraiment penser à un livre illustré, au plus le récit avance, au plus celui-ci prend la forme d’une bande dessinée plus traditionnelle, mais toujours avec cette liberté que l’artiste s’octroie en toutes circonstances. Pas de gaufrier étriqué ici mais des cases éclatées et recomposées dans lesquelles s’entremêlent personnages et dialogues. Puis, alors que le scénario s’oriente vers un retour à la ‘normale’, la structure narrative reprend un peu cette forme de livre illustré. Une manière de boucler la boucler qui vient faire écho au scénario, en somme.
C’est un bel album, en définitive, mais je le trouve trop positif, trop naïf pour être pleinement convainquant. Sans doute Simon Hureau a t’il ressenti le besoin de signer ce genre de récit pour positiver après avoir terminé « Le Vivant à vif », mais je pense qu’il tombe dans l’excès inverse.
A réserver à un jeune public.
Il y a des œuvres jeunesse qu'il est difficile de cataloguer tant elles surfent entre le livre illustré et la bande dessinée. C’est un peu le cas de cet album que l’on retrouvera très certainement dans les librairies rangé parmi les livres illustrés alors que son contenu s’apparente bien plus à une bande dessinée. Art séquentiel, dessins qui s’enchainent, dialogues entre les personnages (même si l’un n’écoute l’autre que d’une oreille très distraite) : pour moi, clairement, c’est de la bande dessinée ! Et un très bon moyen pour les jeunes lecteurs (l’album est conseillé dès 3 ans) d’appréhender le neuvième art.
L’histoire est on ne peut plus simple. Lors d’une balade au parc, un jeune enfant monte dans un arbre tandis que l’adulte à ses côtés (son frère, sa sœur, sa babby-sitter, sa mère peut-être) est absorbé par son écran et ne lui répond que de manière systématique (le fameux 'c’est bien, mon cœur'). Et tandis que l’enfant, porté par son imagination, va vivre une aventure incroyable perché dans cet arbre, l’adulte, lui, va passer à côté du merveilleux de la situation.
Le récit est poétique et joliment illustré dans des teintes à la fois vives et automnales. Les grandes illustrations ne sont pas rares mais les planches offrent le plus souvent un découpage en gaufrier clair et facile d’accès (vraiment bien adapté à un très jeune public).
Une bien belle balade, et une réflexion emplie de sagesse sur les choses que l’on rate lorsqu’on se laisse absorber par nos écrans.
2.5
Je rejoins l'avis de Mac Arthur sur ce one-shot.
Girard raconte la vie de Leonard Cohen, un chanteur dont je connais surtout de nom ce qui veut dire qu'il y a peut-être des allusions dans cet album qui me sont passé au-dessus de la tête.
C'est une biographie conventionnelle où on saute d'une période à une autre pour montrer les moments les plus importants de la vie de Cohen et la plupart des éléments du récit sont traités de manière superficielle. Cela se laisse lire, mais il y a que les planches qui montrent les derniers moments de Cohen qui m'ont vraiment un peu marqué.
L'auteur québécois Philippe Girard raconte son voyage en Pologne.
Le début laisse présager un voyage intéressant: un échange culturel entre le Canada et la Pologne. En effet, une autrice polonaise va passer un mois à Montréal pendant que Girard va passer un mois à Cracovie. Sauf qu'une fois arrivée là-bas il est laissé à lui-même et aucunes des activités prévues du genre rencontre professionnelle avec des auteurs et des éditeurs polonais ne va se faire. Donc si vous vouliez voir comment ça marche l'industrie du livre en Pologne, ben vous allez rien voir !
À la place, on a droit à Girard qui s'ennui et n'a rien d'autres à faire que se promener à Cracovie ou faire un voyage à Varsovie. L'album mélange donc les observations de l'auteur sur la vie en Pologne ainsi que ce qu'il a ressenti durant son séjour. Si la découverte de la vie polonaise est pas mal, c'est un peu moins le cas avec le mal-être de Girard. À force de le voir tourner en rond parce qu'il ne sait pas quoi faire, ben le scénario tourne en rond, mais je pense qu'il voulait illustrer ce qu'il a vécu durant son voyage et que voir quelqu'un s'ennuyer ben ça fini par ennuyer un peu le lecteur.
Le dessin est pas mal quoique ce soit étrange de voir l'auteur se dessiner lui-même avec un visage moins détailler que les autres personnages. Surtout qu'il a l'air plus jeune que dans la réalité. On dirait qu'il a 20 ans alors qu'il est censé avoir 49 ans au moment du voyage !
