Voilà donc un diptyque de certaines des chansons du groupe Elmer Food Beat mises en images par Katia Even aux éditions Graph Zeppelin. Que dire ? Les mots me manquent un peu, je ne parlerais pas d'indigence, mais tout cela est un peu décevant. Premier point nous sommes chez Graph Zeppelin qui est la version soft de l'éditeur Tabou. Ici donc pas d'images qui peuvent trop choquer le jeune public qui à mon avis en a vu d'autres.
Le dessin tout en rondeur de Katia Even est joli, un peu cartoonesque ce qui est en grande partie lié à la colorisation, mais ça passe. Maintenant concernant les textes des chansons et les situations qu'invente l'auteure, ben, on aime ou pas.
Je ne peux pas ajouter grand chose de plus n'ayant personnellement pas un intérêt démesuré pour l'humour potache un brin scabreux du groupe de musique où certains ont vu de dangereux révolutionnaires débauchés et politiquement très incorrects.
Je pense que voici un album dont je me serais bien passé, à réserver aux fans absolus de Manou et ses potes.
J'ai découvert cette Bd dans mes anciens numéros de Circus dont j'ai acquis récemment toute la collection, la série est parue en 1985, les auteurs sont des inconnus qui n'ont jamais récidivé en BD, et ce qu'ils livrent est une sorte de cocktail explosif qui parodie à la fois les histoires d'agents secrets, et les dictatures d'Amérique du Sud, avec une flopée de péripéties toutes plus folles les unes que les autres. Je ne vais pas tout décrire, je vois que Ro dans son avis a parfaitement résumé le truc.
C'est un brassage d'éléments un peu démentiels auquel se livrent les auteurs, ils mélangent plein de choses et en font même trop dans le délire tous azimuts, si bien qu'à un moment, on ne sait plus trop sur quel pied danser tant ça devient trop rempli, trop plein de tout, les rajouts incessants de détails insolites ou délirants finissent pas affadir l'enjeu initial qui était de divertir. On sent que ça se veut drôle, mais l'ennui, c'est que ça ne l'est pas vraiment, la parodie semble trop ou alors pas assez poussée, je ne sais pas, mais il y a quelque chose qui fait que ça ne fonctionne pas comme ça devrait. Tout au plus, on devine que c'est quand même amusant.
Là dessus, le dessin n'est pas terrible non plus, c'est un trait un peu grossier, sans grande personnalité, qui ne ressemble à aucun style connu, ou alors peut-être un combiné entre Wasterlain, Hardy et Conrad, et encore... donc cette Bd unique semble être passée totalement inaperçue lors de sa diffusion dans Circus, et c'est même étonnant qu'un album soit sorti ensuite, bien qu'à cette époque, les éditeurs tentaient encore des parutions, aujourd'hui, je doute que ça serait le cas. J'ignore si l'album est facile à trouver en bouquinerie, mais si ça vous dit, ça peut constituer une curiosité.
Je n'ai pas grand chose à dire sur cette petite série à laquelle je n'ai trouvé aucune originalité et à laquelle je n'ai pas du tout accroché, je ne sais trop à quoi ça tient, au mélange de naïveté et d'humour ? à l'humour de Yann auquel je ne suis pas toujours réceptif ? à sa tendance à l'anti-conformisme et à l'insolence anti-politiquement correcte ? au sujet qui ne m'attire pas tant que ça ? Sans doute un peu tout ça, mais c'est surtout le dessin que je ne trouve pas joli et sans grande personnalité, on dirait un dessin enfantin, je trouve que ça ne collait pas des masses au contenu du journal Circus qui a accueilli la série en 1985, et que ça aurait eu sans doute plus sa place dans Gomme, magazine annexe des éditions Glénat qui s'adressait à un public plus jeune, mais je crois qu'en 1985, ce magazine avait cessé sa publication...
Le Gall avait cependant une excuse, c'était sa première série importante qu'il a lancée pratiquement en même temps ou juste avant Théodore Poussin, sa série principale sur laquelle j'ai appris à me familiariser avec son graphisme, parce que j'avoue qu'au début, c'était pas évident, surtout pour une Bd d'aventure, il changera et fera évoluer son style sur Théodore Poussin, or sur "Yoyo" si j'avais lu cette Bd en 1985, j'aurais fait carrément un rejet, il se trouve que lue maintenant, ça me surprend mais ça me rebute quand même, je n'aime pas ce type de dessin, et aussi je n'aime pas cette histoire. Donc voila, quand on aime une Bd, parfois ça ne s'explique pas, mais quand on n'aime pas, c'est un peu pareil...
