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Couverture de la série Rendez-vous fatal
Rendez-vous fatal

Contrairement à d'autres histoires érotiques de Manara, "Rendez-vous fatal" se démarque d'abord par son sujet qui est inspiré d'un fait divers authentique, et ensuite par son mode opératoire ; en effet, il n'y a rien d'excitant dans ce récit dur et sordide, on est loin de ses autres fables pour adultes et de l'onirisme amusé de Le Déclic ou Le Parfum de l'Invisible, on est carrément dans un scénario cru et très malsain, qui en plus se complait dans des situations complètement invraisemblables. Il n'y a donc rien ici qui soit plaisant à regarder, déjà que je n'ai aucun goût pour la sodomie et les déviances, mais surtout il n'y a pas de variante sexuelle, aucun fantasme qui fait saliver, on a une fille qui se fait violer tous les jours à un rythme régulier, et c'est loin d'être amusant, c'est même très pervers, donc c'est un érotisme qui n'a rien de joyeux. Le seul truc que je peux affirmer, c'est que l'essai est quand même courageux, il fallait oser publier un récit de cette nature à cette époque, je ne sais pas comment ça serait accepté aujourd'hui, mais ça serait sans doute plus difficile, voire même suicidaire ; il n'y avait guère que l'Echo des Savanes qui pouvait prépublier ce récit en 1996. Ma note ne va donc qu'au dessin toujours maîtrisé et esthétique du maestro italien.

06/06/2020 (modifier)
Couverture de la série Lola
Lola

Ce récit a été prépublié dans l'Echo des Savanes en 1993, je ne l'avais qu'effleuré à l'époque car au final, les récits de Varenne ont tendance à me laisser indifférent. J'apprécie toujours son dessin, mais le fond de ses histoires est pratiquement toujours le même. Ici, on retrouve des éléments déjà vus dans Erma Jaguar (en moins trash cependant) et d'autres Bd du même style comme Amours fous ou Erotic Opéra, à savoir une sorte de jungle parisianiste qui gravite dans les milieux artistiques et le monde de la nuit, sauf que Varenne se met en scène. Il dresse le portrait de Lola, une sauvageonne trouble et terriblement futile, et donne à travers elle, la vision de toute une nouvelle génération de jeunes filles, celles des années 90, libres, irrésistibles, provocantes et parfois dangereuses ; il montre que les relations de ces filles avec les hommes peuvent être chaotiques, chacun risque de se brûler les ailes. C'est ainsi que Lola entretient une relation plutôt compliquée voire trouble avec Védrine, un dessinateur de bandes dessinées érotiques. En fait, il s'agit d'un double de Varenne qui se projette dans ce personnage qui lui permet de professer un certain nombre de vérités ou d'affirmer des déclarations provocantes du style : "Il suffit de dessiner une femme bien bandante avec de gros seins et de grosses fesses, et de la faire trousser par devant, par derrière, n'importe quand et n'importe où". Il a beau trouver des alibis culturels, pour lui, la théâtralisation du sexe, les nouvelles parades amoureuses, le libertinage glauque et la mort de l'affectivité sont des thèmes qu'il a envie de traiter dans ses Bd, d'où une démarche qui aurait pu être intéressante. Mais en fin de compte, ce récit transpire l'aspect superficiel et je n'en retire pas grand chose, même pas un plaisir de lecture qui reste au ralenti, tout ceci me semble vain et sans grand intérêt, je ne dois pas être la cible de ce type de bande. Le trait souple de Varenne qui campe des filles sensuelles, rehaussé par l'utilisation du lavis et de trames, est agréable à regarder et fait toujours son petit effet ; le ton est érotique sans être vulgaire, on est dans le domaine du fantasme, mais comme je l'ai dit, je ne suis plus réceptif à ce ton spécifique qui a tendance à m'ennuyer.

