J'ai lu ça durant mon enfance et même à l'époque je n'avais pas du tout accroché.
Déjà, je n'accroche pas au dessin ou plutôt je n'accroche pas à la manière dont le dessinateur dessine les dragons et je ne sais pas trop pourquoi d'ailleurs. Ensuite, les gags tombent la plupart du temps à plat et j'ai rarement souri en lisant cette série. Je me souviens que dans un magazine pour jeune (Kid's Mania si je me souviens bien) il y avait quelques numéros contenant plusieurs gags de la série et cela m'avait paru indigeste à lire alors je n'ose même pas imaginer ce que cela donne dans un album entier.
Donc voilà une énième série humoristique pour jeunes qui ne me fait pas rire et je comprends parfaitement pourquoi elle semble être tombée dans l'oubli si je me fie au fait qu'il n'y ait pas eu d'avis dessus depuis 10 ans !
Je n'ai lu que le 1er récit titré les Affreux, qui est paru dans les derniers numéros de Circus en 1988, et j'avoue que cette série ne m'a guère emballé. C'est un peu comme La Patrouille des Libellules, Yann imagine une histoire délirante sur un fond historique, mais c'est beaucoup moins drôle, malgré le fait qu'on reconnait son humour caustique, ça reste quand même peu percutant, et surtout le récit est complètement bordélique. J'ai mis un peu de temps à comprendre ce qui se passait vraiment, c'est beaucoup moins clair que dans Katanga où le dessin de Sylvain Vallée aidait en plus à comprendre l'intrigue, tandis que là, c'est confus et embrouillé, et le dessin de Bodart n'est pas terrible. Pourtant je le trouvais sympa sur Nicotine Goudron, et ça collait bien à cet univers, mais ici, je trouve qu'il a l'air bâclé, broussailleux, bref ça ajoute à l'aspect bordélique de la bande. En gros, il ne se passe pas grand chose d'intéressant, ça bouge, ça s'agite, mais rien ne passionne vraiment, ça ne mène à rien, c'est un peu sans queue ni tête... c'est sûrement dommage, je crois qu'il y avait un potentiel pour Yann qui aime bien traiter des sujets de ce type par l'ironie, je l'ai trouvé frileux sur ce coup, il aurait dû plus se lâcher.
Découverte de cette Bd de Servais et Dewamme parue dans le mensuel Circus en 1988, je ne sais trop quoi dire car c'est un récit assez curieux, une sorte de drame passionnel qui faisait jadis la joie des soap operas diffusés dans la presse américaine, sauf que là on est en Belgique, à Bruges, avec une première partie assez courte en Indochine. J'ai éprouvé un sentiment étrange : c'est une histoire assez banale, sans grand éclat, qui m'a au final laissé indifférent, mais en même temps, je ne pouvais m'empêcher de la lire pour connaitre absolument le dénouement.
C'est pas que je sois friand de ce type de drame rempli de passions et de sentiments, mais ça aurait peut-être pu mieux m'intéresser si les auteurs de Tendre Violette avaient su rendre leur récit plus passionnant, plus vivant, plus fébrile, plus frémissant, il n'y a que froideur et souffrance dans ce récit dont le héros Lionel Tardieu a la tête de Michel Piccoli, c'est le seul détail vraiment singulier de cette Bd. D'autre part, je n'ai pas du tout apprécié le final, et c'est ce qui motive ma note, sinon j'aurais peut-être eu l'indulgence de noter 3/5 car il y a quand même des paramètres intéressants dans tout ça, mais cette fin est en queue de poisson, ni faite ni à faire, avec un manque évident de moralité puisque le couple coupable n'est même pas puni, et Tardieu retourne à Saïgon comme si de rien n'était. Donc tout ceci n'a servi à rien... Au niveau graphique, ce n'est pas le meilleur de Servais, mais c'est irrégulier, certaines pages surtout sur les décors, sont réussies, d'autres moins.