Pas vraiment mauvaise mais loin d’être géniale cette nouvelle incursion dans la collection Thorgal Saga, j’ai trouvé le résultat plus que convenu et cela à tous les niveaux.
Déjà, on retrouve un duo d’auteurs pas très original pour l’univers, puisqu’il a déjà touché à toutes les déclinaisons (Louve, La jeunesse …).
Pas de grosse surprise pour la partie graphique donc, Roman Surzhenko continue son lignage avec le trait de Rosinski.
Il en va malheureusement trop de même pour le scénario. Tout est conforme et (trop ?) fidèle à la série mère, j’en attends vraiment davantage avec ce type de collection.
Shaïgan ne propose vraiment aucune innovation ou d’éclairage nouveau autour de la mythologie « Thorgalienne », comme les 2 premiers tomes ont su le faire avec plus ou moins de réussite.
En fait, cet album agit juste comme un hors série qui comble un trou dans la vie de notre héros. Comme son nom l’indique, Yann s’attache à la période amnésique de notre héros, du temps où il était pirate et sous la coupe de la perfide Kriss de Valnor, la fin de l’album fera d’ailleurs la jonction avec le tome 22 « Géants ».
L’idée est bonne et l’aventure honnête, je ne me suis pas ennuyé pour dire la vérité, ça rentre bien dans le moule. Cependant mon enthousiasme était quasi absent, où est l’audace ?
Le résultat m’a paru téléphoné et tout tracé, divertissant mais trop anecdotique au final. L’album qui m’aura le moins amusé dans cette collection.
Une histoire qui se laisse lire, plutôt agréablement, même si elle m’a un peu laissé sur ma faim.
A la mort de sa mère, le héros découvre chez elle la photographie d’un homme, qui semble avoir compté pour elle. Il se lance à sa recherche, en cherchant aussi ses racines, et en essayant de renouer le fil avec une mère de laquelle il s’était détaché. Peu à peu cette « enquête » prend des airs de polar – sans vraiment approfondir cet aspect.
Ce qui m’a un peu déçu, c’est le manque de densité de l’intrigue, un peu légère. Et certaines cases parfois difficiles à déchiffrer.
Mais par contre j’ai bien aimé l’ambiance globale. On est en plein dans le milieu du jazz, voire du blues, le héros joue du sax, on évoque de vieux clubs de Harlem. Le rythme lent, le brouillard de l’intrigue, des souvenirs du héros, et des images concourent à accentuer l’idée d’une salle enfumée bercée par des mélodies jazzy.
Le travail graphique d’Anand RK n’est pas toujours clair. Mais il colle au récit et à l’ambiance. Il y a un peu de Mc Kean dans le rendu de certaines cases, avec une impression de collages.
Au final, un album plaisant, mais qui aurait pu l’être davantage avec une histoire plus fouillée je pense. J’ai plus été convaincu par l’ambiance que par le récit lui-même.
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Les Premiers
L’intrigue est originale. Elle a un petit côté « meurtre à » (la série polar de France télé aux airs de dépliant touristique pour la collectivité qui co-finance), on est ici à Perpignan. Une fliquette rejoint des gendarmes pour élucider une série d’enlèvements et de meurtres. Les histoires d’amour sont aussi téléphonées que dans les séries susnommées (pour le peu que j’ai pu en voir). Pas palpitant au départ donc, mais le scénario bascule peu à peu dans quelque chose de plus original, avec une touche de fantastique étrange de plus en plus prononcée. Disons que ça pimente le récit, et le fait sortir de l’ordinaire. Et Piatzsek a la bonne idée de ne pas « expliquer » artificiellement et trop rationnellement les choses, la fin est ouverte, ça passe mieux ainsi. J’ai bien aimé la colorisation, et le dessin aussi, même si j’ai eu du mal avec les nez dessinés par Chemineau. Une lecture plaisante, mais sans plus me concernant.
