Il s'agit d'une des premières créations de Claire Brétécher en 1968, dans le magazine Record, pratiquement en même temps que Les GnanGnan dans Spirou, son humour est encore dans un style de BD juvénile, Record appartenant si mes souvenirs sont bons au groupe Bayard Presse.
On peut y voir une vague imitation de Iznogoud qui lui aussi était né dans les pages de Record en 1962, puisqu''il est question d'un prince et de son bouffon. Franchement, relire ce genre de Bd de nos jours, ça rajeunit pas, mais en plus, ce n'est pas du tout le type d'humour qui me plait, c'est plat et sans relief, ça me laisse indifférent, en plus, le dessin de Brétécher est déjà peu esthétique et pas du tout dans mes goûts.
La série, qui se présente sous forme de petits récits complets, a fait un petit tour dans Circus en 1977, le temps d' 1 récit.
A la lecture de cet album, je suis un peu surpris qu’il ait pu intégrer cette collection Pilote de Dargaud, ayant trouvé cet humour franchement lourd et rarement réussi. Autre surprise, la longue postface de Pierre Desproges en quatrième de couverture, lui qui m’avait habitué à plus de finesse, je l’imaginais mal apprécier ce qui de prime abord est assez éloigné de son humour. Mais après tout, c’est peut-être moi qui me trompe…
On est donc là dans un petit condensé d’humour à la fois gras et absurde, que ce soit dans les gags visuels ou les textes. C’est un genre que j’apprécie particulièrement, mais ici, les huit histoires qui composent cet album m’ont laissé sur ma faim. C’est le deuxième album de cet auteur que je lis dans cette collection, et c’est à chaque fois une déception.
En effet, j’ai été déçu autant par le dessin que par les textes : tout est « moyen ». Si le trait de Coucho a quelques accointances avec celui de Jacovitti parfois, il est à la fois moins précis et moins percutant. Quant aux gags, si certaines situations m’ont fait sourire – essentiellement lorsqu’une avalanche, une surenchère de détails absurdes saturaient les cases, j’ai trouvé l’ensemble poussif. C’est dommage, parce que certaines idées auraient pu être mieux développées (comme l’histoire la plus courte de l'album, « Les 5 spécialistes »), et donner un résultat un peu plus sympa. Mais voilà, je trouve que Coucho n’est pas au niveau de mes attentes dans ce genre d’humour.
Je précise que j'ai lu l'édition parue chez Dargaud. Je ne sais donc pas ce que l'on retrouve dans l'album paru chez Casterman, mais connaissant cet éditeur j'imagine qu'on a mis plein de bonus et qu'on essaye de faire passer cette oeuvre mineure de Pratt pour un chef d'oeuvre.
Je suis déçu par le récit. Il y a des bonnes scènes, des bons dialogues et le personnage principal est intriguant, mais globalement je me suis ennuyé. La plus grande partie de l'album se résume à des scènes de violence dont parfois je ne comprenais pas le sens parce que les motivations du héros ne sont pas claires. On dirait qu'on débute durant la seconde partie d'un récit et lorsqu'on a enfin quelques explications, je n'étais pas complètement convaincu. Je ne pense pas avoir compris certaines actions du héros, peut-être parce qu'au moment où il explique, j'étais déjà en dehors du récit depuis trop longtemps pour pouvoir y rentrer.
Le dessin est pas mal et je n'ai rien contre les couleurs que je trouve jolies. Il faut dire que je ne suis pas un inconditionnel du style de Pratt, alors voir de la couleur sur son dessin ne me choque pas contrairement à plusieurs de ses fans.
Un album pour les fans de l'auteur.
Bucquoy imagine une histoire sacrément carabinée avec cette Bd qui parait dans 2 magazines belges en 1981, avant d'arriver en France dans Circus en 1985, et je trouve que c'est sa Bd sans doute la plus gonflée, car il ose des trucs très anti-politiquement correct, surtout à cette époque dans les années 80, fallait être foutrement burné pour imaginer une telle folie, mais en y réfléchissant bien, ça ne m'étonne pas, c'est du Bucquoy pur jus, on y retrouve son ton provoc tout au long de ce récit qui décrit une fin de siècle particulièrement sombre et terrifiante.