C'est le premier album de Max de Radiguès, auteur dont je n'ai par ailleurs lu aucun autre ouvrage. J'ai pu le lire grâce à l'initiative de l'éditeur de le mettre gratuitement en ligne, et ça, c'est assez sympa.
Nous suivons donc Antti, un jeune finlandais qui arrive à Bruxelles pour faire un stage de 4 mois dans une boite de pub. D'ailleurs, c'est dit dans le titre car apprenez que "Antti Brysselissä, en finnois, veut dire "Antti à Bruxelles". L'histoire est donc basée sur son adaptation à la vie bruxelloise en général et, bientôt, sur une intrigue amoureuse. Eh ben c'est pas passionnant tout ça, c'est la première chose qui m'est venu à l'esprit. On suit l'évolution de Antti, mais sans grand passion, tant les personnages sont peu attachants. Les situations dans lesquelles Max de Radiguès met son personnage sont somme toute assez banales, et il ne parvient pas à trouver le petit truc qui les rendent intéressantes. On reste quand même en surface, les sentiments du personnage face à tous ces chamboulements ne sont pas vraiment abordés, et du coup j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, il n'y a pas vraiment de truc particulier. Notre jeune finlandais a au début du mal à s'intégrer puis ne veut plus partir tellement il se plait... classique, quoi.
L'histoire d'amour qui nous est vendue est aussi décevante. Il n'y a pas vraiment de triangle amoureux tant la deuxième coloc, celle qui "tourne" autour de Antti est peu présente dans l'album. Et la fameuse Juliette est plus inquiétante que mystérieuse, notamment en raison de son look, qui fait un peu fantôme. De plus, l'évolution de leur relation est étrange. C'est très lent au début puis ça va hyper vite.. Bref, j'ai trouvé cette histoire un peu tirée par les cheveux, et pas franchement convaincante, même si elle a eu le mérite de briser un peu la monotonie du récit.
En ce qui concerne le dessin, je suis mitigé. J'aime plutôt le style, après c'est un peu brouillon, on sent que l'exécution n'est pas totalement maitrisée, certains personnages sont un peu tremblotants et beaucoup se ressemblent. En particulier, j'ai eu beaucoup de mal à différencier les premiers colocs de Antti et ses collègues de l'agence de pub. C'est un peu dérangeant à la lecture.
Malgré tout, il y a quelques trucs qui m'ont plu, et qui me donnent envie de lire une oeuvre plus récente du même auteur. J'aime bien le style de dessin et certains trucs m'ont amusé, comme la patronne de l'agence de pub ou le running gag de la crotte de chien (oui je sais, dit comme ça, ça a pas l'air dingue). Trop peu donc pour vraiment me faire apprécier l'album, mais suffisamment pour titiller ma curiosité à l'avenir.
Malheureusement pour nous, les auteurs ont pris le parti de dialoguer leur histoire comme un précis de philosophie et de psychanalyse. Pour nous, pauvre lecteur curieux de Sartre, quel pensum!
Dans sa forme générale, cette BD est plus une succession d'anecdotes, d'intérêts parfois discutables, et de personnages, plus ou moins connus, qui se suivent par cohérence chronologique mais qui n'arrive pas à créer pour autant un récit. Ce qui est profondément décevant quand on sait le bouillonnement culturel et politique que furent ces années sartriennes en France. En tout cas, je m'y suis prodigieusement ennuyé.
Par contre, le dessin est au contraire limpide, lisible et malgré tout personnel. Mais bon, il ne peut justifier à lui seul cette lecture.
La seule chose que l'on retient est l'amitié inconditionnelle, libertaire, atypique entre Sartre et De Beauvoir. A méditer...
J’avoue ne pas comprendre pourquoi Larcenet défend à ce point cet auteur chez Les Rêveurs, parce que je le trouve surfait et, à force d’essayer de trouver dans ses productions de quoi me faire rire, j'ai fini franchement par me lasser.
