Les éditions Anne Sigier, petit éditeur Québécois créé en 1975, sont spécialisées dans les ouvrages religieux catholiques. Ils ont édité avant tout des livres classiques mais aussi au moins 3 albums BD, sur Jésus, sur Abraham et Moïse, et enfin celui-ci sur les premiers Chrétiens et plus particulièrement sur les Apôtres.
Le récit s'entame au moment de l'Ascension du Christ, alors qu'il dicte à ses douze Apôtres qu'ils doivent aller répandre la Bonne Nouvelle, l’annonce du salut éternel de quiconque se repent de ses péchés et place sa foi en Jésus Christ. L'album raconte alors comment ces fameux Apôtres, puis ensuite Paul qui ne faisait pas partie des douze initiaux, ont répandu la religion chrétienne en Terre Sainte et dans les pays voisins.
L'histoire se structure comme autant de petits épisodes issus du Nouveau Testament, mettant en scène des événements et discours racontés dans la Bible à raison de quelques cases chacun, pas plus.
Sur la forme, cela manque de professionnalisme. On sent que le dessinateur fait de son mieux mais qu'il a une maîtrise technique limitée. Les personnages sont raides, sans expression, ils se ressemblent beaucoup et leur trait est hésitant. Les décors sont très inégaux, parfois plutôt vides et d'autres fois remplis d'architectures presque trop imposantes, notamment dans les scènes présentant la ville de Jérusalem.
Sur le fond, c'est relativement instructif, mais j'ai trouvé ça aussi en partie édifiant. En effet, quand on assiste ainsi aux tous débuts de la propagation de la religion Chrétienne, il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec la diffusion d'idées et de doctrines sectaires. J'étais notamment assez choqué par les passages où les fidèles se doivent de vendre leur maison et leurs biens et donner leur argent à la communauté, et pire encore de voir ''Dieu'' terrasser un couple qui n'avait pas donné tout l'argent récolté par leur vente.
Le récit est aussi un peu brouillon et difficile à suivre pour qui ne connait pas les lieux de la Terre Sainte et de ses environs et qui ne connait pas déjà le Nouveau Testament et ses protagonistes. Il n'est nulle part expliqué notamment que le personnage de Saul qu'on suit à un moment est le même homme que celui de Paul qu'on suit plus tard.
Et pour finir, les faits racontés et les dialogues sont parfois assez barbants car ils ressemblent trop souvent à des extraits du texte même de la Bible, avec une narration au présent de l'indicatif et des dialogues assez didactiques et manquant de naturel. Sans parler du fait que jamais la BD ne nous dit clairement quel est le message des Apôtres et comment ils convainquent ceux qui les écoutent : si l'on excepte quelques miracles bien pratiques, ils se contentent de dire qu'ils sont là pour annoncer la Bonne Nouvelle et pour dire que c'est bien le fils de Dieu qui est mort et ressuscité.
Bref, c'est une lecture légèrement instructive sur comment la religion Chrétienne s'est propagée aux tous débuts de son existence, mais c'est aussi une lecture qui manque de maîtrise et qui est parfois un peu barbante.
J'ai lu cette histoire car je l'avais zappée dans Circus en 1979, à l'époque ce sujet ne m'intéressait pas. Si la restitution de la France d'après-guerre est très réussie et détaillée, avec un noir & blanc très encré, parfois même de façon trop sombre, la narration est assez bordélique et peu attrayante, il faut s'accrocher pour essayer d'y voir clair.
Sinon, la partie graphique est l'atout de cette Bd car le dessin de Duveaux n'était pas encore envahi par le "tachisme" dont il fera la caractéristique de son style, notamment sur les Chroniques provinciales qui ont été pour moi un véritable calvaire de lecture ; "Pierrot le Fou" a été faite juste avant, c'est un dessin qui est encore à peu près normal on va dire, très inspiré de Tardi. On aime ou on n'aime pas, et en plus l'inconvénient c'est que les visages changent sur les mêmes personnages, sur les Chroniques provinciales, je n'avais pas pu aller au bout, mais ici, ça allait, bien que ça ne soit pas le type de Bd dont je raffole.