Ces récits courts de 2 pages parus dans Charlie Mensuel entre 1982 et 84, m'étaient complètement sortis de la tête, je les ai relus récemment grâce à un prêt de l'édition Dargaud de 1985.
Comment dire, c'est du Gébé, c'est l'oeuvre d'un auteur totalement atypique, un vieux soixante-huitard qui fut rédac-chef de Hara-Kiri, sachant manier aussi bien l'humour libertaire que l'humour le plus iconoclaste et le plus ravageur, évoluant en dehors de toute influence. J'avais encore un excellent souvenir de son unique récit long publié dans Pilote en 1968, Une Plume pour Clovis, aussi avec cet album, je croyais avoir à faire à quelque chose d'analogue, en fait je me trompais car il s'agit là d'un cas très à part, une tentative d'humour à l'absurde le plus débridé.
Avec ces enquêtes folles réalisées par cette brigade du SCF, il arrive presque à égaler l'humour absurde de Masse et l'absurde parfois étrange qu'on trouve chez Ionesco ; les conclusions qui se veulent rassurantes de ces cas et faits mystérieux font partie de la tradition du non-sens, on est dans une sorte de délire indescriptible comme l'appartement qui rétrécit ou les tableaux qui vivent leur vie...
Je ne peux pas dire que je raffole de ce genre d'exercice, en plus la partie graphique n'aide pas, je trouve le dessin rudimentaire et décevant, il est très différent de ce que j'avais vu sur Une Plume pour Clovis que j'avais aimé ; ici, la bichromie enlaidit un peu l'ensemble et n'apporte rien de plus. Un ouvrage qui peut déconcerter les habitués de BD traditionnelle.
Je n'ai pas réussi à me faire à la narration de cet album et ça m'a empêché de le lire correctement.
Concrètement, les passages très verbeux avec le personnage de l’acousticien m'ont fortement ennuyé, à tel point qu'au bout d'une cinquantaine de pages, j'ai commencé à zapper des cases puis des pages entières de ses monologues lénifiants. Son récit est en partie instructif, et parfois assez édifiant, mais pour autant, la narration est telle que je n'ai pas su du tout en tirer quelque chose de satisfaisant.
En parallèle, le récit d'Helga et de ses frères et soeurs ne m'a que très peu intéressé lui non plus dans la première moitié de l'album. Ce n'est que vers la fin, et surtout quand ils arrivent au bunker, que mon intérêt est remonté. C'est aussi le passage le moins verbeux donc le plus lisible à mon goût, même quand on observe les choses du point de vue de l'acousticien. Et forcément, la conclusion est assez cruelle, ce qui n'est pas bien étonnant vu les circonstances mais qui marque plus quand on sait qu'on parle d'enfants qui n'ont qu'une vision innocente et incomplète du drame qui les entoure.
Pour autant, cette portion de l'album plus remplie d'émotion n'a pas suffi à remonter l'estime que j'avais pour cet album. Je m'y suis ennuyé sur de trop longues portions de son contenu.
A noter aussi que je n'aime pas du tout le dessin que je trouve régulièrement très moche. Donc ça n'aide pas.
Un ancien yakuza reconverti en homme au foyer, cela ne le fait pas. Bien sûr, la situation est plutôt comique, mais elle n'est pas du tout crédible. Les scènes sont assez exagérées dans l'ensemble pour souligner ce côté un peu décalé. Bref, c'est très forcé.
A noter que les récits sont construits par chapitre et il n'y a pas forcément de lien. Cela crée des petites historiettes avec souvent la même chute. J'avoue que cela passe au début mais à la longue, cela devient assez lassant et pas drôle.
Je n'ai pas pris de plaisir à cette lecture. Maintenant, je peux comprendre qu'il s'agit sans doute d'un fantasme de femmes revenant du travail. Chacun son truc. Moi, je ne suivrai sans doute pas cette voie du tablier.
