Effectivement, on ne peut que penser à Pratt en lisant cet album. Car on y trouve le même style épuré au niveau des décors, un Noir et Blanc tranché (les détails, des visages surtout, sont par contre moins « rageurs », plus arrondis et moins brouillons, avec un trait plus lisse – je préfère quand même le style de Pratt, même si celui de Vianello n’est pas désagréable).
L’ambiance aussi y fait penser un peu.
Oui, mais voilà, c’est moins intéressant que du Pratt, car il n’y a pas ici ce qui chez Pratt « relève le plat », à savoir une poésie, une sorte de lyrisme plus ou moins désespéré qui dynamise une narration pourtant lente et avare de détails.
Ça se laisse lire sans trop de problème, mais aussi sans enthousiasme. Et sera oublié rapidement je pense.
En effet, la première histoire, qui se déroule au XVIIIème siècle, est tout à fait quelconque, et la chute est à la fois abrupte et bâclée, j’ai l’impression qu’on se débarrasse du lecteur un peu rapidement !
Quant à la seconde, plus contemporaine (1939), elle joue sur un registre plus fantastique, mais ne m’a pas davantage accroché, on est resté dans du quelconque un peu insipide.
C'est par son ambiance lourde et oppressante que cette BD se démarque. Vincenzo Balzano, dont c'est semble-t-il le premier album, impose un style graphique singulier qui fournit à son scénario toute une palette d'atmosphères tirant du côté obscur. On oscille toujours entre cauchemar et réalité sans trop savoir sur quel pied danser.
John, ranger dans le New Jersey, a pour mission de patrouiller sur la Clinton Road réputée pour être la route la plus hantée des USA. Les rencontres étranges se multiplient ainsi que les disparitions, et John cherche donc à résoudre ces mystères...
Si j'ai vraiment aimé les ambiances qui transpirent de ces planches, j'avoue que j'avais un peu percé le noeud du mystère en cours de lecture et que toutes ces rencontres mystérieuses qui s'enchainent n'ont par contre pas trouvé grand sens. Alors oui, la lecture de cet album fut agréable, car j'aime ce genre d'atmosphère angoissante, mais le scénario m'a paru un brin alambiqué avec au final trop de questions restées en suspens.
(2.5/5)
Décidément, cette carence de Bd à emprunter en bibli me permet de fouiller à travers mes revues de BD et de revenir en arrière, sur des bandes que j'avais plus ou moins soit négligées, soit oubliées, j'ai redécouvert cette bande de Veyron qui fut prépubliée dans l'Echo des Savanes de 1983 à 86 en petits chapitres de 6 pages. Elle n'est pas forcément la plus connue de son auteur, mais c'est assurément une de ses plus représentatives dans la mesure où elle brasse plein de thèmes actuels de cette époque années 80 qu'on ne se lasse pas de décortiquer de nos jours. C'est une critique sociale dont il s'est fait une spécialité depuis Bernard Lermite.
Veyron affiche un humour en demi-teinte, enfin c'est censé être drôle mais ça ne l'est pas vraiment, on est plus dans une étude de moeurs d'une certaine catégorie socio-professionnelle et d'un milieu social, celui d'un microsome compris entre les tours de la Défense, le XVIème arrondissement et l'avenue des Champs Élysées. Veyron veut nous faire sentir les troubles psy des cadres au chômage et le rayonnement d'une femme PDG, sorte de miss Thacher du business, belle, clean, vêtue en tailleur Chanel et parfum YSL, mais l'originalité qu'il a, c'est de marier ces 2 personnages assez incompatibles au premier abord, l'idée est même saugrenue. Lui, c'est un cadre chômeur, coureur, phallocrate, macho qui passe ses journées à draguer les Suédoises au pair.
L'accouplement semble incongru mais étonnamment, il est assez réussi sur le plan de l'observation des tendances de la période 80, Veyron rejoint les spécialistes du rire chic des branchés de l'époque comme Brétécher, Régis Franc et Lauzier. Mais côté enjeu, je n'ai pas palpité plus que ça, Veyron démontre certes son talent du dialogue superficiel et se place comme dans ses autres Bd en ethnologue de la sexualité des beaux quartiers, c'est satirique, cruel, sentimental et cynique, mais terriblement futile, et de plus si l'idée était assez pertinente en 1986, aujourd'hui elle a perdu de sa force de conviction. Alors ça reste une oeuvre documentaire sur le plan de la satire sociale, mais est-ce que ça intéressera un jeune lecteur des années 2010 ? pas sûr... Le dessin de Veyron est toujours le même, un style censé être aussi branché dans le ton des 80's, égal à lui-même mais plaisant.