C’est un recueil de petites histoires autour des dangers de la technologie sur le thème c’était mieux avant. On a l’impression d’être dans la série Black Mirror qui traite du même concept.
J’avoue que c’est la toute première histoire qui m‘a marqué et qui semble sortir du lot. Pour autant, cette dernière se termine en queue de poisson. Le reste ne sera que déception. Ce sont malheureusement des choses qui arrivent. Il faut savoir l’accepter et tourner la page. Certes, c’est un peu de souffrance mais il en ressort de l’honnêteté. 2 étoiles et pas plus.
Sur le fond, les nouvelles technologies ne me font pas peur. Je rêve même d’un monde plus juste, dominé par une intelligence artificielle neutre. Autant dire que je ne suis absolument pas sur la même longueur d’onde que ce mangaka. Vive la technologie !
Pour autant, l’auteur a voulu également montrer que les faiblesses font parties intégrantes de l'humanité et qu’il n'est pas toujours bon de tout améliorer...
En tant que pratiquant du noble art et amateur de Jiro Taniguchi (Quartier lointain, Le Journal de mon père, etc.), je me suis dirigé les yeux fermées vers ce manga.
Cette attirance naturelle a été renforcée par le dessin de Jiro Taniguchi. C'est une franche réussite, surtout si l'on considère qu'il date de 1982. Les combats sont dynamiques, âpres, violents et bien mis en scène. On peut presque ressentir la fatigue des combattants et le goût du sang.
Le personnage principal, Reggae (pourquoi donc ?), est un boxeur alcoolique, violent et silencieux. Si je peux comprendre la volonté de créer un personnage ténébreux et mystérieux, son silence frise ici le ridicule et ne permet pas de s'attacher au personnage. Dans ce genre d'histoire, le héros boxeur doit faire naître la sympathie chez le spectateur. Ici, je me suis surpris à souhaiter le voir échouer. Nombre de questions restent sans réponse et laissent le lecteur sur la touche. Quant aux personnages secondaires, ils sont anecdotiques, voire carrément inutiles/agaçants. On pourra citer la petite amie de Reggae, sorte de pot de fleur bavard au charisme d'huître.
Le scénario est d'une grande faiblesse, avec une trame narrative brouillonne et peu engageante. L'histoire part un peu dans tous les sens entre le fil rouge (devenir champion du monde), les pratiques étonnantes du manager Dangelo et de sa « Grace Jones » de femme (qui n'apporte rien, à part une pointe de perversion inutile), le passé pseudo-mystique de notre brave Reggae, les magouilles entourant les combats de boxe, l'orientation sexuelle de Reggae, etc. Bref... les portes s'ouvrent, sans que l'on comprenne pourquoi, et ne se referme pas.
Enfin, petit détail, mais que dire de la seule mention de Jiro Taniguchi sur la couverture ?! S'il est certainement moins bankable, le scénariste (Marley Caribu) aurait mérité sa place, comme c'est le cas habituellement.
Une belle déception !
Petite déception que ce diptyque.
Parlons d'abord du plumage. Le dessin ne m'a pas plu. Le trait est gros, les couleurs, souvent assez ternes et proches du monochrome selon les ambiances, ne permettent pas de dynamiser le récit, il le confine, le rend enfermé. J'ai trouvé que les visages des personnages sont souvent imparfaits, des perspectives pas au top. Les décors sont au diapason de ce rendu qui ne m'a pas plu.
Pour ce qui est du ramage, j'ai été plusieurs fois surpris. Je m'attendais à un polar à la Walter Hill en prenant ces deux bouquins. On démarre sur un "petit" Bloody Sunday à Belfast, première surprise, plutôt bonne. Ce type de background me plait bien, l'époque et je me dis alors que je vais passer un bon moment de lecture. Angus se perd certes en digression sur son enfance et la perte de sa soeur mais bon, on avance dans le bon sens. Progressivement, on perd trop de temps dans les relations inter personnages (Angus et Dana, Angus et les 2 frangins) et ça commence à boiter. Les relations ne sont pas naturelles, ça fonctionne mal, ça ne permet pas de faire partir l'histoire. Et puis on a ce virage ésotérique, magie celtique. Ça a été long pour terminer la lecture, je me suis désintéressé complètement. Parfois le fantastique sied à l'histoire et parfois non. Ici c'est non.
