Difficile de savoir sur quel pied danser avec cette BD.
Graphiquement, cela ressemble à de la ligne claire à l'ancienne, avec des décors très fouillés, parfois presque encombrés tant ils sont détaillés. C'est un trait assez rigide, souvent rectiligne, qui marche très bien pour des décors élégants mais rend les personnages raides et sans vie. En outre, les visages de ces derniers sont très souvent laids, avec des peaux bizarrement fripées et quelques faciès volontairement hideux sans que je comprenne bien pourquoi ce choix. Sentiment mi-figue mi-raisin face à ce dessin dont j'aime la classe des décors en ligne claire mais dont la rigidité d'ensemble et la laideur des personnages me rebutent.
C'est surtout au niveau de l'histoire que je reste perplexe et notamment à cause de sa très grande lenteur. Elle densifie et étire en environ 200 pages un scénario qui aurait pu tenir sans problème en 5 fois moins.
Cela commence avec des influences très fortes d'un Objectif Lune de Tintin avec une très très longue arrivée dans une base spatiale secrète, puis la visite en profondeur de celle-ci rappelle encore une fois celle offerte par le Professeur Tournesol ou encore la visite de la base secrète du Secret de l'Espadon de Blake et Mortimer.
Nous sommes en pleine ambiance rétro-futuriste des années 50, de l'Atom Punk comme on dit, sauf que la menace communiste est ici remplacée par une menace martienne dont on a bien du mal à voir si elle est complètement fantasmée ou réelle. Toute l'intrigue tourne donc autour de la préparation d'un équipage des meilleurs des meilleurs et d'une super fusée pour partir attaquer la planète Mars et tuer sa population dégénérée.
Le tout est raconté avec un mélange de sérieux et d'humour pince-sans-rire dont on ne sait jamais si c'est du lard ou du cochon. Cela joue sur les incongruités, l'esprit caricaturalement rétrograde des protagonistes, et de nombreux sous-entendus ambigus.
Mais le vrai soucis est l'extrême lenteur du récit et son manque de vie manifeste. C'est une suite de très longs monologues de chaque personnage les uns après les autres, chacun s'étendant en profondeur sur leurs états d'âme, leurs pensées politiques et métaphysiques et leur vision du monde, de la science et de l'humanité. C'est très vite lourdingue. La curiosité et la surprise des premières pages laissent rapidement la place à l'ennui. Et même si j'adore ces contextes de science-fiction et d'esprit scientifique, je n'ai pas réussi à tenir sur la longueur et j'ai fini par zapper vers la fin de l'album ces grandes tranches de descriptions et de monologues fastidieux qui imprègnent chaque page. Sans parler du héros principal qui est totalement vide et inerte du début à la fin.
J'apprends au moment d'écrire cet avis que l'album que j'ai lu n'était pas un one-shot et et qu'il en existe une suite. Mais même si je dois admettre être un peu curieux de voir où l'auteur va pouvoir nous mener avec celle-ci, je doute avoir le courage de la lire.
Les idées de démarrage des séries de Christophe Bec sont généralement plutôt bien foutues. Je trouve qu'aussi généralement il s'ensuit bien trop souvent que le garçon part ensuite dans des récits à rallonges Prométhée en est un bon exemple sans parler de Carthago et ses "spin-offs".
Pour ce nouveau récit dont même les plus grands devins ne s'autoriseraient pas à faire la moindre prédiction quant au nombre de tomes qu'elle comportera, ça démarre très fort. Trop fort peut-être. Que de raccourcis et d'incohérences. J'en veux pour exemple ces fameux vaisseaux dont les humains qui s'embarquent à bord ne connaissent pas toutes les caractéristiques. Dixit les humains :" les vaisseaux disposent d'armement dont on ignore le fonctionnement et la puissance", " les mêmes vaisseaux ont un système de communication mais on ne sait pas s'ils pourront émettre vers l'extérieur". Pas malins les gars ou les extraterrestres qui nous ont confié les plans. J'en passe et des meilleures sur les dialogues hyperscientifiques du moins employant un langage qui perd le lecteur doté d'un QI inférieur à 180.