Avec son ami Ferri, Larcenet avait déjà réalisé Correspondances, un album à quatre mains composé d'échanges par dessins interposés, envoyés par fax, où les deux auteurs se répondaient mutuellement avec beaucoup d'humour. Mais voilà, Ferri est occupé sur Asterix en ce moment, alors Larcenet est obligé de se tourner vers Eric Salch, auteur de Lookbook mais aussi de Les Meufs cool également chez Les Rêveurs. Ensemble, ils vont tenter une expérience similaire à celle de Correspondances sous la forme d'un album au format à l'italienne où ils se renvoient quelques pages de strips auxquels l'autre doit répondre par une autre poignée de pages et ainsi de suite, comme un dialogue ou une mise en scène plus globale.
Ce dialogue, ils le basent volontairement ou non sur deux axes : d'une part la différence de notoriété entre les deux auteurs, Larcenet étant bien plus célèbre que Salch avec le complexe d'infériorité que cela implique forcément, et d'autre part le côté provocateur d'Eric Salch, "l'auteur qui salit tout", qui effraie Larcenet.
Car Eric Salch a des velléités d'être le nouveau Reiser, ou Wolinski peut-être, de balancer des strips en quelques coups de crayons assez grossiers et d'y accumuler la provoc, avec force je-m'en-foutisme, blagues scato et autres branlettes. Outre le fait que ce soit moche, ça m'avait gonflé dans Pop corn et c'est pareil ici : je trouve ses strips d'un ennui complet, sans aucun humour, au point d'en arriver à les zapper presque dans la seconde moitié de l'album.
Par contraste, les pages de Larcenet sont vraiment belles, très finement dessinées et agréables à la lecture. Il arrive à me faire rire à plusieurs occasions. Mais à devoir répondre au vide de son interlocuteur, il finit tout de même par ne plus trouver grand chose à dire et à tourner un peu en rond.
L'essai n'est donc pas concluant pour moi, et alors qu'un second tome devrait sortir d'ici quelques semaines, je ne le lirai probablement pas.
Je fais partie de ceux qui trouvent que le premier tome est meilleur que la suite et encore je ne trouve pas ce tome génial.
Le point fort vient du dessin qui est parfait pour une ambiance glauque et oppressante. Cela marche bien dans le premier tome, mais moins dans les suites qui tombent souvent dans le n'importe quoi. Il y a tout de même des défauts dès le début: les personnages sont souvent énervants à mes yeux et le découpage des cases est un peu dur à suivre sur certaines pages que j'ai relues 2-3 fois sans être certain d'avoir bien trouvé l'ordre de lecture. Donc le scénario n'a jamais été captivant en ce qui me concerne.
Le gros problème est que j'ai l'impression que l'auteur improvisait en cours de route et sortait toutes les idées qu'il avait en tête durant la réalisation de ses albums. Je dois dire que si j'aime environ 1/4 des idées présentes dans l'album, le reste est moyen, voire même à jeter. Au final, une série qui vaut surtout pour admirer le dessin. Un bon exemple pour moi est le dénouement du tome 3: les pages sont superbes alors que je ne suis pas certain d'avoir bien compris ce qui se passait.
Un gros délire raté qui avait pourtant du potentiel. Comme c'est le genre de série qui divise les lecteurs (la variété des notes le montre), si vous êtes intéressé par cette série, favorisez un emprunt (de toute façon je doute qu'on puisse le trouver en libraires hormis les bouquineries).
Tout d'abord, merci à Agecanonix qui a tout récemment donné son avis sur cette vieille bande de Bilal dont je m'aperçois également que j'avais oublié de l'aviser. Ce n'est sans doute pas pour rien tant j'avais oublié que ce n'était pas vraiment bon. Je parle ici surtout du scénario qui navigue entre le confus et le pas très intéressant.
