C’est un album un petit peu déconcertant, qui m’a laissé un arrière-goût de trop peu, tout en procurant une lecture agréable.
Je découvre les deux auteurs avec cet album. Winona est semble-t-il spécialisée dans les livres d’art érotique, et ça se sent. En effet, son dessin est souvent proche de l’art-book (je pense en particulier aux pages 84-85 du chapitre Ragnarök, très « wagnériennes »). Un trait réaliste vraiment bon, avec une mise en couleurs visiblement à l’aquarelle. Cela donne un rendu assez chargé, gras. Le cahier graphique en fin d’album, avec des dessins en Noir et Blanc présente du coup plus de finesse, et je pense que j’aurais préféré un travail sans couleur, quitte à jouer sur des hachures ou des dégradés de gris. Affaire de goût sans doute.
Emka présente une dizaine de personnages de la mythologie scandinave, dans de courts chapitres qui sont presque des histoires courtes, même si c’est vaguement relié. Ça n’est pas inintéressant, mais j’ai trouvé que ça restait superficiel. Il manque sans doute un récit plus construit, plus dense, pour donner plus de corps à cet album.
Il est vrai que Winona se charge de donner un peu de corps, avec des scènes de sexe là aussi bien dessinées. Elles justifient le classement en strictement pour adultes, mais ne compensent pas la relative faiblesse de l’intrigue.
Pas désagréable, mais pas inoubliable non plus.
Note réelle 2,5/5.
C’est dommage que ce récit soit plombé par de bien trop longues digressions du héros à propos de sons, de bruits qu’il enregistre, à propos de considérations diverses et variées sur la voix, etc. J’ai fini par en zapper quelques-unes. Ça ne m’a pas empêché de comprendre le récit, mais ces longs tunnels me l’ont clairement rendu moins agréable.
Pourtant, il est intéressant, et le devient même de plus en plus, au fur et à mesure que la guerre avance, que le front se rapproche de nos personnages, et que la fin, inéluctable (on connais la fin glauque de la famille Goebbels), se présente, très noire.
Car notre personnage est devenu intime de la famille Goebbels, de ses enfants – en particulier de la fille aînée.
Plus le récit et la guerre avancent, plus cette enfant prend conscience du décalage entre la vision qu’elle avait de son père et son action, ses propos publics, qui deviennent délirant et nihilistes.
Au travers du regard de la gamine, mais aussi des expériences menées par le personnage principal, l’horreur s’invite, lentement. D’autant plus que nous connaissons le dénouement – global, mais aussi pour la famille Goebbels. Le récit décrit d’ailleurs sur une vingtaine de pages l’assassinat des enfants, en confrontant plusieurs témoignages. C’est glaçant.
Au final, un récit qui possède des qualités, mais que j’ai trouvé parfois pénible à lire.
Note réelle 2,5/5.
D’abord et avant toutes choses, je dois avouer ne pas être fan de Johnny Hallyday (mais vraiment pas). Eddy Mitchell, Françoise Hardy, Jacques Dutronc, ça passe mieux mais là encore, il ne me viendrait pas à l’esprit d’acheter un de leurs albums ou d’aller voir un de leurs concerts. Tout ça pour dire que si j’ai apprécié cette bande dessinée, la raison ne vient pas d’une affection particulière pour les personnages évoqués ou leurs chansons mais bien pour l’idée même de ce récit.
Et l’idée, c’est quoi ? L’idée, c’est d’imaginer l’espace d’un instant la vie de ces personnages encore adolescents dans le Paris de 1957. Nous allons ainsi les croiser alors qu’eux-mêmes ne savent pas encore ce que deviendra leur existence et que certains d’entre eux découvrent à peine la musique d’outre-Atlantique. L’album se termine d’ailleurs par la découverte du Golf Drouot et de son juke-box par un des comparses (Long Chris, personnage dont j’ignorais jusqu’à l’existence). Et pour rendre cette évocation plausible, Vincent Cuvellier peut s'appuyer sur sa très bonne connaissance du sujet. Ainsi de nombreuses anecdotes racontées semblent tout à fait véridiques et solidifient cette évocation.