L'album fait partie des Chroniques de fin de siècle, qui sera complété par Chooz, il y est question d'un certain Gérard Mordant qui a la tête de Patrick Dewaere, d'abord membre d'un cabinet politique puis qui vire carrément de bord en ralliant un groupuscule anarchiste qui commet des actes violents et appuie son action par la terreur, ils iront jusqu'à faire exploser la Tour Eiffel, symbole emblématique de la France, c'est dire la détermination de ces mecs. Bucquoy imagine une guerre entre la France et la Belgique, en mêlant anarchisme et fascisme, au travers de séquences parfois sans trop de lien, on dirait une succession de provocations gratuites.
Si cette Bd reste intéressante, c'est uniquement pour sa description d'un contexte complètement déboussolé et perverti par une politique répressive et nauséabonde, et surtout par son extrême audace, son côté de politique-fiction et d'anticipation politique très poussé, elle brasse un peu de tout en une sorte d'uchronie, de façon très subversive et dérangeante, comme Bucquoy l'a fait dans d'autres bandes, avec sa méthode rentre dedans, n'hésitant pas à étaler violence, sexe, dérives et actions condamnables, un peu dans le même style vu dans ses autres créations comme Stone ou Alain Moreau, typiques de son style. C'est donc très spécial et inclassable, et j'avoue que je n'y souscris pas, je trouve tout ceci terriblement gratuit et surtout glauque et très malsain. En plus, le dessin ne serait pas trop mal, mais Santi a dû être inspiré par le film les Valseuses puisqu'il reproduit les visages de Dewaere, Depardieu et Miou-Miou, je trouve que ça n'apporte rien de plus. Bref, voici une Bd qui s'adresse à un public averti par son contenu très subversif, je ne sais pas si on aurait les burnes pour refaire ça de nos jours, j'en doute.
Mouais.
Voilà un album au format à l’italienne qui se lit très vite – format et pagination oblige, mais qui va sans doute être oublié tout aussi rapidement, hélas.
Le pitch est très simple : deux hommes, sur un bord de mer quelconque, bavardent, alors que volent les mouettes et passent au loin les bateaux de pêche. Le problème vient surtout du caractère assez creux de ces discussions. Y manquent l’humour, ou tout du moins du dynamisme, pour rendre plus intéressants ces instants de bla bla balnéaires.
Jusqu’au bout j’ai attendu un élément déclencheur, une saillie drôle, une chute amusante ou surprenante, qui ne sont hélas jamais venues.
C’est trop creux, trop transparent pour moi.
La collection Ils ont fait l'Histoire s'enrichit d'un nouveau tome sur un roi de France, et non le moindre, puisque c'est le roi emblématique de la Renaissance, celui qui sans doute symbolise le mieux cette période. Je me réjouissais de cette évocation, mais force est de constater que je suis plutôt déçu, car le traitement adopté est beaucoup trop confus, avec une narration peu passionnante et sans éclat ; pour le profane, c'est assez difficile de s'y retrouver dans cet amas de faits balancés un peu n'importe comment et ce manque évident de précisions, certains faits importants sont à peine nommés. On dirait qu'il y a eu comme un élagage d'informations car les auteurs ont fait un choix très discutable en ne cernant qu'une partie du règne avec l'arrêt du récit en 1534, alors que François Ier est mort en 1547 au château de Rambouillet. L'album s'arrête sur le départ de Jacques Cartier parti pour découvrir le Canada.