Si l'on se replace dans le contexte de l'époque (1979) le scénario avait tout de même des arguments plutôt novateurs mais Dionnet l'a rendu confus et pour tout dire un peu plat.
Reste le dessin de Bilal qui est à mon sens excellent dans le registre de la SF, j'en veux pour preuve la parfaite "Trilogie Nikopol".
Ici seul les amateurs de l'auteur voudront bien franchir le pas et se procurer cette BD.
Une série d'action pas prise de tête avec comme héros un groupe de personnages animaliers dans un cadre médiéval au ton léger, pourquoi pas ? Ça peut me plaire.
La couverture annonce la couleur : ce sera dessiné dans un style d'influence Disney, avec des humains à tête d'animaux. OK, ça me convient quand le talent est là et que le trait est expressif.
Mais dès la première case, j'ai eu un mouvement de recul en découvrant à quel point les décors sont basiques et laids. Ils font bien trop amateurs à mon goût. Les personnages eux-mêmes sont d'un meilleur niveau mais là encore j'y ai ressenti beaucoup de faiblesse technique. Dans le premier tome, les lions sont les plus réussis, les caprins et le taureau aussi sont pas mal, mais les rongeurs sont nettement moins convaincants. Et surtout l'héroïne elle-même est simplement moche. D'ailleurs, ce n'est qu'au second tome que j'ai compris qu'il s'agissait probablement d'un écureuil car ce n'est pas son visage, composé de rien d'autre que deux yeux, d'un petit nez et des lèvres énormes qui ont l'air de flotter au milieu du vide, qui me permettait de le deviner. Heureusement, le dessinateur abandonne ces horribles lèvres dans le deuxième album pour une bouche moins laide et des dents de rongeur plus parlantes.
Le scénario du premier tome m'a paru avoir été écrit par un gamin de douze ans. L'aventure y est tellement bateau, composée de tellement de péripéties artificielles, téléphonées et mal amenées, que cela m'a rappelé les BDs ou les débuts de livres que je réalisais moi-même à cet âge. L'intrigue emprunte à droite à gauche et ne tient pas du tout la route, avec plein d'incohérences, de raccourcis foireux et des personnages sans aucune consistance. Cela se ressent entre autres dans la manière dont l'héroïne se parle à elle-même pour appuyer ce que les auteurs n'arrivent pas à faire comprendre par la simple narration. Et je ne parle pas des dialogues, notamment ce moment où le héros hidalgo lâche 4 mots dans un espagnol complètement faux alors que c'est sensé être sa langue natale. C'est vraiment mauvais et pas digne de publication à mes yeux.
Le second tome fait preuve d'un petit peu plus de maturité, tant dans le dessin qui corrige une partie de ses erreurs, qu'au niveau de l'intrigue qui est moins bancale et enfantine. Mais là encore les protagonistes surjouent et ont des comportements sans aucun naturel. Le dernier tiers du récit est tellement pompé sur le Seigneur des Anneaux et l'armée des morts venant au secours de Minas Tirith que c'en est affligeant. Quant à la réutilisation du personnage de Mélusine, elle tombe comme un cheveu sur la soupe pour moi.
S'il n'y avait eu que le premier tome, j'aurais mis la note minimale, mais le second est un peu meilleur et divertissant, pas suffisamment cependant pour vous conseiller la lecture autrement que si vous n'avez rien d'autre sous main.
Le premier tome n’est pas vraiment engageant. En effet, le dessin, bon techniquement mais daté (la colorisation accentue cet aspect), des dialogues envahissants et un peu lourds et naïfs, m’ont fait entrer à reculons dans cette histoire, qui par ailleurs manque d’originalité et d’une construction suffisamment « claire ».
Certaines scènes sont même un peu ridicules. Roxalane est soit nue (très souvent, et en plus sans forcément de raison autre que montrer une – belle – femme nue) soit avec son armure (elle ne porte alors que ça, et j’imagine que ça ne doit pas être excessivement pratique et agréable d’être nue sous une armure !). La couverture du tome 2 donne d’ailleurs un petit aperçu du côté ridicule de la chose je trouve.