Aziyadé
Un récit dont la lecture est agréable, mais qui ne m’a pas emporté autant qu’il aurait pu le faire. On est dans une veine romantique, un amour impossible entre un Européen et une jeune femme d’un harem turc, dans l’Empire ottoman mourant. Loti raconte cette histoire sur un ton alternant passion et froideur. En tout cas l’album garde l’aspect très littéraire du récit. Mais j’ai souvent eu l’impression – dû sans doute au style même de Loti – qu’il y avait trop de retenue dans cette histoire, que la passion que Conrad ou Pasternak avaient pu mettre dans certaines de leurs œuvres était ici trop contrebalancée par un « savoir vivre » européen, une contenance qui empêche de « tout lâcher ». Le dessin de Bourgeron est très lisible et plutôt agréable, du moderne sans fioriture, jouant sur les hachures pour donner de la vie à ses visages qui ont parfois des airs d’esquisses de masques africains. Mais par contre je trouve que le trait de Bourgeron accentue le côté dépassionné qui nuit peut-être à l’envolée lyrique que j’attendais (affaire de goût bien sûr et, ne connaissant pas le récit de Loti, sans doute n’y était-elle pas présente !).
Néo Faust
Gaston a franchement bien donné le ton de ce manga : une réussite certaine dans l'histoire et le ton (en même temps, Tezuka l'écrit à la fin de sa vie) mais qui a comme défaut évident d'être inachevé de par sa mort ... Je ne me cache pas une admiration pour Tezuka dont le trait m'impressionne par sa virtuosité : clair et lisible, décors soignés et personnages simplifiés pour s'identifier à eux, dessin dynamique. Le tout assaisonné d'histoires noires et joyeuses, souvent tristes sur l'humanité (encore une fois, logique pour un type qui a vécu la seconde guerre mondiale au Japon !). Tezuka, c'est le type qui ne veut surtout pas faire d'histoire manichéenne, faisant toujours verser ses personnages dans un gris plus ou moins clair. Cette histoire est la dernière qu'il conçu durant sa vie, amenant une certaine maturité dans son propos. Et ça se ressent : Tezuka brocarde quelques figures qu'il n'aime pas, mais se concentre surtout sur cette réinterprétation de Faust de façon assez originale. En effet, plutôt que de reprendre le mythe au pied de la lettre, il s'en sert pour évoquer l'envie de jeunesse, l'évolution du Japon dans les années 50/70 et surtout la question de la biotechnologie et ses potentiels dérives. C'était avant Dolly, mais on sent déjà venir l'état d'esprit transhumaniste des milliardaires de la Sillicon Valley ! Lucide, le type ! La BD est assez lente à démarrer, mais le scénario m'a vite accroché et j'ai lu l'ensemble d'une traite. C'est clairement frustrant de voir autant de potentiel gâché, surtout que l'édition comporte une interview de Tezuka donnant quelques clés de lectures (notamment la femme dans la lune) et explique certains choix artistiques. Une idée intéressante pour comprendre où l'auteur voulait en venir, et sans rien divulgâcher je dirais que le bougre commençait à sentir la jeunesse désœuvrée ne trouvant plus de sens dans son existence, mais aussi les questions écologiques ! Je reste cependant sur un 3* car le manga est inachevé et cela ne pourra jamais satisfaire tout à fait une lectrice. Je dirais que c'est un bon 3.5 * et que je m'aligne avec la note de Gaston pour obtenir ce résultat.
Le Secret du Mohune (Moonfleet)
Je sors frustré de ma lecture. En effet ma BM ne possède que les deux premiers tomes et le T3 semble très difficile à trouver pour un prix raisonnable. C'est dommage car j'ai vraiment apprécié ce que j'ai lu de cette ancienne série de Rodolphe. J'ai craint un moment une variante commerciale de L'Ile au trésor . Falkner fut un contemporain de Stevenson et l'on sent immédiatement l'influence de ce dernier sur "Moonfleet". Le village côtier d'une Angleterre du XVIIIème siècle avec un garçon que Rodolphe a baptisé Jim au lieu de John et qui trouve un parchemin énigmatique, nous plongerait dans une redit de la célèbre île si le reste de l'histoire ne s'en détachait pas fortement. J'ai été pris par le rythme de l'histoire pleine de rebondissements autour de Jim et Maître Block. Une double histoire de cavale et de recherche de diamant qui m'a tenu en haleine tout au long de ma lecture. Comme l'ambiance graphique proposée par Hé avec les belles couleurs de Patricia Puerta dans des scènes souvent nocturnes très agitées c'est un visuel très agréable. Les détails extérieurs sont très soignés ( village, falaise, mine, puits) ce qui autorise une immersion facile et agréable dans le récit. Une lecture très plaisante pour le genre aventure à qui j'aurais donné 4 sans cette frustration. Cela me laisse la possibilité de monter ma note si je mets la main sur T3.