Ne nous méprenons pas, je suis un grand fan de Gil Jourdan. C’est une des bds qui a bercé mon enfance, et certains des albums font partie de mes préférés toutes séries confondues. Mais là, je n’ai pas accroché, comme je n’accroche pas à une ou deux enquêtes de Gil. Je n’ai pas retrouvé la combinaison entre humour et aventure que j’aime tant dans les aventures du héros phare de Tillieux.
Marc Jaguar fait pâle copie à côté de Gil Jourdan. Il est moins étoffé, plus plat (pourtant, Gil n’est pas non plus le plus profond des personnages). Et le pendant comique n’est pas comparable au fantastique Libellule. Après, je suis conscient que cela est aussi dû au fait que Tillieux n’a pas eu le temps de développer son personnage, qui n’a eu droit qu’à un album et demi sous sa direction (je n’ai pas lu l’album de 2018 et il ne m’attire pas tellement). Je suis aussi conscient que c’est une bd d’une autre époque, et que je l’ai lue avec un regard bien plus adulte et plus critique que celui que je posais sur les aventures de Jourdan.
Mais reste que cette histoire ne m’a pas diverti, et même un peu ennuyé, sauf la fin qui vient un peu relever le tout et l’apparition du personnage de Pépi, qui vient donner un peu de relief à un ensemble un peu fade.
Quant au dessin, si il fait un peu daté dans les premières pages, il donne toute sa mesure ensuite. Tillieux était maître dans l’art de donner des expressions impayables à ses personnages, et je crois que c’est ce que je préfère dans son dessin.
Au final, j’ai moins accroché que pour la bd phare de Tillieux, mais on retrouve les mêmes racines et certaines des mêmes recettes qui ont fait le succès de Gil Jourdan, après tout est une question de goûts.
N.B J’ai lu “Le lac de l’homme mort” dans l’intégrale Gil Jourdan Tome 6 de 1987 “Trois Détectives”, et il y a une petite bande dessinée de quelques pages qui présente un Marc Jaguar radicalement différent, au look de détective privé américain, cigarette au bec et chapeau vissé sur la tête. Cette histoire n’est pas originale et pas hyper recherchée, mais elle m’a fait sourire car pour le coup, c’est quelque chose de radicalement différent, dans le style et l’histoire. Ça reste une bd d’une dizaine de pages qui se lit ultra rapidement et sans aucune prétention.
La Doom Patrol est une équipe de super-héros qui m'intéressait un peu à cause de l'apparition de certains membres de l'équipe originale dans ''The New Teen Titans''. Je trouvais que les personnages étaient intéressants et originaux alors lorsque j'ai vu l'album en bibliothèque, je l'ai emprunté.
Au vu de ma notre, vous voyez que je n'ai pas accroché. Cette incarnation moderne de la Doom Patrol doit beaucoup au run de Grant Morrison datant du début des années 90, que j'ai pas encore eu la chance de lire (Urban Comics a décidé que c'était intelligent de commencer à publier les histoires de Grant Morrison APRÈS la publication du premier tome du run de Gerard Way) et donc il y a probablement des éléments que je n'ai pas compris parce que je n'ai pas lu ses récits. Il faut dire aussi que le ton est déroutant vu qu'on est dans du délire métaphysique. Moi j'avais en tête les numéros des Teens Titans avec les membres survivants de la Doon Patrol et c'était des aventures avec un ton classique de comics de super-héros des années 70-80 et je dois dire que je préfère ça à ce que l'on retrouve ici.
Je n'ai rien contre l'absurde, mais là j'ai eu l'impression que le scénariste fait n'importe quoi pour s'amuser. Je préfère mille fois le ton de Way dans sa série ''Umbrella Academy'' qui avait des concepts bizarres, mais qui racontait tout de même une histoire d'aventure facile à suivre alors que là je ne sais même pas trop où l'auteur voulait en venir. L'humour ne fonctionne pas et je me foutais bien de ce qui arrivait aux personnages. Dommage parce que j'aime bien le concept des personnages de la Doom Patrol et j'espère un jour lire leurs aventures dans un style qui me plait mieux.
Si j'aimais beaucoup cette série étant enfant, je la regarde aujourd'hui avec un oeil beaucoup plus critique et malheureusement beaucoup plus informé sur des questions d'histoire. Parce que sans nier que j'ai été intéressé par tout ce qui se passait dedans, que j'ai apprécié découvrir l'Histoire par des bandes-dessinées qui allaient retracer tout depuis Vercingétorix, je suis maintenant beaucoup plus dérangé par d'autres aspects de la BD, et c'est ce qui me reste surtout aujourd'hui.