J'apprécie beaucoup les séries signées Luc Brunschwig d'habitude mais mon sentiment est très mitigé après la lecture des 3 tomes du sourire du clown. L'histoire n'est pas mauvaise, au contraire, il y a plusieurs éléments intéressants dans cette fable sociale qui dépeint une banlieue en feu. Mais il y a trop de détails qui m'ont gêné pour qu'au final je trouve cette série mieux que moyenne.
Par où commencer ? La narration et ses nombreux flashback qui perturbent un peu la compréhension, accompagnés d'au moins une erreur de chronologie qui m'a forcé à revenir en arrière et à me poser des questions sur ma bonne compréhension. Ce serait anecdotique si le reste était sans faute. Mais ce n'est pas le cas.
On a bien du mal à croire à cette banlieue inaccessible autrement que par une unique route de montagne que les forces de l'ordre n'essayent même plus d'atteindre après des nuits d'émeute. On a bien du mal à croire qu'un vieux curé peut avoir la moindre influence sur des dizaines d'adolescents, zonars, dealers, rebelles et compagnie. On a encore plus de mal à croire qu'un curé catholique a la moindre influence sur des jeunes musulmans. On a du mal à croire aux motivations de ce curé machiavélique qui a à sa disposition des hommes de mains pour mener à bien son plan malsain.
Il y avait sans doute une bonne idée de départ, j'ai bien aimé les personnages des clowns, le lien social qu'ils recréent, leur histoire liée à la fermeture de l'usine. Mais cela ne suffit pas à gommer les trop nombreux points négatifs mentionnés ci dessus.
Je n’ai lu que le premier tome, le seul que j’ai eu sous la main – et qui m’en est presque tombé d’ailleurs !
En effet, le dessin et l’humour ne sont pas vraiment de ceux qui m’attirent – et je me contente ici de rentrer la série. Je ne sais pas si elle a eu du succès. Dans les deux derniers tomes (que je n’ai pas lus), Omond au scénario, et Peyraud au dessin, viennent renforcer les auteurs, sans que je sache ce qu’ils ont pu améliorer.
Le dessin et l’humour m’ont fait penser aux séries de la collection « Tchô », qui ont ensuite fleuri, et aussi aux innombrables séries plus ou moins girly, ou calibrées pour de jeunes lecteurs de supermarché (chez Bamboo au ailleurs). Enfin bref, ce n'est pas ma came.
Les histoires courtes (d’une page à chaque fois) nous présentent une jeune femme dynamique, Hermine, qui cherche le bonheur, le grand amour, mais qui se contente le plus souvent d’empiler les clichés sur les femmes – et la société en général : c’est clair que l’ensemble manque de finesse.
Bref, je n’y reviendrai pas !
Bon, décidément, je n’ai toujours pas trouvé ce qui a bien pu permettre à Claire Bretecher d’atteindre sa notoriété. Peut-être sa longévité (presqu’inexplicable à mes yeux) ? Sa présence dans des magazines « de société », qui ont pu la parer d’un vernis de modernité inaltérable ?
Toujours est-il que ce mystère reste pour moi entier après la lecture de cette série, empruntée après que le récent décès de l’auteure m’a rappelé son existence, et mes questions la concernant.
En effet, il y a peut-être des idées dans cette série, qui joue sur des personnages à contre-emploi (pas tellement le père, régnant haineusement et de façon cynique sur un royaume de pacotille, mais plus Cellulite elle-même, assez éloignée des archétypes des contes, car franchement moche, un peu vulgaire, et plutôt peu encline à se soumettre au bon vouloir de son père, de la bienséance ou de quoi que ce soit d’ailleurs, tout en restant naïve – seul point qui la rattache aux princesses « classiques »). Quelque potentiel donc, avec des anachronismes en sus, qui peuvent à la fois accentuer l’aspect comique et rattacher les histoires à la période contemporaine, et donc y glisser quelques piques, quelques critiques.