Bon du classique C. Bec quoi.
Le dessin fait son job parfois avec un petit côté je t'en fous plein la vue, quelques structures futuristes essaient d'en jeter. j'irais peut-être voir la suite en emprunt, je n'ose espérer que ma note puisse s'élever.
Je retrouve encore une autre BD dans l'Echo des Savanes lors de sa pré-publication en 1991, c'est du Varenne, et même si j'ai toujours apprécié son dessin élégant et plein de sensualité, je n'ai jamais trop apprécié ses histoires. Il s'agit ici de dérives nocturnes et sexuelles comme il est dit en en-tête de la fiche, c'est tout à fait ça, Varenne continue son exploration du tout-Paris sexy dans un contexte bien précis de certains milieux plutôt aisés, où les aventures, la perversion sexuelle et le sado-masochisme jouent un grand rôle.
C'est guère différent de Erma Jaguar, bande la plus connue de Varenne, on assiste à une succession de sketches coquins, à une suite d'errances nocturnes avec une galerie de filles sensuelles et craquantes, il n'y a pas de héros ou d'héroïnes récurrents, chaque chapitre présente des personnages différents en divers lieux. Bof, ça ne me passionne pas des masses, c'est le genre de BD où je regarde plus les dessins que je ne lis les textes qui d'ailleurs sont parfois superflus, mais c'est sans doute une vision d'un érotisme sophistiqué et pernicieux qui peut s'avérer malgré tout intéressante.
C'est une BD que j'ai lue il y a fort longtemps et qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, c'est le moins que l'on puisse dire. À l'époque de sa sortie le scénariste Pierre Christin et la dessinatrice Annie Goetzinger étaient considérés comme des pointures, de même la collection portraits souvenir comportait du lourd.
Avant de poster cet avis j'ai feuilleté vite fait l'album et mon sentiment premier est que je trouve tout cela très daté. La manière dont les choses sont traitées, même si en lui-même le sujet n'est pas inintéressant, mais je ne sais pas il y a un côté très suranné. Le dessin n'y est pas pour rien, il fait à mon goût trop appliqué. Le sujet n'est certes pas à la gaudriole mais une colorisation un peu plus pêchue n'aurait pas nui.
Il y a de fortes chances que cette BD parte dans la caisse des trucs à vendre lors d'un prochain vide-grenier.
Désolé, désolé mais que le dessin est moche. Je sais que tous les goûts sont respectables, mais franchement il y a là un énorme problème de proportions, non seulement les visages sont hideux mais dignes d'un dessin de quelqu'un qui aurait pris des trucs avant d'empoigner son crayon.
Et puis il y a Mr Mignola au scénario, un gars plutôt encensé, mais là il devait être en panne d'inspiration. Et que je te prends une petite dose de Lovecraft, quelques trouvailles du côté du spiritisme, une héroïne, la pauvrette, se prostitue, tout cela dans une période victorienne propice, normalement, à des ambiances bien sombres et bien glauques.
À aucun moment ça ne prend, au final ça se lit pas mal mais le résultat avec une fin limite risible fait que cette BD devrait faire partie des oubliables.
Je ne remercie pas mon excellent camarade Paco qui sur ce coup-là aurait pu éviter de me prêter ce truc.
Si l’on fait abstraction des facilités scénaristiques, et des clichés habituels de ce genre de séries, (qui abondent ici ! avec des pépés bombasses et peu farouches – en tout cas ne cachant pas toute leur anatomie, bonhommes bodybuildés, action survitaminée, véhicules vrombissants, etc.), certains détails récurrents m’ont un peu gonflé. A commencer par le personnage de Dorothy, à la fois improbable et usante, avec ses saillies et actes racistes et impulsifs : c’est lourd, dans tous les sens du terme.
Le dessin un peu, et surtout la colorisation, ne sont pas trop mon truc, mais ça passe. Ça n’a pas gêné ma lecture. Lecture relativement fluide, qui mise tout sur l’action (avec l’enrobage de clichés donc). Je me demande comment Desberg arrive encore à lancer autant de séries qui fonctionnent quand même pas mal sur les mêmes stéréotypes.