Le principal souci, c'est que cette Histoire est orientée, se concentrant principalement sur des grands noms et des grandes dates, oubliant de faire de l'histoire sociale, de l'histoire du peuple et de l'histoire d'en-bas. Oubliant également de détailler bien souvent l'état de la France, et de représenter ce qui est finalement une histoire parisienne (venant d'Alsace, on a pas la même vision de l'histoire de France, surtout qu'elle ne concerne notre région qu'a partir de Louis XIV ...). Et surtout, une histoire très proche du Roman National, fameux ennemi de bien des historiens et qui fut décrié notamment par Suzanne Citron. Parce que cette histoire est le modèle de représentation d'une Histoire liant tout les Français (ce qui est faux) dans des grands moments (selon comment on les regarde) et qui justifie d'être proche de n'importe quel autre Français plus que quiconque (traduction : je suis plus proche de Macron que de mon coloc allemand. Inutile de dire que j'adhère moyen à cette idée). Bref, une histoire orientée, bien belle et bien grande, qui permet de se sentir fier de notre pays.
Et si je n'ai aucun problème avec l'idée d'être fier de son pays ou de son Histoire, je le suis quant à l'idée de l'être pour de mauvaises raisons. Et en l'occurrence, ce sont des raisons idéologiquement douteuses. Cette Histoire lacunaire mais surtout très centrée sur des questions de centralisme (Paris tout puissant avant l'heure), très porté sur les grands héros (et ne faisant pas beaucoup mentions des femmes, au passage), bref très porteuse d'une idéologie fleurant bon le XIXè, ça ne me plait pas. D'avoir commencé à étudier l'Histoire et le Roman National m'a beaucoup trop éloigné de ce genre d'ouvrages, qui sous visées éducatives et ludiques font passer des messages auxquels je ne souscris pas. Et ce n'est pas une simple question de point de vue, c'est que c'est réellement un combat d'idée où l'une des deux est fausse.
Je le répète, mais j'ai adoré lire cette BD étant plus jeune. Ce qui me dérange aujourd'hui, c'est que justement ce genre de représentation est porteur de messages que je n'ai pas envie de voir transmis, et qu'une histoire plus humaine, plus réaliste et tenant bien plus compte de la complexité d'une époque, d'un lieu et des mentalités me semblerait plus salutaire. Et bien plus instructif aussi. En soi, cette BD peut être vu comme "L'Histoire du temps de grand-papa", mais il serait temps de voir une histoire de France plus contemporaine, et surtout plus juste.
Je rejoins assez l'avis de Gaston, avec la légère pointe de déception pour ce reportage qui est malheureusement trop peu intéressant à mon goût. Et je me dis que c'est sans doute face à l'ampleur du reportage en bande-dessinée dans ces dernières années, qui a fait que la qualité est apparue de façon nette et que face à cela, les BD dans ce genre là ne sont plus suffisamment attrayantes.
Cette BD n'est pas mauvaise et propose une vision du Liban des années 90 très sincère dans sa démarche : dire ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont vécu. Le souci, c'est que justement ... ça n'est pas grand chose. Et même si on comprend un tout petit peu mieux à la fin de la BD la cristallisation des enjeux autour de ce conflit, je dois bien dire que je n'en suis pas ressorti avec beaucoup de connaissance supplémentaire. Et quand je compare à d'autres BD comme Kobane Calling, les reportages de Sacco ou même ceux de Lepage, je suis bien plus circonspect sur l'intérêt de celle-ci. Dépassée déjà, sans doute, et surtout avec bien trop peu d'apport instructif.
Le dessin est efficace pour ce genre de reportages et colle bien avec l'ambiance, mais je n'en suis pas particulièrement fan. Il est fonctionnel, voila tout.
En gros, une semi-déception : c'est honnête et malheureusement ça ne suffit pas. La BD n'est pas mauvaise, mais de là à dire qu'elle est à lire, je ne le dirais pas. Et ma note reflète cet avis : pas fou, et c'est dommage.