Oui mais voilà, ça reste quand même trop mollasson, cela manque de punch, la caricature envisagée manquant de mordant et d’un humour plus marqué et efficace (comme pouvaient le faire, au même moment et dans la même collection Alexis et Gotlib, dans Cinémastock, dans un humour plus proche de mes attentes il est vrai.
C’est d’autant plus dommage et gênant que le texte abondant se révèle parfois indigeste du coup. La critique du mâle phallocrate et de l’image d’une femme soumise et bonne « mère de famille et maîtresse de maison », que Bretecher développera dans beaucoup de ses séries, a pris un sacré coup de vieux, et ce d’autant plus que ses angles d’attaque faisaient dès le départ de sa production quelque chose de trop mou et daté pour que des lecteurs d’aujourd’hui s’y reconnaissent ou s’y intéressent.
Claire Bretecher est une auteure avec laquelle j’ai toujours eu beaucoup de mal, mais sur laquelle je suis revenu à plusieurs reprises, cherchant à trouver l’importance que certains ont bien voulu lui accorder.
Son récent décès l’a remise en lumière, et j’ai une nouvelle fois tenté l’aventure avec plusieurs albums, dont celui-ci. Eh bien ce n’est pas encore cet album qui me fera changer d’avis, car je l’ai lu sans enthousiasme, parfois avec ennui, n’y trouvant que très peu d’intérêt.
D’abord je ne suis pas fan de son dessin. Dessin certes plus adapté à la presse, dans laquelle Bretecher publiait ses crobards. Mais son trait minimaliste n’est pas compensé par un punch, ou une poésie, ou tout autre chose qui par exemple m’ont souvent fait apprécier le dessin de Reiser ou de Sempé.
Nous avons là un recueil d’histoires courtes (le plus souvent une page, plus rarement plus long ou plus court – quelques simples dessins quand même dans le lot) autour des mères – le plus souvent des futures mères d’ailleurs, des femmes enceintes. Mais voilà, l’humour de Bretecher ne me touche pas, et je ne pense pas que ce soit uniquement une question d’époque, c’est tout à fait le genre vaguement sociologique, illustrant un article du Nouvel Obs, du bobo convenu, du vachard consensuel mou, sans âme et sans risque. C’est souvent lourd et lent, et on est anesthésié lorsque la chute arrive, le gag étant alors noyé dans un verbiage mollasson.
A lire uniquement comme un témoignage d’une certaine forme de dessin de presse, peut-être, mais je doute qu’aujourd’hui beaucoup y trouvent leur bonheur.
Runberg fait selon moi partie des scénaristes dont la qualité de son travail varie selon les séries, et celle-ci fait clairement partie de ses travaux que je n'aime pas du tout.
Déjà, j'ai de la difficulté avec le dessin qui est en plein le style réaliste froid que je n'aime pas parce que c'est...froid justement. Il ne se dégage aucune émotion de ce style et je vois ce style de dessin tellement souvent dans des productions modernes que c'est totalement dénué de personnalité, et moi j'aime bien lorsqu'on est capable de reconnaître un dessinateur en regardant son dessin.
Le scénario est de la science-fiction vu que ça se passe dans le futur. Ça mélange l'action et les problèmes sérieux (ici, le trafique humain) et je trouvais que tout dans le scénario était banal. Les personnages sont banals, les péripéties sont banales....C'est simple, j'ai lu cet album il y a environ une demi-heure et je n'ai retenu que quelques scènes. Le seul élément qui m'a intéressé est que le siège de l'Onu a changé de pays, et je dois dire que lire une bande dessinée qui montrerait ce qui arrive si le siège de l'Onu déménage me semble plus passionnant que ce qui se passe dans cet album.
Je reconnais que la science-fiction n'est pas mon genre préféré, et peut-être que les fans du genre vont mieux accrocher que moi.