La seule originalité ici, c’est que le héros, chasseur de prime de haut vol, est lui-même le gibier (même s’il mène en parallèle une enquête pour savoir qui l’a trahi). A part cette petite « touche personnelle », cette série ne contentera que les amateurs du genre, peu désireux de sortir de leur zone de confort. Mais bon, sinon, il n’y a pas d’urgence ou de nécessité à acheter ce genre de truc qui transpire le déjà-vu. Même relativement bien fait, ça manque quand même singulièrement de surprise et de crédibilité.
Note réelle 2,5/5.
J'ai pas trop accroché à cette série.
Donc l'humanité a disparu, il y a que des robots et l’héroïne est une gamine ! Ou alors c'est un androïde en forme humaine, je suis pas certain d'avoir bien compris. L'univers futuriste de cette série est vaguement intéressant, mais les péripéties m'ont vite ennuyé. J'ai l'impression d'avoir déjà vu les situations et les personnages au moins une bonne dizaine de fois dans d'autres mangas de science-fiction plus captivants que celui-là. Je pense que le défaut majeur est que les deux personnages principaux me laissent indifférent et m'ont semblé très stéréotypés. Je pense que j'aurais préféré une histoire qui montre vraiment le monde sans humain après une catastrophe et il reste juste des robots.
Il reste le dessin qui est pas mal et peut-être que les amateurs de science-fiction vont mieux apprécier que moi.
J’avais découvert le travail du duo avec Flic & fun, publié quelques années après ce « Fastefoode ». On y trouve déjà les mêmes deux personnages (en tout cas les duos se ressemblent d’une série à l’autre), tout aussi débiles et irresponsables.
Ici, nos deux gus bossent dans un Fastfood quelconque, et ne brillent ni par l’intelligence dans leurs échanges avec la clientèle, ni par l’efficacité de leur travail. Ce sont bien deux bras cassés qui peinent à agiter leur neurone. Si Roland, qui bosse salement en cuisine, se révèle quelque peu raciste et vulgaire, son comparse en caisse (le seul que l’on voit à chaque strip), en plus de ces « qualités », cumule aussi la misogynie, la beauferie et autres éléments de base du gros con.
Si certains gags sont amusants, la majorité d’entre eux peinent à sortir de l’ordinaire du genre. C’est vaguement trash ou con, mais pas forcément assez, ou assez original à mon goût. Les amateurs de ce type d’humour (j’en fais partie) peuvent emprunter l’album, mais ce n’est pas ce qui se fait de mieux dans le genre.
Note réelle 2,5/5.
Il me semblait bien avoir vu certains de ces récits courts dans Métal Hurlant, et j'avais raison, je viens d'en relire dans les numéros de 1986, et franchement, déjà que j'aime pas la science fiction, là ça m'en éloignerait encore plus, car ce n'est vraiment pas intéressant. Gimenez explore différents aspects de paradoxes temporels, sujet riche dans la SF qui présentait un potentiel et qui fut mieux traité ailleurs, mais ce ne sont pas des scénarios élaborés, c'est très moyen, Gimenez ne devrait pas écrire ses récits tout seul.
Par contre, il est très doué sur le plan graphique, ses compositions sont hallucinantes, et ses vaisseaux spatiaux toujours très évocateurs, mais dans le cas de cet album, on se contentera de regarder juste les dessins, on se prend à rêver d'un truc : si Gimenez avait eu un scénariste de poids dans le domaine de la SF, quel putain d'album ça aurait été... mais ce n'est qu'un rêve.
Valentina est la première grande héroïne de BD érotique de Crepax en 1965 dans le mensuel italien Linus, elle se démarquait des fumetti à tendance porno car c'était de l'érotisme sophistiqué qui s'adressait plus à un lectorat adulte et de classe aisée plutôt qu'à un public populaire d'adolescents. Au départ, elle sera assez sage, mais au fil des épisodes, le ton va s'enhardir de plus en plus, Crepax va s'en servir pour faire fantasmer toute une classe sociale et pour étaler une succession de fantasmes raffinés où le fétichisme joue un grand rôle.