J’ai donc une nouvelle fois tenté ma chance, avec ces « Meufs cool », et j’ai encore une fois perdu. Il faut dire qu’on y retrouve à peu près les mêmes ingrédients que d’habitude.
A savoir Salch qui se met en scène, avec sa tronche en tête de pélican (gros nez en forme d’équerre), un dessin ultra minimaliste et moche (mais ce n’est pas le plus important dans ce genre de production – à condition que le reste rachète ce défaut, qui peut être un choix esthétique).
Mais surtout, là où le bât blesse, c’est que l’humour employé tombe à plat. En fait, à force de cultiver son personnage blasé de gros naze je-m’en-foutiste, grossier, vulgaire, tout le côté provoc trash est édulcoré (les moments qu’il passe sur ses chiottes deviennent saoulant. Et du coup le dessin lui aussi « bâclé » ajoute à cet aspect glandeur.
J’ai donc suivi sans enthousiasme les mésaventures de cet auteur de BD séparé de sa femme, et qui cherche « ailleurs » des compensations, en nous montrant ses rapports aux femmes sous un jour assez cru, dans des strips qui forment une histoire complète.
Alors, certes, quelques rares sourires, mais le plus souvent, de l’indifférence à la lecture de ces strips. Dans le style provoc crado, je préfère nettement Vuillemin par exemple, ou Reiser pour rester dans le créneau du dessin crado/minimaliste. Ou alors, s’il faut aller vers du plus trash drôle, Paf & Hencule.
Je n’ai lu que le premier tome, mais je vais m’arrêter là.
Je suis un peu triste en avisant cette série car j'aime beaucoup le dessin de Mickaël Roux, mais visiblement je n'aime pas son humour.
Mickaël Roux a dessiné beaucoup de séries jeunesse qui m'ont bien plu et je garde un souvenir très agréable du graphisme de Jour de pluie en particulier. Son trait parait simple d'aspect, un peu enfantin, mais il est vivant et soigné quand on y regarde de plus près. Il réussit à donner de belles expressions à ses personnages et il lui suffit de peu pour offrir des décors efficaces et qui plongent immédiatement le lecteur dans le récit.
Bref, j'aime son dessin.
Mais malheureusement, je n'ai pas ri du tout à la lecture de ces deux albums de gags.
J'étais perplexe sur le public visé. Beaucoup de gags semblent destinés aux enfants tant ils sont basiques et prévisibles. Mais en même temps, certains, comme ceux qui parlent d'un prêt bancaire, du godemiché de maman ou des relations de couple notamment durant la grossesse de la mère, sont clairement destinés aux adultes. Et pourtant, le type d'humour reste le même, forcé et très téléphoné. Il devient même assez répétitif parfois, même si j'ai un peu soufflé quand l'auteur a arrêté d'axer ses gags seulement sur les bêtises et les jeux du gamin pour s'intéresser davantage aux parents.
Ça me désole car j'aurais aimé pouvoir dire du bien de cette BD d'un auteur que j'apprécie et où on sent une vraie sincérité de sa part malgré le côté poussif de l'humour.
J'ai redécouvert cette série dans mes numéros de Circus où elle apparait à partir de 1980, je ne l'avais lue qu'en diagonale et ça ne m'avait pas happé ; là j'y ai consacré plus de temps, j'ai lu les 3 épisodes qui constituent la matière des 3 albums, et au final, j'en suis resorti avec un avis à peu près analogue, disons que ça m'a passionné qu'à moitié, certains passages sont plus intéressants que d'autres, mais l'ensemble me laisse assez indifférent. Le fil conducteur a tendance à se perdre, et ça manque d'enjeux.