La quête de Roxalane, à la recherche de son fils, avec l’aide toujours providentielle et improbable du mage Zack, se poursuit après le tome inaugural. Ici, Roxalane s’adjoint quelques compagnons pour sa quête (on reste donc dans du classique à ce niveau), en parallèle d’un départ en croisade. L’intrigue est un peu mieux équilibrée, il n’y a plus la surenchère, l’avalanche de magie du premier tome, on retombe sur un médiéval-fantastique plus lisible que la fantasy ridicule du précédent tome.
Le troisième tome pourrait presque n’être que de l’aventure médiévale, en suivant la guerre des croisés, mais certains passages fantastiques sont encore inutiles, et on se lasse quand même de la nudité de Roxalane !
Le dernier tome se laisse lire, sans plus. Bizarrement, la colorisation m’a paru ici plus 70’s – un peu en régression par rapport aux précédents tomes (quelques passages faisant presque du sous Moebius), et le dessin alterne le très bon avec le brouillon. J’ai fini la série sans enthousiasme.
C’est clair que si je n’avais eu que le premier tome sous la main (ou moins de temps), je n’aurais pas été voir la suite, tant le départ est catastrophique. Le reste est un peu plus abouti. Mais l’ensemble n’est pas une série vers laquelle je reviendrai.
J'ai lu un paquet de Batman scénarisés par Alan Grant et il fait partie selon moi des scénaristes qui sont capables du meilleur comme du pire.
Ce crossover est une des moins bonnes histoires de Batman de Grant. Déjà, il faut dire que le genre crossover se révèle foireux lorsqu'on met deux univers très différents ensembles. Pour moi, un personnage comme Batman n'a rien à voir dans un univers de science-fiction comme celui du Judge Dredd. D'ailleurs, si j'adore l'univers de Batman, c'est moins le cas avec le Judge Dredd dont je n'ai lu que quelques albums et qui m'intéresse moins, même si sa série a des qualités. Donc durant la lecture j'étais surtout intéressé lorsqu'il y avait Batman.
Bref, dès le départ il y avait un déséquilibre et comme je ne connais pas trop l'univers du Judge Dredd, il y a certains éléments du scénario que je n'ai pas trop compris ou qui m'ont déstabilisé au début. Le scénario est rempli d'action et cela m'a ennuyé. Ce n'est même pas un album que je qualifierais de divertissant si on veut une histoire de super-héros bourrin qui ne se prend pas trop au sérieux. Il reste le dessin, qui est spécial et que j'aime un peu, mais bon autant acheter un art book de l'auteur. C'est quoi l’intérêt de faire une bande dessinée si c'est juste pour que les lecteurs admirent le dessin ? On aurait simplement dû laisser le dessinateur faire de belles peintures de Judge Dredd et Batman.
Nous suivons les mésaventures de deux types, un nain, Minimum et un plus grand et baraqué, Maximum, dans le quartier de Little Tokyo, à Los Angeles.
Nous sommes ici dans l’une des multiples déclinaisons plus ou moins caricaturales et intéressantes de l’univers du catch par Frissen, dans la foulée de Lucha Libre, univers éclectique et très inégal (dans la qualité et le style).
Tous les deux amoureux de la même femme, Kaoru, ils se chamaillent régulièrement en s’envoyant quelques belles saillies dans la gueule. Pour les beaux yeux de Kaoru, nos deux bonhommes au quotidien assez quelconque vont chercher à savoir ce qui arrive aux nombreux enfants qui disparaissent dans le quartier. Ils vont par hasard découvrir une ville parallèle et souterraine…
Ici, le dessin lorgne parfois sur le manga (ce qui n’est pas trop mon truc, en particulier pour les scènes d’action, ou lorsqu’un personnage exprime un sentiment). Le reste peut passer – même si ce n’est pas fouillé, hormis lorsqu’il s’agit de représenter la vitesse…
Je ne suis donc pas fan de certains aspects du dessin, et l’histoire ne m’a pas emballé plus que ça. Le principal (le seul ?) intérêt de cet album réside pour moi dans les dialogues vachards entre les deux héros. Pour le reste, je ne suis pas convaincu.
Note réelle 2,5/5.