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Les Premiers Chrétiens
Les éditions Anne Sigier, petit éditeur Québécois créé en 1975, sont spécialisées dans les ouvrages religieux catholiques. Ils ont édité avant tout des livres classiques mais aussi au moins 3 albums BD, sur Jésus, sur Abraham et Moïse, et enfin celui-ci sur les premiers Chrétiens et plus particulièrement sur les Apôtres. Le récit s'entame au moment de l'Ascension du Christ, alors qu'il dicte à ses douze Apôtres qu'ils doivent aller répandre la Bonne Nouvelle, l’annonce du salut éternel de quiconque se repent de ses péchés et place sa foi en Jésus Christ. L'album raconte alors comment ces fameux Apôtres, puis ensuite Paul qui ne faisait pas partie des douze initiaux, ont répandu la religion chrétienne en Terre Sainte et dans les pays voisins. L'histoire se structure comme autant de petits épisodes issus du Nouveau Testament, mettant en scène des événements et discours racontés dans la Bible à raison de quelques cases chacun, pas plus. Sur la forme, cela manque de professionnalisme. On sent que le dessinateur fait de son mieux mais qu'il a une maîtrise technique limitée. Les personnages sont raides, sans expression, ils se ressemblent beaucoup et leur trait est hésitant. Les décors sont très inégaux, parfois plutôt vides et d'autres fois remplis d'architectures presque trop imposantes, notamment dans les scènes présentant la ville de Jérusalem. Sur le fond, c'est relativement instructif, mais j'ai trouvé ça aussi en partie édifiant. En effet, quand on assiste ainsi aux tous débuts de la propagation de la religion Chrétienne, il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec la diffusion d'idées et de doctrines sectaires. J'étais notamment assez choqué par les passages où les fidèles se doivent de vendre leur maison et leurs biens et donner leur argent à la communauté, et pire encore de voir ''Dieu'' terrasser un couple qui n'avait pas donné tout l'argent récolté par leur vente. Le récit est aussi un peu brouillon et difficile à suivre pour qui ne connait pas les lieux de la Terre Sainte et de ses environs et qui ne connait pas déjà le Nouveau Testament et ses protagonistes. Il n'est nulle part expliqué notamment que le personnage de Saul qu'on suit à un moment est le même homme que celui de Paul qu'on suit plus tard. Et pour finir, les faits racontés et les dialogues sont parfois assez barbants car ils ressemblent trop souvent à des extraits du texte même de la Bible, avec une narration au présent de l'indicatif et des dialogues assez didactiques et manquant de naturel. Sans parler du fait que jamais la BD ne nous dit clairement quel est le message des Apôtres et comment ils convainquent ceux qui les écoutent : si l'on excepte quelques miracles bien pratiques, ils se contentent de dire qu'ils sont là pour annoncer la Bonne Nouvelle et pour dire que c'est bien le fils de Dieu qui est mort et ressuscité. Bref, c'est une lecture légèrement instructive sur comment la religion Chrétienne s'est propagée aux tous débuts de son existence, mais c'est aussi une lecture qui manque de maîtrise et qui est parfois un peu barbante.
Pierrot le Fou
J'ai lu cette histoire car je l'avais zappée dans Circus en 1979, à l'époque ce sujet ne m'intéressait pas. Si la restitution de la France d'après-guerre est très réussie et détaillée, avec un noir & blanc très encré, parfois même de façon trop sombre, la narration est assez bordélique et peu attrayante, il faut s'accrocher pour essayer d'y voir clair. Sinon, la partie graphique est l'atout de cette Bd car le dessin de Duveaux n'était pas encore envahi par le "tachisme" dont il fera la caractéristique de son style, notamment sur les Chroniques provinciales qui ont été pour moi un véritable calvaire de lecture ; "Pierrot le Fou" a été faite juste avant, c'est un dessin qui est encore à peu près normal on va dire, très inspiré de Tardi. On aime ou on n'aime pas, et en plus l'inconvénient c'est que les visages changent sur les mêmes personnages, sur les Chroniques provinciales, je n'avais pas pu aller au bout, mais ici, ça allait, bien que ça ne soit pas le type de Bd dont je raffole.