La Grande parenthèse
La grande parenthèse a pour but, je pense, d'apporter une voix optimiste face aux défis futurs, en misant sur la capacité de résilience de l’humain, sur sa créativité, pour ainsi dédramatiser le réchauffement climatique. En deux mots : redonner espoir. Simon Hureau s'adresse ici à un public jeunesse avant tout. Son récit se veut extrêmement positif. Partant d’une idée assez originale (soudainement, toutes les feuilles des arbres se sont accumulées dans les vallées, rendant les grandes villes invivables et obligeant les citadins à retourner vers les campagnes et à surélever leurs habitations), l’auteur nous invite à suivre deux enfants que ce retour à une vie simple va finalement enthousiasmer. Le récit est très naïf et occulte tous les aspects négatifs d’une telle décroissance pour n’en montrer que les positifs, en insistant sur les vertus d’une vie saine menée dans une nature aimante. A un point tel que lorsque le niveau des feuilles finit par baisser et que cette parenthèse semble devoir se clôturer, le lecteur ne peut être que déçu par ce retour ‘à la normale’, à cette situation d’avant qui empeste l’ennui, la pollution, la tristesse. Au niveau du dessin, Simon Hureau se fait très clairement plaisir. Il multiplie les plans larges qui dévoilent des architectures inventives au cœur d’une nature prédominante et généreuse. Ses teintes fauves se marient parfaitement avec l’esprit du récit. C’est beau à voir et il est tentant de s’attarder sur ces planches pour en révéler l’un ou l’autre détail oublié. Si les premières pages font vraiment penser à un livre illustré, au plus le récit avance, au plus celui-ci prend la forme d’une bande dessinée plus traditionnelle, mais toujours avec cette liberté que l’artiste s’octroie en toutes circonstances. Pas de gaufrier étriqué ici mais des cases éclatées et recomposées dans lesquelles s’entremêlent personnages et dialogues. Puis, alors que le scénario s’oriente vers un retour à la ‘normale’, la structure narrative reprend un peu cette forme de livre illustré. Une manière de boucler la boucler qui vient faire écho au scénario, en somme. C’est un bel album, en définitive, mais je le trouve trop positif, trop naïf pour être pleinement convainquant. Sans doute Simon Hureau a t’il ressenti le besoin de signer ce genre de récit pour positiver après avoir terminé « Le Vivant à vif », mais je pense qu’il tombe dans l’excès inverse. A réserver à un jeune public.
C'est bien, mon cœur
Il y a des œuvres jeunesse qu'il est difficile de cataloguer tant elles surfent entre le livre illustré et la bande dessinée. C’est un peu le cas de cet album que l’on retrouvera très certainement dans les librairies rangé parmi les livres illustrés alors que son contenu s’apparente bien plus à une bande dessinée. Art séquentiel, dessins qui s’enchainent, dialogues entre les personnages (même si l’un n’écoute l’autre que d’une oreille très distraite) : pour moi, clairement, c’est de la bande dessinée ! Et un très bon moyen pour les jeunes lecteurs (l’album est conseillé dès 3 ans) d’appréhender le neuvième art. L’histoire est on ne peut plus simple. Lors d’une balade au parc, un jeune enfant monte dans un arbre tandis que l’adulte à ses côtés (son frère, sa sœur, sa babby-sitter, sa mère peut-être) est absorbé par son écran et ne lui répond que de manière systématique (le fameux 'c’est bien, mon cœur'). Et tandis que l’enfant, porté par son imagination, va vivre une aventure incroyable perché dans cet arbre, l’adulte, lui, va passer à côté du merveilleux de la situation. Le récit est poétique et joliment illustré dans des teintes à la fois vives et automnales. Les grandes illustrations ne sont pas rares mais les planches offrent le plus souvent un découpage en gaufrier clair et facile d’accès (vraiment bien adapté à un très jeune public). Une bien belle balade, et une réflexion emplie de sagesse sur les choses que l’on rate lorsqu’on se laisse absorber par nos écrans.
Leonard Cohen - Sur un fil
2.5 Je rejoins l'avis de Mac Arthur sur ce one-shot. Girard raconte la vie de Leonard Cohen, un chanteur dont je connais surtout de nom ce qui veut dire qu'il y a peut-être des allusions dans cet album qui me sont passé au-dessus de la tête. C'est une biographie conventionnelle où on saute d'une période à une autre pour montrer les moments les plus importants de la vie de Cohen et la plupart des éléments du récit sont traités de manière superficielle. Cela se laisse lire, mais il y a que les planches qui montrent les derniers moments de Cohen qui m'ont vraiment un peu marqué.