J'ai hésité pour classer cette Bd entre aventure et fantastique ; c'est vrai qu'il y a un côté aventureux, et l'exotisme antillais joue son rôle, mais c'est une histoire qui joue sur les croyances ancestrales antillaises, la magie et l'exotisme, elle mêle en effet les rites antillais, les drogues, l'aspect mystérieux de la nuit, l'identité de la Martinique, les rêves et les tikis sacrés avec leurs maléfices... éléments auxquels s'ajoute une héroïne attrayante avec Anyline pas toujours avare de ses charmes. Je pense donc que ça correspond mieux à une bd fantastique, mais pas du fantastique gothique à l'anglaise, plutôt comme je l'ai décrit, un exotisme des îles maléfique et mystérieux.
L'aventure sent quand même bon le vent du large, elle est pleine d'embûches et de rebondissements, âpre comme une Série Noire, les personnages sont souvent étranges, bref c'est une Bd curieuse qui n'a pas connu le succès escompté, sans doute à cause de ce mélange déroutant et de ces ambiances, les auteurs n'ont donc pas continué après le troisième récit alors qu'un quatrième était prévu. C'était la première grande série du Suisse Ab'Aigre alias Pascal Habegger, dont j'avais peu vu d'autres oeuvres jusqu'ici, elle lui aurait sans doute permis de se hisser au niveau de ses 2 compatriotes Derib et Cosey. Son dessin est nerveux et particulier, c'est un graphisme plus moderne qui joue sur les noirs, les ombres et les clair-obscurs.
Là, on a vraiment à faire à un truc inclassable c'est vrai, mais c'est une Bd qui laisse perplexe par son idée générale car ces 7 mini-récits fonctionnent selon un principe identique, ce sont 7 situations du futur situées dans un décor de bas-fonds et dont le point commun est une curieuse machine, une sorte de juke-box insolite qui permet à des gens de leur montrer des films navrants où la vie des autres est encore plus tordue que la leur.
Ces histoires qui brassent des fantasmes légèrement érotiques, sont en fait des histoires à tiroirs, avec des tiroirs dans les tiroirs, où l'imaginaire, le réel et l'utopique se télescopent et s'embrouillent dans des petits contes cyniques et amers, d'où le fait que ça laisse perplexe, et d'ailleurs je n'ai pas trouvé l'ensemble très convaincant, ça ne m'a pas passionné des masses. C'est à croire que les auteurs argentins me réussissent moyennement, parce que je n'ai jamais trop aimé Alack Sinner, et je garde un souvenir très décevant de Evaristo...
Sur le plan graphique, malgré une couverture affreuse qui n'incite pas à lire cet album, j'ai trouvé Altuna moins en forme, j'avais préféré son dessin sur Chances, mais c'est quand même du bon travail, ses images sont à la fois sensibles et grotesques, fortes et fines, on voit que ce gars sait dessiner, c'est indéniable.
Bien que le dessin en soit éloigné cette série évoque pour moi Alix, l'autre chef. Des dessins qui s'alignent au kilomètre, des couleurs, colorées quoi ! Et pensez donc nous en sommes aujourd'hui si j'ai bien suivi au tome 39 !
Que de fois dans les vide-greniers j'ai vu dans une caisse des albums de cette série. Pour moi cela n'est pas forcément un bon signe, cela veut peut-être dire que les gens veulent se débarrasser d'un truc qu'ils n'aiment pas.
Quoi qu'il en soit j'ai eu l'occasion de lire quelques tomes et cette série n'est pas pour moi. Amateur par ailleurs d'Héroic-Fantasy, je n'y ai pas trouvé ce que j'avais pu voir ailleurs que cela soit en romans ou en BD. Ce n'est pas que cela soit niais mais les histoires arrivent à donner le sentiment d'une grande vacuité et surtout, pour ce que j'en ai lu, un côté bien gentillet. Si j'osais et j'ose, je dirais que ce personnage d'Aria n'est pas très couillu ; gentil et plein de bonne volonté à l'égard de son prochain mais bon, n'est pas Mère Thérèsa qui veut.
Bien content d'avoir plutôt emprunté ces ouvrages, l'Heroic-Fantasy édulcorée n'est pas faite pour moi.