Véritable clone dessiné de l'actrice du muet Louise Brooks, Valentina se livre à des explorations de l'amour assez oniriques voire carrément surréalistes, sans occulter certaines perversions. Crepax impose son style graphique qui sera très reconnaissable, avec des corps graciles aux longues jambes, des femmes alanguies sur leur lit, avec leurs touffes pubiennes offertes, c'était la mode à cette époque, ça relevait d'une sophistication glacée et d'une mise en page constituée de petites cases en composition parfois géométriques, tout en imposant aussi ce raffinement du trait à l'encrage peu appuyé. Cette narration brisée et novatrice pour l'époque, n'est pas aisée pour la lecture, la mise en page donne un style cinématographique, abolissant le sage alignement de vignettes en strips. Cette bande est tombée en plein dans une période où la bande dessinée cherchait un alibi culturel, surtout en Italie et en France, donc sur ce plan, on peut dire qu'elle remplit bien sa mission, mais côté intérêt de la lecture et du sujet, moi je n'ai jamais goûté à ce type de bande, au cul cérébral... je respecte Crepax pour ce qu'il a apporté, mais je n'aime pas ces dérives sexuelles assorties d'érotisme sophistiqué dit intellectuel, avec en plus des fantasmes sado-masochistes qui me laissent froid, moi je préfère le bon gros cul des familles, populaire comme celui que je lisais dans les pockets Elvifrance ou dans les revues de BD de l'éditeur CAP. Aujourd'hui, je trouve que l'éditeur Tabou a dans son catalogue une définition de l'érotisme bien plus intéressante.
Comme Anita ou Bianca, quand j'ai lu une Bd de Crepax, j'ai l'impression d'avoir tout lu de lui, car ça ne varie pas, on se retrouve toujours avec les mêmes situations, les mêmes fantasmes, avec des personnages décadents au déséquilibre sexuel souvent profond. J'en ai lu dans les pages de Charlie Mensuel des années 70 et ça m'a largement suffi.
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Bob Leclerc (Les Aventures de)
Difficile de savoir sur quel pied danser avec cette BD. Graphiquement, cela ressemble à de la ligne claire à l'ancienne, avec des décors très fouillés, parfois presque encombrés tant ils sont détaillés. C'est un trait assez rigide, souvent rectiligne, qui marche très bien pour des décors élégants mais rend les personnages raides et sans vie. En outre, les visages de ces derniers sont très souvent laids, avec des peaux bizarrement fripées et quelques faciès volontairement hideux sans que je comprenne bien pourquoi ce choix. Sentiment mi-figue mi-raisin face à ce dessin dont j'aime la classe des décors en ligne claire mais dont la rigidité d'ensemble et la laideur des personnages me rebutent. C'est surtout au niveau de l'histoire que je reste perplexe et notamment à cause de sa très grande lenteur. Elle densifie et étire en environ 200 pages un scénario qui aurait pu tenir sans problème en 5 fois moins. Cela commence avec des influences très fortes d'un Objectif Lune de Tintin avec une très très longue arrivée dans une base spatiale secrète, puis la visite en profondeur de celle-ci rappelle encore une fois celle offerte par le Professeur Tournesol ou encore la visite de la base secrète du Secret de l'Espadon de Blake et Mortimer. Nous sommes en pleine ambiance rétro-futuriste des années 50, de l'Atom Punk comme on dit, sauf que la menace communiste est ici remplacée par une menace martienne dont on a bien du mal à voir si elle est complètement fantasmée ou réelle. Toute l'intrigue tourne donc autour de la préparation d'un équipage des meilleurs des meilleurs et d'une super fusée pour partir attaquer la planète Mars et tuer sa population dégénérée. Le tout est raconté avec un mélange de sérieux et d'humour pince-sans-rire dont on ne sait jamais si c'est du lard ou du cochon. Cela joue sur les incongruités, l'esprit caricaturalement rétrograde des protagonistes, et de nombreux sous-entendus ambigus. Mais le vrai soucis est l'extrême lenteur du récit et son manque de vie manifeste. C'est une suite de très longs monologues de chaque personnage les uns après les autres, chacun s'étendant en profondeur sur leurs états d'âme, leurs pensées politiques et métaphysiques et leur vision du monde, de la science et de l'humanité. C'est très vite lourdingue. La curiosité et la surprise des premières pages laissent rapidement la place à l'ennui. Et même si j'adore ces contextes de science-fiction et d'esprit scientifique, je n'ai pas réussi à tenir sur la longueur et j'ai fini par zapper vers la fin de l'album ces grandes tranches de descriptions et de monologues fastidieux qui imprègnent chaque page. Sans parler du héros principal qui est totalement vide et inerte du début à la fin. J'apprends au moment d'écrire cet avis que l'album que j'ai lu n'était pas un one-shot et et qu'il en existe une suite. Mais même si je dois admettre être un peu curieux de voir où l'auteur va pouvoir nous mener avec celle-ci, je doute avoir le courage de la lire.