Le Starzec - Un mois à Cracovie
L'auteur québécois Philippe Girard raconte son voyage en Pologne. Le début laisse présager un voyage intéressant: un échange culturel entre le Canada et la Pologne. En effet, une autrice polonaise va passer un mois à Montréal pendant que Girard va passer un mois à Cracovie. Sauf qu'une fois arrivée là-bas il est laissé à lui-même et aucunes des activités prévues du genre rencontre professionnelle avec des auteurs et des éditeurs polonais ne va se faire. Donc si vous vouliez voir comment ça marche l'industrie du livre en Pologne, ben vous allez rien voir ! À la place, on a droit à Girard qui s'ennui et n'a rien d'autres à faire que se promener à Cracovie ou faire un voyage à Varsovie. L'album mélange donc les observations de l'auteur sur la vie en Pologne ainsi que ce qu'il a ressenti durant son séjour. Si la découverte de la vie polonaise est pas mal, c'est un peu moins le cas avec le mal-être de Girard. À force de le voir tourner en rond parce qu'il ne sait pas quoi faire, ben le scénario tourne en rond, mais je pense qu'il voulait illustrer ce qu'il a vécu durant son voyage et que voir quelqu'un s'ennuyer ben ça fini par ennuyer un peu le lecteur. Le dessin est pas mal quoique ce soit étrange de voir l'auteur se dessiner lui-même avec un visage moins détailler que les autres personnages. Surtout qu'il a l'air plus jeune que dans la réalité. On dirait qu'il a 20 ans alors qu'il est censé avoir 49 ans au moment du voyage !
Thorgal Saga - Shaïgan
Pas vraiment mauvaise mais loin d’être géniale cette nouvelle incursion dans la collection Thorgal Saga, j’ai trouvé le résultat plus que convenu et cela à tous les niveaux. Déjà, on retrouve un duo d’auteurs pas très original pour l’univers, puisqu’il a déjà touché à toutes les déclinaisons (Louve, La jeunesse …). Pas de grosse surprise pour la partie graphique donc, Roman Surzhenko continue son lignage avec le trait de Rosinski. Il en va malheureusement trop de même pour le scénario. Tout est conforme et (trop ?) fidèle à la série mère, j’en attends vraiment davantage avec ce type de collection. Shaïgan ne propose vraiment aucune innovation ou d’éclairage nouveau autour de la mythologie « Thorgalienne », comme les 2 premiers tomes ont su le faire avec plus ou moins de réussite. En fait, cet album agit juste comme un hors série qui comble un trou dans la vie de notre héros. Comme son nom l’indique, Yann s’attache à la période amnésique de notre héros, du temps où il était pirate et sous la coupe de la perfide Kriss de Valnor, la fin de l’album fera d’ailleurs la jonction avec le tome 22 « Géants ». L’idée est bonne et l’aventure honnête, je ne me suis pas ennuyé pour dire la vérité, ça rentre bien dans le moule. Cependant mon enthousiasme était quasi absent, où est l’audace ? Le résultat m’a paru téléphoné et tout tracé, divertissant mais trop anecdotique au final. L’album qui m’aura le moins amusé dans cette collection.
Blue in green
Une histoire qui se laisse lire, plutôt agréablement, même si elle m’a un peu laissé sur ma faim. A la mort de sa mère, le héros découvre chez elle la photographie d’un homme, qui semble avoir compté pour elle. Il se lance à sa recherche, en cherchant aussi ses racines, et en essayant de renouer le fil avec une mère de laquelle il s’était détaché. Peu à peu cette « enquête » prend des airs de polar – sans vraiment approfondir cet aspect. Ce qui m’a un peu déçu, c’est le manque de densité de l’intrigue, un peu légère. Et certaines cases parfois difficiles à déchiffrer. Mais par contre j’ai bien aimé l’ambiance globale. On est en plein dans le milieu du jazz, voire du blues, le héros joue du sax, on évoque de vieux clubs de Harlem. Le rythme lent, le brouillard de l’intrigue, des souvenirs du héros, et des images concourent à accentuer l’idée d’une salle enfumée bercée par des mélodies jazzy. Le travail graphique d’Anand RK n’est pas toujours clair. Mais il colle au récit et à l’ambiance. Il y a un peu de Mc Kean dans le rendu de certaines cases, avec une impression de collages. Au final, un album plaisant, mais qui aurait pu l’être davantage avec une histoire plus fouillée je pense. J’ai plus été convaincu par l’ambiance que par le récit lui-même.