Le récit est plaisant, rythmé. Il est amusant et dégage une grande nostalgie car il se focalise sur un moment où « tout est possible », tant en ce qui concerne le futur des personnages qu’en ce qui concerne le futur tout court. 1957, c’est les trente glorieuses dans toute leur splendeur, avec ce sentiment que l’avenir ne pourra qu’être encore meilleur. 1957, ce sont des salles de cinéma qui ne désemplissent pas et des films qui marqueront plus qu’une génération. C’est le rock’n’roll, surtout, deux ans après Bill Haley et son Rock around the clock et l’émergence d’interprètes comme Chuck Berry, Gene Vincent, Little Richard ou Elvis Presley, et ces adolescents français qui les découvrent et rêvent de leur ressembler. Les auteurs jouent ainsi avec cette nostalgie du champ des possibles, et ça fonctionne très bien. En tant que lecteur, j’ai aimé cette évocation, je me suis amusé à reconnaitre (ou du moins à essayer) tel ou tel personnage, j’ai souri de certains clins d’œil (Eddy Mitchell dans un cinéma, François Hardy qui se fait sermonner par sa grand-mère du fait qu’elle n’articule pas, etc…), en fait j’ai été séduit. Et d’autant plus séduit que je ne pensais vraiment pas autant adhérer au contenu de cette bande dessinée.
Côté dessin, je suis plus réservé… Quoique… Le trait est assez raide et dégage un aspect sec, figé qui me dérange aux entournures MAIS les personnages sont faciles à reconnaître et les planches sont soignées dans ces petits détails qui permettent de reconstituer une époque. Donc même si ce n’est pas vraiment à mon goût, c’est plutôt bien fait.
Pour le dire courtement : c’est une véritable surprise. Et une bonne !
Giovanni Di Gregorio et Grégory Panaccione abordent ici un sujet très sensible : les violences sexuelles faites aux enfants. Le récit, malgré sa thématique lourde, reste accessible, ce qui en fait une véritable prouesse narrative. Di Gregorio opte pour une approche sobre et délicate, laissant entrevoir le traumatisme de Mattéo à travers ses cauchemars récurrents où l’homme en noir devient le symbole de ses peurs profondes.
Panaccione allie la rondeur et l’énergie de ses personnages à des ambiances plus sombres et menaçantes, notamment lors des cauchemars. L’usage des pleines pages renforce bien l’angoisse ressentie par l’enfant, je suis toujours agréablement surpris par les dessins de Grégory Panaccione.
Là où le récit pêche, c’est dans son format. La brièveté de l’histoire laisse une impression d’inachevé. Le développement des personnages secondaires, notamment les parents et les professionnels qui tentent de comprendre Mattéo, aurait pu être plus approfondi. Le prix de 13 euros pour un récit si rapide à lire peut sembler excessif, ca fait cher la minute de lecture. Disons le clairement, pour moi cette BD est plutôt à emprunter ou à acheter d’occasion...
Une œuvre marquante, portée par une narration sensible et un beau travail graphique, je ne sais pas au final s'il eut été utile de rallonger l'histoire pour la rallonger. Peut être que ce format d'histoires courtes devraient en fait être éditées sur des formats moins onéreux pour avoir moins ce gout amer du prix Vs temps de lecture à la fin.
Cet album pourrait se rapprocher d'un précédent de Vincent Vanoli Le Passage aux escaliers. En effet l'auteur y raconte de la même façon ses déambulations, ici dans le village rural tranquille de Chamiers près de Périgueux. Lui le Lorrain qui est là délocalisé tel un ethnologue dans le cadre d'un atelier d'artistes à observer la vie des habitants à plusieurs périodes entre 2020 et 2022. Il y a le covid et les confinements en toile de fond. Il dessine, fort bien, les maisons, l'usine de rails locale et quelques habitants rencontrés.
Pour tout dire ce n'est pas fou d'action et de péripétie. A réserver aux amateurs de l'auteur.
7ème et avant-dernier tome de la série concept "La grande évasion" dont chaque tome est élaboré par un duo ou un trio différent.
Après la lecture de l'ensemble de la série, force est de constater que la qualité de chaque ouvrage est très inégale, le premier tome La Grande évasion - Biribi et La Grande évasion - Tunnel 57 restant pour moi les deux meilleurs de la série.
Au contraire du précédent opus qui était basé sur une histoire vraie, Asylum est une œuvre d'anticipation. L'histoire se déroule ici dans un asile (d'où le titre Asylum) où les (soi-disant) malades sont classés en trois catégories symbolisées par des couleurs (deux à l'origine) et soignés selon différents protocoles expérimentaux. Lorsque ces derniers échouent, les malades sont ainsi clonés afin de pouvoir reprendre les essais.