05/06/2020 (modifier)
Couverture de la série Le Loup-garou de Solvang
Le Loup-garou de Solvang

Le dessin de Gaultier est moderne (mais pas non plus extraordinaire), et la colorisation est plutôt bonne, l’emballage, assez dynamique, remplit globalement son rôle. C’est plutôt l’histoire concoctée par Bill et Frissen qui m’a laissé sur ma faim. Dans un bled paumé des USA (Solvang donc), El Gladiator, catcheur justicier, et sa partenaire Belle (pas toujours consentante et conciliante !), au costume de panthère, arrivent à la rescousse (alors qu’on ne leur a rien demandé) d’une population apeurée : un loup-garou terrorise la région. L’intrigue est assez pauvre, et l’humour censé la relancer tombe à plat – que ce soit les péripéties, ou les répliques débiles d’el Gladiator, crétin fini qui ne comprend pas grand-chose à ce qui lui arrive et se laisse ballotter par les événements. Frissen a développé son univers de catcheurs dans une foule de séries, mais cet album n’est pas vraiment intéressant, avec une histoire sans surprise ni originalité (si ce n’est l’accoutrement du duo), et dans laquelle les dialogues sont eux-aussi assez pauvres, le côté décalé, vaguement absurde et humoristique n’étant pas assez réussi pour me satisfaire.

04/06/2020 (modifier)
Couverture de la série H.ell
H.ell

Mouais. Je n’ai d’emblée pas été convaincu par cette série, qui marchait sur des chemins déjà pas mal arpentés, balisés, la surprise ne semblait pas être au rendez-vous. Et le côté fantastique (la prostituée « multiforme » par exemple) ne me convient pas ici. Comme l’emploi de certains termes (comme le mot « flic ») trop et inutilement anachroniques. Le personnage principal est passé brutalement de chevalier renommé à proscrit condamné à devenir questeur, sorte d’enquêteur – sans que la cause de cette sanction (pourtant mainte fois rappelée par d’autres protagonistes) ne nous soit clairement donnée – même si quelques bribes nous sont livrées au compte-goutte. Le scénario de Desberg n’arrive pas à s’écarter du déjà-vu, ni à sortir d’un côté flou, nébuleux (je ne sais pas si c’est volontaire de sa part), surtout au niveau des enquêtes menées par notre questeur, qui ne m’ont pas passionné. Quant au dessin de Vrancken, c’est plutôt là que réside l’aspect le plus réussi. Hormis l’inutile étalement de courbes féminines (je n’ai rien contre, et elles sont toutes très jolies, mais c’est très loin d’être toujours justifié !), j’ai bien aimé son dessin, l’ambiance sombre qu’il arrive à instiller (même si parfois certaines planches sont peut-être un peu trop difficiles à lire, mais en tout cas la colorisation de MiKl est plutôt réussie). J’ai d’ailleurs davantage été touché par les décors (constructions, architecture, rue des villes) que les visages et plus largement les personnages (où là c’est moins heureux). Mais au final, je ne suis ni surpris ni très déçu de l’abandon de cette série, j’ai lu ces deux albums sans réel enthousiasme, et j’aurais tôt fait de les oublier je crois.

04/06/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Oh merde, les lapins !
Oh merde, les lapins !