Crusaders
Les idées de démarrage des séries de Christophe Bec sont généralement plutôt bien foutues. Je trouve qu'aussi généralement il s'ensuit bien trop souvent que le garçon part ensuite dans des récits à rallonges Prométhée en est un bon exemple sans parler de Carthago et ses "spin-offs". Pour ce nouveau récit dont même les plus grands devins ne s'autoriseraient pas à faire la moindre prédiction quant au nombre de tomes qu'elle comportera, ça démarre très fort. Trop fort peut-être. Que de raccourcis et d'incohérences. J'en veux pour exemple ces fameux vaisseaux dont les humains qui s'embarquent à bord ne connaissent pas toutes les caractéristiques. Dixit les humains :" les vaisseaux disposent d'armement dont on ignore le fonctionnement et la puissance", " les mêmes vaisseaux ont un système de communication mais on ne sait pas s'ils pourront émettre vers l'extérieur". Pas malins les gars ou les extraterrestres qui nous ont confié les plans. J'en passe et des meilleures sur les dialogues hyperscientifiques du moins employant un langage qui perd le lecteur doté d'un QI inférieur à 180. Bon du classique C. Bec quoi. Le dessin fait son job parfois avec un petit côté je t'en fous plein la vue, quelques structures futuristes essaient d'en jeter. j'irais peut-être voir la suite en emprunt, je n'ose espérer que ma note puisse s'élever.
Amours fous
Je retrouve encore une autre BD dans l'Echo des Savanes lors de sa pré-publication en 1991, c'est du Varenne, et même si j'ai toujours apprécié son dessin élégant et plein de sensualité, je n'ai jamais trop apprécié ses histoires. Il s'agit ici de dérives nocturnes et sexuelles comme il est dit en en-tête de la fiche, c'est tout à fait ça, Varenne continue son exploration du tout-Paris sexy dans un contexte bien précis de certains milieux plutôt aisés, où les aventures, la perversion sexuelle et le sado-masochisme jouent un grand rôle. C'est guère différent de Erma Jaguar, bande la plus connue de Varenne, on assiste à une succession de sketches coquins, à une suite d'errances nocturnes avec une galerie de filles sensuelles et craquantes, il n'y a pas de héros ou d'héroïnes récurrents, chaque chapitre présente des personnages différents en divers lieux. Bof, ça ne me passionne pas des masses, c'est le genre de BD où je regarde plus les dessins que je ne lis les textes qui d'ailleurs sont parfois superflus, mais c'est sans doute une vision d'un érotisme sophistiqué et pernicieux qui peut s'avérer malgré tout intéressante.
La Diva et le Kriegspiel
C'est une BD que j'ai lue il y a fort longtemps et qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, c'est le moins que l'on puisse dire. À l'époque de sa sortie le scénariste Pierre Christin et la dessinatrice Annie Goetzinger étaient considérés comme des pointures, de même la collection portraits souvenir comportait du lourd. Avant de poster cet avis j'ai feuilleté vite fait l'album et mon sentiment premier est que je trouve tout cela très daté. La manière dont les choses sont traitées, même si en lui-même le sujet n'est pas inintéressant, mais je ne sais pas il y a un côté très suranné. Le dessin n'y est pas pour rien, il fait à mon goût trop appliqué. Le sujet n'est certes pas à la gaudriole mais une colorisation un peu plus pêchue n'aurait pas nui. Il y a de fortes chances que cette BD parte dans la caisse des trucs à vendre lors d'un prochain vide-grenier.