Si de prime abord, ce scénario de SF est plutôt innovant et agréable à lire, plusieurs éléments m'ont quelque peu dérangé :
- On se demande un peu l'utilité du personnage féminin vert accompagnant le héros, si ce n'est pour agrémenter l'histoire de quelques courbes féminines avantageuses. Elle n'apporte en tout cas pas grand intérêt à l'histoire.
- Comme pour beaucoup de tomes de la série, cet ouvrage pâtit du cadre et des contraintes de cette série concept qui impose de traiter l'histoire en un tome unique d'une cinquantaine de pages. Ça va donc vite, trop à mon goût, et le scénario aurait gagné à retracer l'histoire du héros l'ayant amené à être enfermé dans l'asylum.
- Le concept de l'univers fermé dans lequel le héros est manipulé, à la Truman show ou à la Matrix, a déjà été vu à de nombreuses reprises,
- L'évasion finale est rapidement expédiée et peu crédible.
Côté dessin, c'est plutôt classique et grand public mais le trait de Dylan Teague reste agréable à l’œil.
Un ouvrage sympa à lire mais qui ne me donnera pas forcément envie de m'y replonger plus tard.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5,5/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10
NOTE GLOBALE : 12,5/20
Cet album raconte un voyage en mer effectué par Martin, un navigateur solitaire, et Jeanne, une vieille veuve, qui l'a convaincu de l'emmener on ne sait trop où, au milieu de l'océan. Notre binôme improbable va devoir cohabiter avec les éléments, mais aussi leurs différences et ce voyage ne sera pas de tout repos. On assiste à une sorte de huis clos maritime rythmé par le bruit des vagues et les silences des paysages qui s'étendent à perte de vue.
La sauce prend plutôt très bien, car on ne sait pas trop ce qui motive Jeanne. Est-ce une vieille folle à la recherche de rêves perdues ? Est-ce qu'elle souhaite chercher quelque chose de bien réel, comme un trésor englouti ? Est ce qu'elle nous emmène dans une dimension fantastique sur les traces d'une légende ancienne ? On va se le demander tout le long de l'album.
Le récit nous balade calmement, on touche à un récit onirique, on flirte avec le fantastique, on est questionné sur les croyances, et on est ramené à la réalité lorsque une tempête secoue le navire. Il y a un petit quelque chose qui fait qu'on a envie de connaitre la fin, de savoir ce que notre équipage va découvrir. L'interêt du récit est autant dans le voyage, dans la relation qui se construit entre les protagonistes et dans leurs échanges, que dans l'objectif final. Et j'ai bien aimé ce qu'ils trouveront une fois à destination.
Une lecture plaisante, et plutôt originale.
Un album qui m’a laissé quelque peu perplexe. Plaisant à lire (surtout à regarder en fait), mais sur lequel je ne reviendrai pas.
En effet, je pourrais résumer mon ressenti en disant que le dessin est chouette, je l’ai beaucoup aimé (idem pour la colorisation), mais le scénario m’a laissé sur ma faim.
Ce dessin, qui ne précise pas tout, qui alterne passages presque abstraits et planches centrées sur des personnages (pas tous humains) mieux cernés, se révèle très réussi, et parfaitement adapté à ce type de conte. C’est une nouvelle réussite visuelle dans cette collection Métamorphose.
Mais c’est l’histoire qui n’est pas à la hauteur je trouve. Je l’ai trouvée à la fois trop simple (manquant de consistance), et parfois embrouillée.
Bizarrement, la gamine qui sert d’héroïne n’est pas attachante. Un peu capricieuse, cyclothymique, je ne sais pas si elle convient au public visé (avant tout jeune ou ado je pense).
En préambule, il me semble important de signaler qu'il n'y a pas d'erreur orthographique dans le titre de cette BD. En effet, ainsi que le précise Bourhis lui-même, c'est sa propre doctoresse qui parle d'infractus, et non d'infarctus, ce dont il est le premier à s'étonner. Cette précision étant faite, let's go !
Bon, j'aime bien Bourhis. C'est un type drôle, qui parle de musique (beaucoup), et qui produit en général de super scénarios, au minimum pas mal. Ses bouquins sur le rock, la black music... Je les ai tous et ils sont excellents, de véritables mines d'informations. De même pour Le Petit livre de la cinquième République et Le Petit livre de l'écologie, très étonnants.