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Les Dragz
J'ai lu ça durant mon enfance et même à l'époque je n'avais pas du tout accroché. Déjà, je n'accroche pas au dessin ou plutôt je n'accroche pas à la manière dont le dessinateur dessine les dragons et je ne sais pas trop pourquoi d'ailleurs. Ensuite, les gags tombent la plupart du temps à plat et j'ai rarement souri en lisant cette série. Je me souviens que dans un magazine pour jeune (Kid's Mania si je me souviens bien) il y avait quelques numéros contenant plusieurs gags de la série et cela m'avait paru indigeste à lire alors je n'ose même pas imaginer ce que cela donne dans un album entier. Donc voilà une énième série humoristique pour jeunes qui ne me fait pas rire et je comprends parfaitement pourquoi elle semble être tombée dans l'oubli si je me fie au fait qu'il n'y ait pas eu d'avis dessus depuis 10 ans !
Celestin Speculoos
Je n'ai lu que le 1er récit titré les Affreux, qui est paru dans les derniers numéros de Circus en 1988, et j'avoue que cette série ne m'a guère emballé. C'est un peu comme La Patrouille des Libellules, Yann imagine une histoire délirante sur un fond historique, mais c'est beaucoup moins drôle, malgré le fait qu'on reconnait son humour caustique, ça reste quand même peu percutant, et surtout le récit est complètement bordélique. J'ai mis un peu de temps à comprendre ce qui se passait vraiment, c'est beaucoup moins clair que dans Katanga où le dessin de Sylvain Vallée aidait en plus à comprendre l'intrigue, tandis que là, c'est confus et embrouillé, et le dessin de Bodart n'est pas terrible. Pourtant je le trouvais sympa sur Nicotine Goudron, et ça collait bien à cet univers, mais ici, je trouve qu'il a l'air bâclé, broussailleux, bref ça ajoute à l'aspect bordélique de la bande. En gros, il ne se passe pas grand chose d'intéressant, ça bouge, ça s'agite, mais rien ne passionne vraiment, ça ne mène à rien, c'est un peu sans queue ni tête... c'est sûrement dommage, je crois qu'il y avait un potentiel pour Yann qui aime bien traiter des sujets de ce type par l'ironie, je l'ai trouvé frileux sur ce coup, il aurait dû plus se lâcher.
Les Voyages clos
Découverte de cette Bd de Servais et Dewamme parue dans le mensuel Circus en 1988, je ne sais trop quoi dire car c'est un récit assez curieux, une sorte de drame passionnel qui faisait jadis la joie des soap operas diffusés dans la presse américaine, sauf que là on est en Belgique, à Bruges, avec une première partie assez courte en Indochine. J'ai éprouvé un sentiment étrange : c'est une histoire assez banale, sans grand éclat, qui m'a au final laissé indifférent, mais en même temps, je ne pouvais m'empêcher de la lire pour connaitre absolument le dénouement. C'est pas que je sois friand de ce type de drame rempli de passions et de sentiments, mais ça aurait peut-être pu mieux m'intéresser si les auteurs de Tendre Violette avaient su rendre leur récit plus passionnant, plus vivant, plus fébrile, plus frémissant, il n'y a que froideur et souffrance dans ce récit dont le héros Lionel Tardieu a la tête de Michel Piccoli, c'est le seul détail vraiment singulier de cette Bd. D'autre part, je n'ai pas du tout apprécié le final, et c'est ce qui motive ma note, sinon j'aurais peut-être eu l'indulgence de noter 3/5 car il y a quand même des paramètres intéressants dans tout ça, mais cette fin est en queue de poisson, ni faite ni à faire, avec un manque évident de moralité puisque le couple coupable n'est même pas puni, et Tardieu retourne à Saïgon comme si de rien n'était. Donc tout ceci n'a servi à rien... Au niveau graphique, ce n'est pas le meilleur de Servais, mais c'est irrégulier, certaines pages surtout sur les décors, sont réussies, d'autres moins.