Jenny Finn
Désolé, désolé mais que le dessin est moche. Je sais que tous les goûts sont respectables, mais franchement il y a là un énorme problème de proportions, non seulement les visages sont hideux mais dignes d'un dessin de quelqu'un qui aurait pris des trucs avant d'empoigner son crayon. Et puis il y a Mr Mignola au scénario, un gars plutôt encensé, mais là il devait être en panne d'inspiration. Et que je te prends une petite dose de Lovecraft, quelques trouvailles du côté du spiritisme, une héroïne, la pauvrette, se prostitue, tout cela dans une période victorienne propice, normalement, à des ambiances bien sombres et bien glauques. À aucun moment ça ne prend, au final ça se lit pas mal mais le résultat avec une fin limite risible fait que cette BD devrait faire partie des oubliables. Je ne remercie pas mon excellent camarade Paco qui sur ce coup-là aurait pu éviter de me prêter ce truc.
John Tiffany
Si l’on fait abstraction des facilités scénaristiques, et des clichés habituels de ce genre de séries, (qui abondent ici ! avec des pépés bombasses et peu farouches – en tout cas ne cachant pas toute leur anatomie, bonhommes bodybuildés, action survitaminée, véhicules vrombissants, etc.), certains détails récurrents m’ont un peu gonflé. A commencer par le personnage de Dorothy, à la fois improbable et usante, avec ses saillies et actes racistes et impulsifs : c’est lourd, dans tous les sens du terme. Le dessin un peu, et surtout la colorisation, ne sont pas trop mon truc, mais ça passe. Ça n’a pas gêné ma lecture. Lecture relativement fluide, qui mise tout sur l’action (avec l’enrobage de clichés donc). Je me demande comment Desberg arrive encore à lancer autant de séries qui fonctionnent quand même pas mal sur les mêmes stéréotypes. La seule originalité ici, c’est que le héros, chasseur de prime de haut vol, est lui-même le gibier (même s’il mène en parallèle une enquête pour savoir qui l’a trahi). A part cette petite « touche personnelle », cette série ne contentera que les amateurs du genre, peu désireux de sortir de leur zone de confort. Mais bon, sinon, il n’y a pas d’urgence ou de nécessité à acheter ce genre de truc qui transpire le déjà-vu. Même relativement bien fait, ça manque quand même singulièrement de surprise et de crédibilité. Note réelle 2,5/5.
Heart Gear
J'ai pas trop accroché à cette série. Donc l'humanité a disparu, il y a que des robots et l’héroïne est une gamine ! Ou alors c'est un androïde en forme humaine, je suis pas certain d'avoir bien compris. L'univers futuriste de cette série est vaguement intéressant, mais les péripéties m'ont vite ennuyé. J'ai l'impression d'avoir déjà vu les situations et les personnages au moins une bonne dizaine de fois dans d'autres mangas de science-fiction plus captivants que celui-là. Je pense que le défaut majeur est que les deux personnages principaux me laissent indifférent et m'ont semblé très stéréotypés. Je pense que j'aurais préféré une histoire qui montre vraiment le monde sans humain après une catastrophe et il reste juste des robots. Il reste le dessin qui est pas mal et peut-être que les amateurs de science-fiction vont mieux apprécier que moi.