Là, on a un truc un peu bâtard et qui part un peu dans plusieurs directions en même temps, comme si l'auteur ne savait soudain plus sur quel pied danser. C'est très largement autobiographique, et même exclusivement. Bourhis nous parle (un peu) de son passage à l'hosto, consécutif à son arrêt cardiaque, mais livre surtout des anecdotes sur son passé (faut-il parler au passé ? Bourhis lui-même s'interroge. là-dessus...) de DJ. L'ensemble est assez décousu et ne possède pas vraiment de fil conducteur. Au début, j'étais un peu désarçonné, mais rapidement, on finit par rentrer dedans. En cela, Mon Infractus est un petit peu en deçà du reste de son œuvre. Néanmoins, cela ne gâte pas la lecture car son dessin est vraiment cool, et puis ça reste drôle, avec un sacré recul, J'ai notamment beaucoup aimé les reproductions de flyers (si ce sont bien des repros de flyers qui ont existé...). On y croise en outre une galerie de stars, dont Etienne de Crécy. Ce fut d'ailleurs pour moi l'occasion d'apprendre qu'il était le frère de Nicolas de Crécy, l'auteur de BD !!!
Reste que quand on apprécie Bourhis, on n'est pas complètement insensible à ce qui lui est arrivé.
En définitive, cet ego-trippes (ainsi qu'il le qualifie lui-même) constitue une fort sympathique lecture, mais nullement indispensable.
"Kaleïdos" nous propose une belle aventure dans le genre fantasy qui devrait ravir son public jeunesse.
C'est sur la planète Kaleidos que le lecteur est largué, découvrant un nouveau monde chamarré où les divinités qui régissaient ce monde ont disparu... Les différentes races qui s'égayent à sa surface vont devoir s'en remettre à leur libre-arbitre et ainsi découvrir une nouvelle forme de liberté.
Jharzafat est un jeune velkuin en charge du grand ménage des bibliothèques de sa cité ; c'est pourtant lui qu'on envoie vers Qwydine où il va croiser chemin faisant une princesse en danger qu'il va tenter tant bien que mal de sortir de ce mauvais pas. Son destin bascule alors et les aventures et péripéties vont s'enchaîner bon train !
Les auteurs nous proposent un univers haut en couleurs et riche d'une faune et d'une flore toujours plus surprenante. La féérie de ce monde bigarré fonctionne rapidement portée par une narration efficace et un rythme soutenu. Si je voulais pinailler, je dirais que la présentation de l'univers dans lequel on débarque par une espèce de petit diablotin à chapeau de paille n'est pas ce que j'ai apprécié de plus, tout comme les incantations du "méchant" à base de Canada Dry (pas sûr que des mômes comprennent la blague faisant référence à une pub des années 80' :p ). Mais pour le reste, voilà un premier tome prometteur qui nous immerge dans un monde d'une rare richesse !
(3.5/5 en attendant de lire la suite)
*** Tome 2 ***
Voilà un second tome toujours aussi efficace que le premier qui se dévore d'une traite !
On retrouve notre impétueux Jharzafat chargé de délivrer son message à la reine du Peuple Bleu : les Divinités ont disparu léguant le libre arbitre aux habitants de Kaleïdos... Mais forcément, rien ne va se passer comme prévu et de nouveaux protagonistes patibulaires vont entrer en piste et conduire nos protagonistes vers de nouvelles péripéties mouvementées...
Ce second tome assied tranquillement un récit épique haut en couleur en jouant malignement avec ces dernières. L'univers et le bestiaire proposé toujours sont d'une grande richesse, donnant aux dessinateurs tout le loisir de se faire plaisir ; de belles doubles planches ou pleine page mettent parfaitement en valeur cet univers original et la colorisation commence à jouer avec le fil conducteur du scénario : la couleur !
Si je suis sans doute un peu âgé pour apprécier l'humour jeunesse distillé au fil de ces aventures, un public plus jeune y trouvera certainement davantage son compte de ce côté là.
Bref, un second tome qui passe tout seul et qui n'appelle qu'une suite qu'il va maintenant falloir attendre pour connaître la suite de cette série !