Antti Brysselissä
C'est le premier album de Max de Radiguès, auteur dont je n'ai par ailleurs lu aucun autre ouvrage. J'ai pu le lire grâce à l'initiative de l'éditeur de le mettre gratuitement en ligne, et ça, c'est assez sympa. Nous suivons donc Antti, un jeune finlandais qui arrive à Bruxelles pour faire un stage de 4 mois dans une boite de pub. D'ailleurs, c'est dit dans le titre car apprenez que "Antti Brysselissä, en finnois, veut dire "Antti à Bruxelles". L'histoire est donc basée sur son adaptation à la vie bruxelloise en général et, bientôt, sur une intrigue amoureuse. Eh ben c'est pas passionnant tout ça, c'est la première chose qui m'est venu à l'esprit. On suit l'évolution de Antti, mais sans grand passion, tant les personnages sont peu attachants. Les situations dans lesquelles Max de Radiguès met son personnage sont somme toute assez banales, et il ne parvient pas à trouver le petit truc qui les rendent intéressantes. On reste quand même en surface, les sentiments du personnage face à tous ces chamboulements ne sont pas vraiment abordés, et du coup j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, il n'y a pas vraiment de truc particulier. Notre jeune finlandais a au début du mal à s'intégrer puis ne veut plus partir tellement il se plait... classique, quoi. L'histoire d'amour qui nous est vendue est aussi décevante. Il n'y a pas vraiment de triangle amoureux tant la deuxième coloc, celle qui "tourne" autour de Antti est peu présente dans l'album. Et la fameuse Juliette est plus inquiétante que mystérieuse, notamment en raison de son look, qui fait un peu fantôme. De plus, l'évolution de leur relation est étrange. C'est très lent au début puis ça va hyper vite.. Bref, j'ai trouvé cette histoire un peu tirée par les cheveux, et pas franchement convaincante, même si elle a eu le mérite de briser un peu la monotonie du récit. En ce qui concerne le dessin, je suis mitigé. J'aime plutôt le style, après c'est un peu brouillon, on sent que l'exécution n'est pas totalement maitrisée, certains personnages sont un peu tremblotants et beaucoup se ressemblent. En particulier, j'ai eu beaucoup de mal à différencier les premiers colocs de Antti et ses collègues de l'agence de pub. C'est un peu dérangeant à la lecture. Malgré tout, il y a quelques trucs qui m'ont plu, et qui me donnent envie de lire une oeuvre plus récente du même auteur. J'aime bien le style de dessin et certains trucs m'ont amusé, comme la patronne de l'agence de pub ou le running gag de la crotte de chien (oui je sais, dit comme ça, ça a pas l'air dingue). Trop peu donc pour vraiment me faire apprécier l'album, mais suffisamment pour titiller ma curiosité à l'avenir.
Sartre
Malheureusement pour nous, les auteurs ont pris le parti de dialoguer leur histoire comme un précis de philosophie et de psychanalyse. Pour nous, pauvre lecteur curieux de Sartre, quel pensum! Dans sa forme générale, cette BD est plus une succession d'anecdotes, d'intérêts parfois discutables, et de personnages, plus ou moins connus, qui se suivent par cohérence chronologique mais qui n'arrive pas à créer pour autant un récit. Ce qui est profondément décevant quand on sait le bouillonnement culturel et politique que furent ces années sartriennes en France. En tout cas, je m'y suis prodigieusement ennuyé. Par contre, le dessin est au contraire limpide, lisible et malgré tout personnel. Mais bon, il ne peut justifier à lui seul cette lecture. La seule chose que l'on retient est l'amitié inconditionnelle, libertaire, atypique entre Sartre et De Beauvoir. A méditer...