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Le Plastique c'est fantastique
Voilà donc un diptyque de certaines des chansons du groupe Elmer Food Beat mises en images par Katia Even aux éditions Graph Zeppelin. Que dire ? Les mots me manquent un peu, je ne parlerais pas d'indigence, mais tout cela est un peu décevant. Premier point nous sommes chez Graph Zeppelin qui est la version soft de l'éditeur Tabou. Ici donc pas d'images qui peuvent trop choquer le jeune public qui à mon avis en a vu d'autres. Le dessin tout en rondeur de Katia Even est joli, un peu cartoonesque ce qui est en grande partie lié à la colorisation, mais ça passe. Maintenant concernant les textes des chansons et les situations qu'invente l'auteure, ben, on aime ou pas. Je ne peux pas ajouter grand chose de plus n'ayant personnellement pas un intérêt démesuré pour l'humour potache un brin scabreux du groupe de musique où certains ont vu de dangereux révolutionnaires débauchés et politiquement très incorrects. Je pense que voici un album dont je me serais bien passé, à réserver aux fans absolus de Manou et ses potes.
Capitaine Tonnerre
J'ai découvert cette Bd dans mes anciens numéros de Circus dont j'ai acquis récemment toute la collection, la série est parue en 1985, les auteurs sont des inconnus qui n'ont jamais récidivé en BD, et ce qu'ils livrent est une sorte de cocktail explosif qui parodie à la fois les histoires d'agents secrets, et les dictatures d'Amérique du Sud, avec une flopée de péripéties toutes plus folles les unes que les autres. Je ne vais pas tout décrire, je vois que Ro dans son avis a parfaitement résumé le truc. C'est un brassage d'éléments un peu démentiels auquel se livrent les auteurs, ils mélangent plein de choses et en font même trop dans le délire tous azimuts, si bien qu'à un moment, on ne sait plus trop sur quel pied danser tant ça devient trop rempli, trop plein de tout, les rajouts incessants de détails insolites ou délirants finissent pas affadir l'enjeu initial qui était de divertir. On sent que ça se veut drôle, mais l'ennui, c'est que ça ne l'est pas vraiment, la parodie semble trop ou alors pas assez poussée, je ne sais pas, mais il y a quelque chose qui fait que ça ne fonctionne pas comme ça devrait. Tout au plus, on devine que c'est quand même amusant. Là dessus, le dessin n'est pas terrible non plus, c'est un trait un peu grossier, sans grande personnalité, qui ne ressemble à aucun style connu, ou alors peut-être un combiné entre Wasterlain, Hardy et Conrad, et encore... donc cette Bd unique semble être passée totalement inaperçue lors de sa diffusion dans Circus, et c'est même étonnant qu'un album soit sorti ensuite, bien qu'à cette époque, les éditeurs tentaient encore des parutions, aujourd'hui, je doute que ça serait le cas. J'ignore si l'album est facile à trouver en bouquinerie, mais si ça vous dit, ça peut constituer une curiosité.
Les Exploits de Yoyo
Je n'ai pas grand chose à dire sur cette petite série à laquelle je n'ai trouvé aucune originalité et à laquelle je n'ai pas du tout accroché, je ne sais trop à quoi ça tient, au mélange de naïveté et d'humour ? à l'humour de Yann auquel je ne suis pas toujours réceptif ? à sa tendance à l'anti-conformisme et à l'insolence anti-politiquement correcte ? au sujet qui ne m'attire pas tant que ça ? Sans doute un peu tout ça, mais c'est surtout le dessin que je ne trouve pas joli et sans grande personnalité, on dirait un dessin enfantin, je trouve que ça ne collait pas des masses au contenu du journal Circus qui a accueilli la série en 1985, et que ça aurait eu sans doute plus sa place dans Gomme, magazine annexe des éditions Glénat qui s'adressait à un public plus jeune, mais je crois qu'en 1985, ce magazine avait cessé sa publication... Le Gall avait cependant une excuse, c'était sa première série importante qu'il a lancée pratiquement en même temps ou juste avant Théodore Poussin, sa série principale sur laquelle j'ai appris à me familiariser avec son graphisme, parce que j'avoue qu'au début, c'était pas évident, surtout pour une Bd d'aventure, il changera et fera évoluer son style sur Théodore Poussin, or sur "Yoyo" si j'avais lu cette Bd en 1985, j'aurais fait carrément un rejet, il se trouve que lue maintenant, ça me surprend mais ça me rebute quand même, je n'aime pas ce type de dessin, et aussi je n'aime pas cette histoire. Donc voila, quand on aime une Bd, parfois ça ne s'explique pas, mais quand on n'aime pas, c'est un peu pareil...