(je reste sur 3.5/5)
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La Chair des dieux
C’est un album un petit peu déconcertant, qui m’a laissé un arrière-goût de trop peu, tout en procurant une lecture agréable. Je découvre les deux auteurs avec cet album. Winona est semble-t-il spécialisée dans les livres d’art érotique, et ça se sent. En effet, son dessin est souvent proche de l’art-book (je pense en particulier aux pages 84-85 du chapitre Ragnarök, très « wagnériennes »). Un trait réaliste vraiment bon, avec une mise en couleurs visiblement à l’aquarelle. Cela donne un rendu assez chargé, gras. Le cahier graphique en fin d’album, avec des dessins en Noir et Blanc présente du coup plus de finesse, et je pense que j’aurais préféré un travail sans couleur, quitte à jouer sur des hachures ou des dégradés de gris. Affaire de goût sans doute. Emka présente une dizaine de personnages de la mythologie scandinave, dans de courts chapitres qui sont presque des histoires courtes, même si c’est vaguement relié. Ça n’est pas inintéressant, mais j’ai trouvé que ça restait superficiel. Il manque sans doute un récit plus construit, plus dense, pour donner plus de corps à cet album. Il est vrai que Winona se charge de donner un peu de corps, avec des scènes de sexe là aussi bien dessinées. Elles justifient le classement en strictement pour adultes, mais ne compensent pas la relative faiblesse de l’intrigue. Pas désagréable, mais pas inoubliable non plus. Note réelle 2,5/5.
Voix de la Nuit
C’est dommage que ce récit soit plombé par de bien trop longues digressions du héros à propos de sons, de bruits qu’il enregistre, à propos de considérations diverses et variées sur la voix, etc. J’ai fini par en zapper quelques-unes. Ça ne m’a pas empêché de comprendre le récit, mais ces longs tunnels me l’ont clairement rendu moins agréable. Pourtant, il est intéressant, et le devient même de plus en plus, au fur et à mesure que la guerre avance, que le front se rapproche de nos personnages, et que la fin, inéluctable (on connais la fin glauque de la famille Goebbels), se présente, très noire. Car notre personnage est devenu intime de la famille Goebbels, de ses enfants – en particulier de la fille aînée. Plus le récit et la guerre avancent, plus cette enfant prend conscience du décalage entre la vision qu’elle avait de son père et son action, ses propos publics, qui deviennent délirant et nihilistes. Au travers du regard de la gamine, mais aussi des expériences menées par le personnage principal, l’horreur s’invite, lentement. D’autant plus que nous connaissons le dénouement – global, mais aussi pour la famille Goebbels. Le récit décrit d’ailleurs sur une vingtaine de pages l’assassinat des enfants, en confrontant plusieurs témoignages. C’est glaçant. Au final, un récit qui possède des qualités, mais que j’ai trouvé parfois pénible à lire. Note réelle 2,5/5.
Le Temps des copains
D’abord et avant toutes choses, je dois avouer ne pas être fan de Johnny Hallyday (mais vraiment pas). Eddy Mitchell, Françoise Hardy, Jacques Dutronc, ça passe mieux mais là encore, il ne me viendrait pas à l’esprit d’acheter un de leurs albums ou d’aller voir un de leurs concerts. Tout ça pour dire que si j’ai apprécié cette bande dessinée, la raison ne vient pas d’une affection particulière pour les personnages évoqués ou leurs chansons mais bien pour l’idée même de ce récit. Et l’idée, c’est quoi ? L’idée, c’est d’imaginer l’espace d’un instant la vie de ces personnages encore adolescents dans le Paris de 1957. Nous allons ainsi les croiser alors qu’eux-mêmes ne savent pas encore ce que deviendra leur existence et que certains d’entre eux découvrent à peine la musique d’outre-Atlantique. L’album se termine d’ailleurs par la découverte du Golf Drouot et de son juke-box par un des comparses (Long Chris, personnage dont j’ignorais jusqu’à l’existence). Et pour rendre cette évocation plausible, Vincent Cuvellier peut s'appuyer sur sa très bonne connaissance du sujet. Ainsi de nombreuses anecdotes racontées semblent tout à fait véridiques et solidifient cette évocation. Le récit est plaisant, rythmé. Il est amusant et dégage une grande nostalgie car il se focalise sur un moment où « tout est possible », tant en ce qui concerne le futur des personnages qu’en ce qui concerne le futur tout court. 