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Lunes vénitiennes
Effectivement, on ne peut que penser à Pratt en lisant cet album. Car on y trouve le même style épuré au niveau des décors, un Noir et Blanc tranché (les détails, des visages surtout, sont par contre moins « rageurs », plus arrondis et moins brouillons, avec un trait plus lisse – je préfère quand même le style de Pratt, même si celui de Vianello n’est pas désagréable). L’ambiance aussi y fait penser un peu. Oui, mais voilà, c’est moins intéressant que du Pratt, car il n’y a pas ici ce qui chez Pratt « relève le plat », à savoir une poésie, une sorte de lyrisme plus ou moins désespéré qui dynamise une narration pourtant lente et avare de détails. Ça se laisse lire sans trop de problème, mais aussi sans enthousiasme. Et sera oublié rapidement je pense. En effet, la première histoire, qui se déroule au XVIIIème siècle, est tout à fait quelconque, et la chute est à la fois abrupte et bâclée, j’ai l’impression qu’on se débarrasse du lecteur un peu rapidement ! Quant à la seconde, plus contemporaine (1939), elle joue sur un registre plus fantastique, mais ne m’a pas davantage accroché, on est resté dans du quelconque un peu insipide.
Clinton Road
C'est par son ambiance lourde et oppressante que cette BD se démarque. Vincenzo Balzano, dont c'est semble-t-il le premier album, impose un style graphique singulier qui fournit à son scénario toute une palette d'atmosphères tirant du côté obscur. On oscille toujours entre cauchemar et réalité sans trop savoir sur quel pied danser. John, ranger dans le New Jersey, a pour mission de patrouiller sur la Clinton Road réputée pour être la route la plus hantée des USA. Les rencontres étranges se multiplient ainsi que les disparitions, et John cherche donc à résoudre ces mystères... Si j'ai vraiment aimé les ambiances qui transpirent de ces planches, j'avoue que j'avais un peu percé le noeud du mystère en cours de lecture et que toutes ces rencontres mystérieuses qui s'enchainent n'ont par contre pas trouvé grand sens. Alors oui, la lecture de cet album fut agréable, car j'aime ce genre d'atmosphère angoissante, mais le scénario m'a paru un brin alambiqué avec au final trop de questions restées en suspens. (2.5/5)
Executive woman
Décidément, cette carence de Bd à emprunter en bibli me permet de fouiller à travers mes revues de BD et de revenir en arrière, sur des bandes que j'avais plus ou moins soit négligées, soit oubliées, j'ai redécouvert cette bande de Veyron qui fut prépubliée dans l'Echo des Savanes de 1983 à 86 en petits chapitres de 6 pages. Elle n'est pas forcément la plus connue de son auteur, mais c'est assurément une de ses plus représentatives dans la mesure où elle brasse plein de thèmes actuels de cette époque années 80 qu'on ne se lasse pas de décortiquer de nos jours. C'est une critique sociale dont il s'est fait une spécialité depuis Bernard Lermite. Veyron affiche un humour en demi-teinte, enfin c'est censé être drôle mais ça ne l'est pas vraiment, on est plus dans une étude de moeurs d'une certaine catégorie socio-professionnelle et d'un milieu social, celui d'un microsome compris entre les tours de la Défense, le XVIème arrondissement et l'avenue des Champs Élysées. Veyron veut nous faire sentir les troubles psy des cadres au chômage et le rayonnement d'une femme PDG, sorte de miss Thacher du business, belle, clean, vêtue en tailleur Chanel et parfum YSL, mais l'originalité qu'il a, c'est de marier ces 2 personnages assez incompatibles au premier abord, l'idée est même saugrenue. Lui, c'est un cadre chômeur, coureur, phallocrate, macho qui passe ses journées à draguer les Suédoises au pair. L'accouplement semble incongru mais étonnamment, il est assez réussi sur le plan de l'observation des tendances de la période 80, Veyron rejoint les spécialistes du rire chic des branchés de l'époque comme Brétécher, Régis Franc et Lauzier. Mais côté enjeu, je n'ai pas palpité plus que ça, Veyron démontre certes son talent du dialogue superficiel et se place comme dans ses autres Bd en ethnologue de la sexualité des beaux quartiers, c'est satirique, cruel, sentimental et cynique, mais terriblement futile, et de plus si l'idée était assez pertinente en 1986, aujourd'hui elle a perdu de sa force de conviction. Alors ça reste une oeuvre documentaire sur le plan de la satire sociale, mais est-ce que ça intéressera un jeune lecteur des années 2010 ? pas sûr... Le dessin de Veyron est toujours le même, un style censé être aussi branché dans le ton des 80's, égal à lui-même mais plaisant.