Service des cas fous
Ces récits courts de 2 pages parus dans Charlie Mensuel entre 1982 et 84, m'étaient complètement sortis de la tête, je les ai relus récemment grâce à un prêt de l'édition Dargaud de 1985. Comment dire, c'est du Gébé, c'est l'oeuvre d'un auteur totalement atypique, un vieux soixante-huitard qui fut rédac-chef de Hara-Kiri, sachant manier aussi bien l'humour libertaire que l'humour le plus iconoclaste et le plus ravageur, évoluant en dehors de toute influence. J'avais encore un excellent souvenir de son unique récit long publié dans Pilote en 1968, Une Plume pour Clovis, aussi avec cet album, je croyais avoir à faire à quelque chose d'analogue, en fait je me trompais car il s'agit là d'un cas très à part, une tentative d'humour à l'absurde le plus débridé. Avec ces enquêtes folles réalisées par cette brigade du SCF, il arrive presque à égaler l'humour absurde de Masse et l'absurde parfois étrange qu'on trouve chez Ionesco ; les conclusions qui se veulent rassurantes de ces cas et faits mystérieux font partie de la tradition du non-sens, on est dans une sorte de délire indescriptible comme l'appartement qui rétrécit ou les tableaux qui vivent leur vie... Je ne peux pas dire que je raffole de ce genre d'exercice, en plus la partie graphique n'aide pas, je trouve le dessin rudimentaire et décevant, il est très différent de ce que j'avais vu sur Une Plume pour Clovis que j'avais aimé ; ici, la bichromie enlaidit un peu l'ensemble et n'apporte rien de plus. Un ouvrage qui peut déconcerter les habitués de BD traditionnelle.
Voix de la Nuit
Je n'ai pas réussi à me faire à la narration de cet album et ça m'a empêché de le lire correctement. Concrètement, les passages très verbeux avec le personnage de l’acousticien m'ont fortement ennuyé, à tel point qu'au bout d'une cinquantaine de pages, j'ai commencé à zapper des cases puis des pages entières de ses monologues lénifiants. Son récit est en partie instructif, et parfois assez édifiant, mais pour autant, la narration est telle que je n'ai pas su du tout en tirer quelque chose de satisfaisant. En parallèle, le récit d'Helga et de ses frères et soeurs ne m'a que très peu intéressé lui non plus dans la première moitié de l'album. Ce n'est que vers la fin, et surtout quand ils arrivent au bunker, que mon intérêt est remonté. C'est aussi le passage le moins verbeux donc le plus lisible à mon goût, même quand on observe les choses du point de vue de l'acousticien. Et forcément, la conclusion est assez cruelle, ce qui n'est pas bien étonnant vu les circonstances mais qui marque plus quand on sait qu'on parle d'enfants qui n'ont qu'une vision innocente et incomplète du drame qui les entoure. Pour autant, cette portion de l'album plus remplie d'émotion n'a pas suffi à remonter l'estime que j'avais pour cet album. Je m'y suis ennuyé sur de trop longues portions de son contenu. A noter aussi que je n'aime pas du tout le dessin que je trouve régulièrement très moche. Donc ça n'aide pas.
La Voie du Tablier
Un ancien yakuza reconverti en homme au foyer, cela ne le fait pas. Bien sûr, la situation est plutôt comique, mais elle n'est pas du tout crédible. Les scènes sont assez exagérées dans l'ensemble pour souligner ce côté un peu décalé. Bref, c'est très forcé. A noter que les récits sont construits par chapitre et il n'y a pas forcément de lien. Cela crée des petites historiettes avec souvent la même chute. J'avoue que cela passe au début mais à la longue, cela devient assez lassant et pas drôle. Je n'ai pas pris de plaisir à cette lecture. Maintenant, je peux comprendre qu'il s'agit sans doute d'un fantasme de femmes revenant du travail. Chacun son truc. Moi, je ne suivrai sans doute pas cette voie du tablier.