Instants d'après
C’est un recueil de petites histoires autour des dangers de la technologie sur le thème c’était mieux avant. On a l’impression d’être dans la série Black Mirror qui traite du même concept. J’avoue que c’est la toute première histoire qui m‘a marqué et qui semble sortir du lot. Pour autant, cette dernière se termine en queue de poisson. Le reste ne sera que déception. Ce sont malheureusement des choses qui arrivent. Il faut savoir l’accepter et tourner la page. Certes, c’est un peu de souffrance mais il en ressort de l’honnêteté. 2 étoiles et pas plus. Sur le fond, les nouvelles technologies ne me font pas peur. Je rêve même d’un monde plus juste, dominé par une intelligence artificielle neutre. Autant dire que je ne suis absolument pas sur la même longueur d’onde que ce mangaka. Vive la technologie ! Pour autant, l’auteur a voulu également montrer que les faiblesses font parties intégrantes de l'humanité et qu’il n'est pas toujours bon de tout améliorer...
Blue Corner
En tant que pratiquant du noble art et amateur de Jiro Taniguchi (Quartier lointain, Le Journal de mon père, etc.), je me suis dirigé les yeux fermées vers ce manga. Cette attirance naturelle a été renforcée par le dessin de Jiro Taniguchi. C'est une franche réussite, surtout si l'on considère qu'il date de 1982. Les combats sont dynamiques, âpres, violents et bien mis en scène. On peut presque ressentir la fatigue des combattants et le goût du sang. Le personnage principal, Reggae (pourquoi donc ?), est un boxeur alcoolique, violent et silencieux. Si je peux comprendre la volonté de créer un personnage ténébreux et mystérieux, son silence frise ici le ridicule et ne permet pas de s'attacher au personnage. Dans ce genre d'histoire, le héros boxeur doit faire naître la sympathie chez le spectateur. Ici, je me suis surpris à souhaiter le voir échouer. Nombre de questions restent sans réponse et laissent le lecteur sur la touche. Quant aux personnages secondaires, ils sont anecdotiques, voire carrément inutiles/agaçants. On pourra citer la petite amie de Reggae, sorte de pot de fleur bavard au charisme d'huître. Le scénario est d'une grande faiblesse, avec une trame narrative brouillonne et peu engageante. L'histoire part un peu dans tous les sens entre le fil rouge (devenir champion du monde), les pratiques étonnantes du manager Dangelo et de sa « Grace Jones » de femme (qui n'apporte rien, à part une pointe de perversion inutile), le passé pseudo-mystique de notre brave Reggae, les magouilles entourant les combats de boxe, l'orientation sexuelle de Reggae, etc. Bref... les portes s'ouvrent, sans que l'on comprenne pourquoi, et ne se referme pas. Enfin, petit détail, mais que dire de la seule mention de Jiro Taniguchi sur la couverture ?! S'il est certainement moins bankable, le scénariste (Marley Caribu) aurait mérité sa place, comme c'est le cas habituellement. Une belle déception !
Une Balle dans la tête
Petite déception que ce diptyque. Parlons d'abord du plumage. Le dessin ne m'a pas plu. Le trait est gros, les couleurs, souvent assez ternes et proches du monochrome selon les ambiances, ne permettent pas de dynamiser le récit, il le confine, le rend enfermé. J'ai trouvé que les visages des personnages sont souvent imparfaits, des perspectives pas au top. Les décors sont au diapason de ce rendu qui ne m'a pas plu. Pour ce qui est du ramage, j'ai été plusieurs fois surpris. Je m'attendais à un polar à la Walter Hill en prenant ces deux bouquins. On démarre sur un "petit" Bloody Sunday à Belfast, première surprise, plutôt bonne. Ce type de background me plait bien, l'époque et je me dis alors que je vais passer un bon moment de lecture. Angus se perd certes en digression sur son enfance et la perte de sa soeur mais bon, on avance dans le bon sens. Progressivement, on perd trop de temps dans les relations inter personnages (Angus et Dana, Angus et les 2 frangins) et ça commence à boiter. Les relations ne sont pas naturelles, ça fonctionne mal, ça ne permet pas de faire partir l'histoire. Et puis on a ce virage ésotérique, magie celtique. Ça a été long pour terminer la lecture, je me suis désintéressé complètement. Parfois le fantastique sied à l'histoire et parfois non. Ici c'est non.