Les Meufs cool
J’avoue ne pas comprendre pourquoi Larcenet défend à ce point cet auteur chez Les Rêveurs, parce que je le trouve surfait et, à force d’essayer de trouver dans ses productions de quoi me faire rire, j'ai fini franchement par me lasser. J’ai donc une nouvelle fois tenté ma chance, avec ces « Meufs cool », et j’ai encore une fois perdu. Il faut dire qu’on y retrouve à peu près les mêmes ingrédients que d’habitude. A savoir Salch qui se met en scène, avec sa tronche en tête de pélican (gros nez en forme d’équerre), un dessin ultra minimaliste et moche (mais ce n’est pas le plus important dans ce genre de production – à condition que le reste rachète ce défaut, qui peut être un choix esthétique). Mais surtout, là où le bât blesse, c’est que l’humour employé tombe à plat. En fait, à force de cultiver son personnage blasé de gros naze je-m’en-foutiste, grossier, vulgaire, tout le côté provoc trash est édulcoré (les moments qu’il passe sur ses chiottes deviennent saoulant. Et du coup le dessin lui aussi « bâclé » ajoute à cet aspect glandeur. J’ai donc suivi sans enthousiasme les mésaventures de cet auteur de BD séparé de sa femme, et qui cherche « ailleurs » des compensations, en nous montrant ses rapports aux femmes sous un jour assez cru, dans des strips qui forment une histoire complète. Alors, certes, quelques rares sourires, mais le plus souvent, de l’indifférence à la lecture de ces strips. Dans le style provoc crado, je préfère nettement Vuillemin par exemple, ou Reiser pour rester dans le créneau du dessin crado/minimaliste. Ou alors, s’il faut aller vers du plus trash drôle, Paf & Hencule. Je n’ai lu que le premier tome, mais je vais m’arrêter là.
La Vie de tous les jours
Je suis un peu triste en avisant cette série car j'aime beaucoup le dessin de Mickaël Roux, mais visiblement je n'aime pas son humour. Mickaël Roux a dessiné beaucoup de séries jeunesse qui m'ont bien plu et je garde un souvenir très agréable du graphisme de Jour de pluie en particulier. Son trait parait simple d'aspect, un peu enfantin, mais il est vivant et soigné quand on y regarde de plus près. Il réussit à donner de belles expressions à ses personnages et il lui suffit de peu pour offrir des décors efficaces et qui plongent immédiatement le lecteur dans le récit. Bref, j'aime son dessin. Mais malheureusement, je n'ai pas ri du tout à la lecture de ces deux albums de gags. J'étais perplexe sur le public visé. Beaucoup de gags semblent destinés aux enfants tant ils sont basiques et prévisibles. Mais en même temps, certains, comme ceux qui parlent d'un prêt bancaire, du godemiché de maman ou des relations de couple notamment durant la grossesse de la mère, sont clairement destinés aux adultes. Et pourtant, le type d'humour reste le même, forcé et très téléphoné. Il devient même assez répétitif parfois, même si j'ai un peu soufflé quand l'auteur a arrêté d'axer ses gags seulement sur les bêtises et les jeux du gamin pour s'intéresser davantage aux parents. Ça me désole car j'aurais aimé pouvoir dire du bien de cette BD d'un auteur que j'apprécie et où on sent une vraie sincérité de sa part malgré le côté poussif de l'humour.