Marc Jaguar
Ne nous méprenons pas, je suis un grand fan de Gil Jourdan. C’est une des bds qui a bercé mon enfance, et certains des albums font partie de mes préférés toutes séries confondues. Mais là, je n’ai pas accroché, comme je n’accroche pas à une ou deux enquêtes de Gil. Je n’ai pas retrouvé la combinaison entre humour et aventure que j’aime tant dans les aventures du héros phare de Tillieux. Marc Jaguar fait pâle copie à côté de Gil Jourdan. Il est moins étoffé, plus plat (pourtant, Gil n’est pas non plus le plus profond des personnages). Et le pendant comique n’est pas comparable au fantastique Libellule. Après, je suis conscient que cela est aussi dû au fait que Tillieux n’a pas eu le temps de développer son personnage, qui n’a eu droit qu’à un album et demi sous sa direction (je n’ai pas lu l’album de 2018 et il ne m’attire pas tellement). Je suis aussi conscient que c’est une bd d’une autre époque, et que je l’ai lue avec un regard bien plus adulte et plus critique que celui que je posais sur les aventures de Jourdan. Mais reste que cette histoire ne m’a pas diverti, et même un peu ennuyé, sauf la fin qui vient un peu relever le tout et l’apparition du personnage de Pépi, qui vient donner un peu de relief à un ensemble un peu fade. Quant au dessin, si il fait un peu daté dans les premières pages, il donne toute sa mesure ensuite. Tillieux était maître dans l’art de donner des expressions impayables à ses personnages, et je crois que c’est ce que je préfère dans son dessin. Au final, j’ai moins accroché que pour la bd phare de Tillieux, mais on retrouve les mêmes racines et certaines des mêmes recettes qui ont fait le succès de Gil Jourdan, après tout est une question de goûts. N.B J’ai lu “Le lac de l’homme mort” dans l’intégrale Gil Jourdan Tome 6 de 1987 “Trois Détectives”, et il y a une petite bande dessinée de quelques pages qui présente un Marc Jaguar radicalement différent, au look de détective privé américain, cigarette au bec et chapeau vissé sur la tête. Cette histoire n’est pas originale et pas hyper recherchée, mais elle m’a fait sourire car pour le coup, c’est quelque chose de radicalement différent, dans le style et l’histoire. Ça reste une bd d’une dizaine de pages qui se lit ultra rapidement et sans aucune prétention.
Gerard Way présente Doom Patrol
La Doom Patrol est une équipe de super-héros qui m'intéressait un peu à cause de l'apparition de certains membres de l'équipe originale dans ''The New Teen Titans''. Je trouvais que les personnages étaient intéressants et originaux alors lorsque j'ai vu l'album en bibliothèque, je l'ai emprunté. Au vu de ma notre, vous voyez que je n'ai pas accroché. Cette incarnation moderne de la Doom Patrol doit beaucoup au run de Grant Morrison datant du début des années 90, que j'ai pas encore eu la chance de lire (Urban Comics a décidé que c'était intelligent de commencer à publier les histoires de Grant Morrison APRÈS la publication du premier tome du run de Gerard Way) et donc il y a probablement des éléments que je n'ai pas compris parce que je n'ai pas lu ses récits. Il faut dire aussi que le ton est déroutant vu qu'on est dans du délire métaphysique. Moi j'avais en tête les numéros des Teens Titans avec les membres survivants de la Doon Patrol et c'était des aventures avec un ton classique de comics de super-héros des années 70-80 et je dois dire que je préfère ça à ce que l'on retrouve ici. Je n'ai rien contre l'absurde, mais là j'ai eu l'impression que le scénariste fait n'importe quoi pour s'amuser. Je préfère mille fois le ton de Way dans sa série ''Umbrella Academy'' qui avait des concepts bizarres, mais qui racontait tout de même une histoire d'aventure facile à suivre alors que là je ne sais même pas trop où l'auteur voulait en venir. L'humour ne fonctionne pas et je me foutais bien de ce qui arrivait aux personnages. Dommage parce que j'aime bien le concept des personnages de la Doom Patrol et j'espère un jour lire leurs aventures dans un style qui me plait mieux.