Les Branleurs
Avec son ami Ferri, Larcenet avait déjà réalisé Correspondances, un album à quatre mains composé d'échanges par dessins interposés, envoyés par fax, où les deux auteurs se répondaient mutuellement avec beaucoup d'humour. Mais voilà, Ferri est occupé sur Asterix en ce moment, alors Larcenet est obligé de se tourner vers Eric Salch, auteur de Lookbook mais aussi de Les Meufs cool également chez Les Rêveurs. Ensemble, ils vont tenter une expérience similaire à celle de Correspondances sous la forme d'un album au format à l'italienne où ils se renvoient quelques pages de strips auxquels l'autre doit répondre par une autre poignée de pages et ainsi de suite, comme un dialogue ou une mise en scène plus globale. Ce dialogue, ils le basent volontairement ou non sur deux axes : d'une part la différence de notoriété entre les deux auteurs, Larcenet étant bien plus célèbre que Salch avec le complexe d'infériorité que cela implique forcément, et d'autre part le côté provocateur d'Eric Salch, "l'auteur qui salit tout", qui effraie Larcenet. Car Eric Salch a des velléités d'être le nouveau Reiser, ou Wolinski peut-être, de balancer des strips en quelques coups de crayons assez grossiers et d'y accumuler la provoc, avec force je-m'en-foutisme, blagues scato et autres branlettes. Outre le fait que ce soit moche, ça m'avait gonflé dans Pop corn et c'est pareil ici : je trouve ses strips d'un ennui complet, sans aucun humour, au point d'en arriver à les zapper presque dans la seconde moitié de l'album. Par contraste, les pages de Larcenet sont vraiment belles, très finement dessinées et agréables à la lecture. Il arrive à me faire rire à plusieurs occasions. Mais à devoir répondre au vide de son interlocuteur, il finit tout de même par ne plus trouver grand chose à dire et à tourner un peu en rond. L'essai n'est donc pas concluant pour moi, et alors qu'un second tome devrait sortir d'ici quelques semaines, je ne le lirai probablement pas.
L'Etat morbide
Je fais partie de ceux qui trouvent que le premier tome est meilleur que la suite et encore je ne trouve pas ce tome génial. Le point fort vient du dessin qui est parfait pour une ambiance glauque et oppressante. Cela marche bien dans le premier tome, mais moins dans les suites qui tombent souvent dans le n'importe quoi. Il y a tout de même des défauts dès le début: les personnages sont souvent énervants à mes yeux et le découpage des cases est un peu dur à suivre sur certaines pages que j'ai relues 2-3 fois sans être certain d'avoir bien trouvé l'ordre de lecture. Donc le scénario n'a jamais été captivant en ce qui me concerne. Le gros problème est que j'ai l'impression que l'auteur improvisait en cours de route et sortait toutes les idées qu'il avait en tête durant la réalisation de ses albums. Je dois dire que si j'aime environ 1/4 des idées présentes dans l'album, le reste est moyen, voire même à jeter. Au final, une série qui vaut surtout pour admirer le dessin. Un bon exemple pour moi est le dénouement du tome 3: les pages sont superbes alors que je ne suis pas certain d'avoir bien compris ce qui se passait. Un gros délire raté qui avait pourtant du potentiel. Comme c'est le genre de série qui divise les lecteurs (la variété des notes le montre), si vous êtes intéressé par cette série, favorisez un emprunt (de toute façon je doute qu'on puisse le trouver en libraires hormis les bouquineries).