1957, c’est les trente glorieuses dans toute leur splendeur, avec ce sentiment que l’avenir ne pourra qu’être encore meilleur. 1957, ce sont des salles de cinéma qui ne désemplissent pas et des films qui marqueront plus qu’une génération. C’est le rock’n’roll, surtout, deux ans après Bill Haley et son Rock around the clock et l’émergence d’interprètes comme Chuck Berry, Gene Vincent, Little Richard ou Elvis Presley, et ces adolescents français qui les découvrent et rêvent de leur ressembler. Les auteurs jouent ainsi avec cette nostalgie du champ des possibles, et ça fonctionne très bien. En tant que lecteur, j’ai aimé cette évocation, je me suis amusé à reconnaitre (ou du moins à essayer) tel ou tel personnage, j’ai souri de certains clins d’œil (Eddy Mitchell dans un cinéma, François Hardy qui se fait sermonner par sa grand-mère du fait qu’elle n’articule pas, etc…), en fait j’ai été séduit. Et d’autant plus séduit que je ne pensais vraiment pas autant adhérer au contenu de cette bande dessinée. Côté dessin, je suis plus réservé… Quoique… Le trait est assez raide et dégage un aspect sec, figé qui me dérange aux entournures MAIS les personnages sont faciles à reconnaître et les planches sont soignées dans ces petits détails qui permettent de reconstituer une époque. Donc même si ce n’est pas vraiment à mon goût, c’est plutôt bien fait. Pour le dire courtement : c’est une véritable surprise. Et une bonne !
L'Homme en noir
Giovanni Di Gregorio et Grégory Panaccione abordent ici un sujet très sensible : les violences sexuelles faites aux enfants. Le récit, malgré sa thématique lourde, reste accessible, ce qui en fait une véritable prouesse narrative. Di Gregorio opte pour une approche sobre et délicate, laissant entrevoir le traumatisme de Mattéo à travers ses cauchemars récurrents où l’homme en noir devient le symbole de ses peurs profondes. Panaccione allie la rondeur et l’énergie de ses personnages à des ambiances plus sombres et menaçantes, notamment lors des cauchemars. L’usage des pleines pages renforce bien l’angoisse ressentie par l’enfant, je suis toujours agréablement surpris par les dessins de Grégory Panaccione. Là où le récit pêche, c’est dans son format. La brièveté de l’histoire laisse une impression d’inachevé. Le développement des personnages secondaires, notamment les parents et les professionnels qui tentent de comprendre Mattéo, aurait pu être plus approfondi. Le prix de 13 euros pour un récit si rapide à lire peut sembler excessif, ca fait cher la minute de lecture. Disons le clairement, pour moi cette BD est plutôt à emprunter ou à acheter d’occasion... Une œuvre marquante, portée par une narration sensible et un beau travail graphique, je ne sais pas au final s'il eut été utile de rallonger l'histoire pour la rallonger. Peut être que ce format d'histoires courtes devraient en fait être éditées sur des formats moins onéreux pour avoir moins ce gout amer du prix Vs temps de lecture à la fin.
La Boucle
Cet album pourrait se rapprocher d'un précédent de Vincent Vanoli Le Passage aux escaliers. En effet l'auteur y raconte de la même façon ses déambulations, ici dans le village rural tranquille de Chamiers près de Périgueux. Lui le Lorrain qui est là délocalisé tel un ethnologue dans le cadre d'un atelier d'artistes à observer la vie des habitants à plusieurs périodes entre 2020 et 2022. Il y a le covid et les confinements en toile de fond. Il dessine, fort bien, les maisons, l'usine de rails locale et quelques habitants rencontrés. Pour tout dire ce n'est pas fou d'action et de péripétie. A réserver aux amateurs de l'auteur.