Histoire de France en Bandes Dessinées
Si j'aimais beaucoup cette série étant enfant, je la regarde aujourd'hui avec un oeil beaucoup plus critique et malheureusement beaucoup plus informé sur des questions d'histoire. Parce que sans nier que j'ai été intéressé par tout ce qui se passait dedans, que j'ai apprécié découvrir l'Histoire par des bandes-dessinées qui allaient retracer tout depuis Vercingétorix, je suis maintenant beaucoup plus dérangé par d'autres aspects de la BD, et c'est ce qui me reste surtout aujourd'hui. Le principal souci, c'est que cette Histoire est orientée, se concentrant principalement sur des grands noms et des grandes dates, oubliant de faire de l'histoire sociale, de l'histoire du peuple et de l'histoire d'en-bas. Oubliant également de détailler bien souvent l'état de la France, et de représenter ce qui est finalement une histoire parisienne (venant d'Alsace, on a pas la même vision de l'histoire de France, surtout qu'elle ne concerne notre région qu'a partir de Louis XIV ...). Et surtout, une histoire très proche du Roman National, fameux ennemi de bien des historiens et qui fut décrié notamment par Suzanne Citron. Parce que cette histoire est le modèle de représentation d'une Histoire liant tout les Français (ce qui est faux) dans des grands moments (selon comment on les regarde) et qui justifie d'être proche de n'importe quel autre Français plus que quiconque (traduction : je suis plus proche de Macron que de mon coloc allemand. Inutile de dire que j'adhère moyen à cette idée). Bref, une histoire orientée, bien belle et bien grande, qui permet de se sentir fier de notre pays. Et si je n'ai aucun problème avec l'idée d'être fier de son pays ou de son Histoire, je le suis quant à l'idée de l'être pour de mauvaises raisons. Et en l'occurrence, ce sont des raisons idéologiquement douteuses. Cette Histoire lacunaire mais surtout très centrée sur des questions de centralisme (Paris tout puissant avant l'heure), très porté sur les grands héros (et ne faisant pas beaucoup mentions des femmes, au passage), bref très porteuse d'une idéologie fleurant bon le XIXè, ça ne me plait pas. D'avoir commencé à étudier l'Histoire et le Roman National m'a beaucoup trop éloigné de ce genre d'ouvrages, qui sous visées éducatives et ludiques font passer des messages auxquels je ne souscris pas. Et ce n'est pas une simple question de point de vue, c'est que c'est réellement un combat d'idée où l'une des deux est fausse. Je le répète, mais j'ai adoré lire cette BD étant plus jeune. Ce qui me dérange aujourd'hui, c'est que justement ce genre de représentation est porteur de messages que je n'ai pas envie de voir transmis, et qu'une histoire plus humaine, plus réaliste et tenant bien plus compte de la complexité d'une époque, d'un lieu et des mentalités me semblerait plus salutaire. Et bien plus instructif aussi. En soi, cette BD peut être vu comme "L'Histoire du temps de grand-papa", mais il serait temps de voir une histoire de France plus contemporaine, et surtout plus juste.
Clichés Beyrouth 1990
Je rejoins assez l'avis de Gaston, avec la légère pointe de déception pour ce reportage qui est malheureusement trop peu intéressant à mon goût. Et je me dis que c'est sans doute face à l'ampleur du reportage en bande-dessinée dans ces dernières années, qui a fait que la qualité est apparue de façon nette et que face à cela, les BD dans ce genre là ne sont plus suffisamment attrayantes. Cette BD n'est pas mauvaise et propose une vision du Liban des années 90 très sincère dans sa démarche : dire ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont vécu. Le souci, c'est que justement ... ça n'est pas grand chose. Et même si on comprend un tout petit peu mieux à la fin de la BD la cristallisation des enjeux autour de ce conflit, je dois bien dire que je n'en suis pas ressorti avec beaucoup de connaissance supplémentaire. Et quand je compare à d'autres BD comme Kobane Calling, les reportages de Sacco ou même ceux de Lepage, je suis bien plus circonspect sur l'intérêt de celle-ci. Dépassée déjà, sans doute, et surtout avec bien trop peu d'apport instructif. Le dessin est efficace pour ce genre de reportages et colle bien avec l'ambiance, mais je n'en suis pas particulièrement fan. Il est fonctionnel, voila tout. En gros, une semi-déception : c'est honnête et malheureusement ça ne suffit pas. La BD n'est pas mauvaise, mais de là à dire qu'elle est à lire, je ne le dirais pas. Et ma note reflète cet avis : pas fou, et c'est dommage.