La Route des goëlands
J'ai redécouvert cette série dans mes numéros de Circus où elle apparait à partir de 1980, je ne l'avais lue qu'en diagonale et ça ne m'avait pas happé ; là j'y ai consacré plus de temps, j'ai lu les 3 épisodes qui constituent la matière des 3 albums, et au final, j'en suis resorti avec un avis à peu près analogue, disons que ça m'a passionné qu'à moitié, certains passages sont plus intéressants que d'autres, mais l'ensemble me laisse assez indifférent. Le fil conducteur a tendance à se perdre, et ça manque d'enjeux. J'ai hésité pour classer cette Bd entre aventure et fantastique ; c'est vrai qu'il y a un côté aventureux, et l'exotisme antillais joue son rôle, mais c'est une histoire qui joue sur les croyances ancestrales antillaises, la magie et l'exotisme, elle mêle en effet les rites antillais, les drogues, l'aspect mystérieux de la nuit, l'identité de la Martinique, les rêves et les tikis sacrés avec leurs maléfices... éléments auxquels s'ajoute une héroïne attrayante avec Anyline pas toujours avare de ses charmes. Je pense donc que ça correspond mieux à une bd fantastique, mais pas du fantastique gothique à l'anglaise, plutôt comme je l'ai décrit, un exotisme des îles maléfique et mystérieux. L'aventure sent quand même bon le vent du large, elle est pleine d'embûches et de rebondissements, âpre comme une Série Noire, les personnages sont souvent étranges, bref c'est une Bd curieuse qui n'a pas connu le succès escompté, sans doute à cause de ce mélange déroutant et de ces ambiances, les auteurs n'ont donc pas continué après le troisième récit alors qu'un quatrième était prévu. C'était la première grande série du Suisse Ab'Aigre alias Pascal Habegger, dont j'avais peu vu d'autres oeuvres jusqu'ici, elle lui aurait sans doute permis de se hisser au niveau de ses 2 compatriotes Derib et Cosey. Son dessin est nerveux et particulier, c'est un graphisme plus moderne qui joue sur les noirs, les ombres et les clair-obscurs.
Fantasmagories
Là, on a vraiment à faire à un truc inclassable c'est vrai, mais c'est une Bd qui laisse perplexe par son idée générale car ces 7 mini-récits fonctionnent selon un principe identique, ce sont 7 situations du futur situées dans un décor de bas-fonds et dont le point commun est une curieuse machine, une sorte de juke-box insolite qui permet à des gens de leur montrer des films navrants où la vie des autres est encore plus tordue que la leur. Ces histoires qui brassent des fantasmes légèrement érotiques, sont en fait des histoires à tiroirs, avec des tiroirs dans les tiroirs, où l'imaginaire, le réel et l'utopique se télescopent et s'embrouillent dans des petits contes cyniques et amers, d'où le fait que ça laisse perplexe, et d'ailleurs je n'ai pas trouvé l'ensemble très convaincant, ça ne m'a pas passionné des masses. C'est à croire que les auteurs argentins me réussissent moyennement, parce que je n'ai jamais trop aimé Alack Sinner, et je garde un souvenir très décevant de Evaristo... Sur le plan graphique, malgré une couverture affreuse qui n'incite pas à lire cet album, j'ai trouvé Altuna moins en forme, j'avais préféré son dessin sur Chances, mais c'est quand même du bon travail, ses images sont à la fois sensibles et grotesques, fortes et fines, on voit que ce gars sait dessiner, c'est indéniable.
Aria
Bien que le dessin en soit éloigné cette série évoque pour moi Alix, l'autre chef. Des dessins qui s'alignent au kilomètre, des couleurs, colorées quoi ! Et pensez donc nous en sommes aujourd'hui si j'ai bien suivi au tome 39 ! Que de fois dans les vide-greniers j'ai vu dans une caisse des albums de cette série. Pour moi cela n'est pas forcément un bon signe, cela veut peut-être dire que les gens veulent se débarrasser d'un truc qu'ils n'aiment pas. Quoi qu'il en soit j'ai eu l'occasion de lire quelques tomes et cette série n'est pas pour moi. Amateur par ailleurs d'Héroic-Fantasy, je n'y ai pas trouvé ce que j'avais pu voir ailleurs que cela soit en romans ou en BD. Ce n'est pas que cela soit niais mais les histoires arrivent à donner le sentiment d'une grande vacuité et surtout, pour ce que j'en ai lu, un côté bien gentillet. Si j'osais et j'ose, je dirais que ce personnage d'Aria n'est pas très couillu ; gentil et plein de bonne volonté à l'égard de son prochain mais bon, n'est pas Mère Thérèsa qui veut. Bien content d'avoir plutôt emprunté ces ouvrages, l'Heroic-Fantasy édulcorée n'est pas faite pour moi.