Dans le dossier historique en fin d'album, l'historienne explique avoir volontairement rejeté l'imagerie d'Epinal qui est généralement associée à ce roi qui a fait l'objet de nombreuses représentations souvent fantaisistes. Certes, je conçois qu'il faut montrer un peu plus de réalisme, mais ignorer certains faits même légendaires, n'est pas toujours une mauvaise chose, d'autant plus que dans d'autres albums de la collection, ce choix n'a pas toujours été appliqué. Le public aime ça, de ce fait, on nous prive donc de l'adoubement du roi par Bayard au soir de Marignan, épisode contesté mais pourtant on a envie de voir ça, car l'imagerie populaire reste forte.
Mais cet exemple parmi d'autres n'est pas tout ce qui marque la déception, le parti-pris de s'intéresser à certains actes politiques, sacrifie aussi des faits réels qui devaient être montrés : la mort de Bayard avec le connétable de Bourbon qui vient le visiter pendant son agonie, la mort tragique et accidentelle du dauphin François, le sac de Rome par les Impériaux, l'ordonnance de Villers-Cotterêts qui stipule l'usage du français dans les actes administratifs en remplacement du latin, le rattachement de la Bretagne à la France, acte signé au château de Nantes... même certains personnages importants sont de simples figurants tels Chabannes plus connu sous le nom de La Palice, Galiot de Genouillac, grand artilleur de France, le second fils Henri (et futur Henri II), Léonard de Vinci est totalement ignoré (alors qu'il a vécu à Amboise au Clos-Lucé les 4 dernières années de sa vie), le connétable de Bourbon qui se retourne contre son roi en s'alliant à Charles Quint parce qu'on le destitue indument de son héritage (ceci est très mal ou peu expliqué)... seules Louise de Savoie et la soeur de François, Marguerite d'Angoulême (qui devient ensuite Marguerite de Navarre) ont un rôle important. Certaines scènes sans grand intérêt auraient pu être supprimées au bénéfice de celles que je viens d'évoquer.
Quant à la partie graphique, elle est décevante aussi, le dessin n'est pas joli, le travail sur l'image est sacrifié pour un texte trop envahissant, ce qui ne permet pas d'offrir de belles images et un dessin plus ample, le système des petites cases ne magnifie pas cette période historique, les fonds de cases sont quelconques, les couleurs sont ternes, les visages se ressemblent presque tous ; si un gars comme moi qui connait bien tous les acteurs de cette histoire, se perd un peu dans ces visages, alors imaginez un néophyte, j'ose même pas y penser. Et question décors, c'était une occasion de briller un peu par de jolies vues des beaux châteaux de la Loire, que nenni mes amis, de Blois, d'Amboise, de Fontainebleau (châteaux en perpétuels chantiers de réfection où vécut le roi et la cour), on ne voit que des pans de murs impersonnels, et Chambord alors là, on ne voit quedalle, pourtant le chantier qui a démarré en 1519 et qui a duré 20 ans, a permis à François Ier d'y vivre un peu ses dernières années.
Tout ceci me désole profondément et ne facilite pas une lecture agréable, aussi je crois que ceux qui connaissent pas ou mal François Ier auront du mal à aller au bout de cet album. Après l'album consacré à César, celui-ci est ma seconde grosse déception dans cette collection, sur une période et un personnage qui m'intéressent.
Mémoire des écumes est une sorte d'opéra lyrique en bande dessinée qui peut s'accompagner d'un disque de Henry Torgue qui était disponible à la vente en même temps que la parution de l'album. Caza s'y associe à Christian Lejalé pour une sorte de story-board d'un hypothétique film ou court-métrage qui mêle le dessin du premier aux photos du second, avec un travail de retouche probable de la part de Caza.
C'est une histoire poétique et mystique s'étalant sur des siècles, voire des éons. Cela commence par l'apparition de l'univers et une vision assez géo-centrée et artistique de la création de la Terre et de la vie. Un être vivant, un homme immortel qui prit pour nom Simon Nandertal, apparut du limon de cette planète encore vide pour être le témoin de son évolution. D'abord désespérément seul durant une éternité, il erre et dort, tantôt proche des pierres, tantôt fasciné par le ciel. Puis un jour apparaît la ville et quand il la visite il y croise des hommes, cachés derrière des masques. Le temps qu'il se remette de ses émotions, les hommes ont disparu et quitté la planète qui redevient vide, ne gardant que momentanément les traces du passé architectural de l'humanité qui s'efface peu à peu avant de retourner au néant.