La Grande évasion - Asylum
7ème et avant-dernier tome de la série concept "La grande évasion" dont chaque tome est élaboré par un duo ou un trio différent. Après la lecture de l'ensemble de la série, force est de constater que la qualité de chaque ouvrage est très inégale, le premier tome La Grande évasion - Biribi et La Grande évasion - Tunnel 57 restant pour moi les deux meilleurs de la série. Au contraire du précédent opus qui était basé sur une histoire vraie, Asylum est une œuvre d'anticipation. L'histoire se déroule ici dans un asile (d'où le titre Asylum) où les (soi-disant) malades sont classés en trois catégories symbolisées par des couleurs (deux à l'origine) et soignés selon différents protocoles expérimentaux. Lorsque ces derniers échouent, les malades sont ainsi clonés afin de pouvoir reprendre les essais. Si de prime abord, ce scénario de SF est plutôt innovant et agréable à lire, plusieurs éléments m'ont quelque peu dérangé : - On se demande un peu l'utilité du personnage féminin vert accompagnant le héros, si ce n'est pour agrémenter l'histoire de quelques courbes féminines avantageuses. Elle n'apporte en tout cas pas grand intérêt à l'histoire. - Comme pour beaucoup de tomes de la série, cet ouvrage pâtit du cadre et des contraintes de cette série concept qui impose de traiter l'histoire en un tome unique d'une cinquantaine de pages. Ça va donc vite, trop à mon goût, et le scénario aurait gagné à retracer l'histoire du héros l'ayant amené à être enfermé dans l'asylum. - Le concept de l'univers fermé dans lequel le héros est manipulé, à la Truman show ou à la Matrix, a déjà été vu à de nombreuses reprises, - L'évasion finale est rapidement expédiée et peu crédible. Côté dessin, c'est plutôt classique et grand public mais le trait de Dylan Teague reste agréable à l’œil. Un ouvrage sympa à lire mais qui ne me donnera pas forcément envie de m'y replonger plus tard. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 12,5/20
L'Île aux géants
Cet album raconte un voyage en mer effectué par Martin, un navigateur solitaire, et Jeanne, une vieille veuve, qui l'a convaincu de l'emmener on ne sait trop où, au milieu de l'océan. Notre binôme improbable va devoir cohabiter avec les éléments, mais aussi leurs différences et ce voyage ne sera pas de tout repos. On assiste à une sorte de huis clos maritime rythmé par le bruit des vagues et les silences des paysages qui s'étendent à perte de vue. La sauce prend plutôt très bien, car on ne sait pas trop ce qui motive Jeanne. Est-ce une vieille folle à la recherche de rêves perdues ? Est-ce qu'elle souhaite chercher quelque chose de bien réel, comme un trésor englouti ? Est ce qu'elle nous emmène dans une dimension fantastique sur les traces d'une légende ancienne ? On va se le demander tout le long de l'album. Le récit nous balade calmement, on touche à un récit onirique, on flirte avec le fantastique, on est questionné sur les croyances, et on est ramené à la réalité lorsque une tempête secoue le navire. Il y a un petit quelque chose qui fait qu'on a envie de connaitre la fin, de savoir ce que notre équipage va découvrir. L'interêt du récit est autant dans le voyage, dans la relation qui se construit entre les protagonistes et dans leurs échanges, que dans l'objectif final. Et j'ai bien aimé ce qu'ils trouveront une fois à destination. Une lecture plaisante, et plutôt originale.
Aurore (Fernandez)
Un album qui m’a laissé quelque peu perplexe. Plaisant à lire (surtout à regarder en fait), mais sur lequel je ne reviendrai pas. En effet, je pourrais résumer mon ressenti en disant que le dessin est chouette, je l’ai beaucoup aimé (idem pour la colorisation), mais le scénario m’a laissé sur ma faim. Ce dessin, qui ne précise pas tout, qui alterne passages presque abstraits et planches centrées sur des personnages (pas tous humains) mieux cernés, se révèle très réussi, et parfaitement adapté à ce type de conte. C’est une nouvelle réussite visuelle dans cette collection Métamorphose. Mais c’est l’histoire qui n’est pas à la hauteur je trouve. Je l’ai trouvée à la fois trop simple (manquant de consistance), et parfois embrouillée. Bizarrement, la gamine qui sert d’héroïne n’est pas attachante. Un peu capricieuse, cyclothymique, je ne sais pas si elle convient au public visé (avant tout jeune ou ado je pense).