Exterminateur 17
Tout d'abord, merci à Agecanonix qui a tout récemment donné son avis sur cette vieille bande de Bilal dont je m'aperçois également que j'avais oublié de l'aviser. Ce n'est sans doute pas pour rien tant j'avais oublié que ce n'était pas vraiment bon. Je parle ici surtout du scénario qui navigue entre le confus et le pas très intéressant. Si l'on se replace dans le contexte de l'époque (1979) le scénario avait tout de même des arguments plutôt novateurs mais Dionnet l'a rendu confus et pour tout dire un peu plat. Reste le dessin de Bilal qui est à mon sens excellent dans le registre de la SF, j'en veux pour preuve la parfaite "Trilogie Nikopol". Ici seul les amateurs de l'auteur voudront bien franchir le pas et se procurer cette BD.
Les Champions d'Albion
Une série d'action pas prise de tête avec comme héros un groupe de personnages animaliers dans un cadre médiéval au ton léger, pourquoi pas ? Ça peut me plaire. La couverture annonce la couleur : ce sera dessiné dans un style d'influence Disney, avec des humains à tête d'animaux. OK, ça me convient quand le talent est là et que le trait est expressif. Mais dès la première case, j'ai eu un mouvement de recul en découvrant à quel point les décors sont basiques et laids. Ils font bien trop amateurs à mon goût. Les personnages eux-mêmes sont d'un meilleur niveau mais là encore j'y ai ressenti beaucoup de faiblesse technique. Dans le premier tome, les lions sont les plus réussis, les caprins et le taureau aussi sont pas mal, mais les rongeurs sont nettement moins convaincants. Et surtout l'héroïne elle-même est simplement moche. D'ailleurs, ce n'est qu'au second tome que j'ai compris qu'il s'agissait probablement d'un écureuil car ce n'est pas son visage, composé de rien d'autre que deux yeux, d'un petit nez et des lèvres énormes qui ont l'air de flotter au milieu du vide, qui me permettait de le deviner. Heureusement, le dessinateur abandonne ces horribles lèvres dans le deuxième album pour une bouche moins laide et des dents de rongeur plus parlantes. Le scénario du premier tome m'a paru avoir été écrit par un gamin de douze ans. L'aventure y est tellement bateau, composée de tellement de péripéties artificielles, téléphonées et mal amenées, que cela m'a rappelé les BDs ou les débuts de livres que je réalisais moi-même à cet âge. L'intrigue emprunte à droite à gauche et ne tient pas du tout la route, avec plein d'incohérences, de raccourcis foireux et des personnages sans aucune consistance. Cela se ressent entre autres dans la manière dont l'héroïne se parle à elle-même pour appuyer ce que les auteurs n'arrivent pas à faire comprendre par la simple narration. Et je ne parle pas des dialogues, notamment ce moment où le héros hidalgo lâche 4 mots dans un espagnol complètement faux alors que c'est sensé être sa langue natale. C'est vraiment mauvais et pas digne de publication à mes yeux. Le second tome fait preuve d'un petit peu plus de maturité, tant dans le dessin qui corrige une partie de ses erreurs, qu'au niveau de l'intrigue qui est moins bancale et enfantine. Mais là encore les protagonistes surjouent et ont des comportements sans aucun naturel. Le dernier tiers du récit est tellement pompé sur le Seigneur des Anneaux et l'armée des morts venant au secours de Minas Tirith que c'en est affligeant. Quant à la réutilisation du personnage de Mélusine, elle tombe comme un cheveu sur la soupe pour moi. S'il n'y avait eu que le premier tome, j'aurais mis la note minimale, mais le second est un peu meilleur et divertissant, pas suffisamment cependant pour vous conseiller la lecture autrement que si vous n'avez rien d'autre sous main.