L'album comporte quatre chapitres qui sont autant d'époques séparées par d'immenses périodes temporelles. Pas de dialogue dans ce récit très contemplatif, juste une narration parfois peu diserte mais toujours tournée de manière artistique et un peu alambiquée, au risque de finir par dire un peu n'importe quoi. Le dessin se mêle à des photos retouchées, la majorité provenant de la ville de Venise dont on retrouve le carnaval masqué des hommes, puis ensuite de la ville de New York. Les planches et les chapitres font chacune preuve de certaines couleurs dominantes caractérisant le récit qui les accompagne : bleu sombre pour commencer, violet durant la période solitaire de Simon, vert, jaune et rouge quand les hommes apportent du contraste avec leur ville, orange quand ils disparaissent avant un retour aux couleurs du départ, violet puis enfin bleu sombre.
C'est un album très teinté années 70 début 80. Le genre de délire artistique un peu halluciné qui parle avant tout à ses auteurs. Dans mon cas, je me suis largement ennuyé et je suis resté globalement indifférent tant au travail graphique qu'à l'esprit artistique que les auteurs ont essayé de transmettre. Cela ne me touche pas et j'ai rapidement eu envie de passer à autre chose.
Ordinairement une BD avec une telle histoire aurait dû me captiver. Deux âmes torturées, deux jeunes tueurs fous pour une virée violente au sein d’une Amérique déglinguée. Malheureusement je n’ai pas accroché. Un dessin noir et blanc trop atone et des stéréotypes trop marqués. L’atmosphère sordide qui émane de cette histoire m’a poussé à acheter cette BD. Cependant l’errance de Jeb et de Bess ne m’a pas captivé et je suis au final resté sur ma faim.
J’ai eu beaucoup de mal avec le protagoniste principal de cette histoire.
Le résumé de l’éditeur parle d’un « caractère bien trempé », oui, c’est une façon de formuler la chose… on pourrait aussi dire que Sabrina est une sacrée tête à claques, se comportant comme une ado du haut de ses 25 ans. Regardez sa tronche sur la couverture… c’est bien simple, elle ne change presque pas durant les 160 pages de l’album.
Si encore l’auteur avait réussi à la rendre plus attachante, ou au moins à nous expliquer, nous faire comprendre pourquoi elle est comme ça, pourquoi elle traite sa mère et ses amis comme de la merde. C’est à mon humble avis sur ce point que cet album se plante.
Je mets quand même 2/5 parce que toute la partie sur l’IVG est intéressante et bien amenée.
Bon, il serait intéressant d’avoir d’autres avis, peut-être d’un lectorat féminin et/ou plus jeune… mais moi, je ne suis pas convaincu du tout par cette lecture.
Refroidi par Le Génie des alpages, dont je n'ai jamais compris l'engouement, je suis allé de façon circonspecte vers cette série de gags lorsqu'elle est apparue dans Circus en 1976. L'humour y est autant absurde et loufoque que dans Le Génie des alpages, mais je trouve l'idée de base potentiellement exploitable, à défaut d'être vraiment drôle, et ce malgré des personnages peu attirants. Il y a bien quelques détails et 2 ou 3 situations intéressantes, il y a de l'idée, mais je trouve l'ensemble plutôt hésitant.
Cependant, ces petits récits courts m'ont laissé assez indifférent, c'est un humour qui ne me fait pas rire, à peine sourire, un humour un peu intello ou disons plus recherché auquel je ne suis pas du tout réceptif, et je suis toujours aussi hermétique au dessin que je ne trouve pas joli. Bref, avec les Bd de F'murr, j'y arrive pas.