Mon infractus
En préambule, il me semble important de signaler qu'il n'y a pas d'erreur orthographique dans le titre de cette BD. En effet, ainsi que le précise Bourhis lui-même, c'est sa propre doctoresse qui parle d'infractus, et non d'infarctus, ce dont il est le premier à s'étonner. Cette précision étant faite, let's go ! Bon, j'aime bien Bourhis. C'est un type drôle, qui parle de musique (beaucoup), et qui produit en général de super scénarios, au minimum pas mal. Ses bouquins sur le rock, la black music... Je les ai tous et ils sont excellents, de véritables mines d'informations. De même pour Le Petit livre de la cinquième République et Le Petit livre de l'écologie, très étonnants. Là, on a un truc un peu bâtard et qui part un peu dans plusieurs directions en même temps, comme si l'auteur ne savait soudain plus sur quel pied danser. C'est très largement autobiographique, et même exclusivement. Bourhis nous parle (un peu) de son passage à l'hosto, consécutif à son arrêt cardiaque, mais livre surtout des anecdotes sur son passé (faut-il parler au passé ? Bourhis lui-même s'interroge. là-dessus...) de DJ. L'ensemble est assez décousu et ne possède pas vraiment de fil conducteur. Au début, j'étais un peu désarçonné, mais rapidement, on finit par rentrer dedans. En cela, Mon Infractus est un petit peu en deçà du reste de son œuvre. Néanmoins, cela ne gâte pas la lecture car son dessin est vraiment cool, et puis ça reste drôle, avec un sacré recul, J'ai notamment beaucoup aimé les reproductions de flyers (si ce sont bien des repros de flyers qui ont existé...). On y croise en outre une galerie de stars, dont Etienne de Crécy. Ce fut d'ailleurs pour moi l'occasion d'apprendre qu'il était le frère de Nicolas de Crécy, l'auteur de BD !!! Reste que quand on apprécie Bourhis, on n'est pas complètement insensible à ce qui lui est arrivé. En définitive, cet ego-trippes (ainsi qu'il le qualifie lui-même) constitue une fort sympathique lecture, mais nullement indispensable.
Kaleïdos
"Kaleïdos" nous propose une belle aventure dans le genre fantasy qui devrait ravir son public jeunesse. C'est sur la planète Kaleidos que le lecteur est largué, découvrant un nouveau monde chamarré où les divinités qui régissaient ce monde ont disparu... Les différentes races qui s'égayent à sa surface vont devoir s'en remettre à leur libre-arbitre et ainsi découvrir une nouvelle forme de liberté. Jharzafat est un jeune velkuin en charge du grand ménage des bibliothèques de sa cité ; c'est pourtant lui qu'on envoie vers Qwydine où il va croiser chemin faisant une princesse en danger qu'il va tenter tant bien que mal de sortir de ce mauvais pas. Son destin bascule alors et les aventures et péripéties vont s'enchaîner bon train ! Les auteurs nous proposent un univers haut en couleurs et riche d'une faune et d'une flore toujours plus surprenante. La féérie de ce monde bigarré fonctionne rapidement portée par une narration efficace et un rythme soutenu. Si je voulais pinailler, je dirais que la présentation de l'univers dans lequel on débarque par une espèce de petit diablotin à chapeau de paille n'est pas ce que j'ai apprécié de plus, tout comme les incantations du "méchant" à base de Canada Dry (pas sûr que des mômes comprennent la blague faisant référence à une pub des années 80' :p ). Mais pour le reste, voilà un premier tome prometteur qui nous immerge dans un monde d'une rare richesse ! (3.5/5 en attendant de lire la suite) *** Tome 2 *** Voilà un second tome toujours aussi efficace que le premier qui se dévore d'une traite ! On retrouve notre impétueux Jharzafat chargé de délivrer son message à la reine du Peuple Bleu : les Divinités ont disparu léguant le libre arbitre aux habitants de Kaleïdos... Mais forcément, rien ne va se passer comme prévu et de nouveaux protagonistes patibulaires vont entrer en piste et conduire nos protagonistes vers de nouvelles péripéties mouvementées... Ce second tome assied tranquillement un récit épique haut en couleur en jouant malignement avec ces dernières. L'univers et le bestiaire proposé toujours sont d'une grande richesse, donnant aux dessinateurs tout le loisir de se faire plaisir ; de belles doubles planches ou pleine page mettent parfaitement en valeur cet univers original et la colorisation commence à jouer avec le fil conducteur du scénario : la couleur ! Si je suis sans doute un peu âgé pour apprécier l'humour jeunesse distillé au fil de ces aventures, un public plus jeune y trouvera certainement davantage son compte de ce côté là. Bref, un second tome qui passe tout seul et qui n'appelle qu'une suite qu'il va maintenant falloir attendre pour connaître la suite de cette série ! (je reste sur 3.5/5)