Le Sourire du clown
J'apprécie beaucoup les séries signées Luc Brunschwig d'habitude mais mon sentiment est très mitigé après la lecture des 3 tomes du sourire du clown. L'histoire n'est pas mauvaise, au contraire, il y a plusieurs éléments intéressants dans cette fable sociale qui dépeint une banlieue en feu. Mais il y a trop de détails qui m'ont gêné pour qu'au final je trouve cette série mieux que moyenne. Par où commencer ? La narration et ses nombreux flashback qui perturbent un peu la compréhension, accompagnés d'au moins une erreur de chronologie qui m'a forcé à revenir en arrière et à me poser des questions sur ma bonne compréhension. Ce serait anecdotique si le reste était sans faute. Mais ce n'est pas le cas. On a bien du mal à croire à cette banlieue inaccessible autrement que par une unique route de montagne que les forces de l'ordre n'essayent même plus d'atteindre après des nuits d'émeute. On a bien du mal à croire qu'un vieux curé peut avoir la moindre influence sur des dizaines d'adolescents, zonars, dealers, rebelles et compagnie. On a encore plus de mal à croire qu'un curé catholique a la moindre influence sur des jeunes musulmans. On a du mal à croire aux motivations de ce curé machiavélique qui a à sa disposition des hommes de mains pour mener à bien son plan malsain. Il y avait sans doute une bonne idée de départ, j'ai bien aimé les personnages des clowns, le lien social qu'ils recréent, leur histoire liée à la fermeture de l'usine. Mais cela ne suffit pas à gommer les trop nombreux points négatifs mentionnés ci dessus.
Hermine
Je n’ai lu que le premier tome, le seul que j’ai eu sous la main – et qui m’en est presque tombé d’ailleurs ! En effet, le dessin et l’humour ne sont pas vraiment de ceux qui m’attirent – et je me contente ici de rentrer la série. Je ne sais pas si elle a eu du succès. Dans les deux derniers tomes (que je n’ai pas lus), Omond au scénario, et Peyraud au dessin, viennent renforcer les auteurs, sans que je sache ce qu’ils ont pu améliorer. Le dessin et l’humour m’ont fait penser aux séries de la collection « Tchô », qui ont ensuite fleuri, et aussi aux innombrables séries plus ou moins girly, ou calibrées pour de jeunes lecteurs de supermarché (chez Bamboo au ailleurs). Enfin bref, ce n'est pas ma came. Les histoires courtes (d’une page à chaque fois) nous présentent une jeune femme dynamique, Hermine, qui cherche le bonheur, le grand amour, mais qui se contente le plus souvent d’empiler les clichés sur les femmes – et la société en général : c’est clair que l’ensemble manque de finesse. Bref, je n’y reviendrai pas !