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Baratine et Molgaga
Il s'agit d'une des premières créations de Claire Brétécher en 1968, dans le magazine Record, pratiquement en même temps que Les GnanGnan dans Spirou, son humour est encore dans un style de BD juvénile, Record appartenant si mes souvenirs sont bons au groupe Bayard Presse. On peut y voir une vague imitation de Iznogoud qui lui aussi était né dans les pages de Record en 1962, puisqu''il est question d'un prince et de son bouffon. Franchement, relire ce genre de Bd de nos jours, ça rajeunit pas, mais en plus, ce n'est pas du tout le type d'humour qui me plait, c'est plat et sans relief, ça me laisse indifférent, en plus, le dessin de Brétécher est déjà peu esthétique et pas du tout dans mes goûts. La série, qui se présente sous forme de petits récits complets, a fait un petit tour dans Circus en 1977, le temps d' 1 récit.
Les Aventures de Coucho
A la lecture de cet album, je suis un peu surpris qu’il ait pu intégrer cette collection Pilote de Dargaud, ayant trouvé cet humour franchement lourd et rarement réussi. Autre surprise, la longue postface de Pierre Desproges en quatrième de couverture, lui qui m’avait habitué à plus de finesse, je l’imaginais mal apprécier ce qui de prime abord est assez éloigné de son humour. Mais après tout, c’est peut-être moi qui me trompe… On est donc là dans un petit condensé d’humour à la fois gras et absurde, que ce soit dans les gags visuels ou les textes. C’est un genre que j’apprécie particulièrement, mais ici, les huit histoires qui composent cet album m’ont laissé sur ma faim. C’est le deuxième album de cet auteur que je lis dans cette collection, et c’est à chaque fois une déception. En effet, j’ai été déçu autant par le dessin que par les textes : tout est « moyen ». Si le trait de Coucho a quelques accointances avec celui de Jacovitti parfois, il est à la fois moins précis et moins percutant. Quant aux gags, si certaines situations m’ont fait sourire – essentiellement lorsqu’une avalanche, une surenchère de détails absurdes saturaient les cases, j’ai trouvé l’ensemble poussif. C’est dommage, parce que certaines idées auraient pu être mieux développées (comme l’histoire la plus courte de l'album, « Les 5 spécialistes »), et donner un résultat un peu plus sympa. Mais voilà, je trouve que Coucho n’est pas au niveau de mes attentes dans ce genre d’humour.
Jesuit Joe
Je précise que j'ai lu l'édition parue chez Dargaud. Je ne sais donc pas ce que l'on retrouve dans l'album paru chez Casterman, mais connaissant cet éditeur j'imagine qu'on a mis plein de bonus et qu'on essaye de faire passer cette oeuvre mineure de Pratt pour un chef d'oeuvre. Je suis déçu par le récit. Il y a des bonnes scènes, des bons dialogues et le personnage principal est intriguant, mais globalement je me suis ennuyé. La plus grande partie de l'album se résume à des scènes de violence dont parfois je ne comprenais pas le sens parce que les motivations du héros ne sont pas claires. On dirait qu'on débute durant la seconde partie d'un récit et lorsqu'on a enfin quelques explications, je n'étais pas complètement convaincu. Je ne pense pas avoir compris certaines actions du héros, peut-être parce qu'au moment où il explique, j'étais déjà en dehors du récit depuis trop longtemps pour pouvoir y rentrer. Le dessin est pas mal et je n'ai rien contre les couleurs que je trouve jolies. Il faut dire que je ne suis pas un inconditionnel du style de Pratt, alors voir de la couleur sur son dessin ne me choque pas contrairement à plusieurs de ses fans. Un album pour les fans de l'auteur.