Carlos Nine est un auteur résolument à part. Je ne sais jamais sur quel pied danser avec lui. Je trouve qu'il a vraiment une patte graphique très originale, maîtrisée et reconnaissable, mais en même temps des dessins parfois très difficiles à déchiffrer. Cela m'avait empêché d'apprécier son album dans la série Donjon monsters alors que j'adore cette série là. Ce n'est heureusement pas le cas ici car son dessin y est plutôt clair et aéré, tout à fait compréhensible à quelques détails près. Et il y fait la preuve de sa maîtrise technique et artistique. Par contre, sur le fond de l'album, je reste très circonspect. Sur les premières pages, j'ai cru avoir affaire à un exercice de style gratuit où l'auteur dessinait des illustrations au gré de ses envies et les agençait ensuite en un semblant d'histoire sans queue ni tête. Puis j'ai fini par capter qu'il y mettait en réalité en scène une vision symbolique des grandes nations du monde. Les trois lapins pêcheurs sont la France, l'Italie et l'Allemagne qui profitent de leur prospérité et de leur belle situation sur l'échiquier du monde, se gaussant des Turcs, Albanais et autres immigrés qui veulent venir à eux. Ils doivent aussi gérer avec des voisins plus ou moins puissants, comme l'ex-Yougoslavie de Tito qu'ils sont prêts à tuer définitivement, la Russie et la Chine qui les menacent de loin, l'Angleterre à la botte des USA qui les agace, et ces fameux USA qui les dominent tous tranquillement et chient sur eux, au sens propre. La mise en scène reste quand même très métaphorique. Et j'avoue rester perplexe sur l'objectif de l'oeuvre, le message de l'auteur. Et aussi sur le choix de cette mise en scène à base de lapins et autres animaux et de dialogues parfois très naïfs et d'autres fois très crus. Ça ne me parle pas : sur le plan de la satire politique internationale, c'est à la fois trop basique et un peu daté sur certains points, et sur le plan de l'histoire elle-même, elle est un peu trop abstraite ou vaine à mes yeux.

03/06/2020 (modifier)
Couverture de la série Diosamante
Diosamante

Je me fais la même réflexion pour chaque série de Jodorowski : il en a usé des dessinateurs ! Mais il a eu le chic (la chance ou le talent je ne sais pas) de toujours être accompagné par un très bon, voire excellent dessinateur – ce qui aide quand même ! Et là, force m’est de reconnaître que c’est un des meilleurs dans son genre avec Gal. Je n’ai lu que l’album reprenant le premier tome, et la partie du second déjà dessinée par Gal avant son décès, et ne connais pas la vision développée ensuite par Kordey : outre que je n’apprécie généralement pas ce genre de changement en cours de série, le scénario de Jodo ne m’a de toute façon pas donné envie de continuer. Pour revenir sur le travail de Gal (dont j’avais admiré le trait sur « Les armées du conquérant » - et certaines planches ici en sont proches par les thèmes abordés), il est méticuleux, d’une finesse rare, et ne mégotte vraiment pas sur les détails : les planches sont vraiment très riches. Même si je le préfère en Noir et Blanc, son travail est ici bien accompagné par une colorisation assez chouette, accentuant le réalisme du dessin, lui donnant de l’ampleur, renforçant le côté baroque et maniéré de l’ensemble. Alors, l’histoire concoctée par Jodo… Enfin l’histoire, c’est un bien grand mot, car j’ai eu du mal à discerner une intrigue digne de ce nom, en tout cas je n’en ai pas compris grand-chose. Et beaucoup de dialogues m’ont paru creux ou ridicules. Bref, au bout d’un moment, je me suis quasiment contenté des images – très belles -, finissant l’album comme s’il était muet. Un très beau plumage, qui embellit un ramage nettement moins attirant.

02/06/2020 (modifier)
Par Yann135
Note: 2/5
Couverture de la série Le Diable des sept mers
Le Diable des sept mers

En étant un fan du travail d’Hermann, il ne m’a pas fallu longtemps pour me persuader d’acheter ses 2 albums qui nous plongent dans le monde de la piraterie dans les caraïbes au XVIII siècle. Et nous voilà donc parti à la recherche du légendaire trésor de Murdoch, le diable des sept mers ! Le dessin d’Hermann reste magnifique et admirable. Pourtant sur ce coup-là je n’accroche pas. L’histoire est une pâle imitation de l’ile au trésor de Robert Louis Stevenson et notre pirate Robert Murdoch est un mauvais succédané de Barbe noire. Je n’y trouve pas mon compte, même si tous les ingrédients d’une histoire sur la piraterie sont au rendez-vous. L’intrigue se mélange avec d’autres péripéties des différents personnages, ce qui donne au final un résultat brouillon où tout se confond. Avec ce manque de fluidité, je me suis perdu au fil des pages. Tout n’est pas à jeter. Mais c’est une petite déconvenue ces deux albums. Surtout le deuxième opus. Je ne veux surtout pas vous détourner de la lecture de cette aventure mais vous êtes avisés désormais.