Fastefoode
J’avais découvert le travail du duo avec Flic & fun, publié quelques années après ce « Fastefoode ». On y trouve déjà les mêmes deux personnages (en tout cas les duos se ressemblent d’une série à l’autre), tout aussi débiles et irresponsables. Ici, nos deux gus bossent dans un Fastfood quelconque, et ne brillent ni par l’intelligence dans leurs échanges avec la clientèle, ni par l’efficacité de leur travail. Ce sont bien deux bras cassés qui peinent à agiter leur neurone. Si Roland, qui bosse salement en cuisine, se révèle quelque peu raciste et vulgaire, son comparse en caisse (le seul que l’on voit à chaque strip), en plus de ces « qualités », cumule aussi la misogynie, la beauferie et autres éléments de base du gros con. Si certains gags sont amusants, la majorité d’entre eux peinent à sortir de l’ordinaire du genre. C’est vaguement trash ou con, mais pas forcément assez, ou assez original à mon goût. Les amateurs de ce type d’humour (j’en fais partie) peuvent emprunter l’album, mais ce n’est pas ce qui se fait de mieux dans le genre. Note réelle 2,5/5.
Titania
Il me semblait bien avoir vu certains de ces récits courts dans Métal Hurlant, et j'avais raison, je viens d'en relire dans les numéros de 1986, et franchement, déjà que j'aime pas la science fiction, là ça m'en éloignerait encore plus, car ce n'est vraiment pas intéressant. Gimenez explore différents aspects de paradoxes temporels, sujet riche dans la SF qui présentait un potentiel et qui fut mieux traité ailleurs, mais ce ne sont pas des scénarios élaborés, c'est très moyen, Gimenez ne devrait pas écrire ses récits tout seul. Par contre, il est très doué sur le plan graphique, ses compositions sont hallucinantes, et ses vaisseaux spatiaux toujours très évocateurs, mais dans le cas de cet album, on se contentera de regarder juste les dessins, on se prend à rêver d'un truc : si Gimenez avait eu un scénariste de poids dans le domaine de la SF, quel putain d'album ça aurait été... mais ce n'est qu'un rêve.
Valentina
Valentina est la première grande héroïne de BD érotique de Crepax en 1965 dans le mensuel italien Linus, elle se démarquait des fumetti à tendance porno car c'était de l'érotisme sophistiqué qui s'adressait plus à un lectorat adulte et de classe aisée plutôt qu'à un public populaire d'adolescents. Au départ, elle sera assez sage, mais au fil des épisodes, le ton va s'enhardir de plus en plus, Crepax va s'en servir pour faire fantasmer toute une classe sociale et pour étaler une succession de fantasmes raffinés où le fétichisme joue un grand rôle. Véritable clone dessiné de l'actrice du muet Louise Brooks, Valentina se livre à des explorations de l'amour assez oniriques voire carrément surréalistes, sans occulter certaines perversions. Crepax impose son style graphique qui sera très reconnaissable, avec des corps graciles aux longues jambes, des femmes alanguies sur leur lit, avec leurs touffes pubiennes offertes, c'était la mode à cette époque, ça relevait d'une sophistication glacée et d'une mise en page constituée de petites cases en composition parfois géométriques, tout en imposant aussi ce raffinement du trait à l'encrage peu appuyé. Cette narration brisée et novatrice pour l'époque, n'est pas aisée pour la lecture, la mise en page donne un style cinématographique, abolissant le sage alignement de vignettes en strips. Cette bande est tombée en plein dans une période où la bande dessinée cherchait un alibi culturel, surtout en Italie et en France, donc sur ce plan, on peut dire qu'elle remplit bien sa mission, mais côté intérêt de la lecture et du sujet, moi je n'ai jamais goûté à ce type de bande, au cul cérébral... je respecte Crepax pour ce qu'il a apporté, mais je n'aime pas ces dérives sexuelles assorties d'érotisme sophistiqué dit intellectuel, avec en plus des fantasmes sado-masochistes qui me laissent froid, moi je préfère le bon gros cul des familles, populaire comme celui que je lisais dans les pockets Elvifrance ou dans les revues de BD de l'éditeur CAP. Aujourd'hui, je trouve que l'éditeur Tabou a dans son catalogue une définition de l'érotisme bien plus intéressante. Comme Anita ou Bianca, quand j'ai lu une Bd de Crepax, j'ai l'impression d'avoir tout lu de lui, car ça ne varie pas, on se retrouve toujours avec les mêmes situations, les mêmes fantasmes, avec des personnages décadents au déséquilibre sexuel souvent profond. J'en ai lu dans les pages de Charlie Mensuel des années 70 et ça m'a largement suffi.