Autonomes
Bucquoy imagine une histoire sacrément carabinée avec cette Bd qui parait dans 2 magazines belges en 1981, avant d'arriver en France dans Circus en 1985, et je trouve que c'est sa Bd sans doute la plus gonflée, car il ose des trucs très anti-politiquement correct, surtout à cette époque dans les années 80, fallait être foutrement burné pour imaginer une telle folie, mais en y réfléchissant bien, ça ne m'étonne pas, c'est du Bucquoy pur jus, on y retrouve son ton provoc tout au long de ce récit qui décrit une fin de siècle particulièrement sombre et terrifiante. L'album fait partie des Chroniques de fin de siècle, qui sera complété par Chooz, il y est question d'un certain Gérard Mordant qui a la tête de Patrick Dewaere, d'abord membre d'un cabinet politique puis qui vire carrément de bord en ralliant un groupuscule anarchiste qui commet des actes violents et appuie son action par la terreur, ils iront jusqu'à faire exploser la Tour Eiffel, symbole emblématique de la France, c'est dire la détermination de ces mecs. Bucquoy imagine une guerre entre la France et la Belgique, en mêlant anarchisme et fascisme, au travers de séquences parfois sans trop de lien, on dirait une succession de provocations gratuites. Si cette Bd reste intéressante, c'est uniquement pour sa description d'un contexte complètement déboussolé et perverti par une politique répressive et nauséabonde, et surtout par son extrême audace, son côté de politique-fiction et d'anticipation politique très poussé, elle brasse un peu de tout en une sorte d'uchronie, de façon très subversive et dérangeante, comme Bucquoy l'a fait dans d'autres bandes, avec sa méthode rentre dedans, n'hésitant pas à étaler violence, sexe, dérives et actions condamnables, un peu dans le même style vu dans ses autres créations comme Stone ou Alain Moreau, typiques de son style. C'est donc très spécial et inclassable, et j'avoue que je n'y souscris pas, je trouve tout ceci terriblement gratuit et surtout glauque et très malsain. En plus, le dessin ne serait pas trop mal, mais Santi a dû être inspiré par le film les Valseuses puisqu'il reproduit les visages de Dewaere, Depardieu et Miou-Miou, je trouve que ça n'apporte rien de plus. Bref, voici une Bd qui s'adresse à un public averti par son contenu très subversif, je ne sais pas si on aurait les burnes pour refaire ça de nos jours, j'en doute.
On est tous des touristes quelque part
Mouais. Voilà un album au format à l’italienne qui se lit très vite – format et pagination oblige, mais qui va sans doute être oublié tout aussi rapidement, hélas. Le pitch est très simple : deux hommes, sur un bord de mer quelconque, bavardent, alors que volent les mouettes et passent au loin les bateaux de pêche. Le problème vient surtout du caractère assez creux de ces discussions. Y manquent l’humour, ou tout du moins du dynamisme, pour rendre plus intéressants ces instants de bla bla balnéaires. Jusqu’au bout j’ai attendu un élément déclencheur, une saillie drôle, une chute amusante ou surprenante, qui ne sont hélas jamais venues. C’est trop creux, trop transparent pour moi.