Cellulite
Bon, décidément, je n’ai toujours pas trouvé ce qui a bien pu permettre à Claire Bretecher d’atteindre sa notoriété. Peut-être sa longévité (presqu’inexplicable à mes yeux) ? Sa présence dans des magazines « de société », qui ont pu la parer d’un vernis de modernité inaltérable ? Toujours est-il que ce mystère reste pour moi entier après la lecture de cette série, empruntée après que le récent décès de l’auteure m’a rappelé son existence, et mes questions la concernant. En effet, il y a peut-être des idées dans cette série, qui joue sur des personnages à contre-emploi (pas tellement le père, régnant haineusement et de façon cynique sur un royaume de pacotille, mais plus Cellulite elle-même, assez éloignée des archétypes des contes, car franchement moche, un peu vulgaire, et plutôt peu encline à se soumettre au bon vouloir de son père, de la bienséance ou de quoi que ce soit d’ailleurs, tout en restant naïve – seul point qui la rattache aux princesses « classiques »). Quelque potentiel donc, avec des anachronismes en sus, qui peuvent à la fois accentuer l’aspect comique et rattacher les histoires à la période contemporaine, et donc y glisser quelques piques, quelques critiques. Oui mais voilà, ça reste quand même trop mollasson, cela manque de punch, la caricature envisagée manquant de mordant et d’un humour plus marqué et efficace (comme pouvaient le faire, au même moment et dans la même collection Alexis et Gotlib, dans Cinémastock, dans un humour plus proche de mes attentes il est vrai. C’est d’autant plus dommage et gênant que le texte abondant se révèle parfois indigeste du coup. La critique du mâle phallocrate et de l’image d’une femme soumise et bonne « mère de famille et maîtresse de maison », que Bretecher développera dans beaucoup de ses séries, a pris un sacré coup de vieux, et ce d’autant plus que ses angles d’attaque faisaient dès le départ de sa production quelque chose de trop mou et daté pour que des lecteurs d’aujourd’hui s’y reconnaissent ou s’y intéressent.
Les Mères
Claire Bretecher est une auteure avec laquelle j’ai toujours eu beaucoup de mal, mais sur laquelle je suis revenu à plusieurs reprises, cherchant à trouver l’importance que certains ont bien voulu lui accorder. Son récent décès l’a remise en lumière, et j’ai une nouvelle fois tenté l’aventure avec plusieurs albums, dont celui-ci. Eh bien ce n’est pas encore cet album qui me fera changer d’avis, car je l’ai lu sans enthousiasme, parfois avec ennui, n’y trouvant que très peu d’intérêt. D’abord je ne suis pas fan de son dessin. Dessin certes plus adapté à la presse, dans laquelle Bretecher publiait ses crobards. Mais son trait minimaliste n’est pas compensé par un punch, ou une poésie, ou tout autre chose qui par exemple m’ont souvent fait apprécier le dessin de Reiser ou de Sempé. Nous avons là un recueil d’histoires courtes (le plus souvent une page, plus rarement plus long ou plus court – quelques simples dessins quand même dans le lot) autour des mères – le plus souvent des futures mères d’ailleurs, des femmes enceintes. Mais voilà, l’humour de Bretecher ne me touche pas, et je ne pense pas que ce soit uniquement une question d’époque, c’est tout à fait le genre vaguement sociologique, illustrant un article du Nouvel Obs, du bobo convenu, du vachard consensuel mou, sans âme et sans risque. C’est souvent lourd et lent, et on est anesthésié lorsque la chute arrive, le gag étant alors noyé dans un verbiage mollasson. A lire uniquement comme un témoignage d’une certaine forme de dessin de presse, peut-être, mais je doute qu’aujourd’hui beaucoup y trouvent leur bonheur.
Optic Squad
Runberg fait selon moi partie des scénaristes dont la qualité de son travail varie selon les séries, et celle-ci fait clairement partie de ses travaux que je n'aime pas du tout. Déjà, j'ai de la difficulté avec le dessin qui est en plein le style réaliste froid que je n'aime pas parce que c'est...froid justement. Il ne se dégage aucune émotion de ce style et je vois ce style de dessin tellement souvent dans des productions modernes que c'est totalement dénué de personnalité, et moi j'aime bien lorsqu'on est capable de reconnaître un dessinateur en regardant son dessin. Le scénario est de la science-fiction vu que ça se passe dans le futur. Ça mélange l'action et les problèmes sérieux (ici, le trafique humain) et je trouvais que tout dans le scénario était banal. Les personnages sont banals, les péripéties sont banales....C'est simple, j'ai lu cet album il y a environ une demi-heure et je n'ai retenu que quelques scènes. Le seul élément qui m'a intéressé est que le siège de l'Onu a changé de pays, et je dois dire que lire une bande dessinée qui montrerait ce qui arrive si le siège de l'Onu déménage me semble plus passionnant que ce qui se passe dans cet album. Je reconnais que la science-fiction n'est pas mon genre préféré, et peut-être que les fans du genre vont mieux accrocher que moi.