01/06/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Fastefoode
Fastefoode

Cette BD est basée sur un humour qui n'est pas le mien. Il est à base de politiquement incorrect, d'un peu de de trash et de personnages débiles, vulgaires et sans aucune morale. Concrètement, ce sont un serveur et un cuisinier dans un fast-food bien à eux, et on comprend très vite que, outre le fait qu'ils se comportent comme des égocentriques cupides et misogynes et des idiots finis, ils n'ont également aucun sens de l'hygiène ni aucun sens du respect de la vie (humaine ou animale). Cela peut fonctionner le temps d'une poignée de gags, en jouant sur l'audace de la provoc et un éventuel effet de surprise, mais sur un album c'est très répétitif, très lassant, et comme ça ne me faisait pas rire dès les premières pages, ça n'est pas allé en s'arrangeant.

01/06/2020 (modifier)
Par Spooky
Note: 2/5
Couverture de la série Simone Veil - La Force d'une femme
Simone Veil - La Force d'une femme

En 2017 Simone Veil s'est éteinte, laissant un immense héritage spirituel et politique à des millions de femmes françaises. La journaliste Annick Cojean, qui l'a rencontrée à maintes reprises à titre professionnel puis privé pendant les 40 dernières années, avait, lors de sa disparition, écrit un éloge émouvant pour le compte du Journal Le Monde. Dans cet album, avec l'aide du scénariste Xavier Bétaucourt, elle évoque ses rencontres les plus marquantes avec cette grande dame, qui était beaucoup plus nuancée dans ses positionnements politiques qu'elle n'en donnait l'impression. On apprend aussi quelques petites choses surprenantes, comme le fait qu'elle fumait un peu en cachette alors qu'elle était Ministre de la Santé. Mais dans l'ensemble, pas de révélations fracassantes, ce qui aurait d'ailleurs été assez étonnant, et maladroit. Mais du coup, je trouve qu'on ne rentre pas suffisamment dans la stature de la dame, qu'on ne nous donne pas une véritable idée de sa stature, hormis lors de sa panthéonisation... C'est relativement décevant. L'éditeur, quant à lui, semble vouloir mettre en parallèle le destin de Simone Veil et celui de son autrice. Heureusement qu'elle ne joue pas le jeu, car sans vouloir l'offenser, ce n'est pas comparable... Par contre, en bonus, on a droit au fameux éloge, vraiment émouvant et bien écrit. Au niveau du dessin, Etienne Oburie fait du bon boulot, très propre, dans un style réaliste propice au documentaire. Dommage, cela aurait pu être beaucoup plus ambitieux...

31/05/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 2/5
Couverture de la série Exterminateur 17
Exterminateur 17

Même si je préfère les "vieux" Bilal à sa période fin de cycle Le Sommeil du Monstre et ce qui suivit (quoique Bug relance un peu ma curiosité avec ce qui ressemble à un scénario), "Exterminateur 17 que je viens de relire dans une version recolorisée ne casse pas trois pattes à un canard... Car si le dessin est plutôt bon et à mon goût (même s'il n'a pas grand chose à voir avec ce qui fait la marque de fabrique de l'auteur aujourd'hui) et est typique de la grande période Métal Hurlant dans lequel il fût publié, c'est le scénario de Dionnet qui laisse à désirer. Alors oui, sans doute que les thèmes traités n'étaient pas encore aussi exploités qu'aujourd'hui dans les années 70', mais c'est surtout du côté de la narration que ça pêche... Faut suivre... Bref, un album à (re)découvrir pour le plaisir ou pour les fans, mais pas vraiment celui qu'il faut commencer par lire si on veut découvrir l'univers de Bilal.

30/05/2020 (modifier)