François Ier
La collection Ils ont fait l'Histoire s'enrichit d'un nouveau tome sur un roi de France, et non le moindre, puisque c'est le roi emblématique de la Renaissance, celui qui sans doute symbolise le mieux cette période. Je me réjouissais de cette évocation, mais force est de constater que je suis plutôt déçu, car le traitement adopté est beaucoup trop confus, avec une narration peu passionnante et sans éclat ; pour le profane, c'est assez difficile de s'y retrouver dans cet amas de faits balancés un peu n'importe comment et ce manque évident de précisions, certains faits importants sont à peine nommés. On dirait qu'il y a eu comme un élagage d'informations car les auteurs ont fait un choix très discutable en ne cernant qu'une partie du règne avec l'arrêt du récit en 1534, alors que François Ier est mort en 1547 au château de Rambouillet. L'album s'arrête sur le départ de Jacques Cartier parti pour découvrir le Canada. Dans le dossier historique en fin d'album, l'historienne explique avoir volontairement rejeté l'imagerie d'Epinal qui est généralement associée à ce roi qui a fait l'objet de nombreuses représentations souvent fantaisistes. Certes, je conçois qu'il faut montrer un peu plus de réalisme, mais ignorer certains faits même légendaires, n'est pas toujours une mauvaise chose, d'autant plus que dans d'autres albums de la collection, ce choix n'a pas toujours été appliqué. Le public aime ça, de ce fait, on nous prive donc de l'adoubement du roi par Bayard au soir de Marignan, épisode contesté mais pourtant on a envie de voir ça, car l'imagerie populaire reste forte. Mais cet exemple parmi d'autres n'est pas tout ce qui marque la déception, le parti-pris de s'intéresser à certains actes politiques, sacrifie aussi des faits réels qui devaient être montrés : la mort de Bayard avec le connétable de Bourbon qui vient le visiter pendant son agonie, la mort tragique et accidentelle du dauphin François, le sac de Rome par les Impériaux, l'ordonnance de Villers-Cotterêts qui stipule l'usage du français dans les actes administratifs en remplacement du latin, le rattachement de la Bretagne à la France, acte signé au château de Nantes... même certains personnages importants sont de simples figurants tels Chabannes plus connu sous le nom de La Palice, Galiot de Genouillac, grand artilleur de France, le second fils Henri (et futur Henri II), Léonard de Vinci est totalement ignoré (alors qu'il a vécu à Amboise au Clos-Lucé les 4 dernières années de sa vie), le connétable de Bourbon qui se retourne contre son roi en s'alliant à Charles Quint parce qu'on le destitue indument de son héritage (ceci est très mal ou peu expliqué)... seules Louise de Savoie et la soeur de François, Marguerite d'Angoulême (qui devient ensuite Marguerite de Navarre) ont un rôle important. Certaines scènes sans grand intérêt auraient pu être supprimées au bénéfice de celles que je viens d'évoquer. Quant à la partie graphique, elle est décevante aussi, le dessin n'est pas joli, le travail sur l'image est sacrifié pour un texte trop envahissant, ce qui ne permet pas d'offrir de belles images et un dessin plus ample, le système des petites cases ne magnifie pas cette période historique, les fonds de cases sont quelconques, les couleurs sont ternes, les visages se ressemblent presque tous ; si un gars comme moi qui connait bien tous les acteurs de cette histoire, se perd un peu dans ces visages, alors imaginez un néophyte, j'ose même pas y penser. Et question décors, c'était une occasion de briller un peu par de jolies vues des beaux châteaux de la Loire, que nenni mes amis, de Blois, d'Amboise, de Fontainebleau (châteaux en perpétuels chantiers de réfection où vécut le roi et la cour), on ne voit que des pans de murs impersonnels, et Chambord alors là, on ne voit quedalle, pourtant le chantier qui a démarré en 1519 et qui a duré 20 ans, a permis à François Ier d'y vivre un peu ses dernières années. Tout ceci me désole profondément et ne facilite pas une lecture agréable, aussi je crois que ceux qui connaissent pas ou mal François Ier auront du mal à aller au bout de cet album. Après l'album consacré à César, celui-ci est ma seconde grosse déception dans cette collection, sur une période et un personnage qui m'intéressent.