Roxalane
Le premier tome n’est pas vraiment engageant. En effet, le dessin, bon techniquement mais daté (la colorisation accentue cet aspect), des dialogues envahissants et un peu lourds et naïfs, m’ont fait entrer à reculons dans cette histoire, qui par ailleurs manque d’originalité et d’une construction suffisamment « claire ». Certaines scènes sont même un peu ridicules. Roxalane est soit nue (très souvent, et en plus sans forcément de raison autre que montrer une – belle – femme nue) soit avec son armure (elle ne porte alors que ça, et j’imagine que ça ne doit pas être excessivement pratique et agréable d’être nue sous une armure !). La couverture du tome 2 donne d’ailleurs un petit aperçu du côté ridicule de la chose je trouve. La quête de Roxalane, à la recherche de son fils, avec l’aide toujours providentielle et improbable du mage Zack, se poursuit après le tome inaugural. Ici, Roxalane s’adjoint quelques compagnons pour sa quête (on reste donc dans du classique à ce niveau), en parallèle d’un départ en croisade. L’intrigue est un peu mieux équilibrée, il n’y a plus la surenchère, l’avalanche de magie du premier tome, on retombe sur un médiéval-fantastique plus lisible que la fantasy ridicule du précédent tome. Le troisième tome pourrait presque n’être que de l’aventure médiévale, en suivant la guerre des croisés, mais certains passages fantastiques sont encore inutiles, et on se lasse quand même de la nudité de Roxalane ! Le dernier tome se laisse lire, sans plus. Bizarrement, la colorisation m’a paru ici plus 70’s – un peu en régression par rapport aux précédents tomes (quelques passages faisant presque du sous Moebius), et le dessin alterne le très bon avec le brouillon. J’ai fini la série sans enthousiasme. C’est clair que si je n’avais eu que le premier tome sous la main (ou moins de temps), je n’aurais pas été voir la suite, tant le départ est catastrophique. Le reste est un peu plus abouti. Mais l’ensemble n’est pas une série vers laquelle je reviendrai.
Batman / Judge Dredd - Jugement à Gotham
J'ai lu un paquet de Batman scénarisés par Alan Grant et il fait partie selon moi des scénaristes qui sont capables du meilleur comme du pire. Ce crossover est une des moins bonnes histoires de Batman de Grant. Déjà, il faut dire que le genre crossover se révèle foireux lorsqu'on met deux univers très différents ensembles. Pour moi, un personnage comme Batman n'a rien à voir dans un univers de science-fiction comme celui du Judge Dredd. D'ailleurs, si j'adore l'univers de Batman, c'est moins le cas avec le Judge Dredd dont je n'ai lu que quelques albums et qui m'intéresse moins, même si sa série a des qualités. Donc durant la lecture j'étais surtout intéressé lorsqu'il y avait Batman. Bref, dès le départ il y avait un déséquilibre et comme je ne connais pas trop l'univers du Judge Dredd, il y a certains éléments du scénario que je n'ai pas trop compris ou qui m'ont déstabilisé au début. Le scénario est rempli d'action et cela m'a ennuyé. Ce n'est même pas un album que je qualifierais de divertissant si on veut une histoire de super-héros bourrin qui ne se prend pas trop au sérieux. Il reste le dessin, qui est spécial et que j'aime un peu, mais bon autant acheter un art book de l'auteur. C'est quoi l’intérêt de faire une bande dessinée si c'est juste pour que les lecteurs admirent le dessin ? On aurait simplement dû laisser le dessinateur faire de belles peintures de Judge Dredd et Batman.
Maximum & Minimum
Nous suivons les mésaventures de deux types, un nain, Minimum et un plus grand et baraqué, Maximum, dans le quartier de Little Tokyo, à Los Angeles. Nous sommes ici dans l’une des multiples déclinaisons plus ou moins caricaturales et intéressantes de l’univers du catch par Frissen, dans la foulée de Lucha Libre, univers éclectique et très inégal (dans la qualité et le style). Tous les deux amoureux de la même femme, Kaoru, ils se chamaillent régulièrement en s’envoyant quelques belles saillies dans la gueule. Pour les beaux yeux de Kaoru, nos deux bonhommes au quotidien assez quelconque vont chercher à savoir ce qui arrive aux nombreux enfants qui disparaissent dans le quartier. Ils vont par hasard découvrir une ville parallèle et souterraine… Ici, le dessin lorgne parfois sur le manga (ce qui n’est pas trop mon truc, en particulier pour les scènes d’action, ou lorsqu’un personnage exprime un sentiment). Le reste peut passer – même si ce n’est pas fouillé, hormis lorsqu’il s’agit de représenter la vitesse… Je ne suis donc pas fan de certains aspects du dessin, et l’histoire ne m’a pas emballé plus que ça. Le principal (le seul ?) intérêt de cet album réside pour moi dans les dialogues vachards entre les deux héros. Pour le reste, je ne suis pas convaincu. Note réelle 2,5/5.