Mémoire des écumes
Mémoire des écumes est une sorte d'opéra lyrique en bande dessinée qui peut s'accompagner d'un disque de Henry Torgue qui était disponible à la vente en même temps que la parution de l'album. Caza s'y associe à Christian Lejalé pour une sorte de story-board d'un hypothétique film ou court-métrage qui mêle le dessin du premier aux photos du second, avec un travail de retouche probable de la part de Caza. C'est une histoire poétique et mystique s'étalant sur des siècles, voire des éons. Cela commence par l'apparition de l'univers et une vision assez géo-centrée et artistique de la création de la Terre et de la vie. Un être vivant, un homme immortel qui prit pour nom Simon Nandertal, apparut du limon de cette planète encore vide pour être le témoin de son évolution. D'abord désespérément seul durant une éternité, il erre et dort, tantôt proche des pierres, tantôt fasciné par le ciel. Puis un jour apparaît la ville et quand il la visite il y croise des hommes, cachés derrière des masques. Le temps qu'il se remette de ses émotions, les hommes ont disparu et quitté la planète qui redevient vide, ne gardant que momentanément les traces du passé architectural de l'humanité qui s'efface peu à peu avant de retourner au néant. L'album comporte quatre chapitres qui sont autant d'époques séparées par d'immenses périodes temporelles. Pas de dialogue dans ce récit très contemplatif, juste une narration parfois peu diserte mais toujours tournée de manière artistique et un peu alambiquée, au risque de finir par dire un peu n'importe quoi. Le dessin se mêle à des photos retouchées, la majorité provenant de la ville de Venise dont on retrouve le carnaval masqué des hommes, puis ensuite de la ville de New York. Les planches et les chapitres font chacune preuve de certaines couleurs dominantes caractérisant le récit qui les accompagne : bleu sombre pour commencer, violet durant la période solitaire de Simon, vert, jaune et rouge quand les hommes apportent du contraste avec leur ville, orange quand ils disparaissent avant un retour aux couleurs du départ, violet puis enfin bleu sombre. C'est un album très teinté années 70 début 80. Le genre de délire artistique un peu halluciné qui parle avant tout à ses auteurs. Dans mon cas, je me suis largement ennuyé et je suis resté globalement indifférent tant au travail graphique qu'à l'esprit artistique que les auteurs ont essayé de transmettre. Cela ne me touche pas et j'ai rapidement eu envie de passer à autre chose.
No direction
Ordinairement une BD avec une telle histoire aurait dû me captiver. Deux âmes torturées, deux jeunes tueurs fous pour une virée violente au sein d’une Amérique déglinguée. Malheureusement je n’ai pas accroché. Un dessin noir et blanc trop atone et des stéréotypes trop marqués. L’atmosphère sordide qui émane de cette histoire m’a poussé à acheter cette BD. Cependant l’errance de Jeb et de Bess ne m’a pas captivé et je suis au final resté sur ma faim.
Point de Fuite
J’ai eu beaucoup de mal avec le protagoniste principal de cette histoire. Le résumé de l’éditeur parle d’un « caractère bien trempé », oui, c’est une façon de formuler la chose… on pourrait aussi dire que Sabrina est une sacrée tête à claques, se comportant comme une ado du haut de ses 25 ans. Regardez sa tronche sur la couverture… c’est bien simple, elle ne change presque pas durant les 160 pages de l’album. Si encore l’auteur avait réussi à la rendre plus attachante, ou au moins à nous expliquer, nous faire comprendre pourquoi elle est comme ça, pourquoi elle traite sa mère et ses amis comme de la merde. C’est à mon humble avis sur ce point que cet album se plante. Je mets quand même 2/5 parce que toute la partie sur l’IVG est intéressante et bien amenée. Bon, il serait intéressant d’avoir d’autres avis, peut-être d’un lectorat féminin et/ou plus jeune… mais moi, je ne suis pas convaincu du tout par cette lecture.
Porfirio et Gabriel
Refroidi par Le Génie des alpages, dont je n'ai jamais compris l'engouement, je suis allé de façon circonspecte vers cette série de gags lorsqu'elle est apparue dans Circus en 1976. L'humour y est autant absurde et loufoque que dans Le Génie des alpages, mais je trouve l'idée de base potentiellement exploitable, à défaut d'être vraiment drôle, et ce malgré des personnages peu attirants. Il y a bien quelques détails et 2 ou 3 situations intéressantes, il y a de l'idée, mais je trouve l'ensemble plutôt hésitant. Cependant, ces petits récits courts m'ont laissé assez indifférent, c'est un humour qui ne me fait pas rire, à peine sourire, un humour un peu intello ou disons plus recherché auquel je ne suis pas du tout réceptif, et je suis toujours aussi hermétique au dessin que je ne trouve pas joli. Bref, avec les Bd de F'murr, j'y arrive pas.